Promesses retenues

Générique

Auteur : Robin4, sous le titre original de Promises Remembered

Inspiration JKR, mais très UA quand même !

Traduction : Petite Plume

Relecture et mise en ligne : Fénice

Sponsors : Tous ceux qui aiment et le disent !

Thamril aime le testament, Casa Serpente ? Nyamothys, je crois me rappeler qu'on va finir par y aller, Antadélie s'est laissée toucher, Alixe a peur de la suite, v'là des indices ! Oui, Ryan c'est sombre ET bien écrit… Totalement d'accord.

Bises au Baratineur et ses express reviews pas françaises…

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Chapitre huit : Le pire cauchemar d'un Black

"Sirius!" cria Harry en se précipitant vers la porte d'entrée. "Il y a quelqu'un à la porte!"

Depuis l'attaque de leur maison, Harry et sa mère étaient venus vivre Place Grimmauld pour plus de sécurité. Maintenant que Godric's Hollow était en ruines, Sirius avait insisté pour qu'ils restent au moins jusqu'à ce qu'une meilleure solution soit trouvée. Harry et sa maman avaient passé la majeure partie de la journée de la veille à Sainte-Mangouste avec James et étaient rentrés tard, ce matin, Harry avait dépensé son énergie à explorer l'antique demeure des Blacks, un endroit dont ses parents lui avaient souvent parlé mais qu'il n'avait jamais vu. L'élégance et l'ancienneté de la maison avaient réussi à détourner l'attention de Harry des événements récents, depuis l'enterrement de Dumbledore, les choses allaient de plus en plus mal. C'est pourquoi il avait passé sa matinée à errer dans la maison pendant que sa mère faisait de la politique et luttait pour aider son père à réunir le gouvernement.

La réponse de Sirius se perdit quelque part entre la pièce où il se trouvait, à l'étage, et le hall d'entrée, Harry décida donc d'aller ouvrir. Il découvrit une belle femme à la chevelure dorée mais au visage dur. Elle considéra Harry avec une expression de dégoût extrême. Elle fronçait le nez comme si elle sentait une odeur très désagréable, et Harry a eu le sentiment que c'était à cause de lui.

"Que puis-je pour vous ?" demanda-t-il avec précaution, commençant déjà à regretter d'avoir ouvert la porte. La sorcière lui semblait vaguement familière, mais il ne parvenait pas à resituer son visage.

Elle lui fit une grimace. "Non, Potter. Je ne crois pas."

Harry resta bouche bée.

"Sors de mon chemin, gamin", lança-t-elle avec acidité. "Je n'ai pas envie de voir des gens comme toi souiller la maison de ma famille." Elle tendit la main pour pousser la porte et entrer. Harry resta sur place et la fixa, choqué. Jamais dans sa vie il n'avait vu une telle animosité, et il n'avait même rien fait pour la mériter ! Soudain, il pensa à Drago Malfoy.

"Ou sont passées tes bonnes manières, Cissa ? " Quelque chose avait bloqué la porte, une main grande et forte, Harry sentit soudain la présence de Sirius derrière lui.

"Cousin", répondit-elle avec raideur.

Effrayé, Harry leva les yeux vers son parrain, mais visage de Sirius était fermé et son regard était sombre. Il lui demanda poliment, "Qu'est-ce qui t'amène Place Grimmauld?"

"Je dois te parler."

"Et tu commences en insultant mon filleul," répondit sèchement Sirius. "Une telle mesquinerie est indigne de toi, Narcissa. J'attendais mieux."

"Je me demande lequel d'entre nous déshonore notre famille," répondit-elle malicieusement. "Et en parlant de bonnes manières, vas-tu m'inviter à entrer ou me laisser sur le seuil comme une vulgaire étrangère ?"

"Je n'ai pas pour habitude d'inviter des Mangemorts à prendre le thé."

