Promesses retenues
Générique
Auteur : Robin4, sous le titre original de Promises Remembered
Inspiration JKR, mais très UA quand même - surtout dans celui-ci où la généalogie sorcière proposée par Robin est en contradiction avec les éléments donnés depuis par JKR, mais est-ce important ?
Traduction : Petite Plume
Relecture et mise en ligne… Fénice qui est très fière de sa régularité en ce moment !
Sponsors officiels de la semaine : Ryan qui approuve les risques que prend Sirius ; Touffue qui ne connaît pas Star wars...lol; Alana Chantelune qui vomit les massacres ; Siri qui va en savoir plus sur le prisonnier...enfin presque, lol ; Lunenoire qui a entendu les non-dits ; Fée que ça déprime l'échec de la potion (enfin, je crois); et Chinader qui est revenu!
Merci à tous
Chapitre trente-cinq : Les ténèbres repoussées
"Aujourd'hui commence votre test final !" - gronda Frank Londubat. Pour les étudiants, il paraissait plutôt blême quelque soit la force de sa voix. Cependant, ses yeux restaient aussi insondables qu'à l'accoutumée, et les trois instructeurs se tenaient derrière lui avec des expressions inchangées.
"Il y aura trois tests : un parcours dans le labyrinthe, un dans le champ de mines et un duel avec un Auror qualifié. Vous devez passer chacun de ces trois tests pour être choisis par un mentor."
Londubat eut une grimace de carnassier, et Tonks sentit un frisson parcourir son dos. "Réussir, naturellement, revient à survivre pour un Auror qualifié."
"Et si nous gagnons ?" Inévitablement, c'était Jason. La modestie lui était inconnue, même si il était plus discret depuis la mort de sa famille.
Londubat rit. "Si tu gagnes, jeune homme, tu feras partie de ceux que la division a sous-estimé au point de lui présenter un adversaire battable."
Les autres candidats reniflèrent, et Tonks crut voir Hestia Jones sourire. Immédiatement, elle dût résister à l'envie de rire nerveusement. Leur sévère instructeur souriait rarement, et quand elle riait, elle riait plus probablement d'eux qu'avec eux. Par conséquent, si Jones souriait, cela signifiait qu'elle avait été assignée au duel avec Jason, et quelque soit le talent de Jason Deauclaire, Hestia Jones était un adversaire redoutable. Tonks avait assisté à son duel avec Shacklebolt, et elle n'avait pas été mauvaise.
"Les résultats de ces tests détermineront votre classement," ajouta Weasley, "lequel décidera, entre autre, du Mentor qui vous sera attribué."
"Quels sont les autres critères ?" demanda Calvin Waters.
"Le choix", répondit platement Londubat. "Les Mentors peuvent choisir leur étudiant sans qu'on leur pose de questions. C'est le facteur final."
"Et ça veut dire quoi ?" demanda Alain Brittingham, faisant renifler Jones.
"Vous verrez après le test, Brittingham," répliqua-t-elle. "Il vous reste vingt-quatre heures de tests avant d'être choisis pas un mentor."
Tonks jeta un coup d'oeil par-dessus son épaule droite, juste à temps pour voir Alain rougir. Elle ne lui avait pas parlé beaucoup depuis leur arrivée sur Avalon, mais l'avait bien connu à Poudlard. Bien qu'il été un Poufsouffle et elle une Serdaigle, tous deux avaient été de bons amis, et étaient même brièvement sortis ensembles pendant sa sixième année (la septième d'Alain). Ils s'étaient séparés en bons termes mais s'étaient perdus de vue au cours des années, et Tonks avait été heureuse de le voir sur Avalon lui aussi, d'autant plus qu'elle avait toujours su qu'il voulait être Auror.
Weasley échangea un regard avec Jones avant de continuer : "vous vous présenterez dans l'ordre suivant : Whitenack, Tonks, Fisher, Laurence, Hauntings, Lockhart, Deauclaire... "
Tonks n'écouta pas la suite, elle était trop occupée à essayer d'apaiser les papillons quoi voletaient dans son estomac. Deuxième ? Elle devait se présenter en deuxième ? La seule chose qui aurait pu être pire était d'être à la place de June Whitenack. C'était déjà assez dur pour June que son frère aîné, Oscar, soit Auror, et maintenant elle se trouvait première pour passer les tests les plus difficiles de leur formation. Et Tonks devrait y aller juste après. Du suicide, pensa-t-elle avec ironie. Du pur suicide.
Cependant, ce n'était pas vraiment le moment de se plaindre. C'était le moment d'agir – une chose que les Aurors lui avaient appris à bien faire. Prenant une profonde inspiration, Tonks se força à se calmer et à sourire, ce qui étonna clairement Dana Lockhart qui se pencha vers elle.
"Pourquoi tu souris ?" chuchota-t-elle. "Tu devrais trembler !"
"Rien," répondit gaiement Tonks, constatant que le sourire semblait vrai.
Dana leva les yeux au ciel. "Tu es folle."
Tonks se retint de rire nerveusement. "Ouais – euh, c'est fort probable, quoi qu'il en soit. Ne le sommes nous pas tous ?"
"Ouais," maugréa son amie. "Nous devons l'être pour faire ça."
Ensemble, elles marchèrent vers le labyrinthe ; toutes deux étaient dans la première moitié du groupe, tandis que les autres attendaient. En marchant, Tonks regarda l'île - serait-ce sa dernière chance d'admirer sa beauté et sa noblesse ? Une fois qu'elle serait Auror, elle passerait peu de temps sur l'île, et aucun des Aurors ne semblait remarquer la vie qu'on ressentait toujours sur Avalon. Elle espérait seulement qu'elle ne perdrait pas ce sentiment en rejoignant leurs rangs.
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Alors que la nuit approchait, trois événements significatifs se produisirent. Deux de ces événements auraient pu changer le monde, mais l'un groupes n'essaya pas et l'autre échoua. Le premier événement, même s'il était moins significatif, était peut-être le plus douloureux. Il était également le seul qui ferait la une de la Gazette du sorcier le matin suivant.
Le titre de Skeeter disait, "LES AURORS AFFAIBLIS NE PEUVENT MEME PLUS PROTEGER LES LEURS." L'histoire, cependant, était peu plus compliquée que cela.
Au 29, route de Boxhedge, avant l'arrivée des détraqueurs, vivait un étrange Moldu. Il possédait un beau jardin et une pelouse bien entretenue, pourtant sa maison était très rustique. La maison appartenait à deux personnes âgées moldues ; la seule erreur de cette maison était d'appartenir à la mauvaise personne au mauvais moment.
