Promesses retenues
Générique
Auteur : Robin4, sous le titre original de Promises Remembered
Inspiration JKR, mais très UA quand même !
Traduction : Petite Plume
Relecture et mise en ligne : Fénice
Sponsors : Tous ceux qui aiment et le disent !
Merci Eilis d'avoir pris le temps de découvrir le monde de Robin. Si tu l'aimes va donc voir aussi toutes les fics traduite par Alana Chantelune…. D'ailleurs le chapitre précédent contenait une référence à « Ceux qui restent derrière » de la même Robin et traduite par Alana…
Ce Baratineur… Avalon, je pense que c'est Robin qui nous raconte sa formation – elle est dans la Navy, si, si… y'a de tout sur FFnet… - Va falloir que tu t'y habitues parce que le thème va revenir… Bon évidemment Fée remarque les mêmes choses que toi, quel tendem, oui le Voldie est un peu perdu, il semblerait… d'ailleurs… Namyothis aussi, mais c'est un trio !
Chapitre neuf : Le courage de rêver
Ils avaient pris l'habitude de se retrouver loin de l'Angleterre.
C'était la France cette fois, une nation dont tous les deux parlaient la langue, bien que Julia soit beaucoup plus douée que Sirius ne l'avait jamais été. Mais Julia avait toujours aimé les langues étrangères alors que Sirius avait été contraint de l'apprendre par sa dominatrice de mère. Pourtant, il était lui-même surpris par tout ce qu'il savait encore, et attendre une heure dans un café l'avait aidé à retrouver ses connaissances enfouies au fond de sa mémoire.
Il repéra Julia dès qu'elle franchit la porte et il savoura le luxe de pouvoir simplement admirer la femme qu'il aimait. Merlin savait combien il la voyait peu - Julia était souvent en voyage hors du pays, fouillant des tombeaux sorciers pour aider Voldemort dans sa quête d'immortalité et de richesse. Sirius aurait pu compter le nombre de leurs rencontres, à son grand Malheur, sur les doigts de ses deux mains. Bien sûr, se dit-il sombrement, ce n'est pas uniquement de la faute de Julia.
Aucun d'entre eux n'aurait dû se trouver là, mais ils avaient besoin de se voir même s'ils avaient tous les deux beaucoup à cacher. Pour Julia, le risque était moindre. Elle était censée passer du temps avec Sirius pour regagner sa confiance et, finalement, le livrer au Seigneur des Ténèbres. Elle n'avait bien sûr pas l'intention de respecter ses ordres, mais elle continuerait à jouer son rôle tant que Voldemort ne se doutait de rien.
Pour Sirius, la situation était un peu plus compliquée. Le nombre de personnes qui savaient que Julia Malfoy était devenue espionne pour le compte de l'Ordre du Phénix était très faible, alors que le nombre de celles qui la suspectaient d'être une mangemort était très élevé. Même si Sirius se fichait de ce que pensaient les gens, avec le climat politique actuel, il devait se méfier. Que ça lui plaise ou non, il était considéré comme un des leaders de l'Ordre – et le héro de la guerre contre Voldemort - après la destruction du ministère de la Magie. Si des journalistes comme Rita Skeeter laissaient entendre qu'il pourrait très bien être de l'autre côté, leur cause en souffrirait. Pas fatalement, naturellement, mais assez profondément pour qu'il préfère éviter ce genre de situation.
Il écarta ses sombres pensées et étudia Julia pendant qu'elle s'approchait. Elle avait les yeux cernés, et il ne l'avait jamais vue aussi fatiguée depuis des années – la dernière fois, c'était quand il était encore un Auror débutant et qu'elle étudiait pour ses ASPICS. Ses cheveux blonds étaient peu plus longs que d'habitude, un autre signe qui montrait qu'elle avait été si occupée qu'elle n'avait même pas pris le temps de les faire couper. Ou même de se jeter un sort de coupage de cheveux... mais c'était Julia. Quand elle était concentrée sur un projet, presque tout le reste devenait dérisoire, son apparence comprise. Honnêtement, Sirius fut légèrement étonné de voir qu'elle avait pensé à mettre des vêtements Moldus pour ce rendez-vous, mais il ne fut en revanche pas étonné de voir qu'elle avait pris son carnet, pour le cas où elle aurait des choses à noter. Après tout, pensa-t-il, "si on ne note pas ses idées, elles ne se réalisent pas." Sirius se retint de rire. Même épuisée et un peu négligée, elle était toujours aussi belle.
