Promesses retenues
Générique
Auteur : Robin4, sous le titre original de Promises Remembered
Inspiration JKR, mais très UA quand même !
Traduction : Petite Plume
Relecture et mise en ligne : Fénice
Sponsors officiels : Reira (oui, c'est pas vraiment fini les mystères…), Fée fléau (Oui, je suis pas très sûre de l'Andromeda de Robin, mais prenons-là comme elle est…) Shima Chan devrait être contente, Julia revient Et ce coup-là, Alixe, va falloir mettre les bouchées doubles, parce que j'ai même le suivant en magasin ! Merci Petite Plume !
Chapitre seize : Des nuages à l'horizon
Ces derniers jours, James Potter se sentait tout sauf heureux ou romantique. Il était tout simplement surchargé de travail et sous-payé, pourtant ce travail qu'il n'avait jamais vraiment voulu était maintenant le sien et il essayait de le faire aussi bien que possible. James avait mené sa campagne avec honnêteté et persévérance, non pas parce qu'il voulait le poste, mais parce qu'il le devait.
De toutes façons, son handicap lui interdisait d'exercer la profession qu'il avait choisie (James ne cesserait jamais de clamer qu'il aimait les Aurors, c'était un sentiment qu'il réservait aussi à la fantastique demi saison où avait été joueur de Quidditch professionnel), et il devait faire quelque chose d'utile. Ça lui laissait donc ce poste qu'aucune personne saine d'esprit n'aurait réclamé, personne n'avait envié Albus Dumbledore d'un iota. Comment le vieil homme avait-il fait pour qu'être ministre ait semblé aussi facile, James ne le saurait jamais, mais il était certain qu'il ne pourrait jamais faire la même chose. Pas dans cette vie, quoi qu'il en soit.
James soupira profondément et s'arracha à ses pensées noires. Au moins il avait de bons amis pour l'aider, des amis à qui il pouvait faire confiance. Tandis qu'il était parfaitement confiant dans sa propre capacité à prendre des décisions, la vieille Prophétie avait rendu les choses extraordinairement claires : le destin du monde magique n'était pas entre ses mains uniquement. Ministre de la magie ou pas, trois autres personnes influenceraient des événements autant, si ce n'est plus, que lui. James avait la chance que ces trois hommes soient les meilleurs amis qu'il n'ait jamais eus.
"Comment s'est passé ton premier jour de travail?" demanda tranquillement Peter. En ce dix août, ils s'étaient retrouvés tous les quatre pour dîner dans l'appartement de Peter. Les plats à emporter Moldus n'étaient jamais aussi savoureux que lorsqu'on les partageait avec des amis, même s'ils avaient tout mangé et avaient commencé à parler affaires.
"Oh, aussi merveilleux que quand j'avais le poste sans être élu," répondit James. "Juste pire."
"Comment ça?" demanda Remus.
"Plus de pression, je pense," il haussa les épaules, souhaitant qu'elles ne soient pas aussi lourdes. "J'ai l'impression de jouer une partie d'échecs contre Voldemort et qu'il a déjà douze coups d'avance."
Sa réponse fit renifler Sirius. "Gryffondor contre Serpentard," déclara-t-il. "Ca a un goût de déjà vu. Pourquoi faut-il que l'histoire ait cette fichue manie de se répéter?"
"Au moins Gryffondor a gagné à la fin," ajouta Peter.
"Gryffondor est mort à la fin, Peter", répondit James avec humeur mais en refusant de gémir. "On va essayer d'éviter ça, cette fois."
Peter rougit légèrement. "Désolé. J'avais oublié."
"Non, c'est moi qui devrais être désolé." James soupira encore. "Je suis simplement fatigué. Je n'aurais pas dû t'agresser."
"Si tu ne peux plus m'agresser, alors qui vas-tu agresser?" demanda Peter avec un sourire.
"Sirius," répondirent de concert James et Remus ; le maraudeur aux cheveux longs protesta.
"Hé ! Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça?"
"Tu existes, Patmol," dit sèchement Remus. "Et c'est déjà une punition suffisante pour nous tous."
