Promesses retenues
Générique
Auteur : Robin4, sous le titre original de Promises Remembered
Inspiration JKR, mais très UA quand même !
Traduction : Petite Plume
Relecture et mise en ligne : Fénice
Sponsors officiels : Reira, Fée fléau (heureusement que tu étais fatiguée !) Shima Chan (moi aussi, Fénice, j'aime beaucoup Julia !.)
Note à l'usage de ceux qui découvrent l'Univers de Promesse :
Promesses retenues est bien la suite de Promesses tenues. Il s'inscrit dans tout un ensemble de fic que vous trouverez soit dans la communauté qui s'affiche sur cette page, soit sur la page de Alana Chantelune. Oui, Reira, cette fic est finie dans sa version originale. Néanmoins, la bonne ou la mauvaise nouvelle, ça dépend des points de vue, c'est qu'il y a une suite…
Chapitre quinze : Les fantômes de demain
Minuit était l'une de ces heures où les choses arrivent. Ces choses pouvaient être bonnes ou mauvaises, sombres ou légères, se passer chez les Moldus ou chez les sorciers. Pour la communauté magique, minuit était souvent considérée comme importante pour des raisons magiques, mais parfois, c'était bien plus simple que ça. Toujours est-il qu'il se passait des choses à minuit, et le 8 août ne fut pas une exception.
Le bruit réveilla brusquement James et Lily, tous deux saisirent leur baguette respective, posées sur les tables de chevet. Cependant, contrairement à d'habitude, ce fut Lily qui sauta hors du lit, enfila une robe et sortit de la chambre. Il fallut à James un peu plus longtemps et un peu plus de magie pour accomplir la même chose, mais après une minute, il avait mis ses lunettes et sa robe de chambre et était assis dans son fauteuil roulant. Il sortit de leur chambre à coucher aussi rapidement que possible.
James rencontra Harry dans le vestibule, son fils était aussi ébouriffé que James pensait l'être. Ses cheveux noirs pointaient dans toutes les directions, ses lunettes étaient de travers, et ses pieds nus - mais Harry avait sa baguette dans la main, et ses yeux verts étaient attentifs. "Qu'est-ce qui se passe, papa?"
"Je ne sais pas." James fronça les sourcils, son instinct le poussa à descendre dans la chambre de Sirius. Harry le suivit, et en arrivant au bas des marches, il vit Lily sur le pas de la porte de la chambre de son meilleur ami.
"- fait tomber un chandelier, Lily," dit nonchalamment Sirius. " Rien de grave. Je suis désolé de vous avoir effrayés."
Les yeux de James passèrent de son ami à l'antique chandelier brisé. Des éclats étaient éparpillés partout sur le tapis à la droite du lit de Sirius, son ami n'avait visiblement pas remarqué le désordre. L'objet avait dû heurter le plancher plutôt violemment parce qu'il avait l'air définitivement cassé. Même les bougies, toutes brisées, avaient été séparées de leur support, et le sol était maculé de traces de cire. Mais tandis qu'il fixait les débris du chandelier, James nota que même si un simple Reparo aurait pu réparer le chandelier, la baguette de Sirius était toujours sur sa table de chevet, et aucun sort n'avait été lancé. James aurait pu se dire que c'était parce que Sirius venait de se réveiller, mais la posture de son ami, debout face à la fenêtre, appuyé contre le mur, réfutait cette théorie.
Lily aussi sembla se douter que quelque chose n'allait pas. " Ne t'inquiète pas pour ce chandelier," répondit-elle, elle hésita un instant avant de lui demander. " Tu veux que je le répare ?"
"Nan, te tracasses pas. Je ne l'ai jamais aimé, de toute façon, " répondit légèrement Sirius, mais sa voix trop détendue alerta James.
Il traversa la pièce, maudissant intérieurement la lenteur de son fauteuil la énième fois. Alors qu'il ne faisait pas attention, la roue gauche se cogna contre la porte, et James retint un juron. Il avait d'autres raisons de s'inquiéter que son infernal fauteuil roulant, James se força à parler d'une voix nonchalante.
"Il se passe quelque chose d'intéressant dehors, Patmol?" demanda-t-il.
"Les étoiles sont brillantes cette nuit," répondit Sirius après un moment, mais le sourire qui aurait normalement dû accompagner cette phrase était absent de sa voix. James hésita, puis décida de faire comme si Sirius avait sourit.
"Tu parles comme un centaure, mon ami."
Sirius renifla. " J'aimerais me sentir comme eux."
"Pourquoi ?"
"Comme ça." Son ami haussa les épaules, toujours appuyé au mur. "Une idée."
