Promesses retenues

Générique

Auteur : Robin4, sous le titre original de Promises Remembered

Inspiration JKR, mais très UA quand même !

Traduction : Petite Plume, qui n'avait pas perdu la suite !

Relecture et mise en ligne… Fénice, qui essaie de pas vous faire trop attendre !

Sponsors officiels : Kiri, qui se pose des questions... Ortie de Montréal – moi aussi, je laisse Robin seule responsable... Chinader, qui menace mais ne tient pas... tant mieux... Alana, qui collectionne précieusement les allusions... Ryan, comme d'habitude... Mnesyah, la débordée – et où sont passées tes propositions de suite ? La Paumée, qui est rentrée de vacances (lol! Ça me va bien !)... Fée Fléau, qui trouve que les Aurors font comme si de rien ( je suis d'accord mais on y revient dans le 32)... Lunenoire qui veut baillonner Rita... Sven qui découvre l'attente... Merci à tous !

Rappel : French Robin Universe est une communauté que nous avons créée, Alana et moi, regroupant toutes les fics de Robin – les originales et les traductions... Y'a de quoi occuper vos insomnies les plus solides ! Et on vient de vous poster Unbroken Eve - un one shot tranquille, comment s'est passé l'Halloween de 1981 dans cet UA...

Le lien pour la Communauté est sur nos profils !

Bon, ça suffit le bavardage...


Chapitre trente et un : Le Sixième Cercle

Remus regarda les yeux brillants de son compagnon par-dessus son épaule. "Il est temps," lui dit-il.

Lentement, le Phénix hocha la tête.

--------------

Les mêmes lettres arrivèrent chez sept personnes cet après-midi-là, délivrées avec la rapidité et la discrétion que seul un Phénix pouvait avoir. Des cinq, seule Lily Potter vit Fumseck, plus par chance qu'autre chose. Un Phénix qui ne voulait pas être remarqué y arrivait toujours, quelque soient les circonstances... même pour les amis. En le voyant, Lily ne sourit pas, elle savait que l'heure était venue.

Les lettres arrivèrent non scellées, simplement roulées et nouées avec un ruban bleu. Mais si on y regardait de plus près, on distinguait la silhouette pâle d'un Phénix à l'endroit où le sceau aurait dû être, ses ailes étaient écartées. Il volait. En totale liberté.

Chacun des sept destinataires toucha légèrement le Phénix avant de dérouler la lettre. Ils n'en avaient pas besoin, ils avaient tous déjà compris.

--------------

Votre présence est requise à la Maison de Campagne.

Minuit sera le bon moment.

Le Sixième Cercle sera formé.

--------------

Certains choisissaient des moyens plus faciles que d'autres pour se rendre à la Maison de Campagne, bien que tous soient censés arriver de la même manière. Lily se leva et se rendit dans la pièce voisine, elle vit le rouleau de parchemin dans la main de son mari alors qu'il lui faisait un signe de la tête. Elle avait prévu de passer l'après-midi à travailler avec le groupe Licorne sur le projet Air propre, et James avait prévu de voir Arthur. Tenir leurs précédents engagements, cependant, était maintenant hors de question.

"Je vais appeler le Terrier," dit-elle avec un demi sourire. "Si nous les invitons à dîner, Molly pourra me tenir au courant de ce qui s'est passé et tu verras Arthur."

"Ca me semble un bon plan," répondit James, et le sourire en coin qu'il lui fit élargit son propre sourire. Depuis des mois, les derniers membres du premier cercle avaient craint que le cercle ne soit jamais reformé, et qu'ils soient forcés de continuer comme ça. Le premier cercle était assez petit, même lorsqu'il était complet, et les événements récents avaient encore rendu les choses plus difficiles pour tous. Maintenant, cependant, leurs craintes semblaient injustifiées, et cette sombre prévision ne se réaliserait pas.

Merci Merlin, pensa Lily pour elle-même, puis elle se demanda si ce n'était pas plutôt Fumseck qu'il fallait remercier. Quand elle avait rejoint l'Ordre du Phénix, Lily avait cru que le nom n'était rien de plus qu'un symbole, peut-être inspiré par Fumseck, mais pas que c'était le Phénix qui avait donné son nom à l'Ordre. Elle s'était dit, très justement, qu'utiliser une créature qui renaissait de ses cendres était un symbole efficace pour une organisation qui combattait le mal. Lily avait pensé à l'espoir et à la logique, pas du tout au mysticisme et aux puissances qui dépassaient la compréhension humaine.