La remarque ne l'impressionna pas le moins du monde. "Je suis là en temps que cousine et pas en tant qu'ennemi." Quelque chose passa dans ses yeux bleus si semblables à ceux de Sirius. "Je ne suis pas non plus venue ici en tant que Malefoy. Je suis ici en tant que Black."

"Ni l'un ni l'autre ne sont les bienvenus dans ma maison." Sirius releva le menton, son regard glacial plongea dans celui de sa cousine, comme pour la mettre au défi de discuter. Il l'observa en silence un long moment avant de se décider à s'écarter de l'entrée. "Mais je ne déshonorerai pas les vieilles traditions de notre famille en t'insultant. Entre, cousine. J'écouterai ce que tu es venue me dire."

oO

Ils avaient préparé les portoloin avec minutie pour réduire au maximum les risques d'erreurs et avoir une synchronisation parfaite. Bien qu'ils soient toujours très précis quoi qu'ils entreprennent, ils avaient redoublé d'attention pour cette opération. Ils ne pouvaient pas se permettre de commettre des erreurs cette fois. Ils ne pouvaient pas se permettre d'être découvert - ou trahis. Leur propre survie était en jeu, et si quelque chose tournait mal, tous leurs efforts pourraient très bien se s'avérer inutiles.

Simultanément, vingt candidats se matérialisèrent sur Avalon. Ils avaient reçu les portoloins avec des lettres leur décrivant sans détour la situation. Les portoloins ne fonctionneraient que pour un seul individu à la fois et tous s'activeraient en même temps. Une fois que les candidats seraient arrivés ils ne pourraient plus repartir. Ils ne pourraient quitter le camp d'entraînement qu'une fois Aurors. Il était inutile de leur décrire les dangers inhérents à leur choix : les sorcières et les sorciers qui avaient reçu les Portoloins avaient déjà été membres de la classe 4904 de formation d'Auror avant la destruction du Ministère. Bien qu'ils n'aient pas encore atteint la phase deux du cycle de formation, chacun avait passé les essais et les bases, ou la première phase. Théoriquement, tous savaient dans quoi ils se lançaient.

Bill Weasley frémit. Il n'avait pas pensé devenir instructeur si tôt dans sa carrière (habituellement, les Aurors les plus anciens de la division étaient responsable de ce qu'ils appelaient ironiquement les quartiers de Hadès), mais il était l'un des instructeurs désignés pour leur faire passer la phase deux. Normalement, il aurait été instructeur junior à son âge - mais vu le nombre restreint d'Aurors, il n'y avait aucun instructeur junior. Lui, Hestia Jones, et Kingsley Shacklebolt étaient donc les trois seuls instructeurs désignés pas Frank Londubat, et, parmi eux, seule Hestia avait de l'expérience avec les apprentis Aurors. Frank avait été instructeur principal pendant deux ans avant sa capture, mais leur groupe n'avait pas vraiment d'expérience en la matière.

Il soupira et essaya d'avoir l'air détendu. Bill savait pourquoi lui et Frank avaient tous les deux été assignés au camp d'entraînement, ils avaient besoin de temps pour se réhabituer à la vie des Aurors et pour se remettre de leurs expériences traumatisantes. Si un autre que Sirius Black leur avait confié cette tâche, ils auraient été tentés de refuser, mais il leur était impossible de regarder celui qui avait été si longtemps prisonnier d'Azkaban et de lui affirmer qu'il ne comprenait pas les dégâts infligés par les Détraqueurs et les tortionnaires du seigneur des ténèbres. Surtout, réfléchit Bill, quand on sait qu'il a fait face à Voldemort et a survécut.

En regardant les candidats, Bill se sentit vieux et déplacé. Certains, poussés par une curiosité malsaine, jetaient des coups d'oeil curieux aux alentours, alors que d'autres regardaient fixement les trois instructeurs avec appréhension. Hormis Kingsley, qui avait été instructeur junior, aucun d'entre eux n'avait déjà travaillé avec cette section - mais les cinq instructeurs qui avaient été en charge de la classe 4904 étaient morts.

