Promesses retenues

Générique

Auteur : Robin4, sous le titre original de Promises Remembered

Inspiration JKR, mais très UA quand même !

Traduction : Petite Plume

Relecture et mise en ligne : Fénice

Sponsors : Tous ceux qui aiment et le disent !

Merci donc à Ajira pour son soutien.

Du Sirius et de l'action, Antadélie, on y retourne…

Oui, hein Alana, on sent qu'elle a écrit ça en pleine guerre en Irak et French Bashing… Et là, ses attaques contre les journalistes me paraissent un peu disproportionnées… moi, je crois encore aux contre-pouvoirs mais bon, pour l'intrigue et l'action… rien à redire…

La décapitation des nobles et la pendaison des gueux, Fée Fléau… hum, je suis sûre que ça plairait à Robin une remarque pareille, je devrais lui transmettre…

Chapitre onze : L'illusion du destin

Trois heures plus tard, Sirius s'effondra sur une chaise de la cuisine en soupirant. Un par un, Remus, Lily, et le quartet d'Aurors avaient démantelé toutes les défenses de square Grimmauld, vérifié et re-vérifié à la recherche de la faille. Quelle qu'en soit la raison, il y avait eu assez de défauts dans leurs protections pour permettre aux Mangemorts d'approcher la maison sans être remarqués. Naturellement, le fait que ces cinq-là aient pu voir la maison n'était pas étonnant – ils faisaient partie des plus anciennes familles du monde magique et étaient tous déjà venus Square Grimmauld - mais le fait que les sorts de protection n'aient pas informé Sirius de leur présence était effrayant. Ainsi, pendant trois épuisantes heures, les défenses avaient été retouchées et changées... mais le problème original n'avait pas été résolu.

Remus n'était pas un homme de nature paranoïaque ou soupçonneuse, mais c'était assez pour l'inquiéter. Regarder le visage de Sirius ne le rassurait pas vraiment non plus. Il savait que son ami était épuisé, pour ne pas dire inquiet.

Ils échangèrent un regard, ils n'avaient pas besoin de mots pour communiquer. On était le 29 juillet, deux jours avant que Harry n'ait 12 ans. Moins de trente quatre heures avant, pour être exact, ce qui voulait dire que la date que s'était fixée Voldemort approchait à grands pas. S'il voulait tuer Harry, il lui restait peu de temps pour agir.

Et si Peter n'était pas revenu de France, Sirius aurait été à Sainte-Mangouste avec James, et Lily et Harry seraient morts tous les deux. Remus frissonna, à voir l'expression de Sirius, son ami pensait à la même chose. Ils avaient eu de la chance, ils le savaient tous les deux. Beaucoup de chance.

"Bon, et maintenant?" demanda Alice Londubat. Son joli visage rond avait cette expression sérieuse et sinistre que Remus s'était habitué à lui voir et en la regardant, il se demanda où leur merveilleuse jeunesse était passée. D'un côté, il avait l'impression que c'était hier qu'elle était la rieuse et heureuse Alice Hoppner, préfète de Serdaigle lors de la première année de Remus et Préfète en chef lors de sa troisième année... mais, de l'autre, ces jours insouciants semblaient dater d'une autre vie. Remus ravala sa nostalgie aigre-douce alors que Sirius répondait.

"Je pense que, au moins pour les jours à venir, nous devrons garder des Aurors ici. Je déteste devoir enfermer les gens comme ça, mais je ne vois aucune autre option." Il fronça les sourcils et soupira. "Du moins, jusqu'à ce que nous découvrions ce qui a cloché avec les défenses."

"Je resterai," dit immédiatement Dawlish. "Ce n'est pas comme si j'avais une épouse et des gosses à la maison." Il grimaça tandis qu'Alice arquait un sourcil. "Ou une belle-mère grognon et un gosse."

Elle grogna. "Il se trouve que j'apprécie ma belle-mère, merci."