"Exactement !" James sourit malgré lui. De quelque manière que ce soit, ses amis arrivaient toujours à lui rendre le sourire, même s'il était d'une humeur noire. "Je te reproche d'exister."
Sirius se tourna vers Peter et gémit d'une manière théâtrale. "Tu te sens aussi aimé que moi?"
"Oh, certainement," grogna l'autre. "Parce que c'est de ta faute. Entièrement de ta faute."
"Merci."
"De rien," répondirent gaiement Lunard, Cornedrue et Queudver.
"Je vous déteste tous."
"Evidemment", se moqua Remus. "Bon, retournons à nos moutons : éviter à James la même mort que ses illustres ancêtres."
"Hé, tous ne sont pas morts," protesta James.
"Bien sûr que si, Cornedrue. Sinon comment seraient-ils tes ancêtres?" ajouta Peter.
"Taisez vous. Tous. Taisez vous."
"Ce n'est pas aussi drôle quand c'est toi qui est visé, hein, Jimmy?" répliqua Sirius.
James leva les yeux au ciel. "Tais toi."
"Oh, comme c'est original," sourit Remus.
"Comme si tu n'y étais pour rien," répliqua James, faisant rire les autres.
"Ahem?" tenta Peter. "Peut-être qu'on devrait - oof!"
Peter jappa en même temps que son chiot couina, Joe, qui à presque un an n'était plus un tout petit chiot, s'était endormi sur les pieds de Sirius. Et ça avait ruiné la tentative de Sirius pour donner un coup de pied à Peter, parce que Sirius était parvenu de façon ou d'autre à oublier qu'il y avait un chien sur son pied gauche. Contrarié, le chiot sauta sur ses pattes et aboya contre Sirius, qui se contenta de sourire et d'aboyer aussi.
"Tu le fais mieux quand tu es en chien, Patmol," précisa James.
"Je peux me transformer maintenant, si ça vous fait plaisir," répondit son meilleur ami avec un sourire.
Remus gémit. "Si tu le fais, nous n'arriverons jamais à parler de choses sérieuses."
"Parce que sinon on va y arriver?" demanda Sirius.
"J'essayais de dire que nous devrions, avant que tu ne me donne un coup de pied," répondit Peter. "Mais non, il a fallut que tu -"
"Ce que j'aimerais savoir," le coupa Remus, les autres ne s'en offusquèrent pas, c'était toujours comme ça avec les maraudeurs, "c'est comment s'est passée ta visite à Sainte Mangouste."
Personne en dehors de la famille de James n'était au courant de sa dernière visite à Sainte Mangouste, plus en raison de sa position qu'en raison de sa fierté. Même s'il se fichait que la communauté magique sache que sa paralysie continue à dérouter les médecins (le fait qu'il soit toujours en fauteuil roulant le montrait), James ne voulait pas être assailli par les reporters à chaque fois qu'il rentrait de l'hôpital. En outre, le médecin en charge de son traitement n'aimait pas être mise en lumière, et James n'avait pas envie de la stresser d'avantage. Martha Blackwood était une des plus brillante dans son domaine, et si elle ne pouvait pas trouver une solution, il doutait que quelqu'un d'autre puisse.
Après un moment, il haussa les épaules en réponse à la question de Remus. "Toujours pareil," répondit James en essayant de ne pas paraître déçu, mais il savait qu'il ne pourrait pas les duper. "Martha travaille toujours sur de nouveaux sorts et j'ai senti des choses pendant quelques minutes, mais..."
"C'est vrai ? C'est fantastique, James!" le coupa Sirius en souriant. "Pourquoi tu ne l'as pas dit avant?"
"Surtout parce que ça n'a pas marché longtemps," admit-il avec un air triste. "Elle a réessayé les mêmes sorts après et ça n'a rien fait. Peut-être que c'était juste mon imagination."
"Je suis sûr que ce n'était pas ton imagination," dit tranquillement Peter. "Tu retrouveras l'usage de tes jambes. Il te faut juste un peu de patience."
"J'aimerais partager ton optimisme."
