Ruptures d'un processus linéaire
Générique
Auteur : Robin4, sous le titre original de Promises Remembered
Inspiration JKR, mais très UA quand même !
Traduction : Petite Plume qui déménage…ça n'aide pas
Relecture et mise en ligne : Fénice
Sponsors officiels : Kiri, Kalou, Mnesyah, Fée fléau, Siri, Petite Saki, Ryan, Shima-chan…
Chapitre vingt : Battements de cœur
Sirius avait réussi à oublier certains moments de ses dix années de captivité. Mais pas celui-là.
Ça, il s'en souvenait.
Sirius hurlait, submergé par la douleur.
Le monde s'écroula sous ses pieds et il tomba face contre terre - sa baguette lui avait échappé, il ignorait où elle était tombée... Tout ce qu'il pouvait sentir, c'était la douleur. Il ne savait pas à quel moment il s'était effondré ; l'agonie l'empêchait de sentir quoi que ce soit, pourtant sa main droite se crispa sur son bras gauche…
Mauvaise idée.
Il cria si
fort qu'il sentit du sang dans sa bouche. Peut-être
s'était-il mordu la langue, peut-être pas – il
n'avait pas le temps d'y réfléchir, il n'arrivait
plus à penser, ne pouvait plus se battre...
Seule, la
douleur existait.
Il ne voyait rien et ne savait même pas s'il avait les yeux ouverts. La douleur contrôlait tout, ses mouvements, son esprit – son corps était secoué de convulsions et il hurlait, mais il se souvenait de ce que c'était…
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James aurait fait les cent pas s'il avait pu. Mais tout ce qu'il pouvait faire était rester assis et contempler le mur, désespérément. Quand il avait reçu l'incroyable appel de Hagrid, il était resté bouche bée devant l'audace de Voldemort – mais n'en avait pas été étonné. Le lieu et l'heure l'avaient effrayé, mais pas l'acte... plus maintenant. Ils savaient que quelque chose devait se produire, et James avait attendu que ça se produise.
Mais il ne s'était pas attendu à ça, il n'avait pas pensé qu'il serait coincé, sans moyen d'intervenir alors que d'autres risquaient leurs vies. D'une certaine manière, il n'était jamais venu l'esprit de l'ex-Auror qu'il ne prendrait pas part à une bataille - qu'il serait incapable de le faire. Mais se battre contre des mangemorts était dangereux même pour quelqu'un en parfaite santé, alors quand on était incapable de bouger assez vite, c'était... mortel. Il n'y avait pas de duels classiques dans de telles batailles. Un Auror qui ne pouvait pas se déplacer était un danger pour ses camarades. Point.
Pourtant, son esprit n'avait jamais tenu compte de sa paralysie. James avait toujours pensé qu'il serait là pour faire face à Voldemort – c'était son travail après tout. Il n'était pas juste un ancien Auror, il était le ministre de la Magie. Il était celui qui dirigeait cette fichue guerre, et il était celui qui les avait entraînés dans ce carnage. C'était son devoir d'être là.
Et il ne pouvait pas.
James grogna, il aurait aimé arpenter la pièce, il aurait aimé pouvoir faire quelque chose, n'importe quoi pour se calmer les nerfs. Le devoir n'était pas la seule chose qui le rongeait même si c'était déjà beaucoup. Non, le pire dans tout ça - il avait presque honte de l'admettre, parce qu'il était le ministre de la Magie et qu'il était Auror - était de savoir que ses meilleurs amis étaient en danger, et qu'il ne pouvait rien pour les aider. La douleur lui brisa le coeur, James se mordit la lèvre pour essayer de la faire disparaître. Sirius était là-bas - Voldemort le savait-il ? L'avait-il prévu? - et Remus était parti à son secours. Peter était à l'étranger, menant des négociations diplomatiques plutôt rusées. Il avait une excuse. James n'en avait aucune.
Excepté ses jambes. Ses fichues jambes qui n'obéissaient plus. "Merde!"