"Tu es bien la seule," siffla Francine Hoyt. "Je ne supporte pas la mienne. En même temps, c'est peut-être parce qu'elle est Moldue et qu'elle ne comprend pas pourquoi je suis debout à des heures pas possibles pour faire toutes sortes de choses étranges."

Ils pouffèrent, mais l'amusement fut de courte durée. Le stress de la journée était trop fort. "Tu es sûr, Derek?" demanda Sirius. "Je ne veux pas bouleverser ta vie et -"

"La guerre l'a déjà fait, patron," sourit tristement Dawlish. "C'est un peu trop tard pour essayer de réparer, à moins de le faire petit à petit. Ouais, je suis sûr. Je ferai mon devoir."

"Je pense que c'est une bonne idée," acquiesça Alice. "Au moins jusqu'au 31 juillet." Elle plissa les yeux. "Ou jusqu'à ce que nous ayons trouvé le problème des défenses."

"Je peux vous aider avec ça aussi," intervint Dawlish.

"Très bien," Sirius inclina la tête et jeta un coup d'oeil à Remus. "A moins que tu n'aies une meilleure idée."

Remus se mordit la lèvre en réfléchissant. "Pas vraiment," admit-il avec un soupir. "Je veux dire, nous pourrions mettre Harry en sécurité à Poudlard, mais..." il s'interrompit en étudiant le visage du garçon. "Qu'est-ce qui ne va pas, Harry?"

Le fils de James rougit légèrement en sentant tous les regards se poser sur lui. "Rien," s'empressa-t-il de répondre.

"Tu es sûr?" demanda doucement Remus. Harry avait toujours été un piètre menteur.

"Non – je veux dire oui." Harry rougit encore d'avantage et fixa la table, gêné. "C'est juste que je n'aime pas vous voir tous travailler si dur pour me protéger," admit-il tranquillement. "Je veux dire, Sirius aurait pu mourir aujourd'hui, et vous quatre, vous avez dû laisser vos maisons et vos familles et Poudlard... Ce n'est pas juste."

Lily posa une main sur l'épaule de son fils. "Ce n'est pas ta faute, Harry."

"Je sais que ce n'est pas ma faute," s'énerva Harry. "Mais ce n'est quand même pas juste que ce soit moi. Je n'ai fait rien. Et même si je meurs, ça ne va pas faire une grande différence. Pas pour la guerre, quoi qu'il en soit."

"C'est là que tu te trompes," répondit tranquillement Remus. "Tout le monde compte. Chaque vie, chaque mort – c'est pour ça que nous nous battons. Nous nous battons pour que les gens n'aient pas à vivre dans la crainte, pour que les enfants ne meurent pas à cause des caprices de Voldemort. Tu es important, Harry. En tant que Harry et pour la guerre."

"Mais la prophétie," objecta le garçon. "Elle parle juste d'une date de naissance et ça pourrait très bien ne pas être moi."

Instinctivement, il regarda Sirius. Même si seuls Remus et Lily étaient au courrant de la deuxième prophétie, tout le monde se tourna vers lui – ce fut donc Sirius qui répondit. Il avait toujours eu le don de faire la bonne chose au bon moment, même s'il se montrait irresponsable et fou le reste du temps. "Non, ce n'est peut-être pas toi," dit-il tranquillement. "Et ça pourrait très bien ne pas être valable du tout. Mais ce qui compte maintenant, c'est comment Voldemort l'interprète. Et il vient pour toi. »

"On doit te protéger Harry, pas seulement parce qu'une illuminée à moitié folle a dit que tu pourrais vaincre le Seigneur des Ténèbres, mais aussi parce que tu ne mérite pas d'être pris pour cible de cette manière." Ses yeux bleus plongèrent calmement dans ceux de Harry. "Ce n'est pas juste, je le sais, et si je pouvais changer le passé, je le ferais. Mais je ne peux pas forcer Voldemort à être loyal. Tout que je peux faire, c'est me battre pour l'arrêter. Et chaque fois que nous te sauvons, nous le défions, et nous remportons une victoire de plus, nous prouvons que tout n'est pas perdu."

