Promesses retenues
Générique
Auteur : Robin4, sous le titre original de Promises Remembered
Inspiration JKR, mais très UA quand même !
Traduction : Petite Plume
Relecture et mise en ligne… Fénice qui essaie de pas vous faire trop attendre !
Sponsors officiels Fée fléau qui voit le mal partout, Ryan qui voudrait en savoir plus, Lockness qui veut plus de James, Kiri, qui est perdu, Touffue, qui a sans doute raison d'imaginer le pire, Mnesyah qui passe son bac d'abord (lol)...
Merci à tous
Rappel : French Robin Universe est une communauté que nous avons créée, Alana et moi, regroupant toutes les fics de Robin – les originales et les traductions... On trouve tout ça sur ça suffit le bavardage...
Chapitre trente-trois : Les limites de l'endurance
Le matin suivant, il fut assailli par des hiboux hargneux et une demi-douzaine de beuglantes. La plupart concernaient la nécessité de suspendre immédiatement le professeur et directeur adjoint Rogue, mais quelques unes concernaient la distraction de Remus qui avait permis à Poudlard d'être attaqué. Cet incident était partout dans les journaux, naturellement, et Rita Skeeter avait encore déformé la réalité. Pourtant, les fondements de son article étaient plutôt véridiques – l'école avait été attaquée, et les parents étaient inquiets.
Il écarta ces lettres avec encore moins d'égard que les autres. Il avait fait tout ce qu'il avait pu et même plus - peu nombreux étaient ceux qui avaient fait face à Lord Voldemort et avaient survécu, même si le face à face avait été indirect. Remus ne se réjouissait pas d'avoir rejoint le nombre des survivants, mais il était heureux que Poudlard soit sauvé.
En fait, peu de choses comptaient plus.
Il se leva lentement, tentant de se forcer à sourire. Il échoua, et un geste de sa baguette envoya la pile de lettres et de beuglantes dans le feu - un endroit beaucoup plus convenable et sûr que n'importe quelle poubelle. Remus se rendait bien compte de ce que l'attaque avait semblé révéler au sujet de Severus, et il s'était également préparé à ignorer la critique. Ceux qui comptaient connaissaient la vérité, et ceux qui ne savaient pas, eh bien... ils devraient accepter la situation telle qu'elle était. Severus était trop utile à Poudlard, à Remus, pour partir parce que quelques parents inquiets pensaient qu'il avait invité des mangemorts à l'école.
Mais, les choses n'allaient pas aussi mal qu'elles auraient pu. Il en était certain. Sans la fontaine, il aurait échoué, Poudlard serait tombé, malgré l'avertissement de Severus. Mais la fontaine avait permis à Remus de protéger l'école de ses assaillants, et il avait résisté. Tout comme Dumbledore des années auparavant, il avait résisté.
Remus soupira, écoutant ses propres pensées. Il détestait être comparé à Albus Dumbledore. Il détestait qu'on les compare simplement parce qu'il était le directeur de Poudlard et le chef de l'ordre du Phénix. Quoi qu'il arrive, il ne pourrait jamais remplacer le vieil homme aimable et sage qui avait tellement souvent guidé le monde magique au travers des désastres. Remus n'était pas Dumbledore et, bien qu'il aime les mêmes choses que Dumbledore et soit disposé à combattre pour elles de la même manière, il ne pourrait jamais le remplacer. Et il ne le souhaitait pas.
En marchant vers la sortie de son bureau, Remus essaya d'éloigner ces pensées et y parvint en partie. Remus ne pourrait jamais empêcher que certains le voient comme un reflet de Dumbledore, mais il supposait que la comparaison devait être flatteuse. Il avait admiré Albus Dumbledore toute sa vie, et il était bon de savoir qu'il ne lui avait pas encore failli.
Néanmoins, il y avait du travail à faire, et le directeur de Poudlard sortit de son bureau et entra dans son école, se rappelant de nouveau qu'il était, à la fin, juste un autre professeur.
