Promesses retenues

Générique

Auteur : Robin4, sous le titre original de Promises Remembered

Inspiration JKR, mais très UA quand même !

Traduction : Petite Plume qui a déménagé, attention accélération du rythme de parution à prévoir.

Relecture et mise en ligne : Fénice qui est un peu débordée mais elle s'accroche

Sponsors officiels : Bicounet, Fée fléau, Mnesyah, Shima-Chan, Siri, Alana Chantelune, Kiri… Vous vous inquiétez pour Sirius ? Allons voir ça….

Chapitre vingt et un : Le prix de la liberté

Un homme ordinaire se serait attendu à ce que l'obscurité se dissipe, mais Sirius ne se faisait pas de telles illusions. Il savait. Il savait ce que ça voulait dire.

Depuis combien de temps criait-il ? Sa gorge était en feu et il avait perdu toute notion du temps. Sirius pensa qu'il avait du perdre conscience un moment mais n'en était pas certain - la douleur le déconnectait du présent, l'enfermait sans pitié dans le passé. C'était comme si les dix ans qu'il avait passés en enfer étaient revenus et cherchaient à le tuer. Pendant longtemps, ce fut comme si rien n'avait changé, tout ce qu'il pouvait faire était crier.

Mais la conscience lui revenait lentement. Etrangement, malgré la souffrance, il commençait à se souvenir. Bien sûr, parmi ces souvenirs, il y avait de nombreuses choses qu'il aurait voulu oublier, mais il y en avait d'autres. Il y avait plus. Sirius ne saurait jamais si c'était lié à sa volonté, mais la douloureuse obscurité se dissipa.

Il était couché sur le sol, luttant pour respirer, du sang plein la bouche. Merlin seul savait où était sa baguette, elle avait volé quelque part quand il s'était effondré, il ne savait pas quand. Son corps était secoué de spasmes et il se sentait lourd, sali et faible. Sirius sentait chaque respiration lui brûler la poitrine et ses côtes cassées protester, mais il sentait la douleur dans son âme encore plus intensément. Il avait froid.

Il entendit les pas, lents, mesurés et triomphants de quelqu'un qui s'approchait. Un coin de l'esprit de Sirius lui cria que c'était mauvais et qu'il devait agir - mais son corps refusait d'obéir. Tout ce qu'il pouvait faire était trembler et se convulser ; il dut mobiliser toute sa force pour ravaler ses larmes. Soudain, il voulut perdre conscience. Il désira la protection que ça lui apporterait, la cachette loin du reste du monde. Sirius désirait la paix, la tranquillité... il aurait voulu se laisser emporter mais il savait que ce n'était pas une solution.

Un pied lui cogna les côtes et il gémit, ses yeux roulèrent. La douleur se répandit dans tout son corps alors qu'on le retournait sur le dos mais Sirius n'essaya même pas de savoir ce qui se passait. Il ne pouvait plus combattre. L'obscurité avait refermé farouchement ses bras sur lui, c'était fini.

Le rire froid le fit instinctivement battre des paupières. Lentement, il distingua le Seigneur des Ténèbres ; il vit d'abord une forme trouble, puis une silhouette sombre avec des yeux rouges brûlants. Il toisait Sirius avec un sourire moqueur, sa baguette était pointée sur son coeur.

"Qu'est-ce que tu disais, Black?" demanda-t-il froidement. "Oh, je me rappelle. Tu as dit que tu ne m'appartenais pas."

Une grimace satisfaite traversa son visage effrayant ne laissant à Sirius que le loisir de sentir son âme reculer devant l'horreur. Son corps était en coton, il ne pouvait pas bouger. Il le regarda, impuissant, sentant la froideur pénétrer son âme et incapable de l'arrêter. Voldemort rit.

"Tu m'appartiens, Sirius," dit-il. "Ton coeur, ton corps, ton esprit et ton âme m'appartiennent."

Au loin, quelqu'un gémit, mais le temps que Sirius comprenne pourquoi, c'était trop tard. Il essaya de parler, de protester avec un peu de conviction contre les mots du Seigneur des Ténèbres, mais tout ce qui sortit de sa bouche fut un faible coassement. Et alors, tout arriva en même temps.