Harry hocha la tête, et Remus vit qu'une partie de son embarras et de son amertume s'était effacée dans ses yeux. Il soupira. "Je déteste être une cible."

"Moi aussi," Sirius sourit et Harry lui rendit son sourire - Remus fut le seul à voir les ombres dans les yeux de Sirius et il comprit la vérité. Dans deux jours, l'ultimatum de Voldemort expirerait, et quand ce moment arriverait, le Seigneur des Ténèbres passerait à l'action. La cible la plus logique de sa fureur était Harry, bien sûr - à moins que nous le distrayions, se dit froidement Remus. À moins que nous ne lui fournissions une cible qu'il ne peut pas se permettre d'ignorer.

Ses yeux rencontrèrent ceux de Sirius.

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30 juillet. Lily avait prévu une réunion avec le groupe Licorne, mais elle envoya ses instructions à Molly Weasley afin qu'elle dirige la réunion sans elle. Chacun avait compris son choix, l'attaque contre Harry avait fait les gros titres de la Gazette du Sorcier. Les détails n'y figuraient pas, évidemment – il n'y avait plus de ministère de la Magie pour faire circuler les informations - mais la Gazette avait découvert les raisons de l'attaque de toutes façons. Plusieurs journalistes s'étaient montrés alors que Sirius et les Aurors nettoyaient la carcasse calcinée du camion de pompier et se débarrassaient des cadavres (Lily et Remus avaient été enrôlés pour effacer les mémoires de Moldus qui avaient vu l'attaque et pour éteindre le feu du numéro treize). Bien qu'Alice ait chassé les journalistes curieux, il avait été difficile de cacher les preuves de la bataille et les dégâts causés.

Renverser le gouvernement, les journalistes restent, pensa amèrement Lily. Les éléments les plus inutiles de la société sont toujours les derniers à disparaître.

Elle soupira, et reporta son attention sur La Magie de Merlin: de la magie noire à l'ancienne magie. Même si elle ne se rendrait pas à la réunion du groupe Licorne, elle continuait ses recherches et avait passé sa matinée à lire. La pile de livres à côté de son fauteuil usé grandissait au fur et à mesure que les heures passaient. Square Grimmauld possédait une bibliothèque très riche en ouvrages intéressants, particulièrement concernant la magie noire, quelque chose qui ne l'avait jamais intéressée, même si elle avait épousé un Auror. Lily avait fini La magie proscrite une heure auparavant, et avant, elle avait parcourut Les créatures de l'obscurité et L'évolution et l'avancement des charmes modernes. Le problème était qu'aucun livre ne contenait les réponses qu'elle recherchait. Elle ignorait s'il existait une réponse, mais son travail était de le découvrir.

Au sein de l'ordre du Phoénix, le groupe licorne avait la réputation de réussir l'impossible. Pourtant Lily savait qu'ils avaient surtout eu de la chance ; parmi les centaines de projets sur lesquels ils avaient travaillé, seulement quelques uns avaient été menés à bien. Maintenant, sans gouvernement stable et sans la sagesse de Dumbledore, les choses se corsaient.

Lily ravala ses larmes. Je ne dois pas penser à cela. Il lui était difficile de se contrôler parfois. Son mentor était mort depuis plus d'un mois, mais elle souffrait toujours autant de l'avoir perdu. Son arrivée dans le monde magique l'avait écartée de la famille qui lui restait - ses parents étaient morts et Merlin seul savait ce qu'il était advenu de Pétunia, Lily la savait mariée et mère d'au moins un enfant. Mais avec les années, elle s'était créé une "famille" magique pour remplacer celle qu'elle avait perdue. Remus, Peter, et Sirius, naturellement, en faisaient partie - et Dumbledore. D'abord avec le groupe licorne, puis au ministère, Dumbledore était devenu son mentor. Comme Minerva McGonagall, il était devenu celui qu'on allait voir et sur lequel on pouvait compter quand les choses devenaient trop dures. Et maintenant il était mort, comme Minerva.

