Promesses retenues
Générique
Auteur : Robin4, sous le titre original de Promises Remembered
Inspiration JKR, mais très UA quand même !
Traduction : Petite Plume
Relecture et mise en ligne : Fénice
Sponsors officiels : Antadélie, Fée fléau-la-savante (tes réflexions sur Patrocle m'a espentée comme on dit dans le sud…) Shima-Shan pour qui Andromeda tombe à pic (je sais que la référence sera perdue pour les moins de 25 ans mais j'ai pensé à l'autre dans son pick-up en lisant ça ! mouarf !)
Chapitre quatorze : Des jours grandioses et sombres
"Alors ça y est."
"Ouais." La réponse de Sirius fut froide et distante, ils le regardèrent. Ça le fit sourire. "Désolé. Ne faites pas attention. Je réfléchissais à... autre chose."
"Vraiment, Patmol ? J'ignorais que tu savais faire ça, " rétorqua James, Sirius lui répondit par un sourire qui ne toucha pas ses yeux. Quoi qu'il se soit passé, si toutefois il s'était passé quelque chose, ça rongeait toujours Sirius. Il avait, d'une certaine façon, profondément changé ; l'innocence qu'il avait gardée s'était métamorphosée en quelque chose de plus noir, de plus... grand. Pourtant ce changement était effrayant, et James pensait qu'ils avaient tous besoin de savoir pourquoi.
Cinq jours étaient passés depuis l'anniversaire de Harry, cinq jours pendant lesquels James et ses amis avaient essayé d'agir comme si rien n'avait changé. Harry avait été dupé – il faut dire qu'il avait passé son temps avec ses amis, comme n'importe quel un garçon âgé de tout juste douze ans. Lui et Hermione avaient passé les deux dernières nuits chez les Weasley, discrètement surveillés par plusieurs Aurors. Mais rien n'était arrivé, au grand soulagement de James. Voldemort semblait aussi troublé par sa défaite que Sirius l'était par sa victoire. Il attendait, James le savait - mais qu'attendait-il ?
Et pourquoi est-ce que j'ai le sentiment que c'est le calme avant la tempête ?
"Distractions futiles mises à part," les coupa Rogue. "Peut-être peut-on en revenir à notre problème?"
James sourit mais nota avec déception que Sirius ne le fit pas. Remus, cependant, continua avant que James ne puisse répondre à Rogue. "Nous n'aurons aucun sixième cercle tant que Fumseck ne sera pas d'accord," dit-il tranquillement. "Ce qui nous laisse avec deux sièges inoccupés... et de toutes façons, je ne saurais pas qui choisir même si nous pouvions reformer le Premier Cercle."
"Nous ne savons pas non plus," ajouta Lily assise à côté de la cheminée. Ils s'étaient retrouvés dans la bibliothèque de la place Grimmauld bien après minuit, cachés par l'obscurité et le silence. Ils savaient pourtant que le secret était devenu presque impossible. La veille, James et Arthur avaient commencé à installer le ministère de la Magie dans de nouveaux locaux mais, à peine quatre heures après l'arrivée du premier groupe, une explosion avait ébranlé le bâtiment. Bien qu'il n'y ait eu aucune attaque de mangemorts évidente, James connaissait la vérité. Même si Voldemort attendait, il ne resterait pas sans rien faire. Bien au contraire… quoi qu'en disent les journaux. Avec un soupir, James jeta un coup d'oeil sur la première page de la Gazette du sorcier qui traînait sur la table à sa droite.
4 août 1992
LES NOUVEAUX BUREAUX DU MINISTÈRE DÉTRUITS
par Keith Lindsay, envoyé spécial
Hier, en début d'après-midi, les actuels employés du ministère ont essayé d'établir un nouveau siège dans la banlieue Moldue de Londres. Sous la direction d'Arthur Weasley, le vice ministre provisoire de la magie, un groupe de seize employé a été pris dans une explosion inattendue qui serait l'œuvre de terroristes Moldus. Ludo Verpey, le chefdu départements des sports magiques a été tué par la chute d'un bloc de pierre. Cinq autres ont été sérieusement blessés et sont actuellement soignés à Sainte Mangouste.
Interrogé, le vice ministre Weasley a refusé tout commentaire et s'est contenté de dire que le ministère s'occuperait de cette affaire et se remettrait en quête de nouveaux locaux. Il a refusé de dévoiler toute information concernant la nouvelle localisation.