Amanda et Alexandre Fisher étaient proches de la soixantaine, ils avaient eu un fils plutôt tard. A leur grande surprise, Alexandre Fisher II s'était avéré être un sorcier, mais ils ne l'avaient pas renier pour autant. Naturellement, ils n'avaient jamais tout à fait compris la guerre, ou ce que leur fils faisait en tant qu'apprenti Auror, mais ils l'aimaient. Ils n'avaient pas à comprendre. Ce n'était pas leur monde.
Malheureusement, leur aveuglement fut la cause de leur décès.
Quand les détraqueurs arrivèrent dans l'obscurité, ni l'un ni l'autre ne cria. Ils n'avaient pas vu les créatures, ni l'un ni l'autre ne comprit jamais ce qui provoquait les cauchemars qui les assaillirent soudainement. Ils ressentirent uniquement le froid et la terreur dans leurs derniers instants. S'ils avaient été sorciers, ou habité près d'autres sorciers, le désastre aurait pu être évité. Mais ils vivaient dans leur propre monde, avec bonheur, ignorant ce qui les avait tués.
Les corps ne furent retrouvés que le surlendemain, quand la fille de leur voisin rentra pour les vacances. Découvrant le cadavre de son propre père, elle appela la police Moldue. Il y avait neuf morts moldus : les Fisher et sept de leurs voisins, simplement parce qu'ils habitaient dans la mauvaise rue. Ces sept-là n'étaient pas des cibles. Ils ignoraient jusqu'à l'existence du monde magique en dehors des contes de fées.
Des accidents de guerre, comme les appelaient la Gazette. La presse moldue se demandait s'il n'y avait pas un virus inconnu dans l'air.
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En début de soirée, le cercle brisé se réunit au numéro 12, square Grimmaurd, à la demande de Remus Lupin. Il savait que c'était une entorse au règlement tacite du premier cercle, mais l'Ordre du Phénix devait se réunir ; il avait bien plus de choses à accomplir que ce que le cercle brisé ne pourrait jamais faire. Les premiers jours qui avaient suivi la destruction de la maison de campagne, Remus avait fouillé les ruines, récupérant ce qui pouvait être sauvé et l'apportant à Poudlard. Il avait décidé que l'école serait toujours le coeur métaphorique de l'Ordre, même si la maison de campagne avait été l'asile du cercle intérieur. Fumseck, cependant, n'avait pas semblé d'accord.
Encore une fois, le Phénix avait refusé de reformer le cercle. Des membres avaient été choisis, mais aucun siège ne serait attribué avant que Fumseck ne l'ait décidé. Remus avait supplié et argumenté, mais il était finalement arrivé à la conclusion que Fumseck avait une raison. Sinon, ils étaient tous perdus.
Le directeur soupira tranquillement comme Sirius entrait le dernier dans la salle. On aurait pu penser qu'il serait le premier, puisque square Grimmaurd était sa maison, mais Remus savait que Sirius n'avait pas remis les pieds dans la vieille maison depuis l'attaque de Voldemort sur le chemin de traverse. Comment Sirius occupait son cerveau hyperactif sur Avalon, Remus l'ignorait, mais la seule fois où il avait vu son ami depuis l'attaque avait été lors de la dernière tentative de réunion. Maintenant, pourtant, il entrait dans la pièce avec un visage figé et distant, sans l'entrain qui l'avait toujours caractérisé. Remus avala sa salive, souhaitant ne pas avoir vu les ombres cachées dans les yeux de son ami. Si les choses avaient été différentes ! Sirius n'avait pas mérité ceci.
Aucun de nous.
Il prit une profonde inspiration. "Merci d'être venus," commença tranquillement Remus. "Pour ceux qui sont nouveaux parmi nous, permettez-moi d'expliquer la signification de cette réunion..."
Et ainsi, il parla du cercle intérieur, son histoire et sa formation. Remus en laissa peu de de côté en mémoire de Dumbledore qui lui avait dit par le passé qu'il n'y avait aucun secret dans le Cercle – l'Ordre ne pouvait pas se le permettre, particulièrement parmi ces huit individus. Ainsi, il parla du premier cercle, formés en 1976. Dumbledore avait parlé de ses vieux camarades avec vénération, et Remus essaya de s'en souvenir alors qu'il narrait les histoires de William Suntrode, Armando Dippet, Alastor Maugrey, Amelia Bones, David Potter, Arabella Figg, et Minerva McGonagall. Il n'avait jamais rencontré trois des huit membres, mais il se rappelait de la douleur dans la voix du vieux sorcier quand il avait parlé de leurs vies... et leurs décès.
Le cercle avait perdu beaucoup de ses membres depuis sa formation – plus de seize au total, une bonne moitié était morte. Quand Dumbledore et Bella étaient morts, les derniers membres du cercle original avaient disparu. Maintenant, tous étaient morts et leur sagesse envolée.
Jamais auparavant Remus n'avait senti une telle pression sur lui. Pourquoi moi ? voulait crier une partie de lui. Pourquoi le calme, le réservé ? Pourquoi le loup-garou ? Remus avala sa salive, cherchant sans les trouver les mots appropriés pour poursuivre. Qu'est-ce que Dumbledore a vu en moi – pourquoi m'a-t-il fait confiance à moi ? S'il avait pu poser au vieux sorcier une dernière question, ça aurait été celle-là - Non. Certainement pas, réalisa-t-il. Je lui demanderais pourquoi il a pensé qu'il devait mourir.
Remus se sortit péniblement de ses pensées. Il se rendit péniblement compte que tous les regards étaient tournés vers lui, et il était temps d'agir. Quelles que soient les raisons de sa présence, Remus était l'Ordre du Phénix, à toutes fins pratiques. Et ses camarades avaient besoin d'un guide.
"Ca ne peut pas être une vraie réunion du cercle intérieur," dit-il avec regrets. "Fumseck refuse toujours – il n'a même pas voulu m'accompagner ce soir, bien que je ne comprenne pas pourquoi. Je pense qu'il craint... " Remus grimaça et se tut. "Laissez tomber. Nous sommes ici, et nous devons discuter du futur."
Soudain, les yeux de James et de Sirius se croisèrent. James était toujours dans son fauteuil roulant près de la table, alors que Sirius était dans un grand fauteuil à côté du feu. Même s'il faisait plutôt chaud pour une de fin septembre, Sirius avait immédiatement ravivé le feu en arrivant et s'était installé le plus près possible. Cependant, son expression neutre s'émietta un peu alors qu'il regardait James.
"Nous ne pouvons pas rester longtemps," dit-il tranquillement. "James et moi. Et Rogue. "
"Pourquoi ?" demanda Peter, effrayé. Remus aussi fronça les sourcils –qu'ignorait-il ?
"Le Councilarium se réunit ce soir," répondit simplement Sirius.
