Lorsque Roy reprit connaissance, la nuit était tombée. Il se releva tant bien que mal, la tête lourde. Que lui était-il donc arrivé ? Jamais il n'avait fait de malaise. Roy jugea plus prudent de rentrer chez lui et de consulter un médecin. Il rentra donc. Mais en introduisant la clé dans la serrure, il s'étonna de ne pas arriver à l'ouvrir. En fait, ce fut un homme d'âge mur qui lui ouvrit.
" Mais que faites-vous chez moi ?" demanda Roy.
" Chez vous ? Vous n'y pensez pas jeune homme, c'est moi qui suis chez moi." répondit le quadragénaire.
" Certainement pas ! J'habite ici depuis près de cinq ans." répliqua Roy.
" Et moi depuis quinze ans. Y'a même mon nom sur la sonnette, voyez. Vous avez dû confondre."
Roy écarquilla les yeux en découvrant un autre nom que le sien sur la petite sonnette. Qu'est-ce que ça voulait dire ?
" Ce n'est pas possible. J'habitais encore là ce matin." reprit-il.
" Voyons. Vous dites qu'ici c'est chez vous, mais en fait c'est chez moi. Et vous ne pouvez pas habiter chez moi, car chez moi je suis seul, de plus j'imagine que chez vous vous n'êtes pas seul, séduisant comme vous êtes. Je vous assure, ce n'est pas chez vous ici. Vous suivez ?"
( Ndla : plus ou moins ...)
" Y'a un truc qui cloche." répondit Roy.
" En tout cas, vous n'habitez pas ici jeune homme. Bonne chance et bonsoir." conclut le quadragénaire.
Cette fois Roy n'y comprenait plus rien. Comment cet homme avait-il atterri chez lui ? En tout cas, il semblait avoir besoin de preuves. Le colonel décida donc d'aller chez Riza. Elle au moins elle le convaincrait. Il se rendit donc à pieds chez elle. Par chance ce n'était pas très loin. Roy sonna, et Riza ouvrit quelques secondes plus tard.
" Oui ?"
" Ah Riza, tu ne devinera jamais ce qui m'est arrivé." dit Roy en voulant entrer.
Mais Riza le repoussa :
" Monsieur, je ne vous connais pas, par conséquent vous n'avez pas à entrer." dit-elle.
Roy la regarda un moment. Elle le vouvoyait et l'appelait monsieur ? A quoi jouait-elle ?
" M'enfin Riza, c'est moi Roy."
" Je ne connais pas de Roy. Et qui vous a dit comment je m'appelais ?"
" Bien sûr que tu me connais, je suis ton petit ami et ton supérieur aussi." insista-t-il.
" Ah non, vous faites erreur. D'une je suis célibataire, de deux mon supérieur c'est le colonel Fordson." dit Riza.
" Ce n'est pas possible. On s'est vu y'a quelques heures. Tu ne te souviens pas qu'on doit passer le week-end ensemble ?" rappela Roy.
" Pas du tout. Je ne vous ai jamais vu." répondit Riza.
" Ouh ! Je crois que je commence à avoir mal à la tête. Tu ne te souviens pas de moi ?"
Riza secoua négativement la tête. Il commençait à avoir peur. Il n'avait plus de logis, sa petite amie ne le connaissait pas ... cétait quoi la suite ?
" M'enfin c'est pas possible ! Je suis le colonel Roy Mustang, le Flame Alchemist. J'ai étudié l'alchimie chez ton père. Toi tu es mon premier lieutenant."
" Jamais entendu parler de vous." reprit-elle calmement.
Roy s'adossa au chambranle de la porte, et passa les mains sur son visage.
" Monsieur, je suis désolée mais je vous prierais de partir je suis occupée."
" Non attends ! Je n'ai plus de maison, il faut que tu m'aide." fit Roy.
" Navrée monsieur, mais je ne peux rien faire. Au revoir."
Riza ferma la porte.
" Riza attends !"
Trop tard. Il l'appela encore un moment, mais elle ne revint pas. Roy était perdu. Il n'avait nulle part où aller. Il réfléchit un moment. Le Q.G. Il pourrait sûrement y passer la nuit. Camouflée derrière son rideau, Riza le regarda s'éloigner.
" Sa petite amie ! Il ne manque pas d'air celui-là. Ceci dit, j'aurais bien aimé avoir un mec aussi mignon." dit-elle.
" Waf !" dit Hayate.
Le colonel arriva à la caserne une demi-heure plus tard. Et commença à monter les marches. Deux gardes à l'entrée lui barrèrent la route.
" Monsieur, attendez s'il vous plaît. Le Q.G est fermé à cette heure-ci, veuillez revenir demain." dit un soldat.
" Je suis le colonel Mustang. On me connaît là-dedans." répondit Roy.
" Vous avez votre carte de militaire ?" fit le deuxième garde.
Roy sortit son portefeuille. Mais ... sa carte avait disparu. Il fronça les sourcils et la chercha partout.
" Mercredi samedi dimanche ! Où est passée cette foutue carte ?" dit-il.
