Promesses retenues

Générique

Auteur : Robin4, sous le titre original de Promises Remembered

Inspiration JKR, mais très UA quand même !

Traduction : Petite Plume

Relecture et mise en ligne… Fénice qui essaie d'être régulière !

Sponsors officiels : Chinader l'impatient - Queen-Anarchy qui va savoir comment les traîtres passent, si, si, profite c'est pas souvent qu'on ait si rapidement des réponses avec Robin – Lokness, il reste une dizaine de chapitres et ensuite, un troisième acte en cours... soupir... - Wanderin et Fée Fléau qui n'ont sans doute pas fini de s'inquiéter pour Sirius et les autres après ce chapitre – Petite Saki qui aime la traduction – Shima-Chan qui fait prétend que cette fic n'est pas compatible avec le baby-sitting (on note)... Merci !

Chapitre trente-sept : (Des héros) et des hommes ordinaires

"Tu sais..." ronronna Bellatrix. "L'avantage de l'immortalité, c'est que ça donne tout le temps de jouer."

Flamel cracha du sang, mais l'imbécile eut le bon sens de ne pas répondre. En réponse, la Mangemort aux cheveux noirs s'accroupit au niveau de sa tête et écarta ses cheveux pleins de sang de ses yeux. Elle fit un sourire doux, si un un monstre pouvait avoir un sourire doux.

"Naturellement, le temps' est négociable, n'est-ce pas ? Combien de temps durent les effets de ton élixir, cher Nicolas ?"

Les yeux assombris par la douleur s'enflammèrent. "Pas assez pour ce que tu veux."

"Oh, quel courage !" rit Bellatrix en sautant sur ses pieds comme un petit enfant à qui on offre une glace et un gâteau. Elle se tourna joyeusement vers sa compagne. "Qu'en penses-tu, Martha ? Il bluffe ?"

Blackwood haussa les épaules, ne partageant pas l'enthousiasme qui lui donnait la migraine de sa collègue. "Je pense qu'on peut le découvrir," répondit-elle avec un sourire glacial.

"Oh, oui." La Mangemort tapota la joue de Flamel. "Tu sais, cher Nicolas, que Martha ici présente a presque été radiée de la médecine magique parce qu'elle a mis au point plusieurs... intéressantes potions de vérité ? Il semble que si le Ministère recherchait une alternative au Veritaserum, il était peu enclin à accepter certains... effets secondaires."

Elle rit encore, mais Martha avança avant que Bellatrix ne puisse continuer. Même si elle ne doutait pas de la capacité de la sorcière à extorquer de force des informations au prisonnier, les méthodes de Bellatrix étaient incroyablement ennuyeuses. Si elle rit encore comme une imbécile...

"Le Seigneur des ténèbres", intervint Martha, "s'en moque."

Bellatrix renifla, et ça ne l'agaça pas moins que son rire bébête. Martha était prête à lui jeter un sort et souhaitait qu'elle parte, mais le commentaire de Flamel les fit sursauter toutes les deux.

"Pas surprenant", souffla-t-il.

"Endoloris !" répliqua Bellatrix et le vieil homme cria. Martha leva les yeux au ciel face au manque flagrant de créativité de sa camarade. Vraiment. J'aurais pensé que quelqu'un d'aussi intelligent que Bellatrix ait fait des recherches de méthodes plus anciennes de torture et sache qu'il y a des choses bien pires à employer... Elle soupira, haussant les épaules et chassant ses pensées. Le temps qu'elle a passé enfermée ici doit avoir altéré son cerveau.

Seulement quelques secondes passèrent avant que Flamel ne perde connaissance, et la Mangemort se retint de rire quand Bellatrix poussa un petit cri d'exaspération. Bien fait ! pensa-t-elle.

"Peut-être je dois lui faire une potion de force", dit-elle diplomatiquement.

"Certainement." ricana Bellatrix. "Apparemment, l'immortalité n'a pas amélioré sa vigueur d'un iota."

"C'est l'âge ", lui rappela Martha. "Il a plus de six siècles."

"Mets toi au travail," cracha l'autre. "Et tâche de mettre moins de temps que pour le gamin Jordan."

