Promesses retenues
Générique
Auteur : Robin4, sous le titre original de Promises Remembered
Inspiration JKR, mais très UA quand même !
Traduction : Petite Plume
Relecture et mise en ligne : Fénice
Sponsors : Tous ceux qui aiment et le disent !
Bee, oui, y sont mignons Sirius et Julia et sans doute de bon reflet l'un de l'autre ? Fée s'inquiète du retour sur terre, après les rêves et les cauchemars, faut toujours s'inquiéter des projets de Robin…Comme dirait Kalou, le calme avant la tempête…Conan-kun nous lit au lieu de réviser le bac de français… c'est fini, non ?
Chapitre dix : Ce que nous sommes
Les semaines passaient lentement, chacune apportant son lot d'horreurs. L'été était chaud, les journées étaient longues – mais pas calmes comme les autres années. L'été 1992 était le premier été que les maraudeurs passaient ensemble depuis une décennie... mais la joie qui aurait pu en découler était écrasée par le poids de la sinistre réalité.
Alors que le mois d'août approchait, les quatre inséparables amis étaient toujours séparés. Ils s'étaient réunis le temps d'un dîner, puis ils étaient retournés à leurs occupations ; chacun de leur côté, ils luttaient pour sortir le monde du chaos. James (toujours hospitalisé à Sainte-Mangouste et soumis à des tests aussi divers que variés pour guérir ses jambes) dirigeait le gouvernement de son lit ou du fauteuil roulant que Sirius avait fabriqué à la hâte. Pendant ce temps, Remus renforçait la sécurité de Poudlard et continuait à recruter des membres pour l'ordre du Phénix, luttant pour parer chaque attaque de Voldemort, tout en protégeant ses troupes. Peter, au nom sur James, voyageait à travers l'Europe, gagnant peu à peu des soutiens. De son côté, Sirius gardait un profil bas – à la surprise de beaucoup de monde – et se rendait régulièrement à Avalon pour s'entraîner. Il veillait également sur Harry, qui était selon Rogue la prochaine cible de Voldemort.
Pourtant, on était le 29 juillet et rien ne s'était produit. Harry et Lily vivaient au square Grimmaurd, protégés par une sécurité renforcée et par le fait que l'antique demeure était incartable. Après avoir appris les intentions de Voldemort, Sirius avait demandé à Londubat de quitter Avalon pour bénéficier de son expérience. Aidés de Fred Randolph et d'Adam Macmillan, ils avaient protégé chaque recoin de la maison des Black, il y avait à présent une telle sécurité qu'un char Moldu aurait été réduit en miette avant même d'avoir atteint la porte d'entrée.
Quinze jours étaient passés et Voldemort n'était toujours pas passé à l'action.
Les partisans de Voldemort avaient tenté d'attaquer Poudlard deux fois, mais avaient battu en retraite avant que Remus n'ait à se servir de ses nouvelles défenses. Les membres restants du Premier Cercle se demandaient si ce n'était pas juste un jeu, et Lily se rongeait les sangs en pensant à son fils. Remus, cependant, avait d'autres problèmes plus importants : avant que Rogue n'ait le temps de le prévenir, Scott Mulciber et Lloyd Flint avaient assassiné trois des nouveaux membres de l'Ordre et Bellatrix Lestrange en avait torturé un quatrième à mort. Il devenait de plus en plus évident qu'un espion se cachait dans leurs rangs, et peut-être plus d'un, mais malgré ses réflexions, Remus ne parvenait pas à découvrir l'identité du traître.
Le 29 juillet, tout était calme. Enfin, relativement calme. La vie continuait, même si le monde magique tremblait de peur. Les décès récents ajoutaient encore à la terreur qui avait suscité la destruction du Ministère, et quelques membres du département des Mystères avaient disparu sans laisser de traces, trois jours auparavant. Après vingt-deux ans de guerre, chacun connaissait la signification de ces disparitions – les familles programmaient des enterrements et pleuraient les leurs. La vie continuait pourtant, il n'y avait pas le choix.
Pour rendre les choses plus difficiles, si c'était encore possible, Fudge et Ombrage continuaient à faire campagne, affirmant que James était blessé, incapable, et incompétent. Bien que peu se souciaient de leurs paroles, les tensions augmentaient et les attaques de Voldemort continuaient, impunies. Les gens hurlaient qu'ils voulaient être protégés, mais la division des Aurors manquait cruellement de personnel et Sirius ne désirait pas sacrifier le peu qui restait. Le temps de formation sur Avalon avait encore diminué et la pression se faisait de plus en plus forte.
