Promesses retenues
Générique
Auteur : Robin4, sous le titre original de Promises Remembered
Inspiration JKR, mais très UA quand même !
Traduction : Petite Plume
Relecture et mise en ligne… Fénice qui essaie toujours de faire face !
Sponsors officiels : La Paumée – j'en profite pour te promettre que je ne t'oublie pas ! - Kiri666 – et bien presque - Ambre verte - Lunenoire – si tu parles de Lee, non, pas une bonne décision, cette fugue - Touffue – Chinader (content ?) - Fée fléau...
Rappel : French Robin Universe est une communauté que nous avons créée, Alana et moi, regroupant toutes les fics de Robin – les originales et les traductions... Y'a de quoi occuper vos insomnies les plus solides !
Vous y trouverez notamment Prélude aux promesses et Unbroken (traduites par Alana) – et qui sont des clés de ce que vous allez lire...
Et on trouve tout ça sur ça suffit le bavardage...
Chapitre trente : Les ténèbres intérieures
"Mauvaise nouvelle, James."
La tête de Arthur flottait dans le feu, mais il était trois heures du matin et l'adjoint de James fronçait les sourcils.
"Quoi ?"
Il frotta ses yeux ensommeillés avec sa main et remit ses lunettes. Une mèche de cheveux essayait de lui cacher la vue, mais James la remarqua à peine. Couper ses cheveux pourrait certainement attendre - Arthur était beaucoup plus important, particulièrement si tôt le matin.
"Lachlan Pritchard a disparu," expliqua l'autre d'une voix fatiguée. "Je viens de recevoir un appel de Alice Londubat. Elle avait assigné Adam Macmillan – je crois que tu le connais ? - la protection de Pritchard, mais ils ont été attirés dans un guet-apens par une demi-douzaine de Mangemorts aux environs de minuit."
"Comment ? Où ?" James essaya de mettre de l'ordre dans son cerveau qui s'emballait déjà. "Et que faisait Pritchard dehors si tard ?"
"Il rentrait du département des Mystères", répondit Arthur. Puis il se corrigea, "enfin, plutôt de leurs locaux provisoires."
James se mordit brièvement les lèvres, réfléchissant rapidement. Adam Macmillan était un homme bon et un des quelques Aurors qui avaient repris du service après être sorti d'Azkaban. Il avait été capturé en octobre 1991, James s'en souvenait, tout le monde l'avait cru mort jusqu'à ce que Sirius et les autres prennent Azkaban plus de huit mois auparavant. À la différence de plusieurs de ses camarades prisonniers, Adam avait choisi de rester Aurors, et bien qu'il ait eu ses démons, il était aussi bon qu'avant son départ. "Comment va Adam ? Je suppose qu'il est assez secoué."
"Ouais. Il est à Avalon maintenant, mais il a été inconscient plusieurs heures avant de réussir à rentrer."
"Et Lachlan a disparu." Il sentit un grand vide en lui, James savait ce que disparu signifiait. Il savait ce que cette absence voulait dire - Lachlan Pritchard n'était peut-être pas encore mort, mais c'était tout ce qui l'attendait. James connaissait trop bien le chef du département des Mystères, un ancien Langue de Plomb, Lachlan ne céderait probablement pas. Et même s'il cédait, il mourrait. C'était seulement une question de temps.
Et c'est exactement ce dont nous n'avons pas besoin, pensa-t-il silencieusement, et il vit Arthur hocher la tête. Son aîné éprouvait la même chose.
"Ils ont lancé des recherches ?" James devait le demander.
"Frank a envoyé Bill et Hestia Jones dès qu'Adam est arrivé. Adam a voulu y aller aussi, mais Frank ne l'a pas laissé faire," répondit l'autre. "Alice a dit qu'elle a également expédié toute une équipe, mais ni l'un ni l'autre n'avaient le moindre indice il y a quinze minutes."
"Bien." James soupira tranquillement, il comprit qu'il ne réussirait plus à dormir maintenant. "Merci de m'avoir prévenu. J'entrerai en contact avec Avalon pour voir s'ils ont besoin de quelque chose. Et je ferais bien de parler à Adam aussi, pour lui dire qu'il n'y est pour rien."
"Ce n'est pas de ta faute non plus," dit Arthur avec sensibilité.
"Ouais", il renifla doucement. "Bien."
