Promesses retenues
Générique
Auteur : Robin4, sous le titre original de Promises Remembered
Inspiration JKR, mais très UA quand même !
Traduction : Petite Plume
Relecture et mise en ligne… Fénice qui s'est même faite aider par Fée fléau pour la fluidité des conversations !
Sponsors officiels : Fée fléau; Siri l'aventurier qui a VU Sirius...; Touffue qui milite (c'est l'époque) contre les clifhangers; Kiri et Ambre Verte qui ont peur que Sirius ne fasse « quelque chose de stupide », mouarf, votre peur ne suffira peut-être pas à le retenir; Shima-chan, qui aime le calme; Lunenoire, qui bavarde - oui, Fudge est un crétin infini... - Alana Chantelune pense pareil !; Ryan qui aime toujours;
Et les nouveaux Gadriel Mell'Aura qui review quatre fics à la fois ! - efficace ! Lol Evans et La Paumée – bienvenu(e)s!
B'en quest-ce que vous êtes nombreux ! Ça fait plaisir et ça motive ! V'là déjà la suite !
Chapitre vingt-sept : La mort plutôt que le déshonneur
Il avait mangé la moitié de son sandwich quand Frank Londubat franchit la porte entrouverte, ses larges épaules cachaient le sorcier en fauteuil roulant qui le suivait. Sirius, cependant, aurait reconnu cette voix n'importe où.
"Je t'avais dit que nous le trouverions ici, Frank", dit trop gaiement James. "Manger, manger, encore manger. Comme d'habitude."
"James !" Le sandwich tomba sur le plan de travail, complètement oublié. Immédiatement, Sirius fit plusieurs pas un peu raides dans leur direction, puis il s'arrêta. Il y avait quelque chose d'étrange dans la voix de James... et il était presque sûr de savoir quoi.
Il déglutit.
"Bonjour, Sirius", dit son ami d'une voix égale. Entre eux, Frank les dévisagea quelques secondes, puis leur adressa à tous les deux un sourire nerveux et quitta rapidement la cuisine. Ils avaient besoin d'être seuls.
Tous deux restèrent silencieux pendant un long moment, ne sachant pas quoi dire ni quoi faire. Eux, proches comme des frères depuis deux décennies, se dévisageaient avec méfiance, comme deux étrangers incapables de se croire ou de se comprendre.Sirius se retint de se mordre la lèvre. Il était inutile de continuer à nier la vérité. Il pouvait essayer de se cacher, mais ça ne ferait que blesser ses amis.
"Tu veux savoir pourquoi je ne t'ai rien dit", murmura Sirius.
"Rien dit ? " James eut l'air confus. "Non, je comprends que tu n'aies pas eu le temps... Attends. Qu'est-ce que tu viens de dire?"
Sirius inspira profondément. Le dire pour la deuxième fois n'était pas plus facile que la première. "Il m'a fait la marque de force, il y a quatre ans. Elle était juste cachée."
"Quoi ? "
Il se mordit la lèvre. Sirius avait fait face à Voldemort sans peur, avait repoussé la main du Seigneur des ténèbres de son âme, mais la déception et la douleur dans les yeux de son ami suffirent à le briser. Ses mains menaçaient de se mettre à trembler, et déjà la gauche tremblait autant que ce que l'autorisait la droite qui tenait le poignet. Lentement et distinctement, Sirius acquiesça.
"Tu n'es pas sérieux." La douleur tordit le visage de James se tordit de douleur. "Tu ne peux pas l'être."
"Je le suis."
Pour une fois, juste une fois, il aurait donné n'importe quoi pour avoir le bon geste, les bons mots, pour être exactement ce que ses amis avaient besoin qu'il soit. Mais Sirius était toujours le même, il avait toujours la même fierté stupide et il refaisait toujours les mêmes erreurs stupides. Cette fois, ces erreurs n'avaient pas pour conséquence l'expulsion de Poudlard. Ce n'étaient pas non plus quelques mots blessants pour lesquels il pourrait faire des excuses plus tard. Non, cette erreur-là conduisait à la trahison et aux promesses brisées.
