La nuit venue, Roy sortit de chez lui pour se rendre à la bibliothèque de Central. La voilà. Pourvu qu'elle contienne ce qu'il cherche. Autrement, il était fichu. Cette bibliothèque avait des sorties de secours ici et là, c'est donc par l'une d'entre elles qu'il entrerait. Roy activa sa marque, et fit fondre la poignée de la porte. Il enflamma une lampe, et s'avança vers les rayons.
" Je vais en avoir pour la nuit entière, avec tout ce tas de livres. Allons jeter un oeil aux registres, ça raccourcira les recherches." pensa-t-il.
Roy alla donc voir au bureau des bibliothécaires, et sortit les calepins où étaient consignés tous les livres se trouvant là. Il chercha la catégorie qui correspondait le mieux à son cas. Ca devait concerner un truc relatif à la mémoire. Ensuite, il se rendit au rayon en question. Tout à coup, alors qu'il repassait devant la porte par laquelle il était arrivé, Roy entendit des bruits de bagarres. Il plaça sa lampe dans un coin, et regarda de quoi il s'agissait.
Une jeune femme se faisait agresser par trois loubards. Roy n'hésita pas une seconde. Il sortit, en attrapa un qu'il envoya bouler contre un mur. Les deux autres se rendirent compte de sa présence. Roy bloqua un coup de poings et flanqua un coup de pieds dans le ventre du second. La jeune fille intervint à son tour, mais d'une étrange manière. Des lumières apparurent et touchèrent les voyous. La seconde d'après ils avaient disparus.
Roy se tourna vers elle. Elle s'avança pour se placer sous la lumière d'un lampadaire. Il découvrit qu'elle portait de longs cheveux noirs, avec des yeux de braise. Hormis les siens, Roy n'avait jamais vu des yeux aussi noirs. Elle avait également la peau mate, portait de fins colliers dorés autour du cou, des bracelets du même métal aux poignets. Une robe bordeau constituait sa tenue.
" Merci beaucoup de votre aide." dit-elle.
" De rien, mais que leur avez-vous fait ?" demanda Roy.
" Un petit tour à ma façon. Mais ... je crois que vous avez des ennuis en ce moment." dit-elle.
" Qu'est-ce que vous en savez ?" répliqua Roy.
" Ne soyez pas sur la défensive. Je sais que vous avez des problèmes, quelqu'un vous a fait du mal. Je peux vous aider. Mon nom est Djaïna." dit-elle.
" M'aider vous dites ? Comment ça ?"
" Je crois savoir ce qu'on vous a fait. Retrouvez-moi demain matin, ici à la première heure." reprit Djaïna.
Elle s'en alla sans plus de façons. Roy ne savait plus quoi penser. Il entendit soudain des croassements. En se retournant, il découvrit des crapauds sur le sol. Son esprit se refusait à le croire, mais pourtant ... il avait là les agresseurs de Djaïna. Elle les avait métamorphosé en animaux, amis comment avait-elle fait ça? Pour autant qu'il sache, l'alchimie ne permettait pas ce genre de chose. Si cette fille arrivait à ce genre de prodige, peut-être qu'effectivement elle pouvait lui venir en aide.
Le jour suivant, il se rendit au lieu convenu la veille malgré son scepticisme. Djaïna s'y trouvait déjà. Elle lui fit un sourire en guise de bonjour.
" Venez, je vous emmène chez moi." dit-elle.
Roy la suivit. Djaïna le conduisit à travers le parc. Roy découvrit ainsi plusieurs roulottes tout au fonds du grand parc de Central. Il ignorait comlètement que des gens y vivaient. Un vieil homme, assis sur les marches d'une roulotte et appuyé sur une canne les regarda venir. Djaïna lui adressa un sourire qu'il lui rendit. Puis elle s'arrêta devant une autre roulotte, de laquelle une femme imposante sortit.
" Eh bien ! C'est un bien beau jeune homme que tu nous ramène là, Djaïna. Un peu maigrichon peut-être. Et ... hmm ... il a un problème on dirait." dit-elle.
Roy haussa les sourcils. Ca voyait tant que ça qu'il avait des ennuis en ce moment ?
" Oui maman, c'est pour ça que je l'ai amené. Et parce qu'il m'a secourue aussi." dit Djaïna en regardant Roy.
" Oh je vois."
Roy suivit ensuite Djaïna sous une tente. Elle fit asseoir à une table, où se trouvaient deux hommes. L'un d'eux étaient encore un adolescent. Djaïna fit les présentations : il y avait là son père et son petit frère.
" Soyez le bienvenu M. Mustang. Merci d'avoir aidé ma fille." dit le père.
" C'est tout naturel." répondit le colonel.
" Vous vous demandez sans doute pourquoi Djaïna vous a conduit ici. Nous sommes des bohémiens, une vieille lignée M. Mustang. Nous possédons un savoir complexe, qui mêle magie et alchimie. Et nous savons reconnaître une personne envoûtée quand nous en rencontrons une." expliqua-t-il.