"Quoi ?" demandèrent plusieurs voix. Étonnamment, ce fut Severus répondit.
"Le Conseil des quatorze," répondit le mangemort. "Il se réunit une fois tous les quinze ans, et toujours le 23 septembre. Nous ne pouvons pas être en retard."
"Je vois," dit lentement Remus, jetant un coup d'oeil sur l'horloge géante contre le mur opposé. "Combien de temps vous avez?"
"Trois heures," dit James. "Ca devrait suffire."
"Très bien," Remus hocha la tête, il aurait vraiment voulu demander pourquoi ses amis ne le lui avaient pas dit avant, mais il sentait que c'était interdit. Ni James ni Sirius n'avait de secrets pour leurs amis à moins qu'ils ne soient obligés, et il comprenait que certaines choses n'étaient pas censées être partagées. Un regard à Peter lui apprit que Queudver comprenait aussi - tous deux étaient des maraudeurs. Enfants, peut-être, ils n'avaient aucun secret, mais maintenant… "Deux heures suffiront."
Un court silence régna avant que Bill Weasley ne parle. "Si je peux poser une question, pourquoi sommes nous ici ?"
"Beaucoup de raisons." Remus s'autorisa un petit sourire avant de continuer. "Principalement parce que, nous, le cercle intérieur, dirigeons les efforts de l'Ordre du Phénix dans la guerre. Cependant, l'attaque du Ministère nous a affaiblis autant qu'elle a affaibli le gouvernement, et nous devons réparer les dommages. Les événements récents ont montré que nous ne possédons plus le luxe du temps - si nous ne sommes pas prêt à riposter, Voldemort nous aura.
"Par conséquent, nous devons définir les menaces auxquelles nous faisons face et puis quoi faire. Plus important, nous devons comprendre et parer les effets psychologiques des victoires récentes de Voldemort."
"Je ne sais pas si nous pourrons," dit tranquillement Lily. "Tant de choses sont arrivées récemment... tout le monde à été secoué. Je déteste le dire, mais je pense que même nous, nous sommes secoués."
"Je -" Peter ouvrit la bouche pour parler, mais Rogue le coupa.
"Je ne suis pas d'accord," grommela le maître des potions. "Aussi insensible que ça puisse paraître, ces morts peuvent jouer en notre faveur. Je crois que viser les familles d'Aurors était peut-être un muvais calcul du Seigneur des ténèbres ."
Lily arqua un sourcil : "pourquoi ?"
"Parce que la peur est une drogue puissante," répondit Sirius. "Elle l'a toujours été. Avant, ceux qui n'étaient pas impliqués dans la guerre avaient peur des conséquences de leur engagement. Maintenant, Voldemort montre que la douleur et la mort ne se limitent pas aux combattants. Maintenant, ils commencent à avoir peur de ce qui se produira s'ils ne choisissent pas leur camp."
"Et beaucoup de ceux-là espèrent notre victoire," finit James pour lui, en inclinant pensivement la tête. "Je ne peux pas vraiment appeler ça un développement positif, mais c'est peut-être un début."
"Peut-être," maugréa Dung. "Mais je m'attendrais plutôt à ce que ça grossisse les rangs de Voldemort, pas les nôtres."
Rogue secoua la tête. "L'attaque sur le ministère aussi. Le massacre du chemin de traverse a eu bien plus d'influence. Au-delà de ça ? Je pense qu'il est allé trop loin, trop vite. Comme le dit Black, la terreur peut être une motivation puissante."
"Et que ferons nous d'eux ?" demanda Peter, se mordant la lèvre.
"Que pouvons nous faire ?" demanda Dung avec scepticisme.
"Rien," répondit Remus. "A part parler aux gens, leur tendre la main... rien. Mais parler à vos amis et à vos familles. Voyez ce qui peut être fait."
Lily se tourna immédiatement vers Sirius. "Tu peux parler à Andromeda Tonks, Sirius ?" demanda-t-elle. "Ted a rejoint l'ordre, mais pas elle."
"Non," la réponse fut étonnante. "Je ne pense pas qu'elle me pardonnera de l'avoir forcée à ouvrir les yeux. Tu ferais probablement mieux que moi."
"Je vais voir parmi les mangemorts les plus jeunes," annonça Severus. "Certains d'entre eux étaient des amis de Deauclaire et sont touchés par la mort de sa famille. C'est peut être le levier dont nous avons besoin."
"Bonne idée," Remus hocha la tête, réfléchissant rapidement. Allait-il parler de son inquiétude maintenant ? Non. Laisse le nouveau cercle s'acclimater, décida Remus. Ca peut attendre que Fumseck se décide à reformer le cercle. Il avait le temps.
Pourtant seul le temps dirait s'il se trompait.
"Il y a une autre chose à laquelle nous devons penser aussi," dit soudain Sirius, faisant tourner les têtes. Il avait été si discret depuis l'attaque du chemin de traverse, travaillant invisible, dans l'ombre. Remus s'était presque permis d'oublier la franchise habituelle de Sirius - sur Avalon, il se tenait loin des décisions, laissant Alice Londubat remplir ce rôle et agir en tant qu'intermédiaire. Mais, quelque chose avait changé.
Les têtes se tournèrent et Bill Weasley grimaça. Les yeux des deux Aurors se croisèrent un bref instant avant que Sirius ne parle, la voix détachée et froide.
"Il y a huit jours, deux Aurors ont ramené des preuves de la présence d'un prisonnier jusque-là inconnu au manoir Jedusor." Les yeux de la Bill étaient rivés sur Rogue, mais étonnamment, pas ceux de Sirius. "Bien que nous n'ayons pas franchement pu identifier qui il était, nous avons des raisons de croire que quelqu'un était là. Les preuves suggèrent que c'est Alastor Maugrey."
Le silence s'installa immédiatement. Remus avala sa salive, regardant son vieil ami et essayant de lire quelque chose, quelque chose, sur le visage de Sirius. Il se souvenait du mentor de son vieil ami, se souvenait à quel point Sirius et Maugrey étaient devenus proches. Remus, également, avait aimé le vieil Auror grognon, mais il ne le connaissait pas bien. Sirius, quant à lui... s'il avait un jour considéré quelqu'un comme son père, ça avait été Maugrey. Mais son visage était impassible et ses yeux étaient sombres.
Bill regardait toujours fixement Severus et son regard fut assez agressif pour toucher son aîné, parce que Severus répondit immédiatement, "je ne savais rien."
Encore que, à en juger par le regard que Severus jetait à Bill, peut-être que c'étaient les mots de Sirius plus que le regard de Bill qui avaient touché l'adjoint de Remus. Maugrey était une légende, et comme la plupart des figures légendaires de cette guerre, il était mort. A moins que ?