Elle espérait qu'ils étaient ensemble maintenant, où qu'ils soient.

Elle soupira et se replongea dans La magie de Merlin. Les Détraqueurs n'étaient même mentionnés dans le livre (ils n'existaient pas encore au temps de Merlin, ce n'était pas vraiment une surprise), mais il y avait quelques théories intéressantes sur les créatures des ténèbres. Et aussi futiles que ces théories paraissent, elles étaient peut-être la clef –

"Maman?"

Lily leva les yeux. "Oui, Harry?"

"Je ne veux pas te déranger mais..." Il s'interrompit et resta sur le pas de la porte. Harry semblait si incertain, et ce n'était pas une expression que Lily avait l'habitude de voir sur le visage de son fils. C'était la veille de son anniversaire, et une autre année, dans un autre univers, il aurait été heureux et enthousiaste - mais cette année était différente, et il était inutile de prétendre le contraire.

"Tu ne me déranges pas," elle sourit et posa le livre. "Viens. Quel est le problème?"

Harry se laissa tomber dans le fauteuil en face d'elle, l'air résigné. "Euh, je me demandais juste si peut-être nous pourrons aller à Sainte-Mangouste demain. Pour rendre visite à papa."

Un garçon de douze ans ordinaire aurait demandé des cadeaux pour son anniversaire. Harry voulait juste rendre visite à son père, et Lily sentit son coeur se briser à ce constat. A regret, elle lui répondit. "J'ai peur que ce ne soit pas possible, Harry."

"Je sais." Ses épaules tombèrent. "Question de sécurité et tout ça. Je devais te demander."

"Je suis désolée mon chéri."

"Ce n'est pas ta faute, maman." Harry essaya de sourire mais il échoua malheureusement. "Ce n'est pas comme si on l'avait cherché."

"C'est vrai. Mais je suis quand même désolée." Il est trop mûr pour son âge, pensa tristement Lily. Beaucoup trop mûr. Et il y a, ne serait-ce qu'un an, il n'était pas comme ça. Elle retint un soupir. Est-ce que c'est mal que je veuille qu'on me rende mon petit garçon ?

"Je sais", soupira Harry ; Son visage s'illumina légèrement. "J'ai parlé à papa ce matin. Il a dit que Sirius et Remus préparent une grosse surprise pour mon anniversaire. Quelque chose à quoi je ne m'attends pas du tout." Soudain, il fut à nouveau un garçon âgé de onze ans. "Tu sais ce que c'est?"

Lily pouffa. "Bien sûr que je sais."

"Maman."

"Quoi?" elle sourit, heureuse de le voir pleurnicher à nouveau.

"C'est pas juste!" s'écria Harry.

"Bien sûr que ce n'est pas juste," convint Lily. "Mais ça fait partie des avantages d'être un adulte, mon cher."

Harry gémit et marmonna, "stupides parents."

"Tu disais, Harry?" Lily haussa les sourcils.

"Rien," maugréa-t-il, faisant rire sa mère.

"C'est ce que je pensais." Elle sourit. "Maintenant pourquoi ne serais-tu pas un bon petit garçon qui fait comme si son père avait tenu sa langue au sujet de sa surprise d'anniversaire?"

"Maman ! Je ne suis pas un petit garçon!"

"Bien sûr que non." Lily eut un sourire en coin. "Et, que dirais-tu d'une délicieuse sucette ?"