"Bonjour", dit Julia en s'asseyant sur le siège en face de lui avec un sourire. "Tu es en avance."
Il lui fit un petit sourire. "Paranoïa institutionnelle."
Elle pouffa, Sirius eut du mal à résister à l'envie de la serrer dans ses bras et de l'embrasser. Plus tard, se promit-il. Mais la tentation restait forte en dépit de la nécessité de maintenir leurs couvertures et de ne pas attirer l'attention. Ah, qu'il l'aimait - et dans ses yeux gris, il lut le même désir. Sirius renifla. Au moins il n'était pas le seul à être devenu moins impulsif avec le temps.
"Vraiment?" le taquina-t-elle légèrement.
"Ouais," le sourire de Sirius se fit triste, et il haussa les épaules, essayant de garder une voix légère. "Je devine que nous devons tous grandir un jour."
"Même toi ?" La voix de Julia était étonnamment triste.
"Nous tous," Sirius se força à lui adresser un pâle sourire. "Maintenant plus que jamais."
Ils restèrent silencieux un moment, et ce silence rappela à Sirius la terrible pression qui pesait sur lui. Mais Julia lui sourit, et son regard suffisait à calmer ses pensées les plus sombres.
"Assez parlé affaires." Elle tendit la main pour saisir celle de Sirius. "J'ai faim. Mangeons."
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"Vous m'avez demandé, Maître?"
Rogue parla d'une voix calme et resta à genoux en attendant d'être reconnu. Voldemort l'avait convoqué en plein jour, ce qui était assez peu courant de la part du Seigneur des Ténèbres – malgré sa puissance, Voldemort avait un grand sens pratique, ce qui signifiait qu'il se rendait compte des contraintes qu'une carrière dans l'enseignement avait sur son principal espion. Mais on était en juillet, et les vacances d'été avaient toujours marqué la fin des règles habituelles.
"En effet." La main aux longs doigts fit signe à Rogue de se lever. "Viens marcher un peu avec moi, Severus."
"Oui, Maître." Rogue se leva avec élégance et marcha un peu en retrait derrière Voldemort, veillant à rester à sa gauche. Il adopta une expression attentive et suivit son maître dans les couloirs tranquilles d'Azkaban.
La forteresse était silencieuse maintenant qu'elle avait été vidée de sa population de prisonniers. Les 27 prisonniers de guerre s'étaient échappés lors du raid de l'Ordre, et un Mangemort était mort ce jour là. Une telle audace avait mit Voldemort dans une colère noire que tous avaient constatée, et Rogue savait que la destruction du ministère de la Magie n'était pas sa dernière attaque. Ca n'avait d'ailleurs pas non plus été la première. Avant d'envoyer ses Mangemorts au ministère, Voldemort s'était vengé un peu. Chacun de ses partisans avait été puni pour ce qui s'était passé, même ses favoris. Lucius Malfoy avait été puni pour ne pas avoir compris que l'attaque de son manoir n'était qu'une diversion, et Bellatrix Lestrange pour avoir permis qu'Azkaban soit violée. Tous avaient payé – sauf un.
Severus Rogue était le seul Mangemort à avoir échappé au châtiment. Le Seigneur des Ténèbres l'avait même complimenté pour lui avoir sauvé la vie, un fait aussi rare que la gentillesse venant de Voldemort.
Finalement, il avait compris que c'était pour ça qu'il n'avait pas participé à l'attaque de Ministère. Voldemort avait confié cette attaque aux Mangemorts pour qu'ils rachètent leurs erreurs. Rogue, qui avait été le seul à agir intelligemment pendant l'attaque d'Azkaban, avait donc été exempté.
"J'ai été visiter l'ancien département des Mystères," dit Voldemort après un moment de silence, sortant brusquement Rogue de ses pensées.
"Maître?"
"Là, j'ai recherché une certaine prophétie faite en juillet 1980." Soudain, le Seigneur des Ténèbres s'arrêta et fixa Rogue de ses yeux rouges. Severus baissa la tête, luttant pour ne pas tenir son souffle. La voix aiguë et franche le fit frissonner. "Connais-tu cette prophétie, Severus?"
