Promesses retenues

Générique

Auteur : Robin4, sous le titre original de Promises Remembered

Inspiration JKR, mais très UA quand même !

Traduction : Petite Plume

Relecture et mise en ligne… Fénice qui essaie toujours de faire face !

Sponsors officiels : Pona, l'analyste – je partage ta vision du sombrissime Voldie de Robin et oui, le combat inachevé est entre lui et Sirius; Siri l'aventurier le/la (trop?) enthousiaste; Shima-chan, la (trop?) inquiète – tout de même, Sirius, tu le vois abandonner ?; Ajira la supporter – merci!; Touffue qui a des références – malheureusement je suis une bille en Seigneur des anneaux, mais tu as sans doute raison; Ryan qui note le suspens; Kiri, qui ne sait que penser de la dernière phrase...; Lunenoire la concise – je persiste!; Fée fléau la médicale – de l'effet de la privation magique de sommeil sur l'équilibre de nos persos préférés, lol!; et Ambre Verte la postulante au rang de sponsor officiel – eh bien, c'est fait !

Rappel : French Robin Universe est une communauté que nous avons créée, Alana et moi, regroupant toutes les fics de Robin – les originales et les traductions... Y'a de quoi occuper vos insomnies les plus solides !

Vous y trouverez notamment Prélude aux promesses et Unbroken (traduites par Alana) – et qui sont des clés de ce que vous allez lire...

Et on trouve tout ça à l'adresse : c2/3957/3/0/1/

Vingt-six : Poussés par la peur

En temps normal, les jumeaux Weasley ne se levaient pas avant l'aube. Même pour faire une blague ou autre chose du même genre, ça pouvait toujours attendre. Le sommeil, après tout, était très important : il apportait énergie et imagination, des choses que Fred et George Weasley avaient en abondance. Ils étaient des légendes à Poudlard grâce à ces qualités, et ils les nourrissaient dès qu'ils en avaient l'occasion. Surtout en faisant la grasse matinée.

Certaines choses, pourtant, étaient plus importantes que le sommeil. Bien plus importantes que les blagues.

« Tu es là, Lee ? » demanda Fred, la tête dans la cheminée à côté de celle de son frère. Le Terrier était calme comme il ne pouvait l'être que quand le clan Weasley tout entier était endormi. Tous sauf deux, en tous cas.

« Je suis là. » La voix était étouffée, mais soudain la tête de Lee Jordan leur apparut, il jetait des coups d'œil nerveux autour de lui.

« Désolé », s'excusa leur ami. « J'ai cru entendre ma mère marcher à l'étage ».

Fred déglutit. La dernière chose dont il avait envie était que la paranoïaque et inquiète Mme Jordan surprenne Lee la tête dans le feu, d'autant plus qu'elle était déterminée à éloigner son fils de toute sorte de magie - y compris ses amis sorciers. « Nous pouvons rappeler... »

« Non, nous ferions mieux de parler maintenant. Je suis pratiquement sûr qu'elle dort », le coupa Lee.

« Dans ce cas », George hocha la tête et regarda son frère. Le duo hésita quelques secondes, l'indécision de l'un se reflétait dans le regard de l'autre, mais ils étaient prêts. George poursuivit : « Ecoute, Lee, je sais que nous n'avons pas beaucoup de temps, mais nous avons un plan. »

« S'il vise à me faire sortir d'ici, je suis tout à fait d'accord », répondit immédiatement Lee.

« C'est le cas », répondit George. « En partant du principe que tu veuilles retourner à Poudlard. »

« Tu plaisantes ? Je donnerais mon Brossdur 9 pour y retourner ! »

« Ta mère ne te l'a pas confisqué ? » demanda Fred avec curiosité, réfléchissant à toute vitesse. Maintenant, j'ai une idée…

« Non, j'ai réussi à lui faire croire que l'Etoile Filante de papa était à moi, donc elle a brûlé celui-là », répondit Lee en souriant. « C'était de justesse. Mais quel rapport avec votre plan ? »

« Bien, on pense que si tu arrives à Poudlard, le professeur Lupin ne te renverra pas chez toi », expliqua Fred.