" Sans carte on ne peut vous laisser passer."
" Tout le monde me connaît ici. Le Flame Alchemist ça ne vous dit rien ?"
Ils secouèrent la tête. C'est pas vrai ! Roy essaya de les convaincre, en vain.
Il recula, et descendit une marche. Puis il fut prit d'une irrésistible envie de fuir. Il descendit, et partit en courant. Ses pas le menèrent au parc. Là, il s'assit sur un banc pour récupérer. C'était un cauchemar. Personne ne semblait se souvenir de lui, comme s'il n'avait jamais existé. Mais comment, pourquoi ? La nuit était là, et il était à la rue. Roy rejeta la tête en arrière,et ferma les yeux. Un long moment plus tard, il s'allongea sur le banc pour dormir.
Son ventre gargouillant le tira de son sommeil le jour suivant. Heureusement, il avait un peu d'argent. Roy alla donc dans un café pour déjeuner. Il réfléchit une nouvelle fois à la situation.
" Ca commencé après mon malaise. Mais je doute d'être resté inconscient suffisamment longtemps pour que ma vie soit bouleversée si vite. Il y a quelque chose de pas naturel là-dessous. Et pour que ça influence le destin de cette manière, ce doit être quelque chose de puissant."
Son café et son croissant avalés, Roy se rendit une nouvelle fois au Q.G pour en avoir le coeur net. Il trouva Havoc en train d'entrer dans leur bureau.
" Hé Havoc !" appela-t-il.
Jean sortit la tête, et le regarda venir.
" Juste une question : sais-tu qui je suis ?" demanda Roy une fois devant lui.
" Non. On se connaît ?" répondit le blond.
" Normalement oui. Les autres ont là ?"
" Oui. Mais qui êtes-vous ?" demanda le lieutenant.
Roy passa la tête dans le bureau. Tout le reste de l'équipe était là, y compris Riza.
" Est-ce que quelqu'un se souvient de moi ?" lança-t-il.
Tous répondirent par la négative. Roy soupira.
" Vraiment personne ?"
Nouveau non général. Là, c'était le comble. Le colonel Forsdon arriva, et lui demanda ce qu'il voulait.
" En gros, savoir pourquoi tout le monde m'a oublié. Même vous vous ne savez pas qui je suis, je suppose." répondit Roy.
" Non du tout."
" Parfait ! Comment je vais me sortir de cette galère moi ?"
Pour l'instant, il n'avait d'autre choix que de partir. Bradley le regarda s'éloigner depuis une fenêtre, son éternel sourire aux lèvres. Son plan semblait marcher à merveille.
" Je me demande qui c'était ce type." dit Fuery.
" Ouais ! Il sait comment je m'appelle alors que je ne l'ai jamais vu." dit Havoc en s'asseyant.
" Moi aussi il m'a fait le coup hier soir. Sauf que moi il a carrément sorti que j'étais sa petite copine." annonça Riza en croisant les bras.
Les autres rigolèrent, l'air de se dire que Roy était fou. Riza elle, eut une moue un peu déçue. Puis elle alla s'installer à son bureau. Le beau brun la hanta toute la matinée. Roy Mustang ... elle n'avait jamais rencontré d'homme aussi beau. Et il avait l'air si triste, perdu ... peut-être était-il amnésique ? Non, puisqu'il connaissait son nom. Alors pourquoi demandait-il à tout le monde si on se souvenait de lui ?
Dehors, Roy errait dans les rues, complètement désemparé. Qu'allait-il devenir, seul et oublié de tous ?
" Oh mais j'y pense : on a une planque pas loin du centre-villle. Je vais aller y crécher le temps de tirer toute cette histoire au clair."
Il tourna dans une petite rue, et se rendit au centre. En se chemin, Roy se dit qu'avoir le permis ne serait pas une mauvaise idée, s'il voulait garder ses pieds en bonne santé. Au bout d'une dizaine de minutes, il arriva dans l'immeuble où se trouvait la planque de l'équipe. La clé était planquée à côté de la boîte aux lettres, dans un mince espace. Roy l'attrapa, et entra. Il ouvrit ensuite les fenêtres histoire d'aérer un peu.
" Bon : au moins maintenant j'ai un toit. Du moins tant que les gars ne décident pas de venir y faire un tour. Si j'ai bonne souvenance, on a un peu d'oseille quelque part. Voyons." fit Roy à haute voix.
Il se dirigea près du lit, et souleva une lame de parquet. Bingo. Une bourse assez grosse ma foi s'y trouvait. Roy l'ouvrit, et fit le compte. Avec ce qu'il avait sur lui il pourrait tenir un bon moment. Enfin une bonne nouvelle.
" Il va me falloir quelques vêtements, et un peu de nourriture. Je suppose que toutes les affaires que j'avais avant se sont envolées. Heureusement qu'avec ma nouvelle maîtrise du feu je n'ai plus besoin de mes gants." pensa-t-il en remettant l'argent en place.
