Promesses retenues
Générique
Auteur : Robin4, sous le titre original de Promises Remembered
Inspiration JKR, mais très UA quand même !
Traduction :
Petite Plume
Attention accélération du rythme
de parution à prévoir !
Relecture et mise en ligne : Fénice qui est un peu débordée mais qui s'accroche
Sponsors officiels : Bicounet, Fée fléau, Shima-Chan, Siri, Alana Chantelune, Kiri…
Chapitre vingt-deux : Le prix de la résistance
Transplaner ne s'avéra pas une très bonne idée. Le voyage du chemin de traverse à Avalon ne prit que quelques secondes ; pourtant Sirius eut le temps d'éprouver tout un éventail de sensations physiques des plus désagréables. Quand il arriva sur l'île des l'Aurors, sa tête tournait et son estomac se révulsait. Il chancela ; il avait oublié où il était et ce qu'il faisait là, mais il s'en souvint quand il s'appuya sur sa jambe droite et que la douleur se répandit dans tout son corps.
Sirius se rattrapa et retint un cri. Heureusement, ils étaient seuls dans la zone de transplanage, et Bill Weasley connaissait la douleur.
"Tu as besoin d'aide ?" demanda le jeune Auror, trop intelligent pour poser des questions stupides comme 'ça va?'. Sirius grimaça.
"Pas encore", répondit-il avec une honnêteté sinistre. "Mais si nous ne nous dépêchons pas, je vais m'effondrer quand le sort de guérison n'agira plus." Et c'était l'euphémisme du siècle.
"Bien." Bill ouvrit la porte intérieure. "Alors, allons-y."
Sirius acquiesça et boita dehors à la lumière du soleil, souhaitant que sa main droite s'arrête avant de se saisir de son avant-bras gauche douloureux. Ca ne le soulagerait pas, il en était conscient, et ça ne cacherait rien non plus. Pendant un moment, il considéra l'idée d'essayer de rallonger sa manche pour couvrir la marque - mais il n'en fit rien. Sirius était bien trop épuisé pour jeter même un sort tout simple, et ses robes étaient bien trop déchirées pour couvrir son avant bras sans magie.
Et puis, la cacher ne changerait rien.
"J'ai vu que les quatre des instructeurs sont venus sur le chemin de Traverse", commenta-t-il pour éviter de penser au moment où il allait s'effondrer. "Qui as-tu nommé responsable?"
Bill fit un sourire en répondant. "Ta cousine, en fait."
"Oh?" Sirius sentit ses sourcils se lever malgré lui. "Et, comment s'est-elle débrouillée?"
"Je ne sais pas encore," admit l'autre. "Mais on ne va pas tarder à le découvrir."
Sirius grogna son accord, luttant pour éviter de se concentrer sur ce quoi, ses pensées voulaient aller – là où, en fait, il avait toutes les raisons de se concentrer. Mais il ne voulait pas penser à ça maintenant. Il ne pouvait pas. Pas avec la marque rouge brûlant sur son bras et la marque noire plus profonde sur son âme. Pendant quatre années, il avait vécu en sachant qu'il devrait y faire face, mais il avait toujours espéré, prié, pour que ce jour ne vienne jamais. Et maintenant qu'il était venu, il se sentait vide et froid – sali - à l'intérieur. Sirius l'avait su depuis le début, même si il s'était forcé à oublier.
Les vieilles portes s'ouvrirent quand Bill s'avança, glissant le long du mur dont elles semblaient faire partie. Ces portes, aussi innocentes et antiques qu'elles paraissaient, étaient l'une des barrières les plus fortes que l'île possédait. Elles protégeaient la zone principale de transplanage depuis le jour où Viviane Merlyn avait basé les Aurors à Avalon. Les grandes portes en pierre autorisaient seulement les Aurors à passer – les portes n'acceptaient que les diplômés. Jamais les portes n'auraient laissé entré quelqu'un qui n'y avait pas été autorisé, même s'il était parvenu à contourner les autres barrières et à transplaner sur Avalon. Il y avait des exemples - Sirius en connaissait six – d'intrus malchanceux (et un candidat idiot) qui avaient été écrasés et tués par ces portes. Personne, dans toute la longue histoire d'Avalon, n'avait jamais réussi à les forcer.