"Ils vont y arriver, James." Une main se posa sur son épaule, le faisant sursauter, il n'avait pas eu l'intention de parler à haute voix. Sa respiration était douloureuse et il fit un effort pour se détendre. La tension était instinctive, mais il n'y avait aucune bataille ici.
"Je déteste être inutile, Lily," répondit-il finalement. "Sirius et Remus sont en danger, et je suis -"
"Je sais." Elle serra son épaules, et James sentit son corps se pencher sur lui par derrière. "Mais, au moins, nous pouvons voir ce qui se passe."
"Maigre consolation." James posa un regard lugubre sur le projet Gardien que la chance et le destin avaient apporté Square Grimmaurd une semaine avant - Molly Weasley avait oublié de le reprendre. Des choses plus étranges s'étaient produites, mais... même voir les noms se déplacer dans sur le chemin de traverse ne l'aidait pas.
Deux noms attirèrent son attention, les deux se trouvaient exactement au centre de la zone que Lily avait grossie. Le projet Gardien ne pouvait pas montrer tout ce qui se passait, mais James pensait qu'il leur montrerait si quelqu'un mourait... Il avala avec difficulté. Mauvaise pensée, Cornedrue. Cornedrue. Jamais, auparavant, penser à son surnom ne lui avait fait mal.
Mais maintenant si. Ca lui faisait mal à cause de ces deux noms au centre du projet Gardien - Oh, il se moquait de Tom Jedusor. Non, c'était pour l'autre qu'il priait. Bonne chance, Sirius, pensa-t-il silencieusement en fermant brièvement les yeux. Quand il les rouvrit, James repéra un autre nom se précipitant vers le centre de la rue et qui se rapprochait vite. Remus Lupin.
Cours, Lunard. Cours vite.
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Remus courait derrière Lucius Malefoy et peinait à se frayer un chemin parmi la foule effrayée. C'était difficile, les gens voulaient s'écarter mais ne pouvaient pas, ils restaient plantés là sans savoir quoi faire. Sa seule consolation était que Malefoy avait le même problème, mais l'esprit de Remus était toujours embrouillé par les visions –
"On dirait que ça se passe entre toi et moi, Peter."
Lee Jordan, face à face avec Bellatrix Lestrange –
Un éclair rouge. Quelqu'un hurla.
La marque des ténèbres flottant au-dessus d'une maison dans une rue Moldue –
Malefoy sauta par-dessus un corps secoué de convulsions.
Les hurlements qui résonnaient dans les oreilles de Remus n'étaient pas le fruit de son imagination. Et ils n'étaient pas non plus une vision. La sorcière étendue à terre s'agitait follement comme si elle espérait se libérer du sort de torture. Remus stoppa net à coté d'elle. Il n'avait pas de temps à perdre - mais il ne pouvait pas l'ignorer non plus. A moins qu'il ne veuille devenir comme eux.
"Finite Incantatem," dit-il rapidement et elle cessa de crier abruptement. Tellement soudainement, en fait, que Remus pensa qu'elle avait perdu conscience, mais au moment où il essaya d'enjamber son corps, elle saisit sa cheville et il lui tomba dessus avec un cri strident.
"Toi, sale Mangemort!" lui cria-t-elle en tentant de lui jeter un sort avec sa baguette de chêne. Malheureusement, elle calcula mal son mouvement et la pointe finit dans la narine droite de Remus –
"Non, je ne suis pas -"
"CREVE!"
Remus parvint à s'écarter à temps du souffle de magie incontrôlé qui sortit de sa baguette. Elle ne lui avait pas jeté de sort, sa colère, sa peur et sa douleur avaient simplement essayé de le faire frire. Sympa, pensa-t-il avec amertume. J'essaye de la sauver et elle essaye de me tuer.
Elle se redressa péniblement et le toisa. Remus cilla en levant les yeux vers elle, il se demanda comment une chose si ironique avait pu lui arriver à lui –
Rogue le regardant dans les yeux.
"Je vais devoir vous trahir."
"Je sais."