"ça ne m'étonne pas", répondit Sirius sans s'émouvoir.
"Pourquoi ?" demanda Peter.
"Parce que la situation est trop parfaite, trop tentante", renifla Sirius. "Maugrey, vivant après toutes ces années ? Si c'est vrai, je suis prêt à avaler les bottes puantes de Cornedrue – désolé James."
Bill fronça légèrement les sourcils. "Les preuves vont toutes dans le même sens."
"Oui, et les Aurors poursuivent leurs recherches," continua le chef de cette division avant que James ne le demande. "Mais je pense toujours que c'est un piège."
"Créer un tel piège n'est pas le genre de Voldemort," souligna Dung.
"En effet," Sirius leva légèrement les yeux au ciel, mais Remus vit sa main droite esquisser un mouvement vers son avant-bras gauche. "Il aime forcer les autres à jouer selon ses propres règles."
Severus fronça les sourcils mais ne fit aucun commentaire. Ce fut James qui demanda, "tu crois qu'il y a bien eu quelqu'un ?"
"Oui" répondit immédiatement Bill avant de jeter un coup d'oeil à Sirius. "Tu es d'accord?"
"Je ne pense pas que ce soit Maugrey," la réponse fut curieusement vague. "Hormis cela..." Il soupira. "C'est probable."
D'autres manifestèrent leur accord, mais Remus jeta un coup d'oeil à Severus. Il n'aimait pas l'expression du visage de Sirius, il comprit que le malaise dans ses yeux ne venait pas seulement de la possibilité que Maugrey soit vivant. Il y avait quelque chose de plus profond. Quelque chose de plus noir.
"Vois ce que tu peux découvrir, Severus," dit-il à son adjoint qui acquiesça - mais Remus continua à observer Sirius et se à se poser des questions. Qu'est-ce qui te hante, mon ami ? La marque, ou quelque chose de plus ?
"Et si ce n'est pas Maugrey ?" demanda sombrement Dung. "Nous le laissons là parce que tu penses que c'est un piège ?"
Clairement, le pique était destiné à Sirius, mais si l'Auror le nota, il ne réagit pas. Il haussa juste les épaules. "Non. Nous devons agir," dit-il tranquillement. "Nous devons le faire ou nous risquons de perdre tout ce pour quoi nous combattons. ... j'espère avoir tort. Sinon... "
Il se tut, mais Remus observait leurs visages et il vit leurs expressions figées. N'ont-ils pas vu ? Ou sont-ils trop pris par ce mystère pour s'inquiéter ? Soudain, Peter croisa son regard. Non. Ils le voient, ils ont réalisé. Mais comme moi, Peter et James tiennent leurs langues. Ce n'est ni le moment ni le lieu, mais quelque chose hante Sirius, quelque chose qui me fait peur.
"Passons à la suite," Severus rompit calmement le silence. "Puisque les Mangemorts sont à l'ordre du jour, je me sens obligé de mentionner que Martha Blackwood est arrivée à Azkaban."
James frémit. "Oh, maintenant ?"
"En effet," répondit sèchement le Mangemort. "Elle semble vouloir rester, et travaille avec Bellatrix Lestrange sur un nouveau projet."
Chacun fronça les sourcils à cette nouvelle, tout ce qui impliquait Bellatrix Lestrange ne pouvait qu'être mauvais. Sa créativité psychotique avait nui à beaucoup dans cette pièce ; c'était évident rien qu'en voyant leurs mines sombres. Cependant, penser à Azkaban et à Bellatrix Lestrange réveilla quelque chose dans l'esprit de Remus.
"Lee Jordan est toujours à Azkaban ?" demanda-il tranquillement.
"Oui." Finalement, le masque de Severus se fendit et il grimaça. "Il est toujours prisonnier, et j'ai peur pour lui."
Ces simples mots n'auraient pas eu autant d'importance venant de quelqu'un d'autre que Severus. Un homme fier, Severus Rogue, il n'admettait jamais avoir peur - Remus n'avait entendu de tels mots venant de lui que très peu de fois, et il fut choqué de les entendre encore une fois. Il savait que Severus s'inquiétait de son élève – même s'il disait détester les Gryffondors – et entendre la peur dans sa voix en dit plus au directeur que tous les mots. Lee courrait un grave danger et ils devaient le sortir de là.
Les autres pensaient la même chose. "Nous devons le sauver," grogna Dung Fletcher. "Vite."
"Les enfants n'ont rien à faire là-bas," acquiesça doucement Lily. Toutes les têtes marquèrent leur accord, et Remus pensa à la pauvre mère de Lee, seule après la mort de son mari et la capture de son fils, se sentant coupable et perdue.
"Mais comment ? Entrer dans Azkaban est presque impossible," chuchota Peter.
"Nous avons échoué bien plus souvent que nous avons réussi," renchérit Bill, ses yeux disaient qu'il énonçait ce que personne n'osait dire.
James frémit. "Laisse tomber ça," répondit-il. "Comment allons nous résoudre ce problème ?"
Mais personne n'avait de réponse, et même les visions de plus en plus puissantes de Remus n'avaient jamais montré Azkaban. Pas une fois... soit nous échouerons, soit nous n'essayerons jamais ? Il trembla. Ou peut-être trouverons-nous un autre moyen, essaya-t-il vainement de se rassurer, tremblant encore. Lee Jordan devait être sauvé, mais s'ils n'étaient pas censés voler à son secours ?
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Tous trois quittèrent square Grimmaurd ensemble, mais ils prirent différents chemins pour se rendre à leur destination. Rogue, naturellement, ne pouvait se permettre d'être vu avec James Potter ou – et surtout - Sirius Black, mais Sirius devait également arriver seul. Tel était son devoir, et son destin. Il n'avait jamais demandé à être vu comme un Black, mais il l'était, et il remplirait les devoirs déterminés par sa lignée avec honneur. Sa mère l'avait souvent appelé un traître à son sang, mais Sirius ne s'était jamais considéré un vrai traître, il n'avait jamais été ce qu'elle avait voulu qu'il soit, sa fierté ne se plaçait pas dans la pureté autant que dans l'honneur.
Et c'était peut-être le plus grand honneur, un intéressant honneur au mieux.
Les quatorze familles étaient l'une des traditions plus anciennes du monde magique, mais comme beaucoup d'autres, le groupe avait été formé dans un but et déformé par la suite. Ce qui avait commencé comme une coalition des familles les plus fortes du monde, un travail main dans la main pour le bien du monde avait été déformé par un groupe d'élitistes cherchant seulement la puissance. Sirius avait hérité de cette tradition-là. Pas de l'ancienne.
