Générique

Auteur : Robin4, sous le titre original de Promises Remembered

Inspiration JKR, mais très UA quand même !

Traduction : Petite Plume

Relecture et mise en ligne… Fénice qui essaie de faire face !

Sponsors officiels : Pona (bravo pour le décompte!);Bicounet qui veut plus de Rogue; Fée Fléau qui s'inquiète pour Sirius (sans blague!); Shima chan (ah, b'en là aussi, il va être très émouvant le Severus); Kiri qui se laisse émouvoir; Siri qui veut la suite et Coronella que j'avais oublié la fois d'avant! Bravo d'être là!

Chapitre vingt-quatre : A l'aube d'un nouveau jour

Le soleil se levait sur Avalon, montant au dessus des vagues et éclairant de ses rayons dorés un monde trop souvent plongé dans les ténèbres. L'aube semblait balayer l'île, commençant par les antiques toits et descendant doucement le long des murs, puis éclairant la colline pour finir pas les champs verts. Sur les quais, la lumière du soleil se reflétait sur les vagues, il était difficile de regarder directement l'eau, c'était un jour magnifique, un jour d'été. Une personne normale aurait admiré la vue et senti l'espoir porté par les rayons du soleil, mais les Aurors et les candidats étaient bien trop épuisés pour ressentir de telles émotions. Tous avaient été debouts toute la nuit, certains avaient aidé à nettoyer le chemin de Traverse et d'autres avaient aidé les Aurors à surveiller Sainte Mangouste.

Maintenant, après dix-sept heures de travail, le nettoyage avait été interrompu et les candidats de la section trois avaient rejoint trois Aurors à l'hôpital. Tous tombaient de fatigue malgré la dureté de leur formation. Les candidats et les Aurors avaient partagé les mêmes difficultés, y compris la section de Tonks, 4904-4, qui avait effectué les deux derniers, et les deux plus longs, voyages entre Sainte-Mangouste et le chemin de Traverse. Pour ces raisons, tous les habitants de l'île étaient morts de fatigue, mais personne n'était prêt à aller dormir.

Quand l'aube arriva, la majeure partie de les Aurors (professionnels et candidats) errait autour de la villa principale, ils parlaient très peu et regardaient fixement le ciel. Ils attendaient. Attendaient et espéraient.

Mais tout le monde n'attendait pas pourtant, et cela inquiétait encore plus les Aurors. Les quatre instructeurs, Alice Londubat et Dana Lockhart étaient toujours à l'intérieur, et Weasley et Dana avaient été là depuis que Sirius Black était arrivé. Moins de trois heures plus tard, Mme Pomfresh était arrivée de Poudlard – une décision étrange qui inquiétait Tonks - et avait disparu dans la villa principale. Et, il ne fallait pas être Rowena Serdaigle pour deviner de quoi il retournait. Mais ils ne savaient rien.

Finalement, Alice Londubat émergea de la villa principale, pâle et les yeux cernés. Elle était arrivée une heure avant, après avoir assisté à diverses réunions au Ministère et après avoir organisé la sécurité pendant que son mari coordonnait les efforts de nettoyage du chemin de Traverse. Frank Londubat, naturellement, les candidats le connaissaient bien – trop bien même - mais ils connaissaient peu Alice. Elle était le numéro deux de la Division des Aurors et du Département d'application des lois magiques, mais elle n'était pas venue beaucoup à Avalon pendant leur formation. Beaucoup étaient même trop épuisés pour la reconnaître, mais Tonks l'observa marcher jusqu'à Francine Hoyt. Elles parlèrent à voix basse puis Alice se tourna vers eux.

"Il va s'en sortir," dit-elle sans préambule. "Il est conscient maintenant, et il se repose."

La foule parut soulagée, et Tonks sentit un frisson la parcourir. Ce n'était pas juste parce que Sirius était de sa famille - il était un héros. Ils avaient besoin de lui, et si Voldemort était parvenu à le tuer ou lui avait causé des blessures suffisamment graves pour qu'il en meure, tout ce pourquoi Sirius s'était battu aurait été réduit à néant. Le mystère de sa marque des ténèbres était déjà assez mauvais, mais marque ou pas, ils avaient besoin de lui. Tout comme le reste du monde.