Kingsley fit un pas en avant, et prit la parole, sa voix était grave et profonde. "Bienvenue à Avalon," dit-il. "Vous êtes la classe d'apprentis Aurors 4904, et vous ne pourrez partir qu'une fois Aurors."

oOo

Elle prit son thé sans ciller, Harry l'observait alors qu'elle s'efforçait de paraître confiante. Narcissa Malfoy, la cousine de Sirius, sirotait son thé calmement, étudiant le parrain de Harry par dessus le bord de sa tasse.

"Tu n'as pas peur qu'il soit empoisonné, cousine?" lui demanda Sirius, plus moqueur qu'espiègle.

"Tu es un Gryffondor, tu n'utiliserais pas une ruse de Serpentard", ricana-t-elle. Puis ses yeux bleus dérivèrent sur Harry. "Je suppose qu'il est inutile de te demander d'envoyer le gamin dans une autre pièce."

"Non, en effet."

Elle haussa les épaules. "Quel dommage."

"Tu n'es pas là pour boire de mon thé," répliqua froidement Sirius. Harry n'avait jamais vu son parrain si désagréable et distant, même le jour où il était venu à Poudlard annoncer la nouvelle de la destruction du Ministère et de la mort de Dumbledore. La scène qui se déroulait sous ses yeux semblait faire partie d'une vieille bataille, Sirius et Narcissa jouaient des rôles qu'ils connaissaient parfaitement. Il n'y avait aucune chaleur dans leur conversation, aucune plaisanterie, juste une formalité et une haine glaciale sur ces deux visages si semblables. "Viens-en au fait."

"Très bien." Elle s'appuya sur le dossier de son fauteuil et prit lentement une autre gorgée de thé. "Je suis venue te faire une offre."

"Ah oui ?" un des sourcils noirs de Sirius se leva et il la regarda dans les yeux, l'air méprisant.

Narcissa replaça sa tasse dans sa soucoupe sans réagir à la moquerie, elle posa ses mains sur ses genoux. "Le Seigneur des Ténèbres a décidé de t'offrir une dernière chance."

Effrayé, Harry arracha son regard de celle qui devait être la mère de Malefoy pour jeter un coup d'oeil à son parrain. Une dernière chance ? se demanda-t-il. Il sentit ses entrailles se glacer et se rendit soudain compte que ce n'était pas bon signe. Sirius, cependant, ne répondit pas – ne fit pas le moindre mouvement. Il se contenta de la fixer, toute trace d'amusement avait quitté son visage. Il était sérieux maintenant, immobile et distant, ne laissant rien paraître de ses sentiments. Finalement, Narcissa poursuivit, pas le moins du monde troublée par son silence.

"Si tu décides," précisa-t-elle, "de servir le Seigneur des Ténèbres, il te pardonnera ton insoumission. Tu découvriras aussi qu'il sait se montrer plus que généreux pour récompenser ses plus loyaux serviteurs."

Sirius était toujours silencieux, et cette fois cela semblait agacer légèrement Narcissa. De longues secondes passèrent.

"Tu as tout intérêt à accepter, Sirius," le pressa-t-elle. "Faire le bon choix pourrait très bien sauver tes amis."

Sirius cilla. "Non merci," répondit-il finalement. "Je sais ce que valent ses promesses."

Les yeux bleus de Narcissa brillèrent de colère. "Tu ferais bien de considérer les risques d'une telle décision."

"Je t'assure que je l'ai fait," répondit gravement Sirius.

"Ah oui ?" railla-t-elle, lui renvoyant sa précédente moquerie.

"Je ne changerai pas d'avis."

"C'est bien ce que je pensais." Narcissa se leva brusquement et le toisa de toute sa hauteur, rayonnante de puissance. "N'oublie pas, lorsque ta sinistre fin viendra, que cette offre t'a été faite."

"Tu vois," dit-il très doucement, "je crois que c'est le premier signe de faiblesse qu'il n'ait jamais montré."