La main de Sirius se posa sur son épaule et la serra. "Nous trouverons un moyen."
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"Mesdames et messieurs, le temps passe," dit tranquillement Kingsley Shacklebolt. Il était rare que tous les candidats de la classe 4904 se rassemblent au même endroit, mais le matin du 11 août s'était avéré être une exception. Etrangement, Frank Londubat n'était pas là, la classe toute entière poussa un soupir de soulagement – pas de Londubat pouvait vouloir dire qu'ils auraient quelques moments de paix.
"Comme vous le savez, votre formation a été réduite et est bien plus courte que celle de toutes les générations qui vous ont précédés. La destruction du ministère le mois dernier et les récents évènements nous ont poussé à vouloir former de nouveaux Aurors aussi rapidement que possible." Les yeux foncés de Shacklebolt étudièrent attentivement le groupe, Tonks sentit son estomac se contracter. Avant de venir à Avalon, il y avait un peu plus d'un mois, elle pensait être en bonne condition physique mais la formation d'Auror lui avait prouvé le contraire. Tonks n'avait jamais été aussi stressée, aussi tendue, aussi fatiguée – ni si fière d'elle-même et de ses amis. Ils avaient été poussés jusqu'à leurs limites, mais la classe 4904 n'avait jamais reculé.
Rapidement, elle jeta un coup d'oeil à ses camarades, cachant un sourire derrière sa main. Ils étaient seulement sur Avalon depuis trente jours, mais cela lui semblait être une vie, et elle avait déjà lié des amitiés durables. En comparaison, ses amis de Poudlard semblaient de simples compagnons de jeu même s'ils avaient passé sept années ensemble. Aussi gentils qu'ils aient été, aucun d'eux ne comprendrait où elle était maintenant.
Elle reçut un coup de coude dans les côtes. "Ecoute!" siffla Horace Smeltings à son oreille, et Tonks lutta pour ne pas rougir. Elle s'était encore laissée distraire et si un de ses instructeurs le voyait, elle était grillée.
Elle fit un sourire timide à son ami et reporta son attention sur Shacklebolt.
"Le 23 septembre, la phase trois sera terminée," disait le grand Auror. "A cette date, vous serez tous choisis par un Auror actif, qui sera votre Mentor jusqu'à ce qu'il pense que vous êtes prêts à vous débrouiller tous seuls. D'ici là, vous serez observé par ces Mentors, même lorsque vous ne penserez pas l'être. Ainsi je vous conseille de faire attention à ce que vous faites.
"Cela dit, vous avez des études de cas à faire. Allez y."
Tous les candidats se levèrent silencieusement alors que les trois instructeurs sortaient ; une fois que Weasley, Shacklebolt, et Jones furent partis, les discutions commencèrent. Immédiatement, Horace se tourna vers Tonks.
"Alors tu veux avoir qui?"
"Je veux – oh, non." Sans le vouloir, elle avait buté sur Lockhart qui pouffa.
"Laisse tomber, Tonks," répondit son amie, et Tonks la gratifia d'un sourire reconnaissant.
"Désolé," dit-elle timidement.
"Pas de problème." Dana coupa ses excuses d'un geste de la main, puis alla droit au but que Horace essayait d'atteindre.
"Alors, tu crois que tu seras avec ton cousin ?"
"Sirius?" demanda Tonks alors qu'ils sortaient de la salle de classe, elle réussit de justesse à ne pas se cogner dans un autre bureau. Dana et Horace acquiescèrent, mais elle haussa les épaules. "Je n'en ai aucune idée, vraiment. Je le connais à peine."
"C'est ton cousin," objecta Horace.
"Ouais, mais j'avais à peine neuf ans quand il a été capturé," dit-elle. "J'ai quelques souvenirs de lui avant ça, mais pas beaucoup. Et je ne lui ai parlé qu'une fois depuis." Et je me suis rendue ridicule, mais qu'est qu'il y a de nouveau là dedans ?