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Il avait dû esquiver des douzaines d'habitants furieux à Pré au Lard et avait vu trois beuglantes lui éclater au visage le long du chemin, mais Rogue était finalement parvenu à s'échapper. Il avait fini par transplaner dans une rue moldue apparemment déserte et il marchait avec une indifférence affectée, essayant de se fondre dans le décor pour ne pas attirer l'attention. La dernière chose dont il avait besoin était d'être vu par l'un ou l'autre côté, parce que ce qu'il faisait était une bêtise.
Mais c'était également une faveur pour une vieille amie, et Severus Rogue tenait ses engagements. L'honneur historique de sa famille exigeait que l'amitié subsiste quoi qu'il arrive, et quand une amie lui avait demandé son aide, il avait répondu. Particulièrement quand le voyage lui offrait une chance si nécessaire d'échapper à l'environnement de plus en plus tendu que Poudlard était devenu. Les élèves n'étaient pas aussi hostiles que leurs parents, mais il avait été assailli par des hiboux, des aigles, des beuglantes et des enveloppes bombes depuis quatre heures du matin. Severus était fatigué et il faisait confiance à Remus pour trouver un moyen de traiter de le courrier de la haine.
Ou peut-être que Dung va simplement jeter un sort aux lettres pour les renvoyer à leurs auteurs, pensa-t-il avec espoir. Ca aurait été bon de voir ses désagréables correspondants recevoir leurs propres lettres.
Secouant sa tête, Severus frappa à la vieille porte, notant un peu tard que le vieux serpent argenté avait disparu, remplacé, par un lion. Typique. Il eut envie de renifler, mais se retint. Même si le propriétaire de la maison n'était pas là actuellement, ça n'aurait pas été très poli. Il avait été mieux éduqué que ça. Sa défunte mère l'aurait hanté pour toujours pour cela.
La porte s'ouvrit sur une jolie femme rousse dont la beauté ne s'était pas fanée avec les années. La guerre avait fait vieillir beaucoup des leurs, mais pas Lily. Le temps n'aurait jamais d'emprise sur Lily.
Elle sourit. "Severus ! Je commençais à penser que tu ne viendrais pas."
"Je suis désolé d'être en retard," répondit-il, essayant de ne pas lui retourner son sourire – étrangement, Lily le faisait toujours sourire. "Arriver ici a été... compliqué."
"J'imagine," dit-elle tranquillement, elle fit alors un pas de côté. "Entre."
"Merci."
Il n'avait pas mis les pieds dans la maison des Black depuis des années, depuis qu'il était entré en guerre. Après sa septième année à Poudlard, tout avait changé, et le vieux cercle social s'était brisé... une chose qu'il ne regrettait pas vraiment. Ils avaient été si fiers, en ces jours, s'étaient sentis si supérieurs au reste du monde. A cette époque, tout avait été si simple. Les sorciers de sang pur avaient le droit de dominer les autres. Personne ne posait de questions. Personne ne discutait. Personne ne se rebellait.
Il avait fallu des années de torture et de meurtres, et des cauchemars qu'il n'oublierait jamais, avant que la vérité n'apparaisse à Severus et qu'il ne commence à se rendre compte que les gens comme Lily Potter avaient toujours eu raison. Elle était l'une des sorcières les plus douées de sa génération et elle était d'origine Moldue. Si cela ne lui avait pas appris quelque chose, rien n'aurait pu le faire, mais la vérité prenait toujours des années à devenir évidente. En conclusion, pourtant, deux décennies après être entré à Poudlard, Severus Rogue pouvait sourire et appeler une sorcière d'origine Moldue son amie - et le penser.
"J'ai travaillé à cette expérience toute la matinée," expliqua Lily d'une voix raisonnable - Severus se souvenait que Sirius Black l'appelait sa voix de 'professeur' quand il la taquinait à Poudlard. "Et j'en suis venue à la conclusion que je dois rater quelque chose. Ca devrait être simple, mais sans potion fortifiante... "
"Tes victimes s'effondrent."
Elle se renfrogna. "Exactement."
"Honnêtement, Lily, je ne suis pas sûr d'être en mesure de t'aider," répondit-il en haussant les épaules alors qu'ils descendaient dans la cuisine. "Je te ferai la potion mais je ne pense pas qu'elle t'aidera. Je pense qu'il te faut quelque chose de plus puissant."