Martha ravala la réponse qu'aurait mérité ce commentaire, se faire une ennemie de Bella Lestrange n'était pas la bonne voie pour réussir parmi les partisans du Seigneur des ténèbres vu combien il semblait la favoriser. "Je ne me rappelle pas t'avoir entendu discuter les résultats."

"Je ne l'ai pas encore fait."

Sur ce, Bellatrix tourna les talons et sortit de la salle d'interrogation, claquant la porte derrière elle. Martha n'y fit pas attention, elle entendit le bruit de la porte qui se fermait. Le médecin devenu Mangemort commença à flâner près de l'étagère chargée d'ingrédients à potion. L'avantage du transfert de Flamel du manoir Jedusor à Azkaban était que les Aurors ne les espionneraient certainement pas ici ! Naturellement, elle n'était pas aussi à l'aise dans l'atmosphère de la prison qu'au manoir Jedusor, mais Martha supposait que ça aurait pu être pire. Même si elle n'avait jamais aimé les Détraqueurs, elle suspectait fortement que les Aurors lui auraient fait plus de mal encore – heureusement, elle avait été avertie par un de ses collègues que l'épouse sang-de-bourbe de James Potter la recherchait.

Heureusement qu'il y avait des gens qui avaient le bon sens de voir quel côté allait l'emporter.

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"J'ai réfléchi", Auriga Sinistra se mordit la lèvre et posa son regard sur Lily de l'autre côté de la table. Inopinément, le professeur d'Astronomie de Poudlard avait demandé à Lily de la retrouver aux Trois Balais pour le déjeuner, et la chef du groupe Licorne s'était dépêchée pour arriver à l'heure. Auriga n'était pas du genre impulsif et, si elle demandait à la voir, ça devait être important.

"Au sujet de Nicolas ?" l'aiguilla doucement Lily, et Auriga acquiesça. "Moi aussi."

"J'ai donné un devoir à mes deuxièmes années hier", répondit l'autre, légèrement distraite, elle cilla. "Désolé. Mais ça m'a donné le temps d'y penser... Je sais que nous ne pouvons pas infiltrer Azkaban. On a essayé tant de fois, et... " Elle se tut. "Enfin, tu vois ce que je veux dire."

"Ouais."

Auriga mordit encore sa lèvre avant de poursuivre, "j'ai pensé qu'on pourrait essayer le transplanage inversé."

"Ça n'a jamais été fait sur un homme", répondit immédiatement Lily.

"Nous n'avons jamais essayé sur un homme", corrigea son amie. "Et je suis sûre que Pernelle a quelque chose appartenant à Nicolas assez fort pour essayer."

Lily expira longuement, réfléchissant rapidement. "Tu as probablement raison, nous ne pouvons pas entrer à Azkaban", dit-elle lentement. "Du moins pas sans aide..."

"Mais nous n'avons que deux semaines."

"Je sais." Lily ferma les yeux un moment, essayant de considérer impartialement le problème, sans y arriver. C'était toujours tellement plus difficile quand le prisonnier en question était un ami. Elle déglutit. Particulièrement quand cet ami dépend de l'élixir pour vivre et mourra après deux semaines sans. Elle continua et se détesta de prononcer ces mots. "Nous pourrions même avoir moins de temps s'il..."

"Cède", finit Auriga. "Je sais. V-Voldemort a toujours voulu l'immortalité, et Nicolas a la clef. Même Pernelle ne sait pas recréer la pierre, mais Nicolas peut. Nous savons toutes les deux qu'il n'oubliera jamais, et s'ils parviennent à le forcer à leur montrer comment... c'est la fin."

Lily hocha la tête. "Nous devons parler à Pernelle."

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"Je ne peux pas croire que tu ne m'aies rien dit", parvint à articuler sa mère avec une dignité infinie. Tonks savait que sa mère contrôlait difficilement son caractère, mais ça ne se voyait pas. Elle a toujours fait ça, pensa avec exaspération la jeune Auror. Et elle l'a toujours fait en me regardant comme si c'était moi qui était en tort !

"Je te l'ai dit, Maman", répondit-elle aussi calmement que possible – c'était beaucoup plus calme que ce dont elle était capable avant sa formation d'Auror. "Je te l'ai écrit."

