Promesses retenues
Générique
Auteur : Robin4, sous le titre original de Promises Remembered
Inspiration JKR, mais très UA quand même !
Traduction : Petite Plume
Relecture et mise en ligne… Fénice qui essaie de faire face !
Sponsors officiels : Alana Chantelune la précise: il fallait lire « Sorcière-Hebdo », évidemment!; Ryan, l'enthousiaste; Shima chan, la miséricordieuse – elle plaint tout le monde; Kiri qui aime le sombre (bonne pioche !); Fée Fléau qui semble prête à bosser à la relecture pour connaître la suite (méfie-toi, je pourrais dire oui !); Lunenoire la concise – b'en oui, Fudge est un crétin...; Coronella l'anglo-flemmarde(c'est elle qui le dit !); Bicounet qui veut plus de Robin (es-tu déjà allé lire tout ce qu'il y a dans French Robin Universe ?) et puis les nouveaux : Ambre Verte qui s'attache aux persos... et Touffue qui voudrait apparaître au rang de sponsor officiel – eh bien, c'est fait !
French Robin Universe: c'est une communauté que nous avons créée, Alana et moi, regroupant toutes les fics de Robin – les originales et les traductions... y'a de quoi faire ! Vous y trouverez notamment Prélude aux promesses et Unbroken – traduites par Alana – et qui sont des clés de ce que vous allez lire... Pour es fans, donc...
Et on trouve tout ça sur vingt-cinq : Une vision de paix
Le hibou noir atterrit au pied du lit de James et de Lily à minuit, d'une façon ou d'une autre il était parvenu à contourner les défenses de square Grimmaurd pour arriver au moment où James et Lily s'étaient mis au lit. Les deux jours qui avaient suivi l'attaque du chemin de Traverse avaient été longs, et James n'avait pas encore trouver le temps de dormir. Il avait été trop occupé par la reconstruction et les relations publiques pour ne serait-ce que penser à se reposer, mais maintenant il était sur le point de s'effondrer. James voulait se rendre à Avalon assez tôt l'après-midi suivant (fauteuil roulant ou non, ses qualifications d'Auror étaient toujours valables), et il voulait le faire après une bonne nuit de sommeil.
Jusqu'à l'arrivée du hibou noir qui le regardait fixement avec ses yeux rouges.
Des yeux rouges.
James s'assit et saisit la lettre du hibou avant que quelque chose d'inattendu ne se produise - ces yeux rouges lui étaient plus que familiers. Comment ou pourquoi, il ne le savait pas et ne le saurait jamais. Le hibou disparut au moment où il prit la lettre.
« Qu'est-ce - » commença Lily, mais James la coupa.
« Je ne sais pas. »
Tremblant, il rompit le sceau. Une partie de lui ne voulait pas ouvrir - son instinct lui criait que cette lettre était dangereuse. Les années où James avait été Auror lui avaient appris à faire confiance à son instinct... mais il n'avait jamais appris à fuir. Toute sa vie, James avait fait face aux menaces. Il ne s'arrêterait pas maintenant.
La lettre se froissa dans des ses mains quand James la déroula. Le parchemin était antique, et la texture lui apprit qu'il devait être fait main. Même dans le monde magique, un tel papier était rare - et très cher. Même les quatorze familles ne l'utilisaient plus, sauf pour les sujets les plus importants. La magie ne pourrait jamais créer du papier comme celui là.
Il aurait dû comprendre rien qu'en touchant le papier. Mais avant de voir l'élégante écriture démodée, James ne saisit pas.
Cher James,
Je me suis récemment rendu compte du désir de paix que partagent nos deux camps. Comme vous le savez, à la différence des sorciers moyens, je ne suis pas opposé à la paix. La guerre ne sert personne. Je suis, en fait, fortement amendable à une telle cause.
Notre monde a souffert assez. Personne ne réalise plus que moi combien cette guerre nuit à la communauté magique. Créer une telle situation n'a jamais été mon intention, comme un sorcier de votre rang doit le savoir. Cependant, vingt et un ans de conflit ont déformé mes motifs aux yeux du public, et je vous écris pour y répondre.
Je désire la paix. Et je vous le dis sans crainte, je vous tends la main, James Potter, dans l'espoir que vous me joindrez dans mon effort. Joignez-vous à moi et mettez un terme aux ténèbres. Aidez-moi à arrêter cette guerre, James, avant que trop de monde n'en souffre.
Je ne demande pas grand-chose. Je ne demande pas la soumission. Je n'ai pas besoin de la reddition. Je ne cherche pas à casser notre monde en essayant de le sauver. Tout ce que j'exige, c'est que votre gouvernement me donne Sirius Black, et notre conflit sera fini.