"Comme quoi?"
Il y avait un chaudron contenant un liquide bouillonnant dans la cheminée, et Rogue fit une pause pour renifler l'air avant de répondre. L'odeur lui était familière, mais il ne savait pas exactement pourquoi... "Je ne suis pas sûr. Tuer ou neutraliser des détraqueurs est risqué, au mieux."
"Je sais. Ca nous a pris des années d'étude pour déterminer de quoi on a besoin," dit sérieusement Lily. "Maintenant si nous pouvions seulement trouver un moyen de donner à une personne l'énergie pour le faire."
"De quoi as-tu besoin ?" demanda-t-il en levant les sourcils. Et quelle est cette odeur ?
"D'amour," dit tranquillement Lily. " De courage et d'amour. On ne peut pas tuer les détraqueurs au sens propre, parce qu'ils ne sont pas vivants. Mais on peut les neutraliser." Elle haussa les épaules. "Ou du moins on devrait être en mesure de le faire si on arrive à emmagasiner assez de force."
"D'où la potion," murmura Rogue, pensif. "Je commence à comprendre." Il acquiesça. "Le jeu en vaut certainement la chandelle, même si on ne réussit pas. Je peux faire une potion pour toi en une heure."
Le sourire de Lily était radieux. "Quand ?"
"Maintenant," dit-il brusquement. "Je n'ai aucun cours ce matin et je n'ai pas très envie de retourner à Poudlard pour recevoir mes... lettres."
"Désolée," dit-elle tranquillement. "Je ne savais pas que c'était si..."
Severus écarta d'un geste ses excuses. "C'est sans importance," la coupa-t-il. "J'ai l'habitude de la haine."
Lily déglutit et il s'empressa d'enchaîner avait qu'elle ne fasse une réflexion trop compatissante.
"C'est quoi cette potion ?" demanda Severus en désignant le chaudron. La diversion fonctionna, et Lily se tourna vers la cheminée.
"Horrible, hein ?" demanda-t-elle légèrement. "C'est la potion de James, nous devons la chauffer avant qu'il ne la boive, et les sorts de chauffage annulent ses effets. James dit qu'elle n'est pas aussi mauvaise qu'elle ne sent."
Severus renifla. "Qui l'a faite ?" les potions qui avaient une odeur fétide ne pouvaient pas avoir été faites par un véritable maître de potions. Il y avait toujours des méthodes pour leur donner une odeur supportable.
"Martha Blackwood, le médecin responsable des soins de James," répondit immédiatement Lily.
"Hum. Pas la peine de se demander pourquoi elle... " Soudain, Rogue s'interrompit, sentant comme un picotement à la base de sa nuque.
"C'est quoi ?" demanda-t-elle, et Rogue sentit son cœur s'emballer. Et si...?
"Tu as la liste des ingrédients, Lily ?"
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En plein jour, assise à la table de la cuisine à rire.
"Louise, je pense simplement que -"
Bang.
Louise Agnes Londubat se redressa immédiatement sur sa chaise, ses yeux sombres attentifs. Bien qu'âgée de plus de quatre-vingt-dix ans, et ayant de gros problèmes de dos, elle était l'une des sorcières les plus rapides que Alice n'ait jamais rencontré. "C'était quoi ?"
"Je ne -"
Crac. Plus ressenti qu'entendu. Plus magique que physique.
Un rire. "Ils viennent vous enlever ! Ils viennent vous enlever!"
"La ferme !" grogna Alice juste quand Louise demanda :
"Qui?"
"Les domestiques du mage noir ! Torture ou meurtre et mutilation!" Le rire bébête stoppa abruptement. "Détruire tout ce qui m'est cher..."
Un silence de mort. Alice fixa le vide.
Le fantôme que Frank avait furieusement nommé Monsieur je-refuse-de-dire-comment-je-m-appelle-aux-londubat-parce-que-je-suis-mort-dans-cette-maison-avant-qu-ils-n-arrivent s'éleva dans les airs, traversa un vieux lustre et disparut à travers le plafond. Mais sa voix résonna encore :
"Courez, courez, courez, avant qu'ils n'arrivent ! Courez vite !"