"Mais il est de ta famille, et les vieilles familles sont toujours solidaires," intervint une nouvelle voix, et Tonks eut du mal à ne pas avoir l'air menaçante quand elle se tourna vers les deux autres membres de sa section. Cornelia Croupton ne lui était pas antipathique mais quand elle avait pensé aux amis durables tout à l'heure, Jason Deauclaire ne lui était évidemment pas venu à l'esprit.
C'était étrange combien certaines personnes de sa section tenaient à la voir comme une Black, malgré son père d'origine moldue. Ce qui était tout aussi déroutant (du moins pour Tonks), c'était la manière dont Horace et Dana ignoraient ses origines ; ils avaient choisi de la prendre pour ce qu'elle était et non pour ce que sa famille avait fait. Tonks se disait que Cornelia aurait été plus agréable sans Jason, mais ce qu'elle pensait était toujours un mystère. Les Lockhart n'étaient pas exactement l'une des familles les plus anciennes du monde magique, mais ils étaient de sang pur, ce qui signifiait que Dana aurait du se liguer avec les sangs purs Deauclaire et Croupton contre le sorcier d'origine moldue Smeltings et la sang mêlé Tonks. Pourtant... elle haussa les épaules. Les amis étaient les amis, et c'était bon de savoir que tous les sorciers de sang pur n'étaient pas comme les tantes horribles de Tonks.
Elle ignora la remarque de Jason et continua de parler à Dana. "Je ne pense pas qu'il prendra un élève, en fait."
"Pourquoi pas?" Étonnamment, de fut Cornelia qui demanda, et l'intérêt sur son visage poussa Tonks à se demander si la belle Cornelia ne craquait pas pour Sirius. Ah, ce serait drôle ! Elle se retint de rire nerveusement. Je ne pense pas qu'elle soit son type -
"Je pense qu'il est trop occupé, non?" demanda tranquillement Horace.
"Peut-être." Mais le regard perçant de Cornelia continua à fixer Tonks alors qu'ils entraient dans les quartiers des candidats. "Tu n'aurais pas envie d'être son élève?"
"Bien" – Paf - "Ouch ! Encore!" Tonks grogna malgré elle alors qu'elle butait sur une chaise renversée que quelqu'un avait laissé traîner à l'entrée de leur salle commune – est-ce que c'était moi ? Pourtant, l'impact ne la fit pas penser qu'à la personne qui avait laissé cette chaise. Tonks haussa les épaules. "Naturellement j'aimerais," répondit-elle en redressant la chaise. "Qui ne voudrait pas ?"
Mais quelque chose lui dit que ce n'était pas la pure vérité, même pour elle-même. Pour les apparences, oui, Tonks aurait aimé que son cousin soit son Mentor, mais en son fors intérieur... à l'intérieur, il y avait un sentiment différent. Elle respectait énormément son célèbre cousin, et était toujours en admiration en pensant à tout ce qu'il avait fait. Il était le seul à avoir fait face seul au Seigneur des ténèbres et à avoir survécut, il était une légende même parmi Aurors. Sirius était un héros, mais à quel prix ?
"A propos de Sirius Black, que diriez-vous de ces études de cas?" demanda soudain Horace, rappelant à la section ce qu'ils étaient censés faire ces prochaines heures.
"Bonne question," renifla Dana. "Dommage que tu ne le connaisses pas mieux, Tonks. Ca serait plus facile pour nous de comparer Black contre Voldemort à Serpentard contre Gryffondor."
Tonks rit et se laissant tomber sur le divan à côté de Cornelia. "Qui veut de ces duels rigides quoi qu'il en soit?" demanda-t-elle en riant. "Pourquoi tout le monde voudrait avoir sa place et y rester?"
Dana roula des yeux. "Ils n'ont peut-être pas le choix, tu sais."
"C'est plus digne en plus," précisa Jason.
"Digne?" - répétèrent les trois autres, incrédules, même Cornelia rit.
"Et après tu vas vouloir leur faire faire de l'escrime," ajouta-t-elle.
"Je ne suis pas si vieux jeu."