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L'aube à Poudlard était généralement considérée par les professeurs comme le plus beau moment de la journée. Peut-être était-ce dû au fait que la plupart des élèves dormaient encore, ce qui donnait une apparence tranquille et paisible à l'école, mais quelles qu'en soient les raisons, Mondingus Fletcher était de ceux qui se réveillaient assez tôt pour voir l'aube. Il le faisait souvent, la plupart du temps pour trouver une paix intérieure. La seule différence était qu'il n'était pas seul aujourd'hui.
Et la compagnie n'était pas là pour l'aider à trouver la paix.
Il soupira. "Je ne sais pas, Frank..." dit tranquillement Dung, résistant au besoin de mordre sa lèvre. Il ne put s'empêcher de hausser les épaules, mais tout le monde haussait les épaules, n'est-ce pas ? "Je n'ai... Ah, merde. Arabella m'a parlé de ça avant de mourir, et ma réponse était identique à celle que je te fais aujourd'hui. Je ne veux pas revenir."
"Je sais," répondit l'Auror. "James me l'a dit."
"Alors que fais-tu ici ?" Fletcher n'avait pas pu se retenir de poser la question.
"On a besoin de toi", dit brusquement Frank. "Et souvent, les choses que nous ne voulons pas faire sont celles dont nous avons le plus besoin."
Dung se renfrogna. "Ca ne va pas si mal," objecta-t-il. "Si ?"
"Si."
"Tu formes -"
"La formation, oui." Maintenant, ce fut au tour de Frank de se renfrogner. "Je forme vingt bons candidats à être des Aurors. Mais la formation occupe quatre d'entre nous et rend le travail de Alice plus dur encore. Elle n'a pas assez d'Aurors pour remplir toutes nos missions, encore moins pour protéger les gens."
"Et elle t'a demandé de venir ?" l'interrogea Dung, tant par curiosité que pour éviter de développer. Pour changer de sujet.
"Non. Sirius me l'a demandé."
"Oh." Dung ne connaissait pas bien Sirius et ne le connaîtrait probablement jamais. Ils n'étaient simplement pas de la même génération et, même s'ils siégeaient tous deux au Premier Cercle, ils avaient peu de choses en commun. Mais Dung respectait l'homme, ce qu'il avait fait, et ce à quoi qu'il avait fait face. Sirius Black connaissait les démons.
"Je
sais que ce n'est pas facile pour toi d'entendre ça",
dit doucement Frank, rappelant à Dung que, lui aussi, il
savait toutes les horreurs qu'un Auror pouvait endurer entre les
mains du Seigneur des ténèbres. "Et je sais que tu
ne veux pas revenir. Peut-être que si les choses avaient été
différentes quand je suis sorti d'Azkaban, j'aurais fait la
même chose.
Mais nous ne pouvons pas nous cacher,
Dung. La guerre ne se terminera pas si on lui tourne le dos. A une
époque, tu étais prêt à te battre pour tes
convictions. Qu'en est-il aujourd'hui ?"
Le professeur de Défense contre les forces du mal déglutit. "Je n'ai pas tourné le dos," dit-il tranquillement. "Je suis là, non ?"
"Oui. Mais maintenant on a besoin de toi ailleurs", répondit l'autre.
"Je sais." L'admission lui échappa, mais il était sincère. Il le savait depuis plus d'un an.
"Tu reviendras alors ?"
"Peut-être." Il déglutit encore. "Mais pas maintenant. Je ne peux pas – J'ai des responsabilités ici, et je ne laisserai pas tomber Remus. Et je ne sais pas si je suis assez bon de toutes façons. J'ai perdu... beaucoup."
"Je comprends", dit tranquillement Frank, et Dung sut que c'était vrai. Peu comprenaient, mais ceux qui avaient passé des semaines, des mois ou des années atroces dans l'enfer d'Azkaban comprenaient. Fletcher expira lentement, essayant de calmer les papillons qui avaient soudainement décidé d'envahir son estomac.
"Laisse-moi jusqu'à la fin du semestre. Je suis sûr que Remus pourra trouver quelqu'un d'ici là pour me remplacer."
Frank sourit sinistrement. "Brave homme."
"Pas vraiment," Dung renifla mais il parvint à lui rendre son sourire. "Tu as contacté les autres, aussi ?"
"Oui. Mais je suis venu te voir en premier."
"Ah."