"Oui, maître," répondit-il rapidement, puis il hésita. "Mais je sais seulement qu'elle existe, je ne sais pas ce qu'elle dit."
"Vraiment?" siffla l'autre.
Severus étudia le plancher, son Coeur battait à tout rompre. La simple vérité serait-elle suffisante ? Avec Voldemort, elle l'était rarement. "Je sais qu'elle a prédit la naissance de celui qui pourra vous affronter, Maître, mais je sais pas à qui elle fait référence. J'en ai parlé à Sybille Trelawney il y a quelques années, mais elle n'a pas le moindre souvenir de ce qu'elle a dit."
Il y eut un long moment de silence durant lequel le Mangemort essaya de ne rien laisser paraître.
"Regarde-moi, Severus." Il ne pouvait pas refuser, et à contrecœur il leva les yeux pour regarder son maître. Il connaissait les intentions du Seigneur des Ténèbres – Rogue avait étudié la legilimencie et savait qu'il était important de se regarder dans les yeux pour la pratiquer. Etant données les circonstances, il pouvait seulement se réjouir de ne pas avoir menti, mentir à Voldemort était toujours risqué... même pour quelqu'un qui avait ses compétences.
Mais même ses compétences ne l'empêchaient pas d'avoir l'impression que Voldemort lisait en lui comme dans un livre ouvert. Même s'il savait que Voldemort ne pouvait pas réellement lire ses pensées, il n'était pas rassuré. Il ne l'était jamais. Même les Détraqueurs ne lui faisaient pas aussi froid dans le dos...
"Tu dis la vérité," conclut-il de sa voix froide après une éternité. "C'est bien."
Rogue se contenta de baisser docilement la tête. Il évoluait toujours sur le fil du rasoir et le moindre faux pas lui coûterait la vie.
"La parole de Trelawney n'a pas d'importance. J'ai la prophétie."
"C'est une excellente nouvelle, Maître." Pourquoi se sentait-il acculé à ce point ? Il aurait du être soulagé, mais...
"Crois-tu?"
Répondre ne lui sembla pas la bonne chose à faire, il se contenta donc d'attendre. Le silence s'éternisa et Rogue commença à se demander si ce n'était pas un test. Tant de choses étaient des tests – pourtant, son instinct lui dit que le Seigneur des Ténèbres réfléchissait. Donc il attendit.
"J'ai l'impression de m'être laissé distraire ces derniers temps, Severus," dit froidement Voldemort. "J'ai fait à Harry Potter l'immense faveur de le laisser vivre onze années.
"Il n'aura jamais douze ans."
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"J'ai une bonne nouvelle."
James sourit à Lily qui entrait dans la chambre. L'enterrement l'avait épuisé, Lily s'en était rendu compte, et bien qu'il ait essayé de le nier et prétendu ne pas avoir besoin de retourner à Sainte-Mangouste, les soins des médecins lui avaient fait du bien. Son visage était moins pâle et Lily ne lui avait pas trouvé aussi bonne mine depuis la destruction du ministère.
"Vraiment?" Lily s'assit sur le lit et lui prit la main. "Raconte."
Le sourire de James était contagieux. "Martha dit qu'ils ont peut-être trouvé un sort pour guérir mes jambes."
"Ah?" Son manqua un battement. "Vraiment ?"
Martha Blackwood était le médecin responsable de James. En fait, elle était la meilleure de Sainte-Mangouste, c'est pourquoi elle avait été désignée pour s'occuper du patient pour lequel ses collègues n'avaient rien pu faire. Il y avait peu de blessures que la médecine magique ne puisse guérir, mais aucun sort n'était venu à bout de la paralysie de James. Si sa colonne vertébrale avait été brisée, un sort simple – mais complexe – aurait pu le guérir... Pourtant aucun ne fonctionnait. Pour couronner le tout, James assurait qu'il sentait la douleur dans ses jambes et son dos – même si aucun des deux ne répondait au moindre stimulus.
"Elle dit qu'ils ont découvert un nouveau sort en faisant des recherches." L'espoir éclaira le visage de James. "C'est peut-être le bon cette fois."