Louise cilla. "Que se -"
"Pas le temps." Alice sauta sur ses pieds, saisissant le bras de la vieille femme. "Partons."
"Le transplanage -"
"Pas une bonne idée. Ils ont jeté des sorts." Guidant et traînant Louise avec sa main gauche, Alice sortit sa main droite d'un geste instinctif d'un Auror. Immédiatement, sa baguette vola entre ses doigts ouverts, le bois d'if frais se réchauffa contre sa paume. Louise aussi avait sa baguette en main - la mère de Frank Londubat avait beau être vieille, elle était loin d'être sénile.
Rapidement, elles traversèrent la cuisine et entrèrent dans le hall d'entrée, tournèrent et se dirigèrent vers l'issue la plus proche. Alice entendait Louise haleter derrière elle, mais elle n'avait plus de temps de s'en soucier. Elle lâcha le bras de sa belle-mère pendant leur course folle, mais Louise ne s'arrêta pas. Elle n'avait pas le choix. Elles n'avaient pas une seconde à perdre. Cependant, leur vitesse se révéla presque autant un malédiction qu'une bénédiction. Elles arrivaient au dernier virage et voyaient déjà les portes quand une figure translucide s'éleva hors du plancher au-dessous des deux sorcières.
"Pas de ce côté," leur dit Monsieur je-refuse-de-dire-comment-je-m-appelle-aux-londubat-parce-que-je-suis-mort-dans-cette-maison-avant-qu-ils-n-arrivent, se ruant vers les portes d'acajou avant que l'une ou l'autre ne puisse discuter.
"Si je ne le connaissais pas, je dirais que ce fantôme essaye de nous aider," remarqua Louise.
Alice se mordit la lèvre. "Je pense que c'est ce qu'il fait."
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En plein jour, assis à la table de cuisine en silence.
Trois corps sans vie fixaient le vide qu'ils ne verraient plus jamais. Trois pairs d'yeux bruns identiques étaient voilés et enfoncés dans les orbites de visages relâchés, ils ne brilleraient plus jamais. Quelqu'un avait apparemment pris le soin d'arranger les corps après leur mort : la petite fille était assise entre ses parents, ses tresses, droites et identiques, tombaient sur ses épaules. Les cheveux blonds platine de la femme étaient bien coiffés, et ses mains reposaient sur ses genoux. Les cheveux argentés sur la tête du mari étaient parfaitement en ordre, et ses robes étaient immaculées, fraîches et propres.
Sans la terreur sur leurs visages morts, ils auraient pu sortir tout droit d'un de ces tableaux Moldus, assis à tout jamais à la table de leur cuisine.
La table était foncée avec de légers reflets rouges. Les magnifiques gravures sur les pieds et le plateau montraient qu'elle venait de chez Colender, le fabricant de meubles le plus chic du monde sorcier. La table était extraordinairement chère, mais cela n'avait pas d'importance. L'argent n'était pas un problème. La famille était riche.
Avait été.
La table était belle, et tout aurait semblé parfait dans une peinture Moldue. Excepté une chose - que la nuance rouge de la table n'était pas censée être si rouge. Les couleurs foncées tourbillonnaient et se mélangeaient au rouge foncé presque parfaitement. Presque.
Il y avait des mots sur la table.
Voila ce qui arrive à ceux qui résistent.
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Des hurlements résonnèrent dans le hall pendant qu'Alice et Louise se précipitaient vers les escaliers de derrière. Elles pouvaient entendre le fantôme taquiner les intrus, criant les mêmes obscénités aux mangemorts que celles qu'il lançait aux Londubat depuis des années. Aujourd'hui, pourtant, Alice ne s'en préoccupa pas. Elles étaient les bienvenues, parce qu'elles retardaient les partisans de Voldemort, au cours de son entraînement d'Auror, elle avait apprit combien chaque instant comptait.
Mais Louise se fatiguait, et ça comptait aussi.