Tonks inspira. Oui, le monde magique avait besoin de lui, mais comprendraient-ils ? La marque des ténèbres avait choqué la Division des Auror, mais ils étaient Aurors. Ils avaient compris que ce n'était pas le choix de Sirius, que parfois l'obscurité gagnait. Le reste de la société, cependant... Elle renifla bruyamment. Ils croient ce qu'ils lisent dans la Gazette. Ils croient que le monde est noir ou blanc. Les nuances de gris n'existent pas pour eux. Comprendraient-ils ? Elle avait peur de le découvrir.

Horace se pencha vers elle. "Je me demande comment va Dana?"

"Fatiguée je parie," répondit-elle, baillant comme pour illustrer ses propos.

"Comme nous tous." Étonnamment, c'était Cornelia qui avait parlé, elle n'était plus si jolie recouverte de crasse et après deux nuits blanches.

"Ouais," acquiesça Horace. "Je parie qu'on a tous l'air morts aussi."

Cornelia pouffa. "Tout à fait."

"Alors, où est Jason?" demanda Tonks, plus pour se maintenir éveillée que par désir de savoir.

"Il discute avec Londubat," répondit-elle en haussant les épaules. "Va savoir pourquoi."

Tonks suivit le regard de Cornelia, et vit Jason s'éloigner de Alice Londubat l'air menaçant. L'expression de l'Auror était illisible, mais ses yeux fatigués suivirent Jason comme il se dirigeait vers ses camarades. Il grognait quand il arriva près d'eux.

"Qu'est-ce qui se passe?" demanda Horace, mais Jason secoua la tête.

"Rien."

Tonks ouvrit la bouche pour objecter mais Alice Londubat s'éclaircit la gorge pour obtenir l'attention. "Maintenant," commença-t-elle, "tous les candidats retournent dans leurs quartiers. Tous les aurors actifs seront logés dans les quartiers des invités de la villa principale. Les tours de garde continueront, comme précédemment annoncé, sous la direction de M. Dawlish. Personne ne quittera cette île pour un autre motif qu'une mission officielle. Si vous avez des questions, adressez vous directement à moi ou aux instructeurs."

Adam Macmillan, qui s'était assis dans l'herbe, se leva. "Est-ce qu'on peut appeler nos familles?"

"Les Aurors actifs, oui. Les candidats, non," répondit immédiatement Alice, plusieurs des camarades de classe de Tonks froncèrent les sourcils. Elle ne savait pas pourquoi - ils n'avaient pas pu appeler leurs familles depuis le début de la formation. En fait, la mission sur le chemin de Traverse avait été leur première sortie hors de l'île, mais apparemment ça n'effleurait pas l'esprit de gens comme Jason Deauclaire.

"C'est de la discrimination," grogna-t-il.

Horace leva les yeux au ciel. "C'est le règlement."

"Mais -"

"Chut!" siffla Cornelia. "Tu te conduis comme un idiot."

Elle était la seule à pouvoir se permettre une telle réflexion. Même après avoir passer un mois en compagnie des autres, Jason était toujours arrogant jusqu'à l'absurde. Parfois, Tonks pensait que ça faisait partie de sa personnalité et que Jason n'y pouvait rien. Elle se retint de ricaner – un peu d'humilité le tuerait probablement. Jason grogna encore, mais se tut.

Londubat poursuivait :

"La villa principale est interdite à tout ceux qui n'ont pas eu d'autorisation préalable. Les Aurors actifs sont encouragés à utiliser les équipements de formation s'ils désirent, mais ils devront observer les mêmes règles que les candidats." Elle promena son regard sur le groupe.

"Si vous n'avez pas d'autres questions, vous pouvez disposer. Je vous tiendrais informés de l'évolution de la situation."

Lentement, le groupe se divisa alors que chacun regagnait ses quartiers. Seul Jason essaya de rester encore, mais Cornelia le prit par le bras et l'entraîna.

