Promesses retenues

Générique

Auteur : Robin4, sous le titre original de Promises Remembered

Inspiration JKR, mais très UA quand même !

Traduction : Petite Plume

Relecture (si, si, ce coup-là…) et mise en ligne : Fénice

Sponsors : Tous ceux qui aiment et le disent ! Vous êtes nombreux, dites donc !

Ah soupir oui, Alana, Faby-fan, Kalou, Ryan, Bee, Lording… Robin c'est la classe… Ah ce que peuvent faire les Maraudeurs de Robin est infini, Namyothis, infini ! Non, non, tant que Petite Plume me fournit, je publie, Thamril… Bonjour à Sassennache ! T'inquiète, Eriol, je pense pas que tu étais le seul près des larmes ! Jaelle, par exemple a avoué ! Antadélie, c'est classe, non, d'être surprise ? Les Misfits ? Bien plus présents qu'avant SamaraXX, encore que Robin ne sait pas toujours quoi en faire moi je trouve – tais-toi Fénice ! – Je donnais juste mon avis… bon d'accord, d'accord…. Robin optimiste, Alixe, tu crois encore au Père Noël ? La suite, Joris, et bien voilà !

Chapitre sept : Ceux qui restent

Les hiboux commencèrent à arriver à l'aube, se dirigeant dans l'obscurité. Beaucoup furent réveillés par des coups de bec impatients sur leur main/bras/pieds/visage/ou tout ce qui était accessible à l'impérieuse créature au moment où elle arrivait. Bien que les hiboux soient tous partis pour des destinations différentes, tous portaient une lettre d'aspect identique, fermée avec le même sceau : deux mains serrés entourés par un anneau de feu et de glace. La plupart des sorciers ne connaissaient pas ce sceau, sauf certains.

Ceux qui le connaissaient eurent immédiatement le cœur lourd.

Le premier à recevoir sa lettre fut Remus J. Lupin, directeur de l'école de Sorcellerie de Poudlard. Il venait de se réveiller, et passait de ses quartiers personnels à son bureau, pieds nus sur le plancher frais. Il n'avait pas bien dormi, il pensait que c'était dû, au moins en partie, à l'influence des Détraqueurs. Ça avait été difficile pour lui et ses amis de ramener le calme après le départ des Détraqueurs à l'enterrement de Dumbledore, et ils avaient passé des heures à réunir les familles séparées. Beaucoup avaient essayé de se sauver – leurs efforts avaient été vains - et avaient failli se jeter droit dans les griffes des Détraqueurs.

Remus ne s'était pas rendu compte à quel point le match avait été serré avant d'entendre les histoires des survivants. Même maintenant, il tremblait encore en pensant à ce à quoi ils avaient échappé. Mais nous avons gagné, se rappela calmement le directeur. Je ne sais pas comment mais nous avons gagné.

Quatre sorciers avaient tenu en échec presque cent Détraqueurs. Seuls. Ils étaient allé au devant des Détraqueurs et avaient agi sans réfléchir. Ils étaient parvenus à faire fuir cent Détraqueurs. Seule leur amitié les avait protégés. Malgré la froideur et l'obscurité, ça avait suffit. Leur amitié avait suffi.

Remus connaissait l'histoire du monde magique et il savait que rien de semblable ne s'était produit auparavant.

Il se dirigea vers son bureau et fut surpris d'y trouver Fumseck qui l'attendait. Remus n'avait pas vu le Phénix depuis l'enterrement de Dumbledore et s'attendait à ne pas le voir avant quelques jours. Il essayait toujours d'établir une relation avec la splendide créature, mais Fumseck semblait toujours profondément blessé d'avoir perdu l'homme avec qui il avait passé la majeure partie du siècle. Le nouveau directeur de l'Ordre avait compris le besoin de Fumseck de prendre de la distance, particulièrement après l'enterrement de Dumbledore – c'était le premier jour de calme qu'ils avaient eu depuis la destruction du Ministère... ou au moins il l'avait été jusqu'à l'arrivée des détraqueurs.

Fumseck le dévisagea du haut du bureau. Ses grands yeux lançaient à Remus un regard éloquent. C'est alors que Remus vit la lettre à ses pieds.

Remus s'assit, il inspira profondément pour calmer son cœur qui battait la chamade - comment une simple lettre pouvait-elle raviver tant de souffrance ? Il avait déjà pleuré le vieux sorcier, avait déjà senti son cœur se déchirer. Comment une simple lettre pouvait signifier tant de choses? Les mains tremblantes, il rompit le sceau.