" Envoûtée ? Vous voulez dire que ... qu'on m'a jeté un sort ?" demanda Roy incrédule.
" Quand on ne sait pas c'est dur à croire. Mais oui on vous a ensorcelé. Que vous arrive-t-il en ce moment ?"
" Eh bien ... tout le monde semble m'avoir oublié. C'est comme si je n'avais jamais existé." raconta Roy.
" Hm, le sortilège d'amnésie niveau 3. On y a mit les formes dites-moi. Qu'avez-vous donc fait pour mériter un pareil sort ?" reprit le patriarche.
" J'ai simplement découvert ce qui était pourri au royaume militaire. Ca n'a pas plu aux concernés je suppose."
" Donc on fait croire à tout le monde que vous n'existez pas, afin que vous ne puissiez pas leur nuire."
" Exactement. Et même pour m'éliminer dans la plus grande ignorance." ajouta Roy.
" Je connais le jeteur de sort. Il va vous falloir aller chercher quelques petites choses pour rompre le charme." dit le père.
" Quoi donc ? " questionna le colonel.
" Une mèche de cheveux de cette personne, et aussi ramener ce qu'il a pris de vous, pour qu'il ne puisse pas vous attaquer de nouveau."
" Il m'a pris quelque chose ?" releva Roy.
" Certainement des cheveux. C'est un ingrédient très utilisé en magie." fit Djaïna.
" Il nous faut également une eau très pure, qui ne se trouve qu'au sommet d'une montagne particulière, ainsi que des herbes spéciales. Malheureusement, nous n'en possédons plus." reprit le père.
" Donc je vais devoir aller chercher tout ça." devina Roy.
" NOUS allons chercher tout ça. Je vous accompagne, je sais où se trouve les ingrédients. J'en ferais des provisions également." intervint Djaïna.
" C'est que ... j'ai des ennemis assez ... comment dire ... dangereux sur le dos. Je ne voudrais pas vous mettre en danger." objecta Roy.
" Avec vous et ma magie, nous ne craindrons rien. Avez-vous où loger ?" demanda Djaïna.
" Oui, mais pas de véhicule pour voyager."
" Tant pis. Nous sommes jeunes, nous marcherons. Je vais vous raccompagner jusqu'à la bibliothèque."
" Merci, merci beaucoup pour votre aide." sourit Roy.
" De rien, considérez-ça comme un remerciement pour avoir secouru ma fille. Nous avons une petite fête demain, venez donc vous joindre à nous." proposa le père.
" Avec plaisir ! J'ai bien besoin de me distraire en ce moment."
Djaïna et Roy sortirent de la tente. Ils traversèrent le camp, sous le regard curieux des bohémiens. Les pleurs d'un enfant attirèrent soudain leur attention. Roy vit une petite fille pleurer devant un arbre où était coincé un ballon. Roy se dirigea vers elle à petites foulées.
" C'est ta balle qui est là-haut ?" demanda-t-il en s'accroupissant.
" Voui !"
" Bon, je vais aller te la chercher."
Il grimpa avec agilité à l'arbre, et récupéra le jouet de l'enfant. Il la lui tendit ensuite.
" Comment t'appelle-tu ma belle ?" demanda-t-il.
" Lola."
" Comme ça ?" reprit-il en faisant apparaître son nom en lettres de feu.
" Wooooh ! Tu fais de la magie toi aussi ?" demanda Lola émerveillée.
" En quelque sorte. Ca va mieux ?"
" Vi !"
Et Lola le serra contre elle, à sa grande surprise. Néanmoins il lui rendit son étreinte.
" Dis donc, il est très mignon l'étranger." fit une fille à côté de Djaïna.
" En plus il a l'air d'aimer les enfants. Surtout ne lâche pas !" ajouta une autre.
" De quoi je me mêle ! Retournez à vos chaudrons avant que je vous change en pie, toutes les deux !" s'exclama Djaïna.
" Oh bon ! Si tu le veux pas je le prends moi !" reprit la première.
Roy revint vers elles, et les deux filles lui sourirent. Il leur rendit leur sourire, puis repartit avec Djaïna.
" Il est encore plus beau quand il sourit !" s'exclama une des filles, rêveuse.
Roy et la bohémienne traversèrent le parc. Un chien qui était familier à Roy fit soudain irruption devant eux. Il attrapa une balle dans sa gueule, et regarda les deux bipèdes.
" Hayate ! S'il est là ça veut dire que Riza n'est pas loin." songea Roy.
En effet, sa maîtresse arriva quelques instants après. Elle dit bonjour au colonel. Puis elle remarqua Djaïna à ses côtés. Riza la salua également.
" Tu ... vous ne travaillez pas aujourd'hui ?" demanda Roy.
" Non. C'est un de mes rares jours de congé." répondit-elle.
" Ah oui. Bon euh ... ben bon repos alors."
" Merci."
Ils s'éloignèrent. Riza soupira. Il était évident qu'un homme aussi séduisant ne restait pas célibataire bien longtemps.