Le visage de Narcissa s'empourpra et ses lèvres se serrèrent. "Tu es un imbécile," répondit-elle furieusement. "Et tu mourras comme tel – seul, après avoir sali l'honneur de ta famille. Souviens-toi de mes paroles, cousin. Tu vas payer pour cet affront."

Elle tourna les talons pour partir, mais s'arrêta quand Sirius lui répondit.

"Ca te contrarie, hein" demanda-t-il abruptement, "que le dernier Black soit fréquentable?"

"Toi," cracha-t-elle, ses yeux bleus lançaient des éclairs, "tu n'es pas un Black."

"Pas selon tes critères." Sirius se leva, il lui fit un sourire sombre. "Mais je suis un Black, et quand la sinistre fin dont tu parles arrivera, crois moi, Narcissa, tu t'en rendras compte."

oOoO

Les apprentis Aurors partageaient une petite salle dans les profondeurs d'Avalon. Tonks frissonna en regardant autour d'elle, l'espace ne semblait pas être un luxe ici, au centre d'entraînement légendaire des Aurors. Pour ce qu'elle en avait vu, c'était plutôt l'inverse - autrement, chaque candidat n'aurait pas pu avoir sa chambre, ce qui était le cas. Même si les chambres étaient petites, ils avaient chacun la leur, et Tonks n'était pas stupide, malgré ce qu'avaient pu en dire certains de ses professeurs dans le passé. S'ils avaient assez de place pour proposer une chambre par candidat, il y avait certainement une plus grande salle commune quelque part.

Paf.

"Aïe!"

Toutes les têtes se tournèrent vers elle et Tonks rougit. Elle avait buté sur une table qu'elle n'avait pas remarquée en entrant dans la salle. Le choc poussa la table contre un des divans, mais seule Tonks vit elle où s'est arrêtée. Ils étaient tous bien trop occupés à la dévisager. Elle déglutit. Quelle brillante entrée en scène.

"Euh... salut." Tonks sourit timidement. "Désolée."

Une sorcière lui sourit. Elle avait les cheveux blonds et les yeux verts, et Tonks aurait juré l'avoir connue à Poudlard, mais elle ne remettait pas de nom sur le visage fin et osseux.

"Ce n'est rien. Personne n'aimait cette table basse de toutes façons." La sorcière se leva et lui tendit la main. "Je suis Dana Lockhart. Heureuse de faire ta connaissance."

Tonks prit la main offerte avec reconnaissance. "Nymphadora Tonks," répondit-elle, mais elle s'empressa d'ajouter, "mais tout le monde m'appelle Tonks."

"Normal avec un prénom pareil " intervint une troisième voix, Tonks ne manqua pas le regard irrité que Lockhart jeta au sorcier assis. Il n'avait pas pris la peine de se lever et se contenta de lui adresser un sourire charmeur (ses dents brillaient tellement que Tonks se dit que ça devait être un sort) avant de se présenter. "Jason Deauclaire."

"Bonjour," répondit-elle poliment avant de détourner son regard le plus vite possible.

Seulement à cet instant, elle remarqua qu'un deuxième sorcier était dans la pièce, il était plus petit que son compagnon, et aussi plus carré, elle ne pensait pas qu'un apprenti Auror puisse être bâti comme ça. Cependant, à la différence des autres, ce sorcier lui semblait vaguement familier, Tonks s'efforça de ne pas le fixer en fronçant les sourcils. Peut-être avait-elle été assise à coté de lui pendant les tests de la phase un. Les potions peut-être... ? Elle fouilla frénétiquement dans son esprit, elle était plus que certaine de l'avoir vu plus d'une fois – ça y est !

"Salut, Horace," elle sourit et essaya d'avoir l'air détendue. En même temps, elle était sûre qu'elle ne trompait personne.

"Hé, Tonks." L'ancien Serpentard lui rendit son sourire avec un peu d'hésitation. Il semblait dérangé par ce qui les entourait, particulièrement Jason Deauclaire, Tonks se souvint alors qu'il était aussi à Serpentard mais avait quelques années de moins qu'elle. "Comment vas-tu?"