A cette époque, elle ne pouvait pas avoir su que le premier cercle originel avait été formé par les premiers membres de l'Ordre, que Fumseck jouait un rôle majeur en les choisissant... eux et tous leurs successeurs. Elle n'avait pas compris que l'Ordre du Phénix, par beaucoup d'aspects, a appartenait à un Phénix. À Fumseck.

Il avait fallu la mort de Dumbledore et le refus de Fumseck d'autoriser la formation du sixième cercle pour le lui faire comprendre. Malgré toutes les introduction de nouveaux membres auxquelles elle avait assisté, aucune d'elles n'avait montré ça à Lily - elle avait toujours su qu'il existait un lien spécial entre Dumbledore et son Phoenix, et avait supposé que Fumseck agissait simplement au nom de Dumbledore. Ca avait été la conclusion logique, après tout.

Maintenant Dumbledore était mort, et Fumseck continuait. Et le cercle reformait, avec un peu de chance pour la dernière fois.

--------------

Il se dirigea vers la zone de transplanage principale non pas avec une mais deux lettres à la main. Là première était identique à celle que ses six compagnons avaient reçu, mais la seconde était une lettre personnelle de Remus, livré par un hibou normal (quoi qu'un peu vexé) de Poudlard. Celui-là, au moins, l'avait préparé à ce qui allait suivre.

"Sirius ?" dit une voix venant de sa droite, des quartiers des instructeurs. Sa prévisible présence fit tourner la tête au chef des Aurors, il sourit légèrement - s'il devait casser son voeu de rester sur Avalon, il pouvait difficilement penser à une meilleure compagnie pour le faire.

"Bonjour, Bill," répondit-il en se tournant pour faire face au jeune homme. Sirius se sentait toujours courbaturé et différent, mais il était plus près de sa personnalité à présent, et cela lui permit de sourire - et de le penser, pour une fois.

Il avait rarement vu Bill Weasley mal à l'aise, mais l'autre Auror se balançait nerveusement d'un pied sur l'autre. "J'ai reçu une lettre," dit Bill d'un ton incertain. "Elle me demandait de te retrouver, et de te suivre à... 'La Maison de Campagne'?"

"C'est ce que je pensais." Sirius désigna sa propre lettre pour expliquer sa remarque. "Tu sais ?"

Bill secoua la tête. "Je n'en ai pas la moindre idée."

"Alors viens marcher avec moi," répondit-il, et Bill lui emboîta le pas. Ils flânèrent un moment en silence, chacun écoutant les bruits tranquilles de la nuit d'Avalon, et faisant leurs propres contrôles mentaux pour s'assurer que tout était en ordre sur l'île. Alors qu'ils passaient devant les quartiers des étudiant, Sirius continua : "que dit ta lettre?"

"Quelque chose à propos de mon introduction dans le Cercle." Bill haussa les épaules. "Mais quel cercle ? Et de qui vient-elle ?"

Sirius étudia son compagnon pendant un moment et vit qu'il réfléchissait. Bill était un homme très malin, même extraordinairement intelligent – il était l'un des meilleurs que Sirius n'ait jamais rencontrés pour résoudre les énigmes. Les cas qui avaient défait beaucoup d'Aurors étaient un jeu d'enfant pour Bill Weasley, parce qu'il était intuitif et qu'il savait considérer tous les angles d'un problème avant de laisser tomber. Si quelqu'un pouvait décrypter une lettre secrète de Remus, c'était lui.

"Qu'est-ce que tu penses que c'est ?" demanda-t-il finalement.

"Il y avait un Phénix sur l'extérieur du rouleau," répondit-il immédiatement, et Sirius vit ses yeux scintiller brièvement. "Très pâle et à peine visible, mais il y en avait un."

"Oui."

Bill fronça les sourcils légèrement. "Je n'avais jamais reçu de lettre de l'Ordre avant."

"Et tu n'en recevras plus jamais à moins que les choses ne tournent terriblement mal," dit tranquillement Sirius en jetant un dernier regard aux alentours. Il était certain qu'ils étaient seuls, mais les Aurors ne survivaient pas avec des présomptions. "Tu sais que nous avons un premier cercle."