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Habituellement, il ne venait à Avalon qu'après la tombée de la nuit. Quelle que soit l'heure, il y avait toujours au moins quatre Aurors actifs sur l'île – les candidats étaient responsables des rondes de nuit, mais ils avaient encore beaucoup à apprendre, et le chef de la Division savait tout le travail qui les attendait. Habituellement, Black ne restait qu'une heure ou deux à discuter tranquillement avec Frank Londubat avant de repartir mais de temps à autre, il restait plus longtemps. Bill lui avait parlé quelquefois, mais Sirius Black était beaucoup trop occupé pour passer du temps sur l'île. Les médias se donnaient beaucoup de mal pour tenter d'apprendre ce que les Aurors prévoyaient de faire face aux Mangemorts, mais ceux qui étaient à Avalon n'avaient pas ce genre de problèmes. A la différence des médias, ils recevaient régulièrement des rapports des actions menées.

Comme James Potter, Sirius Black n'était pas le type d'homme qui agissait par derrière. En un mois, depuis que les Aurors s'étaient établis à Avalon, ils avaient participé à sept actions (quatre réussies, deux manquées, et une qui n'était ni une réussite, ni un échec total) et Black avait mené chacune d'elles. Comme James, il n'était pas du genre à demander aux autres quelque chose que lui-même n'aurait pas fait, mais à la différence de son prédécesseur, Black semblait vouloir narguer le Seigneur des Ténèbres. La rumeur qui circulait entre les instructeurs toujours présents à Avalon et leurs collègues qui venaient souvent les voir disait que Black provoquait délibérément la colère de Voldemort. Pourquoi voulait-il le provoquer, personne ne le comprenait, bien que les raisons pour lesquelles il le faisait étaient évidentes.

Quelqu'un devait le faire après tout. Et Dumbledore était mort.

C'était l'une des raisons pour lesquelles Black ne venait à Avalon qu'une fois la nuit tombée. Il était une cible – deuxième seulement après le jeune Harry Potter sur la liste du Seigneur des Ténèbres - et se mettre à découvert aurait été une bêtise. Provoquer Voldemort était une chose. Provoquer un désastre en était une autre.

Bill observa Black gravir les marches qui menaient à la plateforme où les instructeurs s'étaient réunis pour observer les vingt candidats de la classe 4904 évoluer dans le labyrinthe ; les vieux tunnels, passages et sorts d'Avalon leur réservaient des surprises inattendues. Peu avaient réussi à le traverser au premier essai, particulièrement avec l'animal de compagnie que Kingsley avait ajouté au désordre. Bill n'avait pas la moindre idée de comment Kingsley était parvenu à acquérir la petite créature qui ressemblait fortement à un Jack Russel si on faisait abstraction de sa queue recourbée. Les Moldus comme les sorciers confondaient généralement les Crups avec des chiens, mais les candidats dans le labyrinthe découvriraient rapidement que Daisy était très différente de ses cousins éloignés les Jack Russel. Daisy chassait tout ce qu'elle voyait, et une fois qu'elle avait vu quelqu'un, elle ne l'oubliait plus.

Evidemment, Kingsley avait été très discret sur la manière dont il avait eu Daisy ou sur pourquoi elle portait un nom si étrange. Mais Frank s'était contenté de sourire quand Kingsley avait suggéré de l'ajouter au labyrinthe, et Daisy avait déjà ruiné les efforts de cinq candidats dans un temps record. Des chiens Moldus pouvaient être stupéfixés. Daisy avait passé suffisamment de temps avec un Auror pour savoir qu'esquiver où jouer la comédie fonctionnait bien mieux.

Un sixième candidat déboucha dans le couloir, et Bill eut un sourire de sympathie. Nymphadora Tonks était vraiment douée pour la défense et la dissimulation, mais elle était très maladroite. La jeune femme avait toutes les peines du monde à entrer dans une salle de classe sans trébucher sur quelque chose, ce qui était dommage car elle en était l'une des élèves les plus brillantes

Une main se posa sur son épaule. "Comment vas-tu, Bill?"