« Tu seras plus en sécurité là-bas de toutes façons », ajouta George. « Quoi qu'en dise ta mère. »

« Ouais, en dehors du fait qu'elle ne me laissera pas approcher de quoi que ce soit de magique », leur rappela Lee. « Elle ne me laissera pas sortir si elle vous voit arriver. »

Fred renifla. « C'est là que tes amis les Misfits interviennent. » Il sourit. « Explique-lui, George. »

« Volontiers. » Son jumeau acquiesça légèrement, c'était tout ce qu'il pouvait faire avec sa tête dans le feu. « Quand nous, les sages élèves, on embarquera dans le Poudlard Express, Ron et Ginny feront diversion – on t'as dit que notre petite soeur nous a été très utile ces derniers temps ? – parce que maman ne nous laissera jamais sortir, si elle apprend ce que nous mijotons. »

« Et pendant que nos chers petits, aidés par Harry et Hermione, distrairont nos parents... »

« On vole la voiture », termina George.

Lee se renfrogna comme si les jumeaux avaient perdu le peu de normalité qu'ils avaient encore. « Quoi ? »

« Et on viendra te chercher », ajouta solennellement Fred.

« Vous allez vous faire attraper, c'est évident. Vous savez conduire au moins ? » demanda leur ami. George se contenta de sourire.

« On n'a pas besoin de savoir. »

« Hein ? »

« On va voler la voiture », expliqua George. « La voiture de papa. »

Lee les regarda avec de grands yeux, et Fred eut finalement pitié de lui.

« La Ford Anglia volante de papa. »

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« Bonjour papa. »

« Bonjour, Neville », répondit Frank d'un air absent, concentré sur une seule et unique chose : son café. Un café noir et bien serré.

La cafetière, heureusement, était pleine, et quelqu'un l'embrassa sur la joue alors qu'il se servait sa première tasse. « Tu as mauvaise mine mon chéri. »

Frank grogna, jeta un sort de refroidissement sur le liquide brûlant et vida sa tasse d'un trait. Il se moquait que la plupart de ses concitoyens (et sa famille aussi) pensent que le café n'était pas très anglais. Tout ce qui l'intéressait à propos de la caféine, c'était son goût et sa merveilleuse odeur. Et la caféine. Il y avait certaines choses que les sorts de réveil et le thé ne parvenaient pas à faire.

Il ne commença à se sentir vaguement humain que quand il arriva à la fin de sa tasse – ça avait été deux jours horriblement longs, et dormir ne l'avait pas beaucoup aidé. Il avait mal partout et les choses n'allaient certainement pas s'améliorer. Frank devait retourner à Avalon pour le repas de midi, dès que Alice serait rentrée de sa réunion au Ministère visant à planifier les prochaines actions du département d'Application des lois magiques.

« Merci Alice », répondit-il enfin en se versant une seconde tasse. « Tu as toujours su faire rougir les hommes. »

Elle pouffa, mais elle aussi avait les yeux cernés. « Je fais de mon mieux. »

« Tu pars quand ? » Frank ne se fatigua pas à refroidir sa tasse, il savoura le liquide brûlant qui descendait dans sa gorge.

« Dans une heure à peu près », répondit-elle en haussant les épaules. « Je ne voulais pas me lever si tôt, si ce stupide hibou qui apporte la Gazette ne s'était pas cogné contre la fenêtre. Je crois que Neville a encore oublié de l'ouvrir. »

« Maman ! » s'écria leur fils, en levant les yeux de la page Quidditch. « Je t'ai dit que c'était le fantôme. »

Frank s'appuya contre un meuble et renifla. « Lequel ? »

« Tu sais. Le Fantôme », répondit Neville. « Celui-là. »