"Oui, mais – tu n'es pas sérieux ?" commença Bill.

Sirius hocha la tête. "Je te conduirai à la Maison de Campagne, là où le cercle sera formé. Je ne sais pas quel siège te sera attribué, mais à partir de ce moment, tu seras l'un des nôtres."

"Pourquoi moi ?" demanda finalement Bill après un silence.

"Pourquoi nous tous ?" le contra Sirius. "Quand j'ai rejoint le cercle, j'étais plus jeune que toi aujourd'hui. J'avais peu d'expérience, et j'étais pratiquement inutile à l'Ordre, mais j'ai été choisi quand même. La même chose peut être dite pour bon nombre d'entre nous... au moins au début. Il n'y a pas de raisons, Bill. Le cercle est, simplement."

--------------

Peter regarda ses mains tremblantes. "J'ai refusé ça avant," chuchota-t-il.

"Mais c'était avant," répondit doucement Remus. "Nous savons tous les deux que les choses sont différentes maintenant."

Ils étaient tous les deux debout sous le hêtre qui avait par le passé été l'arbre préféré des Maraudeurs et qui signifiait toujours beaucoup pour eux. Remus avait demandé Peter de le rejoindre là parce que transplaner sur les terres de Poudlard était impossible et que le lac n'était pas loin des limites. Le directeur était heureux d'avoir choisi un endroit si symbolique, bien que ça n'ait pas été intentionnel. Peut-être que les vieux endroits familiers aideraient à calmer les nerfs de Peter.

"Je suis toujours -"

"La même personne," finit Remus pour lui. "Toujours notre ami, et toujours quelqu'un en qui j'ai confiance."

Peter frémit. "Confiance," renifla-t-il. "J'ai refusé quand Dumbledore me l'a demandé parce que j'avais peur. Cela n'a pas changé, non plus."

"Peur de quoi ?"

"D'échouer. De ne pas être assez fort." Sa voix devint un murmure rauque. "De vous trahir."

"Et tu ne l'as jamais fait," lui rappela Remus. "Et tu as fait preuve d'un courage remarquable en trahissant Voldemort, et - non, ne discutes pas, Peter. Je parle en tant que chef de l'Ordre, pas simplement en tant qu'ami. Tu mérites ce siège. Plus important, tu peux aider l'Ordre en le prenant."

"Moi ?"

"Oui, toi." Le directeur pouffa doucement en voyant la surprise sur le visage de Peter. "Ce que tu as fait à travers l'Europe, et en France particulièrement, a été très utile à l'ordre. Maintenant je dois te demander de faire plus."

Peter fronça les sourcils sombrement. "Je ne suis pas courageux."

"Si, tu l'es," le contra Remus. "Et tu l'as toujours été, parce que faire ce qu'on redoute le plus demande beaucoup de courage."

"Si la peur est égale le courage, je suis un super héro Moldu," le rire de Peter était nerveux, Remus tendit une main et la posa sur l'épaule de son ami. Les années d'amitié avaient fait de Peter un homme plus fort, mais il avait toujours des moments de faiblesse - même s'il avait agi pour les bonnes raisons. Il avait honte de la période où il avait été mangemort, Remus le savait, et les années à se cacher derrière des mensonges avaient amené le "petit" Peter à se considérer comme un lâche.

Ca n'aidait pas que la majeure partie du monde magique semble d'accord avec lui.

"Tu en es plus proche que tu ne penses, Queudver," dit-il après un moment. "Je sais, ce n'est pas toujours facile pour toi, mais cela rend seulement tes actes plus remarquables. Tu n'es pas un héros dans le même sens que Sirius ou James. Tu n'as jamais voulu être mis en avant. Mais ça ne rend pas ce que tu fais moins nécessaire. Ou moins courageux."

"'Tout le monde peut être un héros ?" cita Peter en levant les yeux au ciel. "Tu commences à parler comme James, mon ami." La réponse était désinvolte et même amère, mais Remus vit l'émotion dans les yeux de Peter et n'insista pas. Même après si longtemps, il y avait des sentiments que les meilleurs amis avaient du mal à exprimer.

"Peut-être," convint-il lentement. "Et peut-être que je suis fou, aussi. Mais veux-tu l'être avec nous ?" Remus lui tendit sa main droite, lui offrant pouvoir, difficultés, risques... et peut-être, finalement un moyen de trouver la paix et de se réparer ses erreurs.