Cher Remus,

Je ne saurais trouver les mots justes pour exprimer ce que j'ai à te dire, particulièrement à toi, à qui j'ai laissé un tel fardeau. Oui, je sais que Fumseck t'a choisi. J'ose penser que c'était évident pour ceux qui savent regarder. Pardonne-moi mes paroles sont énigmatiques. Il est trop tard pour ça.

Comme tu le sais, je n'ai laissé aucun testament. J'ai choisi de traiter de mes possessions d'une autre manière, une qui peut-être gardera en sécurité ce qui a besoin d'être gardé. Des énigmes encore, je sais, mais c'est la vérité. Je pense que tu comprends.

Je t'ai laissé avec bien plus que je ne souhaitais, Remus, et je te présente mes excuses pour ça. Tout ce que je peux dire pour te soulager d'un tel fardeau est que tu es l'un des hommes les plus forts je n'aie jamais connus, et qu'il n'y a personne à qui je ferais plus confiance pour diriger l'Ordre du Phénix. Tu as toujours été à la hauteur de ce qu'on attendait de toi, et je suis sûr que tu feras face aux évènements futurs avec force. Remus, tu as toujours été l'un des sorciers que j'ai été fier d'avoir eu pour élève.

Mais, banalités mises à part, j'espère te laisser davantage que des fardeaux. Ci-joint toutes les notes que j'ai prises au sujet de la Fontaine de puissance de Poudlard. Il s'agit d'un siècle de travail et de recherches. Il y a peu de sources d'information au sujet des Fontaines, et même peu de légendes, mais j'ai découvert certaines choses, je te les laisse.

Je te laisse également ma pensine. Elle doit être arrivée dans ton bureau maintenant, déposée, je l'espère, par Fumseck, il a promis de le faire il y a bien longtemps. Je te recommande de te servir de mes souvenirs, ils ne me servent plus à rien maintenant. J'ai appris beaucoup de choses durant ma longue vie, des bonnes comme des mauvaises, et j'espère sincèrement que tu ne feras pas les mêmes erreurs. Fais en ce que tu veux, Remus. Je sais que tu feras le bon choix.

Ton ami,

Albus Dumbledore

Le premier hibou atterrit sur le torse d'un James Potter encore endormi, il avait été forcé à retourner à Sainte Mangouste après l'enterrement. Inutile de dire que le personnel de l'hôpital avait été outré par ce qu'il y avait fait. Ils ne semblaient pas comprendre qu'il n'avait pas eu le choix. Ainsi ils lui avaient imposé toutes sortes d'examens pour vérifier qu'il allait bien - ou du moins pas plus mal qu'en partant.

"Ouch!"

Quand James avait fini par s'endormir, grognant contre le fait de devoir encore rester à l'hôpital, il n'avait certainement pas compté être réveillé par un hibou se posant sur son torse et becquetant désagréablement son nez. Il avait espéré se réveiller et voir le visage de Lily, ou même celui de Harry (ou Sirius ou Peter ou Remus), mais pas ce maudit hibou. En grognant, il essaya de repousser l'oiseau mais le satané volatile continuait à lui becqueter le nez- "Vas-tu descendre de là?"

"Hou."

En d'autres termes, non. James saisit le hibou avec sa main droite - il essaya immédiatement d'esquiver – et regarda dans sa chambre à la recherche d'une aide potentielle. Malheureusement, il était complètement seul avec l'oiseau. Évidemment, Lily et Harry étaient toujours Place Grimmauld, où ils vivaient depuis que Rogue leur avait dit que Voldemort envisageait d'attaquer Godric's Hollow. James renifla. Veinards.

"Ouh!"

"D'accord, d'accord !" grogna-t-il, saisissant la lettre qu'apportait le hibou. "C'est pour ça que tu étais si pressé ?"

Le hibou le fixa de ses yeux ronds, quand il vit le sceau, son sang se glaça.

James ignora le hibou, et commença à lire.

... les évènements qui se profilent à l'horizon sont sombres, James, plus sombres que beaucoup ne le pensent. Pourtant je sais vous les affronterez, et mon seulement regret est de ne pas être des vôtres – ce n'est pas que je pense que vous ayez besoin d'aide, mais parce que je souhaitais vous aider à réparer le mal causé par ma génération. Mais si les souhaits étaient des balais, les sirènes pourraient voler.