Quelque chose dans sa voix effraya James, quelque chose qu'il avait cru disparu. Soudain, il se souvint de ce que Remus lui avait dit six mois auparavant, peu de temps après que Sirius se soit miraculeusement échappé d'Azkaban, quand il était venu à Poudlard, blessé et ensanglanté. Remus avait dit qu'il était hanté, avait dit que ses yeux étaient marqués par des horreurs que ses amis ne pourraient même pas ne serait-ce qu'imaginer. Pourtant ils avaient cessé d'observer Sirius avec attention parce qu'il semblait si normal. Plus âgé oui, et avec beaucoup trop de fantômes dans son passé, mais il était toujours Sirius. Ces fantômes n'avaient pas semblé l'empêcher de continuer - jusqu'à aujourd'hui. Ses yeux bleus étaient sombres, son visage était tendu, et des vieux souvenirs pesèrent sur la voix de James.
"Tu ne m'as pas dit que tu avais toujours des cauchemars, Sirius," dit-il en reconstituant le puzzle dans sa tête.
Un long moment passa avant que son ami ne réponde, "l'occasion ne s'est jamais présentée."
"Pourquoi ?" demanda tranquillement James. A sa droite, Lily recula, quitta la pièce et ferma la porte. Elle avait compris, elle comprenait toujours.
"Ce n'est pas vraiment important." Sirius haussa les épaules mais James plissa les yeux et se rapprocha de lui.
"Je crois que ça l'est."
Finalement, son ami se tourna face à lui. Les os de son visage semblaient plus saillants dans la pénombre, la lune était peu lumineuse cette nuit, et la lumière des étoiles ne suffisait pas à produire plus qu'une faible lueur dans la pièce. Mais ils n'avaient pas besoin de plus de lumière. Pas en ce moment.
"Tu as tort, James," dit Sirius, ses yeux bleus étaient froids. "Ca n'a rien de nouveau, j'y suis habitué."
"Je n'ai jamais dit que c'était nouveau." Mais la fatalité dans la voix de Sirius l'avait déstabilisé. "Remus m'a dit qu'il pensait que tes cauchemars s'étaient arrêtés."
Son ami eut un rire amer. "Je suis juste devenu meilleur dans l'art de les cacher."
"Pourquoi?" James sentit comme un poignard s'enfoncer dans son cœur et sut que sa douleur se lisait sur son visage. Il aurait voulu ne pas se sentir trahi, mais c'était le cas - ils étaient les meilleurs amis du monde, des frères, et ils se faisaient entièrement confiance. Quatre garçons avaient fait un pacte par le passé : Aucun Secret. Ni secrets, ni masques. Rien que de la confiance.
"Parce que tu ne peux rien faire, James," répondit Sirius, son amertume s'effondra brusquement et ses épaules se voûtèrent. "Ces dix ans m'ont changé, et Voldemort a laissé une marque sur mon âme que même mes amis ne peuvent effacer."
"On peut au moins essayer."
"Oui, vous pouvez," admit Sirius. "Peut-être que je suis juste trop lâche pour en tirer profit, ou peut-être que j'ai changé. Ce n'est pas que je ne vous fasse pas confiance – c'est plus parce que je ne me fais pas confiance. Je ne peux pas nier avoir des cauchemars, ni être tracassé par ces dix années... mais d'habitude ce n'est pas si violent." Le fantôme d'un sourire traversa son visage. "Vraiment."
L'honnêteté dans sa voix fit déglutir James, il se sentit immédiatement coupable de s'être senti trahi. Serment ou pas, les promesses de gamins devaient parfois être modifiées - et Sirius ne leur avait pas menti. Même maintenant, il ne le leur mentait pas. "Je suis désolé."
"Ne le sois pas. Je sais pourquoi tu as posé la question." Le visage de Sirius était toujours tendu, mais la compréhension dans ses yeux était sincère. Il avait l'air plus détendu maintenant que quand James était entré, et le léger sourire sur son visage ne disparut pas. "Et j'ai vraiment moins de cauchemars qu'avant."
"Mais alors pourquoi ce soir?" Il ne voulait pas insister mais c'était son devoir. Derrière le léger sourire, il voyait de la douleur, et il devait en comprendre la cause. Il devait l'aider.
La réponse fut plus simple que ce à quoi il s'attendait. "La prophétie."
James cilla. "La prophétie ? Pourquoi?"
"Parce qu'elle m'a fait réfléchir." Le regard de Sirius se fit distant, il semblait voir au travers de James. "Elle m'a fait me souvenir."