Il y avait d'innombrables questions cachées dans les sombres yeux bleus. "Je vais bien," répondit simplement Bill, il savait pertinemment que Black savait ce qu'il voulait dire. J'ai aussi découvert l'utilité des sortilèges de silence. Certains cauchemars refusent de disparaître.

"Heureux de l'entendre." Black hocha la tête puis son regard se posa sur le labyrinthe, la plateforme des instructeurs était le seul endroit qui permettait de voir le labyrinthe en entier, mais les pièces souterraines étaient seulement visibles grâce à des sorts de transparence. "Alors, que penses-tu d'eux?"

Bill jeta un coup d'oeil sur Hestia et Frank, ils étaient chargés de surveiller, et tous deux observaient Tonks avec une attention particulière. Kingsley était en bas, à l'entrée du labyrinthe, prêt à agir si un candidat avait des problèmes – ce qui, presque à chaque fois, était le cas – tout en les regardant se débrouiller. Aujourd'hui, c'était la première fois que la classe 4904 entrait dans le labyrinthe, et c'était loin d'être la dernière. Bill se contentait cette fois d'observer, il avait tiré la paille la plus courte au petit-déjeuner.

"Ils apprennent vite," répondit-il. "Plus vite que nous n'avons appris et plus vite que je ne le pensais." Il haussa les épaules. "Mais je pense qu'ils n'ont pas le choix. Si ?"

"Malheureusement non," acquiesça tranquillement Black. "Les rapports de Frank disent que vous en êtes à la capture et à l'embuscade."

"Ouais. Nous avons du survoler certaines parties mais... " Bill haussa à nouveau les épaules. "Apprendre le duel ne semble pas très important quand on pense à ce à quoi ils devront faire face."

"Je suis d'accord."

Ils observèrent en silence la jeune Tonks franchir le premier mur, au détour du quel elle rencontrerait Daisy pour la deuxième fois. À la différence de certains autres, elle ne fit pas l'erreur stupide d'essayer de stupéfixier le Crup une deuxième fois - à la place, elle se cacha derrière le mur et changea de direction. Daisy la suivit, naturellement elle recherchait les cheveux bruns et les yeux bruns de Tonks

"Que -" Bill s'interrompit et cilla. "Vous avez vu cela?"

"Oui." Black fronça les sourcils et ils tous deux fixèrent la jeune femme aux cheveux violets et aux yeux verts observer Daisy de derrière le mur. Le Crup la fixa avec confusion avant de décider brusquement que ce n'était pas la personne qu'il cherchait et de se mettre à courir dans la direction où Tonks avait disparu.

Souriant, la sorcière à la chevelure violette poursuivit son chemin et trébucha sur une racine.

"Je n'arrive pas à y croire," dit tranquillement Bill en recollant les morceaux. Tonks ne s'était pas lancée de sort de changement d'apparence – d'autant plus que ça ne marchait pas avec les Crups. Ils voyaient toujours au travers de ces sorts, ce qui signifiait... "C'est une Metamorphomage."

Black resta silencieux pendant un moment, puis demanda, "comment as-tu dit qu'elle s'appelait déjà?"

"Je ne l'ai pas dit." Bill lui jeta un coup d'oeil. "Elle s'appelle Nymphadora Tonks."

"Tonks?" répéta l'autre, surpris.

"Ouais," répondit Bill. "Vous la connaissez?"

"Non. Pas elle." Black renifla. "Par contre je sais qui elle est." Il eut un sourire mauvais. "Et je connais un tas de gens qui ne vont pas être heureux de la savoir ici."

A cet instant, le mur s'ouvrit et Tonks fut projetée hors du labyrinthe.