Avec une rapidité extraordinaire, Voldemort se baissa et Sirius sentit une fine main froide serrer son poignet gauche. La douleur explosa dans son bras et la froideur, une abominable froideur, suivit ; il hurla de douleur. Pendant un moment terrifiant, sa vision s'obscurcit complètement et tout qu'il sentait était la douleur, la douleur et l'affreuse obscurité.

Le Seigneur des Ténèbres possédait une force étonnante malgré sa minceur. Quand les yeux de Sirius recommencèrent à voir, il constata que Voldemort l'avait forcé à se mettre à genoux. La main froide était comme un étau sur l'avant-bras brûlant de Sirius, mais il luttait pour maîtriser sa douleur. Alors la main se resserra, lui arrachant un nouveau cri. Sa gorge brûlait.

"Regardez, tous!" cria le Seigneur des Ténèbres. "Regardez votre soi-disant héros!"

Lentement, Sirius se força à ouvrir les yeux. Il était étourdi, incapable ne serait-ce que de songer à lutter. Son esprit était confus, un tourbillon d'agonie et de froideur, d'obscurité... Le rire de Voldemort résonnait dans ses oreilles.

A cet instant seulement, Sirius se souvint de la foule. Sa vision brouillée distingua des visages, des expressions, des regards terrifiés et des visages tendus. Ils le regardaient fixement, avec autant d'impuissance qu'il les regardait, sauf qu'il était censé être leur protecteur. Il était supposé se battre - et il s'était battu. Mais il avait été défait, et maintenant les âmes innocentes emprisonnées sur le Chemin de Traverse étaient témoins de sa chute.

"Regardez ce qu'il porte!"

Un gémissement horrifié déchira la foule, et Sirius devina ce qu'ils voyaient. Même sans jamais l'avoir vu réellement, il savait - et il ne pourrait pas supporter de regarder. L'ignorer ne changerait rien, le regarder non plus.

Les chuchotements effrayés le confirmèrent. Oui, c'était bien ce qu'ils pensaient ; et oui, c'était vrai. Sirius sentait le sang couler sur son avant-bras, et il sut que c'était réel cette fois, non pas caché comme ces quatre dernières années. Même si la foule n'avait pas réagi avec une telle crainte et une telle horreur, il aurait senti la différence. Ce n'était pas le poids sombre qui avait été enchaîné à son âme pendant tellement longtemps. C'était l'enfer lui-même qui venait le réclamer. Quelqu'un cria, le pointa du doigt, mais Sirius ne regarda toujours pas. Il n'en avait pas besoin. Il savait ce qu'ils voyaient.

Ils voyaient la marque des ténèbres, brûlante, rouge et menaçante sur son avant-bras, qui saignait comme si il avait été coupé au couteau. Ils voyaient la marque de Voldemort sur lui, le symbole qui les avait guidés dans la guerre pendant presque vingt ans. Et sans le savoir, ils voyaient aussi la tache sur son âme, le sombre secret que Sirius avait porté depuis son évasion d'Azkaban.

Voldemort serra encore et Sirius cria, son corps essaya d'échapper au Seigneur des Ténèbres.

"Tu n'es pas aussi fort que ça, hein, mon ami?" siffla la voix dans son oreille.

Sirius ouvrit sa bouche pour répondre, sans savoir ce qu'il allait répondre, mais il fut coupé par les doigts froids qui serraient la marque. Impuissant, Sirius cria encore.

"Tu étais presque un héros", continua gaiement Voldemort. "Presque leur sauveur. Tu étais si proche... " Il pouffa. "Si proche."

Soudain, le bout arrondi d'une baguette pointa sa gorge. Sans trop savoir pourquoi, Sirius ne s'y était pas attendu et il se tendit. "Tu étais presque le héros idéal. Toujours si courageux. Toujours si fort." La baguette bougea, faisant haleter Sirius. "Mais c'est fini.

"Maintenant tu vas mourir. Et c'est moi qui vais dicter mes conditions, une fois qu'ils auront vu leur unique espoir s'effondrer."

"Je ne me suis pas effondré", dit Sirius retrouvant sa voix.

Un rire doux. "Tu vas le faire."

"Jam -"

Il cria quand les doigts durs serrèrent son bras une fois de plus et il sentit l'obscurité se heurter à sa défiance. Il avait l'impression que les mains froides de Voldemort saisissaient son âme et Sirius les combattit, même s'il croyait que ça ne servait à rien. L'image était plus proche de la réalité que ce qu'il ne le croyait.