Deux jours étaient passés depuis que Julia avait parlé aux Maraudeurs de la prophétie qu'elle avait trouvée dans les ruines du ministère de la Magie, les surprenant tous à différents niveaux. Ils avaient tous compris que Sirius avait un rôle à jouer dans la chute contre Voldemort, et d'un tacite accord, James, Remus, et Peter avait décidé l'inévitable - ils ne le laisseraient pas tout seul. Mais ils n'avaient pas prévu qu'une prophétie vieille de vingt-cinq siècles intervienne. Quoi qu'il en soit, Sirius ne serait pas seul, pas tant qu'ils vivraient.
"Je le vois dans tes yeux," continua abruptement Sirius. "Tu penses à ce que je suis, tu te dis que la prophétie change tout... et que vous ne me laisserez pas tout seul."
"Nous ne l'aurions pas fait de toute façon," répondit James d'une voix égale. "Prophétie ou pas."
"Merci," dit tranquillement, trop tranquillement, Sirius. Inopinément, son visage se tendit. "Mais vous n'aurez peut-être pas le choix."
"Pardon?"
"Tu ne comprends pas ? L'autre prophétie ne parle que d'une seule personne à la fin. Il n'y a personne d'autre – juste une personne." Ses yeux se durcirent. "Ca signifie que vous trois, vous ne serez pas là à la fin, mais que je sois damné si je laisse mes amis mourir."
Les yeux de Sirius plongèrent dans ceux de James, toute trace de fantômes amers avait disparu. Sa voix était sinistre, mais pourtant, il y entendait quelque chose de plus... grand.
"Quand la bataille finale viendra, James, je serais seul pour lui faire face." Son visage maigre était presque serein. " Et quand j'y serais, c'est moi seul qui en sortirai."
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"Essaye encore."
Elle inspira profondément et leva sa baguette. "Imperio!"
Immédiatement, le corps de sa victime eut un sursaut dans son fauteuil confortable et son dos se raidit. Il avait l'air parfaitement attentif, mais ses yeux verts étaient légèrement voilés, juste légèrement – juste assez pour révéler la présence du sort aux observateurs attentifs. Pour les autres, il aurait semblé parfaitement normal.
"Ca a marché?" demanda l'autre avec curiosité.
"Je ne suis pas sûre," répondit-elle, dirigeant à nouveau sa baguette sur l'homme assis dans le fauteuil. "On va le savoir. Ebouriffe tes cheveux."
Lily se mit à rire bêtement en voyant la main fine ébouriffer les cheveux gris. Ses compagnons hurlèrent de rire, observant toujours le suave et élégant Nicolas Flamel décoiffer ses cheveux toujours impeccables, Flamel était un peu un dandy mais ils l'aimaient tous énormément. Peut-être que son attitude venait simplement de son éducation et ils ne s'en servaient pas contre lui - mais c'était très amusant de le voir décoiffer ses propres cheveux. Après que les rires se soient calmés, elle se tourna vers Molly Weasley.
"Bien, à ton tour."
Molly inspira et pointa sa baguette sur Flamel. "Imperexpis!"
Pendant l'instant qui suivit, Lily essaya de ne pas tenir son souffle. Si ça ne fonctionnait pas... des mois, pour ne pas dire des années, de recherche les avaient menés là, et la moindre petite erreur de leur part pouvait faire tourner les choses terriblement mal. Finalement, Molly hocha la tête. "Ca marche. Je peux voir le sort – on dirait que Nicolas luit."
"Je ne vois rien," dit Jack Pieters, Lily soupira.
"Non. Malheureusement, on s'y attendait, " répondit-elle. "Il n'y a que la personne qui a lancé le sort qui voit le résultat. Bon, on a obtenu un résultat, c'est beaucoup mieux que d'utiliser le Reperimperium."
"Oh, c'est déjà beaucoup!" s'empressa d'ajouter Jack. "C'est mieux que nos résultats précédents."
Lily fit un signe d'excuse. "Ouais, mais j'aurais voulu plus." Puis elle haussa les épaules et sourit. "Quoi qu'il en soit, nous l'avons fait. Vas-y, Jack."
Pieters leva sa baguette et acquiesça. "Econtra Imperi."
L'effet fut immédiat. Au lieu d'avoir le même sursaut que précédemment, Flamel s'effondra comme mort. Après un long moment, il secoua la tête et cligna des yeux comme s'il venait juste de se réveiller d'un sommeil profond. Mais sa confusion se mua rapidement en un sourire satisfait. Il pouffa.
"Qu'est-ce que j'ai manqué?"