« Oh, oui. Monsieur je-refuse-de-dire-comment-je-m-appelle-aux-londubat-parce-que-je-suis-mort-dans-cette-maison-avant-qu'ils-n'arrivent.' Frank leva les yeux au ciel. « Ce…gentleman devient plus qu'ennuyeux. »

« Sans rire », acquiesça Alice. « Je pense qu'il s'agit d'un des plus jeunes frères Aggripa. Mais ils sont si nombreux que je ne sais pas lequel... » Frank lui donna un coup de pied. « Ouch ! »

Il lui fit un sourire angélique, et Neville les ignora. « Les Flèches ont gagné », commenta-t-il, « 150 à 70. »

« Alors, si on déjeunait ? » Frank pouffa. « Je meurs de faim. »

« J'allais y venir », objecta Alice.

« Toi ? » il renifla. « Tu aurais carbonsé Glen Ridge avant ! »

« Plutôt quelque chose du genre métamorphoser les oeufs en pierre », marmonna Neville, et Frank se retint d'éclater de rire.

« Ne t'inquiète pas, Neville », le rassura-t-il. « Je vais te protéger de la cuisine de ta mère ». Il brandit sa baguette d'un geste théâtral. « Alors que doit faire le magnifique chef aujourd'hui ? »

« AIEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEE! »

« Merde ! » jura Alice et saisissant sa baguette. « Je vais tuer ce fantôme ! »

« Ouch ! » Neville se tortilla sur sa chaise et essayant d'attraper des mains invisibles. « Arrête de me lancer des trucs ! »

Frank lança un sort et manqua sa cible, la tentative de Alice ouvrit un placard et en fit jaillir la vaisselle. Neville évita une poêle et plongea sous la table, en utilisant un langage qui fit penser à Frank de le gronder plus tard.

« Ouh ! » Un bol frappa Alice en pleine tête.

« Sors de ma cuisine espèce d'ectoplasme dégénéré ! » cria Frank au moment où Alice coinça finalement Monsieur je-refuse-de-dire-comment-je-m-appelle-aux-londubat-parce-que-je-suis-mort-dans-cette-maison-avant-qu-ils-n-arrivent avec un sort de chasse fantôme. Le fantôme disparut avec un glapissement.

« Enfin », souffla-t-elle en écartant ses cheveux de ses yeux. « Je suis fatiguée de le voir ».

Frank soupira. « Il est de pire en pire », acquiesça-t-il. « Ce n'est plus du tout amusant maintenant. »

« ça n'a jamais été amusant », répondit sa femme avec aigreur.

« ça », dit Neville en sortant de sous la table, « c'est le parfait exemple pour montrer que cette loi sur les sorciers de premier cycle est complètement stupide. »

« Etant données les circonstances, je suis d'accord », acquiesça Alice en remettant sa baguette dans sa poche et en se baissant pour ramasser la vaisselle brisée. « Nous devons appeler un exterminateur. »

« Je crois que Monsieur je-refuse-de-dire-comment-je-m-appelle-aux-londubat-parce-que-je-suis-mort-dans-cette-maison-avant-qu-ils-n-arrivent est plus vieux que la loi sur les fantômes et les esprits. »

« C'est une plaisanterie », grogna Neville pendant qu'Alice fixait Frank d'un air sévère.

« Tu vas arrêter de l'appeler comme ça ? »

« Non », répondit-il gaiement, puis il retourna à sa première occupation et ramassa deux bols avant de les tendre à Alice. « Malheureusement, je ne plaisante pas. Les vieux fantômes et les vieux esprits ne sont pas concernés par la loi. »

« Encore une imbécillité du Ministère. »

« Neville! » gronda Alice.

« Qu'est-ce qu'il y a, Maman? » demanda-t-il innocemment. « Ce n'est pas comme si je mentais. »

Alice grogna. « Fils de cyniques. »

« De cyniques affamés », renchérit Frank. « Mangeons avant qu'il ne revienne. »

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« Je déteste ces réunions », râla James, Lily renifla.