En boitant vers l'ouverture, Sirius fut saisi par la crainte. Pourraient-elles… – il eut du mal à respirer. Il était Auror depuis longtemps ; il était même celui qui avait rouvert l'île six semaines auparavant. Mais il avait changé, maintenant les ténèbres le rongeaient et elles n'avaient pas leur place sur cette île que Rowena Serdaigle avait, par le passé, appelé l'île de la lumière. Il n'y avait aucun mensonge à Avalon. Certains lieux étaient simplement magiques, et, comme Poudlard, l'île savait tout.
Mais marque des ténèbres ou pas, Sirius franchit les portes de pierre indemne.
Ou, du moins, pas plus blessé qu'il ne l'était déjà. Sa jambe droite menaçait de lâcher à chaque pas, même le sort de guérison rapide ne parvenait plus à la faire obéir. Et sa poitrine commençait à le brûler, c'était une sensation entièrement différente de la douloureuse sécheresse de sa gorge provoquée par ses cris. Non, cette douleur venait du manque d'air. Ses côtes cassées avaient dû perforer un poumon ou les deux. Cela apprit à Sirius que la magie le protégeant était sur le point de disparaître.
Dix minutes, pensa-t-il. Peut-être quinze.
Il trop concentré sur ses problèmes pour remarquer les silhouettes qui courraient au devant d'eux avant qu'elles n'atteignent Bill qui le précédait. Un brave homme, et il était dans son élément - Sirius n'avait jamais été instructeur sur Avalon bien qu'il l'ait toujours voulu. Cependant, les années qu'il avait passées à Azkaban étaient celles où il aurait normalement du être mentor... Et vivre. Il regarda les nouveaux venus. Il valait mieux ne pas penser à ça maintenant.
Il reconnu quelques visages, mais Sirius devinait plus qu'il ne voyait qui ils étaient à travers son malaise. La majorité des candidats avait baissé leurs baguettes, mais quelques uns lui jetaient des regards soupçonneux. Plusieurs froncèrent même les sourcils, surpris de son état, mais leurs regards rebondirent sur Sirius sans l'atteindre. Il souffrait trop pour ce soucier de jeunes enfants désagréables.
Toujours était-il que son bras gauche s'était plaqué contre son torse, dissimulant la marque aux yeux des curieux. Peut-être, était-ce juste l'instinct.
La fille d'Andromeda courut jusqu'à Bill. "J'ai posté des gardes aux deux quais, et à chacune des trois zones de transplanage. Nous avons également patrouillé sur l'île à intervalles réguliers, et j'ai mis une personne près des feux, si quelqu'un appelle."
"Bien joué." Bill lui adressa un sourire fatigué. "Merci. Ils ont besoin de nous pour nettoyer le chemin de Traverse," continua-t-il. "Les sections une à trois iront là-bas. La section quatre demeurera ici pour la sécurité."
Des murmures excités ou déçus s'élevèrent et les candidats échangèrent des regards curieux alors qu'une demi-douzaine s'approchait. Clairement, ils voulaient plus d'informations, mais aucun n'osa les demander jusqu'à ce qu'un candidat aux cheveux châtain clair laisse échapper :
"Et les Mangemorts?", les yeux rivés sur Sirius. Un vague souvenir refit surface et Sirius se retint de dévisager le candidat. Deauclaire, lui dit sa mémoire. Premier de la classe... avec quelques réserves. Seul Frank Londubat peut classer premier quelqu'un qui nous déteste si ouvertement.