C'était encore ces satanées visions. Dumbledore avait raison, la fontaine était autant une malédiction qu'une bénédiction, même si c'était un fardeau nécessaire. Rarement utile, rarement compris, elle ne faisait que le rendre fou - Je n'ai pas le temps ! Il n'avait pas le temps pour quoi que ce soit en fait, et Sirius en avait encore moins. Les hurlements qu'il entendait maintenant n'étaient pas ceux de la sorcière qui tentait désespérément de le tuer pour le remercier de lui avoir sauvé la vie.
Remus sauta sur ses pieds, et sans y penser, saisit la baguette de la sorcière dans sa main gauche et la lui arracha des mains. La sorcière le fixa avec de grands yeux une fois qu'elle eut relevé la tête - pourquoi avait-elle fixé si longtemps l'endroit où il avait été ? C'était étrange comme le temps passait.
Mais il n'avait pas plus le temps pour les mystères que pour les sorcières stupides ou pour se rouler parterre. Remus jeta la baguette sans chercher à savoir où elle avait atterri.
"Je ne suis pas un Mangemort", aboya-il, et il se remit à essayer de traverser le foule. Malefoy partait, et Sirius avait besoin de lui.
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Tonks promena un regard sinistre autour d'elle, souhaitant que les dix-neuf visages tournés vers elle n'aient pas semblés si circonspects. Ils la regardaient de la même manière que les enfants regardaient pousser des haricots, et ce n'était pas très agréable - même avec une bonne métaphore. Mordant sa lèvre, elle s'empêcha de gémir, et elle souhaita pouvoir disparaître le temps de réfléchir à l'attitude qu'elle devait adopter.
A quoi Weasley pensait-il ? - avait-elle envie de demander. Me désigner responsable ?
"Euh, Tonks...?" tenta Jason Deauclaire, ses sourcils étaient levés comme ceux de tous les autres. Pourquoi ce n'est pas lui que Weasley a choisi ? Jason aurait exactement su quoi faire, pensa-elle avec affliction. Il sait toujours quoi faire.
Peut-être que c'est pour ça, remarqua un petit coin de son esprit, mais Tonks le fit taire. La dernière chose dont elle avait besoin était de trop penser. Le faire lui causait inévitablement des ennuis.
Elle essaya de fusiller Jason du regard mais ça tomba à plat. "Oui ?" demanda finalement Tonks, consciente du fait qu'elle semblait perdue mais incapable de s'inquiéter. Je déteste déjà ça.
"On part quand ?" Son sourire l'aveuglait par sa blancheur et la fit ciller. Quelque chose dans la manière dont Jason la regardait lui donna la chair de poule.
"Partir ?" répéta-elle en plissant les yeux.
Deauclaire la regarda de la même manière qu'il aurait regardé un enfant incroyablement stupide. "Pour le chemin de Traverse."
"Euh, Weasley n'a pas dit qu'on devait rester ici?" s'exclama Randall O'Keely en levant les sourcils. Mais Jason renifla avant que Tonks ne puisse répondre.
"Naturellement il a dit ça. C'est pourquoi nous devons y aller."
"Je te demande pardon ?" A la droite de Tonks, Cornelia cilla.
Cette fois, Tonks ne laissa pas à Jason le temps de répondre non plus. "Au cas où tu l'aurait oublié, nous sommes des candidats. Nous n'avons pas seulement l'ordre de rester - Nous ne sommes pas assez qualifiés pour les aider, même si nous connaissions leur plan."
"Je ne sais pas pourquoi mais je doute qu'ils aient un autre plan que revenir ici le plus vite possible", précisa Dana. Tonks ne put s'empêcher de considérer son amie avec des yeux ronds.
"Tu crois qu'on devrait y aller alors." Elle avait du mal à garder une voix posée. Dana aussi ? Elle n'aurait pas voulu avoir l'air trahie, pas voulu se sentir trahie mais c'était le cas.
"Non." Dana la regarda d'un air surpris. "Pas du tout."