« Tu crois ça ? Je fais ça depuis cinq ans." »Elle lui donna une petite tape sur le ventre. « Toi au moins, tu pouvais te cacher quand tu étais Auror. »

« Me cacher. Oui. »

Ils se dirigèrent côte à côte vers la salle de conférence. James avait convaincu l'Auberge du fondateur d'accueillir cette réunion, et avait prié pour que Voldemort ne décide pas que c'était le moment opportun pour attaquer. L'Auberge du fondateur était vieille et isolée, et personne ne semblait se souvenir de qui était le fondateur qui lui avait donné ce nom. Pourtant, elle possédait une salle de conférence agréable et le propriétaire était flatté de recevoir le ministre de la magie et ses chefs de service. James espérait seulement qu'il n'allait pas le regretter.

Les Potter furent les derniers à arriver, et les chefs de service assis se levèrent quand ils entrèrent. Rapidement, James parcourut la table des yeux, notant que peu de personnes semblaient vouloir s'asseoir à côté de Alice Londubat – était-ce un signe de leur méfiance envers les Aurors ? Peter était assis à sa gauche, mais Peter ne s'était jamais soucié des apparences. A sa droite, Amos Diggory du département de surveillance des créatures magiques avait l'air malheureux. Face à Diggory, il y avait Marcy Basil des transports, et en face de Alice, Fudge, et si ça ne voulait rien dire, James voulait bien se faire transformer en tasse de thé. Nathaniel Adams des Jeux et des sports s'était assis à la droite de Fudge, l'air parfaitement à l'aise, ce qui n'étonna pas le ministre autant que ça le dérouta. Dans le coin le plus éloigné, à la droite d'Adams et à côté du mur se trouvait Lachlan Pritchard du département des Mystères, il avait l'air distrait et distant. C'était prévisible. Lachlan avait commencé sa carrière comme langue de plomb, et était toujours l'un des sorciers les plus célèbres du département. Mais cela ne voulait pas dire qu'il était sociable.

Leurs yeux étaient rivés sur lui, ils attendaient leur chef pour agir ou pour râler - et en toute honnêteté, James ne pouvait pas les en blâmer. Bien que la plupart d'entre eux ait finalement eu leur première bonne nuit de sommeil depuis plus de deux jours, des cernes noires soulignaient encore leurs yeux, à cause du stress ou de l'effort.

Personnellement, James pensait que c'était les deux, et il avait un poids bien plus lourd que n'importe lequel d'entre eux à porter. Il s'éclaircit la voix. « Merci d'être venus », dit tranquillement le ministre, faisant rouler son fauteuil jusqu'à la table d'acajou. « Je comprends les risques que vous avez pris en venant, et j'essayerai de faire court. S'il vous plaît, asseyez-vous. »

Ils obéirent en silence, et Lily s'installa à la gauche de James. Arthur était à sa droite, il avait l'air tendu - encore ? James aurait désespérément voulu demander à son adjoint ce qui le tracassait, mais il n'avait pas le temps. Il n'avait plus le temps de faire grand-chose.

« Je vous ai demandé de venir ce matin pour plusieurs raisons », poursuivit James, « la première est de savoir ce que nous devons faire. Nous avons été durement frappés, mais nous ne devons pas regarder en arrière. L'attaque a eu lieu il y a trois jours. Nous devons avancer. »

Nathaniel Adams fronça les sourcils. « Je déteste votre manière d'écarter sans pitié ceux qui sont morts et ont souffert de l'attaque. »

« Moi aussi ». James le regarda dans les yeux. « Mais nous le devons. Que pouvons-nous faire d'autre qu'avancer ? Quel genre de chef permet à la douleur de lui dicter ses actions et oublie ses devoirs envers les survivants ? »

« Des devoirs », souligna Marcy Basil, « que nous n'avons pas été capables de tenir. »

En voyant l'accord sur beaucoup de visages, James sut qu'il devait intervenir rapidement. « Nous n'avons pas encore perdu », leur rappela-t-il. « Et nous n'échouerons pas, à condition de continuer à nous battre. »

« Mais comment vaincre quelqu'un qui est prêt à ça ? » gémit Amos Diggory.