"Bien." Elle haussa les épaules et regarda autour d'elle pour voir combien de personnes étaient dans la salle. Elle fronça les sourcils. "Attendez, je croyais qu'on devait être cinq?"

"C'est le cas." Dana Lockhart haussa distraitement les épaules. "Cornelia se remet de ses émotions."

Horace Smeltings renifla. "Elle a eu une petite confrontation avec Londubat alors qu'elle essayait de se servir de la cheminée pour appeler chez elle. Il l'a bien remise à sa place."

"Je n'avais jamais vu quelqu'un de si méchant," commenta Lockhart. "Ou si doué pour imaginer des moyens de mettre les gens très mal à l'aise."

"Elle ne va pas tarder," intervint Deauclaire. "En attendant, je vous suggère de vous asseoir et de vous détendre. Merlin sait que nous aurons besoin de notre énergie plus tard."

Son ton présomptueux fit frémir Tonks, mais elle savait qu'il avait raison. Ses jambes étaient lourdes à cause de la charge de travail et du chaos absolu de l'épreuve de la phase deux (elle avait maintenant complètement compris pourquoi ils appelaient cet endroit le "quartier de Hadès"), et elle savait aussi que les choses allaient encore empirer avant de commencer à s'améliorer.

Elle s'assit et un silence inconfortable s'installa.

Apparemment, les trois autres candidats (et Cornelia) présents dans la salle commune étaient dans sa section, mais ils n'étaient pas comme Tonks les avait imaginés. Elle les détailla discrètement, essayant de trouver un groupe plus surprenant sans y parvenir. Elle ne connaissait vraiment aucun de ses compagnons, mais maintenant qu'elle avait des noms à associer aux visages, elle savait des choses sur eux. Inconsciemment, Tonks passa une main dans ses cheveux (actuellement) mi longs et bruns foncé. C'était sa couleur naturelle, quelque chose qu'elle avait hérité de son père, bien qu'elle l'ait changée tant de fois qu'elle ne les comptait plus. Les traits de Tonks, pourtant, étaient typiques des Black. Elle renifla. C'est peut-être pour ça que je change souvent mon visage.

"Qu'est-ce qu'il y a de drôle?" demanda Deauclaire, elle sursauta. Elle était toujours comme ça – à laisser ses pensées paraître sans le vouloir.

"Rien, " répondit-elle. "Je réfléchissais."

"En parlant de réflexion," s'exclama Lockhart, "vous avez une idée de ce qui nous attend ce soir?"

"Quoi que ce soit, j'espère que ça implique qu'on nous rende nos baguettes," répondit immédiatement Smeltings, les autres acquiescèrent vigoureusement. Une des premières choses que les instructeurs avaient faite était de prendre les baguettes de tous les candidats, et ils avaient été lâchés sans possibilité de faire de la magie dans le chaos des épreuves de l'après-midi. Après dix ans à avoir constamment sa baguette avec elle, Tonks trouvait extrêmement difficile, pour ne pas dire impossible, de s'en passer.

"Sans blagues," souffla-t-elle. "Ca n'était pas drôle du tout."

Smeltings eut sourire en coin. "Nous ne pouvons qu'espérer que quoi que nous ayons encore à affronter ça ne sera plus ça."

"Ouais." Lockhart frissonna. "La journée d'aujourd'hui est définitivement sur ma liste des 10 pires journées de ma vie."

"Dix!" renifla Deauclaire. "Je dirais qu'elle est dans le trio de tête."

Tonks a grimacé. Ouais, ça tombe pile entre ma première rencontre avec tante Narcissa et la fois où j'ai entendu tante Bella jurer qu'elle tuerait mon père quand j'avais trois ans. Elle pensa, non sans une certaine allégresse, que sa famille n'approuverait certainement pas son choix. "Bon, essayons de voir les choses du bon côté," remarqua-t-elle. "Ca peut difficilement être pire."

