Dans un dortoir du QG de l'armée à Central, un couple sommeillait, enlacé. Un rayon de soleil vint chatouiller le visage de l'homme qui ouvrit un œil, puis un autre. Son regard se posa sur la plus belle vue qui lui eut jamais été donné de voir : le lieutenant-colonel Riza Hawkeye dormait, la tête contre son torse, les bras passés autour du cou de son amant, quelques cheveux blonds encadrant son visage fin, ses paupières encore fermées. La main de Roy se balada sur le dos de sa subordonnée, caressant la nuque, les omoplates et la grande cicatrice qu'elle avait sur le dos.

Dès lors qu'il avait touché la blessure, elle avait frissonné et il avait précipitamment retiré sa main. Riza ouvrit tout doucement ses yeux chocolat qui se posèrent sur le visage de Roy avant qu'elle ne lui capture ses lèvres.

- Bien dormi ? demanda-t-il lorsqu'elle lui eut rendu l'usage de la parole.

- J'ai eu un bon oreiller.

Roy sourit et l'embrassa.

- Où est-ce qu'elle est ta salle de bains ?

- Là, dit-il en désignant une porte de sa main libre.

Elle se leva, emportant le drap avec elle et passa dans la salle de bains.

- EH !

Pour toute réponse, il ne reçu que le drap à la figure et s'empressa de s'en couvrir. Elle sortit quelques minutes plus tard, complètement dévêtue. Roy, qui ne l'avait jamais vue se comporter comme ça, fut étonné qu'elle le laisse, sans broncher, l'admirer. N'empêche qu'elle était vachement bien foutue. Les courbes de ses hanches dessinaient parfaitement son profil ; sa poitrine était quelque peu rebondie, sans trop l'être. Elle était tout simplement…magnifique ?...angélique ?...parfaite. C'était le mot. Elle était tout simplement parfaite.

Il se leva, nu lui aussi, et s'approcha d'elle par derrière. Elle sursauta légèrement lorsqu'il la prit dans ses bras alors qu'il dévorait son cou de baisers plus ardents les uns que les autres. Tout en continuant de l'embrasser, ils se dirigèrent vers le lit quitté précédemment.

Il ouvrit les yeux. Cela faisait maintenant trois jours qu'il avait quitté Resembool pour revenir à Central. La campagne était trop calme pour son tempérament. Depuis, il logeait avec sa cousine dans l'appartement d'Alphonse. Il sortit de sa chambre et se dirigea vers la salle de bains. Il appuya ses bras contre l'évier et baissa la tête. Lorsqu'il la releva, sa surprise fut telle qu'il faillit en tomber par terre. Son visage brûlé avait disparu.

Son visage ressemblait désormais à celui d'un jeune homme de vingt ans hormis que son œil droit était barré par une grande cicatrice d'environ sept centimètres. Il caressa quelques instants son nouveau visage puis se rendit compte qu'une seule personne était capable de faire ça. Furieux qu'elle l'ait fait sans son accord, il se dirigea vers sa chambre et l'ouvrit à la volée, réveillant ainsi sa cousine.

- Qui est-ce qui t'a permis de faire ça, Akira ? explosa-t-il.

Elle se ratatina sous ses couettes. Elle avait rarement vu son cousin en colère. Et les seules fois où il l'était, ça terminait toujours assez mal. Elle avait agi sans son consentement, mais elle ne supportait pas de le voir avec son visage totalement déformé par les brûlures. Alors, lorsqu'il dormait, elle s'était infiltrée dans sa chambre et lui redonné un visage. Bien sûr, elle savait qu'ainsi elle s'attirerait ses foudres, mais le résultat en valait la peine. Son cousin était tout simplement irrésistible et la cicatrice confortait encore plus cette hypothèse. Mais connaissant son cousin, il ne prenait pas assez racine pour établir une relation amoureuse. Au moins, elle arrivait désormais à le regarder en face sans avoir peur.

- Tu l'as fait sans mon accord !

- Mais je ne voulais que…

- Tu as toujours voulu bien faire. Mais Josh et moi avons toujours dû réparer les pots cassés lorsque tu voulais bien faire.

- Je suis…

- Désolée ? Ma pauvre Akira. Tu ne peux pas t'imaginer combien de fois tu as dû nous dire ça. A chaque fois que tu faisais quelque chose et que NOUS nous faisions engueuler, TU disais que TU étais désolée mais c'est TOI qui faisais le mal. Et cela, jamais la famille n'a voulu le croire. Elle disait toujours « Vous n'avez pas honte d'accuser une si adorable fille ? ». Et tu prenais ton aire de sainte nitouche. Maintenant, tu as fait dépasser le vase. JE… ME… BARRE !

- Pour aller où ?