« Par un travail d'équipe. » Curieusement, c'était Peter qui avait parlé, tout le monde se tourna vers lui. « Par notre coeur ».

Arthur acquiesça. « Vous ne devez pas oublier que Vous-savez-qui a été chassé. Oui, il en a blessé beaucoup, et il les a sérieusement blessés, mais il ne l'a pas fait sans rencontrer de résistance. Il nous reste de l'espoir. Comme l'a dit Peter, le travail d'équipe et le coeur nous conduiront loin. »

« Tout comme l'espoir », ajouta Alice Londubat. Elle était la seule de la pièce à ne pas être chef de département (avec Lily, qui était simplement la secrétaire de James), pourtant elle était probablement la plus sereine, en dépit des regards d'Adams. « Pendant des années, notre monde a attendu un héros, un héros, pour nous sauver tous. Aujourd'hui en revanche, je pense que nous savons tous qu'un seul individu ne peut pas apporter la victoire ou causer la défaite. Nous devons être solidaires. Nous devons espérer ensembles. Et nous devons combattre ensemble. Seuls, subirons le même sorts que les innocents du chemin de Traverse. »

« Mais nous avons un héros, ma chère Alice ». Quand il l'entendit, James réalisa que Fudge avait été étrangement silencieux jusqu'alors. Mais maintenant les yeux du sorcier aux cheveux gris brillaient. « Quelqu'un qui peut mettre un terme à la guerre d'un geste de la main. »

Peter fronça les sourcils. « Je crois que vous mettez trop de poids sur les épaules d'un homme. Sirius a donné... »

« Oh, je ne voulais pas parler de ça. » Le sourire de Fudge était éblouissant, mais quand il se tourna vers James, son regard devint froid. « Je faisais référence à une lettre que notre cher ministre de Magie a reçue. Une qui lui donne le pouvoir d'en finir avec la souffrance. Pour toujours. »

James eut l'impression de recevoir un coup sur la tête.

Au loin, il entendit Lily demander, « comment êtes-vous au courant ? »

« Ma chère Lily, je ne peux pas... » la coupa un des autres.

« Quelle lettre ? » demanda Adams.

« De qui ? » s'enquit Marcy.

« Il ne tient jamais ses promesses », s'exclama une voix dure. « Si elle est de Voldemort, aucun bien n'en sortira. »

Alors que l'esprit de James sortait de sa torpeur, la première chose qu'il vit fut le visage pâle de Peter – il avait été un mangemort assez longtemps pour comprendre. Et il était un maraudeur depuis encore plus longtemps.

La main droite de Peter serrait son bras gauche.

« Vous avez reçu une lettre du Seigneur des ténèbres ? » demanda, dubitatif, Diggory.

« Oui. » James venait de retrouver sa voix, mais le léger sourire de Fudge lui donna envie de hurler. « Cependant, à la différence de notre estimé chef des Accidents et des catastrophes magiques », il fit une pause pour foudroyer Fudge du regard, « je ne considère pas son offre comme une solution valable. »

« Je crois, moi, qu'elle nous offre l'occasion que nous attendons depuis longtemps pour mettre un terme à la guerre », répondit l'autre en se frottant les mains d'un air suffisant.

« Pas moi. » James aurait voulu se lever pour faire face à ses subalternes, mais son handicap l'en empêchait. « Et, à moins que vous ne vouliez tous me virer, ma décision est prise. »

« Oh, non », ronronna Fudge. « Nous ne ferions jamais cela. Vous-savez-qui ne ferait pas une telle proposition à quelqu'un de moins... pur. »

Les yeux verts de Lily lancèrent des éclairs, et James vit Pritchard froncer les sourcils avec humeur, cela prouvait au moins qu'il écoutait. Marcy, quant à elle, était rouge de fureur – les familles de sang mêlé avaient été toujours été écoeurées par les Quatorze. Et il y a des moments où je ne les en blâme pas du tout.