"Bien sûr que non!" le taquina Dana, et pendant un moment, Tonks pensa que le susceptible Jason Deauclaire devait se sentir offensé. Le reste de la section quatre avait une capacité merveilleuse à s'amuser de ses manières un peu vieillotte de sang pur, mais aujourd'hui, au moins, Jason choisit de rire. Il rougit même un peu, mais Tonks crut voir quelque chose d'autre caché sous son sourire.
"On peut s'occuper de ces études de cas, maintenant?" demanda-t-il plaintivement.
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"Maman!" Harry déboula dans la cuisine en brandissant un morceau de parchemin. "Elle est là!"
Effrayée, Lily sursauta et le mouvement brusque de sa baguette mit le feu à la poêle qui était sur le gaz. Immédiatement, la poêle se mit à rougeoyer, et une odeur de brûlé envahit la cuisine. Lily étouffa un grognement et envoya la poêle dans l'évier d'un mouvement de sa baguette. Harry, cependant, n'avait pas perdu son sourire, et le bonheur évident sur son visage fit grimacer sa mère. Elle rit malgré elle et lui ébouriffa les cheveux. Harry poussa un jappement d'indignation.
"Maman!"
Elle grinça. "Voila ta punition pour avoir ruiné le petit déjeuner."
"J'ai fait ça?" s'inquiéta-t-il en posant sur elle un regard innocent identique à celui de son père. Même après treize ans de mariage et de douze de maternité, cette expression la faisait fondre.
"Non, il y a encore des oeufs," dit-elle d'une voix plus douce. Lily pointa sa baguette sur l'omelette brûlée dans l'évier. "Scourgify. Alors parle moi de ta lettre de Poudlard."
"Comment tu sais que c'est Poudlard ?" lui demanda Harry alors qu'elle remettait la poêle propre sur le feu et fit venir des oeufs. Lily baissa sa baguette et commença à casser les œufs tout en lui répondant,
"D'où viendrait-elle sinon ?" Elle pouffa devant le regard confus de Harry et continua, "tu l'attends depuis des jours."
Lily entendit à sa voix qu'il avait rougit. "C'était si évident?"
"Oh, oui. Mais tu croyais vraiment que Remus allait t'oublier, Harry?"
"Non," répondit-il, mal à l'aise. "J'étais juste..."
"Inquiet. Je sais." Lily se tourna vers son fils après avoir stabilisé la poêle sur la cuisinière. Elle sourit légèrement. "Et je comprends pourquoi. Ca n'a pas été un été facile."
Harry lui fit un sourire triste. "Sans rire."
"Dis-moi ce qui est écrit. De quels nouveaux livres as-tu besoin?"
"Le livre des sorts et enchantements, niveau 2, la métamorphose niveau intermédiaire, et les forces du mal : Un guide de l'art de l'autoprotection et Combattre la magie noire parce que professeur Fletcher enseigne la défense contre les forces du mal maintenant, " répondit son fils avec des yeux brillants. "J'ai hâte. Ca va être formidable de ne plus avoir à écouter le bégayements du professeur Quirrell."
"Je pense que le poste maudit ne l'est plus hein ?" demanda-t-elle avec un sourire qui cachait son soulagement. Lily n'avait jamais approuvé le fait que Quirrell soit professeur de défense contre les forces du mal parce que, comme Remus, elle savait qui il était vraiment. Mais Remus n'avait pas eu le choix parce que Fletcher ne voulait pas du poste. Même si elle n'avait pas la moindre idée de comment Remus avait convaincu un Mondingus effrayé et hanté d'enseigner un sujet qu'il détestait plus que tout, Lily était très heureuse que Dung ait accepté. Harry et ses camarades avaient besoin de quelqu'un comme Dung pour les former. Ils avaient besoin de quelqu'un qui ne leur cacherait pas la vérité.
"Ouais, je ne sais pas quel genre de malédiction pourrait venir à bout du professeur Fletcher, même si c'en est une mauvaise," acquiesça Harry. "Je n'avais pas vraiment envie d'avoir un nouveau professeur chaque année. Mais je me demande pourquoi Remus ne nous a pas dit qui sera le nouveau professeur de métamorphose ? Enfin, il te l'a dit à toi non ?"