Incapables de se contenir, Lily et Molly éclatèrent d'un rire nerveux. Lily n'aimait pas ça, ça les faisait ressembler à des gamines, mais elle rit de plus belle quand Pieters, Jason Montague, Auriga Sinistra, et Perenelle Flamel rirent à leur tour. Même leur nouveau membre, Ted Tonks, rit aussi après un moment, l'amusement de Flamel retomba alors qu'il se demandait ce qui était si drôle.
"Quoi?" demanda-t-il.
Lily renifla et parvint à répondre, "regarde toi dans un miroir, Nicolas."
"Oh," dit-il lentement, sa bouche s'ouvrit en grand. Il sembla outré. "Vous n'avez pas."
"Oh si, ils l'ont fait," répondit allègrement Sinistra. "Mais ce n'est pas si terrible. Vraiment."
"Tu ne sais pas mentir, Auriga," dit malicieusement Flamel, Lily le vit sourire en coin.
"Oh, ne sois pas de si mauvaise foi!" Elle renifla. "D'accord, c'est terrible mais ce n'est pas comme si tu ne pouvais pas remettre cette perruque en place en quelques secondes."
Les autres commencèrent à rire alors que Flamel essayait de protester -mais il avait bien du mal à garder son sérieux et à trouver quelque chose de logique à répondre. "Je tiens à te signaler que ce sont mes vrais cheveux," dit-il avec un reniflement. "Du vrai Nicolas Flamel, millésime 1326." Il tentait toujours de se contrôler. "De notre ère naturellement. Je ne suis pas si vieux."
Ils riaient si fort que Lily eut presque peur de voir certains des vieux livres dégringoler des étagères. Mais au moins elle n'avait pas à s'inquiéter du bruit – le quartier général du groupe Licorne était situé au milieu d'un quartier moldu, et leurs voisins étaient des adolescents qui faisaient bien plus de bruit que le petit groupe. En fait, Lily avait du jeter un charme de silence sur la pièce pour qu'ils ne soient pas dérangés par le rap des jeunes moldus. Elle pouffa en y repensant. Elle avait beau être d'origine moldue, il y avait des choses qu'elle ne comprendrait jamais. Lily frissonna. Surtout ces stupides adolescents et ce bruit qu'ils appellent "musique."
Personne ne risquait de les entendre, même si c'était le cas, qui y prêterait attention ? Même déconcentré par l'étrange sens de l'humour de Nicolas Flamel, leur groupe ne faisait aucun bruit inquiétant - Lily avait parlé à quelques uns de ses 'voisins' et avait appris qu'ils pensaient que elle et ses amis jouaient poker. Bien sûr, quand elle avait annoncé ça à Nicolas, le célèbre alchimiste avait insisté pour qu'ils y jouent réellement... jusqu'à ce que Molly gagne très adroitement cent gallions face au vieux Flamel lors de leur première partie. Depuis, Nicolas n'avait plus demandé à jouer au poker mais personne ne savait pour combien de temps. Il était aussi imprévisible que brillant.
Nicolas Flamel avait rejoint le groupe Licorne depuis un mois. Peu de temps après l'enterrement de Dumbledore (dont le souvenir était toujours aussi douloureux en dépit du temps qui passait), il avait contacté Lily, il en savait beaucoup plus qu'elle n'aurait pensé pour un étranger. A sa grande surprise, Flamel lui avait raconté que Dumbledore lui avait juste dit qu'il laisserait la pierre philosophale à Lily - Nicolas avait deviné le reste. Il lui avait annoncé qu'il la connaissait de réputation et qu'il était désireux de voir ce qu'elle pourrait accomplir avec sa création. Et qu'il voulait l'aider. Lily avait été choquée d'entendre ça, mais la mort de Dumbledore avait ouvert les yeux de Flamel. Cinq minutes de conversation l'avaient fait sortir de l'exil qu'il s'était imposé, et avaient offert deux nouveaux membres au groupe Licorne.
L'épouse de Nicolas, Pernelle, se moqua de lui alors qu'il traversait la pièce pour aller se voir dans le miroir. "Tu as pourtant l'air si vieux, mon cher."
"C'est faux !" s'outragea-t-il.
"Et c'est une perruque." Pernelle fit un sourire malicieux aux autres. "Il est plus chauve qu'une pierre depuis 1477."
Ils se remirent à rire mais ils avaient encore du pain sur la planche. Lily s'éclaircit la voix. "Bien. Quelle est la suite?"
Sinistra, qui était dans le groupe Licorne depuis sa création, répondit immédiatement. "Nous avons presque mené à bien tous nos projets. Le seul qui reste, c'est l'opération Air Propre."