« Et quelles sont les conditions ? » demanda Pritchard avant que Lily n'agresse Fudge.

Le chef des Accidents et des catastrophes magiques sourit. De l'autre coté de la table, Alice semblait prête à lui enfoncer sa plume dans l'œil – elle allait la casser si elle continuait à la serrer comme ça. Peter, à la gauche d'Alice, ignora Fudge et son regard impatient resta collé à James. Queudver n'avait pas besoin de demander. Queudver avait comprit.

« Voldemort dit qu'il arrêtera la guerre si nous lui donnons ce qu'il veut », répondit tranquillement James, sachant qu'il ne pourrait plus l'éviter.

« Qu'est-ce qu'il veut ? » demanda faiblement Marcy. Peter répondit.

« Il veut Sirius. »

« Oui. Il le veut. » James inspira profondément, promenant son regard autour de la table, observant le choc sur quelques visages, et l'indécision sur d'autres. En un éclair, il comprit ce que les minutes suivantes apporteraient. Fudge obtiendrait leur soutien en leur rappelant ce qu'ils avaient perdu et en alimentant leurs craintes – et ils en avaient beaucoup, et ils avaient beaucoup à perdre. Et même ceux qui ont étaient censés être forts connaissaient la peur. Tous avaient bon coeur, voulaient le meilleur pour le monde magique... mais ils avaient peur. Fudge le savait et s'en servirait. Alors le courant s'inverserait, et Sirius mourrait.

Pour rien au monde.

Il n'avait que peu de temps à perdre. « Je serais prêt », commença doucement James, « à me sacrifier pour sauver des vies mais je ne peux pas demander à un autre homme de le faire - surtout quand cet un homme est le seul espoir que nous avons. »

« Mais si c'était vraiment l'occasion de finir la guerre ? » demanda désespérément Diggory.

Alice renifla. « Et si ça ne l'était pas ? »

« Vous-savez-qui ne tient pas ses promesses », ajouta soudain Arthur. « Nous le savons. ça doit être un piège. »

« Et si ça n'en est pas un ? » répliqua Adams.

« Vous croyez vraiment ce que vous dites ? » demanda Alice.

« Et bien, non, mais... »

« Mais, n'est-il pas de notre devoir de faire tout notre possible ? » l'interrompit Fudge. « N'est-ce pas une chance que nous tenter ? »

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Ils étaient seulement trois dans la pièce, et Severus se dit qu'il aurait dû être honoré par leur présence. Peu avaient le privilège d'appartenir au cercle le plus fermé des Mangemorts, le petit groupe auquel le Seigneur des ténèbres faisait le plus confiance. Naturellement, Voldemort ne faisait jamais entièrement confiance - Severus le soupçonnait de leur faire confiance à eux, plus par nécessité que par choix, tout le monde savait qu'ils avaient leurs propres problèmes.

Lucius semblait mal à l'aise - au moins, ça lui arrivait. Appelé bien plus tôt que les autres, Malfoy avait payé pour la trahison de sa soeur. S'il avait été un Mangemort moins important, Lucius Malfoy n'aurait jamais vécu assez longtemps pour voir le soleil se lever. Severus en était sûr, mais Lucius était trop influent pour que même le Seigneur des ténèbres songe à le tuer. Ce n'était pas par peur qu'il ne l'avait pas fait, mais parce que Lucius lui était encore utile. Et même si Severus suspectait que Lucius ne sache plus de choses qu'il n'admettait sur la disparition soudaine de Julia, il n'avait certainement pas été au courant avant les autres.

Voila que disparaît un autre espion que j'ai recruté, pensa sombrement Severus. Au moins celui-ci n'est pas mort. Pas encore. Je me demande quand mon tour viendra.

Les pensées noires venaient facilement quand Bellatrix Lestrange était à proximité, quelque chose émanait de Bella, une puissance obscure - quand elle ne se lançait pas dans l'action comme une psychopathe. Elle était dangereuse, peut-être encore plus que Lucius, mais beaucoup oubliaient à quel point elle était puissante était parce que Bella le montrait rarement. A la place, elle s'épanouissait dans la torture, la douleur, et toutes les horreurs dont elle était capable. Severus, cependant, n'avait pas eu besoin de demander. Il savait.