Bill, cependant, jeta un coup d'oeil à Sirius par dessus son épaule, il se força à lui répondre par un sourire. Sirius toussa, conscient des regards fixés sur lui et de la douleur lancinante de son bras gauche. C'était comme si son bras lui disait, tu ne peux plus m'ignorer. Salaud.
"Les Mangemorts sont partis," répondit-il avec précaution. "Le chemin de Traverse est un vrai champ de ruines, mais Voldemort est parti."
Quinze paires d'yeux élargis le contemplèrent, recollant les morceaux. En quelques secondes, la méfiance fut remplacée par une admiration intimidée - Sirius avait été regardé comme ça avant, mais il n'était quand même pas à l'aise.
"Mais... comment?" demanda une fille.
Son souffle se faisait de plus en plus rapide, Sirius avait du mal à le contrôler. Il haussa les épaules avec raideur. "Nous nous sommes battus. Il est parti."
"Vous avez gagné?" haleta quelqu'un. Il ne savait pas qui et s'en moquait. Le monde se mit à tourner. Sirius renifla.
"Rien de si merveilleux."
Les candidats confus clignèrent des yeux, malgré son vertige, Sirius voyait leur espoir. Il avait froid. Personne ne posa de questions, mais ils continuèrent à le regarder fixement en silence, seul Bill lui jeta un regard plein de compréhension, et plein d'une compassion que Sirius n'avait plus la force de haïr. Son cœur se serra.
Affronte-les maintenant ou cache-la pour toujours.
Sirius se força à redresser ses épaules douloureuses. Ce n'était pas comme ça qu'il pourrait supporter les ténèbres dans son âme ; s'il commençait à se cacher, il ne s'arrêterait jamais. Oublier n'était pas une solution, mais il était parvenu à cacher ses souvenirs... jusqu'à ce que Voldemort le force à faire face à ses pire expériences et à ses pires peurs, et il l'y avait contraint non pas dans la noirceur d'Azkaban mais en plein jour et sous les yeux du monde. Sirius ne s'était pas rendu compte qu'il avait retenu son souffle, expirer fut très douloureux.
"Vous le verrez dans les journaux bien assez tôt," il se força à parler légèrement, mais s'abstint de hausser à nouveau les épaules. Ca le faisait trop souffrir.
Les bouches commencèrent à s'ouvrir, mais Sirius les coupa en secouant la tête. Il fit un immense effort pour écarter son bras gauche de son torse – il aurait préférer se terrer au fond d'un trou pour protéger son âme blessée. Mais l'obscurité ne pouvait pas être évitée ou ignorée. Elle devait être combattue.
La marque saignait toujours, mais Sirius se refusa à l'essuyer. Il n'était pas prêt à la toucher et il avait le sentiment qu'il perdrait connaissance s'il le faisait. Les yeux du serpent semblaient jeter un regard triomphant, même lorsqu'il ne le regardait pas, sur son esprit et sur son âme. Le crâne était encore maculé de sang frais, mais cela ne brouillait pas l'image du tout. D'une certaine façon, ça ne faisait que faire ressortir la marque d'avantage. Les lignes noires étaient sombres sur sa peau pâle, et bien que le dessin ait été précis, il n'avait rien de beau. Particulièrement pour celui qui s'était tant battu contre ça.
Il y jeta un rapide coup d'oeil avant de relever la tête. Il n'avait pas besoin de regarder cette chose qui avait déjà envahi son esprit.
Mais les autres regardaient toujours fixement la marque, Bill inclus. Sirius savait que l'Auror s'était rendu compte de ce qui s'était produit (comment aurait-il peu en être autrement ?), mais le voir était différent. Pourtant, le visage de Bill était impassible, à la différence de ceux des candidats. Ils étaient pâles et mal à l'aise – et, le pire de tout, effrayés. Personne ne sut quoi dire, mais Sirius savait qu'ils méritaient tous une explication et qu'ils en avaient besoin.
"Il y a quatre ans, Voldemort me l'a faite de force," dit tranquillement Sirius, lui-même étonné par le son de sa voix. "J'étais trop faible pour résister suffisamment."