"Alors tu avais raison", dit platement James. "J'aurais voulu savoir."
Sirius hésita, et un long moment s'écoula. Il savait ce qui devait être dit, mais d'une certaine façon, il n'arrivait pas à se forcer à le faire. Il hésita, et ça aurait pu être une de plus terribles erreurs qu'il eût jamais faites.
"Pourquoi tu ne nous a rien dit ?" murmura son ami d'une voix brisée.
"Parce que je ne pouvais pas", finit-il par répondre.
Les yeux noisette de James se posèrent sur lui. "Pourquoi pas ?"
"Parce que je ne voulais pas avoir à affronter le regard que tu me jettes en ce moment," répondit misérablement Sirius. Il avait l'impression que son univers avait volé en éclats. "Parce que je n'aurais pas pu affronter mes souvenirs si tu avais su qu'il m'avait marqué de force, que je n'ai pas lutté assez fort, ou assez longtemps... et que tout ce que je suis est un mensonge. Que ça l'a toujours a été."
"Tu..." haleta James, et pendant un long moment, Sirius eut peur que la confusion sur son visage ne se transforme en colère. "Tu n'es pas un menteur."
Il renifla avec amertume et écarta sa main droite de la marque. D'un geste presque sûr, Sirius remonta sa manche et montra son bras à son ami. "Ah non ?"
"Merlin, Sirius..." James fit avancer son fauteuil jusqu'à ce qu'ils soient presque face à face. "Tu es tout ce que j'aimerais être. Tu as tant donné et gagné si peu... Comment appelles-tu cela ?"
"Il y a des choses..." dit-il dans un souffle saccadé. "Que je ne suis pas sûr que puisses comprendre. »
"Je peux essayer."
Vraiment ? Même sans que James soit en colère, sans qu'il n'ait l'air trahi, Sirius n'en était pas sûr. Est-ce que tu peux comprendre la bataille que je mène dans l'obscurité, comprendre que je doive lutter pour protéger mon âme et empêcher quelqu'un d'autre de la contrôler ? Peux-tu comprendre que ça n'aurait pas du se passer comme ça, et que je ne sais même pas si je saurai le refaire au dernier acte ? Peux-tu vraiment comprendre ?
Ces mots, cependant, étaient de ceux qui brisaient les amitiés. Et peu importaient son amertume ou sa peur, Sirius ne les prononcerait jamais. Même si James méritait de les entendre, et ce n'était pas le cas, Sirius ne pouvait pas casser quelque chose de si précieux. Ils étaient ensembles, tous les quatre, depuis plus de vingt ans malgré certains malentendus. Il ne briserait pas cette fraternité à moins d'y être obligé. Jusqu'à ce qu'il y soit obligé. Finalement, il lâcha dans un souffle.
"Je sais. Et je suis désolé de ne pas te l'avoir dit." Sirius se mordit la lèvre et chuchota : "J'ai juste voulu oublier."
"Je comprends." James hocha la tête mais son visage resta tendu. "Et moi aussi j'ai quelque chose à te dire."
Son estomac se glaça, et Sirius sentit ses épaules se raidir. "Ca ne m'a pas l'air d'être une bonne chose."
"Ca n'en est pas une," répondit sinistrement James. "J'ai reçu une lettre la nuit dernière..."
Alors que son ami racontait son histoire, Sirius observa son visage plus attentivement qu'il n'écoutait ses paroles. Les mots n'avaient pas d'importance - un coin de son âme les avait attendus, vraiment, depuis un bon moment. Il ne savait pas pourquoi. Il ne savait pas comment. Mais ce n'était pas surprenant de se retrouver face à quelque chose qu'on avait vu venir.
Il n'y avait que le silence, un silence aigre-doux et un silence de trahison. Non – pas la trahison d'un ami, mais trahison d'un monde auquel Sirius avait presque tout sacrifié, parce que ce qui avait été un effort pour protéger ses amis était devenu un effort pour sauver le monde. Il savait pourquoi James était venu, pourquoi James devait lui dire ça maintenant. C'était vraiment le jour des révélations, des mensonges, et finalement des vérités. Les deux hommes avaient trop à partager, trop à cacher. Ils étaient certes des amis, des frères même, mais des barrières essayaient de les séparer. Des barrières que ni l'un ni l'autre n'avait voulues.