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Ses membres étaient lourds comme du plomb quand il se réveilla pour la deuxième fois depuis le départ de Pomfresh. La première fois avait été un désastre, Sirius s'était réveillé tremblant et frissonnant, comme s'il avait été couvert d'une mince couche de glace. Il avait été si absorbé par son combat intérieur qu'il avait complètement ignoré son corps - involontairement, mais la seconde attaque de Voldemort avait été bien plus violente que la première. Il s'était accroché à la conscience après cela, pourtant il n'avait pas été capable de ne pas sombrer. Il avait fallu les efforts combinés de Bill Weasley et de Madame Pomfresh pour qu'il reste éveillé, et Bill avait fini par jouer le rôle d'une bouée, maintenant Sirius dans le monde réel.

Finalement, Voldemort n'avait pas pris le contrôle de son âme - mais il avait bien faillit réussir. Des heures étaient passées avant que Pomfresh ne puisse commencer à le soigner, Sirius avait été trop occupé à essayer de se contrôler, et Bill à le maintenir conscient. Vivant. Bill, Sirius le savait, lui avait sauvé la vie tandis qu'il luttait pour son âme. Mais il n'avait pas eu la force de le remercier quand il eut fini. Sirius avait à peine l'énergie suffisante pour prendre les potions de Pomfresh avant de sombrer dans un sommeil léger. Finalement, son état léthargique s'était transformé en sommeil sans qu'il s'en rende compte. Jusqu'ici.

Ses yeux s'ouvrirent si lentement que Sirius eut peur que ses paupières soient gelées. Mais finalement, elles s'ouvrirent, et Sirius cilla comme s'il avait le vertige. Il fallut un long moment à Sirius pour se rendre compte qu'il regardait fixement les yeux de Hestia Jones.

"Tu n'es pas," dit-il d'une voix rauque, sa bouche était aussi sèche qu'un désert, "exactement la femme que je voudrais voir en me réveillant."

Jones renifla. "Je vois que tu n'as pas perdu ton sens de l'humour," répliqua-t-elle. "Et nous qui avions peur que tu ne meures. Franchement, on n'aurait pas dû se faire autant de souci."

"Quelque chose dans ce genre," marmonna Sirius. Il essaya de sourire, mais son visage ne bougea pas. Il toussa, et essaya d'humidifier sa bouche. "De l'eau ?"

"Là." Jones lui tendit une tasse en rougissant. "Comment te sens-tu?"

Sirius but, étonné que son bras droit lui obéisse. "Mieux." Comme si j'étais en train de mourir, pas mort. "Qu'est-ce que tu fais là?"

"Nous nous sommes relayés à ton chevet après que Bill se soit effondré dans son lit."

"Il va bien ?" Sa gorge était incroyablement douloureuse, et l'eau lui avait fait du bien.

"Ouais," répondit Jones, "juste fatigué."

"Je suis heureux de l'apprendre." Son esprit se dégageait, mais pendant que ses pensées s'organisaient, la douleur se réveilla. Son avant-bras lui faisait moins mal qu'avant, mais la sensation était toujours là, et Sirius savait que s'il touchait la marque elle serait gelée. "Il faudra que je le remercie plus tard."

"Plus tard, oui, car Madame Pomfresh va me jeter un sort si je te laisser te lever maintenant."

Sirius rit, s'étonnant lui-même. "Est-ce que tous les gens qui sont allés à Poudlard ont peur de cette femme?"

"Je pense," dit sérieusement Jones puis elle sourit. "Elle a fait du bon travail sur toi."

Son estomac gargouilla avant qu'il ne puisse acquiescer. "Quelle heure est-il?"

"Une heure et demie," elle haussa les épaules. "Tu as dormi longtemps." Pendant des heures, réalisa-t-il. Pomfresh avait fini juste avant l'aube.

"Il y a à manger dans le coin ?" demanda-t-il, sentant son estomac se faire plus insistant, il se rappela qu'il n'avait pas mangé depuis le petit déjeuner du 13. Maintenant, le 14, après l'heure du déjeuner, Sirius se sentait prêt à manger un chien à trois têtes.

"Ouais." Jones se leva. "Si tu me promets de ne pas mourir pendant mon absence, je vais aller te chercher quelque chose."