"Oh." Super, je me suis fait avoir encore une fois. "Bien." Tonks inspira profondément et commença. "D'accord. Weasley a dit que nous devions surveiller les alentours et maintenir la sécurité, donc - "
"On reste ici et on obéit aux ordre en attendant qu'ils se fassent tous tuer?" demanda Calvin Waters, les autres sursautèrent. Même si certain d'entre eux avaient pu être d'accord avec l'argument de Jason, la manière brusque de Calvin de l'exprimer les choqua. Les désaccords étaient une chose, l'opposition pure en était une autre, et ça eut le don d'énerver Tonks.
"Et qu'est-ce que tu veux qu'on fasse?" demanda-t-elle furieusement. "Transplaner sur le chemin de Traverse et mourir avec eux - ou pire encore, les gêner dans leurs plans et les faire tuer ? Nous ne sommes pas Aurors, Calvin ! Si nous sommes en formation, c'est qu'il y a une raison."
"Oui, la formation." Il leva les yeux au ciel. "La formation. Former pour prendre des décisions. Former pour agir. Pour combattre. Pour - "
"Suivre les ordres quand il le faut, même si nous ne les aimons pas," l'interrompit Tonks, ses yeux lançaient des éclairs. "Tu crois qu'on aime ça plus que toi ? Tu crois que j'ai envie de m'asseoir ici et d'attendre ? Mais nous ne pourrons que leur rendre la tâche plus difficile et je refuse de faire ça."
"Je pense que tu as peur."
"Maintenant, ça suffit!" A sa grande surprise, ce fut Jason qui intervint en saisissant le bras de Calvin et en le secouant. "Je pense comme toi, mais il n'y a pas de lâches ici. Et si nous voulons agir, nous devons le faire maintenant. Nous avons déjà perdu assez de temps en discutant."
Tonks sentit ses yeux se rétrécir. S'il y avait une chose qu'elle avait apprise de la sombre famille des Black, c'était qu'elle devait se battre pour ce qu'elle croyait juste. "Il n'y a pas à discuter, on reste."
"Pas si -"
"A moins que vous n'ayez un plan pour sortir d'ici sans transplaner vous n'irez nulle part," dit soudainement Horace, attirant l'attention générale.
"Hein?" Pour une fois, Jason fut prit de court.
Horace fit un geste vague, son visage exceptionnellement livide. "La zone de transplanage. Il y a un mur entre nous et elle."
"De quoi tu parles?" demanda Calvin.
"Tu n'y es jamais allé?" répondit Horace, recevant des regards vides de tous les candidats excepté Tonks. Comme la formation était épuisante, la majorité des candidats passait son temps libre à dormir, étudier ou s'entraîner – seuls Horace et Tonks aimaient explorer. Ensemble, ils avaient couvert l'île entière, errant même dans des endroits où ils savaient qu'ils n'avaient pas le droit d'aller : l'alliance d'une ancienne Serdaigle curieuse et d'un ancien Serpentard rusé signifiait qu'ils pouvaient fureter presque n'importe sans s'être jamais faits attraper.
Excepté une fois, mais Weasley nous a lâchés facilement. Elle retint un sourire en y repensant. Les autres ne comprendraient pas.
"Naturellement je n'y suis jamais allé," répliqua Calvin.
"Eh bien, moi si. Et Tonks aussi," répondit Horace d'une voix raisonnable. "Tu ne pourras pas entrer à moins que les 'murs' ne soient programmés pour te laisser entrer - et je parie que de toutes façons tu ne pourras pas transplaner à l'extérieur, à moins d'être Auror. Quoi qu'il en soit, c'est ce que Tonks essayait de te dire mais tu n'as pas pris la peine de l'écouter."
"Exactement." En fait, c'est ce que j'aurais dit si j'y avais pensé. "Nous ne pouvons pas partir."
Les yeux bruns de Jason se rétrécirent, mais il hocha la tête en direction de Tonks, lui concédant silencieusement la victoire tout en lui faisait savoir que ce n'était nullement la fin du combat. "Bien," soupira-t-il. "J'imagine nous devrions être reconnaissants envers certains de nos camarades de classe qui s'amusent à errer après les cours."
"Je pense toujours que nous devrions essayer," répondit Calvin.