Je te laisse quelque chose qui m'a été très utile. Ci-joint une montre de poche qui a été enchantée par un ami à moi il y a bien longtemps. Si tu la regardes, tu verras que ce n'est pas une montre ordinaire, à tout moment, elle te montrera l'état du monde magique. Elle s'est révélée très utile pour moi, j'espère qu'elle le sera aussi pour toi.

Seulement deux fois dans ma vie, la montre a indiqué "chance." La première quand j'ai fait face à Grindelwald, et la seconde en février de 1987, quelques semaines avant que je devienne ministre de la magie. Comme tu vois, le mot "chance" peut être très fallacieux. La chance représente les moments maudits qui peuvent mener notre monde à la ruine. Mais « chance » représente aussi le choix...

Harry fut étonné de découvrir un hibou qui volait au dessus de sa tête. De son perchoir, Hedwige hulula pour saluer le nouveau venu, Harry plissa les yeux dans la pénombre. Il pensait que ça devait être un hibou - sans ses lunettes, c'était difficile à dire. Il tâta autour de lui (la table de chevet était du mauvais côté ici, Place Grimmauld), attrapa ses lunettes et les mit sur son nez. C'était difficile à voir dans l'obscurité mais il semblait que le hibou brun faisait des cercles dans la pièce.

Le jeune garçon fronça les sourcils. "Je crois que tu t'es trompé de chambre," dit-il à l'oiseau d'un ton autoritaire. "La chambre de Sirius est en bas."

Le hibou lui jeta un coup d'oeil et atterri sur le lit devant lui. Il tendit sa patte à laquelle était accrochée une lettre. "Hou."

"C'est pour moi?" demanda Harry avec confusion.

La créature tapa son bras avec son bec, irritée, Harry prit donc la lettre. Il fut étonné de voir écrit en lettres dorées sur l'enveloppe :

Harry Potter

La Chambre Verte

12 Square Grimmaurd

Londres

Confus, il rompit le sceau bleu et a ouvrit la lettre. Il alluma ensuite la lumière pour pouvoir lire.

... et ainsi je te laisse l'épée de Gryffondor, qui te revient de droit. C'était un cadeau de Helga Pouffesouffle, qui aimait ton aïeul comme un frère. Après sa mort, Pouffesouffle a placé l'épée dans le choipeau pour qu'elle y soit gardée jusqu'au jour où l'un des descendants de Gryffondor en ait besoin. Quand l'épée en est ressortie récemment, j'ai su qu'elle était pour toi.

Fais en bon usage, Harry. Souvient toi toujours que c'était un cadeau d'amour et d'amitié. Quand tout s'écroule excepté ces deux sentiments, souviens toi de ces mots : l'épée de Gryffondor est au service de ceux dont les intentions sont nobles et dont le cœur est fort...

Hermione cilla. Elle était restée debout toute la nuit plongée dans le nouveau livre que ses parents lui avaient acheté pour fêter son retour à la maison, L'histoire contemporaine du monde magique. Il était vraiment très intéressant, malgré les critiques que Ron en avait fait (il n'était pas toujours aussi énervant même s'il se comportait souvent comme tel), et elle n'avait pas pu le lâcher. Ses parents auraient fait un scandale en découvrant qu'elle avait passé une nuit blanche, ainsi en entendant un tapement léger sur la porte de sa chambre, Hermione plongea sous ses couvertures, prenant le livre avec elle. Rapidement, elle éteignit sa lampe de poche et retint son souffle.

Toc, toc.

Elle mit un long moment à réaliser que le bruit ne venait pas de la porte mais de la fenêtre. Quelque chose tapait contre le carreau. Avec précaution, Hermione sortit la tête de sous les couvertures.

Il y avait un hibou à sa fenêtre.

Hermione cilla encore et sortit de son lit, se précipitant pour ouvrir la fenêtre. La première chose qui lui vint à l'esprit fut qu'il était arrivé quelque chose de terrible à Ron ou à Harry, mais elle les avait vus la veille à l'enterrement – et l'écriture ne lui disait rien, mais elle avait un mauvais pressentiment.

Je n'ai jamais eu le privilège de te connaître personnellement, mais le professeur Lupin parle de toi en termes très flatteurs...

Ci-joint un retourneur de temps. Dans un autre univers, tu en aurais fait très bon usage, tant pour les cours... que pour d'autres motifs moins officiels. Je veux seulement te mettre en garde contre les conséquences – parfois désastreuses qu'a le fait de jouer avec le cours du temps...