Réfléchissez à mon offre en ouvrant grands vos yeux, James, et pensez d'abord à ceux qui dépendent de vous. Je désire la paix de tout mon coeur, mais si vous me faites faux bond, je poursuivrai cette guerre de toutes mes forces, et je ne perdrai pas. Je vous donne une chance, ministre de magie. Profitez de ma bonté.
Ave Atque Vale :
Tom Elvis Jedusor
de la deuxième famille, Jedusor
descendant de la lignées des Serpentard.
Lord Voldemort.
-------------
L'île savait, elle avait toujours su.
Il y avait des lieux du monde de magique qui étaient simplement... différents. Il y avait des lieux qui étaient magiques jusque dans leurs racines, dans leurs sols, dans leurs essences. Souvent, c'étaient des endroits antiques, des maisons ou des centres qui avaient toujours été habités par des gens de la communauté magique. Beaucoup étaient célèbres. Certains, cependant, avaient été oubliés. Tous, cependant, étaient uniques.
Et Avalon était le plus vieux.
À la différence de Poudlard, le plus connu de ces endroits, Avalon ne semblait pas posséder sa propre conscience. L'île n'avait aucune âme, aucune chaleur, et aucune personnalité. Mais elle était différente. Peu, cependant, pouvaient expliquer en quoi, et il semblait que le mot "magique" avait été créé en pensant à Avalon. Mais personne ne l'aurait jamais considérée comme vivante. Seulement puissante.
Ce sentiment, cependant, n'était pas la seule émotion singulière que l'antique île suscitait, ni son unique mystère. La météo en était un autre.
Avalon n'avait pas de saisons. Aucun printemps, hiver, été, ou automne ne passait sur l'île; à la place, le temps reflétait l'humeur du monde : froid dans les périodes les plus désespérées, et doux dans la paix. Les Aurors qui avaient fait de l'île leur maison savaient que le temps était souvent une indication de la façon dont les événements se déroulaient au dehors. Le ciel gris indiquait la montée en puissance des ténèbres, alors que les jours ensoleillés sans nuages montraient que tout n'était pas perdu. Pourtant, d'habitude, l'observation du temps n'était qu'un aide mémoire - jamais auparavant ils n'avaient vu quelque chose de semblable.
La tempête faisait rage sur l'île ce soir-là. Le tonnerre et la foudre semblaient sur le point de réduire en poussière tous les vieux bâtiments de style romain, l'orage se déchaînait. Encore et encore.
-------------
Tom Elvis Jedusor.
James frissonna. Jamais, même pas une fois, il n'avait vu ou entendu le Seigneur des Ténèbres utiliser ce nom. Ce dernier n'avait jamais auparavant reconnu ce nom Moldu, qui prouvait également au monde que Voldemort était l'héritier de deux des quatorze familles. ça révélait des choses sur son passé que le monde magique n'osait même pas imaginer. James déglutit. Voldemort avait utilisé le nom interdit - et il l'avait fait ouvertement, sans crainte. À bon escient.
C'était comme si il jetait un gant à terre pour le défier. Il disait qu'il ne s'inquiétait pas des conséquences, qu'il n'avait plus rien à craindre. Clairement, Voldemort était si confiant d'en avoir gagné autant et si facilement, qu'il pouvait employer ce vieux nom Moldu - parce que personne n'oserait demander d'où il venait.
« C'est quoi, James ? »
Il avala encore, se sentant engourdi, et il passa la lettre à Lily sans un mot. Il ne savait pas s'il pourrait parler - son esprit essayait toujours de démêler toutes les implications de ces trois petits mots. Quand il entendit Lily hoqueter, James commença à penser à ce qui avait été dit au lieu de considérer uniquement la forme. Sa main était glaciale sur son bras droit.