Les élections d'un nouveau ministre de la magie sont programmées pour la semaine prochaine. Le favori de cette course à la victoire n'est autre que le ministre intérimaire James Potter, toujours paralysé depuis la destruction du ministère de la magie. Potter a d'ores et déjà affirmé qu'Arthur Weasley resterait son adjoint s'il était élu, une décision surprenante aux vues du rôle insignifiant que Weasley a joué jusqu'à présent.
Le principal concurrent à de Potter est Cornélius Fudge et son adjointe Dolorès Ombrage, des politiciens de carrière. Fudge, actuellement à la tête du département des Catastrophes magiques, continue de critiquer allègrement les mesures prises par Potter et affirme qu'il est possible d'en finir avec la guerre.
L'entrée tardive dans cette course au Ministère de Lucius Malefoy constitue une surprise. Il dispose d'une influence avec laquelle il faudra compter, mais n'a jamais été à la tête d'un service du Ministère.
Interrogé
sur les raisons de son choix, Malefoy a déclaré : "je
ne peux tout simplement pas continuer à regarder des
incompétents diriger notre pays. Même si je soutiens les
idées de Fudge, je crains que les anciennes
familles ne
l'apprécient guère. Il est temps qu'un membre d'une
des
familles les plus anciennes du monde magique se décide
à faire le nécessaire."
Malefoy,
naturellement, est le principal héritier d'un des célèbres
quatorze
familles, une caractéristique que James Potter
possède également.
Pourtant, la rumeur dit que Malefoy, à la différence de l'ex-Auror Potter, est un partisan de celui-dont-on-ne-doit-pas-pronocer-le-nom. Même si rien ne prouve que Malfoy soit un Mangemort, cette calomnie peut très bien lui porter préjudice. Evidemment, Malfoy a refusé de faire tout commentaire.
"Tu penses encore à Malefoy?" demanda soudain Sirius. James sursauta et manqua de laisser tomber sa tasse de thé. Il sourit timidement.
"C'est si évident?"
"Seulement quand tu regardes la Gazette comme si tu voulais la brûler," précisa Dung, une sourire plissait son visage couvert de cicatrices.
"Je suis si méchant?" demanda James.
"Oh, oui", sourit son épouse. "Tu l'es."
"De toutes façons, je ne pense pas que Malefoy soit inquiétant," ajouta Sirius d'une voix incroyablement calme. "Je crois qu'il va juste prendre quelques électeurs à Fudge. Ceux qui sont avec toi, James, ne voteront pas pour ce joli garçon juste parce qu'il est d'une ancienne famille."
"Oui, mais si nous savons ça, Malefoy le sait sûrement aussi," objecta sagement Remus. "Alors quel est son but ? Qu'espère-t-il obtenir ?"
Tous les regards se posèrent sur Rogue, mais après un long silence, le Mangemort haussa les épaules.
"Je ne sais pas," admit Rogue. "Le pouvoir, évidemment. Mais quoi d'autre... je ne sais pas. Le Seigneur des ténèbres le ménage, en quelque sorte - pour l'instant. C'était une idée de Lucius, ça, j'en suis certain."
Dung renifla. "Voldemort ? Ménager quelqu'un ?" Il secoua la tête. "Peu probable."
"Mais pas impossible", répliqua Rogue. "Pas toujours. Lucius Malfoy a toujours été une exception. Je ne sais pas ce qu'il prépare, mais James a raison de se méfier." Ses yeux noirs se plissèrent. "Surveille le bien."
James hocha la tête. " Encore six jours et nous saurons."
"Et qu'est-ce qu'on fera ?" demanda Lily. "Nous supposons, pour le moment, que tu seras élu. Mais si ce n'est pas le cas, les responsabilités de l'Ordre ne changeront pas, mais il nous sera plus difficile de les accomplir. Remus dit que Poudlard est bien protégé. Severus dit que Voldemort attend - mais il attend quoi ? Et qu'est-ce qu'on fera quand il passera à l'action ? Nous devons répondre à ces questions mais nous avons tourné autour toute la nuit."
"Lily a raison," acquiesça Remus. "Nous ne pouvons pas attendre plus longtemps. Nous devons frapper, maintenant." Ses yeux se posèrent sur Sirius. "Mais avant, nous devons comprendre."