Un lourd silence s'installa jusqu'à ce que Ted ne répète, "air propre?"
"Tuer les Détraqueurs," clarifia sinistrement Jack. "C'est un problème que nous n'arrivons pas à résoudre."
"Peuvent-ils seulement être tués?" demanda Ted avec curiosité.
"Bonne question," gémit Molly. "Ca aussi c'est une question à laquelle nous n'avons pas encore répondu."
"Oh."
"Mais il doit y avoir un moyen," dit tranquillement Lily. "Tout ce qui peut être créé peut être détruit."
"Est-ce que la magie peut créer des Détraqueurs?" demanda Montague. Lui aussi, était l'un des membres les plus anciens du groupe Licorne, il y était entré pour remplacer Minerva McGonagall après sa mort en janvier 1987. Jason, cependant, n'avait pas la confiance ou le talent de l'ancien professeur de métamorphose de Lily. En fait, ça faisait longtemps qu'ils n'avaient pas eu un véritable expert en métamorphose dans le groupe, c'était l'une des raisons principales de l'inclusion soudaine de Ted Tonks. Lily se souvenait vaguement de lui à Poudlard mais il avait alors la réputation d'être brillant dans ce domaine. Bien que les Tonks soient immuablement restés neutres dans la guerre, Ted avait continué à publier des articles de recherches. C'était ces articles qui avaient attiré l'attention de Lily sur lui, et, même si elle avait pris un risque en incluant dans le groupe un nouveau membre, ce risque était justifié. C'était la première réunion où Ted était présent (il avait rejoint l'ordre du Phénix depuis seulement deux jours), mais Lily était certaine que sa vision des choses serait utile – et elle ne fut pas déçue.
"Je pense que pour détruire un Détraqueur, il faut contrer leur pouvoir malfaisant. En employant son opposé," il réfléchit en mordillant ses lèvres. "Un peu comme pour métamorphoser un être vivant en objet. Nous pourrions employer le principe des opposés pour produire ce que les Détraqueurs n'ont pas. Comme la bonté."
Pernelle Flamel acquiesça immédiatement. "Chaleur. Pureté. Confiance."
"Exactement!" sourit Ted, puis il recommença à se mordre les lèvres. "Peut-être que la raison pour laquelle personne n'a pu les tuer est qu'ils ne sont pas vivants. Peut-être que nous n'avons pas besoin de les détruire."
"Nous devons juste les changer," souffla Lily. "Les métamorphoser."
"Mais comment?" demanda Molly, plongée dans ses pensées. "La magie ne fonctionne pas sur les Détraqueurs."
"Si," répondit Montague. "Le Patronus fonctionne."
"Mais c'est tout," précisa Sinistra. "Il n'y a rien d'autre."
"Non, Jason a raison," dit Lily. "Si un charme fonctionne, d'autres peuvent fonctionner aussi. Nous devons juste trouver quoi." Elle haussa les épaules. "Nous travaillons depuis des années là dessus, mais nous n'avons jamais pensé à la métamorphose. C'est un point de départ comme un autre, essayons cette piste."
--------------
"Papa, regarde!" cria soudain Harry, James fut si effrayé qu'il en laissa presque tomber sa tasse de thé. Si ses jambes lui manquaient, ses réflexes étaient toujours là et les années de formation et de combat poussèrent sa main gauche à stabiliser la tasse alors que son fils faisait irruption dans le salon. "J'ai reçu une lettre de Lee ! Et un cadeau!"
James rit et posa sa tasse de thé sur une table voisine avant qu'il ne la fasse vraiment tomber. "Bien, et tu vas l'ouvrir ou juste l'admirer ?"
Son fils rougit et déchira immédiatement l'enveloppe. Les yeux verts de Harry parcoururent la page, et James fut étonné de voir le sourire de son fils se faner presque immédiatement. Après un moment, Harry leva les yeux.
"Il ne peut pas revenir à Poudlard," dit-il sombrement. "Sa maman n'a même pas voulu le laisser nous envoyer des hiboux, il a été obligé de se cacher pour le faire."
"Je suis désolé, Harry," dit James, il aurait voulu dire autre chose. "J'aimerais pouvoir faire quelque chose."
"Tu ne peux pas aller parler à sa mère?" demanda Harry, plein d'espoir. "Pour la faire comprendre que se cacher ne sert à rien ? Je veux dire, si Voldemort voulait les tuer, ils ne seraient pas plus en sécurité dans le monde moldu que dans le monde magique - "
"Ta mère a déjà essayé," le coupa doucement James. "Ca n'a servit à rien. Mme Jordan est déterminée à se tenir à l'écart de notre monde. Pour toujours."