Il inspira, et cette fois la brûlure fut la bienvenue. La douleur l'aida à se concentrer. "Elle était cachée depuis lors." Tous les regards étaient rivés sur la marque. "Il l'a fait apparaître pendant notre duel. Je lui ai cassé le nez." Le bref sourire de Sirius fut méchant et il s'en étonna. "Et une pommette ou deux."
"Il s'est enfui après ça." Le sourire de Bill n'était plus méchant mais inquiet.
Le choc visible sur les autres visages montra qu'ils ne voyaient pas la même chose que Bill, et ce que Sirius savait déjà. Cinq minutes ? Se demanda-t-il, il se dit qu'avec un peu de chance, c'était vrai. Son corps menaçait de s'effondrer, il ne tenait que par sa volonté de fer, nourrie par le sort de guérison. La plupart des gens ne connaissaient pas le lien étroit entre la magie et la volonté, mais Sirius l'avait instinctivement découverte à un jeune âge. En s'entraîner avec Maugrey, un des hommes les plus forts qu'il n'ait jamais rencontrés, lui avait appris ce rapport. Ca avait été une dure leçon, mais elle lui était utile maintenant.
Et il connaissait bien son corps. Cinq minutes. Pas plus. Sirius se tourna vers Bill, écartant les candidats de son esprit.
"Allons-y." Il n'avait pas assez de souffle pour en dire plus.
"Oui." L'instructeur se mit en mouvement. "Sections une à trois, préparez-vous à partir. Tonks, vous êtes toujours responsable de la section quatre. Il y aura probablement plein d'Aurors ici bientôt. Passez leur le commandement quand ils arriveront. Jusque-là, maintenez la sécurité."
Sirius n'attendit pas d'entendre leurs réponses affirmatives pour se diriger vers la villa principale, évaluant la distance dans sa tête et espérant qu'il ne s'effondrerait pas avant d'y être arrivé. Les os de son genou se frottaient les uns contre les autres, et même avec le sort de guérison, Sirius boitait. Pourtant, son évasion d'Azkaban avait été bien plus dure, et il avait l'habitude de la douleur.
La porte apparut indistinctement devant lui au moment où il sentit le sort se fendre. Si ça avait été un bloc de la glace, on aurait pu voir les fissures se propager et se multiplier. Sirius ne faisait que sentir ces fissures, mais il savait qu'elles étaient là. Peut-être que Bill vit son vertige et nota qu'il contrôlait moins bien ses mouvements. L'Auror se précipita en avant pour ouvrir la porte, donnant le mot de passe rapidement mais calmement - il était un Auror, purement et simplement, même inquiet, il se contrôlait. La porte s'ouvrit et Bill entra.
Sirius le suivit, il trébucha mais parvint à se rattraper au cadre de la porte. Sa vision se brouilla, mais il se redressa avant que Bill ne tende la main pour l'aider. L'Auror voulu parler, mais Sirius le coupa.
"Je dois m'allonger." C'était presque un halètement. Le sort de guérison avait arrêté de se fendre.
Maintenant il s'émiettait.
Bill acquiesça, tourna à droite et ouvrit la première porte. "Ici."
C'était une belle suite, mais Sirius ne la vit pas. En passant la porte, il s'effondra. Sirius tenta de se tenir au mur, essayant de reprendre le contrôle mais il n'y parvint pas.
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Ginny était drôle avec ces lunettes démodées, mais elle avait l'air à l'aise. Elle n'avait que onze ans, n'était même pas encore entrée à Poudlard, mais elle semblait plus âgée avec ses lunettes et son visage concentré et sérieux. Ils la regardaient tous, espérant une réponse et désespérés de savoir ce qui se passait dehors. Elle fronça les sourcils mais ne dit rien.
Fred gémit. "Qu'est-ce que je ne donnerais pas pour avoir la Carte en ce moment."