"En Août !" s'écria Andromeda. "Deux mois après le début!"

Tonks avala et regarda son père pour qu'il l'aide, mais il secoua la tête. Merci Papa, pensa-t-elle avec colère. Est-ce encore une de ces leçons de la vie que je suis supposée apprendre ? En attendant, sa mère continua, lâchant sa colère.

"Tu l'as dit à ton père, et pourtant tu ne m'as pas fait assez confiance pour me le dire", gronda-t-elle, contrôlant toujours son tempérament même si sa voix montrait qu'elle était fâchée. "Tu m'as menti en disant que tu travaillais à Gringotts."

"Bien, maman, je n'ai pas vraiment menti..." commença Tonks. Dire que ce n'était pas un vrai mensonge (elle n'avait simplement pas dit à sa mère qu'elle avait changé de travail) était loin d'être une bonne idée. Elle soupira. "Je ne voulais pas que tu m'en empêches."

"Tu crois que je l'aurais fait ?" demanda brusquement sa mère.

"Oui !" éclata-t-elle finalement. "Tu l'aurais fait, prouve-moi le contraire !" Tonks était debout ; elle savait qu'elle n'aurait pas dû, mais il était difficile de s'en inquiéter. "Tu m'aurais dit que tu avais raison, même en sachant que non, et que je dois veiller à ne pas faire de notre famille une cible !"

"Et maintenant tu l'as fait," gronda Andromeda. "J'espère que tu es fière de toi."

"Droma !" hurla son père, choqué, mais Tonks le devança.

"Nous étions déjà une cible, maman ! Comment pourrions nous ne pas l'être ?" répliqua-t-elle. "J'entends encore tante Bella jurer qu'elle tuerait papa quand j'avais trois ans, et tante Narcissa dire que je ne suis pas digne parce que je ne suis pas de sang pur ! Tu crois qu'ils nous ignoreront toujours ?"

"Je -"

Elle n'offrit pas à sa mère la chance de lui répondre. "Et même s'ils le font, méritons-nous d'être ignorés ? Devons-nous nous cacher juste parce nous le pouvons ? Ne pouvons pas essayer de rendre la différence possible ?"

Abruptement, Tonks se mordit la langue, soudain consciente du fait que sa mère, son père et son petit frère la regardaient comme jamais avant. Pauvre Pat, pensa-t-elle. Il ne devrait pas voir ça. Et pauvre papa. Il prend un samedi de congé pour me voir, et je passe mon temps à me disputer avec maman. Mais elle n'était pas vraiment désolée. Elle n'était même pas désolée du tout.

"Tu ressembles remarquablement à Sirius", dit doucement sa mère. "Il a toujours été comme ça."

"Peut-être qu'il a raison", répondit Tonks d'une voix aussi raisonnable que possible.

"Peut-être. Je sais que ton père le pense aussi." Andromeda jeta un regard en biais à son mari, puis soudain mit une main sur l'épaule de Tonks. "Nymphadora, nous avons essayé de vous apprendre à être indépendants et à penser par vous-même... à faire la différence entre le bien et le mal. Je suppose que je ne devrais pas te reprocher de le faire."

Il lui fut difficile de sourire au lieu de grimacer quand sa mère employa ce nom, mais elle y parvint. "Merci, Maman."

Andromeda soupira. "Je ne peux pas dire que je sois d'accord avec vos méthodes. Il y a d'autres moyens, des moyens moins évidents, de combattre, de faire une différence'. Mais... je suppose que si c'est ce que tu veux, nous, je dois te soutenir. Au lieu de hurler."

"Je n'aurais pas du crier non plus", admit timidement Tonks, souriante, elle jeta un coup d'oeil sur à son frère. "Ne te fais pas d'illusions, Pat. Maman va te manger tout cru."

Ils rirent et la tension s'apaisa. Les Tonks avait toujours été une famille unie, d'autant plus qu'ils s'étaient isolés de leur monde, et ça lui avait fait mal de voir sa mère si en colère. Je pense que Bill avait raison, pensa Tonks. Rentrer à la maison fait du bien.

