Il ouvrit brutalement les yeux. Ceux-ci se posèrent sur le plafond de sa chambre. Sachant qu'il ne retrouverait pas le sommeil, il rejeta les couettes devant lui et s'assit sur le bord de son lit. Il se prit la tête entre les mains le temps de complètement se réveiller. Il se redressa, puis enfila une chemise noire et un pantalon noir (nda : décidément, Virgil a déteint sur lui).
Il ouvrit la porte de sa chambre qui grinça. Il vérifia si personne n'était déjà pas réveillé puis sortit. Il descendit l'escalier, qui grinça lui aussi, puis se dirigea vers la cuisine. Personne. Son regard se posa sur l'horloge fixée au mur : cinq heures vingt-cinq du matin. Il soupira, puis enfila ses bottines avant de faire tourner les clés dans le barillet de la serrure et d'ouvrir la porte. Son petit manège n'avait pas échappé à une personne qui le suivit discrètement.
Il gravit une colline sur laquelle ils avaient l'habitude d'aller, lui, Alphonse et leur mère pour regarder le soleil se lever. Il alla s'asseoir au point culminant de la colline et fixa l'horizon, attendant que le soleil veuille bien se montrer. Un froissement de feuilles le tira de sa léthargie. Il se retourna. Winry, vêtue assez légèrement, l'avait suivi depuis la maison jusqu'à ici. Elle alla s'asseoir à côté d'Edward. Aucun des deux ne disaient mot. Trop timides pour parler. Une légère brise se leva, faisant frissonner l'adolescente. L'ayant remarqué, Edward déboutonna sa chemise et la lui tendit.
- Tu vas avoir froid, le prévint-elle.
Il haussa les épaules. Quelques minutes
plus tard, la brise s'accentua. Edward avait froid – il gelait
plutôt – mais ne le montrait pas. Winry se rapprocha un peu
de lui. La brise s'accentua encore. Comme voulant forcer ces deux
là à être collés l'un à l'autre.
Puis Winry se colla complètement à lui, tentant de le
réchauffer un tant soit peu. Edward, qui n'en tenait plus et
de la fraîcheur et de la proximité de Winry, l'entoura
de ses bras et la prit contre lui. Elle ne bougea pas pendant
quelques secondes, trop surprise pour prononcer ne serait-ce qu'une
syllabe. Puis finalement, elle soupira d'aisance et laissa aller sa
tête sur l'épaule du jeune homme.
Le soleil, à
croire qu'il attendait, se leva enfin, éparpillant une foule
de couleurs dans le ciel. Les nuages prirent une teinte rouge orangée
alors que le ciel devenait rouge et violets à de très
rares endroits (nda : si, si, je vous jure), moucheté de
bleu clair. Puis le disque solaire apparut complètement dans
toute sa splendeur rouge. Winry, à force de le regarder, dû
détourner les yeux de la trop forte luminosité pour
tomber nez à nez avec Edward.
Leurs paupières se clorent, leurs visages s'avancèrent l'un vers l'autre, leurs souffles s'accélérèrent. En guise de baiser, leurs lèvres ne firent que s'effleurer un court instant. Ils retournèrent à leur position initiale, puis se regardèrent au plus profond des yeux. Puis, délivrant une passion trop longtemps contenue, Winry renversa Edward sur le sol et l'embrassa passionnément. Surpris, il avait relâché son étreinte et ses bras étaient désormais positionnés en croix sur l'herbe verte alors qu'elle le dévorait des lèvres. A bout de souffle, elle se releva et constata qu'elle était assise à califourchon sur son ami. Celui-ci leva la main et lui caressa tendrement la joue.
- Ed…
- Hmmm ?
- Je…
Le cœur d'Edward bondit dans sa poitrine.
- Je t'aime, lâcha-t-elle finalement.
Edward sourit plus fortement qu'il ne l'avait jamais fait. Passant ses bras autour des hanches de l'adolescente, il l'attira contre lui et lui souffla tout doucement à l'oreille.
- Moi aussi.
La chaleur était écrasante dans le bureau. Roy jeta un regard au thermomètre : 38 °. Son deuxième regard fut pour celle qui faisait chavirer son cœur depuis un bon moment déjà. Elle leva le regard vers lui et lui fit un sourire auquel il répondit avant de replonger dans son dossier. Au bout de cinq minutes, la porte s'ouvrit, laissant entrer un émissaire du haut commandement.
- Virgil Warren ?
- Ici, répondit l'intéressé.
- C'est pour vous, dit-il en lui tendant une lettre.
Virgil attrapa le bout de papier, l'ouvrit et en sortit une feuille pliée en trois. Cela faisait déjà une semaine que le jeune homme avait retrouvé un visage normal. Désormais, il ne portait son masque que pour les missions. Il avait eu du mal à pardonner l'acte irréfléchi de sa cousine, mais, après avoir réfléchi à tous les avantages stratégiques que lui donnait son nouveau visage, il avait décidé de pardonner sa cousine en l'invitant au restaurant. Elle l'avait d'ailleurs bien taxé et le portefeuille hurlait au scandale lorsqu'ils étaient sortis.
Virgil déplia la lettre, puis ses yeux se posèrent sur le texte :
« Cher Mr. Warren.
Comme vous devez le savoir, il y a chaque année un examen annuel pour les alchimistes d'état afin d'évaluer leurs compétences. Le prochain se déroulera le 27 Juin – c'est-à-dire dans deux mois – dans la salle d'entraînement du QG de Central à 15h30. Bien que vous ayez passé l'examen d'entrée d'alchimiste d'état il y a à peine deux semaines, vous êtes sommé de vous rendre à cet examen comme tous les autres alchimistes. Votre équipe rassemblera le général de brigade Roy Mustang, Edward et Alphonse Elric et vous-même. Les enjeux de cet examen sont la garde de votre licence d'alchimiste. Je pense que tout est clair, alors bonne journée, Mr. Warren.