Les autres, Frank et Dung le savaient, étaient ceux qui avaient été prisonniers en même temps que Frank à Azkaban – alors que la plupart des prisonniers que Voldemort avait gardé vivants dans la prison étaient des figures politiques ou des ennemis personnels, sept d'entre eux étaient des Aurors, et parmi ces sept, seulement quatre avaient repris du service. Tout comme Dung avait démissionné deux ans avant qu'Azkaban ne soit attaquée, Amanda Pieters, Stephen Hoppner et Amy Wortman avaient choisi de quitter les Aurors. La Division les avait laissé s'éloigner. Mais les temps avaient changé, et le Ministère en ruines avait besoin de tous les Aurors disponibles. Il soupira.
"Je comprends."
Frank sourit de soulagement. "Merci."
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Hestia croisa les bras sur sa poitrine et adopta une moue têtue qui donna à Bill envie de grimacer. La seule raison qui l'en empêcha était qu'ils n'étaient pas seuls - Alice Londubat n'était pas aussi accoutumée que lui aux excentricités de Hestia, et la dernière chose dont il avait besoin était de se disputer avec Hestia maintenant. D'abord, ça n'aurait été très professionnel, mais ça aurait rendu ce qu'ils essayaient de faire encore plus difficile. Même si il n'était pas d'accord avec elle.
"Il n'y a aucun signe de Pritchard", dit sa collègue brusquement. "Nous avons cherché dans tous les coins et nous en avons conclu qu'il doit avoir trouvé un nouvel endroit pour détenir ses prisonniers."
"Ou Azkaban", ajouta sombrement Bill, gagnant un regard noir de Hestia.
"Je ne pense pas qu'il soit là-bas", le contredit-elle. "Nous n'avons aucune preuve que Voldemort garde encore des prisonniers là-bas -"
"Et aucune qu'il prouve qu'il ne le fait pas", contra Bill, et il eut envie de se gifler pour avoir pris un ton si raisonnable. Lui et Hestia en avaient déjà parlé, il n'y avait aucune raison de le refaire devant Alice, particulièrement quand ils avaient de vraies nouvelles à rapporter.
"En fait -"
"Laisse tomber," la coupa-t-il. "Continue."
Hestia acquiesça vivement, au moins elle savait quand s'arrêter. C'était probablement la seule raison pour laquelle tous deux pouvaient autant se disputer tout en restant amis. "Bien. Bill et moi avons fouillé le manoir Jedusor, Alice."
L'autre Auror tourna brusquement la tête vers eux pour les fusiller du regard. "Qu'est-ce qui vous a pris de faire une chose pareille ?" demanda-t-elle sèchement. "Vous êtes tous les deux sont assez expérimentés pour savoir combien d'Aurors nous avons perdu à cet endroit ! Comment pouvez-vous être si insouciants ?"
"La vie de Pritchard pourrait s'avérer plus importante que les nôtres," répondit tranquillement Bill, et il vit alors une partie de la colère de Alice retomber. Légèrement.
"Même dans ce cas..." grogna-t-elle, puis elle se reprit. "Bien. Vous avez apparemment survécu à l'expérience, alors dites-moi ce que vous avez trouvé."
"Rien," répondit promptement Hestia. "Ou plus exactement aucun signe de Pritchard."
"Mais...?" l'aiguilla Alice.
"Il y avait autre chose", répondit Bill. "Quoi, nous ne savons pas... et nous n'en avons tiré aucune conclusion. Mais il y avait quelque chose - nous avons observé l'endroit pendant plus de douze heures, et il y avait beaucoup de Mangemorts qui allaient et venaient. Plus que nous n'avions prévu."
"Y compris les Lestrange", ajouta sombrement Hestia. "Les deux survivants du moins."
Les sourcils de Alice se levèrent. Ce n'était pas un secret que Bellatrix et Rodolphus Lestrange ne quittaient jamais Azkaban, à moins que le Seigneur des ténèbres ne prépare quelque chose de particulièrement mauvais. Ils étaient les seuls Mangemorts à vivre sur l'île, et Bill savait grâce à son expérience personnelle que ni l'un ni l'autre n'était particulièrement sain d'esprit. Même Voldemort n'aimait pas l'aide de ceux qu'il avait du mal à contrôler et il leur permettait rarement d'attaquer le monde magique. Leur instabilité était probablement la seule chose sur laquelle les Aurors et le Seigneur des ténèbres étaient d'accord, ce qui voulait dire que leur présence au manoir Jedusor était importante.
"Et ?" demanda finalement Alice.