Pour une fois, elle souhaita que la famille de son mari n'ait pas hérité d'une maison aussi vieille et grande que Glen Ridge. Si la maison avait été plus petite et moins vieille, la course du hall à la sortie de derrière n'aurait pas été si longue et compliquée. Les vieilles maisons, toutefois (particulièrement des maisons sorcières), tendaient à l'être, et la respiration de Louise se faisait de plus en plus courte. Elles n'avaient plus beaucoup de temps.
La mère de Frank chancela et s'effondra presque, buttant sur Alice. L'Auror parvint à peine à garder l'équilibre et rattrapa sa belle-mère, elle soutint Louise un instant précieux. La vieille femme s'appuya un instant sur elle avant de se redresser, comme si elle refusait sa propre faiblesse. Louise voulu parler, mais n'eut pas le temps.
Crac.
A nouveau, le bruit fut plus ressenti qu'entendu. C'était de la magie, et ça signifiait que les barrières s'effondraient. L'espace d'une seconde, Alice sentit la vague de puissance, et s'est demanda qui pouvait l'avoir lancée - mais elle savait. Il n'y avait qu'une possibilité, et elle fut soudain très heureuse que Neville et Frank soient en sécurité.
Il y avait des mangemorts derrière la porte arrière, ils essayaient de rentrer. Elle le su sans lancer de sort de diagnostique, tout comme elle savait qu'elle allait mourir.
"Cours, Alice," balbutia Louise.
"Quoi?" demanda-t-elle en se tournant pour faire face à la sorcière.
"Fonce. Seule, tu peux y arriver." La mère Frank lui adressa un sourire triste identique à celui de son fils. "Je vais les retenir."
"Non," dit Alice catégoriquement. "Je ne te laisserai pas ici."
"Si tu vas le faire," la réponse fut étonnamment douce. "Je peux les retenir, mais je ne peux pas courir. Je suis trop vieille."
"Pas si vieille -" tenta-t-elle.
Louise sourit. "Trop vieille." Elle poussa Alice. "Va maintenant, Alice. Prends le tunnel."
"Mais -" Alice avait pensé à s'échapper par le vieux tunnel au moment où l'attaque avait commencé mais elle avait immédiatement écarté l'idée. Non seulement l'entrée du tunnel était au troisième étage – et les escaliers d'une maison magique n'étaient pas comme ceux d'une maison normale - mais le passage souterrain était étroit et difficilement praticable même dans les meilleurs moments. Si les mangemorts rencontraient quelqu'un là dedans...
"Va." La vieille femme se tourna, levant sa baguette. Elle jeta un dernier regard par-dessus son épaule. "Vite."
Les escaliers n'étaient qu'à quelques mètres, mais Alice hésitait toujours. Elle avait passé sa carrière à protéger des innocents, consacré sa vie à défendre des gens comme Louise Londubat. Si je ne peux pas protéger ma famille, qui puis-je se protéger ? Alice voulut crier. Elle ne pouvait simplement pas fuir tandis que quelqu'un d'autre la protégeait - mais le regard compréhensif de la vieille femme l'empêcha d'objecter.
"Va, Alice. Frank et Neville ont besoin de toi... comme le monde. Notre monde a besoin de toi plus que d'une vieille femme fatiguée."
"Louise..." chuchota-t-elle d'un ton suppliant.
Les mangemorts approchaient, ils n'étaient pas à plus de 10 mètres du vestibule. Les deux sorcières sursautèrent, mais ce fut Louise la plus rapide, elle pointa sa baguette dans leur direction et lança des sorts.
"Cours, Alice !"
Louise se précipita à la rencontre de l'ennemi, tournant résolument le dos à sa belle-fille. Ce dos malade, pensa sombrement Alice. Elle avait toujours dit pour plaisanter qu'il la tuerait un jour. Le hurlement de douleur d'un mangemort la ramena à la réalité, et alors même qu'elle commençait à sourire, Louise s'écarta. Un éclair vert passa et la manqua, et encore –
Alice se sauva. Détestant chaque marche qu'elle gravissait, elle les monta trois par trois. Des larmes brûlantes brouillaient sa vue, et son instinct lui criait de redescendre et de se battre. Elle était Auror, par Merlin –combattre des mangemorts était son métier. Mais elle ne pouvait pas. Alice avait vu la silhouette mince parmi ses assaillants. Elle avait vu ses yeux rouges. Plus important encore, elle savait ce que ça signifiait. Avec Voldemort dans la bataille, elles seraient mortes toutes les deux.