Chère Molly,

... en guise de remerciement pour tout ce que vous avez fait, les choses évidentes comme les moins évidentes, je vous envoie Trixie, un elfe de maison qui vous servira bien. Je sais que vous détestez la charité, mais considérez la comme un cadeau à une amie qui m'est chère. A l'avenir, je suis sûre que vous serez suffisamment occupée sans avoir à faire tous ces travaux domestiques...

Arthur passa un bras autour des épaules de son épouse pour calmer ses pleurs silencieux. Il était toujours difficile de perdre un ami, mais la mort de Dumbledore les avait frappés en plein coeur. A une époque, il avait été leur professeur, et avait été le directeur de la maison de Molly lors de ses deux dernières années à Poudlard, alors qu'Arthur était déjà diplômé. C'était un homme bon, et il leur manquait cruellement à tous les deux, surtout avec le nouveau poste d'Arthur au ministère. En soupirant, il relut sa lettre encore une fois.

... je sais que beaucoup se sont moqué de votre amour pour les Moldus et leurs créations, mais votre tolérance fait honneur à notre' monde. Si tout le monde était aussi tolérant et ouvert que vous, Arthur, beaucoup des problèmes que nous devons résoudre aujourd'hui n'auraient jamais existé. Je vous laisse donc des"Talkies -walkies" Moldus qui fonctionneront même quand la communication magique échoue...

Dans une autre chambre, un garçon de onze ans rouge aux cheveux roux admirait son paquet, incrédule. Lentement, il tendit la main pour toucher l'objet miroitant, et son visage se fendit d'un sourire.

... cette cape d'invisibilité a, par le passé, appartenu à Alastor Maugrey, un Auror célèbre. "Fol-Oeil" m'a laissé cette cape avant de mourir en me demandant de la donner à quelqu'un qui en aurait besoin. Ce quelqu'un, c'est toi, Ronald Weasley, et je suis certain que tu en feras aussi bon usage que ton meilleur ami. Profite de la vie et fais des blagues, Ron, mais n'oublie jamais que parfois, les ténèbres demandent que l'on sache passer inaperçu...

Je sais que vous avez tous les deux utilisé ce que les fondateurs de Poudlard appelaient la salle sur demande de nombreuses fois. Cette pièce apparaît pour ceux qui en ont besoin autant de fois que nécessaire. Jusqu'ici, vous l'avez seulement utilisée comme cachette pour échapper à des professeurs curieux, mais vous pourriez très bien en avoir besoin pour autre chose un jour. Quand ce jour viendra, j'espère que les célèbres jumeaux Weasley sauront où aller.

Le morceau de parchemin derrière cette lettre semble complètement innocent, mais si vous le déchirez – dans un des coins – la salle viendra à vous. Bonne chance pour toutes les choses – grandes ou petites – que vous accomplirez...

Fred leva les yeux et vit son frère sourire.

"Alors c'était ça ce placard à balais..." comprit George.

"Ouais, je me demande où il sera la prochaine fois que nous en auront besoin."

"Je ne comprends pas," chuchota Ginny pour elle-même. "Je ne l'ai jamais connu..."

Elle n'avait rencontré Albus Dumbledore qu'une fois par le passé, et la petite Ginny Weasley doutait que le défunt ministre de la magie ait la moindre idée de qui elle était. Pourtant –

Ces lunettes peuvent sembler normales, mais les aspects sont souvent trompeurs. Tout comme une certaine carte dont tes frères ont hérité, ces lunettes te donneront le pouvoir de voir qui se cache de l'autre côté des murs. Cependant, tous les murs ne sont pas physiques, et ces lunettes, quand tu les porteras, les fissureront tous. Et tu verras derrière les murs du mensonge, du déguisement, et du désespoir...

"Qu'est-ce que tu fais ici?" souffla Lee au hibou. "J'ai pourtant dit à Fred et George de ne rien envoyer ! Maman va me tuer si elle découvre - "

Cependant, il ne reconnaissait pas cette écriture. Lee réalisa soudain que ce hibou n'était pas Errol, qu'il connaissait trop bien. Le hibou laissa tomber un paquet à côté de la lettre sur le lit.

"Hou!"

... le paquet contient un portoloin. Bien qu'il ressemble à une montre-bracelet innocente, appuyer sur le bouton du coté droit te conduira immédiatement à Poudlard quand tu auras le plus besoin d'y retourner...