" Allons, tu tire peut-être des conclusions hâtives. En même temps, avec une beauté pareille à ses côtés il ne résistera pas beaucoup de temps." se dit-elle en les regardant s'éloigner.
" Qui était-ce ?" interrogea Djaïna.
" Ma petite amie." répondit Roy d'un air triste.
La jeune fille hocha la tête. Elle ne devait pas se rappeler de lui. Roy soupira. Il avait tellement envie de prendre Riza dans ses bras et l'embrasser. Il leur avait fallu un temps fou pour se déclarer, et maintenant il n'était plus qu'un étranger pour elle. Chouette situation. Djaïna et Roy se séparèrent à la bibliothèque.
" Vous m'avez dit que vous viviez dans une planque des militaires. Si jamais ils vous découvrent, vous pourrez toujours venir chez nous." proposa Djaïna.
" Je ne veux surtout pas m'imposer." fit Roy.
" Pensez-vous ! N'hésitez pas surtout."
" Entendu, merci encore."
Il s'éloigna. En arrivant chez lui, il découvrit que la porte était ouverte. Oh oh.
Roy entra avec précaution. A première vue, rien d'anormal. Le brun se tenait cependant sur ses gardes. Tout à coup, Havoc surgit de nulle part, arme au poing.
" Ah c'est toi !" fit Roy un peu soulagé.
" Comment connaissez-vous cet appart' ?" demanda le lieutenant.
" Si je te le disais, je suis pas sûr que tu me croirais." répondit Roy.
" Voulez-vous bien cessez de me tutoyer ? On est pas potes que je sache !" s'exclama Jean.
" Normalement si, mais vu que tu ... vous m'avez oublié ... enfin je suppose que je vais devoir partir." devina Roy.
" Bien vu. Je devrais surtout vous faire arrêter, cet endroit est réservé aux militaires de Central."
" Ouais je suis au courant. Il vous est même réservé, c'est moi qui l'ai déniché." dit Roy en croisant les bras.
" Perdu, c'est mon supérieur qui l'a trouvé. Allez, les mains en l'air."
" C'est bien ce que je dis." soupira Roy en levant les mains.
Jean s'avança pour lui passer les menottes. Vif comme la foudre, Roy lui fit une prise, et il tomba lourdement sur le sol.
" Navré Jean." dit-il.
Avant que l'autre ne puisse comprendre, Roy l'assomma. Il rassembla ensuite le peu d'affaire qu'il avait, quelques provisions qu'il jeta dans un grand sac, et il sortit. Roy n'eut d'autre choix que de se rendre chez Djaïna. Cette dernière le vit à l'autre bout du parc, et alla à sa rencontre.
" Me suis fait virer de chez moi." annonça-t-il avec un sourire penaud.
Djaïna sourit, puis l'entraîna vers la roulotte de ses parents. Ils l'accueillirent chaleureusement. La mère de la jeune fille transmuta un lit, et lui montra un coin d'armoire où il pourrait mettre ses affaires. En échange, Roy partagea ses provisions avec eux.
Dans l'appartement, Jean reprit connaissance. Il s'assit et se frotta la tête.
" Putain de merde ! C'est un rapide celui-là." dit-il.
Il se releva, verrouilla la planque et fila au Q.G avertir les autres. En chemin il croisa Riza.
" Tiens salut Havoc ! T'es bien pressé." dit-elle.
" Y'a de quoi ! Figure-toi que j'ai surpris le type d'hier dans notre planque près du centre." annonça Jean.
" Ah oui ? Mais d'où la connaissait-il ?" s'étonna Riza.
" J'en sais rien. Toujours est-il qu'il m'a mis K.O avant de décamper. L'a pas touché à l'oseille heureusement."
Riza se demanda si elle devait dire qu'elle l'avait vu sortir du parc. Après un instant de réflexion, elle décida que non. Jean la salua et repartit, la laissant songeuse.
" C'est bizarre, personne en dehors de notre équipe ne connaissait cet endroit. Se pourrait-il ... qu'il soit effectivement militaire ? Dans ce cas comment se fait-il que personne n'en aie entendu parler ?" se demanda-t-elle.
Etrange. Vraiment étrange. Bizarre même. J'ai dit bizarre moi ? Comme c'est bizarre. Riza se résigna à rentrer chez elle, Hayate marchant à quelques pas devant elle.
Roy : Bon, y'a une lueur d'espoir on dirait. Quand je pense que tout le monde m'a oublié ! Merci beaucoup Serleena !
Moi : Allons, rassure-toi ça ne va pas durer. Juste la majeure partie de la fic.
Roy : C'est fou ce que je suis rassuré.
Moi : T'avoueras que je suis pas particulièrement sadique ! Y'en a qui sont pires !
Roy : Ouais là t'as pas tort.
Moi : Alors fais-moi confiance. Pis tu sais bien que je préfère les happy-ends. Le vrai monde nous offre assez d'horreurs comme ça, moi je mets du bonheur dans mes fics.
Roy : Bonne idée. Allez les filles, on se relâche pas pour les reviews ! Courage ! Et merci !