Le visage de Harry s'assombrit encore. "Ce n'est pas juste."
"Non," convint James. "Ça ne l'est pas. Mais, au moins, il sera en sécurité, Harry, et si tout va bien Lee ne manquera pas plus d'une année d'école."
"Tu crois que la guerre sera finie d'ici là?"
"Je ne sais pas." James soupira tranquillement. "Je l'espère, et nous feront tout ce qui est en notre pouvoir pour y mettre un terme." Et peut-être je suis trop optimiste mais je ne peux pas dire à mon fils que la guerre pourrait très bien lui prendre sa vie aussi.
"Il y a quelque chose que je puisse faire ?" demanda inopinément Harry. "Je veux dire, s'il pense toujours que c'est moi, je pourrais vous aider."
James essaya de sourire malgré la boule dans sa gorge. D'une part, il était heureux que Harry n'ait pas à porter ce terrible fardeau, mais de l'autre... Sirius ne l'avait pas mérité, non plus. "Je pense que Voldemort est bel et bien convaincu que ce n'est pas toi, Harry." James déglutit en se remémorant des paroles qu'avait prononcées Sirius cette nuit. "Il sait qui est son ennemi maintenant."
"Oh."
Le silence s'installa, finalement, James essaya de changer de sujet avant que leur conversation ne devienne trop noire. "Alors, qu'est-ce que Lee t'a offert ?"
"Des balles rebondissantes jamais immobiles," répondit Harry avec un peu plus de légèreté.
"Oh, non," gémit son père, se remémorant les problèmes qu'il avait causés dans sa jeunesse avec un simple lot de balles rebondissantes jamais immobiles. "Tu sais, si ta mère et moi ne t'en avons jamais achetées, c'est qu'il doit y avoir une raison."
"Ouais." Harry lui sourit d'un air suffisant. "Je sais."
Devant le sourire heureux de Harry, James eut du mal à retenir un soupir de soulagement. Pourtant, il fit volontiers cet effort - et ça lui rappela qu'il était heureux que Harry soit encore si jeune. Même si son fil se conduisait parfois comme quelqu'un de plus âgé, Harry était encore un enfant. Il avait toujours cette innocence que son père avait perdue des années auparavant, et James veillerait personnellement à ce que personne ne vole à Harry cette innocence. Il grandirait bien assez vite, guerre ou pas... James était heureux de voir qu'il pouvait sourire et être distrait par quelque chose de plus heureux que l'obscurité qui les guettait.
Le soulagement de James ne voulait pas dire qu'il était indifférent à la situation difficile de Lee. Ce n'était pas la bonne solution et, toute Moldue qu'elle était, Miranda Jordan aurait du le savoir. Elle avait été mariée à Ernie pendant plus de dix-sept ans, et, comme Lee était leur unique enfant, elle s'était entièrement intégrée au monde magique. Pourtant même l'épouse d'un Auror pouvait réagir à sa mort avec paranoïa... et elle n'était pas la seule à avoir peur. Miranda Jordan était seulement une personne parmi toutes celles qui estimaient que la guerre se terminerait par leur échec et que la seule chose à faire était de se cacher. James poussa un soupir tranquille en regardant Harry essayer ses balles rebondissantes jamais immobiles. Se cacher de Voldemort n'aiderait personne, et la plupart des gens qui se cachaient auraient du s'en rendre compte... mais ils avaient peur.
En fait, lui aussi avait peur, mais son devoir était de ne pas le montrer. Il devait se battre contre la peur.
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8 août 1992
POTTER L'EMPORTE HAUT LA MAIN
Par Eric Dummingston, envoyé spécial
Les résultats
James Potter: 87
Lucius Malfoy: 8
Cornelius Fudge: 5
Toute la matinée et jusqu'en début d'après midi, la communauté magique
a voté pour désigner un nouveau ministre de la magie. Comme les années
précédentes, les candidats se sont tous réunis au ministère de la magie
pendant le scrutin, pour des questions de sécurité, le traditionnel débat
n'a pas pu avoir lieu. Les bulletins sont arrivés par hibou et ont été
comptés par des employés du ministère. La présence d'Aurors
témoignait du niveau de sécurité renforcé, parmi eux se trouvaient
quelques Aurors venant d'un mystérieux camp de formation appelé
"Avalon." Après que le décompte des voix, le nouveau ministre de la
Magie a été escorté sur l'estrade pour faire son discours par son ami de
longue date, le célèbre d'Auror Sirius Black. Potter, cependant, ne
semblait pas inquiet pour sa propre sûreté, même si son écrasante
victoire risque à coup sûr de provoquer la colère de celui-dont-on
-ne-doit-pas-prononcer-le-nom.