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"Je n'ai pas besoin d'un garde du corps!" s'écria Peter, et James essaya de ne pas rire. Ils avaient dû faire ensemble le dernier voyage de Peter pour discuter des dernières négociations en France, mais James (comme d'habitude) avait changer de sujet.

"Oui, et ce Mangemort dans la gouttière est mort parce qu'il voulait t'offrir un biscuit !" répliqua Hestia Jones avant que James ne puisse répondre. Pendant un moment, il fut tenté d'intervenir, mais se retint. L'Auror était tombée par hasard sur Peter et lui avait sauvé la vie. Au moins, c'est un bon début, pensa-t-il en retenant une grimace.

"Je -" Le pauvre Peter était vaincu.

"Tu es une cible, Pettigrow ! Fais rentrer ça dans ton crâne épais !" le coupa Hestia.

"Tu n'étais pas obligée de le tuer." Peter fronça les sourcils sombrement.

"Je sais. Mais je n'ai pas été formée à laisser passer une chance." A sa droite, Deauclaire hocha la tête, et James se demanda quel genre de combinaison dangereuse ces deux-là faisaient. Aujourd'hui, Hestia avait tué l'assassin aux trousses de Peter, mais demain... ?

La mauvaise nouvelle était que ni l'un ni l'autre ne sembla comprendre cette tentative. James se racla la gorge. "Je déteste te contredire, mais..." Il força un léger sourire. "Tu sais, Peter, elle a probablement raison."

"Je n'ai pas besoin d'un garde du corps", répéta obstinément son ami, James leva légèrement les sourcils. Des années auparavant, le jeune et timide Peter aurait sauté sur la chance d'être protégé... mais il avait changé. Il avait mûri, et le courage de Gryffondor que ses amis avaient toujours su qu'il possédait était maintenant là visible à tous

"Je ne suis pas d'accord. Nous avons toujours su que ce n'est qu'une question de temps avant que Voldemort ne soit de nouveau après toi – tu l'as trahi et tu as survécu, et il ne peut pas tolérer ça", répondit-il brusquement, regardant son ami dans les yeux. "La dernière chose dont nous avons besoin est pour qu'il te prenne pour cible quand tu seras en France, Queudver. Ici, nous pouvons t'aider, mais là-bas... "

Les épaules de Peter se voûtèrent légèrement. "Je sais. Mais je n'aime pas devoir être protégé."

James renifla. "Je pense que Sirius et moi avons déteint sur toi!"

"Ouais, je pense", Peter lui sourit, puis posa les yeux sur Jones. "Tu es toujours comme ça ?" demanda-t-il.

James pouffa en voyant les yeux de Hestia prendre la taille de gigantesques chaudrons.

"Quoi ?" jappa-t-elle.

"Toujours si hautaine et désagréable", précisa tranquillement Peter.

Clearwater sembla sur le point de mourir. "Non, attendez une minute -"

Hestia éclata de rire. "Oh, ne te tracasse pas", dit-elle à son protégé, puis elle étudia étroitement Peter. "Tu sais, Pettigrow, peut-être que tu as plus de courage que je le pense."

"J'en aurai besoin pour vous supporter," répliqua Peter.

James hurla de rire.

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La lettre disait seulement "j'ai besoin de ton aide," et il y était allé. Au moins par curiosité morbide. Qu'un héritier d'une des quatorze demande de l'aide à qui que ce soit, même un de ses camarades, d'une façon si directe et franche attirait son attention, même s'il détestait le sorcier en question.

C'était pour ça qu'il se trouvait dans un champ désolé, non loin d'un cratère dont il feignait d'ignorer l'existence. De tous les gens nobles de la terre, je crois que c'est lui qui a le moins de bonnes manières, pensa amèrement Rogue. N'a-t-il pas reçu au moins une éducation ? Naturellement, il connaissait la réponse depuis qu'il avait onze ans. Sirius n'avait aucune bonnes manières. Pour Severus, c'était aussi naturel que respirer.