Etrangement, Sirius évita leurs regards et fixa ses mains. Après un long silence, Remus continua d'une voix douce.
"Nous n'avons rien demandé, Sirius, parce que nous respectons ton silence. Je sais que tu ne veux pas en parler, mais nous avons besoin de savoir."
"Oui," dit tranquillement Sirius. "Oui, vous avez besoin de savoir."
Un frisson inexpliqué parcourut le dos de James. Mais quand son ami leva la tête, James vit que ses yeux bleus étaient clairs. Il n'y avait rien de l'incertitude qu'il avait infestée ces cinq derniers jours, aucune hésitation, aucune ombre. Il semblait plus apaisé que jamais.
"Nous nous sommes battus," répondit-il platement, faisant taire Lily d'un signe de la main avant qu'elle ne parle. "Pas face à face, mais nous nous sommes battus - Voldemort et moi. Il était dehors, prêt à briser les défenses, et j'ai voulu l'arrêter. Alors il s'est passé quelque chose d'autre."
Sirius prit une profonde inspiration. "Même aujourd'hui je ne peux pas l'expliquer. Je ne trouve pas les mots. Nous étions connectés, je ne sais pas comment et nous nous sommes battus. Ce n'était ni de la puissance ni de l'émotion... c'était simplement un affrontement de volontés. C'était presque quand nous avons lancé l'Imperium en même temps à Azkaban, mais la connexion était plus forte... plus profonde. Ce n'était pas le genre de bataille où il y a un vainqueur, elle ne pouvait pas non plus durer longtemps. Je pense que Voldemort a perdu connaissance au bout de quelques secondes, tout comme moi. Ça a semblé durer une éternité mais je sais que ça n'était pas le cas."
"Il est tombé," confirma Rogue immédiatement. "C'est Lucius qui me l'a dit. Le Seigneur des ténèbres déteste en parler."
"Il devait tomber." Sirius tourna lentement la tête pour regarder James dans les yeux. "Et ce que Dumbledore a essayé de me dire était vrai. Ce n'est pas Harry qui doit arrêter Voldemort. C'est moi."
James avala et sentit le goût du silence. Depuis Azkaban, il était apparu clairement que Sirius avait une capacité indéniable pour résister à Voldemort – pourtant ils n'étaient sûrs de rien. Il y avait toujours eu une possibilité pour que la première prophétie soit vraie et que Harry ait à porter ce fardeau horrible... mais le fardeau reposait sur les épaules de Sirius qui avait changé à Azkaban et avait, d'une certaine manière, modifié le cours des choses.
" Cette nuit marque le choix du destructeur du Seigneur des ténèbres," cita doucement Remus. "Et ça a été fait."
"Oui," dit simplement Sirius.
--------------
"Il y a une prophétie, Maître," dit tranquillement Julia ; à sa droite, le feu crépitait. "Nous l'avons trouvée dans les décombres du département des Mystères. Elle était enterrée profondément sous les ruines, mais nous sommes parvenus à vous l'apporter."
"Tu l'as en ce moment?" demanda sèchement Voldemort. Rogue savait que cette interruption le contrariait, et il était prêt à torturer ceux qui le dérangeaient quand il était avec ses élus. Severus avait quitté la réunion de l'Ordre deux heures avant et était à nouveau en train de prendre part à un conseil secret. Mais celui-ci était plus petit - et bien plus sombre.
"Dépêche toi, vermine!" cracha Bellatrix Lestrange en voyant Julia hésiter. Mais Julia était une Malefoy, les Mangemorts, même de haut rang, ne l'impressionnaient pas.
"Regarde-toi, Bellatrix," répliqua Julia. "Il me semble qu'à l'école, on t'appelait Médusa."
Les yeux bleus de Bellatrix brillèrent dangereusement. "Toi -"
"Tais-toi, Bella," la coupa la voix froide du Seigneur des ténèbres, il posa ensuite son regard brûlant sur Julia, Rogue vit sa colère retomber légèrement. "Dis-moi ce que dit cette prophétie," ordonna-t-il.
Dans son coin, Lucius sourit d'un air affecté.