"Je ne mourrai pas." Sirius sourit. "Promis."

"Bon." Elle sortit.

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Quand Jones revint, Sirius était assis dans son lit. Elle le fixa d'un air réprobateur, mais le temps qu'elle avait passé à le "réorienter" lui avait appris que Sirius était constitutionnellement incapable de reculer – même quand c'était pour son propre bien. ça avait été l'une des qualités qui l'avaient amenée à le détester, mais les mois de travail côte à côte leur avaient enseigné le respect mutuel.

Jones gémit. "Tu ne renonces jamais?"

"Non."

Il n'avait pas voulu dire ça d'une voix si plate et si distante. Mais être seul l'avait incité à réfléchir. Même s'il pouvait se forcer à sourire et même rire quand il était assez distrait, le sentiment de vide n'avait pas disparut. Le sentiment étrange et froid dans le fond de sa gorge demeurait, et Sirius commençait à penser qu'il ne partirait jamais. Il avait certes gagné une bataille, mais la marque brûlante sur son bras était un rappel durable qu'il perdait la guerre.

"Tu vas bien?" demanda-t-elle soudainement, et Sirius cilla.

"Oui, ça va." Jones le regardait fixement avec des yeux inquiets et clairvoyants. Il soupira. "Etre seul... ça m'a fait me souvenir."

Et les cauchemars dansaient toujours dans son esprit.

"Tu veux en parler?" demanda-t-elle tranquillement.

"Non."

Peut-être qu'il aurait dû en dire plus. Peut-être que Jones méritait mieux. Mais il ne pouvait pas, ne le ferait pas - "Personne ne sait que c'est là. Mais ça restera pour toujours. Il n'y a aucun moyen de faire demi-tour." –Pas ici et pas maintenant. Sirius avala avec difficulté, mais même s'il savait qu'il était cruel, il ne pouvait pas se forcer à dire les quelques mots qui auraient adouci le coup.

"Très bien," dit Jones avec précaution. "Voici à manger."

"Merci."

Il mangea dans un silence inconfortable, heureux qu'elle ait choisi des nourritures qui n'irriteraient pas sa gorge douloureuse. Son estomac protesta après les deux premières bouchées, mais Sirius força ses intestins à se calmer. Aussi affamé qu'il était, Sirius se sentait toujours mal, assez mal pour se demander si vomir n'aurait pas été plus facile. Mais non, il savait qu'il devait manger. Il devait guérir.

Le sort le frappa alors qu'il n'était qu'à moitié conscient, Sirius gémit de douleur. Son corps entier brûlait, et il se sentait... sali. Froid. Noir. Son bras gauche semblait à la fois mort et brûlant.

"Bonjour."

Il cilla. Respirer était affreusement douloureux, et il avait du sang dans la bouche. Sirius voulut crier, mais ne trouva plus la force de le faire. Il ne pouvait contrôler ses tremblements.

"Et comment tu te sens aujourd'hui?"

Il avait à peine la force de garder les yeux ouverts, mais Sirius se força à avaler jusqu'à ce qu'il puisse parler. "Tu n'as pas gagné," chuchota-t-il d'une voix rauque.

Son corps convulsa de douleur.

"Tu dis ça avec une telle certitude." Le Seigneur des ténèbres sourit. "Pourtant, on dirait que j'ai gagné."

Tousser lui arracha un cri de douleur, et il lui fallut un long moment avant que de pouvoir ne serait-ce que penser à parler. "Tu en es sûr ?" coassa-t-il, retenant un autre cri.

"Tout à fait sûr, oui. Tu as survécu et gardé ton esprit intact. Je te veux soumis, et non brisé."

Frissonnant, Sirius nota que Jones le regardait fixement. A un moment, alors qu'il avait été prisonnier de ses souvenirs, il avait laissé tomber sa fourchette, elle était tombée sur le plateau. Ignorant obstinément son regard, il reprit l'ustensile et recommença à manger. Il faisait avec ses souvenirs depuis des années.