"Non. Tonks a raison." Le sourire qu'il lui lança n'avait rien d'amical, et Tonks vit Dana s'agiter. "Nous avons une île à surveiller. Au travail."
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Les hurlements se répercutaient sur les murs, et la foule se resserrait, tentant de s'éloigner le plus possible des horreurs que faisait Voldemort. Il y avait eu un silence soudain, et Molly avait entendu deux mots, mais elle ne les avait pas reconnus. Elle se doutait que ça devait être un sort, mais que voulait dire "Mors Extoum" ? Qu'avait-il fait ?
Molly était trop petite pour voir par-dessus la foule, mais elle entendait Sirius crier. Elle n'était pas sûre que ce soit Sirius, mais ça devait être lui -et il criait comme un homme à l'agonie, comme un fou. La foule trembla, terrifiée, mais Molly pouvait sentir leur curiosité malsaine. Ils voulaient voir, voulaient savoir, voulaient... voulaient quoi ? Elle ne le savait pas mais aucun d'entre eux ne partirait. Personne ne se sauverait, pas avant la fin, même s'il n'y avait plus de barrières antitransplanage.
Même si elle s'était cassée la voix à leur hurler de s'échapper, personne ne serait parti avant la fin. Elle le savait maintenant. La foule était fascinée par cette bataille pour la même raison qu'elle - le destin de leur monde était en jeu.
Pendant un moment, elle se demanda si Percy était quelque part dans la foule. Elle fit un effort pour tenter de voir au-dessus des têtes mais ce fut vain, même en se perchant sur la pointe des pieds, et Molly dut ravaler son inquiétude pour son fils. Elle savait - ou plutôt, espérait - que Fred, George, Ron, et Ginny étaient en sécurité (avec Harry et Hermione, bien sûr) - Percy n'était pas dans la librairie avec eux. Etrangement, il s'était dépêché d'acheter ses livres d'école et avait promis de les retrouver dans une heure, il devait aller acheter autre chose pour quelqu'un. Quand elle avait demandé des précisions, son fils avait rougit et marmonné quelque chose, Molly l'avait laissé partir en riant sous cape. Elle se souvint à cet instant que Percy était le seul et unique Weasley sur lequel elle pouvait compter pour éviter les ennuis.
Mais là, c'étaient les ennuis qui les avaient trouvés, et Percy pourrait être en danger. Le savoir était déjà assez douloureux, mais ne pouvoir rien faire – être coincée par cette foule – rendait les choses encore plus difficiles. Molly avait fait son devoir, elle avait levé les barrières antitransplanage. Elle voulait maintenant juste être une mère et protéger ses enfants.
Molly déglutit difficilement et les hurlements continuèrent.
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"Attention, Harry," maugréa Ginny. "Tu ne voudrais quand même pas mettre ton pied dans ma bouche."
"Oh. Désolé." Harry cilla avec colère, regarder à travers ses lunettes était comme essayer de voir à travers un nuage de poussière. "C'était ta bouche?"
"Non, c'était mon coude gauche," répondit-elle sèchement, il pouffa malgré la tension. A la droite de Harry, Ron semblait beaucoup moins amusé.
"Vous n'auriez pas pu trouver une cachette encore plus petite?" se plaignit-il, fixant ses frères aînés.
Hermione éternua. "Je suis d'accord. Il n'y a pas un autre endroit... plus propre ?"
"Bien sûr que si," répondit promptement Fred.
"Si tu n'as rien contre les Mangemorts et le sang. Ils ne sont là que pour la déco – ça fait un ensemble magnifique," renchérit George.
"George!" Ginny lui jeta un regard assassin, mais les jumeaux l'ignorèrent et redevinrent sérieux.
"Pense à ça, Hermione," continua Fred. "Si tu n'aimes pas ce petit trou, il y a des chances pour que les Mangemort non plus."
"Et les Mangemorts ont autre choses à faire que ramper au milieu du matériel de Quidditch", termina l'autre.
"C'est là que nous sommes?" demanda Ron alors que Hermione soupirait.