"Il n'y avait aucun nom dessus, Maître, contrairement à toutes les autres prophéties, qui sont identifiées par les noms de ceux qu'elles concernent," expliqua Julia. Deux jours plus tôt, Voldemort lui l'avait chargée d'étudier les ruines du ministère de la Magie dans l'espoir qu'elle découvre des choses utiles. D'une certaine manière, Severus n'était pas étonné de constater que Julia ait obtenu des résultats tellement rapidement. "L'étiquette de la sphère dit simplement 'des jours grandioses et sombres'."
"Et je suppose que tu as laissé cette précieuse sphère là-bas, là où n'importe qui peut tomber dessus ?" se moqua Rodolphus Lestrange qui se tenait à côté de son épouse encore blême. Julia le gratifia d'un regard supérieur.
"Non. Je l'ai avec moi."
"Comment?" demanda Severus avec une vraie curiosité. "Je croyais que seuls les gens concernés pouvaient toucher ces prophéties."
"En fait, seuls ceux que les prophéties concernent peuvent les sortir du département des Mystères." Julia sourit froidement. "Ou ceux qui connaissent certaines astuces." Elle s'inclina avec élégance dans la direction du Seigneur des ténèbres et fit un geste de sa baguette.
Lentement, une sphère de verre poussiéreuse se dirigea vers Voldemort, elle avait flotté à coté de Julia, invisible, depuis le début. Rogue plissa les yeux pour lire l'étiquette.
L'oracle de Delphes à Léonidas de Spartes
(?) et (?)
Pour les jours grandioses et sombres.
La voix calme de Julia remplit le silence.
"Je crois, Maître, qu'elle vous concerne."
--------------
"Je n'aurais pas pris le risque de venir ici si je n'avais pas pensé ça nécessaire," dit-elle tranquillement.
En cette fin d'après midi, il y avait du monde Place Grimmauld - Harry était rentré avec Hermione et les quatre Weasley (apparemment, Mme Weasley avait forcé Ron et les jumeaux emmener leur petite sœur avec eux). Sirius trouvait presque surréaliste de voir la maison de sa famille transformée en cour de récréation pour six enfants énergiques, et il nota avec amusement qu'une guerre de blagues avait été déclarée. Mère, se dit-il avec un sourire triomphant, n'aurait jamais approuvé. Et la jeune Ginny Weasley semblait s'y intégrer parfaitement - Sirius l'appréciait déjà.
Pourtant, malgré les rires qui résonnaient en bas, ce n'était pas le moment de s'amuser. Il soupira. "Je sais."
Julia s'assit en tailleur sur le lit et posa ses mains sur ses genoux. Aux yeux de toute autre personne, elle aurait semblé calme et à l'aise, mais Sirius connaissait la signification des rides autour de ses yeux et voyait la lassitude sur son visage. Elle était inquiète, plus qu'à l'ordinaire. Julia était très occupée et habituée à la pression – pourtant la peur dans ses yeux était bien réelle.
"Le Seigneur des ténèbres m'a ordonné de fouiller les ruines du Ministère, Sirius," dit-elle tranquillement, plongeant son regard dans celui de Sirius, il vit qu'elle faisait d'énormes efforts pour se contrôler. "Il pensait que mon expérience serait utile et voulait voir ce que je découvrirait."
"Mais nous avons déjà fouillé les ruines," répondit-il.
Elle hocha la tête. "Oui, vous l'avez fait. Mais pas avec assez d'attention."
Le cœur de Sirius se mit à battre plus vite quand il vit Julia déglutir avant de continuer.
"J'ai trouvé une prophétie, Sirius." Ses yeux gris étaient rivés aux siens. "Elle est très vieille, presque deux mille cinq cent ans, c'est probablement pour ça que les Aurors ne l'ont pas remarquée. Mais au moment où je l'ai vue, j'ai su."
"Su quoi?" Pour quelque obscure raison, il avait peur de le demander.
"J'ai su que c'était important. Je ne la lui aurais pas apportée si j'avais été seule, mais Jugson était là." Julia prit une profonde inspiration. "La prophétie a été faite il y a des siècles par l'oracle de Delphes au Roi Léonidas de Spartes, pourtant elle ne porte pas de nom. On ne sait pas à quoi elle se réfère, il y a juste écrit Pour les jours grandioses et sombres"
Le coeur de Sirius manqua un battement. "Alors Voldemort a la prophétie."
"Oui. Mais je me suis jeté un sort d'Augmente mémoire avant de la lui donner pour m'en souvenir, " répondit-elle. "Severus était là aussi, mais comme il n'était pas au courant, il ne se souviendra pas de chaque terme."