Mastiquer. Avaler. Mordre. Mastiquer. Avaler. Forcer son estomac à arrêter de se révulser. Un long silence s'écoula, et un coin froid de l'esprit de Sirius s'en réjouit. Tant qu'il n'aurait pas besoin de penser, pas besoin de se rappeler, il ne voulait pas parler. Jones ne comprendrait pas. Elle ne pourrait pas. Personne ne pourrait.

"Il y avait deux articles intéressants dans la Gazette ce matin," dit Jones, faisant sursauter Sirius. Silencieusement, il maudit sa réaction nerveuse, furieux d'avoir perdu assez de contrôle pour reculer. Tu fais un sacré Auror, Sirius. Il retint un reniflement. Tu ne peux même pas l'écouter parler sans reculer.

"La nouvelle s'est répandue," poursuivit-elle comme il ne répondait pas. Ces mots firent retrouver la voix à Sirius.

"Ce n'est pas une surprise."

Apparemment, elle avait espéré plus d'intérêt. "Tu veux les lire?"

13 Août 1992

MARQUE DES TENEBRES—MAUVAIS SORCIER?

Par Rita Skeeter, Envoyée spéciale

Depuis des années, le monde magique connaît la signification la marque

Des ténèbres : un serpent rampant hors d'un crâne avec les yeux

brillants. C'est depuis longtemps le symbole de celui-dont-on-ne-doit-

pas-prononcer-le-nom, la marque qui est le signe de ses plus fidèles

partisans... décore maintenant le bras du plus grand héros du monde

magique, Sirius Black.

Il semble qu'il ne mérite plus le titre de héros, si ? Faisons une pause

pour considérer les faits. Regardons la vérité au lieu du mythe pour une

fois.

Fait 1 : Black prétend avoir été le gardien du secret des Potter et avoir gardé ce secret en dépit de dix ans de torture.

Fait 2 : Ces dix années ont été passées dans les mains de celui-dont-

On-ne-doit-aps-prononcer-le-nom.

Fait 3 : La marque des ténèbres est maintenant visible sur le bras de

Black.

Mais depuis combien de temps est-elle là ? Et pourquoi ? Beaucoup vous

diront que Black a combattu la marque, mais ceux qui ont vu ce qui s'est

réellement produit savent que c'est un mensonge. Il a à peine résisté, et

si ça ne soulève aucune question, que faudrait-il ?

Le mot héros ne semble donc plus approprié. En fait, traître semble être

beaucoup plus exact – Il est clair que Black sert Voldemort depuis sa

supposée "évasion" d'Azkaban, et maintenant le fait a été révélé. Il

essayera de le nier, naturellement, mais qui peut discuter avec ce serpent

éclatant sur son bras ? Voila donc la vérité, sans mensonges, bien que le

ministère de la magie essaye encore de s'accrocher à leur "héros" aussi

longtemps que possible. Est-ce que ce de l'ignorance obstinée ou de la

négligence criminelle ? En ce moment, c'est impossible de le dire, mais

le meilleur ami de Black est James Potter, l'homme qui a tranquillement

pris le poste de ministre de la magie grâce à des mensonges et à la

supercherie.

La guerre n'est plus noire et blanche, si c'est une guerre après tout.

Maintenant il semble que le monde magique est une pièce d'un jeu

immense dont celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom a fixé les

règles. Est la seule question qui reste est de savoir ce que feront les

sorciers et les sorcières maintenant que les mensonges ont été révélés.

LE PRIX DE LA LIBERTE

Par Charles Li, Envoyé spécial

Un miracle s'est produit sur le chemin de traverse aujourd'hui. Pas un

miracle dans le sens classique du terme – comme dans les contes de fées

ou face aux créatures magiques - juste de l'héroïsme et du courage.

Des centaines de sorcières et de sorciers ont observé ce que nous

pensions impossible arriver. Nous avons vu, en plein jour, des

Mangemorts attaquer le chemin de Traverse, tuant des innocents et

assassinant ceux qui ne pouvaient pas battre en retraite. Menés par le

Seigneur des ténèbres lui-même, les Mangemorts tuaient à volonté,

détruisant un des endroits les plus sûrs du monde magique de Grande-

Bretagne.

Ils l'ont presque détruit.