Le bois était frais, lisse et beau sous les doigts de Peter. Il n'avait jamais touché une baguette magique comme celle-ci, n'avait jamais pensé qu'une telle puissance et une telle confiance puisse se trouver entre ses mains. A son onzième anniversaire, ses parents l'avaient emmené chez Ollivander, et cela avait pris des heures avant le vieux magicien ne trouve une baguette qui lui convenait. Mais même à cet instant, la baguette n'avait émis qu'une maigre et faible étincelle, et Peter s'était contenté de hausser les épaules, acceptant le fait qu'il ne serait jamais le grand sorcier que son père avait été. Maintenant, pourtant, il sentait la chaleur sous ses doigts, et Peter découvrit une puissance qu'il était sûr de ne pas posséder.

Sans lâcher la baguette, il reprit la lettre une fois de plus, relisant son incroyable contenu. Cette baguette a par le passé appartenu à Julius Grindelwald, disait la lettre de Dumbledore. Je l'ai prise après notre duel en avril 1945, je ne sais pas pourquoi je l'ai gardée. Maintenant, pourtant, je pense que c'était pour toi.

Je me souviens avoir un jour demandé la même baguette à Ollivander. Il a été très embarrassé, et a finalement répondu que cette baguette avait été conçue pour causer le Mal mais aussi le Bien...

Sur Avalon, tout était différent. Bill était assis seul dans l'obscurité, après une autre nuit presque sans sommeil. Il y aurait bientôt des étudiants sur l'île, il savait qu'il avait besoin de repos - mais il ne pouvait pas dormir, et le hibou nouvellement arrivé était juste une autre excuse pour ne pas essayer.

Je n'ai pas grand-chose à t'offrir, Bill, parce qu'il n'y a pas grand-chose qui soulagera ta douleur. Mais je te laisse un gardien des rêves qui te protégera des cauchemars et enregistrera tes rêves. Je sais qu'en ce moment, tu préfèrerais oublier, mais quand l'heure viendra pour toi d'affronter tes cauchemars, tes rêves seront là pour t'aider...

Mon cher ami, commençait la lettre, mais il n'avait pas eu envie de la lire. Il avait immédiatement reconnu l'écriture et avait même essayé d'effrayer le hibou venu la livrer. Il lui avait même jeté un sort, et le hibou s'était sauvé - mais avait laissé cette fichue lettre. La lire avait menacé de lui faire verser des larmes qu'il s'était juré de ne plus laisser couler.

Je te laisse la clef de Casa Serpente, elle se trouvait dans un mystérieux paquet que j'ai reçu il y a seulement quelques semaines. C'est étrange, sur le paquet, il y avait mon nom sur l'enveloppe mais la lettre était datée du 7 mai 1000. Ca venait de Rowena Serdaigle, elle l'avait écrit après la mort de Salazar Serpentard. La clef ne peut être utilisée que par un vrai élève de Serpentard : un homme ambitieux et puissant, qui pourtant possède toujours le courage et l'honneur...

Lily pleurait.

A toi, mon enfant, je laisse la pierre philosophale. Je ne peux faire confiance à personne d'autre pour la garder en sécurité. Il y a plusieurs mois, mon ami Nicolas Flamel m'a laissé la pierre parce qu'il a craignait de ne pas pouvoir la protéger contre Lord Voldemort qui convoite depuis longtemps l'immortalité que la pierre peut conférer. Je te l'envoie parce que la pierre philosophale a d'autres pouvoirs que nous n'avons jamais eu le temps de découvrir. J'espère que toi et le groupe Licorne pourrez réussir là où j'ai échoué, et je te fais confiance pour la détruire si tel n'était pas le cas.

Je déteste avoir à te laisser ce fardeau, Lily, mais je n'ai jamais connu personne plus digne de confiance...

Sirius était assis tranquillement dans le salon quand le hibou arriva et le tira brusquement de sa rêverie. Il n'avait pas dormi cette nuit, bien qu'il jurerait qu'il l'avait fait, particulièrement si Lily le lui demandait plus tard. Mais, même s'il s'était allongé un peu, il ne s'était pas senti à l'aise, Sirius savait que si Voldemort voulait à nouveau tenter quelque chose contre les
Potter, ce serait cette nuit. Il avait déjà détruit leur maison, forçant Lily et Harry à chercher un autre toit, et Sirius était sûr que Voldemort essayerait de les tuer maintenant. Surtout, se rappela-t-il, depuis que nous avons fait échoué l'attaque des détraqueurs. Le souvenir de l'enterrement lui faisait toujours froid dans le dos. Même s'il n'avait pas été surpris que le seigneur des ténèbres ait choisi l'enterrement de Dumbledore pour attaquer, il ne s'était pas attendu à cela. C'était pour ça qu'il n'avait pas trouvé le sommeil. Il y avait trop de questions en suspens.