« Le salaud », jura Lily, une chose qu'elle ne faisait jamais. « Comment ose-t-il...? »
« Oh, c'est très intelligent », répondit calmement James. « Il faut lui reconnaître au moins ça. »
« Quoi...? »
Il soupira. « Réfléchis, Lily. Je ne suis pas le seul qui va entendre parler de ça. Ce n'est pas possible. » James fronça les sourcils. « Il sait quelle sera ma réponse. »
« Alors qu'est-ce qu'il cherche ? » Du coin de l'oeil, James la vit mordre sa lèvre, et le joli visage de son épouse était tendu par la concentration. « Même Voldemort devrait savoir que tu mourrais plutôt que de trahir Sirius. »
« Sans hésiter. »
« Alors quoi ? » demanda-t-elle avec inquiétude, jouant distraitement avec une mèche de ses cheveux. « Il a toujours une raison. »
James hocha la tête. « C'est de ça que j'ai peur. Tu as vu la signature sur la lettre ? »
« Oui - Oh ». Lily cilla. « Il t'envoie un message. »
« Plus d'un », souffla-t-il. « Mais pourquoi ? Et quoi ? »
Elle ne connaissait pas la réponse, ils restèrent silencieux et ils réfléchirent. Voldemort ne devait certainement pas penser que James céderait... le pensait-il ? Non. Il n'était pas aveugle à ce point, il ne pouvait pas penser James aussi déloyal que celui. Il devait y avoir autre chose. Quelque chose de plus.
« Si vous me faites faux bond, je poursuivrai cette guerre de toutes mes forces, et je ne perdrai pas », lut tranquillement Lily. « Il cherche à te faire porter le chapeau ? »
« C'est possible ? » répondit James.
« Ca dépend qui d'autre voit cette lettre », répondit-t-elle.
James grogna. « Oh, je détruirai cette chose. Je ne vais pas entrer dans son jeu. »
« C'est peut-être ce qu'il attend, James. »
« C'est pour ça que je vais appeler les rédacteurs de tous les magazines et journaux et que je vais tenir toutes les promesses que j'ai faites », dit-il sinistrement. « Ca ne sortira pas d'ici. »
Lily acquiesça. « J'espère seulement que ça suffira. »
« Moi, aussi », admit-il tranquillement, en lui prenant la lettre des mains. Pendant un long moment, il fixa le vieux papier et l'écriture élégante en se demandant ce qu'il ne voyait pas.
À moins que Voldemort veuille vraiment Sirius à ce point.
Il se mordit la lèvre. « Je pense que Sirius lui fait peur, Lily », dit pensivement James. « Je pense qu'il a vraiment peur. »
« Qu'est-ce que tu veux dire ? »
« Cette lettre est presque un signe de faiblesse », répondit-il lentement. « Il reconnaît que Sirius est une menace pour lui... qu'il doit éliminer Sirius pour pouvoir gagner la guerre. »
« Je doute que ça soit son intention. »
« Ca ne change rien. » James secoua la tête. « Il peut refuser de l'admettre, mais Voldemort doit tuer Sirius. »
« Ou pire », chuchota Lily.
James déglutit. « Ou pire », acquiesça-t-il.
C'était horrible de discuter de son meilleur ami de cette façon, comme si Sirius n'était qu'un simple pion sur un échiquier. Mais la lettre de Voldemort avait révélé des choses à James, et c'était son devoir de considérer toutes les possibilités. Pourtant, ce n'était pas juste. Comment quatre garçons innocents avaient pu être transformés en... en quoi ? En héros ? C'était une pensée étrange. Vingt et un ans auparavant, quand il avait rencontré Sirius pour la première fois dans le Poudlard Express, James n'aurait jamais imaginé que ce garçon espiègle et enjoué deviendrait le seul sorcier à avoir fait face à Voldemort et survécu. Deux fois.
Et maintenant ce salaud veut mon meilleur ami. Il veut l'homme qui a passé dix ans à souffrir parce qu'il était trop fidèle pour me trahir - et Voldemort s'attend à ce que je trahisse Sirius. Il clame que le faire sauverait le monde magique. James en avait la nausée et il connaissait la vérité. Sirius le ferait. Mais je ne peux pas. Même pour le meilleur, je ne peux pas.
Peu importe ce que le futur nous réserve.
-------------
Sirius ouvrit brusquement les yeux dans l'obscurité et haleta. On aurait dit que des doigts froids serraient sa gorge, et il dû lutter contre la nécessité instinctive de crier. Tremblant, Sirius s'assit et essaya de se calmer. C'était juste un cauchemar. Rien plus. Juste un cauchemar.
Vraiment ? demanda la voix froide, et Sirius faillit tomber de son lit sous l'effet de la surprise. Il frissonna.
« Va-t'en », dit-il à la chambre vide, il avait besoin d'entendre les mots. Mais c'était une bien faible riposte, et Voldemort rit.
Je ne partirai jamais, répondit-il posément. Je ne te laisserai jamais. Je resterai ici jusqu'à ce que tu te rendes... ou jusqu'à ce que tu meures.
« Ou jusqu'à ce que tu meures », répliqua Sirius et sortant du lit. Il avait besoin de bouger.
Encore le rire.