Un long moment passa, la douleur déchirait son corps et l'obscurité glaciale luttait pour prendre possession de son âme. Sirius n'avait pas la moindre idée du temps qui passait, il n'y avait que cette agonie qui le vidait de ses forces, de sa volonté de résister... mais quelque chose au fond de lui acceptait ces pertes et continuait. Il luttait pour respirer au travers de ses cris de douleur, puis soudain, Sirius sut qu'il devait agir. La baguette était toujours contre son cou et une main brûlante serrait sa gorge, il ne pouvait pas bouger, il n'avait aucune chance – C'est toute l'histoire de ma vie. Se battre même quand la situation semble désespérée.

Cette amère pensée éclaira son esprit et, alors que Voldemort relâchait sa prise sur le bras de Sirius, l'Auror agit presque sans réfléchir.

Il sauta sur ses pieds et bondit sur sa gauche, forçant son corps meurtri à se déplacer malgré la faiblesse et la douleur. Sa respiration était entrecoupée et ses membres insensibles, Sirius savait que c'était sa seule chance, il ne pouvait pas se permettre de la gaspiller. En le sentant se tordre, Voldemort réagit rapidement - mais assez pas rapidement. Il pensait toujours à la magie. Et bien que la main du Seigneur des Ténèbres tienne toujours son bras et que la douleur le parcoure, Sirius fut emporté par son élan. Il envoya un crochet du droit dans le visage de Voldemort.

Tous deux tombèrent en arrière, Voldemort tournoya alors que le sang giclait de son nez et Sirius s'effondra sous l'effet de la douleur. Enfin libre, l'Auror se fia à son instinct, sourd aux protestations de son corps. Il n'avait pas le temps de penser. Il n'y avait pas non plus le temps d'avoir mal. Il avait seulement le temps d'agir.

Ses doigts se refermèrent sur du bois. Du bois noir pour être exact : 27,5 centimètres de bois d'ébène avec une plume de Phénix, un bois qu'il connaissait bien. Se raccrochant à elle pour sauver sa vie, Sirius roula dans sa position de combat, sentant ses côtes cassées hurler et la douleur exploser dans son dos. Mais il n'avait pas le temps pour la douleur.

Un éclair rouge traversa le ciel avant même qu'il n'ait pensé à un sort - et ce n'était pas un sort, juste une matérialisation de sa douleur, de sa fureur, et de sa peur. Le flash de lumière était comme la magie non contrôlée d'un enfant, crue et involontaire, mais dangereuse tout de même. L'éclair frappa Voldemort sur le torse et l'envoya à plusieurs mètres, le Seigneur des Ténèbres atterri violemment sur le dos, laissant Sirius espérer avec malveillance qu'il s'était cassé quelque chose. Mais son adversaire se releva promptement, le sang coulait de son nez cassé et ses yeux brûlaient de fureur.

S'il y avait une chose dont Sirius était sûr, c'était que personne d'autre n'avait jamais cogné Voldemort au visage.

L'espace d'une seconde, il sourit, mais l'humour passa vite quand il dût se jeter de côté pour éviter un sortilège de mort. Son corps le brûlait, Sirius tenta de répliquer mais ce fut inutile - il était trop lent et trop affaibli. C'était seulement une question de temps, maintenant. Il ne pouvait pas nier ce que ses années de formation lui avaient appris. Il ne pourrait jouer au chat et à la souris avec Voldemort que quelques minutes, les dés étaient jetés.

Sirius roula encore, souhaitant que son corps se déplace plus rapidement alors qu'un Imperium le frappait, il perdit quelques précieuses secondes pour le combattre. Son bouclier conjuré à la hâte peinait à bloquer tous les sorts que Voldemort lui jetait – C'était quoi celui là ? - Sirius se mit debout en chancelant.

"Extundo!" hurla-t-il, espérant en finir avant de s'écrouler. Sirius savait qu'il n'avait que quelques minutes, savait qu'en dépit de la douleur et de la marque des ténèbres, le sort de guérison rapide agissait toujours, mais qu'il ne tarderait pas à se dissiper. Sans lui, Sirius savait qu'il n'aurait pas été capable de bouger.