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Bill étouffa un bâillement du revers de sa main.
Le soleil n'était pas encore levé sur Avalon mais Frank Londubat et ses trois instructeurs auxiliaires étaient déjà levés depuis presque une heure. Après avoir engloutit un petit déjeuner rapide, ils s'étaient enfermés dans la salle rouge. La salle rouge se trouvait dans les sous-sols de la villa principale, c'était la partie la plus profondément enterrée de ce lieu d'entraînement vieux de plus de 1 200 ans. Traditionnellement, la salle rouge était le lieux de réunion de ceux qui élaboraient le plus difficile programme de formation du monde magique.
Personne ne savait pourquoi cet endroit était appelé la salle rouge. Le mur du fond était orné d'une toile de Viviane Merlyn, la fondatrice d'Avalon. Indépendamment de la peinture (qui était la seule décoration présente sur l'un des cinq murs de la salle), "la salle rouge" était une caverne grise et imposante, avec des meubles bleu marine, violets et noirs. Les étagères d'acajou étaient garnies de nombreux manuels de formation, de journaux, et de vieux documents. Bill n'avait jamais eu l'occasion de tous les consulter, tout ce qu'il savait, c'était que le plus vieux remontait à l'époque de la création de la division des Aurors, en l'an 36. Il aurait aimé avoir le temps de les examiner tous, mais malheureusement, il avait des choses plus importantes à faire.
"Bien." Frank se recula sur sa chaise et équilibre sur ses deux pieds arrière. "Ces deux dernières semaines ont été un avant goût" – ses trois collègues rirent discrètement - "mais il est temps de commencer à réfléchir. Réfléchir sérieusement." Il redevint sérieux.
"Comme vous tout le savez, la formation d'Auror a été sacrément écourtée au cours des années. Ce qui se faisait en trois ans s'est retrouvé condensé en deux, puis un, et la guerre continue toujours. Quand nous sommes venus à Avalon, nous savions que nous n'avions que trois mois pour accomplir la même formation. Nous avons établi des plans et des programmes sur dix semaines ici à Avalon. Mais la situation ne fait qu'empirer."
"Combien de temps nous avons, patron?" demanda Hestia comme il faisait une pause, elle alla droit au but, comme toujours.
Frank fronça les sourcils. "Je ne sais pas," admit-il. "J'ai parlé à Sirius ce matin, et il ne m'a pas donné de date précise à laquelle nous devrons être prêts. Il a juste dit que nous avons devons finir aussi rapidement que possible."
"C'est déjà ce qu'on fait," grogna Kingsley. "Dix semaines c'était déjà demandaient déjà impossible. Si on accélère encore, on ne formera que de futures victimes."
"Nos étudiants," dit tranquillement Bill malgré la boule qu'il avait dans la gorge. En tant qu'instructeur sur Avalon, il était autorisé à avoir des contacts avec l'extérieur, contrairement aux candidats, et il avait parlé à son père plus d'une fois. Les choses allaient mal. "Mais que faisons nous de ceux qui ont besoin de nous?"
"Bill marque un point," répondit Frank avec un signe d'assentiment. "Ici, il est facile d'oublier qu'il y a un monde extérieur et d'autres choses à prendre en ligne de compte. Mais, nous ne pouvons pas nous permettre d'oublier qu'il y a les gens qui comptent sur nous. Des gens qui risquent de mourir si on tarde trop."
"Mais doit-on pas pour autant être imprudents?" demanda Hestia. "Peut-on vraiment faire aussi vite sans prendre trop de risques?"
"Si les risques sont moins importants que ce qu'on a à gagner." Les têtes se tournèrent vers Kingsley et les yeux de Hestia lancèrent des éclairs.
"Des risques?" cracha-t-elle. "Chaque jour d'entraînement en moins équivaut à une chance supplémentaire de mourir. Nous leur devons mieux que ça. Notre travail est de les former pour leur donner une chance de réussir et pas pour les envoyer six pieds sous terre!"