"Je ne suis pas vraiment étonné."
"Qu'est-ce que c'est censé vouloir dire?" demanda Ginny.
"Oh tu ne vas pas t'y mettre aussi", gémit Hermione, faisant rire les jumeaux.
"Oui, Hermione. Tu es officiellement la seule à ne pas être fan de Quidditch dans ce... truc", se réjouit George.
"Trou," proposa Fred.
"Oui, trou. C'est le mot que je cherchais."
"Allez vous vous taire ?" siffla Hermione. "On pourrait nous entendre."
George renifla. "Parle pour toi. Vu comment vous vous disputez tous les deux, c'est étonnant que nous ne soyons pas encore tous morts."
"On ne se disputait pas -" objecta-elle alors que Ron grognait.
"Tu as envie de te faire tuer?"
"C'était bas, Ronnie," grimaça Fred.
"Et toi -"
"Chut!" Ginny portait une paire de lunettes que Harry n'avait jamais vues avant. "Quelqu'un vient!"
"Comment tu le sais?"
"Parce que je le vois," chuchota-t-elle. "Maintenant ferme-la, Ron."
Confus, Ron se tut, laissant Harry s'émerveiller devant l'autorité de la 'petite' Ginny. Harry ne l'avait jamais entendu parler d'une voix si ferme, mais d'un autre côté, il ne la connaissait pas depuis longtemps. Maintenant, pourtant, Ginny était leur oeil - Harry devina que ça avait quelque chose à voir avec ses lunettes mais ne pouvait pas le vérifier.
Elle soupira finalement de soulagement. "Oh. C'est juste le propriétaire et quelques autres," chuchota-t-elle. "Pas de Mangemorts."
Le bruit dans les oreilles de Harry s'était atténué et il laissa sortir une expiration qu'il n'avait pas même réalisé qu'il retenait. Tout le monde se tu pendant un long moment, essayant de calmer leurs coeurs et feignant qu'ils n'avaient pas peur, et Harry expira avant de demander tranquillement, "tu les vois?"
"Avec les lunettes." Confirma Ginny. "Dumbledore me les a données."
"Sympa," souffla Ron.
"Très sympa," acquiesça Fred. "Sauf si tu les utilises pour surveiller tes frères à travers les murs, naturellement."
"C'est répugnant, Fred", Ginny leva les yeux au ciel, et Harry sourit.
"En parlant de dégoût," dit soudainement George, "tu vois les Mangemorts, non?"
"Plus ou moins. Je peux voir à travers les murs, mais seulement à une certaine distance. Je ne peux voir aucun Mangemort, ce qui veut dire qu'il n'y en a aucun par ici," répondit-elle.
"C'est une chance," dit tranquillement Hermione.
"Certainement", convint Ron. "Ca veut dire qu'on peut sortir sans être vus."
Harry se fit mal au cou tellement il tourna la tête vite. Il attrapa son ami. "Quoi?"
"Ca veut dire qu'on peut sortir et aider," dit Ron.
"Aider qui?" demanda Hermione.
"Bien, Sirius, naturellement. Et Maman. Et tous les autres", Fred hocha la tête avec empathie. "Nous devons faire quelque chose."
Harry sentit sa gorge se nouer. "Nous ne pouvons pas."
Les autres se tournèrent vers lui, même Hermione - Harry n'était pas prudent habituellement, il aimait prendre des risques. Il fonçait toujours tête baissée sans réfléchir ou essayer d'évaluer le danger, la pauvre Hermione devait le retenir, et ça marchait rarement. Mais aujourd'hui c'était différent, et il avait l'estomac noué.
"Nous ne pouvons pas," répéta-t-il tranquillement. "Vous comprenez ce que Sirius fait en ce moment ? Vous réalisez ce qu'il risque?"
"Oui, et c'est bien là le problème," dit instamment Ron. "Nous ne pouvons pas simplement rester ici - devons aider."
Hermione secoua la tête pour couper Ron avant qu'il ne continue. "Qu'essaye-tu de dire, Harry?"