Le sort du marteau passa au travers du bouclier du seigneur des ténèbres et toucha sa cible, renforcé par la détermination et la douleur de Sirius. Elle heurta Voldemort assez violement pour le faire chanceler mais il ne tomba pas, Sirius grinça des dents. C'était le mieux qu'il puisse faire, et ça ne suffisait pas à renverser son adversaire. Il avait l'impression de se déplacer au ralenti comparé à Voldemort ; Sirius bloqua la riposte de justesse. Je m'épuise trop vite, réalisa-t-il. Mon manque de concentration va me tuer.

Et il n'y avait rien qu'il puisse faire pour changer ça.

Soudain, Voldemort agita sa baguette et envoya des chaînes argentées tourbillonnantes dans la direction de Sirius. Pendant un moment, l'Auror étourdi fut hypnotisé par ces liens brillants, mais son instinct l'avertit à temps, il esquiva par la droite s'effondrant presque. Un sort de désintégration désespéré manqua largement les chaînes, mais il parvint à les réduire en morceaux avec un sort d'explosion. Puis un sort d'expulsion l'envoya plusieurs mètres en arrière.

Quelque chose craqua quand il heurta le sol, et Sirius se demanda si c'était une autre côte ou quelque chose de plus grave. Mais il était presque au-delà de la douleur et il se redressa une nouvelle fois, chancelant et peinant à lever sa baguette à temps pour bloquer un Reductor. Étourdi, il essaya de sortir du brouillard qu'il l'entourait, Sirius fit un pas incertain vers la droite et le regretta immédiatement. Le monde bascula et il manqua de tomber, mais lutta pour garder son équilibre.

"Imperio!" tonna Voldemort, et Sirius sut qu'il ne pourrait pas se déplacer à temps. Immédiatement, la chaleur l'enveloppa et la douleur disparut –

Non ! Son âme déchirée n'avait pas encore abandonné et il parvint à repousser le sort.

"Conteriaco!" cria-il, chancelant encore.

Voldemort bloqua le sort avec la facilité et tout l'enfer se déchaîna.

"Stupefix!"

"Imperio!"

"Avada Kedavra!"

"Everbero!"

Un éclair déchira le ciel, et la seule chose qui sauva Sirius de la mort fut son genou droit qui avait refusé de porter son poids et s'était dérobé. La foule cria et s'écarta avec une terreur soudaine, ils n'étaient plus paralysés par le duel comme précédemment. Plusieurs personnes furent projetées de côté sans prévenir, comme poussées par un géant invisible. Alors un éclair rouge surgit de derrière le Seigneur des Ténèbres et une voix familière s'écria :

"Attention!"

Rogue. Fantastique. Sirius avait justement besoin de plus de Mangemorts, et s'il n'avait pas été condamné avant, il l'était certainement maintenant. A sa gauche, Lucius Malfoy émergea de la foule et se précipita vers Sirius – le sortilège de la mort qui avait failli l'avoir venait de lui, comprit l'Auror un peu tard. Il fit un effort pour se remettre debout. Mais il n'osa pas se tourner pour faire face à Malfoy – le faire reviendrait à tourner le dos à Voldemort et signifiait une mort certaine.

Sans prévenir, un autre éclair rouge surgit de derrière le Seigneur des Ténèbres et Sirius vit le bord des longues robes de Rogue prendre feu. Le Mangemort plongea hors de l'allée des Embrumes avec Frank Londubat, Bill Weasley, Hestia Jones, et Kingsley Shacklebolt sur ses talons.

Sirius les aurait encouragés s'il en avait eu l'énergie. Comment les Aurors étaient venus, comment avaient-il su, ça n'avait pas d'importance pour le moment - Sirius n'était plus seul et c'était tout ce qui comptait. Pour la première fois, il commença à penser qu'il pourrait survivre.

Malefoy le visa encore et Sirius bloqua le sort à temps en se tournant légèrement vers le Mangemort malgré son genou cassé - définitivement – essaya de se dérober à nouveau. Mais alors même qu'il se déplaçait, Voldemort lui jeta un autre sort et Sirius sauta en arrière sans réfléchir. L'atterrissage, cependant, s'avéra impossible et il tomba encore. Il fut sur ses genoux juste à temps pour voir Malefoy le viser une fois de plus.

Un éclair de lumière frappa Malfoy entre les omoplates et le Mangemort tomba face contre terre. Remus sauta par-dessus le corps sans ralentir.