Maintenant, cependant, un coup étrange du destin lui donnait une chance de changer tout cela. Le dernier Councilarium avait été présidé par Sterling Saturnius Black, l'aïeul de la première famille, descendant du fondateur des quatorze. Seirios Black. Sirius se retint de rire alors qu'il soulevait sa baguette pour transplaner vers sa destination. Les ironies ne cessaient jamais - mais soudain, il pensa à Dumbledore, et à ce que le vieil homme lui avait dit il y avait tant d'années.
"Je sais qui tu es, Sirius, et tu n'es pas celui que tes parents veulent que tu sois. Tu n'es pas non plus ce que tu montres aux autres - oh, tu es insouciant et idiot, et encore un enfant, mais ce que tu viens de faire montre ta différence." L'adolescent de quinze ans fixa le directeur avec des yeux effrayés, perdu. Dumbledore continua : "n'oublie jamais qu'être différent n'est pas forcément un tort."
Mais ce n'était pas une réunion normale des Quatorze – comme celles qui avaient lieu tous les quinze ans. Le Councilarium le plus récent s'était réuni en 1984. C'était une réunion plus rare, nécessaire chaque fois qu'une des quatorze familles s'éteignait. De telles choses s'étaient produites dans l'histoire - des quatorze familles originales, seulement quatre existaient encore, et un total de seize familles était passé par le councilarium. Exactement 683 ans s'étaient écoulés depuis la fondation des quatorze, et le fait que quatre des familles originales existaient toujours tenait du miracle. Et ce n'était pas la première fois qu'un membre d'une famille était tué par les autres, mais c'était la première fois qu'une des quatorze familles avait complètement éliminée par les autres.
Sirius grinça des dents puis interrompit ses pensées. Ce n'était pas le moment de remuer le passé - oui, Voldemort avait massacré les Bones, mais il était l'un des quatorze. Il avait été inclus par le vote spécial du Councilarium en 1954, ce qui signifiait qu'il était le dernier membre de la deuxième famille et qu'il siégerait à la droite de Sirius.
Au moins, pensa le dernier des Black en transplanant dans le vieux hall d'entrée du grand restaurant, il ne sera pas à ma gauche.
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"Lord Black." Le même homme aux cheveux sombre s'inclina devant lui et Sirius reconnut immédiatement M. Salamander. Le grand hall d'entrée de Salamander était devenu silencieux à son arrivée. Même si personne ne le dévisageait, la plupart des serveurs et des invités avaient du mal à s'en empêcher, ce qui rendait leur curiosité encore plus évidente. Cependant, M. Salamander semblait avoir oublié ce qui les entourait, ce qui fit sourire légèrement Sirius.
"Mes invités sont arrivés ?" demanda-t-il cordialement.
"Oui. Ils vous attendent dans la salle à l'étage," répondit le propriétaire sans ciller – tous les Councilarium depuis 1849 se tenaient chez Salamander, le premier avait eu lieu juste sept ans après l'ouverture du meilleur restaurant sorcier. Salamander lui fit une nouvelle révérence élégante, suivie d'un geste tout aussi gracieux. "Voulez-vous vous donner la peine de me suivre ?"
"Volontiers."
C'était étrange cette facilité avec laquelle il se pliait aux traditions – peut-être parce que Salamander lui rappelait son enfance, ou simplement parce qu'il remplissait le rôle qui lui incombait ? Sirius essaya de ne pas se mordre la lèvre en essayant de répondre à sa propre question, mais c'était difficile. Il aurait dû réfléchir à ce qui allait venir, à la façon dont il gérerait un dîner avec le Seigneur des ténèbres, trois Mangemorts, une tante qu'il n'avait pas vue depuis 17 ans et une vingtaine de parents éloignés. Presque toutes les quatorze familles étaient liées d'une manière ou d'une autre, bien qu'assez curieusement, elles conservent leur différence. Les familles de sang pur avaient la fâcheuse habitude de vouloir que leurs enfants se marient entre eux, mais les quatorze étaient... différentes. Le mariage consanguin avait éliminé plusieurs lignées et elles avaient retenu la leçon. Ainsi, même si Sirius savait qu'il était lié aux Jedusor, c'était heureusement un lien lointain. Si on peut qualifier un cousin d'éloigné, pensa-t-il sombrement, il écarta cette pensée. Les portes s'ouvrirent.
Ils étaient tous assis à la table de marbre quand il entra, ils se levèrent pour le saluer. Les héritiers des douze familles l'avaient naturellement attendu en silence, chacun avec un verre du meilleur vin blanc de Wreyern à leur gauche. Des bouquets de fleurs décoraient la surface de marbre noire et l'écriture dorée sur les vases s'accordait parfaitement avec l'or incrusté dans le marbre. Aucun signe du repas n'était encore évident, mais c'était ce qu'il avait demandé. Ils ne mangeraient pas avant que la nouvelle famille ne soit désignée.
Ce Councilarium, cependant, était peu un différent d'une réunion traditionnelle des quatorze. Quand les familles se réunissaient tous les quinze ans, l'aîné de chaque branche amenait son héritier – tout comme Sterling Black avait emmené un Sirius âgé de dix-neuf ans à son premier Councilarium en 1969. Même s'il en savait peu, il se souvenait avoir lu que ces traditions venaient de Seirios Black, et autant qu'il admirait les traditions - les anciennes, pas les détournées - il les détestait tout autant.
Douze paires d'yeux le regardèrent entrer dans la salle, mais il se dirigea sans la moindre hésitation vers le bout de la table oblongue, observant rapidement le plan de table. Il était, naturellement, correct dans ses moindres détails - chaque personne avait été placée selon son rang, les familles plus âgées étaient les plus proches de Sirius. Ainsi, il était coincé entre Jedusor à sa droite et Malefoy à sa gauche, avec le siège vide en face de lui. James, malheureusement, était de l'autre côté de la table, au coin le plus éloigné de Sirius, assis à côté de Rogue. Rogue était à l'un des angles, assis en face d'Osborne Blackwood et, heureusement, loin de Sirius.
S'arrêtant derrière sa chaise, il remarqua que Salamander avait sagement disparu. Lentement, Sirius croisa ses mains sur le dossier de sa chaise et étudia les autres.
"Je déclare ouvert le Cinquante-Sixième Councilarium", dit-il solennellement, "son but est de remplacer l'une des quatorze familles. Pleurons nos morts"- massacrés par les nôtres, -"et tournons-nous vers le futur. Si vous voulez bien vous asseoir."
Les chaises ne firent pas le moindre bruit sur le tapis moelleux, mais tous obtempérèrent en l'observant avec assurance. Deux mystérieux yeux rouges à sa droite lui donnèrent un frisson, mais il se résolut à ignorer le monstre, même lorsque son avant-bras gauche le brûla légèrement en réponse. Ce n'était pas ni l'endroit ni le moment, et il doutait que même Voldemort ait le culot de s'en prendre à lui ici. Il aimait trop les traditions sorcières pour oser.