"Il ne nous a rien dit pour l'instant."
"Non, il est toujours à Azkaban," lui dit Julia. "Je devais t'en parler, Sirius, alors j'ai sauté sur la première occasion pour partir. Tu dois savoir."
L'intensité de ses yeux le frappait. "Pourquoi moi?"
"Mis à part le fait que j'ai confiance en toi?" demanda-t-elle, mais son sourire blême n'avait rien de chaleureux. Elle lui prit la main. "Parce que je crois que tu es l'une des personnes mentionnées dans la prophétie." Julia expira avec difficulté. "Tout comme Voldemort."
Il avait froid et aurait préféré être surpris. "Dans ce cas, il vaut mieux que je l'entende."
"Oui."
Julia ferma les yeux, et Sirius vit son visage se détendre alors qu'elle se concentrait. C'était la spécialité de Julia : découverte et dissection. Quand elle parla, sa voix était calme, mais Sirius y décela une puissance étrange.
"Il viendront—
On aura besoin de héros et ils viendront.
Ils viendront—
Des frères sans aucun lien de sang entre eux.
Ils viendront—
Et des promesses seront tenues ou trahies.
Ils viendront—
Seuls face à la tempête, debout et ensembles lorsque la fin viendra.
Ils viendront—
Blessés et ensanglantés mais refusant de se soumettre.
Ils viendront—
Debout. Fiers. Droits.
Souviens-toi.
Ils viendront."
Un frisson parcourut l'échine de Sirius quand Julia ouvrit les yeux et le regarda. Il essaya de garder un visage neutre, mais elle voyait au travers du masque – elle l'avait toujours fait. Julia serra la main de Sirius dans la sienne mais la lâcha quand il se leva et se mit à faire les cent pas. Il sentait son regard sur lui alors qu'il contemplait le plancher de sa chambre, les bras croisés. Julia le connaissait et elle le laissa réfléchir sans rien dire. Pour le moment, Sirius avait besoin de silence... mais aussi de compagnie. Il se sentait étrangement calme, curieusement détendu. Bien qu'il ne se soit pas attendu à ce que la prophétie soit si explicite, elle avait dit la vérité. L'ordre des choses avait été modifié, tout avait changé. Un autre homme ne se serait pas senti soulagé, mais Sirius si. Ça a marché ! - triompha-t-il – pourtant, il frissonna. Mais... il y avait autre chose. Je ne pensais pas les entraîner là-dedans.
Néanmoins, ça faisait du bien de l'entendre de la bouche d'une autre personne. Il remarqua aussi ce que la prophétie n'avait pas dit. Sirius inspira profondément.
"Bien," dit-il tranquillement. "Maintenant nous savons."
"Oui." Julia mordu brièvement ses lèvres, pour une femme qui ne montrait jamais la moindre faiblesse, ça en disait long. "Et lui aussi."
Tout en continuant à arpenter sa chambre, Sirius haussa les épaules. "Ca n'est pas nouveau. Il le sait, tout comme moi, depuis l'anniversaire de Harry."
"Mais maintenant il y a quelque chose de concret pour le confirmer," souligna-t-elle. "Maintenant, nous avons une preuve, à moins que la prophétie ne se réfère à d'autres ténèbres mais j'en doute. Il a pu la toucher, l'écouter... cette prophétie change tout."
"Parce que nous savons tous à qui ce 'ils' fait référence," acquiesça Sirius et s'arrêtant pour la regarder. "Je le sais, même si la fin est différente. Mais c'est presque – presque un soulagement d'en être sûr."
Cette fois, son sourire était réel. Julia pouffa. "Ca, c'est parce que tu es fou."
"Tout à fait." Répondit-il en souriant. "Et j'aime foncer tête baissée."
"Je ne connaissais pas cet aspect de ta personnalité," le taquina-t-elle.
"Oh, vraiment?" Il sauta sur le lit et l'y allongea. Les ressorts du sommier poussèrent des cris perçants de protestation alors qu'ils rebondissaient, ils chahutèrent un moment, Sirius essayait de chatouiller Julia et Julia l'esquivait. Finalement, il parvint à la prendre dans ses bras par derrière, mais il ne la chatouilla pas, Julia posa sa tête contre son épaule avec un soupir satisfait. Il n'y avait pas assez de moments comme celui-ci.