Les yeux noirs de Kingsley étaient durs. "Nous savons tous pourquoi nous sommes là," répondit-il calmement. "Même les candidats. Ils comprennent tous qu'ils peuvent mourir - mais ils sont disposés à prendre ce risque pour mettre un terme à cette guerre. Ils aussi sont disposés à payer le même prix que nous."
"Ce n'est pas pareil." Bill avait déjà vu cette expression entêtée sur le visage de Hestia avant, et il savait qu'il ne fallait rien en attendre de bon. Kingsley, cependant, n'était pas vraiment du genre à se laisser intimider.
"Ah non?"
"Nous sommes formés pour le faire. Dans huit semaines - ou peut-être moins - ces gosses ne seront pas vraiment meilleurs que des sorciers qui viennent d'obtenir leurs ASPICS. Et, la plupart d'entre eux sont des gosses. Ils n'ont pas la maturité nécessaire pour faire face aux événements comme nous le faisons, et nous attendons d'eux qu'ils le fassent sans entraînement?"
"Tu les sous-estimes," dit tranquillement Kingsley.
"Pardonne-moi si je suis réaliste," répliqua-t-elle sèchement. "Je -"
"Ca suffit," la coupa doucement Frank. "Nous ne somme pas obligés d'aimer ça. Nous devons juste trouver un moyen de le faire." Il laissa retomber sa chaise sur ses quatre pieds. "Dans huit semaines, ces vingt candidats deviendront Aurors, quoi que nous en pensions. Notre travail est de les former. Pas de nous plaindre."
Le regard gris de Londubat étudia les trois instructeurs. "Et même huit semaines, c'est encore trop long. Souvenez-vous que pendant que nous sommes bloqués ici, Sirius et les autres luttent quotidiennement contre la mort. Il y a dix-neuf Aurors actifs en ce moment, et quatre d'entre nous sont ici. Nous avons besoin de ces gosses." La douleur traversa ses yeux, mais sa voix restait forte. "Et même si la moitié d'entre eux meurt, on sera toujours plus nombreux qu'actuellement."
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Le soleil brillait, et n'importe quel autre jour aurait été beau.
Peter renifla. Une toute autre année aussi aurait peut-être été belle. Mais celle-là ne l'était pas. 1992 ne se passait pas comme prévu. Il soupira.
"Ca devient de plus en plus noir," dit abruptement James.
"Hein?" Peter se tourna pour regarder son ami. C'était le début de l'après-midi et le soleil était haut dans le ciel. En fait, c'était un jour d'été parfait, et le chaud mois de juillet touchait à sa fin. Les deux amis étaient seuls dans la cour intérieure de Sainte Mangouste, Peter était assis sur une chaise en osier inconfortable - pourquoi les chaises d'hôpital ne sont jamais confortables ? - et James flottait près de lui dans le fauteuil roulant Moldu ensorcelé qui s'était déjà montré très utile.
Peter était rentré de France le matin même, et devait y retransplaner après le déjeuner. En réalité, il n'aurait pas du partir du tout, mais James était le chef de son gouvernement, et les Français étaient têtus. Comme d'habitude. Aussi proches qu'ils soient du monde magique britannique, aussi bien géographiquement qu'historiquement, les Français refusaient de reconnaître la menace que Voldemort représentait et de s'engager dans la lutte. Non, bien sûr que non. Voldemort n'est pas leur problème.
Ainsi il était revenu chercher des conseils auprès de James. Après tout, c'était James qui dirigeait le ministère de la Magie, et Peter ne voulait faire aucune promesse que son ami ne pourrait tenir. Pourtant ils avaient cessé de parler de ces idiots de français en attendant le déjeuner, et James regardait fixement le ciel parfaitement bleu. Il n'y avait pas le moindre nuage.
"Ca devient de plus en plus noir," répondit son ami. "Plus noir que je ne l'aurais pensé."
Peter le regarda fixement, et James tourna lentement la tête vers lui. Ses yeux noisette assombris pas l'inquiétude le faisait paraître beaucoup plus âgé qu'il ne l'était vraiment. Est-ce que nous sommes tous comme ça ? - se demanda soudainement Peter. Toutes ces années de guerre nous ont-elle tous fait vieillir si vite ? Sa poitrine se serra. Où est passée notre innocence ?
"La guerre a trois camps, maintenant," expliqua tristement James. "Ceux qui sont avec nous... ceux qui sont contre nous... et ceux qui ont trop peur pour se battre."