En effet, lors de son séjour en Thalandis Roy avait rencontré les maîtres du feu locaux. Une ancienne famille qui pouvait manipuler le feu tout comme lui, mais sans cercle, ceci grâce à un tatouage rouge foncé en forme de lion. Roy porta une main à sa poitrine droite, là où se trouvait la marque.
" Bon : je vais commencer par prendre une bonne douche et me changer." décida-t-il en se levant.
Roy sortit donc de l'appartement, en faisant attention que personne ne le voie. Il n'avait pas trop envie qu'on alerte son équipe. Il se rendit dans une boutique, achèta deux pantalons, des sous-vêtements, et un t-hsirt avec une chemise. Quelques instants plus tard, il sortit de la douche, et mits une machine en route avant de s'habiller. Le brun ne savait toujours pas par où commencer pour régler cette histoire. Il farfouilla dans un bureau, et trouva du papier et un crayon. Il s'installa, et prits des notes.
" Vendredi soir. Je me rends au supermarché du coin, j'y fais un malaise et quand je me réveille, j'apprends que plus personne ne sait qui je suis. Disparu, envolé. Parallèlement, j'ai découvert que le généralissime était un homonculus, de même que sa secrétaire. A tout les coups ça a un rapport avec ce qui m'arrive."
Quoique ... les homonculus n'étaient certes pas humains, mais ce genre d'exploit était peut-être hors de leur portée. Après tout, qui était capable d'acomplir une telle chose ?
" Hmm, maintenant que plus personne ne souvient de moi, ça devient plus facile de m'éliminer. Qui me dit que les deux coquilles vides m'ont oublié ? Le souci, c'est que je ne peux le savoir qu'en leur demandant moi-même. Et ce serait se jeter directos dans la gueule de l'homonculus." songea Roy en entourant le nom de Bradley et Douglas.
Il devait d'abord trouver comment ils avaient réussi à le retirer de la circulation, avant de tenter quoi que ce soit contre eux. Et ça, ce n'était pas gagné. D'autant plus qu'il risquait de se faire dessouder par les autres homonculus. Selon les notes de Maes, ils étaient sept. Sept à vouloir sa mort, ça faisait beaucoup.
" La seule façon de les reconnaître c'est ce fameux cercle d'ourobouros. En admettant bien sur que j'arrive à le voir. Oh, je pense que quand quelqu'un n'est pas humain on s'en rend bien vite compte."
Roy jeta un oeil à sa montre d'argent. Midi. Il était temps d'aller s'acheter de quoi manger. Soudain, alors qu'il faisait quelques courses, Roy aperçut Riza venir vers lui.
" Zut ! Qu'est-ce que je vais lui dire ? Je ne vais quand même pas lui mentir, pas à elle ... pourtant je n'ai pas le choix." se dit-il.
Hélas, il doutait de pouvoir trouver un truc crédible à temps. La chance vint à son secours : un caddie percuta celui de la jeune femme, lui fournissant ainsi l'occasion de s'esquiver.
" Excusez-moi, je ne vous avez pas vu." fit une dame à Riza.
" Y'a pas de mal !" sourit-elle.
Elle tourna la tête vers l'endroit où se trouva Roy quelques instants plus tôt.
" Où est-il ? J'aimerais bien lui demander comment il s'en sort." pensa-t-elle.
Riza regarda si elle l'apercevait. Mais Roy avait filé aux caisses. Il sortit du magasin avec un certain soulagement. Si Riza découvrait qu'il utilisait une de leurs planques, il était bon pour coucher dehors. Le brun remonta à son appartement, et rangea ses courses dans le frigidaire.
" J'ai eu chaud tout à l'heure. Vu qu'elle ne me connaît pas, je ne pense pas qu'elle se serait montrée bien conciliante. Encore que ... enfin mieux vaut éviter de prendre le risque." pensa Roy.
Il décida de rester à la maison, au moins pour se remettre de tout ça. Peut-être devrait-il aller jeter un oeil à la bibliothèque, voir s'il exsitait une méthode pour faire oublier quelqu'un, et le cas échéant comment y remédier. La bâtisse étant réservé aux alchimistes d'état, mieux valait attendre la nuit pour opérer. Ca pouvait également le protéger contre d'éventuels agresseurs.
Dans son bureau, Pride discutait avec Envy et Sloth.
" Maintenant que plus personne d'autre que nous ne se rappelle de l'existence de Mustang, nous pourrons l'éliminer sans danger." dit Pride.
" Je le reconnais, c'était plutôt bien pensé." admit Envy.
" Qui se chargera de lui ?" interrogea Sloth.
" Qui le voudra, l'essentiel est que ce soit fait. Par contre, j'aime autant vous prévenir qu'il est plus fort à présent. Tant au niveau alchimique que physique." avertit Bradley.
" Je serais curieux de voir comment il se défends, dans ce cas." dit Envy avec un sourire carnassier.
" Si ça peut te faire plaisir. Mais méfie-toi : les rumeurs disent qu'il peut désormais transmuter des flammes sans cerles, et d'une grande puissance"
" Encore faut-il qu'il aie l'occasion de se défendre. T'inquiètes, ce sera vite fait bien fait."