Les analystes politiques pensent que la victoire étonnante de Potter est
due à l'indécision des électeurs de Lucius Malfoy et de Cornelius Fudge,
beaucoup se sont probablement abstenus parce qu'ils hésitaient entre
le partisan de vous-savez-qui et le politicien de carrière qui cherche à tout
prix à en finir avec la guerre. Contrairement à Fudge et à Malfoy, Potter
a fait un discours simple mais direct : "je ne suis pas le genre d'homme
qui fait des promesses que je n'ai pas l'intention de tenir, mais je vous
promettrai ceci : Nous ne nous rendrons pas. Nous n'oublierons pas ce
que nous avons perdu. Mais nous ne nous arrêterons pas même si le
chemin est long et difficile. Nous n'oublierons pas ceux qui se sont
sacrifiés – nous leur rendrons hommage. Et nous nous battrons.
"Nous combattrons jusqu'à la fin, quelle que soit cette fin. Nous ne
nous battrons pas pour une cause perdue. Nous nous battrons parce que
nous le devons, si nous ne le faisons pas, notre monde sera vaincu par
les ténèbres. Et nous gagnerons parce que de notre côté est juste, et,
aussi longtemps que la lumière habite nos coeurs, l'obscurité ne peut
l'emporter." Ces phrases semblent optimistes, mais les paroles de Potter
ont semblé redonner un peu d'espoir à la communauté magique. Sa
victoire prouve que celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom n'a pas
encore gagné et que tout n'est pas encore perdu. Potter a, à plusieurs
reprises, été appelé l'héritier spirituel du défunt Albus Dumbledore (1841-
1992), ancien ministre de magie et un des plus grands sorciers de
l'histoire. Reste à savoir si Potter se montrera à la hauteur de son
prédécesseur. Le fait que le nouveau ministre soit paralysé n'a pas
semblé déranger beaucoup d'électeurs.
A ce propos, le célèbre maître des potions Thomas Binns a d'ailleurs
déclaré : "ce qu'un sorcier a dans le cœur n'a rien à voir avec ses
jambes. Potter pourrait aussi bien avoir sept ou huit jambes en ce qui
me concerne. Il resterait le meilleur candidat."
En voici la preuve, le Seigneur des ténèbres est averti : le monde
Magique ne se rendra pas. 87 de la population pensent que Potter
est fait pour le poste, et si un sorcier est capable de marcher sur les
traces légendaires d'Albus Dumbledore, c'est lui.
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"Quelle ordure!"
Julia leva les yeux au ciel. "Oh, arrête, Lucius. Tu savais que tu allais perdre."
"Naturellement je le savais." Son frère renifla avec un dédain très aristocratique. "Mais leur optimisme me rend malade. Faire d'un Potter leur seul et unique espoir ? La famille entière est composée d'amoureux des Moldus dégénérés depuis des générations. Leur sang est souillé et leur puissance affaiblie. Les imbéciles auraient mieux fait de choisir Black, aussi égaré qu'il soit. Lui, au moins, il a la puissance."
"Pourquoi tu dis ça?" demanda durement Julia malgré ses efforts pour rester calme.
Elle était assise dans un fauteuil au manoir Malefoy, tout à fait à son aise dans le bureau de son frère, c'était un sentiment que la plupart des Mangemorts ne partagerait pas. Mais c'était la maison de son enfance, et elle n'avait rien à craindre dans cet endroit – même pas son frère. Peut-être aurait-elle dû craindre particulièrement Lucius, il avait vu sa réaction.
"Curieuse, petite soeur?" railla-t-il. Lucius était très observateur et voyait presque tout, malgré sa nature arrogante. Julia n'avait jamais sous-estimé l'intelligence de son frère.
Ni sa cruauté.
"Ne joue pas avec moi, Lucius," répondit-elle froidement. "De quoi tu parles?"
Il fit un demi sourire. "Tu es au courant pour Azkaban, Julia. Et tu as vu l'attaque Place Grimmauld. Il a du te raconter ce qui s'est produit."
"Il ne me fait pas autant confiance," renifla Julia. Mentir était une caractéristique génétique des Malefoy, mais Lucius la regarda avec curiosité.
"Tu l'aimes?"
"Oui," répondit-elle sans hésitation. "Mais nous avons tous les deux beaucoup trop changé."