La porte s'ouvrit et, sans prendre la peine de regarder qui entrait, les trois Mangemorts s'agenouillèrent. Personne n'oserait les interrompre, et ils avaient reconnu le bruit des pas de leur maître. La porte claqua derrière lui, et ils attendirent patiemment qu'il leur ordonne de se lever.

Finalement, une main pâle aux longs doigts leur fit signe, Severus se redressa avec les autres. Les yeux rouges et froids les étudièrent en silence pendant un long moment, mesurant, pesant et anticipant. Il faisait toujours ainsi. Voldemort était brillant.

« L'ordre du Phénix s'est déjà réuni, Severus ? » Comme d'habitude, la première question n'était pas celle qu'il avait prévue.

« Non, maître », répondit-il honnêtement. « Bien que je ne comprenne pas pourquoi. »

« Les chefs du ministère de la Magie, cependant, l'ont fait ». Le regard brûlant se posa sur Lucius. « Quelque chose que je crois vous avoir demandé d'empêcher. »

Lucius se mit à genoux. « Je demande humblement votre pardon, Maître », dit-il, la tête baissée. Personne ne prit la peine de mentionner que Lucius avait passé la nuit ici, à Azkaban, et n'avait donc pas pu agir. De telles excuses ne comptaient pas dans leur monde. « J'ai échoué... »

« Je m'en suis occupé », le coupa Voldemort.

« Monseigneur ? »

Les yeux rouges fixèrent une autre personne. « Explique-leur, Bella. »

« Oui, Maître. » Elle rit nerveusement, un sourire paresseux traversa son visage. « Ils se sont réunis pour discuter du contenu d'une lettre que Jimmy Potter a reçue. Naturellement, il voulait garder ça secret, mais j'ai eu une causerie amicale avec Cornelius Fudge à ce sujet ».

Jimmy ? Severus ne pu s'empêcher de relever. Bellatrix souriait d'un air affecté en regardant Lucius maintenant, il lui jeta un regard irrité.

« Lève-toi, Lucius », dit leur maître, captant leur attention. « Je veux qu'ils se réunissent. Je veux qu'ils combattent. Et je veux qu'ils échouent. »

Quelque chose dans cette voix fit sonner des alarmes dans la tête de Severus. « Pouvons-nous demander, mon seigneur, ce que disait cette lettre ? »

Pendant un moment, il s'attendit à recevoir un sort, mais apparemment la bonne humeur de Voldemort résista. Le sourire était léger. « Vous le découvrirez bien assez tôt. »

« Oui, Maître. » Rogue n'osa pas insister. Bella rit à nouveau nerveusement.

« Je vous ai convoqués ici tous les trois pour une toute autre raison », continua froidement le Seigneur des ténèbres. « Poudlard. »

« Monseigneur ? » Ce fut Lucius qui parla, et Severus lui en fut reconnaissant, parce que son coeur était remonté dans sa gorge.

« Les cours vont bientôt reprendre. En attendant, je veux un plan pour infiltrer l'école et la reprendre au loup-garou », ordonna Voldemort. « Lucius, tu prépareras une attaque pour la mi septembre. »

« Oui, Maître. »

« Poudlard me résiste depuis longtemps », continua le Seigneur des ténèbres. « Cette tradition doit cesser. »

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La lumière du jour qui filtrait par les lucarnes lui apparut comme une bénédiction. Bien qu'il ait déjà vécu de nombreuses aubes et vu plusieurs d'entre elles étendu sur le dos, celle-ci était différente. Elle avait quelque chose de plus... significatif. Ou peut-être symbolique était un mot plus approprié. Il avait défié l'obscurité et avait gagné. Il était grand temps pour le soleil.