Et pourtant elles sont là.
"S'il y avait eu un vote", acheva tranquillement James, "je sais comment ça aurait fini. Comme il le demandait, mais j'ai suffisamment de pouvoir pour prévenir une telle injustice."
"Je l'aurais fait", répondit doucement Sirius. "Si tu avais pensé que ça en valait la peine."
Les mots étaient terriblement faciles à dire, et James sembla le sentir. Pendant une fraction de seconde, Sirius crut voir de la peur dans les yeux de son ami et il en aurait été blessé s'il ne l'avait pas si bien connu. James n'aurait jamais peur pour lui, mais pour sa famille, pour son monde... pour cela, même le plus fort des sorciers avait peur. Et James avait bien plus à perdre que Sirius n'aurait jamais.
"Je sais", dit le ministre. "Mais ça..." Il s'interrompit, semblant changer d'avis. "Ca ne serait pas juste. Et ça ne fonctionnerait pas."
"Non. En effet."
Le soulagement sur le visage de James était évident.
"Tu pensais que je pourrais y aller." Sirius se força à fermer les yeux pour arrêter de le fixer. "Tu avais peur que je le croie."
"Je..."
Cours si tu l'oses. Ce n'est pas terminé.
L'obscurité chercha à l'atteindre, plus de l'intérieur de son âme que de l'extérieur. Pourtant les mots ne venaient pas d'un souvenir, même si la douleur en venait. Sirius sentit ses yeux se fixer au loin, regardant à travers James, à travers les murs, vers le monde dans lequel il avait vécu et duquel il ne pouvait pas s'échapper. Oui, il y avait des démons dans l'obscurité, et ils le hantaient toujours. Il savait que ses sentiments se reflétaient sur son visage, savait que sa douloureuse retraite était la raison pour laquelle James hésita soudain. Il y avait plus de choses dans la vie que dans ? l'obscurité. Il n'avait pas oublié. Et il ne courrait pas.
"Je sais, James," murmura-t-il. "Et je sais pourquoi. Tu n'as pas à m'expliquer."
"Je suis désolé," répondit son ami, le suppliant presque de le comprendre. Curieusement, Sirius trouva en lui la force de sourire.
"Moi aussi." La surprise brilla dans les yeux noisette de son interlocuteur, mais il poursuivit. "Je suis désolé si je dois y aller à l'avenir, si je m'y sens obligé... et si je brise notre amitié en le faisant. Je suis désolé d'être devenu quelqu'un qu'aucun d'entre nous n'aurait voulu être."
"Tu... tu es un héros, Sirius."
"Je n'ai jamais voulu en être un." Les mots lui échappèrent avant qu'il ne les pense et qu'il les arrête. "Je n'ai jamais voulu... que les choses soient comme ceci."
Parce que ce sont mes choix qui pourraient très bien détruire notre amitié.
Ce sont mes choix qui tueront mes amis.
Soudain, la main de James serra son coude. "Nous le savons, Patmol," dit-il doucement. "Remus, Peter, et moi, nous comprenons. Nous avons toujours compris."
"J'aimerais pouvoir comprendre moi aussi."
"Je pense que tu comprends," répondit son aîné. "Je pense que tu comprends trop bien."
Sirius avala.
"Je ne peux pas feindre de connaître tes démons, Sirius. Je ne peux pas prétendre comprendre l'obscurité que tu portes en toi, ou l'enfer que tu as traversé. Mais je peux être là. Je peux être à tes cotés.
"Et je le ferai," dit James. "Nous le feront tous. Advienne que pourra, et peu importe comment ceci finit, les maraudeurs resterons ensembles. Nous ne te laisserons pas faire face à ça tout seul... même si ça sous entend que nous devrons mourir avec toi."
"James..."