"Notre but principal ce soir est d'élire une nouvelle famille," poursuivit Sirius. "Les familles les plus anciennes sont les Londubat, les Avery et les Flint. Nous considéreront d'abord les Londubat."
Alors qu'il parlait, treize rouleaux commencèrent à se dérouler devant eux, indiquant l'arbre généalogique détaillé de la famille Londubat. La plupart des membres les regardèrent immédiatement, lisant ou faisant semblant, mais Rodolphus Lestrange et Stephen Hoppner ne se donnèrent même pas cette peine. A la place, ils fixaient Sirius froidement, comme s'ils le mettaient au défi de répliquer. Il ne dit rien, c'était leur choix et leur erreur. Même un Black ne pouvait pas forcer les quatorze à le suivre.
Sirius se permit d'étudier les autres en silence. A la droite de Voldemort, Cornelia Croupton - la plus jeune membre des quatorze, depuis qu'elle avait hérité de son siège après les décès de son oncle et de son cousin - se mordait la lèvre inférieure en lisant avec attention. Ses parents étaient morts, Sirius le savait, elle avait été élevée par des parents de sa mère, pourtant Cornelia comprenait manifestement ses responsabilités de membre du Councilarium. À côté d'elle, Rogue était impassible et James aussi. À la droite de James se tenait Alfred Lichtenstein, le plus âgé, il devait approcher des deux cents ans, et Sirius doutait qu'il assiste à une autre réunion.
De l'autre côté de la chaise vide se trouvait le suave et séduisant Lance Delacour. Il était à moitié Vélane et ça se voyait, mais il était aussi l'un des maîtres des potions les plus célèbres de France, un digne rival de Severus Rogue. Il était assis à côté de Rodolphus Lestrange, qui fixait toujours Sirius – le mari de Bellatrix était le seul qui n'était pas parvenu à mettre l'animosité personnelle et la guerre de côté en entrant dans la salle. Quelle déception il doit être pour Bella, pensa Sirius. Ce n'est pas qu'il soit stupide, mais ce n'est pas non plus un génie, et il est loin d'être aussi soumis qu'elle le voudrait. À la gauche de Rodolphus se trouvait l'autre membre dissipé, Stephen Hoppner, perplexe,les yeux dans le vague. Auror inactif depuis son séjour à Azkaban, il avait par le passé été un ami de Sirius. Etre assis à côté d'un des tortionnaires en chef de Voldemort devait lui coûter. Cela, cependant, n'avait rien à voir avec son refus de lire le rouleau. En fait, Stephen était le cousin de Alice Londubat et il savait probablement déjà tout.
À côté de lui et à l'autre extrémité de la table était Osborne Blackwood, le frère de l'ancien médecin de James, Martha. Nul ne savait de quel côté il se trouvait dans cette guerre, mais Sirius suspectait fortement qu'il place sa famille d'abord... tout comme les autres membres des quatorze. Étrange ce que nous sommes conduits à faire. Morgan Montague était le suivant, mince, beau, il semblait sérieux vêtu de noir. A sa droite se trouvait la tante de Sirius, Lydia Vablatsky. Lydia ressemblait assez à Sirius pour avoir pu être sa mère, ce qui n'était pas surprenant sachant qu'elle était soeur aînée d'Aurelia Vablatsky-Black. Malheureusement, les similitudes ne s'arrêtaient pas au physique - les deux soeurs étaient très semblables, et Sirius n'avait pas de meilleurs souvenirs de sa tante que de sa mère. Enfin, à la gauche de Sirius se trouvait Lucius Malefoy, dont la présence n'aurait pas gêné Sirius s'il n'avait pas autant ressemblé à quelqu'un qui lui manquait désespérément. À la différence de son beau-frère Rodolphus, Lucius étudiait le rouleau avec attention, sûrement à la recherche d'un argument persuasif.
Sirius essaya de se défaire de ses pensées sinistres, mais échoua. Les familles avaient refusé d'honorables membres par le passé. Serdaigle avait été exclue du cercle initial en 1309 en faveur des Bane, sous prétexte qu'ils descendaient du fils sang-mêlé de Rowena Serdaigle, David. Ce n'était qu'en 1602 que les Serdaigle avaient été acceptés au sein des quatorze, et au terme de longues discussions. De même, Ivan avait été refusé en 1600, seulement pour entrer dans les quatorze deux ans après. Meliflua avait rejetée ,et son entrée n'avait plus jamais été discutée, mais ça avait été dû à l'unanimité des quatorze.
Espérons que rien de tel ne se produira aujourd'hui, pensa Sirius en écartant ces pensées. Bien que le clan Avery ne soit pas un mauvais deuxième choix (avec la mort de son frère, Jessica siégerait jusqu'à ce qu'elle soit mariée), ajouter les Flint introduirait d'autres alliés de Voldemort dans les quatorze, ce qui pourrait mettre fin à l'intéressant compromis qu'était le Councilarium - mais il était temps. Même le vieux Lichtenstein avait arrêté de lire.
"Voici les preuves que les Londubat possèdent l'ancienneté, la pureté, et la fortune appropriés," annonça Sirius. "Y a-t-il des objections?"
Naturellement il y en avait. La question était de savoir quelle serait la première.
"Vous avez omis de mentionner leur conduite, cousin." Il aurait dû se douter que ce serait Rodolphus Lestrange, qui n'était pas vraiment son cousin, mais il était déjà affreusement proche.
Heureusement, même Malefoy le fusilla du regard, Sirius eut envie de rire. La politique des Mangemorts était aussi impitoyable et ambitieuse que n'importe quelle réunion de Serpentards, et il était bon de voir que ce bon vieux "Roldy moisi" mis de côté pour sa gaminerie. Encore. Certaines choses, Sirius réfléchit silencieusement à ce qu'il allait répondre à l'objection de Rodolphus, ne changent pas. Cependant, ce fut Lydia Vablatsky qui lui répondit, ses yeux gris rivés sur lui.
"La conduite, jeune homme, est définie de deux manières au sein des quatorze," dit-elle malicieusement. "Honorable, ou non. Ainsi - "
"Je vous remercie, Madame Vablatsky, de faire cette remarque pour moi," la coupa bêtement Rodolphus. "Clairement, les Londubat n'ont pas la conduite honorable demandée par -"
"Foutaises", renifla Hoppner, levant les yeux au ciel. "Qu'ils s'opposent à vous n'est pas raison suffisante de les qualifier de déshonorés. Avoir le courage de combattre pour ses convictions témoigne d'un grand sens de l'honneur."