"Bien sûr que non." Lockhart leva les yeux au ciel. "Tu as entendu Londubat ? Leçon numéro un : la vie n'est pas juste.'"

"Et c'est seulement le premier jour," renchérit tristement Smeltings. "Je suis sûr qu'ils nous réservent encore bien des surprises. Il y a fort à parier pour que le pire reste encore à venir."

"Et bien sûr, nous ne pourront pas appeler chez nous," remarqua sèchement Deauclaire, ils échangèrent tous les quatre un sourire.

Ils savaient que la sécurité à Avalon était importante (évidemment, ils ne savaient même pas où Avalon se situait, bien que Tonks suspecta que ce soit une île), mais Cornelia Croupton avait certainement sous-estimé l'obsession des Aurors pour les secrets. Il y avait des chemines magiques sur Avalon, naturellement, mais comme Croupton l'avait découvert, ça ne voulait pas dire que les candidats étaient invités à s'en servir.

"Quelqu'un devrait aller la consoler," commenta Lockhart. "Après tout, je suis sûr que nous allons tous faire des erreurs stupides au cours des deux prochains mois, nous devrions apprendre dès aujourd'hui à être solidaire dans la souffrance."

"C'est inutile," dit une autre voix qui venait de la porte. Cornelia Croupton entra dans la salle commune avec un léger sourire, et elle ne trébucha sur aucun objet. Croupton avait un visage fin aux traits délicats et des cheveux noirs assortis à ses yeux - elle était presque la personnification de ce à quoi Tonks avait toujours voulu ressembler dans son enfance. Et pour compléter le tout, elle se déplaçait avec une grâce qui aurait fait envie même à une licorne. "J'ai décidé qu'être seule n'arrangerait rien," ajouta-t-elle. "En outre, je suis arrivée à la même conclusion. Nous devons nous habituer à souffrir."

oOoOo

La porte se referma et Harry fixa son parrain en silence. Pendant un long moment, Sirius resta parfaitement immobile, figé sur place, plongé dans ses pensées. Son beau visage était impassible et ses yeux bleus étaient toujours sombres. Finalement, Sirius secoua la tête et se détourna de la porte. "Viens, Harry. On va chercher quelque chose plus intéressant à faire."

Ensemble, ils traversèrent le hall calmement jusqu'à ce que Harry ne puisse plus se taire.

"Sirius ?" demanda-t-il. "C'était la mère de Drago Malefoy?"

"Oui." Sirius lui lança un regard de côté. "Je suppose que c'est en ces termes que, toi, tu penses à elle."

"Et c'est ta cousine?" Harry essaya de ne pas avoir l'air dégoûté, mais fut certain d'échouer. Ce n'était pas qu'il aimait moins Sirius à cause de ça, mais il avait toujours imaginé que la famille de son parrain était comme la sienne, luttant contre les ténèbres et le mal. Mais bon, chaque famille a ses…

"Oui." Sirius s'arrêta. "Ma famille est malfaisante, Harry," expliqua-t-il. "Très ancienne et très malfaisante. Je suis étonné que personne ne t'en ait parlé avant. La plupart de mes parents encore vivants sont impliqués dans guerre - du côté de Voldemort. J'étais le deuxième Auror que la famille ait eu, mais il y a beaucoup de Mangemorts dans la famille."

Harry le fixa. "Qui ?"

"A part Cissa ? Bellatrix Lestrange. C'est une des sœurs aînées de Narcissa." Sa voix était calme. "Et mon frère."

"Tu as un frère ?"

"Avais." La voix de Sirius se fit froide. "Regulus était plongé dans les idéaux de la famille. Toujours Pur '. Puissants, purs et corrompus, les Black sont au-dessus des lois et sans moralité. Regulus les a crus trop facilement, et voulait faire honneur à notre héritage '." Il eut un sourire amer. "Mais ce n'était pas un mauvais garçon. Il a réalisé qu'il avait tort, et essayé de s'échapper. Mais il en est mort."