"Sirius..." Il prit une profonde inspiration et essaya d'empêcher sa voix de trembler. "Sirius doit faire face à Voldemort. Il a fait un choix... et il a tout changé."
"De quoi tu parles?" Leurs yeux étaient rivés sur lui, remplis de confusion, mais c'était George qui s'était décidé à parler.
"Je... j'ai reçu une lettre," expliqua Harry, hésitant. "Et elle parlait d'un autre monde qui aurait pu exister. Un monde qui a existé." Il avait du mal à parler.
"Hein?" demanda Ron.
"La lettre était de moi," il essayait d'être plus clair, mais vit leurs regards vides. Harry se retint de gémir. "Enfin, d'un autre moi en fait."
"Un univers alternatif?" demanda Fred avec scepticisme.
"Quelque chose dans ce style." Il soupira en essayant d'évaluer ce qu'il pouvait leur dire et ce qu'ils pourraient croire. Ginny lui lançait déjà un regard des plus étranges. "Cette lettre parlait de choix... et je pense que ce n'est pas une bataille que nous sommes censés mener. Je ne pense pas qu'elle soit censée être menée par qui que ce soit. Excepté Sirius."
"Il se bat contre Voldemort, Harry," précisa nerveusement Ron.
"Je sais. Et je déteste ça moi aussi." Harry déglutit. "Mais nous ne pouvons pas l'aider."
Hermione hocha soudainement la tête et acquiesça tranquillement. "Nous ne serons d'aucun secours."
"Je déteste ne faire rien," admit-il. "Mais Sirius voulait qu'on soit en sécurité. Le moins que l'on puisse faire est de faire en sorte qu'il n'aie pas à s'inquiéter pour nous aussi."
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Il entendait leurs respirations derrière lui. Il était calme et sûr de lui, malgré le train d'enfer qu'il leur imposait, Rogue grimaça en se rendant compte qu'au moins trois de ses poursuivants étaient plus jeunes que lui et qu'ils étaient certainement tous dans une meilleure forme physique. Il n'avait jamais été un athlète. Il n'avait jamais eu besoin de l'être.
Et le pire dans cette histoire, c'était qu'il était obligé d'utiliser le peu de capacités sportives qu'il possédait pour échapper aux personnes qu'il essayait désespérément de sauver. Idiots ! Il aurait voulu leur crier dessus, leur dire qu'il était avec eux, par Merlin ! Mais le faire n'aurait servit à rien, ils ne l'auraient pas cru – ils auraient certainement tous fini tués en dépit de ses efforts.
C'est bien ma veine. Je parviens à ne tuer personne et j'essaye de les conduire là où ils peuvent aider et l'un d'entre eux risque de m'avoir parce que je ne cours pas assez vite ! Rogue se surprit à rire amèrement. Mais il s'arrêta immédiatement, rire et courir n'étaient, apparemment, pas une bonne combinaison.
Je suis trop vieux pour ces conneries.
Quelque chose explosa à sa droite, il pensa que c'était le magasin d'araignées géantes, mais il n'avait pas le temps de regarder. Quelqu'un avait manqué sa tête de seulement quelques centimètres, et ça ne lui plaisait guère. Probablement Jones, pensa-t-il. Elle a toujours été du genre impatient. Presque en même temps qu'il y pensait, Rogue entendit sa voix crier :
"Stupéfix!"
Il eut à peine le temps d'esquiver et arriva au croisement entre le chemin de traverse et l'allée des embrumes. Rogue se cogna dans le mur et se remit sur pieds aussi vite que possible. La dernière chose dont il avait besoin était d'être tué par ses propres alliés - et c'était une piètre excuse de se dire qu'ils essayaient seulement parce qu'ils ne savaient pas. A cet instant, les détails mineurs n'avaient guère d'importance pour Rogue. Tout ce qui lui importait était de rester en vie assez longtemps pour permettre à ces stupides Aurors de faire leur travail.
Un pas plus tard, il s'immobilisa.
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Cette Robin exagère avec ces clifhangers, je reconnais mais bon, restez dans le coin pour la suite : Le prix de la liberté