"Quand comptent-ils l'essayer?" Ils avaient déjà tellement vécu cette situation que Lily avait presque peur d'espérer à nouveau – pourtant elle devait le faire, pour James si ce n'était pour elle. Il devait bien y avoir une solution. Il y aurait bien un moment où ça s'améliorerait.
"Dans quelques jours," répondit-il. "Peut-être dès vendredi."
Elle serra sa main dans la sienne. "J'espère que cette fois sera la bonne, James."
"Moi, aussi."
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Ils marchaient ensemble le long de la côte, main dans la main, habillés avec des vêtements Moldus. Leurs parents respectifs auraient très certainement eu une crise cardiaque en les voyant, mais ni l'un ni l'autre ne s'en inquiétait. Julia s'était souvent dit que toute la lignée des Malefoy devait se retourner dans leurs tombes en la voyant agir. Elle se demandait qui était le meilleur Malefoy au final : elle ou Lucius ? Elle supposait que son ouverture envers les Moldus et les sangs mêlés devait lui faire perdre des points, mais de l'autre côté, tous les Malefoy n'avaient pas été des monstres. Certes, sa famille était ancienne et attachée aux traditions, mais elle n'était pas composée que de fous. Ils n'avaient même pas tous été obsédés par la pureté du sang avant l'arrivée au pouvoir de Voldemort. Les Black par contre, elle jeta un regard en biais à Sirius, avaient toujours été comme ça, et pourtant, il y avait des gens bien parmi eux.
Sirius capta son regard et lui fit un sourire charmeur. Dans moments là, un seul regard de Sirius parvenait à lui faire oublier ces années de douleur et à lui faire croire qu'elle était à nouveau une jeune fille de seize ans pour qui l'amour était tout ce qui comptait et dont le seul souci était d'obtenir la bénédiction de ses parents.
Mais aujourd'hui, ses parents étaient morts, et ses seize ans étaient loin derrière elle.
"Tu réfléchis," lui dit tranquillement son compagnon.
Julia rit malgré elle. "Tu sais, ce n'est pas la première fois."
"Ah non?" la taquina-t-il, serrant son bras autour de ses épaules. Le corps de Sirius était chaud contre le sien, et Julia aurait pu rester là, en sécurité et à l'aise, pour le restant de ses jours si seulement le monde la laissait faire.
"Non." Elle leva les yeux au ciel et essaya de prendre un ton irrité mais cela s'avéra impossible. Ils rirent ensemble, savourant le luxe de ce moment de paix qui ne durerait pas quoiqu'ils fassent... mais qu'ils se plaisaient à faire comme si !
"Alors, à quoi tu pensais?"
"Au passé," répondit franchement Julia. "Tant de choses ont changé."
"Oui." La voix de Sirius était devenue grave. "Elles ont changé."
Elle déglutit, sentant toute l'émotion et la douleur qui se cachait derrière ses mots. "Etre avec toi comme ça... ça me rappelle le passé, quand le monde était différent. Quand nous n'avions été séparés pendant dix ans et quand nous étions dans le même camp."
"Moi aussi," admit Sirius après une légère hésitation. "J'aimerais tant..."
Il s'interrompit, elle savait ce qu'il voulait dire. J'aimerais tant que les choses soient différentes. J'aimerais tant que nous n'ayons pas à mentir et à nous cacher. J'aimerais tant te rendre les dix années que tu as passées en enfer et te rendre l'innocence que tu as perdue en route. J'aimerais tant que tout soit différent. J'aimerais tant qu'on ne soit pas en guerre. J'aimerais tant pouvoir te dire sans mentir que tout ira bien. Julia soupira.
"Ouais," chuchota-t-elle. "J'aimerais tant."
Pour toute réponse, Sirius serra son bras autour d'elle et ils continuèrent à marcher en silence, ils n'avaient pas besoin de parler. Ils avaient passé si peu de temps ensemble, séparés par bien plus que de simples mensonges. Bien que Julia comprenne la nécessité de cette séparation, ça lui faisait mal. Chaque fois qu'elle voyait Sirius, il y avait plus d'ombres qui obscurcissaient ses yeux, et le fardeau qu'il portait se faisait de plus en plus lourd. Le silence s'éternisait, elle voulait lui dire quelque chose mais était incapable de trouver les mots justes. Elle l'aimait tant qu'il n'existait pas de mots assez fort pour l'exprimer, et elle aurait voulu que sa vie soit plus simple. Mais elle ne savait pas comment lui dire tout ça.