Lily pouffa. "Non, il ne m'a rien dit, mais je suppose qu'il l'a dit à ton père."
"Alors tu ne sais pas non plus ?"
"Je n'ai pas dit que je ne savais pas, mon chéri. Seulement que Remus ne m'a rien dit. Il se trouve que je connais personnellement ton nouveau professeur de métamorphose."
"Pas juste!" s'écria Harry, Lily rit doucement.
Elle lui ébouriffa à nouveau les cheveux. "Même si je ne fais pas partie des Maraudeurs, j'ai mes sources."
"Maman!" Il la regarda d'un air angélique. "Qu'est-ce que j'ai fait ?"
"Ha ! Ne joue pas l'innocent avec moi, " renifla-t-elle. "J'ai vu le massacre que tu as fait dans le salon avec tes balles rebondissantes jamais immobiles, tout comme j'ai vu que tu n'as pas non plus rangé après."
"C'est papa qui te l'as dit hein ?" grogna Harry.
Elle sourit. "On est mariés mon chéri."
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"Poulet?"
"Poulet," confirma-t-elle. "C'est la seule chose que j'ose manger ici."
"Moi, aussi." Ils rirent tous les deux. Sirius et Julia étaient dans un pub Moldu minable qui était bien plus réputé pour sa bière brassée maison que pour la qualité de sa nourriture - bien que les plats servis au Chien Poussiéreux soit très connus localement pour leur côté intéressant' ce qui les incita tous les deux à commander le poulet. Ca, au moins, ça ne les tuerait pas.
Sirius sirota sa bière, tout en contemplant son sourire par dessus le bord de son verre. S'il avait été d'humeur, il aurait pu jouer au poète médiéval et inventer toutes sortes de vers pour dire qu'il aurait pu admirer ce sourire toute la journée - mais ce n'était pas le moment d'être romantique, et Julia aurait sûrement ri de ses tentatives pitoyables de rimes, quoi qu'il en soit. Cependant, il aurait souhaité que leurs réunions ne soient pas si souvent destinées à se dire au revoir. "Alors, tu pars quand ?"
"Vendredi matin." Son sourire s'effaça. "J'aurai voulu pouvoir rester plus mais tu vois bien... je suis à Londres depuis trop longtemps. Je tourne en rond."
"Je sais." Il parlait d'une voix légère mais savait que c'était la vérité. Julia aimait l'aventure, les défis. Elle étouffait sous la surveillance constante de son frère et du seigneur des ténèbres, elle détestait jouer le rôle qu'ils lui avaient donné. Elle serait beaucoup plus heureuse après avoir passé quelques mois au loin dans une jungle abandonnée ou dans une caverne -quelques sorciers archéologues transplanaient chez eux pour dormir, mais pas Julia. Elle vivait la vie qu'elle avait choisie.
"Je viendrai te voir," promit-elle. "Souvent."
Une des choses qu'il aimait tant chez elle était son indépendance - mais elle tiendrait cette promesse. Sirius sourit. "J'irai te chercher si tu ne le fais pas."
"Tu crois que tu vas être à la hauteur ? " répliqua-t-elle les yeux brillants. "Ça peut être terriblement difficile de me trouver dans la vallée du Nil."
"C'est là bas que tu vas cette fois ?"
"Ouais." L'enthousiasme de Julia retomba un peu. "Pas par choix, il pense que le temple d'Isis peut renfermer la pierre philosophale."
Sirius siffla doucement. "Il cherche toujours l'immortalité."
"Toujours," acquiesça-t-elle. Puis son visage se tendit. "En parlant de mon... employeur, Sirius, Lucius m'a rappelé quelque chose l'autre jour."
"Oh?" Le changement du son de sa voix indiqua à Sirius que ce n'était rien d'amusant et il frissonna. Sauf erreur, l'inquiétude dans les yeux de Julia lui disait que le moment qu'ils avaient tant redouté depuis des mois était finalement arrivé. "Il a -?"