"Oh, malheur !" le maudit Peter. "Tu me veux vraiment, hein ?"

"Oui. Nous te voulons."

Son ami se renfrogna en entendant sa réponse. "Ca pourrait bien être la plus stupide décision que tu n'aies jamais prise."

"Je prends le risque," dit platement Remus.

"Tu es sûr ?" Soudainement, l'amertume avait disparu, et, pour la première fois depuis deux décennies, Remus regardait le petit garçon seul et effrayé qu'il avait rencontré pour la première fois dans le Poudlard express. La même solitude et la même incertitude habitaient les yeux verts de Peter, c'était quelque chose que Remus, James, et Sirius avaient pensés avoir éliminé il y avait des années. Ils avaient essayé de le guérir et avaient même pensé avoir réussi.

Voyant cela, Remus voulut désespérément le prendre dans ses bras... mais il n'en fit rien. L'ami aurait dû le faire. Mais le chef de l'Ordre du Phénix ne pouvait pas. Peter devait faire face avant que ça ne le tue, et il devait prendre cette décision seul.

Sa main était toujours tendue entre eux.

"Je -" Peter prit une profonde inspiration tremblante. Remus sourit.

"Je sais."

Peter prit sa main.

--------------

"Pouvons-nous, Severus ?"

Le maître des potions leva la tête de la pile de papiers qui ornait son bureau et jeta un regard assassin vers la porte. Cependant, son visiteur pouffa, pas le moins du monde intimidé par ce regard. Seul Severus Rogue pouvait donner un devoir si important douze jours seulement après la reprise des cours.

"Partir, naturellement," Fletcher rit.

"Quoi - Oh." L'air menaçant de Rogue s'accentua, ce qui, Dung l'avait appris il y avait bien longtemps, était sa façon de rougir. Rogue ne rougissait jamais, mais il se renfrognait souvent. Maintenant, il s'était levé d'un mouvement brusque, l'air contrarié. "Oui."

"Tu vas bien ?" s'inquiéta Dung, observant son ami. Il était 11:45, et Rogue ne semblait pas avoir été sur le point de quitter Poudlard, bien qu'il leur faille quinze bonnes minutes pour sortir du parc et transplaner à leur destination.

"Ca va," répondit rapidement l'autre. "J'ai simplement perdu la notion du temps."

"Ah." Mais quelque chose n'allait pas. Dung ne savait pas quoi exactement mais il y avait quelque chose.

Rogue lui jeta un regard en coin et désigna la porte. "Après toi."

"Bien." Dung était parvenu à oublier qu'il s'appuyait sur le cadre de la porte, bloquant la seule sortie du bureau de Rogue. Il s'écarta en souhaitant que le nœud dans son estomac disparaisse. "Partons."

Ils traversèrent le château sombre en silence, évitant fort heureusement les étudiants errants, fouineurs Serpentards ou impétueux Gryffondors. Maintenant c'était au tour du directeur de Gryffondor de se renfrogner. Fletcher avait souvent envié les directeurs de Poufsouffle et Serdaigle. Curieusement, leurs étudiants semblaient moins enclins à vadrouiller dans les couloirs après le couvre-feu. Dung renifla. D'un autre côté, il enviait même à Severus ses Serpentards – aussi fouineurs qu'ils puissent être. Au moins Severus n'avait pas toute la bien nommée Magique et Invisible Société des Fauteurs Impénitents de Troubles dans sa maison ! Les Misfits se corrigea sinistrement Dung, plus leur dernière recrue. Il avait durement appris deux jours avant que la petite Ginny Weasley était loin d'être aussi innocente qu'elle semblait.

"Quoi ?" demanda abruptement Rogue, faisant sursauter Fletcher.

"Hein ?"

"Tu as reniflé."

"Oh. Je pensais juste à mes Gryffondors... respectueux des règles" répondit Dung avec un demi sourire. Il savait que Severus, l'éternel Serpentard, aurait quelque chose dire à ce sujet.

Étonnamment, il ne dit rien. A la place, le directeur adjoint demanda, "Alors, comment se sont passés tes cours de défense contre les forces du mal jusqu'à présent ?"

"Pas mal." Dung haussa les épaules. "J'aurais préféré que tu le fasses, mais... pas mal."