"Je suis désolé," dit tranquillement Harry.

"Moi aussi," répondit doucement son parrain en plaçant une main sur l'épaule de Harry. "Mais la famille dans laquelle on voit le jour n'est pas aussi importante que ceux qu'on choisit pour amis."

Harry fronça les sourcils. "Mais tu lui as dit -"

"De ne pas oublier que je suis un Black ?" Harry hocha la tête. "Oh, mais j'en suis un. J'ai la puissance, la richesse et les relations, parce que ma chère vieille maman n'est jamais parvenue à me déshériter, pourtant ce n'est pas faute d'avoir essayé. Et je n'hésiterai pas à me servir de cet héritage pour me battre contre les ténèbres."

Harry n'avait vu qu'une seule fois son parrain si confiant et sérieux. Il était habitué à l'homme rieur et heureux que Sirius était habituellement, malgré son regard profondément marqué par dix ans entre des mains de Voldemort. Mais Sirius Black était plus qu'un ami et un blagueur invétéré. Il y avait en lui quelque chose de plus profond et de plus puissant, et Harry commençait juste à comprendre ce que Sirius avait voulu dire quelques instants plus tôt et qui avait tant irrité et effrayé Narcissa Malfoy.

Soudain, Sirius sourit. "Assez de discussions sérieuses," déclara-t-il. "C'est les vacances d'été. Allons faire quelque chose de plus amusant."

oOoOoO

"Go, go, go, go!"

Chaos organisé. Folie. Pression et intensité. Ils avaient tous un but, en dépit des apparences : les vingt candidats courraient dans tous les sens, poussés et harcelés par leurs trois instructeurs. Les sorts zébraient l'air, éclairant la grande salle d'un arc-en-ciel multicolore. Les plupart étaient complètement inoffensifs, le plus mauvais d'entre eux était un léger sort de ligotage, mais ça aussi, ça avait un but. Chaos et pression. La formation d'Auror avait trois fondements : violence, intensité, et discipline. Les instructeurs pouvaient créer les deux premiers, le troisième dépendait des candidats.

BOUM.

" A terre !"

Le bruit, naturellement, était inoffensif, c'était seulement un sortilège tout simple. Mais les candidats se jetèrent au sol comme si le Seigneur des Ténèbres lui-même s'était trouvé dans la pièce. Ils étaient sur la sellette depuis que Kingsley avait fini de parler et, depuis trois heures qu'ils étaient là-dedans, les choses commençaient devenir dingues. Bill se souvenait vaguement de ses premiers jours à lui à Avalon – tout était flou jusqu'au deuxième mois, quand lui et ses camarades avaient finalement réussi à s'habituer au rythme. Avant ça, il avait du mal à se souvenir de choses précises. Il se souvenait du chaos, qu'il s'était souvent senti désarmé et s'était demandé si quelqu'un contrôlait ce désordre dans lequel il avait choisi de se lancer…

Mais un regard rapide par dessus son épaule lui révéla les yeux attentifs de Frank Londubat qui montraient clairement qu'il contrôlait parfaitement la situation. Deux mots de Frank suffiraient à tout stopper. La formation d'Auror était faite pour sembler hors de contrôle, mais en vrai, ce n'était pas le cas. Maintenant plus encore qu'avant, la Division ne pouvait pas se permettre de perdre le contrôle – pas avec un entraînement de dix mois réduit à seulement deux. Deux mois. Pendant un moment, Bill fut stupéfié par la folie de cette décision, mais il savait que c'était nécessaire.

Pourtant, ça rendait son travail beaucoup plus difficile.

Même lui qui était instructeur avait à peine le temps de penser, il détourna ses pensées de la mission impossible qui leur avait été confiée. Il y avait trop à faire et trop peu de temps pour le faire – mais c'était évidemment toujours comme ça lors de la formation d'Aurors - et en tant qu'instructeur, il devait montrer l'exemple et agir plus vite et mieux qu'eux. Le chaos était une partie importante du processus, il le savait, il rendait les réflexes plus rapides et habituait les candidats à travailler sous pression... mais c'était fou. Et toujours à la limite des possibilités de contrôle, même dans les meilleures années.