"Et nous ne savons pas," admit Hestia. "Mais quelque chose se prépare."
Alice se renfrogna pendant un moment avant de répondre, "nous allons enquêter alors. Informez Sirius quand vous rentrerez à Avalon, et en attendant, je mets Dawlish là-dessus. Si quelqu'un peut percer ce mystère, c'est bien lui."
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"Tu y crois, toi ?" demanda Ron avec enthousiasme alors qu'il rentrait prestement du terrain de Quidditch avec Harry, ils étaient tous deux couverts de boue et trempés jusqu'aux os. La pluie avait cessé mais le ciel nuageux annonçait que l'accalmie n'allait pas durer et les deux garçons voulaient arriver à l'intérieur avant d'être frappés par un autre déluge.
Harry sourit. "Je t'avais dit que tu y arriverais."
"Ouais, mais tu aurais dû entendre ce que Fred et George disaient,"répondit Ron en faisant la moue. "Imbéciles de frères."
"Ouais, bien -" commença Harry, mais il fut coupé par Hermione qui courrait dans leur direction. Elle n'était pas aussi mouillée que les garçons, mais ses cheveux broussailleux étaient certainement plus plats qu'à l'ordinaire, ce qui apprit à Harry qu'elle aussi avait été frappée par l'orage.
"Tu as réussi ?" demanda-t-elle et s'arrêtant net devant eux. Hermione perdit cependant l'équilibre sur la terre glissante, et elle s'effondra dans la boue aux pieds des garçons. Elle hurla, et la boue gicla partout.
Riants, Harry et Ron l'aidèrent à se relever, et la rattrapèrent quand elle manqua de tomber une deuxième fois.
"Ce n'est pas drôle !" s'indigna Hermione.
Ron renifla. "Si, ça l'est," répondit-il gaiement. "Et ouais, j'ai réussi. Tu parles au nouveau gardien de Gryffondor !"
"C'est fantastique, Ron," sourit-elle. "Mais tu ferais bien de ne pas oublier tes devoirs comme Harry -"
"Oh, ne commence pas avec ça," l'interrompit Harry. "C'est seulement le sixième jour de classe, et je n'ai encore rien oublié !"
"C'est parce que vous n'avez pas encore eu d'entraînements de Quidditch, et les essais ont eu lieu le week-end," contra raisonnablement Hermione.
"Oh, j'en ai déjà marre," intervint Ron. "Tu commences à parler comme maman."
"Je n'en suis pas à ce point."
"Pas encore," murmura sombrement Ron, Harry rit. Hermione l'ignora, mais Harry crut voir un plus léger sourire sur son visage. Ensemble, les deuxièmes années boueux jetèrent un œil par la porte avant d'entrer – les vieilles habitudes avaient la vie dure, et la dernière personne qu'ils avaient envie de rencontrer était Rusard, particulièrement quand ils étaient couverts de boue. Cependant, la chance leur sourit, et ils se ruèrent dans les escaliers. Le chemin jusqu'à la tour de Gryffondor fut beaucoup plus rapide qu'habituellement. Harry fronça les sourcils. On aurait dit que le château les aidait à aller plus vite... mais c'était impossible. Pourquoi Poudlard ferait-il cela ?
"Alors, tu as vu Fred et George ?" demanda-t-il à Hermione, plus pour éviter une nouvelle dispute entre elle et Ron que pour connaître la réponse. "Ils n'étaient pas aux essais aujourd'hui."
Elle fronça les sourcils. "Je les ai vus parler au professeur Fletcher un peu plus tôt, mais je ne pense pas qu'ils avaient des ennuis."
"Bien, c'est un soulagement," Ron grimaça. "Je ne voudrais pas qu'ils commencent quoi que ce soit sans nous."
"Nous ne commencerons rien," les interrompit soudain une voix étouffée, et Fred et George arrivèrent dans la salle commune.
Harry, Ron, et Hermione s'étaient arrêtés pour les attendre, et Harry sentit son estomac se nouer. Il n'avait jamais vu Fred ou George comme ça. Même dans les plus mauvaises périodes, les jumeaux étaient des éternels optimistes. Mais la douleur sur leurs deux visages était impossible à manquer, et Harry sut immédiatement que quelque chose allait mal.
"Quoi ?" demanda Ron. "Qu'est-ce qui s'est passé?"
George déglutit. "Le professeur Fletcher nous a laissés appeler Lee par la cheminette parce qu'il ne répond pas à nos lettres."