"Sirius!" La baguette de Remus pointa sa tête et Sirius se jeta à terre alors qu'un éclair rouge passait au-dessus de lui. Bien qu'il ne puisse pas le voir, Sirius devina au son que le sortilège de son ami avait frappé Voldemort, provoquant sa colère.

Remus fut à ses côtés au moment où Sirius roulait à genoux une nouvelle fois. "Je n'ai jamais été si heureux de te voir", dit Sirius d'une voix rauque en prenant la main offerte, heureux de l'aide qu'elle lui offrait. Il doutait d'être capable de tenir debout tout seul.

"Faut toujours que tu t'attires des ennuis", lui répondit Remus avec un sourire tendu au moment où Sirius capta un mouvement.

"A terre!"

Il n'attendit pas que son ami obéisse ; Sirius laissa simplement son corps s'effondrer et entraîna Remus avec lui, observant la lumière verte clignoter au dessus d'eux. Mulciber et Flint avaient poursuivit Remus à travers la foule et Dung Fletcher était juste derrière eux. Sirius lança un sort et le vit toucher Flint, mais les deux Mangemorts continuaient d'approcher - et il avait visé Mulciber.

"De mieux en mieux", gronda-t-il. Parler lui brûlait la gorge.

"Reste à terre." Remus sauta sur ses pieds et défia la paire de Mangemorts.

"C'est ça." Sirius parvint à s'accroupir dans sa position de combat, et espéra que personne ne vit que c'était tout ce qu'il pouvait faire.

"Sirius -"

"Pas le temps" Il saisit le bras de Remus et le força à s'accroupir pour éviter un sort. Malefoy était à nouveau sur pieds, mais le sort ne venait pas de lui

Merde.

Il se retourna pour se trouver à nouveau face à face avec Voldemort. Le Seigneur des Ténèbres leur lançait des sorts rapidement sans se soucier de qui ils frappaient. Alors que Sirius observait, impuissant, et essayait de se débarrasser de son vertige, trois personnes dans la foule tombèrent, mortes. Et ça, parce qu'ils étaient eu mauvais endroit au mauvais moment. La rage éclaircit soudain sa vision.

"Everbero!" cria-t-il et il vit le sort d'éjection frapper fort, envoyant Voldemort directement sur Rogue. Mais le Mangemort espion – pourquoi es-tu toujours au bon endroit au bon temps ? - réagit assez rapidement pour empêcher le Seigneur des Ténèbres de tomber.

Les yeux rouges et froids se concentrèrent sur Sirius. "Avada Kedavra!"

Il se jeta de côté, heurtant volontairement Remus au passage pour que le sort ne le frappe pas à sa place. Remus poussa un cri de surprise et les pavés éclatèrent, propulsant des éclats sur eux. Sirius se tourna péniblement et se jeta dans la direction opposée – la dernière chose dont ils avaient besoin était que Voldemort les prenne tous les deux pour cibles. S'il le faisait, il en aurait assurément au moins un. Mais aucun autre sort ne vint et Sirius, haletant, nota que la rue était devenue étrangement tranquille.

Lentement, il leva la tête, et se rendit compte que Voldemort était parti. Malefoy, Mulciber, Flint, et Rogue aussi – c'était terminé. C'était bel et bien terminé.

Sirius se remit sur ses genoux – enfin, sur un genou, le droit ne répondait plus du tout. Pour la première fois, il remarqua la fumée dans l'air, les trous dans la rue, l'odeur du bois et de la chair brûlés. Les flammes dansaient toujours sur les ruines de la boutique de glaces de Florian Fortarôme et le feu s'était étendu au magasin d'instruments magiques, dont il était entrain de consumer le toit. Les piétons malchanceux erraient dans tous les sens, ignorant les flammes alors qu'ils auraient pu les éteindre avec un simple sort. Bon nombre d'entre eux avaient des brûlures ou des contusions, et Sirius pouvait voir plusieurs corps carbonisés de personnes qui n'avaient pas pu s'échapper avant que la boutique de glaces n'explose.

Les gens commençaient à bouger. Alors que Sirius fixait l'entrée béante de Gringotts, qui ressemblait étrangement à une bouche sans ses portes extérieures, les portes intérieures d'argent s'ouvrirent sur un grand groupe. Tous regardaient autour d'eux avec de grands yeux, réalisant l'ampleur du massacre. Plusieurs personnes le désignèrent mais Sirius n'avait plus la force d'y prêter attention.