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Tonks se pencha en grognant pour balayer la saleté sur son pantalon. Au moins elle avait eu la chance d'atterrir à quelques dizaines de centimètres de l'immense marre de boue, mais avoir été éjectée du labyrinthe par un mur mobile n'était pas très flatteur pour son ego. Elle avait été si fière après avoir évité le Crup – pauvre Horace. Je parie qu'il a vraiment cru que c'était un chien ! - qu'elle en avait oublié de faire attention aux autres pièges du labyrinthe. Et le labyrinthe avait profité de sa distraction pour reprendre le dessus.

Tonks soupira. Au moins, elle avait été plus loin que les autres, c'était déjà bien. Elle avait toujours l'impression d'être condamnée à la médiocrité, parfois meilleure que certains pour certaines choses, mais plus mauvaise que d'autres pour presque tout. Ce n'était pas un sentiment que Tonks découvrait de toutes façons. Elle était intelligente – mais avant, elle n'avait jamais été obligée de se donner tant de mal. Elle avait toujours eu des facilités à l'école, elle aimait apprendre. Pourtant, la formation d'Auror se révélait être un autre problème.

Et le fait d'être une sang-mêlé n'arrangeait rien. Tout au long de sa vie, Tonks avait été prise de haut par les familles les "meilleures" du monde magique parce que son père était d'origine Moldue. Ils lui disaient qu'elle ne serait jamais assez bonne parce qu'elle n'était pas une sang pure et qu'elle n'était pas digne d'être une Black. Aujourd'hui, pourtant, les choses étaient différentes. Pour la première fois de sa vie, Tonks était jugée à cause de ce sang Black ; les autres lui faisaient moins confiance à cause de ça. Ses camarades de classe y faisaient rarement référence, mais tous savaient que les Blacks étaient mauvais. Et elle avait donc été cataloguée avec eux, simplement à cause de son sang.

Tonks soupira et vérifia que sa baguette était intacte. Une des premières leçons que n'importe quel candidat devait retenir était de vérifier souvent l'état de leur baguette - si le fait que Londubat les en ait privés à leur arrivée ne les avait pas fait retenir la leçon, Tonks ne savait pas ce qui y parviendrait. Heureusement, sa baguette n'avait rien, elle était juste un peu sale et Tonks y remédia en l'essuyant avec sa robe.

Elle jeta un coup d'oeil aux hauts murs du labyrinthe par-dessus son épaule. Les candidats avaient tous droit à un seul essai, elle avait donc un peu de temps libre avant de devoir aller dîner, après ça, les cours reprendraient. Pendant les vingt jours qu'elle avait passé dans le programme de formation des Aurors, Tonks avait compris à quel point le temps libre était précieux, elle se dirigea vers les quartiers des étudiants. Toujours retenir la leçon.

"Nymphadora Tonks?"

Surprise, elle se retourna pour se trouver face à face avec un sorcier qu'elle ne connaissait pas. Pourtant, il lui sembla tout de suite familier. Il avait de longs cheveux noirs qui tombaient sur ses épaules et un bouc, ses cheveux comme son bouc étaient brillants et soignés. Ses yeux bleus étaient très clairs et perçants mais ils semblaient cacher quelque chose. Mais c'était surtout la forme de son visage qu'elle reconnu. Les pommettes hautes et la petite bosse sur le nez étaient typiques des Black.

"Oui?" répondit-elle froidement.

"Votre mère est Andromeda Tonks?" demanda-t-il.

"En quoi ça vous regarde?" demanda-t-elle. Tonks avait assez de problèmes sans y ajouter cet étranger et tout ce dont elle avait envie, c'était de faire un petit somme avant de dîner. Elle commençait déjà à avoir mal partout depuis qu'elle était tombée et ça ne la mettait pas de très bonne humeur. Et si on y ajoutait des réflexions sur sa mère et tous ces fanatiques du sang pur, elle risquait de s'énerver pour de vrai. Elle le fixa, elle était sûre de savoir qui il était et de ne pas aimer le savoir.