"Comment tu vas?" finit-elle par demander à la place.
"Bien," répondit immédiatement Sirius.
"Connerie," souffla doucement Julia.
Elle sentit son bras se tendre contre ses épaules et regretta presque d'avoir souligné son mensonge. Mais sa réponse avait été trop rapide et trop détachée pour la tromper. Julia connaissait trop bien Sirius pour y croire, même après dix ans de séparation et même pas un an après leurs retrouvailles – une période pendant laquelle ils s'étaient peu vus - elle savait quand il mentait. Elle espérait qu'il ne se laisserait pas emporter par son impulsivité et comprendrait qu'elle demandait parce qu'elle s'inquiétait. Pas par curiosité.
Après un long moment, Sirius se détendit. "Je gère la situation," il se radoucit.
"Tu as l'air si malheureux."
"Ce n'est pas que je suis malheureux, Julia, c'est juste que..." Il baissa la tête et ils continuèrent à marcher, elle l'observa étudier ses pieds alors qu'il essayait de mettre de l'ordre dans son esprit. "Ce n'est pas ce à quoi je m'attendais. Je veux dire, ce n'est pas du tout quelque chose que j'avais prévue, je me sens si... vide."
"Vide?"
"Je suis en retard de dix ans. Parfois, je suis si occupé, si impliqué, que j'oublie combien tout a changé, combien le monde que j'ai laissé est différent de celui dans lequel je vis maintenant. Et dans ces moments, je fais tout mon possible pour être à nouveau l'homme que je me souviens avoir été... " Sirius se tu et Julia serra son bras autour de sa taille. "Et je me rends compte que je ne suis plus le même. Je suis différent de l'homme que j'étais il y a dix ans. Je ne peux plus être comme ça."
"Sirius -"
"Non. J'ai changé. Je suis devenu plus droit, plus froid, et quelque chose de sombre vit en moi, quelque chose que je ne parviens pas à identifier. Ces derniers mois, j'ai essayé de toutes mes forces de redevenir la personne que j'étais, j'ai essayé de faire comme si le vide et la douleur, que j'ai en moi passeraient. Mais maintenant, je réalise que ça ne passera pas. C'est quelque chose que je ne peux plus me cacher, ces changements, ces différences, font partie de moi. Et je commence à penser que je ne pourrais plus être l'ancien Sirius. Et, pire encore, je ne peux pas me le permettre."
"Qu'est-ce que tu veux dire?"
"Je ne suis pas aveugle, Julia," répondit Sirius sans la moindre hésitation. "Qu'importe combien j'essaye de le nier, je sais comment ça va finir. Pour le meilleur et pour le pire, j'ai fait un choix. Et quand la fin viendra, je sais qui devra faire face à Voldemort."
Julia sentit sa gorge se serrer. C'était le pire de ses cauchemars. "Toi."
Il hocha la tête et tous deux continuèrent en silence, plongés chacun dans leurs pensées. L'espace d'un instant, Julia fut tentée de discuter sa vision de la situation, mais elle savait que c'était inutile. Peu importe leurs désirs, Sirius avait raison.
"Et donc voila le nouveau et mûr Sirius Black." Elle sourit. "Je ne te trouves pas si différent," répondit Julia tranquillement, regrettant qu'il y ait de l'amertume dans sa voix.
"Non?"
"Non. Du moins, pas en ce qui me concerne." Elle appuya sa tête sur son épaule. "Je t'aime, Sirius. Et il faudra plus de dix ans de séparation et quelques changements pour changer ça."
"Je t'aime, aussi," répondit Sirius. Il semblait presque soulagé, et Julia vit les ombres dans ses yeux s'effacer un peu. Oui, il avait changé, elle s'en rendait compte. Même si elle ne s'en inquiétait pas - et Julia se prit soudain à suspecter que ces différences profondes étaient autrement plus importantes pour quelqu'un d'autre... quelqu'un qui ne voulait toujours pas voir Sirius tel qu'il était devenu.
De façon ou d'un autre, le futur lui sembla un peu moins sombre avec cette idée.
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ça ouvre pleins de pistes, hein, une fin comme celle-là… La suite « Ce que nous sommes… » promet une belle bataille comme Robin sait les écrire..