En plein jour. Sous les yeux de centaines, voir même de milliers, de

spectateurs. Une seule personne a agi.

Sirius Black.

Nous devrions avoir l'habitude maintenant d'entendre son nom particulièrement quand il est question d'événements héroïques, de

circonstances extraordinaires. Peut-être que nous devrions être

habitués à le voir agir quand les autres n'osent pas. Peut-être.

Mais ceux qui ont été témoins de ses actes sur le chemin de Traverse

ne pourront pas oublier ce qu'il a fait – et le prix que Sirius Black a dû

payer. Pendant que nous observions dans un silence stupéfait, immobiles

et trop effrayés pour agir, Sirius Black a payé très cher pour avoir

protégé ceux qui ne combattaient pas. Il a fait face tout seul à

Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom; seuls quelques Aurors,

sortis de leur mystérieux camp d'entraînement et deux professeurs de

Poudlard ont pris la peine d'aider. Personne d'autre. Et Sirius Black a payé

le prix notre liberté. Et il l'a payé très cher.

La marque des ténèbres brûle dorénavant sur le bras de Sirius Black, et

pas une âme qui a été témoin de ce jour fatidique sur le chemin de

Traverse ne pourra affirmer qu'elle a été placée là avec son consentement.

Personne ne sait où ça mènera, mais nous pouvons être sûrs que Sirius

Black affrontera l'avenir avec le même courage que celui dont il a fait

preuve par le passé. Les semaines à venir s'annoncent très sombres

et le peu d'espoir qui nous reste est étroitement lié à Sirius Black.

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Remus arpentait les remparts, seul. Le soleil de fin d'après-midi brillait mais il se disait qu'il aurait dû faire noir. Quelque chose clochait. Des forces invisibles le poussaient, le dirigeant vers une finalité inconnue - où, il l'ignorait. Mais les visions augmentaient en fréquence et en clarté. La Fontaine essayait de lui dire quelque chose depuis des semaines, quelque chose d'important. Remus aurait tellement voulu savoir quoi.

"Tu as l'air inquiet."

La voix le fit sursauter. Il était rare de surprendre Remus - entre ses sens ultra développés et l'influence de la fontaine, Remus avait une conscience aiguë de ce qui l'entourait, même dans les pires moments. C'était particulièrement vrai sur les terres de Poudlard, mais curieusement, cette règle ne s'était jamais appliquée à Severus Rogue. Encore plus étonnant, Remus avait le sentiment que la fontaine aimait Severus.

"Il se trame quelque chose," répondit-il lentement en se retournant pour faire face à son adjoint. Severus était le premier des professeurs à être arrivés, et probablement le seul à avoir assez de ténacité pour le chercher. Les autres arriveraient pour le dîner, et Remus attendait impatiemment leur compagnie.

Severus renifla. "En voila une nouvelle."

"C'est clair." Remus lui jeta un regard aigre, puis haussa désespérément les épaules. "Non... c'est juste qu'il va se passer quelque chose. Je le sens."

"Tu le sens ?" fit l'autre en écho, ses sourcils se levèrent.

"Oui." Il aurait voulu en dire plus, mais... Maudite soit ta double identité, Severus. Quand je voudrais te faire confiance, je n'ose pas – et plus pour ta propre sécurité que pour la mienne. "Je le sens."

Sagement, Rogue n'en demanda pas plus. Il dit d'une voix très tranquille. "Quelque chose va se passer. À Poudlard, quoi qu'il en soit."

"Voldemort ?" Il ne put s'empêcher d'être étonné. Depuis l'attaque ratée des géants qui semblait à des années lumières derrière eux, le Seigneur des ténèbres n'avait rien tenté. Il n'avait pas menacé Poudlard, n'avait entrepris aucune action. Il semblait se contenter d'attendre. Attendre et apprendre.

"J'en ai peur," admit Severus.

"Peur ?" répéta doucement Remus. Ce n'était pas un mot qu'il avait l'habitude d'entendre venant de Rogue.

"Oui. J'ai peur." Remus vit ses yeux noirs observer la pelouse. Il y avait de la douleur dans sa voix. "J'aime cet endroit. Je ne veux pas le voir mourir."