Peter cilla, il sentait sa poitrine se serrer de plus en plus. Mais James continua avant qu'il ne puisse parler.
"Les Français ne sont qu'un exemple parmi tant d'autres, Queudver," dit le sorcier en chaise roulante. "Ils sont acculés, et ils ont peur, et ils espèrent que s'ils ne se font pas remarquer par Voldemort, tout ira bien. Nous voyons les mêmes choses ici – des membres de l'Ordre contactent Remus pour lui dire qu'ils veulent démissionner. Les membres du gouvernement qui ont survécu quittent le pays avec leurs familles." Il soupira.
"On ne peut pas leur reprocher de vouloir être en sécurité," dit James tranquillement. "Mais on peut les blâmer de chercher cette sécurité aux dépens de celle des autres."
Peter avala. "Mais comment les retenir?"
"Je ne sais pas," admit James. "Nous pouvons les encourager, et nous pouvons leur montrer l'exemple. Nous pouvons leur rappeler ce que nous avons tous à perdre si nous échouons. Mais les empêcher de fuir?" il secoua lentement la tête. "Nous ne pouvons probablement pas.
"Dis aux Français que nous nous battrons, Peter. Nous nous battrons jusqu'au bout, pas parce que nous le voulons mais parce que nous le devons. Et nous le ferons avec ou sans eux."
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Sirius et Harry jouaient aux échecs quand l'odeur leur parvint. Lily, qui était assise plus près de la porte de la bibliothèque, fut la première à l'identifier, elle sauta immédiatement sur ses pieds quand elle entendit frapper. Ils s'attendaient depuis longtemps à ce que quelque chose tourne mal, ils vivaient dans l'attente...
"Qu'est-ce -" commença-t-il mais il s'interrompit avant de dire quelque chose de vulgaire devant le fils de onze ans de Lily - et aussi devant la mère de Harry de trente deux ans.
"C'est de la fumée," fit inutilement remarquer Harry en levant les yeux.
Lily sortit de la bibliothèque avant même que Sirius n'ait le temps de jeter un sort de diagnostique sur la maison. Il avait passé des jours à renforcer les défenses de Place Grimmaud, et même s'il avait eu de l'aide – beaucoup d'aide – chaque sort de chaque pièce était relié à lui. D'autres pourraient les sentir, et quelques uns pourraient même les commander dans si la situation devenait désespérée, mais Sirius était la clef. Il était le seul qui pourrait enlever n'importe lequel d'entre eux, et le seul à tous les connaître. Ca ne lui prit que quelques secondes pour s'assurer que le feu n'était pas à l'intérieur de la maison, mais Lily s'était mise à crier.
"Prends ta baguette, Harry!" ordonna Sirius en sautant de son fauteuil, il sortit précipitamment de la bibliothèque. Le bois d'ébène était frais entre ses doigts il ne se souvenait pas avoir pris sa baguette, mais son instinct d'Auror l'avait apportée dans sa main.
TOC! TOC! TOC!
"C'est les pompiers ! Ouvrez!" cria une voix masculine pendant les coups sur la porte continuaient. Son instinct lui cria de se méfier.
Sirius passa devant la porte d'entrée en courant pour aller regarder par la fenêtre par-dessus l'épaule de Lily. À la différence de l'épouse de son meilleur ami, il se cacha derrière un vieux rideau, espérant ne pas être vu. Ce réflexe était à quatre-vingt-dix pour cent dû à l'entraînement, et à seulement dix pour cent de calcul, mais son instinct lui disait que ce n'était pas normal et l'une des premières choses qu'Alastor Maugrey avait apprise à son étudiant était que l'instinct était important. L'intuition sait ce que l'esprit ignore, et Sirius n'était pas censé être Place Grimmaurd. Si les choses avaient été un peu différentes, il aurait été avec James à Sainte-Mangouste, à préparer les derniers détails de la conférence de presse – son estomac se noua sans qu'il sache pourquoi.
Un grand camion de pompier était garé dans la rue, bien en vue, et cinq pompiers s'affairaient dans la rue. Tous étaient habillés et masqués comme les pompiers Moldus l'étaient toujours, avec des bouteilles sur leurs dos et des haches – des haches?- dans les mains. Deux des pompiers étaient dans le camion et jouaient avec un gigantesque tuyau, et deux autres courraient vers celui qui avait frappé à la porte. A la gauche de Sirius, le numéro treize Square Grimmaurd fumait dangereusement.