- A mon dortoir de l'armée. Où veux-tu que j'aille d'autre. Et tu te démerderas TOUTE SEULE.

Il retourna dans sa chambre, rassembla vite fait ses affaires, jeta son sac sur le dos et sortit en claquant violemment la porte qui n'avait rien fait. Akira, dans son lit, pleurait. Elle avait eu de la chance, cette fois-ci. Elle n'avait pas eu le droit au Mangekyô Sharingan. Malgré cela, elle venait sûrement de définitivement clore la relation qu'elle entretenait avec son cousin.

Arrivé au QG, tout le monde lui demandait qui il était. Pour répondre, il montrait sa montre et continuait son chemin vers le dortoir qui lui avait été assigné le jour de son entrée. Arrivé, il claqua furieusement la porte et balança son sac sur le lit. Il prit une douche et fit une toilette sommaire avant de partir vers son bureau. Il passerait sa rage en faisant les dossiers.

Arrivé au bureau, tout le monde regarda le nouveau venu. Il leur montra sa montre et tout le monde le considéra quelques instants :

- Comment est-ce que tu as fait pour retrouver son visage ? demanda Havoc.

- C'est une longue histoire

- Warren. Vous n'êtes pas en vacance ? demanda Fuery.

- Si. Pourquoi ? J'ai pas le droit de venir faire des heures supplémentaires ?

Il claqua la porte du bureau et s'assit sur son siège. Il attrapa un dossier et le remplit. Un autre.

Elle quitta son lit pour aller voir la chambre que Virgil avait empruntée. Le lit était défait et le masque était sur la table de nuit. « Il a oublié son masque. J'irais lui ramener après. Non, maintenant. Ca vaut mieux. »

Elle prit le masque qu'elle posa sur la table du salon, prit sa douche et s'habilla. Elle reprit le masque et sortit de l'appartement en n'oubliant pas de le fermer à clé.

Elle se dirigea vers le QG de l'armée, guidée par le grand idéogramme. Elle franchit le seuil, puis questionna la réceptionniste.

- Pouvez-vous me dire où est Virgil Warren ?

- Dans son bureau, peut être. Vous voulez que j'appelle ?

- S'il vous plaît.

La jeune femme appuya sur un bouton de l'interphone et demanda :

- Havoc, savez-vous si Warren est là ?

- Warren ? Et comment. Il est dans le bureau. Et il n'a pas l'air d'être de très bonne humeur. Je ne pense pas que ce soit le moment de le déranger.

- Vous voulez le voir ? demanda-t-elle à Akira.

- Oui.

- De la part de ?

- Sa cousine.

- Mr. Warren ? demanda-t-elle en changeant de poste.

- Quoi ? répondit celui-ci d'une voix énervée.

- Il y a de la visite pour vous. Votre cousine.

- Je n'ai rien à lui dire. Qu'elle s'en aille.

- Mr. Warren, reprit-elle d'un ton ferme. VOUS ALLEZ RECEVOIR CETTE JEUNE FILLE DANS VOTRE BUREAU SINON JE JURE DE VOUS FAIRE MUTER DANS LE COIN LE PLUS PAUME D'AMESTRIS. Est-ce que je me suis bien faite comprendre ?

- … Oh, et après tout, faites la venir.

- Je savais qu'on parviendrait à s'entendre.

Elle coupa l'interphone et se réintéressa à la jeune fille.

- Vous prenez ce couloir, lui indiqua-t-elle. Ensuite, vous prenez le premier couloir sur la droite et c'est la huitième porte de gauche.

- Merci.

Elle toqua à la porte du bureau. Un « Entrez ! » lui répondit. Elle entra puis tous les regards se tournèrent vers elle.

- Est-ce que savez où est mon cousin.

- Virgil ? Il est dans ce bureau. Faites attention, mademoiselle. C'est un conseil.

Elle acquiesça puis entra. Virgil était dans son bureau, en train de remplir de la paperasse.

- Qu'est-ce que tu veux ? demanda-t-il sans lever les yeux de son dossier.

- Je venais te rendre ton masque. Tu l'avais oublié sur la commode.

Il boucha son stylo, se leva, reprit le masque et retourna s'asseoir. Il continua de remplir son dossier. Sentant qu'elle n'avait plus rien à faire, elle se retourna.

- Aki ?

- Oui.

- Désolé pour tout à l'heure. Je n'aurais pas dû m'emporter. Je sais que c'était important pour toi de me rendre mon visage. Je t'en remercie. Je m'excuse sincèrement.

C'était nouveau ça. Virgil s'excusait.

Chapitre 11 achevé. Qu'est-ce que vous en pensez ? Je suis désolé, mais je n'ai pas le temps de mettre d'extrait. Ciao à tout mon lectorat et bonne nuit.