Remus avala. "Nous ferons en sorte que ça n'arrive pas."

"J'espère qu'on pourra." Le regard de Rogue se posa sur lui. "Mais je crains le pire. Les choses deviennent sérieuses, Remus. Bientôt on ne pourra plus l'ignorer. La guerre devient plus sérieuse."

"Elle ne l'est pas déjà ?" Remus eut froid.

"Tu n'as pas encore vu de quoi le Seigneur des ténèbres est capable, mon ami," dit doucement Severus. "Je prie pour que tu ne le vois jamais."

-------------

Le Ministère devait maintenant se trouver un bâtiment qui durerait. Tous les endroits provisoires qu'ils avaient trouvés avaient été trahis ou découverts, et James n'était pas enclin à risquer des vies inutilement. La '"rumeur" (autrement connue sous le nom de Severus Rogue) disait que Voldemort avait chargé Lucius Malfoy de la destruction de tous les nouveaux ministères, et jusqu'ici, Malfoy avait fait un travail exceptionnel. Pour l'instant, les sept départements du ministère se réunissaient dans des endroits séparés et non révélés : même James ne savaient pas où ils étaient, même si lui et Arthur aient des moyens de contacter tous les chefs de service. Plusieurs des départements tournaient toujours avec très peu de personnel, mais ils tournaient - pour le meilleur ou pour le pire, le gouvernement était opérationnel.

Plus ou moins. Lui et Arthur partageaient un bureau sombre dans un bâtiment Moldu, ils effectuaient la plupart de leur travail à la maison et grâce à la cheminée mais employaient ce qu'ils appelaient "l'affreux bureau" pour se rencontrer en privé. Ni l'un ni l'autre ne pouvait se le permettre trop souvent, mais parfois ils n'avaient pas le choix.

"Fudge commence à semer la discorde parmi les chefs de service," dit tranquillement Arthur. Son visage autrefois jovial était ridé : il semblait avoir vieilli de plusieurs années depuis l'attaque du Ministère, et encore d'une douzaine depuis le massacre du chemin de Traverse.

"Encore?" gronda James avec irritation. "Il s'arrête jamais ?"

Le sourire de Arthur se fit malicieux. "Je dois vraiment répondre à cette question ?"

"Non," gémit-il. "Qu'est-ce qu'il veut maintenant ?"

"La paix. Il dit que nous devons en finir avec cette guerre avant que plus d'innocents ne meurent. À n'importe quel prix," ajouta sinistrement Arthur.

"Qu'est-ce que tu ne me dis pas?" demanda faiblement James. Fudge disait plus ou moins la même chose depuis la destruction du ministère et la mort de Dumbledore l'avait projeté sous les feux de la rampe. L'attaque du chemin de Traverse lui avait seulement donné une arme supplémentaire - mais quelque chose dans la voix de Arthur avertit James que c'était différent.

"Apparemment, Veronica Nightshade fait un article exclusif pour le sorcier hebdomadaire," répondit le vice ministre. "Un vieil ami de Poudlard m'en a parlé. Le titre sera 'une vision de paix '."

"Oh." Il n'y avait pas grand-chose à dire. "Charmant."

"Tout à fait," grogna Arthur. "D'après ce que j'ai entendu, c'est surtout pour t'attaquer. Et les Aurors aussi."

James leva les yeux au ciel. "Et quoi de nouveau?"

"Et bien, il est plus agressif que d'habitude." L'autre rit sans humour. "Il te montre comme un guerrier et les Aurors seraient tes soldats."

"Un guerrier?" Malgré lui, James sourit méchamment. "C'est contre lui que je vais faire la guerre."

"Ouais, moi aussi."

"Et il dit quelque chose à ton sujet ?" demanda-t-il à son subalterne par curiosité.

"Oh, comme d'habitude. Incompétent, impuissant, et surmené", répondit Arthur gaiement. "Rien que nous n'ayons déjà vu, mais je me suis dit que tu voudrais savoir."

"Je déteste ce travail."

OOO

Le suivant s'appelle « une vision de paix »; vous imaginez un peu?