"Pas encore. Lucius pense que c'est pour bientôt, et sa logique fonctionne," admit Julia.
"Ah." Son esprit s'emballa. "Mais aucun ordre pour l'instant?"
"Pas même un conseil." Sa voix demeurait calme mais il y avait une note d'urgence qui alerta Sirius. "Mais il veut ta mort, et je sais qu'il n'attendra pas. À moins que je ne lui donne des informations qui te rendront plus utile à ses yeux vivant que mort, quelqu'un va essayer de te tuer. J'ai essayé de faire en sorte que ça ne soit pas moi, mais je doute que ça repousse beaucoup l'échéance."
"Non pas avec lui, en effet." Sirius inspira profondément. Quand ils avaient pris la décision de reprendre leurs relations, ils savaient que ce jour viendrait. Pourtant le savoir ne rendait pas les choses plus faciles, et Sirius savait que la moindre petite erreur tuerait au moins l'un d'entre eux. "Bon. Dans ce cas, nous devons le tenter avec quelque chose."
"Mais comment ? Et avec quoi ?"
Il fit une pause pour réfléchir. "Dis-lui que nous nous verrons encore demain," dit lentement Sirius. "Dis-lui que tu ne sais pas pourquoi je veux te parler, mais que tu es curieuse."
"Mais on ne se verra pas, si ?" Ses yeux gris se plissèrent.
"Non, je serai sur le chemin de Traverse avec Harry et ses amis, mais ça nous donnera un peu de temps."
"Pas beaucoup."
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Il y avait bien des choses que Severus Rogue méprisait dans de sa vie, et c'en était une depuis bien longtemps. Des années avant, peut-être, ça avait eu moins d'importance - mais il avait été aveuglé par ses rêves de puissance, de pureté et gloire à cette époque. Maintenant il n'était plus si étroit d'esprit, ni si plein d'espoir. Les gens le trouvaient amer, et ils avaient probablement raison, mais c'est ce qui arrive quand on passe trop de temps dans l'obscurité après avoir tué quelqu'un qui ne méritait pas de mourir.
Il transplana à quelques centaines de mètres de sa destination, il avait besoin de marcher pour évacuer une partie de la tension. Ses compagnons n'avaient eu aucun scrupule après l'avoir fait. Leur maître leur avait commandé la mort, et ils avaient obéi. Le bien et le mal n'entraient pas en ligne de comte. Les Mangemorts n'avaient pas besoin de se poser de telles questions quand le seigneur des ténèbres leur donnait un ordre. La plupart d'entre eux n'avait même pas pensé que le sang de leur victime était beaucoup plus pur que le leur. C'était un ennemi, et c'était suffisant.
Severus retira son masque tout en marchant, il aurait voulu pouvoir simplement le jeter au loin et oublier. Un souhait idiot, et non celui qu'un homme comme lui pouvait s'autoriser, mais parfois... Il haussa les épaules, ne cherchant même pas à aller au bout de sa pensée.
Domus Archipater apparut clairement derrière la haute barrière, mais Severus ne considérait plus la maison de ses ancêtres comme belle depuis des années. De beaucoup de manières, il ne la considérait même plus comme sa maison - parce que qu'est-ce qu'était une maison si ce n'était un endroit où on pouvait se détendre ? Domus Archipater, en dépit de son illustre histoire et des traditions de la famille Rogue, était une coquille vide. Une grande et luxueuse coquille, naturellement, mais une coquille tout de même. Elle n'était plus qu'un symbole. Il se sentait bien plus chez lui à Poudlard qu'il ne s'était jamais senti dans cette maison.
Il soupira. Encore quelques jours et le mensonge recommencerait, mais ce serait un soulagement de retrouver ce vieux mensonge. Au moins il y avait une signification dans son jeu de professeur, au moins il y avait un but. Ici, il était juste un Mangemort parmi d'autres à la solde du Seigneur des ténèbres, et aucun savon ne parviendrait à nettoyer le sang innocent qui souillait ses mains.
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Finalement, c'est un chapitre gai, vu la suite…Bientôt sur vos écrans : le Vent des Ténèbres….