"Franchement, je suis heureux de te voir à ce poste," répondit Rogue, surprenant l'ex-Auror.

"Quoi ?"

"Je comprends pourquoi Remus veut me garder loin de la salle de défense contre les forces du mal," dit calmement le mangemort. "Toutes ses raisons, y compris celle qu'il n'admettra jamais. Mais ce qu'il ne comprends pas – ou, du moins, ce que je pense qu'il ne comprend pas –c'est pourquoi je voulais ce poste avant tout."

Il marqua une pause, semblant attendre une réponse. Après un long moment, Dung osa : "je sais que tu as beaucoup d'expérience..."

"L'expérience." Renifla Rogue. "C'est la dernière chose que j'ai envie de partager avec ces enfants." Sa voix devint plus basse et Fletcher vit une partie de son amertume quitter son visage. "Ce que je veux... voulais, c'était leur apprendre à ne pas choisir le même chemin que moi. Leur prouver que les ténèbres doivent être combattues."

Dung déglutit dans le silence qui suivit. Rarement, pour ne pas dire jamais, il avait entendu Rogue parler si ouvertement, si honnêtement. Et il ne se serait jamais attendu à ça. C'était étrange, même s'il pouvait aisément appeler Severus Rogue un ami, même un bon ami, il ne s'était pas douté qu'il partageait son point de vue sur les ténèbres. Sur la guerre. Sur l'enseignement.

"C'est pourquoi je suis heureux de te voir à ce poste," continua Severus après un moment. "Parce que je sais que quel que soit ce qu'il y a dans ton passé, tu leur montreras le bon chemin... même si ce n'est pas toujours la voie de la facilité."

"Merci." Il déglutit.

"Pour quoi ?"

"Pour me croire capable de faire ça," répondit Dung avec une telle honnêteté qu'il s'en étonna lui-même. "Je me pose la même question parfois."

Rogue lui jeta un autre regard oblique. "A quel propos ?"

"Parce que je pense que je vais devoir retourner chez les Aurors, à moins que je ne veuille me transformer en hypocrite et ignorer mes propres leçons." Là. Il l'avait dit. Dung avait finalement exprimé la décision qu'il avait prise depuis le jour où Bella Figg était morte. "J'ai besoin de toi, Mondingus. Tu savais que ce jour viendrait," lui avait-elle dit par le passé. Presque quatre mois plus tard, il admettait enfin qu'elle avait raison.

"Quand ?" Severus ne parut pas surpris, il ne posait jamais de questions inutiles, juste quand ? Rien d'autre ne comptait.

"Je n'en suis pas sûr," admit Fletcher. "Après l'année scolaire, si la guerre n'est pas terminée. Peut-être plus tôt, si je suis indispensable." Les mots suivants lui échappèrent avant qu'il ne puisse les arrêter. "Mais je n'en ai vraiment pas envie."

"Je sais." Severus lui fit un sourire sinistre et marqua une courte pause. "Je comprends."

--------------

L'impression l'envahit au moment même où il leva sa baguette : une impression d'accablante noirceur, de destruction, et de victoire. Mais il ne reconnu le rire distant que trop tard pour réagir, il était dans la zone de transplanage et Avalon se fanait déjà autour de lui.

Le vertige arriva quand ses pieds touchèrent la terre d'un champ balayé par le vent, et Sirius trébucha, chose qu'il ne faisait jamais après avoir transplané. Pour un Auror, tout mouvement incontrôlé pouvait signifier la mort, et il n'avait jamais été de ceux qui trébuchent sur leurs propres pieds. Sirius parvint de justesse à ne pas tomber et la tête lui tourna encore plus après ça. Sirius sentit une nausée familière monter en lui et il la ravala, secouant la tête pour essayer de l'éclaircir. Regardant fixement l'herbe brûlée – brûlée ? - il essaya de retrouver son équilibre, et trébucha encore. Tout était si froid. Si noir.

"Par Merlin," chuchota Bill à côté de lui, il leva vivement la tête.

Remus était là. Ainsi que James et Lily, avec Rogue et Dung. Et Peter, qu'il avait attendu, mais était quand même heureux de le voir. Mais la vieille maison délabrée qu'il avait également compté voir... n'était pas là.

La Maison de Campagne n'était plus.