Mais même la perfection n'était pas faite pour durer.
"Nous devons leur dire," dit-elle tranquillement.
Sirius hocha la tête tout en respirant l'odeur de ses cheveux. " Tu veux que je le fasse ou tu veux être là ?"
"Tu leur fais confiance," répondit Julia sans hésitation. "Alors moi aussi. Je resterai si tu en as envie."
"Je veux toujours que tu restes," murmura-t-il avec un léger sourire.
"Naturellement, idiot," répliqua-t-elle. "Ne change pas de sujet." Il entendit dans sa voix qu'elle se retenait de rire.
"Je n'ai rien fait," protesta-t-il innocemment. Julia renifla, il redevint plus sérieux. "Mais pour ça aussi," expliqua Sirius. "Je pense que c'est important."
Elle se tourna pour le regarder, mais ne chercha pas à se dégager. "Pourquoi?"
"Je ne sais pas," admit-il. "Mais tu joues un rôle important... et de toutes façons, je ne me rappellerai jamais de la prophétie en entier tout seul."
"Je vois," rit Julia. "Je suis ton aide mémoire."
"C'est l'idée."
---------------
Il fallut plus d'un jour pour rassembler les Maraudeurs, étant donné qu'ils avaient tous fort à faire. Mais en ce 8 août, Peter était de retour au pays, et ils se réunirent à Poudlard. Marcher dans les couloirs déserts de Poudlard en pleine nuit rappela à Sirius leurs blagues, mais à cette époque, il n'avait pas Julia à ses côtés. Il sourit légèrement en arrivant devant le bureau du directeur, et attendit patiemment que l'escalier en spirale s'ouvre pour les laisser monter.
Remus et Peter attendaient, tous deux furent étonnés de voir Julia. Rogue, apparemment, était toujours à Azkaban, travaillant sur quelque potion étrange pour les besoins du Seigneur des ténèbres. Ce n'était pourtant une surprise pour aucun d'entre eux – ça arrivait souvent au Maître des potions de Poudlard pendant les vacances – mais cela signifiait que Remus ignorait pourquoi Sirius avait demandé à ses meilleurs amis de venir, et pourquoi Julia était avec lui. Malgré tout, le directeur les accueillit avec un sourire et leur promit que James ne serait pas long. Peter aussi sourit, mais Sirius pouvait lire l'appréhension dissimulée derrière son sourire. Il n'avait plus rien à voir avec le petit garçon effrayé que Sirius avait rencontré dans le Poudlard express, mais parfois ses nerfs le trahissaient.
James était en retard. Plus de vingt minutes après l'heure du rendez-vous, le ministre provisoire de la magie entra dans le bureau de Remus avec un sourire d'excuse. "Désolé d'être en retard," dit-il immédiatement. "J'était coincé avec Fudge, il m'a appelé par la cheminée."
"Beurk," le visage de Peter se tordit dans une expression de dégoût. "Je suis désolé."
"Moi, aussi." James frissonna. "J'aurais volontiers éteint le feu mais je n'ai pas trouvé d'excuse pour me débarrasser de lui. "
"Je suppose que le détester ne compte pas?" demanda Sirius, cette réflexion lui valut un regard aigre de Remus qui se tourna ensuite vers James.
"Dans ce cas tu es pardonné," dit le directeur. Le maraudeur aux cheveux bruns avait réussi à dire ça avec une expression sérieuse mais le sourire qui lui échappa ensuite ruina l'effet. "Pour le moment."
Ils éclatèrent d'un rire approbateur, une fois le calme revenu, James se tourna vers Julia. "Je suis content de te revoir, Julia," dit-il avec un sourire sincère. "Tu as l'air en forme."
"Merci." Julia lui sourit même si Sirius était certain qu'elle était insensible au charme suave de James. Une lueur machiavélique brilla dans ses yeux et son sourire devint malicieux. "J'aimerais pouvoir t'en dire autant mais tu as une sale mine."
"La politique," répliqua James, Sirius vit que son ami semblait vraiment épuisé et nota mentalement de lui en parler plus tard. Tout le monde riait, il se mit à rire avec eux. Une fois leur hilarité retombée, il hocha la tête en réponse au regard d'interrogateur de Julia.
"Je pense que vous vous demandez tous pourquoi je suis là," dit-elle tranquillement. "Mais c'est à cause de moi que vous êtes tous là..."
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