Oliver Grant, Généralissime.
P.S : veuillez venir me voir à mon bureau demain matin à 10h25. J'ai une mission personnelle à vous confier. Personne ne doit rien savoir de ce post-scriptum. Aussi j'aimerais que vous brûliez cette lettre après l'avoir lue. »
Virgil posa la feuille sur son bureau et l'aplanit correctement. Il prit la loupe dans le tiroir de son bureau et orienta sa loupe en fonction des rayons lumineux. La feuille commença à noircir avant qu'une flamme ne naisse au cœur du papier. Le jeune homme prit la feuille par son coin et la laissa négligemment tomber dans la poubelle en acier.
- Eh ! s'exclama Havoc. Pourquoi vous brûlez cette lettre ?
- Ordre du Généralissime, répondit Virgil. Je devais brûler cette lettre après l'avoir lue.
- Et pourquoi ? demanda Roy, une flamme de curiosité dans les yeux.
- Je n'ai pas le droit de le dire.
- Warren, je suis votre supérieur. Répondez !
- Sauf si l'ordre vient de quelqu'un lui-même supérieur à vous. Ce qui est le cas présent. Mais c'était juste une lettre concernant l'examen annuel des alchimistes d'état.
- L'examen, murmura Roy alors qu'une lueur de malice passait dans ses yeux.
Il ne l'avait dit à personne – hormis Riza – qu'il avait prévu – avec accord du Généralissime – de défier l'Alchimiste des Ténèbres. Il le faisait avec chaque nouvel alchimiste qui rejoignait son équipe. Et cette fois-ci, cela promettait d'être intéressant. D'après les rapports ultra détaillés de l'alchimiste et les informations télévisées qu'il avait vu à propos du « tueur de l'aubépine » comme l'avait surnommé les journalistes et du massacre de Resembool, Roy avait pu en conclure que c'était un combattant hors pair et un alchimiste hors du lot. Un peu comme lui-même et Edward.
Roy retourna à sa paperasse en ne pensant qu'à une seule chose : ce soir, il allait inviter Riza au restaurant. Son regard passa de nouveau de son dossier à sa subordonnée. Lorsqu'il l'eût détaillée cinq bonnes minutes, il regarda un à un tous les membres de son équipe : Havoc, toujours sa clope au bec ; Breda, sa chemise toujours ouverte sur son débardeur ; Falman, sérieux comme d'habitude ; Fuery, toujours avec sa tasse de café ; Warren, toujours le nez plongé dans un dossier. Le jeune homme n'était là que depuis deux semaines, et pourtant, Roy avait l'impression qu'il était là depuis longtemps. Comme s'il l'avait toujours vu assis à son bureau, plongé dans un des nombreux dossiers qui ornaient son bureau. Roy se leva, puis se dirigea vers le bureau de Riza et ferma la porte. Tous les autres dans la pièce se regardèrent d'un seul coup et ils se rassemblèrent tous devant la porte, collant leurs oreilles à la porte, sauf Virgil qui pouvait leur dire si Roy ressortait. Ils avaient conclu qu'Havoc raconterait tout au jeune homme en remerciement.
Dès qu'elle l'avait vu passer la porte, elle s'était levée et précipitée contre lui avant de l'embrasser. Après une minute de baisers passionnés, elle le regarda en face. De l'autre côté de la porte, une jeune homme de vingt ans affichait un sourire que les quatre militaires ne virent pas.
- Tu me voulais quoi, Roy ? demanda-t-elle en appuyant sa tête sur son torse.
- Je me suis dit que peut-être on pourrait aller au restaurant ce soir. Nous ne sommes jamais sortis ensemble si ce n'est que les obligations du travail.
Elle releva la tête vers lui, ses grands yeux chocolat s'étant illuminés d'une vive lueur.
- Je prends ça pour un oui. A quelle heure est-ce que je passe te prendre ?
- Huit heures moins vingt, annonça-t-elle. Tu sais où c'est ?
- Tu me prends pour qui ? fit-il pour la taquiner. Je crois que je suis assez venu en une semaine pour savoir où tu habites, non ?
De l'autre côté, quatre hommes jubilaient par ce qu'ils avaient entendu.
- Alors comme ça le général couche avec le lieutenant ? demanda Havoc en murmurant.
- Fermez-la, Havoc ! lui ordonna Falman.
- Tu ferais mieux de sortir de mon bureau, Roy. Ils vont se poser des questions dehors, si tu restes trop longtemps dans mon bureau.
Roy soupira. Rares étaient les moments qu'il passait seul avec Riza. Et il aurait tellement voulu que ces moments se fassent plus répétitifs.
- Bon, je sors.
Virgil, de son côté, tissait un plan machiavélique rien que pour admirer la ridiculisation de ses quatre coéquipiers. Il retourna à son bureau sans aucun bruit et contint difficilement son fou rire lorsqu'il entendit la porte s'ouvrir et un bruit sourd sur le sol.
- NON MAIS CA VA BIEN ENCORE ! DEPUIS QUAND VOUS VOUS PERMETTEZ D'ECOUTER AUX PORTES ? BREDA, FALMAN, FUERY, HAVOC ! PRIVE DE PERMISSION PENDANT SIX MOIS. WARREN !
Là, le Warren put difficilement contenir son rire. Il sentit sa lèvre inférieure trembler puis il s'écroula, mort de rire, sur son bureau.