Sirius s'assit lentement, souhaitant que son corps ne se soit pas si alourdi par l'épuisement. Il avait peu dormi avant que le jour se lève, et une pluie battante avait suivi l'orage, cachant le soleil jusqu'à midi passé, quand il avait finalement décidé qu'il était temps de bouger. Deux jours de repos étaient suffisants, même si ils n'avaient pas été entièrement reposants, mais Mme Pomfresh n'avait pas besoin de savoir ça. En ce qui concernait Sirius, ses batailles internes demeureraient là où elles avaient commencé : à l'intérieur. Si Pomfresh se rendait compte que Voldemort rodait dans sa tête, elle le déclarerait fou et ne le laisserait jamais sortir de son lit. En outre, il avait d'autres problèmes à régler aujourd'hui.

En s'asseyant, Sirius essaya de ne pas grogner d'irritation. Il était encore courbatu, et ralenti... et il avait toujours l'impression qu'un fil de plomb était attaché à son âme. Il avait gagné la bataille, oui, mais pas la guerre.

Va en enfer. Sirius se leva en ignorant les craquements et les cris de protestation de son corps. Attrapant des robes bleu nuit d'Auror que quelqu'un avait intelligemment laissées pour lui, il s'habilla presque d'instinct et trouva sa baguette de la même manière. En quelques instants, Sirius fut globalement présentable, et son estomac gargouilla pour lui indiquer où il irait en premier.

Le visage de Sirius se fendit en un sourire. Avoir faim devait être bon signe, et si ça ne l'était pas, c'était au moins la première pensée normale qu'il avait depuis des jours... et ce fut aussi probablement la première fois où il se sentit vaguement lui-même. Il y avait toujours des échos dans son esprit, des coins remplis d'obscurité - mais il avait ce genre de souvenirs depuis des années, et Sirius connaissait bien l'enfer. ça, il pouvait faire avec.

Il fit une pause devant la porte pour inspirer profondément. Il n'avait pas voulu le faire... mais il en avait besoin.

Pour la deuxième fois, Sirius regarda son avant-bras gauche. Il resta là un long moment, juste à détailler le contour foncé de la marque, laissant ses yeux voir ce que son coeur avait mémorisé jusque dans les moindres détails. Il avait encore presque peur de regarder, il croyait encore presque à chaque fois que voir la marque rendrait ça vrai. Mais il ne pouvait pas nier la vérité qu'il connaissait depuis si longtemps, même s'il avait refusé de la voir. Il ne pourrait pas éviter la marque, ne pourrait pas la cacher, ne pourrait pas mentir. Cependant, il pouvait se battre, comme il l'avait fait dans les sombres heures de la nuit, pendant l'orage. Sirius avait gagné cette bataille, d'une manière ou d'une autre, et aujourd'hui la marque semblait plus facile à porter pour cette raison. Ou peut-être, réfléchit-il, parce que sa résistance avait affaibli la prise de Voldemort. Ou peut-être juste parce qu'il était habitué à la tâche sur son âme.

Une autre inspiration et il sortit. Sirius marcha vers la porte d'un pas résolu, l'ouvrit et passa dans le vestibule. De là, une demi douzaine de pas le menèrent à l'entrée de la villa principale. Là, il émergea dans la lumière et la chaleur du soleil, et il sentit la pression sur ses épaules diminuer un peu. Ce n'était pas assez, pas durable, mais au moins c'était quelque chose.

Son estomac gargouilla encore, et Sirius se dirigea vers l'extrémité du bâtiment et passa une nouvelle porte. Il aurait pu atteindre la cuisine, sans sortit, mais ça lui avait fait du bien. Son estomac se fit plus insistant, et Sirius se mit à chercher de la nourriture sans avoir la moindre idée de ce qu'il trouverait là.

000

Et une fin à la Robin, une... Que va-t-il trouver là?

Et ce mélange de petits détails apparemment insignifiants et de profonds desseins...

A vous de faire le tri !

La suite s'appelle La mort plutôt que le déshonneur, tiens, tiens...