Il n'en restait presque aucune trace, que quelques gros morceaux de bois carbonisés éparpillés dans le champ. La maison était jaune, Sirius s'en souvenait, mais aucune trace de cette couleur ne subsistait - tout était noir. Noir et amassé au fond d'un cratère rempli de fumée dans la terre, certains débris brûlaient encore.

"Elle a été détruite." La voix enrouée appartenait à Fletcher, il semblait perdu. A sa droite, cependant, Rogue semblait furieux.

"Comment ?" chuchota Lily, brisée.

"Il était ici," dit abruptement Sirius avant de pouvoir s'en empêcher. "Il n'y a pas très longtemps." Il frissonna mais la nausée disparaissait. "Il était ici."

Alors même qu'il achevait sa phrase, la marque des ténèbres s'alluma dans le ciel et tous devinrent silencieux. Il n'y avait rien à dire, rien à faire - et Fumseck formait maintenant une tâche colorée dans le cratère, pleurant doucement parmi les ruines.

Huit visages pâles observaient - six qui avait été en cercle depuis des années, et deux qui en avaient déjà compris assez pour être navrés. Fumseck se tut finalement, mais même les larmes de Phénix ne pourraient pas réparer les dommages causés. Sirius était fixé sur place avec les autres, sentant la lourde obscurité se dissiper... mais voir la marque dans le ciel et sentir sa sœur sur son avant-bras l'énervaient. Il pouvait encore sentir le mal que Voldemort avait laissé derrière lui.

"Comment a-t-il su ?" demanda James d'une voix brisée.

"Je ne sais pas," admit Remus. Ses yeux bleus étaient remplis de douleur, et on aurait dit qu'il avait été vidé de son sang. Si Sirius ne l'avait pas si bien connu, il aurait pensé que la destruction de la Maison de Campagne avait blessé Remus physiquement.

Un autre long moment de silence suivit avant que Dung ne chuchote, "Et maintenant ?"

Remus déglutit en voyant Fumseck relever la tête, et Sirius vit leurs regards se croiser. Le Phénix avait l'air hagard et défait devant les ruines, et ses yeux aussi étaient obscurcis par la douleur. En fait, Fumseck et Remus avaient une ressemblance surnaturelle à cet instant, plus dans leurs esprits que dans leurs physiques, mais elle apparaissait assez nettement à Sirius. L'obscurité les lie, réalisa-t-il. L'obscurité et quelque chose de plus.

Lentement, Remus se tourna pour leur faire face. "Nous ne pouvons pas reformer le Cercle," annonça-t-il tristement. "Pas aujourd'hui."

Une vague submergea le petit groupe, une vague de tristesse et... d'autre chose. De la colère. Voldemort avait voulu se faire valoir, mais Sirius se rendit compte qu'il avait fait une erreur. La marque des ténèbres brûlait dans le ciel au-dessus de leurs têtes, mais quelque chose de plus noir brûlait dans leurs âmes. Oui, le Seigneur des ténèbres avait envoyé un message. Cependant, Sirius se demandait quel genre de réponse pouvait exactement attendre Voldemort.

Il se demanda si quelqu'un le savait.

"Nous reformerons le Cercle," continua Remus. "Quand, je ne peux pas le dire, mais... ce n'est pas terminé."

"En attendant, souvenons-nous de ce jour. Rappelez-vous que le mal peut frapper même ce qui nous est le plus cher. Si nous ne le combattons pas, nous finirons tous comme la Maison de Campagne, brûlés et avec des amis pleurant sur nos cendres." Un mouvement attira le regard de Sirius, et tous observèrent silencieusement Fumseck s'envoler et venir se poser maladroitement sur l'épaule droite de Remus. Des larmes d'argent brillaient toujours dans ses yeux, et Remus sembla le sentir. Il ne leva pas les yeux, mais leva la main et caressa la tête de Fumseck, le Phénix chanta un triste remerciement. Tandis que tous deux restaient silencieux, ils regardaient leurs silhouettes se confondre comme une statue dans l'ombre.

"Nous devons rester solidaire," dit doucement Remus. "Dans la chute comme dans le combat, le cercle intérieur ne doit pas se briser."


Dans la suite, titrée joyeusement L'arrivée des ténèbres, des Aurors cherchent, d'autres trouvent des choses inattendues... Poudlard est assiégé... Remus et Severus sont au premier rang... et on voit même Tonks...
Enfin de l'action nous dirait Ryan !