Mais, il n'y avait aucun pompier au numéro treize. Deux étaient au camion, et trois étaient sur le seuil de la maison de Sirius.
TOC! TOC!
"Ouvrez ou on défonce la porte!" cria la même voix. Puis, après un bref temps de réflexion, l'homme ajouta: "nous devons traverser votre mur pour entrer au numéro treize!"
Sirius connaissait un peu le monde Moldu, ce peu lui avait semblé beaucoup alors qu'il était à Poudlard, surtout comparé à ce que savait sa famille xénophobe. Il se souvenait donc que les maisons des Moldus risquaient de prendre feu s'il y avait un incendie chez les voisins puisqu'elles avaient des murs communs, cependant, sa maison était magiquement protégée contre le feu.
"Pour la dernière fois, ouvrez la porte ou -"
"Ce ne sont pas des Moldus," dit abruptement Lily.
"Quoi?" Sirius s'écarta de la fenêtre et vérifia que les défenses tenaient toujours. Elles étaient bien en place mais son instinct lui disait toujours qu'il y avait un problème.
"Ils ont laissé tomber leurs haches," expliqua-t-elle calmement, se dirigeant vers la porte d'entrée. "Les Moldus ne peuvent pas enfoncer de portes sans haches."
"Il y a de la fumée ici," dit tranquillement Harry, faisant sursauter Lily et Sirius. Ils ne l'avaient pas entendu approcher et n'avaient pas eu le temps de le remarquer. Les choses se passaient trop vite.
De fait, il y avait de la fumée. Sirius espéra qu'elle venait juste du système de ventilation, qui était assurément plus vieux que Phineas Nigellus et qui n'avait pas été utilisé depuis la naissance de Sirius, si ce n'était plus. Mais ce n'était pas le moment de vérifier.
C'était seulement le moment d'espérer.
Sirius jeta un sort de diagnostique rapide. Si les Mangemorts – c'était forcément des Mangemorts parce que personne d'autre n'oserait faire ça –trouvaient un moyen de mettre le feu à la maison, ils étaient condamnés. Mais les sorts d'extinction et de Retarde-Flammes que lui et les Aurors avaient soigneusement mis en place étaient toujours intactes. En conséquence, il n'y avait aucun moyen pour mettre le feu à la maison... excepté le réseau de Cheminette. Ah, merde. Sirius frissonna. Le réseau de Cheminette – la cheminée !
"Lily!" il se tourna pour lui faire face au moment même ou elle atteignait la porte d'entrée. "La-"
Et l'enfer commença.
Crac.
Ça commença par les défenses - comme un seul homme, au moins trois sorciers lancèrent simultanément un sort sans déclancher le moindre signal de danger. Le bruit, cependant, fit sursauter Lily et elle recula vivement quand des éclats de bois furent pulvérisés partout dans l'entrée, frappant Sirius et Harry. Mais il s'agissait là d'un problème mineur.
Le métal argenté avait fait un trou dans la porte. Un trou. Lily s'était trompée au sujet des haches. Apparemment, au moins un des "pompiers" n'avait pas laissé tomber la sienne et les trois sorciers l'avaient magiquement propulsée contre la porte de bois. Pendant que Sirius regardait, la lame de la hache disparut, lui offrant une vue très étroite de l'extérieur. Presque immédiatement, la fente fut obstruée par l'extrémité ronde d'un bâton en bois. Bâton. Bois. Son esprit fonctionnait au ralenti.
Tout se passait trop vite et son instinct guida son cerveau dépassé.
"Reculez!"
Sans ménagement, il saisit Lily et la poussa en arrière, Harry poussa un petit cri quand sa mère tomba sur lui. Mais Sirius avait agi au bon moment-
"Reducto!"
Cette fois, il reconnut la voix. La porte renforcée bascula et Sirius plongea sur le côté, manqué de peu par le sort. Le trou était plus large, maintenant, assez grand pour qu'il puisse identifier un des pompiers comme Lloyd Flint. Soudain Flint disparut et il entendit une voix différente:
"Idiot ! N'utilise pas ce sort ! Cadovallum!" gronda Rodolphus Lestrange (le seul frère Lestrange survivant depuis que Remus avait tué le plus jeune). Le mur entier trembla mais ne s'écroula pas.