"Ne dis rien. Tu n'en as pas besoin. Quoi que nous soyons d'autre, nous sommes des frères. Nous resterons fidèles jusqu'à la fin."
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La dernière personne que Peter s'attendait à voir ce matin se tenait sur le pas de sa porte. En fait, il attendait plutôt Remus Lupin, qui était un ami de longue date et qui était le bienvenu. L'homme qui le regardait, pourtant, n'était pas un ami et encore moins le bienvenu.
"Je peux faire quelque chose pour toi, Severus ?" parvint-il à articuler avant que sa voix ne le lâche. Comment se faisait-il qu'après tant d'années, Rogue ait toujours cet effet sur lui ? Il était adulte maintenant, il n'était plus un petit garçon terrorisé par les Serpentard ! De plus, il avait défié le Seigneur des ténèbres, avait fait ses choix et mené sa vie. Pourquoi Rogue le faisait-il toujours trembler?
"Tu ferais quelque chose pour moi si tu ne me laissais pas attendre devant ta porte tout l'après midi," répliqua le Mangemort avec acidité. "Je peux entrer ?"
Peter cilla. "Oui. Bien sûr."
Bien sûr que non, mais il ne pouvait pas vraiment dire ça. Ca n'était pas poli.
Au moins Rogue avait l'air mal à l'aise dans l'appartement de Peter. Très mal à l'aise en fait. Il n'était pas moqueur, ce qui était étrange - est-ce qu'il arrivait à Rogue de ne pas l'être ? Peter ne pouvait se souvenir d'un moment où il ne l'avait pas été. Certainement pas à Poudlard, et ça avait toujours été difficile à dire avec son masque de mangemort… Peter sortit de sa rêverie. Rogue lui parlait.
"…en danger."
Peter sursauta, puis essaya de faire comme s'il avait écouté. "Je te demande pardon ?"
"Tu m'as écouté, Peter ?" le provoqua Rogue.
"Et bien non, en fait, je n'écoutais pas," répliqua Peter. "Je pensais à autre chose."
"Oui, apparemment" – là, il ricana - "tu devrais être plus attentif à ce que j'essaye de te dire."
"Et tu disais ?" demanda Peter.
"Tu es en danger, Pettigrow."
"Quoi ?"
Oh, il aurait voulu que sa voix ne se brise pas maintenant, par Merlin ! Ca faisait des années que sa voix avait mué, et il n'avait aucune raison d'avoir peur de Rogue. Il pouvait faire face à presque n'importe qui sans flancher (sauf Voldemort, mais d'un certain côté, il l'avait fait aussi), mais curieusement, avec Rogue c'était différent. Il avait trop de souvenirsà oublier impliquant cet homme . Même s'il pouvait pardonner.
"Je suis venu te prévenir," répéta l'autre. "Le Seigneur des ténèbres n'oublie jamais."
Merde.
Peter ne put que le fixer.
"Et d'après ce qu'on m'a dit." Rogue haussa légèrement les épaules. "Je crois qu'il utilise ta défiance et ta trahison comme un prétexte."
"Un prétexte ?" répéta Peter.
Les yeux noirs de Rogue plongèrent dans les siens. "Je pense."
"Je ne suis pas sûr de te suivre."
"La prophétie, Pettigrow." Rogue leva les yeux au ciel. "Je sais que Julia vous en a parlé à tous les quatre."
La prophétie qui était si étrangement similaire à un poème écrit par un adolescent innocent quatorze ans auparavant.
"Et il pense que c'est nous."
Rogue renifla. "Tu peux honnêtement me prouver que la prophétie s'applique à d'autres personnes ?"
"En fait, non." Peter se surprit à faire un léger sourire. "Mais quel est le rapport avec moi ? Je croyais que V-Voldemort était obsédé par Sirius. Ou James. Ou même Remus. Mais pas moi... pas encore"
"Pas encore ?" Rogue leva un sourcil sombre. "La prophétie fait référence à quatre personnes, pas trois. Pas une. Pourtant, en en brisant un, en en éliminant un, le Seigneur des ténèbres pense qu'il peut contrer la prophétie."