"Ouais." Soupira Ron en grattant ses cheveux sales.
"Elle ne vous servirait à rien, vous savez," remarqua la raisonnable Hermione. "La Carte du Maraudeur ne montre que Poudlard."
"Oh, laisse-les un peu rêver," répliqua George. Mais Fred pouffa.
"Hermione, je te nomme la briseuse de rêves des Misfits," dit-il avec une grimace. Evidemment, elle se raidit.
"Ce n'est pas de ma faute si je suis la seule à réfléchir," dit-elle malicieusement.
Ron leva les yeux au ciel. "Hé, c'était juste -"
"Je pense qu'ils sont partis," dit soudainement Ginny, coupant son frère. Immédiatement, tous les regards se tournèrent vers elle, ils retenaient leur souffle, osant à peine espérer. Ils étaient coincés dans ce petit trou sales depuis ce qui leur semblait une éternité, et, même s'ils avaient décidé de rester calmement en sécurité, les Misfits étaient prêts à partir. Elle resta silencieuse un long moment avant de continuer.
"Les gens commencent à bouger un peu plus," expliqua Ginny en plissant les yeux. "Et je ne vois plus de Mangemorts. Je pense que c'est fini."
"Tu es sûre ?" demanda Harry avant de pouvoir se retenir.
Ginny frémit. "Non."
"Mais si tu ne vois plus personne on peut y aller, non ?" demanda Ron, plein d'espoir.
"Bien sûr que non," siffla immédiatement Hermione. "Vous avez entendu ce que Harry a dit. On ne peut pas –
Harry posa sa main sur son bras pour la couper. "Ca ne sera plus très long quoi qu'il en soit," précisa-t-il. "Et nous... ne savons pas ce qui s'est passé. Si nous sortons alors que ce n'est pas fini... "
Il n'avait pas besoin de finir cette phrase. Même Ron, aussi impatient et ennuyé qu'il était, acquiesça. Ils n'étaient pas devenus les Misfits (sauf Ginny, mais elle était bien partie pour gagner sa place dans leur groupe) pour rien, après tout – ils étaient particulièrement doués pour ignorer les règles, même Hermione. Habituellement, ils se seraient déjà faufilés dehors, mais c'était différent. Ca devait l'être. Même pour des fauteurs de troubles chroniques, il y avait trop de risques.
"Ouais," souffla finalement Fred. "Je déteste -"
"Quelqu'un vient." Encore, Ginny les avait interrompus.
"Qui?" demanda Ron.
Elle ne répondit pas. Personne ne bougea.
Finalement, un sourire éclaira le visage de Ginny. "C'est Maman."
"Tu es sûre?" demanda George, s'attirant un regard en coin.
"Naturellement, je suis sûre," répliqua-t-elle en retirant ses lunettes et en les laissant tomber dans une poche. "Je ne suis pas idiote, George. Je reconnais ma propre maman."
"D'accord." Les jumeaux se glissèrent vers le haut et ouvrirent la trappe. Un instant plus tard, Harry entendit Molly Weasley se ruer vers les jumeaux et leur demander où étaient les autres –
"On est là, maman." Ginny encore, elle avait l'air innocent sans ses lunettes. Elle se tourna vers Harry avec un sourire, il l'aida à sortir du trou. Lui et Ron soulevèrent Hermione ensemble, et si l'autre garçon la poussait vers le haut avec un petit air gêné, Harry feignit de ne pas le voir. Puis, des mains rieuses se tendirent vers eux, Ron et Harry émergèrent de l'obscurité.
"- si inquiète pour vous - Percy est parti d'un coté, et vous six de l'autre. J'avais peur que vous vous soyez encore attiré des ennuis - "
"On allait le faire," la coupa joyeusement Fred.
George hocha la tête. "Mais Harry nous en a empêchés."