Sirius ne s'inquiéta pas vraiment de savoir si cette résistance était due aux sorts de défense ou à l'architecture. Quoi qu'il en soit, ils n'avaient que peu de temps, il s'accroupit. Cinq contre deux, ils avaient pour l'instant l'avantage d'être à l'intérieur. Bientôt, leur abri pourrait devenir un piège mortel.
Derrière lui, Lily cria "stupéfix!" et Flint tomba.
Dehors, trois voix irritées ripostèrent avec "Diffindo!"
"Aboriscum," siffla Lily derrière Sirius, poussant Harry en arrière alors que porte volait en éclats. Sirius n'avait pas besoin de regarder, mais s'il l'avait fait, il n'aurait pas vu le garçon. Lily, avec son efficacité habituelle, avait simplement jeté un charme compliqué pour rendre son fils invisible. L'entraînement plus que la réflexion guida ses mouvements.
"Capitiscindo!" cria Sirius, il vit la tête d'Igor Karkaroff s'envoler comme un bouchon de champagne. Elle frappa de plein fouet l'épaule de Rodolphus Lestrange, le faisant sursauter. Mais Sirius ne perdit pas de temps à contempler leurs réactions. Il jeta un autre sort à Lestrange, il manqua sa cible, mais Rodolphus fut contraint de s'éloigner de la porte.
"Barricade la porte derrière moi, Lily!" cria Sirius, il se redressa et conjura un bouclier. Un éclair de lumière rouge passa près de son oreille droite, et un des Mangemorts s'écroula. L'autre, cependant, continuait à s'approcher, et il ne portait plus son masque. "Et fermez la cheminée!"
Sirius était dehors avant que Lily n'ait le temps de discuter.
Deux contre un. Flint était à terre. Karkaroff était mort. Celui que Lily avait touché était sans connaissance, mais ça laissait encore deux Mangemorts face à Sirius. Tentons le tout pour le tout. Il se baissa pour éviter un sortilège d'Imperium que Bellatrix lui lança.
"Incendio!" cria Sirius, il vit Rodolphus hurler alors que les flammes l'engloutissaient. Le pauvre imbécile avait enlevé sa veste Moldue, sûrement parce qu'elle était trop lourde. Ce que Rodolphus ne savait pas, c'était que cette veste était résistante au feu et aurait empêcher Sirius d'utiliser ce sort. Pendant une petite seconde, l'Auror sourit froidement. Votre mère ne vous a-t-elle jamais dit de ne pas jouer avec le feu ?
Lestrange criait toujours, mais Sirius n'avait pas le temps de lui prêter attention. Il s'écarta du mur et bondit en avant tout en se protégeant avec un sort de bouclier. Les sorts luisent sous le soleil de l'après midi, s'il avait été à peine moins rapide, il aurait été grillé par l'un d'eux. Il se tapit dans un buisson et vit Bellatrix Lestrange se ruer dans sa direction. Rodolphus devrait se débrouiller tout seul.
"Imperio!"
"Everbero!"
Les deux sorts se rencontrèrent dans les airs et envoyèrent une pluie de flammes pulvérisant tout ce qui se trouvait sur son chemin. Sirius crût voir une partie de gazon prendre feu à sa droite, mais il n'y avait pas temps de regarder, il plongea dans cette direction pour éviter un éclair vert, tout en lançant le premier sort qui lui vint à l'esprit. Assez curieusement, c'était un sort d'expulsion et il atteignit sa cible.
Bellatrix fut projetée dans les airs, mais elle fut sur ses pieds presque immédiatement ; le sort offrit à Sirius le temps de rouler derrière le camion de pompier abandonné. Rapidement, il regarda autour de lui, caché derrière le pneu arrière gauche, et vit Bellatrix se tenir à découvert et le fixer.
"Tu as peur de me faire face, cousin?" cria-t-elle en riant.
"Ce n'est pas moi qui suis venu avec quatre amis!" hurla Sirius tout en réfléchissant à toute vitesse. Lily allait appeler du secours, il le savait, mais dans combien de temps aurait-il du renfort ? Et Rodolphus était à nouveau sur pieds après avoir éteint le feu. Il était tout noir et semblait fâché, mais il courrait vers la porte comme s'il avait une mission à accomplir.