"Et je suis la cible la plus facile." Un bloc de glace tomba dans son estomac et Peter s'empêcha de déglutir. Il ne montrerait aucun signe de faiblesse. Pas maintenant.
"Oui." Au moins, Rogue était franc.
"Donc tu me préviens ?" Il devait poser la question.
"Tu aurais préféré que je ne le fasse pas?"
"Non."
Puis, l'autre soupira. "Je te le dis, Peter, parce que notre monde a besoin de toi. A besoin de vous quatre. Quoi qu'il advienne."
Peter déglutit (enfin) et son regard croisa celui de Rogue ; pour une fois, il n'y avait aucune barrière entre eux. Il n'y avait que la vérité, et peut-être même un peu d'espoir. Son vieil ennemi continua.
"Je ne suis pas un idéaliste. Je ne suis pas un rêveur. Mais je crois que si vous êtes ensemble, tous les quatre, vous ne pourrez pas être brisés."
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"Ceci divisera le monde magique, tu sais," dit tranquillement Sirius, toujours appuyé contre le plan de travail. "Fudge ne se taira pas, et le fait que tu les aies forcés... Ca serait probablement plus facile si tu me laissais le faire."
"Quoi ?"
Il leva une main avant que son ami ne crie plus fort. "Ecoute, James... Je ne pense pas que ça va nécessairement marcher, mais même l'échec serait plus valable que de le laisser te manipuler ainsi."
James leva les yeux vers Sirius et le regarda fixement, son visage aussi blanc que la neige. "Tu en mourrais."
"Je ne pense pas." Comment est-ce que je peux être si calme ? "Il doit me briser avant de pouvoir me tuer. Autrement, je gagnerai."
"Les hommes morts ne gagnent pas, Sirius."
Alors, ême James ne comprenait pas complètement. le voyait pas. Pas de cette façon-là – à moins que ce soit trop tard pour comprendre.Sirius déglutit. "Peut-être. Peut-être pas."
"Tu n'es pas... Promets-moi que tu ne tenteras rien," le pressa James. "Nous avons besoin de toi."
Pendant un moment, Sirius joua avec l'idée de refuser de promettre, sous prétexte qu'il n'était jamais possible de prévoir ce qui se passerait, ou ce qu'ils auraient à faire... mais la douleur dans les yeux de James l'en empêcha. Tout comme penser à ce que diraient Peter et Remus. Finalement, il soupira.
"ça pourrait nous briser, tu sais. Notre monde."
"Je sais," répondit tristement James. "Mais il n'est pas juste de prendre de mauvaises décisions parce que c'est facile. Le reste du monde le découvrira en temps voulu."
"En temps voulu."
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"Il est à Avalon, Monseigneur," dit le mangemort, la tête baissée. Dans la lumière clignotante, le visage de l'individu n'était pas visible, mais la voix était masculine. Cependant, ce n'était pas une voix que Lucius Malfoy reconnaissait, et ça l'agaça.
Sa seule consolation était que Bellatrix Lestrange semblait perplexe, et beaucoup plus fâchée que lui. Bien, ça fait du bien de savoir que même elle ne sait pas tout, pensa-t-il avec irritation. Même s'il respectait la puissance de Bellatrix - et, pour le meilleur comme pour le pire, il était son beau-frère - Lucius la détestait à cause de sa relation... étroite avec le Seigneur des ténèbres. À son avis, ils étaient beaucoup trop proches.
"Avalon..." La voix douce se mua en un sifflement. "La mystérieuse Avalon... L'île de la magie."
Lucius vit son visage se tendre. "Monseigneur ?"
"En avez-vous jamais entendu parler, traître ?" continua le Seigneur des ténèbres, et Lucius sentit un frisson parcourir son échine. Pourquoi, il l'ignorait mais...
"Non, Monseigneur."
Un rire doux. "Quel dommage. Ici sont représentées les familles les plus anciennes et les plus pures du monde magique... pourtant personne ne sait rien. Personne ne se rappelle."
Silence.