"Harry...?" s'étonna Mme Weasley, et Harry lui sourit. Il n'avait pas dit ça pour les empêcher de s'attirer des ennuis (il n'était pas très doué pour ça, quoi qu'il en soit), mais Mme Weasley lui tapota l'épaule. "Je suis fière de toi, mon chéri."
"Euh, merci, Mme Weasley," marmonna-t-il. Mais même Percy était assez futé pour savoir ce que ça voulait vraiment dire : Mme Weasley ne pouvait pas vraiment lui dire 'je suis étonné que le fils de James Potter ait autant de bon sens.' Heureusement, Ron parvint à détourner l'attention générale avant que sa maman ne se lance dans une autre tirade. Il jeta à Percy un regard soupçonneux.
"Où étais-tu?" demanda Ron.
"J'étais coincé dans l'animalerie magique, si tu veux savoir," répliqua son grand frère. "Je suis tombé sur maman quand elle est partie vous chercher."
"Comment vous connaissiez ce trou?" demanda Mme Weasley pour les calmer.
George lui adressa un sourire angélique. "Maman, nous savons tout du chemin de Traverse."
"Tout," répéta Fred en écho.
Les Misfits (et Ginny) reniflèrent. Percy s'agita, mais Mme Weasley sourit de soulagement. Elle rayonnait. "Je suis si heureuse que vous soyez tous sains et saufs. Maintenant, pourquoi ne retournerions pas tous au Terrier-"
Mais quelqu'un ou quelque chose fit tomber la bonne humeur de Harry. Soudain, plus rien ne lui semblait amusant. "Et Sirius?"
Mme Weasley hésita et se mordit la lèvre, et l'estomac de Harry se contracta sous l'effet de l'angoisse.
"Je ne suis pas sûre," admit-elle tranquillement. "Il est parti avant que je ne -"
"Mais il est parti ? Il est vivant?" demanda vivement Harry.
"Bien sûr qu'il est vivant. Ne t'inquiète pas pour ça mon chéri." Elle essaya de lui faire un sourire encourageant mais Ron la coupa.
"Vivant ? Et Vold - "
" Ron!"
"Désolé, Maman." Il n'avait pas l'air très désolé. "Et Tu-Sais-Qui?" Il est mort ? C'est fini?"
Pendant un court instant, ils se prirent à espérer. Mme Weasley soupira. "Non, j'ai bien peur que non," dit-elle tranquillement. "Les Mangemorts sont partis, mais Vous-savez... il est parti. Je n'ai pas vu le duel. J'étais trop loin."
"Mais Sirius va bien?" Harry ne voulait pas admettre qu'il avait eu peur de l'issue – la lettre qu'il avait reçue en avait à la fois trop dit et pas assez. Pourquoi il avait reçu cette lettre maintenant, il l'ignorait, ce n'était peut-être qu'une simple coïncidence, parce que personne ne pouvait avoir prédit ça.
"Il est en sécurité, Harry." Harry remarqua qu'elle n'avait pas dit qu'il allait bien, mais il se dit qu'il n'en saurait pas plus.
Ginny renifla soudainement. "C'est quoi cette odeur?"
"Des bâtiments qui brûlent," répondit Percy. "C'est un désastre."
"Il est temps pour nous de partir," intervint Mme Weasley. "Si nous restons, nous allons gêner les Aurors."
"Les Aurors?" demanda Hermione avec curiosité.
"Ils sont venus pour aider à nettoyer," expliqua Percy. "Même si ce n'est pas vraiment leur rôle. La procédure veut que... "
"Oh, silence, Percy," Mme Weasley pouffa. "Ils n'ont pas besoin d'une conférence sur le fonctionnement du ministère de la Magie maintenant."
"Désolé, Maman."