"Même pour des convictions fausses ? Pour des choix imbéciles ? Pour soutenir ces dégradants Sang-de-bourbe?" cracha Rodolphus. "Où est l'honneur là-dedans ?"
"Plus encore, avons-nous envie d'accueillir de tels traîtres à leur sang parmi nous ?" renchérit Blackwood, Cornelia Croupton en resta bouche bée. Immédiatement, elle s'empourpra et voulu répondre, mais la voix traînante de Malefoy la devança.
"Pendant plus de six cents années, les quatorze familles sont restées fortes en assurant leur unité et leur pureté," ronronna-t-il. "Tant d'années de tradition ne peuvent pas être négligées – devons-nous vraiment trahir nos propres convictions afin d'augmenter notre nombre ?"
"Parlez pour vous," grogna Montague, ses yeux sombres brillant dangereusement. "La famille Londubat est aussi ancienne que certaines ici, et l'histoire a prouvé qu'ils sont des défenseurs des traditions."
"Quand elles leur conviennent," répliqua Blackwood.
"Vous -" commença Hoppner.
"Assez," les coupa Sirius. "Si nous ne pouvons pas -"
"Qui es-tu pour prendre la parole, traître à ton sang ?" cracha furieusement Rodolphus. "Tu fais comme si tu disposais d'un quelconque honneur dans ce conseil. Tu te crois si important, cousin ? Tu pense que ton avis nous intéresse ? Tu es pire que les Londubat, un déchet. Tu trahis ton rang."
"Vous parlez de traîtres, vous, le tortionnaire ?" répliqua Lydia Vablatsky d'un ton acide, arquant ses sourcils argentés avec impétuosité.
Sirius avait essayé de se retenir de sourire quand Rodolphus avait achevé sa tirade, mais la réaction de Vablatsky l'étonna. Sa propre mère aurait approuvé le point de vue de son cousin, mais Lydia était faite d'un autre bois que sa jeune soeur. Pourtant, le fils de Lydia, un mangemort décédé, avait été un ami proche de Rodolphus... mais elle semblait n'avoir aucune sympathie pour Voldemort. Même si elle était vieux jeu et arrogante, peut-être avait-elle un peu de bon sens.
"Je -"
"Il suffit, Rodolphus," l'interrompit une voix froide, effrayant presque tous les convives. Sirius se retint de sursauter, c'était la première fois dans sa vie où entendre cette voix n'annonçait aucune souffrance.
Immédiatement, le Mangemort se tut, fusillant toujours Sirius du regard, pas assez audacieux pour croiser les yeux de son maître. La douleur titilla encore le bras de Sirius, mais il se força à hocher la tête vers l'homme à sa droite. "Merci, Lord Jedusor."
Les formalités antiques survivaient toujours – même si plus aucune famille n'utilisait ce que les Moldus appelaient des titres, les familles les plus anciennes était en effet la noblesse du monde sorcier. Même si Sirius n'accordait pas autant d'importance à ces titres que les autres, il comprenait sa position. Et appeler Voldemort Jedusor facilitait les civilités.
"De rien." Ces mots semblaient surréalistes de la bouche de Voldemort, mais ils avaient été dits. Son bras voulu se contracter. Sirius l'ignora et continua.
"Messieurs, mesdames, nous nous égarons. Comme d'autres l'ont si... clairement indiqué, les quatorze familles doivent être, et sont, au-dessus de telles chamailleries."
Il était tout à fait sûr que Rodolphus n'avait pas vraiment voulu dire ça, mais la remarque avait été faite.
"Nous sommes conscients de la guerre qui fait rage au-delà de ces murs. Bon nombre d'entre nous la réintégreront dès la fin de cette réunion. Cependant, cette guerre ne compte pas. Nous sommes ici pour désigner la quatorzième famille. Je demande un avis."
Il regarda à sa droite, optant pour la manière forte. Voldemort déciderait d'abord ce qui indiquerait à ses partisans comment agir. "Lord Jedusor, nous apprécierions vos conseils."
Son estomac voulut se contracter et il eut la nausée, mais Sirius la repoussa. Leur monde, se souvint-il, n'avait pas toujours été comme ça. Et s'il y avait une chance de changement, il pourrait venir de quelques individus dans cette pièce – d'autres, naturellement, n'abandonneraient jamais leurs convictions fanatiques. Les autres, cependant, pouvaient faire une différence. Ils pourraient changer le destin.
"Je suis honoré, Lord Black," répondit doucement l'autre... mais il semblait y avoir une tension dans sa voix.
"Tu sais que je te barrerai toujours la route."
"Oui. Mais pourquoi ?"
Souvenir.
"Parce que tu ne comprendras jamais les choses comme l'espoir." répliqua l'autre, le sang coulant entre ses dents sales, mais la réponse fut étonnamment sereine, en dépit de la douleur dans sa voix. "Ou l'amitié."
"Le genre d'amitié qui laisse un des siens pour mort?" Il voulut rire mais ne put s'y forcer.
"J'ai pris ma décision," chuchota-t-il.
Maintenant il parvint à sourire, mais il se sentit vide. La colère bouillait en lui et il ignorait pourquoi les vains défis l'amusaient habituellement... mais pas venant de cet homme. Plus maintenant. Ce n'était plus vain. "Et maintenant tu vis avec eux. Avec moi."
Sirius cilla, certain que le flash n'avait pas duré plus d'un battement de paupière, mais le sentiment persista. Il dut forcer son corps soudain tendu à se détendre, sachant que les autres l'observaient, sachant que son pire ennemi était à sa droite
Le stylo gratta le papier.
Je ne crois pas non plus que je le briserai si je continue comme ça... Je suis fasciné par lui, j'admets cel,a au moins. Il est le seul qui m'ait jamais résisté.'
À qui ces souvenirs appartenaient-ils ?
Sans le vouloir, Sirius jeta un coup d'oeil à sa droite, et vit un effrayant –effrayé – regard rouge posé sur lui. Pendant un moment, il crut voir une lueur bleue sous le rouge brûlant, mais cela disparut avec la peur. Puis, l'expression disparut et le regard redevint vide et attentif. Quelqu'un d'autre avait-il vu cet échange ? Sirius parcourut la table du regard, mais ne remarqua rien. Ca s'était vraiment produit, si vite ? Voldemort continua, et sa voix froide semblait vouloir dire exactement la même chose. Est-ce que c'était juste mon imagination ?
"Tradition, pureté, et lignée doivent être considérées avant tout," déclara-t-il. "Les Londubat sont acceptables."
Sirius ne s'était pas attendu à ça, mais Rodolphus si, et il sembla furieux – mais pâlit de peur quand Voldemort se tourna vers lui. "Auriez-vous une objection ?" demanda malicieusement le Seigneur des ténèbres.