"Personne." Les yeux rouges balayèrent le groupe, et Lucius frémit encore. "Pas un de vous." Soudain, le Seigneur des ténèbres rejeta la tête en arrière et rit. RiT.
"Maître -?" c'était cet imbécile de nouveau venu qui avait osé.
"Endoloris !" Un cri perçant, quelques secondes de douleur, et ça se termina. "Silence, traître."
Lucius s'autorisa un sourire. Peu commettaient l'erreur d'interrompre leur maître, et encore moins le faisait deux fois. Imbécile.
Pourtant, la présence du nouveau venu était significative, tout comme l'incapacité de Lucius à l'identifier. De l'avis du plus important des Mangemorts, c'était la sixième nouvelle recrue en une semaine – en fait, cet homme mystérieux était le sixième depuis l'attaque du chemin de Traverse. À moins que, naturellement, il ait été un espion que le Seigneur des ténèbres avait maintenu dans l'ombre jusqu'alors... mais même dans ce cas, sa présence était importante. Lord Voldemort affichait rarement sa puissance, et il le faisait à bon escient. Les rangs des Mangemorts se développaient. Et ils se développaient rapidement.
"Je doute que même les Aurors réalisent, ou se souviennent..." continua le seigneur des ténèbres, perdu dans ses pensées. "Les imbéciles."
Même Bellatrix le fixait, essayant évidemment de satisfaire sa propre curiosité. Comme d'habitude, ses émotions étaient lisibles sur son visage, et Lucius eut envie d'en rire. Malheureusement, Lord Voldemort punissait rarement ses favoris. Comme si cela m'avait aidé, pensa-t-il amèrement. Même si ça m'a sauvé la vie.
"Ca n'as pas d'importance. Toi - " une main décharnée fit des gestes menaçants au nouveau venu - "tu conduiras mes Mangemorts là-bas."
"Mais, Monseigneur, ce n'est pas -"
"Tu feras en sorte que ce soit possible," le coupa Voldemort. "Ou tu mourras."
Le nouveau venu hoqueta. Lucius pouvait deviner son expression en voyant son langage corporel, même si son visage était couvert. Après un long moment, il parvint à bégayer, "Maître, je devrais pouvoir le leurrer..."
"Et tu penses qu'il est aussi stupide ?" rit durement le Seigneur des ténèbres. "Je ne pense pas. Soit tu mèneras mes Mangemorts à Avalon, soit tu leur ouvriras la voie."
"Mais..."
"Aurais-tu besoin d'une autre leçon, traître, sur le prix à payer pour la trahison ?"
"Non, Monseigneur !" Cette fois, la baguette se leva, et Lucius secoua imperceptiblement tête. Les nouvelles recrues étaient toujours les plus imprudentes... même si sa seule réputation aurait dû les avoir mis en garde. "Non -"
"Endoloris!"
Cette fois, les cris se répercutèrent sur les murs de pierre, et même quand le nouveau venu s'écroula sur le plancher, personne ne lui vint en aide. Personne ne rit non plus, simplement parce que les punitions du Seigneur des ténèbres n'étaient pas risibles. Ils étaient tous passés par là, et bien qu'ils n'éprouvassent jamais de pitié, ils comprenaient. Excepté quelques uns. Ces imbéciles ne me comprendront jamais, et je n'essayerai jamais de les comprendre. Particulièrement ceux qui suivent le Seigneur des ténèbres simplement parce qu'ils pensent qu'il pourrait gagner.
Les hurlements cessèrent enfin, et Lucius se demanda si le nouveau venu était toujours conscient. Pendant un long moment, il resta étendu, immobile sur le sol de pierre, haletant et respirant douloureusement, mais ensuite il étonna Lucius en roulant à genoux bien plus vite que la plupart parvenaient à le faire. Et alors l'imbécile fut assez futé pour ne faire qu'attendre.
"Tu as besoin d'un autre avertissement, traître ?"
"Non, Maître." Il respirait avec difficulté mais faisait preuve d'un self-control remarquable, tout de même. "Je n'en ai pas besoin."
Le calme de sa voix amena Lucius à réviser son jugement sur le nouveau venu. Légèrement. Très légèrement.