En plus, le visage de l'étranger lui rappelait celui de sa tante Narcissa, une méchante femme très désagréable. La famille de son père, Moldue ou pas, était bien plus sympathique. Ils étaient un peu étranges mais, au moins, ce n'étaient pas des maniaques de la pureté du sang. Tonks fut surprise de le voir répondre en levant les mains dans une parodie de reddition.

"Simple curiosité," dit-il simplement.

"Et pourquoi?" le défia Tonks, ces gens qui la jugeaient avant de la connaître vraiment la rendaient malade. "Vous vouliez savoir si j'étais bien cette sang mêlé qui salit la pureté des Black ? Bien, pour votre gouverne, c'est bien moi et j'en suis fière."

"En fait, je me demandais si votre mère était Andromeda Black," répondit le sorcier. "Parce que si c'est le cas, nous sommes cousins." Il sourit légèrement et tendit sa main droite. "Je suis Sirius Black."

Si Tonks avait pu disparaître sous terre à ce moment précis, elle l'aurait fait volontiers. Tête baissée, les pieds dans le plat, se réprimanda-t-elle. Pourquoi est-ce que je n'ai pas juste trébuché ? Elle sentit son visage devenir très chaud alors qu'elle réfléchissait à sa réaction idiote. Quel autre Black pourrait se trouver à Avalon, idiote ? Elle eut vraiment envie de mourir de honte, mais il lui tendait toujours la main, attendant qu'elle la prenne.

"Euh... salut." Elle tenta de sourire, mais échoua. Finalement, elle se secoua et prit la main offerte. Sa poignée de main était ferme, et ses yeux bleus la détaillèrent.

C'était déjà suffisamment mal d'avoir sauté à la gorge du seul Black qui n'avait pas rejoint les rangs de Voldemort. Pourquoi se trouvait-il qu'il était en même temps le plus célèbre Auror encore en vie ?

"Je suis heureux de faire ta connaissance," dit-il.

"Moi de même." Tonks se mordit la lèvre, heureuse que ses cheveux ne soient plus violets. Ca n'aurait probablement pas fait une bonne première impression.

Les yeux de Blacks semblaient lire en elle comme dans un livre ouvert. "Je sais que tu es pressée, je ne vais pas te retenir plus longtemps. Mais je tenais à te dire que je suis très heureux de te voir ici."

Elle rougit et se sentit comme une gamine de deux ans. "Merci."

"La route est longue et difficile, particulièrement pour une Black. Même si tu ne portes pas le nom, les gens te regardent quand même comme si tu étais diabolique."

Tonks hocha silencieusement la tête, elle eut envie de mentionner la dernière fois qu'elle avait vu sa tante Bellatrix, mais elle ne trouva pas les bons mots. Elle comprenait ce qu'il voulait dire, Tonks avait fait face à ces préjugés tout au long de sa vie. Les nouvelles familles n'étaient pas comme ça, mais les anciennes familles respectueuses des traditions étaient les pires. Il y avait quelques membres d'anciennes familles qui ne prêtaient plus attention à la pureté du sang parmi les Aurors, et Tonks avait déjà vu leur méfiance. Elle s'estimait heureuse que Hauntings et Binns ne soient pas dans son groupe, mais elle n'était pas aveugle. Tonks avait bien remarqué les regards sombres qu'ils lui jetaient, et savait qu'ils la croyaient comme le reste des Black. En regardant l'homme en face d'elle, elle pensa que ça avait dû être beaucoup plus dur pour lui quand il avait choisi de venir à Avalon. Surtout que lui, il portait le nom.

"Ouais," répondit-elle finalement. "C'est intéressant parfois."

Il lui sourit. "Ca l'est," répondit-il. "Je te souhaite bonne chance, je suis sûr qu'on se reverra."

°°°°

La suite ? La suite s'appelle « Par trois fois défié… » ça devrait occuper votre imagination ou vous faire acheter un dictionnaire…. Niark, niark, niark…