La lumière rouge d'un sort siffla à son oreille et Bill l'évita tout en jetant un regard mauvais dans la direction de Hestia. Soit elle avait fait exprès de manquer sa cible (ce qu'il ne lui pardonnerait pas) soit elle était en dessous de ses capacités normales. Mais il aurait l'occasion de le lui demander plus tard, maintenant, c'était l'heure du travail et du désordre.

"DEHORS!"

Pour un homme si tranquille et si mûr, Frank Londubat savait crier incroyablement fort. Jusqu'à ce beuglement, Bill avait été persuadé que Kingsley Shacklebolt était l'homme qui criait le plus fort qu'il n'ait jamais rencontré. Frank, cependant, les avait tous surpassés avec ce cri puissant, et les vingt candidats dispersés à travers la salle se ruèrent vers les portes ouvertes. Et il n'a même pas utilisé de sort pour faire ça ! Grimaçant, Bill envoya quelques boules de lumière clignotantes dans leur sillage, bien que parfaitement inoffensives et très hautes au dessus de leurs têtes, elles en firent sursauter plus d'un.

Leur réaction n'était pas due à une quelconque lâcheté. La raison principale de leur nervosité était qu'ils n'avaient pas leurs baguettes et donc aucun moyen de riposter si nécessaire. A bien y regarder, la situation n'était pas vraiment confortable pour les candidats, mais d'un autre côté, ça n'était pas le but. Cet exercice était destiné à leur apprendre à se servir de toutes leurs ressources et montrait, de façon très réaliste, à quel point les choses peuvent mal tourner quand un Auror perd sa baguette. Les instructeurs délivrèrent un par un les candidats qui avaient été assez stupides pour "mourir" et les faisaient sortir de la salle, les candidats qui étaient sortis au moment où Frank l'avait demandé n'étaient que 15 – certains avaient simplement croisé la trajectoire d'un sort au mauvais moment et, dans la réalité, ça aurait pu leur être fatal. Ou au moins handicapant pour continuer à se battre. Un des candidats osa faire une remarque, mais les autres restèrent silencieux. Le rebelle fut calmé par le regard hostile de Hestia et s'éloigna l'air furieux. Mais la vie n'était pas toute rose, et la formation d'Auror non plus.

Du coin de l'oeil, Bill vit une jeune femme mince aux cheveux bruns s'arrêter pour aider un homme potelé qui était tombé. Ensemble, ils se mirent à courir jusqu'à ce que ce soit elle qui trébuche et lui qui l'aide à se relever.

La nuit tombait, et Bill sourit dans l'obscurité. Il faisait encore assez clair pour qu'il puisse voir un groupe de quatre candidats à sa gauche, à moitié caché sous un rocher. Ils manigançaient quelque chose, une bonne chose en tant que travail d'équipe - mais aussi une mauvaise car l'effort serait vain. Ce que les candidats ne savaient pas, c'était que la zone d'entraînement numéro un avait été conçue spécialement pour couvrir les instructeurs et mettre les candidats en difficultés.

Bill avança furtivement, allant d'un arbre à un autre. Les sorts que lui et les autres avaient placés pendant que les candidats mangeaient s'activaient à présent, jetant des étincelles sur les malheureux candidats et les effrayant avec de fortes détonations. Croyant à une attaque, ils se retournèrent pour regarder avec appréhension autour d'eux. Bill profita de leur distraction pour se ruer vers un autre arbre et leur jeter un nouveau sort.

En quelques secondes, ils se retrouvèrent tous les quatre couverts de peinture verte.

L'un d'entre eux hurla, et Bill éclata de rire. Tout se passait bien.

oOoOoOo

Dans le suivant, Sirius, Julia, Severus et le Seigneur des Ténèbres…. Oser rêver, ça s'appelle…