Soudainement, un éclair rouge qui venait d'une des fenêtres manqua de le toucher et Sirius saisit sa chance. Il était plutôt loin, mais - "Reducto!"
Ce n'était pas le moment d'être gentil et courtois, dans une bataille, ce genre d'attention n'avait pas de place. Même si le sort de Sirius était parvenu à réduire Rodolphus Lestrange en mille morceaux minuscules, il n'aurait pas eu de scrupules, mais de l'endroit où il était, tout ce qu'il espérait était de distraire le sorcier.
Et ça fonctionna. En se retournant pour jeter un sort à Sirius – qui était caché de Bellatrix par le camion mais complètement dans le champ de tir de Rodolphus - le Mangemort tourna le dos à Place Grimmaud. A Lily.
Il tomba face contre terre sur la pelouse avant même d'avoir le temps de lever sa baguette.
"On dirait que tout va se passer entre toi et moi, Trixie!" se moqua Sirius.
Bellatrix hurla de rage, et il eut à peine le temps de bondir loin du camion avant que celui-ci n'explose. Sirius roula et s'accroupit dans un buisson qui avait rendu des dizaines d'ennemis fous et lança un sort d'incinération dans sa direction. Il la manqua, naturellement, parce que Bella avait toujours été rapide, mais le feu semblait être à l'ordre du jour, et il était enclin à jouer avec les mêmes règles qu'elle. Pour l'instant.
"Expelliarmus!"
"Reducto!"
"Evanescorpus!"
"Imperio!"
Les sorts fusaient, heurtant leurs boucliers, et on aurait dit un spectacle de sons et lumières Moldu en beaucoup plus grand. Tous deux esquivaient et ripostaient sans même réfléchir, et Sirius se rendit vaguement compte que le camion brûlait toujours et qu'une des maisons à sa gauche fumait. A cet instant, il ne pensait plus qu'à son adversaire. Toute distraction pourrait causer sa perte.
"Avada Kedavra!" cria-t-elle, et Sirius eut à peine le temps d'esquiver. Il plongea derrière une voiture garée à proximité et pointa sa baguette sur le réverbère le plus proche.
"Resiacio!" L'immense poteau en métal s'écroula sur Bellatrix. Réagissant rapidement, elle sauta de côté, mais Sirius avait déjà lancé un deuxième sort. Il y eut un bruit de collision quelque part au loin, mais il ne savait pas d'où il provenait. "Conjunctivits!"
Il la manqua, mais sa riposte le toucha, et Sirius fut projeté en arrière par un poids énorme qui lui écrasa le torse. Le charme d'expulsion de Bellatrix avait été lancé à la hâte, sinon il serait probablement inconscient – il roula rapidement vers la droite, et vit un éclair vert passer au-dessus de son nez. Toujours couché sur le flanc, Sirius leva sa baguette et ils jetèrent un sort en même temps.
"Endoloris!"
"Vindireperio!"
Il s'était attendu à ce que Bellatrix lui jette un autre sortilège de mort mais le sortilège endoloris revenait au même. Elle cria quand son contre sort renvoya le sortilège vers elle, alors que sa cousine hurlait de douleur, Sirius sautait sur ses pieds. Malheureusement, même le sort du miroir ne lui apporta que quelques secondes et, avant qu'il ne puisse la frapper avec un autre sort, Bellatrix plongea derrière une voiture retournée. Comment est-ce que cette voiture est arrivée là ? Aucune importance. Un de leurs sorts avait du la propulser ici.
"Tu as peur d'être méchant Sirius?" railla-t-elle. "Tu as peur de faire quelque chose d'impardonnable?"
Il esquiva le réverbère qui venait dans sa direction, et l'entendit heurter le trottoir derrière lui. Sirius se tapit à nouveau dans sa cachette avant de répliquer, "De quoi te caches-tu, cousine?" il rit. "C'est plus compliqué de se battre en duel que de torturer des gens sans défenses?"