"Nous avons pensé que sa maman pouvait avoir découvert que nous allions venir le délivrer, et nous avons voulu lui faire des excuses pour lui avoir attiré des ennuis," continua Fred. "Mais en fait, nous n'aurions pas dû nous tracasser."
"Qu'est-ce que tu veux dire ?" demanda Hermione avec inquiétude, George grimaça.
"Lee est parti", répondit-il. "Sa maman a dit qu'il avait fugué le 1er septembre."
Les yeux de Hermione s'élargirent. "Mais c'est -"
"Il est parti parce que nous ne sommes pas venus", dit tranquillement Fred. "Parce qu'il nous a attendus et que nous ne sommes pas venus."
"Et personne ne sait où il est. Nous avons raconté au professeur Fletcher tout ce que Mme Jordan nous a dit. Personne ne l'a vu depuis dix jours."
"Oh, non," chuchota Hermione.
"Il a dit qu'il rechercherait Lee," dit Fred après un moment. "Le professeur Fletcher. Mais... " Il haussa les épaules et les Misfits échangèrent des regards.
Harry ravala la douleur qui serra soudain sa poitrine. "Si Voldemort l'a..." Il ne pu finir.
"C'est notre faute," dit catégoriquement George, faisant tourner les têtes des autres brusquement. "Quoi qu'il lui soit arrivé."
"Non, vous n'y êtes pour rien," objecta Hermione. "Vous avez juste essayé d'aider un ami, et nous en avons fait autant que vous."
"Elle a raison," siffla Ron. "C'est notre faute autant que la vôtre."
George secoua la tête. "C'était notre idée."
"Et nous étions avec vous," ajouta Harry en déglutissant nerveusement. "Nous connaissions les risques. Ou nous aurions dû les connaître, quoi qu'il en soit."
"Mais nous n'en avons pas tenu compte," dit doucement Hermione. "Et qu'est-ce qui arrive maintenant ?"
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Lee ouvrit ses yeux lentement, il ne voulait pas mais il savait qu'il le devait. Il aurait continué à faire semblant d'être inconscient le plus longtemps possible, mais une petite voix dans sa tête lui disait que ce serait une mauvaise idée... d'autant plus que la voix plus forte en dehors de sa tête disait la même chose.
"Debout, debout, petit garçon," Bellatrix Lestrange riait nerveusement. Même avant qu'il n'ouvre les yeux, il sut que c'était elle, il ne l'avait jamais vue avant cette fameuse nuit... c'était il y a combien de temps ? Les heures se mélangeaient. Elle n'avait pas dit un mot, elle l'avait simplement assommé, mais il savait que la voix qui chantait était la sienne. Elle ne pouvait appartenir à personne d'autre.
Un pied botté frappa ses côtes et Lee jappa. "Lève-toi," siffla une autre voix. "Restes-tu toujours paresseusement allongé en la présence de tes supérieurs ?"
Etourdi, Lee leva les yeux et vit le visage tordu de Rodolphus Lestrange - il l'avait vu dans les nombreux articles de la Gazette qui détaillaient les atrocités du couple. Le Mangemort soutint son regard avec colère et ricana alors que son épouse lui donnait un autre coup de pied dans les côtes. Puis, avant qu'il ne puisse penser à se lever, les Lestrange le tirèrent sur ses pieds. Depuis combien de temps était-il là ? Il ne s'en souvenait plus, tous les jours froids se ressemblaient à Azkaban. Pour ce qu'il en savait, ça aurait pu être des années…
Il frémit en pensant aux Détraqueurs qui rôdaient près de lui toutes les nuits et aux longues heures qu'il avait passées à se demander comment il avait fini à Azkaban, un endroit dans lequel il n'avait jamais pensé atterrir. Il n'avait pas sa place ici. Il n'était qu'un gosse qui essayait de retourner à l'école. Il voulait juste y retourner.
"A genoux, gamin," cracha une voix et une main appuya fortement sur son épaule pour le contraindre à s'agenouiller.
Il remarqua à peine quand ses genoux heurtèrent violemment le plancher en pierre, parce qu'il connaissait cette voix. Lee connaissait ces longs doigts pâles - il les avait vus faire des potions ces trois dernières années. Cillant encore, il tendit le cou pour regarder fixement un masque blanc et rigide et les profonds yeux noirs du Mangemort dissimulés derrière. La main dure de Rogue resta sur son épaule, mais ce n'était pas ça qui lui faisait le plus mal. Mais il est...