"Sirius?" C'était Remus, il le dominait comme un étrange Goliath. Sirius cilla et tourna lentement la tête, battant des paupières quand sa vision commença à se troubler.

"Ouais." Il lui fit un demi sourire. C'était le mieux qu'il puisse faire.

Son bras gauche était toujours douloureux, envoyant des vagues continues de douleur lancinante dans tout son corps. Le reste de ses maux avait semblé insignifiant en comparaison jusqu'à maintenant, mais à présent ses autres blessures commençaient à se venger d'avoir été ignorées, et Sirius pouvait sentir chaque os cassé crisser à chacune de ses respirations. Pourtant, il était encore engourdi et il savait que la douleur n'était pas aussi terrible qu'elle n'aurait pu - ou aussi terrible qu'elle serait bientôt. Sirius avait eu une énorme montée d'adrénaline et il réalisa que la combinaison de l'adrénaline et du sort de guérison rapide expliquait qu'il avait pu continuer à bouger.

"Tu peux te lever?" demanda tranquillement Remus.

"Je crois." Sirius inspira profondément dans l'espoir de dissiper son vertige. "Mais je ne tiendrai pas longtemps. J'ai utilisé un sort de guérison rapide", expliqua-t-il. "J'ai environ quinze minutes avant qu'il ne se dissipe."

"Bien." Remus fronça les sourcils avec inquiétude mais ne dit rien. "Viens." Il tendit une main pour aider Sirius à se lever, l'Auror la prit avec reconnaissance.

"Merci Lunard." Sirius sourit malgré lui, essayant de respirer calmement. La foule s'approchait.

"Tu es dans un état lamentable, mon ami," répondit son vieux copain.

Sirius eut soudain envie de tousser, mais s'en empêcha. Il n'avait pas envie de savoir ce que ça ferait. "Sans rire."

Délicatement, Sirius essaya de s'appuyer sur sa jambe droite et constata qu'elle était étonnamment engourdie. Insensible, oui, mais plus engourdie que douloureuse, il l'interpréta immédiatement comme un mauvais présage. La seule fois où sa jambe avait agi comme ça, c'était quand il s'était échappé d'Azkaban et qu'il avait énormément forcé sur un os déjà cassé. Sirius soupira. Il faut que j'arrête de me faire ça. Des pas rapides qui s'approchaient lui firent lever les yeux de sa jambe, Sirius s'obligea à un demi sourire. Les Aurors, menés par Frank Londubat, stoppèrent entre Sirius et la foule.

"J'allais te demander si tout allais bien, mais je devine la réponse," dit tranquillement Frank.

"Je me suis déjà senti mieux, ouais," répondit Sirius en s'écartant doucement du soutien de Remus. Son ami lui jeta un regard inquiet. "ça va."

Les yeux de Frank parcoururent la foule. C'était étonnant de voir à quel point seulement trois Aurors pouvaient maintenir les spectateurs curieux en arrière. "Qu'est-ce que tu veux qu'on fasse?"

Sirius se retint de lui demander comment il aurait pu le savoir. Que ça lui plaise ou non, Sirius était le chef des Aurors et, en dépit de ses propres désirs, il était également à la tête du Département d'application des lois magiques. C'était la première fois depuis des décennies que les deux postes étaient combinés, mais le Ministère n'était pas exactement au meilleure de sa forme. Il expira tranquillement.

"Coordonne les réparations," dit-il finalement. "Appelle James et dis-lui d'envoyer des gens du Département des catastrophes magiques – en espérant que ce ne soit pas Ombrage ou Fudge - et demande leur de vous aider à nettoyer tout ça. En outre, regarde si tu ne peux pas trouver quelques volontaires pour dégager la rue et éteindre les feux."

Il inspira profondément. "Ceux qui ne veulent pas aider rentrent chez eux. Point. Evacuez tout le secteur, sauf les commerçants, les volontaires et les employés de Ministère. Vous pourriez également amener les candidats ici pour aider."

"Bien." Frank acquiesça. "Je demanderai également à Alice de faire venir tous les Aurors actifs ici."