"C'est bien," répondit tranquillement son frère, il eut l'air bien plus soulagé qu'il n'aurait dû. Aussi impitoyable qu'il puisse être, Lucius était fidèle à sa famille. Tout les Malefoy l'étaient, Julia le savait, la fidélité envers la famille était plus importante que tout le reste, même plus que le Seigneur des ténèbres. Seule l'ambition de Lucius se plaçait devant sa famille, et Julia ne l'avait pas oublié. Lucius resterait fidèle à sa famille tant que cette famille le soutiendrait.
"Il va bientôt te demander de le tuer," dit soudain Lucius.
Julia sursauta. "Sirius?"
"Oui." Ses yeux gris glacials plongèrent dans ceux de Julia. "Sirius Black est devenu une menace, petite soeur. Plus encore que Potter. Par conséquent, il doit mourir."
"Je ne peux pas faire ça."
"Quoi?" La voix traînante de Lucius avait changé, il la regarda fixement avec des yeux ronds. "Julia, je ne pense pas que tu ne comprends pas -"
"Non, c'est toi qui ne comprends pas," répondit-elle calmement. "Ce n'est pas une question de conscience ou de faiblesse. C'est une question de puissance. Je t'ai déjà dit qu'il ne me fait pas assez confiance. Je ne pourrais pas tuer Sirius lors d'un duel. Ma seule chance est de le tuer dans son sommeil, mais il n'est pas si bête, quelle que soit ton opinion sur lui."
Lucius la regarda. "Le Seigneur des ténèbres ne tolère pas l'échec."
"Ni la stupidité." Elle renifla. "Si le Seigneur lui-même est menacé par Sirius Black, quelle est ma chance d'y arriver ?"
"Je ne souhaite pas voir comment il réagira quand tu lui diras ça," dit son frère d'une voix traînante.
"Moi non plus," admit Julia. "Mais il n'empêche que c'est la vérité."
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"Comment oses tu ?" demanda furieusement Droma.
"Je -"
"N'essaye même pas, Sirius," gronda-t-elle. "J'étais là. Je l'ai vue, et je sais que tu étais au courant!"
"Andromeda," commença-t-il lentement, essayant de garder une voix égale, il détestait sa façon de le dominer. Avait-elle toujours besoin de faire cela ? "Ce n'est pas ce que tu crois."
"Ah non ?" demanda sa cousine. Elle avait toujours eu le caractère bien trempé des Black, et être de retour place Grimmauld semblait attiser sa colère. La soirée avait commencé comme une simple invitation à dîner, mais ça avait rapidement dégénéré en quelque chose de plus méchant, typique de la famille Black.
Sirius soupira. "Je n'ai jamais eu l'intention de te mentir," répondit-il. "J'ai juste pensé que ce n'était pas mon rôle de te le dire."
"Pas ton rôle ? Je suis sa mère!"
Il ne trouva rien à répondre - heureusement, il n'en eu pas besoin. Quelqu'un d'autre le fit pour lui. Encore une fois, Ted Tonks détourna la colère de son épouse loin de son cousin.
"C'est ta fille, mon amour, et elle te connaît bien," dit tranquillement Ted.
"Qu'est-ce que tu veux dire?" Les yeux bleus de Droma lancèrent des éclairs.
"Nymphadora ne t'a rien dit parce qu'elle savait comment tu réagirais. Elle savait que tu te mettrais en colère et que tu essayerais de la dissuader."
"Toi -" Andromeda pâlit. Elle fixa son mari. "Tu savais."
Ted acquiesça. "Je savais."
"Pourquoi?"
Ted lui prit la main par dessus la table alors que Sirius se tassa un peu sur sa chaise, mal à l'aise. James, Lily, et Harry étaient sortis fêter la victoire de James, laissant ainsi Sirius dîner seul avec Droma et Ted. Maintenant, même s'il se sentait mal à l'aise et aurait aimé le lui dire avant, son instinct lui disait la même chose que celui de Ted, ils avaient eu raison. Droma n'était pas prête ce jour-là, et elle ne l'était pas plus aujourd'hui.
"Parce que c'était le choix de Nymphadora," expliqua doucement Ted. "Pas le nôtre." Il sourit. "Et elle a eu raison de faire ce choix. Elle a eu le courage de faire ce que nous n'osons même pas regarder. Et je suis fier d'elle."
Droma cilla. Mais elle était une Black, et Sirius avait toujours su qu'il y avait des qualités cachées sous la cruauté. Elle était courageuse, même si elle l'avait oublié.
Après un long moment, Droma se tourna pour faire face à son cousin. Il la regarda droit dans les yeux et vit un timide sourire apparaître sur son visage.
"J'imagine que tu avais raison, Sirius," dit-elle tranquillement. "Il y a quatorze ans. Certaines choses doivent être faites.
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