"Il n'est pas très intelligent, si ?" Bellatrix Lestrange rit nerveusement encore.
"Assez, Bella."
La voix froide suffit à détourner le regard de Lee de son professeur de potions, mais il souhaita promptement ne pas l'avoir fait. Il n'avait jamais vu d'yeux rouges avant.
Malgré tout la voix était étrangement tranquille. "Bienvenue à Azkaban, Lee Jordan."
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10 septembre 1992
LE MAL EST PARMI NOUS
Par Rita Skeeter, envoyée spéciale
Il y des années, quand deux sorcières et deux sorciers ont créé l'école de
Poudlard, ils voulaient créer un asile protégé dans lequel les enfants de
la communauté magique pourraient s'instruire et grandir,
devenir des individus responsables qui mèneraient notre monde. Mais
tout le monde connaît l'histoire de Gryffondor, Serpentard,
Poufsouffle et Serdaigle. Nous apprenons ces contes pendant notre
enfance.
Ce que le monde ne sait pas, c'est qu'il y a des monstres à
Poudlard. Depuis que des Mangemorts sont autorisés à y enseigner,
l'ombre de la mort pèse sur l'école de son ombre , l'âge d'or est terminé.
Oui.
Des Mangemort.
Severus Rogue est l'héritier de la huitième des quatorze familles. Depuis
longtemps, on se demandait si ce froid professeur de sang pur était lié
à Vous-savez-qui, mais maintenant la preuve est indéniable. La
preuve existe que le directeur adjoint de Poudlard est bel et bien un
Mangemort - il est, en fait, l'un des partisans les plus fidèles de celui-
dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. Plusieurs de ses victimes
ont été formelles, et bien qu'elles aient peur de donner leurs noms,
elles n'ont aucun doute sur l'identité de leur bourreau.
Mais on doit maintenant se demander qui d'autre sait que cette icône
des ténèbres enseigne à Poudlard. Il est évident qu'un sorcier
réputé aussi intelligent et doué que le directeur Remus J. Lupin ne
peut pas avoir ignoré le fait que son adjoint est un Mangemort - mais s'il
le sait, qu'est-ce que ça veut dire ? Et, pendant qu'on y est, Rogue est-il
le seul à Poudlard ?
Il n'y a aucun moyen de le savoir, mais que les parents prennent garde.
Avec des Mangemorts au sein de l'école, nul ne peut dire quelle
sera la prochaine victime innocente. Il n'y a aucun moyen de savoir qui
souffrira. Les centaines de parents qui ont envoyé leurs enfants à
Poudlard cette année les croyaient en sécurité. Cependant, la présence
même de Severus Rogue montre que c'est un mensonge, et avec un
monstre comme lui en liberté, c'est nos enfants, notre futur qui souffrira.
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"C'est un Mangemort tu sais", dit tranquillement Frank, Sirius tourna la tête. Il était plongé dans le travail imposant de Rowena Serdaigle, Sur Avalon, qu'il avait découvert sous une pile de papiers divers et une tonne de poussière. Bien que les Aurors soient revenus à Avalon, l'île était seulement habitée par les étudiants et les instructeurs ; les premiers n'avaient pas le droit de l'explorer, et les autres n'avaient pas le temps. Jusqu'à maintenant, Sirius avait seulement eu le temps de déterrer environ un quart des trésors cachés dans la vaste bibliothèque d'Avalon, mais il avait déjà trouvé plusieurs pistes.
"Naturellement," acquiesça Sirius. Ils étaient seuls dans la bibliothèque, Hestia et Bill travaillaient toujours sur le cas Pritchard, et Kingsley faisait passer les premiers essais de la phase III, l'île semblait étrangement tranquille. Les deux Aurors avaient parlé maisons et espoirs, jusqu'à ce que Frank évoque l'article de la gazette.
"J'imagine que tu l'as vu à Azkaban, ou au moins tu as entendu sa voix là-bas," continua Sirius. "Comme moi."
"Et il est espion pour l'Ordre," dit tranquillement Frank, faisant enfin lever la tête à Sirius.
"Qui t'a dit ça ?" demanda-t-il, essayant de garder une voix désintéressée, mais incapable d'y arriver complètement.