Les battements de son cœur résonnaient dans des ses oreilles tandis qu'il attendait sa réponse. En équilibre sur un genou dans la rue, sa baguette prête, tout ce que Sirius pouvait faire était attendre qu'elle agisse. Bellatrix était cachée derrière la voiture, et même s'il pouvait voir son ombre dépasser de la droite du véhicule, il n'y avait aucun moyen de savoir exactement où elle était. Naturellement, Sirius était sûr que Bella pouvait le voir parfaitement bien, mais pour le frapper, elle devrait s'exposer. Et c'était suffisant pour égaliser leurs chances.
Donc, tout qu'il pouvait faire était attendre, et elle le savait. Lily devait avoir contacté Remus, assurément, et les membres de l'Ordre seraient là bientôt. En fait, Sirius était un peu surpris qu'ils ne soient pas déjà arrivés, mais d'un autre côté, les duels tendus semblent toujours plus longs à ceux qui y sont impliqués qu'ils ne le sont vraiment - Maintenant !
La tête de Bellatrix était apparue. "Endoloris!" cria-t-elle.
"Extundo!"
Les deux sorts touchèrent leurs cibles. Celui de Sirius heurta Bellatrix, comme le marteau qu'il était censé être, au moment même où la douleur explosait dans tout son corps. Il se mit à crier. Mais il avait l'habitude de faire face à la douleur, et les sortilèges impardonnables demandaient une concentration qu'elle n'avait pas à l'heure actuelle. Roulant sur le côté, Sirius se retrouva dans sa cachette et jeta un autre sort à sa cousine qui était à présent exposée.
"Imperio!"
Maintenant, lui aussi ferait de sales coups. Elle esquiva, naturellement, et Sirius entendit un cri à sa gauche - le Mangemort que Lily avait assommé tout au début s'était réveillé, et Sirius eut à peine le temps de conjurer un bouclier pour se protéger du sort d'assommoir qui lui était destiné. Près de la porte d'entrée, Flint se remettait sur ses pieds, alors qu'Avery – d'après la voix, ça devait être Avery – esquivait le sort de Reduction de Sirius. Je suis coincé.
Une lumière rouge venant de la maison fit chanceler Flint, et il manqua de tomber, mais l'assassin rampa vers Rodolphus inconscient. Sirius savait que Lily viendrait à son secours à tout moment maintenant et les Mangemorts commençaient à prendre l'avantage - sale était le mot du jour. Il chercha Bellatrix du regard, mais elle était à nouveau cachée derrière la voiture. Il se tourna donc vers Avery.
"Avada Kedavra!"
Un éclair vert le toucha et Avery s'écroula. Sirius se tourna encore et vit l'ennuyeux mari de Bellatrix, que Flint venait d'atteindre, se réveiller.
"Stupefix!" cria Bellatrix.
Peut-être aimait-elle Rodolphus plus qu'on ne le pensait, Sirius esquiva rapidement, mais il fut touché tout de même par quelques étincelles et soudainement tout ralentit. Il roula, mais chacun de ses mouvements semblait durer une éternité, et il savait qu'il n'avait que quelques secondes. S'il se montrait trop lent, les choses pourraient aller vraiment mal –
"Everbero!" cria une voix familière, et Bellatrix hurla de fureur.
Sirius tourna la tête avait une incroyable lenteur pour voir les nouveaux venus alors que les sorts fusaient autour de lui. Alice Londubat, Francine Hoyt, et Derek Dawlish étaient dans la rue, et des mains très familières le traînèrent en arrière. Remus.
"Ennervate," dit tranquillement son ami, et bien que Sirius n'ait pas perdu connaissance, le sort eu l'effet désiré. Heureusement, l'effet fut rapide, reconstituant les réflexes de Sirius suffisamment vite pour qu'il tire Remus au sol alors qu'un éclair vert passait au dessus de sa tête. Poussant son ami de côté, Sirius roula et leva sa baguette.
"Stupefix!" cria-t-il, visant Bellatrix. Elle avait essayé de tuer Remus, bien que le sort ait tout aussi bien pu être destiné à Sirius –
La lumière rouge la frappa en pleine poitrine et Bellatrix s'écroula. Un cri retentit quelque part sur leur droite, et Sirius vit du coin de l'œil Dawlish chanceler - Rodolphus s'était précipité vers son épouse et, en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, les Mangemorts transplanèrent, laissant Karkaroff décapité et Avery mort derrière eux.
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Sont charmants ces Mangemorts, non… ils remballent même pas leurs morts…
Toutes les suites dans le prochain… Les illusions du destin…