En outre, Sirius n'avait pas vraiment envie de faire face aux cauchemars qu'une rencontre avec tant de détraqueurs apporterait assurément.

Il jouait tranquillement avec sa baguette tout en laissant son esprit vagabonder. Dans les premières heures du jour, il ne pensait pas vraiment à l'enterrement ni même à Voldemort et à la guerre. Sirius pensait simplement au passé, laissant son regard errer dans le salon, il se remémorait ses jours heureux. Ces jours si lointains où il avait été heureux ici. Il se souvenait de Regulus qui avait coutume de s'asseoir dans ce fauteuil et de supplier Andromeda de lui lire une histoire –

Le hibou atterrit sur le bureau devant lui et tendit le cou pour piquer le front de Sirius sans prévenir.

"Hé!" Ses réflexes d'Auror lui firent vivement éloigner sa tête de l'oiseau, Sirius le fixa. Il repoussa le hibou avec de sa main libre, décidant (avec plus de sagesse qu'il ne pensait posséder) de ne pas pointer sa baguette sur le monstre emplumé. "Qu'est-ce que je t'ai fait?"

"Hou!" Un bec pointu piqua ses poings, Sirius poussa un petit cri de douleur. Réfléchissant à tout vitesse, il s'assura qu'il ne s'agissait pas d'un hibou de Poudlard que lui et ses amis pouvaient avoir utilisé dans une de leurs blagues des années plus tôt - mais non, il portait l'insigne des hiboux postaux normaux, Sirius sut alors que l'animal n'avait aucun compte à régler avec lui. Il finit par apercevoir la lettre que le hibou apportait et secoua désespérément la tête.

"Tu es pressé toi?"

Sirius prit sa lettre, ouvrit le sceau et commença à lire.

Cher Sirius,

Je ne trouve pas les mots pour exprimer ce que je pense. Tu as fait un choix qui te dépasse et que d'autres n'auraient pas fait - et de cette manière, tu as choisi la plus aride des voies. Je t'admire pour ce que tu as fait, Sirius, je ne saurais te dire à quel point, mais je regrette qu'il te revienne de faire face à ce qui fait peur à tant d'autres.

Je ne gâcherai pas ton temps avec des conseils inutiles. Ce qui peut être dit a déjà été fait, et je crois que tu vois ce qui va venir encore plus clairement que moi. Ce que je te laisse, c'est toute la connaissance que je possède - et un journal écrit par le jeune Tom Jedusor avant qu'il ne devienne Lord Voldemort.

Ce journal a été volé en avril 1981 par un jeune homme courageux qui en était venu à regretter ses choix. Avant sa mort, ce jeune homme m'a laissé le journal. Il savait qu'il allait mourir, mais il acceptait les conséquences du chemin qu'il avait choisi. Cet homme, Sirius, c'était ton frère et qu'importe l'opinion que tu as de lui, il est mort comme un vrai Black – en se battant pour ce en quoi il croyait.

Regulus m'a enseigné une formidable leçon : même dans l'obscurité la plus profonde, il y a toujours de l'espoir. Bon courage, Sirius. Je te souhaite le meilleur.

Albus Dumbledore

Naturellement, il y eut d'autres cadeaux et d'autres demandes, mais ceux délivrés par ces hiboux dans les premières heures du jour étaient spéciaux. Aucun des deux camps ne les avait remarqués alors qu'ils délivraient le dernier héritage du plus grand sorcier de l'histoire.

Et, alors que les premières lueurs de l'aube faisaient leur apparition, un sorcier était assis tout seul, un petit journal dans les mains, contemplant la tapisserie fleurie du mur en face de lui. Un sourire amer traversa son visage alors qu'il se levait. Lentement, il s'approcha de la fenêtre ouverte pour observer le soleil levant, le journal Tom Jedusor toujours dans sa main. Il lui jeta un regard avant de contempler l'horizon. Son visage se durci.

"Laissons venir les ténèbres."

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Toujours la chute mortelle qui rend dépendant, non ? On travaille à la suite qui s'appelle joyeusement « Le pire cauchemar des Black »