"Toi. A l'instant." Frank sourit légèrement. "Je n'en étais pas sûr, jusqu'à ce que tu me répondes d'un ton si désinvolte que tu savais."
"J'aurais dû m'attendre à ce que tu remarques ce détail."
"Toujours." Pendant une fraction de seconde, les yeux de son interlocuteur étincelèrent. "Je n'ai jamais pensé que Remus soit un tel imbécile. Ni que Rogue était une cause perdue."
Sirius arqua ses sourcils avec curiosité. "Ah ?"
"Tu oublies que j'étais préfet pendant votre deuxième année," répondit Frank. "J'ai donné quelques cours particuliers au jeune Severus Rogue après que le professeur McGonagall nous ait surpris, Alice et moi, dans... une situation compromettante. Elle a décidé que donner des cours particuliers de métamorphose à un Serpentard serait une punition adaptée à une telle indiscrétion."
"Je n'étais pas au courant de ça," renifla Sirius.
"Peu l'étaient. Il n'était pas vraiment enclin à dire qu'il n'était pas bon en métamorphose, ou qu'un préfet de Gryffondor lui donnait des cours particuliers."
"J'imagine."
"En tous cas, j'ai appris à le connaître en l'espace de quatre mois. Naturellement, c'était un morveux gluant et désagréable, mais une fois que j'ai dépassé cette impression... il était différent." Frank haussa les épaules. "Il semblait être à la recherche de quelque chose en quoi croire. Ca m'a affligé qu'il l'ait trouvé auprès de Voldemort."
"Hum." Curieusement, le passage qu'il avait été entrain de lire parlait des différences entre la réalité et la perception. Rowena Serdaigle avait été une femme sage. 'de fait, ce que nous voyons est souvent ce que nous croyons devoir être vrai, nous ne recherchons pas sous la surface et ne trouvons pas ce qui se trouve vraiment en dessous.' Sage, oui, mais beaucoup trop confuse. Sirius eut l'étrange impression que Serdaigle aurait aimé Albus Dumbledore.
"Depuis combien de temps est-il avec nous ?" demanda curieusement l'autre. Sirius hésita à répondre et Frank lui fit un sourire. "Laisse tomber. Je comprends."
"Merci."
'ce que nous sommes est souvent très différent de que nous semblons être, et Avalon n'est pas différente. J'ai passé de nombreuses années sur cette île, et je n'ai pas encore compris tous ses secrets. Tant de choses restent cachées sur cette île de magie, particulièrement quand tout le monde oublie ce qui a été pour essayer de prévoir ce qui sera. Ce qu'ils ne comprennent pas, c'est qu'Avalon n'a ni passé ni futur, ni ici ni là. Avalon sera toujours les deux, plus ou moins combinés.'
"Alors, tu prévois de rester combien de temps ?" demanda soudain Frank, interrompant les mots de Rowena Serdaigle. Il fallut à Sirius un moment pour enregistrer la question, parce qu'il avait été plongé dans sa lecture et ses pensées, sachant qu'il y avait une signification plus profonde, mais ne parvenant pas à la saisir tout à fait. Il commença par hausser les épaules, pensant faire une réponse désinvolte... mais Frank méritait mieux.
"Jusqu'à ce que je ne puisse plus rester plus longtemps", répondit-il tranquillement.
La tête de Frank se leva de Les protecteurs d'un empire : L'histoire des premiers Aurors. "Plus longtemps ?"
"Il y a des choses que je dois apprendre ici. Des choses que je dois faire." Même avec Frank, qui avait partagé plusieurs des expériences les plus sombres de Sirius et avait des peurs encore plus noires, il ne pouvait pas en parler. Personne ne savait, et personne ne saurait, jusqu'à ce qu'il le dise à ceux qui méritaient de le savoir. "Le jour où je quitterai cette île, Frank, ce sera probablement le moment où j'affronterai Voldemort une nouvelle fois."
Les yeux foncés rencontrèrent les siens. "Alors je prie, mon ami, pour que ce jour arrive quand tu l'auras décidé, et pas quand il en aura envie."
Il n'y avait rien à dire, mais Sirius hocha la tête. Tous deux savaient que forcer la main à Voldemort était presque impossible... mais ils savaient également tous les deux que Sirius devait essayer. Même s'il devait en mourir.
Le suivant s'appelle le Sixième cercle... Comme la vraie vie est un peu envahissante, pas pour toute suite... mais écrivez-moi ! Chinander peut en témoigner, la pression, ça marche !