Sirius ne prit pas la peine d'allumer la lumière, surtout parce qu'il savait que c'était ce que Voldemort s'attendait à le voir faire pour essayer de combattre les ténèbres à l'intérieur de son âme. Mais Sirius était chez lui dans l'ombre, il y avait été pendant des années. En outre, la lune fournissait assez de lumière par les lucarnes géantes. Il était dans la vieille suite dans la villa principale, la luxueuse suite réservée au chef des Aurors. Mais ça n'avait pas d'importance pour le moment - Sirius voulait juste avoir assez de place pour faire les cent pas.
Marcher l'aida à soulager un peu ses nerfs. Mais le silence, quant à lui, n'aidait pas. Même maintenant que le rire du Seigneur des Ténèbres avait disparu, laissant Sirius dans le calme le plus total. Le seul bruit venait se ses pieds nus sur le plancher en bois poli, et Sirius détesta admettre que le silence l'énervait. Quelqu'un d'autre aurait pu interpréter le silence de Voldemort comme une absence, mais pas Sirius. Sirius pouvait sentir le Seigneur des Ténèbres menacer les bords fragiles de sa conscience.
« Qu'est-ce que tu veux ? » demanda-t-il. La réponse fut immédiate.
Toi, Sirius. Juste toi.
« Non. »
Non ?
« Je ne t'appartiens pas. »
Non ? Un rire doux, presque gentil. Que fais-tu de ma marque qui brûle sur ton bras ?
La douleur le prit avait même que Sirius ne puisse répondre, il s'effondra sur le plancher, haletant et essayant de ne pas crier. Son corps convulsa et sa tête heurta le bois dur alors qu'il luttait pour reprendre le dessus. Pendant un moment, Sirius perdit complètement conscience, et revint à lui avec un sursaut, respirant bruyamment et essayant de combattre la douleur. Mais l'effort ne suffit pas et il entendit le rire dans son esprit –même s'il luttait, Sirius savait qu'il était complètement à la merci de Voldemort.
Puis, abruptement, la douleur cessa, comme si le Seigneur des Ténèbres avait pu pénétrer son esprit. Peut-être... Il sauta sur ses pieds.
« La chair et le sang seulement », gronda-t-il, « pas le coeur ou l'âme. »
Il n'y eut rien d'autre que le rire froid, mais il sentit le lien se renforcer. Non, Voldemort ne pouvait pas entendre ses pensées... mais il pouvait lire en lui comme dans un livre. Non. Pas tout à fait. Il pouvait lire la douleur et le désespoir. Et il pouvait les utiliser.
L'issue lui apparut. Voldemort avait raison. Il avait gagné.
C'est fini, mon ami.
Il regarda par la fenêtre en tremblant. S'accrocher au cadre de la fenêtre ne lui était d'aucun secours. Il s'était battu tellement dur et tellement longtemps... et tout ça pour rien. Son coeur, qui l'avait porté jusqu'ici, ne lui appartenait plus. Le nier ne servait à rien – il ne lui restait plus rien. Aucune chance. C'était fini.
« Non. »
Le mot s'échappa avant qu'il n'ait pensé à parler, et il effraya Sirius autant qu'il effraya Voldemort. Non ?
« Non. »
La douleur manqua de lui faire perdre connaissance, mais il parvint mystérieusement à rester debout. Il sentait l'attaque continuer en lui mais elle semblait étrangement éloignée, étrangement irréelle. Sirius se cogna contre le cadre de la fenêtre et se rattrapa, il voyait des étoiles. Inspire. Expire. Et Voldemort s'amusait de sa résistance.
Tu ne peux pas gagner, Sirius. Plus maintenant.
Il secoua la tête. Les mots sortirent de sa gorge. « Je peux. Je le ferai. »
Un rire doux, presque d'une tristesse malicieuse. Tu ne gagneras jamais, tu n'es pas assez fort.
« Je suis plus fort que tu ne penses. »
Oui, tu es fort, répondit-il d'une voix plate. Mais pas assez. Les hommes comme toi ne le sont jamais.
« Jamais ? » - le défia Sirius. Même quand les années de souffrance l'avaient affaibli, sa résistance n'avait jamais craqué, et maintenant, elle continuait à le porter. Personne n'avait jamais appris à Sirius à abandonner —Voldemort avait essayé, mais la leçon n'avait pas porté ses fruits.
Tu ne peux pas résister à ce que je suis.
« Je le ferai », dit-il sans réfléchir.
Quoi ?
Il eut froid.
« Je deviendrai ce que tu es. »
000
Alors, là, si vous nous écrivez pas...
La suite s'appelle « Par la peur »
niark, niark, niark...