Ensemble, le petit groupe sortit de la boutique de Quidditch (qui était étonnamment vide, et Harry se demanda où était parti le propriétaire), et entra dans la rue. Immédiatement, Harry vit que Percy avait raison – c'était un désastre. Des débris fumants jonchaient la rue et, à l'ouest de la rue, il vit un grand groupe de personnes et bien plus de fumée. Il y avait des pavés éclatés et la boutique de Florian Fortarôme ressemblait à un cratère sortit tout droit d'un film Moldu. Il n'y avait pas beaucoup de gens de ce coté de la rue, et ceux qu'il pouvait voir se penchaient sur des corps. Certains pleuraient doucement. Quelqu'un hurlait sa douleur.
Ils regardaient tous.
Harry ignorait que l'odeur de la chair brûlée était aussi insoutenable. A sa droite, il entendit Hermione hoqueter, et Ron avait viré au vert. Son teint était assorti à l'horrible Marque des Ténèbres qui flottait avec arrogance dans ciel – les autres l'avaient-ils vue ? Les survivants semblaient bien trop traumatisés pour s'en inquiéter. Mais plus Harry la regardait, plus la marque des ténèbres lui semblait vivante. Ses yeux rougeoyants le fixaient en riant. En riant.
Il cilla quand Ginny saisit son bras. "Viens," dit-elle tranquillement en le tirant en avant.
Harry hocha la tête et jeta un dernier coup d'œil sur la marque. L'illusion était passée, si ça avait été une illusion. Il l'espérait.
"Harry?" appela Hermione d'une toute petite voix, il tourna la tête. "Est-ce...?"
"Ouais." Ron était à côté de lui maintenant, et le trio suivit les jumeaux et Ginny silencieusement, heureux, pour une fois, de ne pas s'être attiré d'ennuis. Harry déglutit. Il y avait tant de morts, tant de destruction... il ne s'était pas attendu à ça.
Percy qui était derrière Harry, fut choqué quand Ginny se retourna une dernière fois. "Qu'est-ce que tu fais?"
Ses yeux bruns rencontrèrent ceux de son frère. "Je veux me souvenir."
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"Qu'est-ce qui t'es arrivé?" demanda Julia en désignant d'un geste la jambe de sa belle-soeur. Elle avait attendu la fin de l'attaque au manoir Malefoy, une chose qu'elle détestait – mais elle n'avait pas le choix. Elle avait besoin de savoir.
"Reductor. Lupin." Elle s'assit lourdement, ruinant une des précieuses chaises du salon avec sa jambe couverte de sang.
"Aïe." Julia se rendit compte qu'elle ne semblait pas très compatissante mais l'était-elle ? "Et comment s'est passé le reste?"
Les yeux bleus de Narcissa s'assombrirent dangereusement, elle eut un sourire dangereux. "Mon cousin chéri," fit-elle d'un ton acide. "Et ses charmants petits amis."
"Oh?" Son coeur martelait si fort que Julia s'étonna que Narcissa ne l'entende pas. Naturellement, la seule question qu'elle brûlait de poser était celle qu'elle ne pouvait pas – Il est encore vivant ?
"Oui, oh," cracha Narcissa. "Comme d'habitude, il est parvenu à ruiner nos plans." Elle sourit encore. "Naturellement, ça ne s'est pas passé aussi bien qu'ils l'espéraient."
"Combien de morts?" Il lui était presque impossible de paraître détachée.
"Macnair seulement." Elle n'avait pas l'air de s'en inquiéter. "Plusieurs blessés."
"Pas -?"
Sans prévenir, Lucius entra dans la pièce, coupant Julia. Elle avait lu les pensées de son frère depuis toujours ; elle était venue au manoir Malfoy pour voir si elle n'avait pas perdu la main - mais quelque chose dans l'expression de son frère la fit frissonner. Des années à flirter avec le danger avaient appris à Julia à faire confiance à son instinct... et quelque chose n'allait pas.
Lucius ignora complètement son épouse, ses yeux gris étaient fixés sur elle. "Nous devons parler."
Il continua à marcher. Julia sauta sur ses pieds. "Où?"