"Non, monseigneur," marmonna le Mangemort, fixant le dessus de la table. Lydia Vablatsky renifla, et Sirius sut qu'elle pensait. Bellatrix aurait discuté, Rodolphus n'osait pas. Mais Bella avait toujours été plus forte que son mari, plus fort que les deux frères Lestrange. C'était une honte que les femmes ne puissent siéger au Councilarium qu'avant leur mariage - Vablatsky était là seulement parce qu'elle ne s'était jamais mariée, évitant ainsi d'avoir un enfant de sang-mêlé. Naturellement, ce n'était pas la première fois qu'une matrone des quatorze agissait ainsi, elle avait simplement eu l'aide de Jules Malfoy, qui avait déjà engendré deux enfants et était peu susceptible d'être le père d'un troisième.
Personne n'avait jamais soupçonné le défunt Alexandre Vablatsky d'être le père de Lucius et Julia Malfoy. De telles choses restaient secrètes.
"Nous avons deux votes favorables. Je réclame maintenant encore un avis," dit Sirius, reprenant le contrôle de la discussion. "Lord Malefoy ?"
Comme toujours, la réponse de Lucius fut aristocratiquement précise. "Admis, avec des réserves."
"Madame Vablatsky ?"
"Acceptable."
"Madame Montague ?"
"Acceptable."
Et ainsi le vote commença. Par ordre de préséance, Sirius les interrogea chacun à leur tour, observant soigneusement leurs visages. Certains, comme Lestrange, acceptèrent seulement parce qu'ils devaient -Rodolphus n'eut ni l'idée ni le courage de s'abstenir. Rogue, cependant, le fit et il admit son désaccord très tranquillement, citant ses craintes pour le futur des quatorze si on permettait des héritiers tels que Neville Londubat dans leur conseil. Sirius vit plusieurs paires d'yeux se plisser en réponse, et dut admettre que Rogue jouait extrêmement bien son rôle. Sa haine pour le jeune Londubat était de notoriété publique, même en dehors de Poudlard, bien que peu soient au courant de l'amitié étrange qui avait lié Rogue et Frank Londubat pendant leur scolarité. Si quelqu'un avait été au courant, il se serait demandé pourquoi le Mangemort s'opposait ainsi à l'entrée des Londubat dans les quatorze.
D'un autre côté, je suppose que nous tous avons nos rôles à jouer, pensa tranquillement Sirius.
Montague, Croupton, et Hoppner acceptèrent. Blackwood s'abstint, clairement conscient de la colère du Seigneur des ténèbres, et Sirius se demanda si Osborne avait déjà rejoint les rangs des Mangemorts ou s'il flirtait avec l'idée. James, naturellement, accepta, tout comme Lichtenstein. Delacour soucils froncés parla en dernier pour accepter. Sirius, cependant, observait le Français à moitié Velane. Il y avait quelque chose de dérangeant dans ses yeux.
Sirius se leva. "Avec onze voix en faveur sa faveur, une contre, et une abstention, la famille Londubat est admise dans les quatorze. Le Councilarium sera convoqué une fois venu le moment de saluer la quatorzième famille."
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Quand on frappa à la porte des quartiers que Frank et Alice partageaient sur Avalon, la dernière personne que Frank s'attendait à voir était Sirius Black. De plus, il ne s'était pas attendu à le voir si élégant. Vêtu de longues robes de soie noire très coûteuses, Sirius ressemblait plus que jamais à un Black. Il connaissait l'Auror depuis Poudlard et avait toujours admiré le refus immuable de Sirius de devenir ce qui sa famille voulait qu'il soit. Pourtant maintenant, il remplissait ce rôle étonnamment bien – surtout pour un Auror sur Avalon.
Avant qu'il ne puisse parler, Sirius lui fit un salut très formel et traditionnel. "J'apporte une invitation au Councilarium," dit-il tranquillement. "Des quatorze."
"Des -"
Sirius lui tendait un parchemin plié et scellé, Frank cilla. Il ne s'intéressait pas aux jeux de statut joués par les familles les plus anciennes dans le monde magique (le sien inclus), mais il était de sang pur. Frank connaissait le statut de sa famille, savait qu'elle n'était pas loin des quatorze, sans pour autant en faire partie.
"Les Bones," dit tranquillement Frank, se rappelant de leurs décès. Il avait oublié, cependant, ce que cela signifierait.
"Oui." La voix de Sirius était étrangement lointaine, mais il désigna la lettre du menton, Frank vit le sceau pour la première fois. Le sceau des Black. Acceptant la lettre, il l'ouvrit pour la lire :
Vous êtes par ceci convié au Councilarium des quatorze familles à dix heures du soir, le vingt-troisième jour de septembre, en l'année dix-neuf cent quatre-vingt-douze.
Par la main et l'action de :
Sirius Black
de la première famille
"Si vous refusez, la prochaine famille est Avery," dit tranquillement Sirius. "Notre monde est assez dominé par la crainte et par l'obscurité. Je ne voudrais pas que les quatorze en soient un reflet."
De la première famille. Jamais auparavant Frank n'avait vu Sirius ainsi – si solennel, si mesuré. Il avait toujours eu l'image du jeune homme impétueux et insouciant quatre ans plus jeune que lui à Poudlard, des qualités qu'il gardé dans sa fonction d'Auror. Sirius avait toujours été intelligent, mais aussi un rebelle et imprévisible. Maintenant il y avait quelque chose de différent, quelque chose d'implacable.
Frank hocha lentement la tête, son esprit s'emballait. Alors qu'il essayait de comprendre les changements de Sirius, une autre pensée s'imposa à lui. "Il est là ?"
"Oui."
Les yeux bleus étaient calmes, si calme. Est-ce que quelque chose était cassé, ou avait changé ?
"Je viendrai," répondit lentement Frank. "Je ne sais pas quelle différence je peux faire, mais peut-être..." Il avala. "Peut-être."
Le léger signe d'assentiment de Sirius fut une réponse étrange, mais Frank vit quelque chose briller en lui. Il y avait quelque chose, un sentiment qui dépassait sa compréhension, quelque chose avait changé. C'était presque comme si le monde avait basculé avant de se remettre à l'endroit.
Ses yeux rencontrèrent ceux de Sirius, et Frank le vit. Sirius savait.
La voix de l'autre homme était tranquille.
"Alors, allons-y."
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Sacrée Robin, non, même quand elle apporte des réponses, elle ouvre de nouvelles questions...
Dans le prochain, Tonks a ses résultats, Remus a des visions, Rogue a une discussion avec Bellatrix, le groupe Licorne et les Aurors parlent de vengeance... et un espion est démasqué... entre autres...Pour faire bonne mesure, ça s'appelle « forgé dans le feu »...