"Bonne idée." Sirius toussa et sentit ses côtes s'entrechoquer dans sa poitrine. Pendant un moment, le monde tourna et il se dit qu'il allait tomber mais sa vision s'éclaircit après quelques secondes, le laissant avec un étourdissement familier. Le sort de guérison rapide commençait à se dissiper.

Frank le vit aussi. "Je suggère que tu rentres à Avalon," dit-il tranquillement. "C'est le seul endroit qui soit absolument sûr."

"Je suis d'accord." Oh, il détestait se cacher, mais Sirius savait qu'il n'avait pas le choix. Remus, cependant, fronça les sourcils.

"Tu dois aller à Sainte Mangouste, Sirius."

"Je ne peux pas." Lentement, il se tourna pour regarder son ami dans les yeux, et parla doucement. "Je ne mettrais pas d'autres vies en danger, Remus. S'il m'attaque là-bas, je n'aurai aucune chance."

Pendant un long moment, Remus étudia son visage. Mais il hocha finalement la tête. "Sois prudent, Patmol."

"Je le serai."

"Je vais voir ce que je peux faire pour aider ici," continua l'autre, puis il se tourna vers Frank. "Je suppose que des bras supplémentaires sont les bienvenus?"

"Certainement," répondit Londubat. Puis il appela par-dessus son épaule, "Bill!"

Weasley vint vers lui en courant, laissant Shacklebolt et Jones se débrouiller avec la foule à présent curieuse dans laquelle Sirius distingua plusieurs journalistes. Y compris Rita Skeeter. Oh, joie.

Les yeux de Weasley passèrent rapidement sur Sirius et il grimaça légèrement. Sirius aurait voulu qu'il ne le fasse pas, mais le jeune homme avait déjà eu à faire à Voldemort, alors il s'empêcha de faire une quelconque remarque. Bill regarda Frank. "Oui?"

"Va à Avalon avec Sirius," commanda l'instructeur. "Reviens avec quinze des candidats et dis aux autres de maintenir la sécurité sur l'île."

"Compris." Bill jeta un œil à Sirius qui était pris d'un autre vertige. "Tu peux transplaner?" demanda-t-il tranquillement.

Il grinça des dents. "Je peux si on se dépêche."

"Alors ne perdons pas de temps."

"C'est la meilleure idée de la -"

"M. Black!" cria soudain une voix. "Sirius!"

"Hé ! Revenez ici, vous!" Hestia Jones était sur les talons de Skeeter, mais l'affreuse sorcière courait vers Sirius. Un autre journaliste tenta de la suivre, mais fut dissuadé par la carrure et le regard assassin de Kingsley.

Skeeter se précipitait vers eux, brandissant sa plume à papottes dans le ciel comme une épée. Elle s'arrêta seulement quand trois baguettes se pointèrent sur elle – tous les membres du petit groupe la menaçaient, excepté Sirius. Et il l'aurait certainement fait s'il n'avait pas été si fatigué. Elle le regarda puis ouvrit la bouche pour les bombarder de questions.

Londubat fut plus rapide. "On peut vous aider?" cracha-t-il.

"Euh, non." Skeeter lui jeta un regard méchant. "Vous ne pouvez pas."

Sirius réprima un gémissement, contrairement à Bill.

"J'ai bien peur que vos questions ne doivent attendre un autre moment," intervint Remus avant que tout le monde ne s'énerve. Il abaissa sa baguette, et après un long moment, Frank et Bill firent de même.

"J'ai bien peur de ne pas avoir de questions pour vous, Remus Lupin," répliqua impérieusement Skeeter. "Bien qu'un jour, je puisse avoir envie d'interroger le loup-garou de Poudlard au sujet d'accidents impliquant les élèves."

Remus ne cilla même pas, mais elle lui sourit méchamment avant de tourner son attention sur Sirius.

"J'étais sur le point de partir." Il lui retourna son sourire méchant, conscient du fait que sien était tendu par la douleur, mais incapable de s'en soucier.

"Mais -"

"Peut-être dans une autre vie," la coupa-il sans ménagement avant de se tourner vers Bill. "Tu es prêt?"

"Allons y."

Levant sa baguette, Sirius ferma les yeux et se concentra sur Avalon.

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Voilà, voilà… la suite s'appelle Les conséquences de la défiance… je suis sûre que vous imaginez !