"Dans mon bureau. Maintenant." Lucius sortit de la pièce, il n'avait pas son habituelle attitude faussement ennuyée. Julia dut réellement se dépêcher pour le suivre, une chose qu'elle n'avait jamais faite dans sa vie. Mais c'était le Lucius sérieux, pas le Lucius arrogant et aristocratique.
Le chemin jusqu'au bureau fut rapide, et ni l'un ni l'autre ne parlait. Toujours poli et bien élevé, Lucius lui tint la porte ouverte, mais son visage était fermé. Il fit signe à Julia de s'asseoir, elle obéit, un peu déroutée par l'attitude de son frère. Elle ouvrit la bouche mais Lucius la devança.
"Tu l'as dit à qui, Julia?"
Son monde se glaça. "Quoi?"
"Je sais que c'était toi." Sa voix était étonnamment douce. "Tu es la seule à l'avoir su assez tôt pour alerter Lupin - et c'était Lupin, non?"
Julia le regarda fixement. Son cerveau marchait si lentement qu'elle avait l'impression de nager. Pendant un long moment, elle ne put dire un mot, Julia savait que ça revenait à admettre sa culpabilité, mais elle n'avait pas prévu ça... elle connaissait les risques, mais n'avait pas pensé que ça se passerait comme ça. Pas comme ça.
"Je ne suis pas sûre de te suivre, Lucius," parvint-elle à dire d'une voix hésitante qui n'échappa pas à Lucius.
"Ne me mens, Julia," dit-il tranquillement. "Quoi que tu fasse, ne me mens pas à moi."
Une alarme sonna dans sa tête. "Pourquoi je te mentirais?"
"Je sais que tu a parlé à quelqu'un de l'attaque du chemin de Traverse," dit son frère d'une voix égale. "Merlin, épargne-moi tes mensonges, je sais même pourquoi. Personne d'autre n'a encore compris, mais quelqu'un le fera bientôt, et à ce moment là, il sera trop tard."
"Trop tard pour quoi?" Tous ces rêves s'écroulaient, et maintenant tout ce qui lui restait était de savoir combien de temps elle survivrait. Connaissant le Seigneur des Ténèbres, ce ne serait pas long.
À moins qu'il n'ait d'autres projets pour elle – s'il vous plait, faites qu'il ne se serve pas de moi contre Sirius, pensa désespérément Julia. Je ne serai pas son appât. Je me tuerais plutôt.
"Trop tard pour te sauver," répondit Lucius, ses yeux pâles brillaient.
"Quoi?"
Son frère aîné lui sourit légèrement, mais il n'y avait aucune joie dans son expression. "Tu as beau être une imbécile, Julia," chuchota-t-il, "tu es toujours ma soeur. Si tu pars maintenant, tu as peut-être une chance."
Était-il vraiment... ? Là encore, il lui fallu un long moment pour trouver sa voix. "Mais tu..."
Julia ne put finir. Tu es le bras droit du Seigneur des Ténèbres. Une des personnes les plus impitoyables que je n'aie jamais connues. Son serviteur le plus fidèle après cette folle de Bellatrix Lestrange.
"Oui." Il n'y avait aucun regret dans ses yeux – il ne voulait pas le lui faire voir si par hasard il en éprouvait. "Mais tu es de ma famille, et s'il y a une chose que les Malefoy ont toujours faite, c'est être solidaires."
Julia le regarda.
"Pars, quitte le pays, petite soeur. Pars et ne te retourne pas. Fais tes adieux, si tu veux mais fais vite. Je ne peux pas retarder sa découverte sans me compromettre."
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Hé voilà, c'est toujours les filles qui trinquent !
La suite ?…la suite s'appelle Corps, cœur, esprit et âme… un peu pour tout le monde, donc…Soutiens bienvenus !
Enfin, pour celles et ceux qui sont en manque de Sirius et Robin4, annonçons la traduction par Alana Chantelune du one-shot Unbroken... on le trouve à l'adresse fanfiction/s/2759731/1/... attention, c'est presque un spoiler!