Si ce n'était pas pour Louise. Elle ravala ses larmes et continua à courir pour honorer ce sacrifice.
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Leurs cris avaient fait écho dans la nuit, mais ceux qui les avaient massacrés les avaient ignorés. Ce message était désigné à d'autres.
Les Deauclaire étaient morts pour prouver quelque chose.
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"Ca ne va pas."
Il était penché si bas au-dessus du chaudron que son nez touchait presque la potion. Quelques cheveux huileux tombaient autour de son visage, mais aucun, étonnamment, ne s'échappait de la queue de cheval de Severus. Lily n'avait vu Rogue tellement concentré sur une potion qu'il attachait ses cheveux qu'une seule fois, pendant qu'il passait ses ASPICS. Il avait obtenu la note maximum, un exploit unique dans toute l'histoire des ASPICS.
Lily espérait que cette perfection serait égalée aujourd'hui.
"C'est subtile," continua-il. "Habile aussi... mais pas assez subtile."
"C'est quoi ?" demanda finalement Lily, incapable de retenir son impatience plus longtemps. C'était la première fois que Severus parlait depuis plus d'une heure, il avait étudié la potion dans un silence absolu, lançant des sorts et reprenant son étude.
"De la magie noire très avancée," murmura-t-il.
"Quoi ?"
"Oh, oui." Severus leva finalement les yeux vers elle, écartant son visage du chaudron. Son sourire était presque aussi froid que ses yeux, mais il était sans expression, à la différence des pupilles noires brillantes. Puis abruptement, Severus haussa les épaules et son expression disparut. Il jeta un coup d'oeil au chaudron, remuant distraitement le mélange avec sa baguette. "Blackwood t'as dit que c'était pour quoi ?"
"Un cocktail d'anti-douleurs, de régénérateurs de muscles et de durci-os," dit mécaniquement Lily, pensant toujours à ses paroles. Magie noire?
Il renifla. "C'est un cocktail, sans conteste."
"De quoi ?" demanda-t-elle avec inquiétude, sentant son cœur battre la chamade. Ne me dis pas que...
"Oh, il y a tout ce qu'elle a mentionné dans cette potion," répondit le maître des potions. "Sauf que ce n'est juste pas actif."
"Ce qui veut dire ?" Lily avait presque peur de demander, presque peur de se poser des questions.
Rogue leva à nouveau les yeux, et cette fois, il eut un vrai sourire. "Allons voir James."
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Le 16 septembre 1992, la Gazette du sorcier titrait : LES MORTS S'ENCHAINENT : David, Clarissa, et Marie Deauclaire assassinés dans leur maison ; Louise Londubat massacrée par des Mangemorts. L'image de la première page montrait la marque des ténèbres verte brillant dans le ciel au-dessus d'une maison bleue et blanche... et une marque identique au-dessus d'une imposante maison en pierre connue du monde magique sous le nom de Glen Ridge.
À côté, une image sombre de Poudlard sous la pluie. LE DIRECTEUR DE POUDLARD REFUSE DE VIRER UN MANGEMORT.
Ces neuf petits mots causaient bien plus de discussions que les attaques des Mangemorts. À ce jour, le monde magique était devenu sourd à la mort et à la destruction - mais Poudlard, Poudlard, avait longtemps été le bastion de la lumière et l'espoir. C'était un symbole, et même ceux qui n'avaient pas d'enfants pensaient que l'école avait été corrompue. Dumbledore, chuchotaient-ils, aurait maintenu la sécurité de Poudlard. Mais un Mangemort errait maintenant librement dans les couloirs de l'école, et plus rien n'était pareil.
Les médias attisaient le feu, les élèves avaient peur, et les parents qui ne s'étaient jamais inquiétés de la guerre commençaient à choisir leur camp.
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Bon, le score n'est pas génial pour la Lumière... le prochain s'appelle Espoir et cendres, preuve que l'optimisme doit rester mesuré...