"Tu feras ce que je t'ordonne."
"Oui, Monseigneur."
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"Maman ?" appela tranquillement Harry, faisant tourner la tête à Lily. Son fils habituellement confiant avait l'air si triste, si inquiet. En fait, Harry se conduisait comme un garçon plus âgé et non comme s'il avait douze ans parce qu'il avait grandit pendant une guerre et avait été chassé par le sorcier le plus dangereux de l'histoire, mais il n'était pas souvent comme ça. Et il n'avait jamais semblé aussi incertain que maintenant.
"Qu'est-ce qu'il y a Harry ?" demanda-t-elle rapidement, essayant de ne pas avoir l'air trop inquiète - si Harry savait qu'il l'inquiétait, il se renfermerait et essayerait de feindre qu'il n'y avait aucun problème.
"Je pensais," répondit-il. "A mon retour à l'école, et à... tu sais. La guerre."
La guerre. C'en était venu à un point où même les gamins de douze ans s'inquiétaient. Lily déglutit. "Et ?"
"Hé bien, tout change. A cette époque l'année dernière, les choses n'allaient pas si mal, mais maintenant tout est différent," dit-il. "Et Poudlard n'est plus un endroit sûr, si ?"
"Non." Quoi qu'il arrive, elle ne lui mentirait pas à lui. Harry méritait tellement mieux. "Ca ne l'est plus."
Ses épaules se voûtèrent. "Alors ?" demanda Harry. "Pourquoi y retourner quand même ?"
"Tu ne fais pas confiance à Remus pour protéger l'école ?" répliqua-t-elle.
"Si je lui fais confiance," dit rapidement son fils. "Mais..."
"Mais quoi ?" Lily se força à parler d'une voix plus douce. "Tu as peur pour tes amis."
Il acquiesça. "Je comprends. J'ai grandi avec la guerre, et je connais les risques... " Harry se mordit la lèvre. "Je pense que Ron et sa famille comprennent, aussi. Mais les parents Moldus de Hermione, et tant d'autres ne méritent pas... "
De mourir. Ni l'un ni l'autre n'osa le dire.
"Je sais, Harry," dit-elle. "C'est dangereux, je ne peux pas le nier. Mais nous combattrons pour les protéger, et nous gagnerons, à la fin."
"J'aimerais juste pouvoir faire plus."
"Moi aussi." Lily lui fit un léger sourire et lui ébouriffa les cheveux. Harry lui jeta un regard en biais. "Je crois que nous le voulons tous."
"Toi, au moins, tu peux faire quelque chose," objecta-t-il. "Moi, tout ce que je peux faire, c'est retourner à Poudlard et faire comme si tout allait bien, comme si je ne savais pas ce que cette guerre coûte, ou combien elle fait du mal. Parce que je ne suis qu'un gosse."
"Tu en es un, tu sais," dit-elle doucement, elle poursuivit avant qu'il ne puisse objecter. "Un jour, Harry, tu auras tes propres batailles à mener, et tu comprendras ce que signifie vouloir protéger ceux qu'on aime."
Les yeux verts amers de Harry rencontrèrent ceux de Lily. "Je comprends déjà."
"Si tu comprends, tu sais pourquoi je prie pour que tu n'aies jamais à jouer un rôle dans cette guerre," répondit Lily. "Et pourquoi, si un jour tu dois jouer un rôle, je ferais en sorte que ce jour vienne le plus tard possible."
"Parce que tu penses que je ne suis pas capable de faire face."
"Non, Harry." Elle secoua la tête. "Je sais que tu en serais capable. Je veux te protéger parce que tu es mon fils, et je veux que tu vives ton enfance suffisamment longtemps pour te préparer à devenir un homme."
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La suite s'appelle « Ce qui compte » - on y retrouve Julia (Fénice adore Julia !Lucius aurait dû avoir une soeur comme Julia ! ); les jumeaux et la Ford Anglia, un Auror roux, la préparation de la rentrée, Sirius, le journal de Voldemort, Tonks... j'en oublie !