Il aurait dû rester chez lui. Enfin, à Poudlard, mais Poudlard était sa maison. Il avait une pile colossale de devoirs sur son bureau qui attendaient d'être notés, et il en aurait pour toute la nuit si cette petite réunion ne se finissait pas rapidement. Ou si l'idiot qu'il était censé rencontré ne finissait pas par se montrer, se rectifia-t-il. Pourquoi je me tracasse ? Il pense probablement que c'est juste une blague très drôle ou je ne sais quoi. Le salaud.

Mais l'orgueil des Black allait mal avec de telles blagues. J'ai besoin de ton aide, disait la lettre. Il n'y avait rien d'autre que le lieu de rendez-vous, près des ruines de la vieille maison de campagne. Y avait-il un message derrière ça ? Black ne s'était jamais fait remarquer pour sa subtilité, mais il n'était pas non plus stupide. Si ceci était censé être un message, il était maladroit, mais il l'avait remarqué. Et l'endroit était tranquille.

Bordel, Black. Pourquoi tu ne te dépêches pas ?

Severus retint un grognement et se prépara à une longue attente. En étant tout à fait honnête (un trait qu'il montrait rarement), il devait admettre que ce n'était pas que la faute de Black. Il n'aurai pas dû venir si tôt – Black était de son côté, c'était connu ! Sa paranoïa instinctive l'avait averti que ça pouvait être un piège, mais l'emplacement de la maison de campagne n'était connu que des membres du Cercle intérieur... et de Voldemort. Il grimaça. Est-ce que c'était ça le message ?

"Salaud", chuchota-t-il, plus à l'univers qu'à Sirius Black, mais ni l'un ni l'autre ne répondit.

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Après deux jours de préparation, le groupe Licorne était finalement prêt. L'attente était douloureuse, et ils avaient fait aussi vite que possible, mais certaines choses ne pouvaient simplement pas être précipitées, et ils devaient agir la nuit. N'importe quel autre moment aurait été risqué, Nicolas aurait pu commencer à transplaner sous les yeux d'un Mangemort et ils auraient pu le retenir. C'était possible, après tous. En fait, c'était même plutôt facile, c'était l'inconvénient principal du sort.

Mais Nicolas était à Azkaban depuis quatre jours maintenant, et c'était quatre jours de trop. Chaque minute de plus se gravait sur le visage de Pernelle, même si elle essayait désespérément de cacher sa douleur. C'est le problème avec les amis, pensa Lily avec perplexité. Nous voyons toujours ce qu'ils essayaient de cacher.

Elle prit une profonde inspiration. "Tout le monde est prêt?"

Des signes d'assentiment incertains et/ou emphatiques lui répondirent, mais leurs visages étaient sinistres. Leurs yeux étaient cernés, mais la douleur et le regret sur leurs visages ne changeaient pas la nécessité de ce qui devait être fait. Et le groupe n'en était pas moins prêt - le groupe Licorne avait été créé pour faire des recherches, et ses membres avaient des compétences diverses. Si quelqu'un pouvait passer outre les défenses d'Azkaban, c'étaient eux.

Et c'est la vraie beauté de ce sort, pensa Lily, essayant de se distraire tandis que Pernelle faisait les préparations finales. Les sorts d'antitransplanage ne peuvent rien si la personne appelée a un lien physique ou psychique avec celui qui lance le sort. En fait, la création du groupe Licorne était plus un sort de relocalisation qu'un sort de transplanage inversé, il utilisait plus de concepts de la relocalisation que de toute autre chose, c'était pour ça qu'aucun sorcier raisonnable n'aurait penser l'utiliser sur un homme. Mais cela avait fonctionné avec Auriga à travers Londres quand Pernelle avait lancé le sort.

Lily pria seulement pour que la chance leur sourit.

"Je suis prête", dit Perenelle tranquillement, mais sa voix était tendue. Lily serra brièvement l'avant-bras de la vieille femme. Il était temps d'essayer.

Comme un seul homme, les membres du groupe Licorne levèrent leurs baguettes, concentrés sur Pernelle Flamel. Presque tous les sorts pouvaient être amplifiés si assez de personnes le lançaient en même temps, et le groupe Licorne n'avait pas la moindre envie de jouer avec la vie de Nicolas. Elles n'auraient probablement qu'une seule chance – s'ils échouaient, les alarmes d'Azkaban se déclencheraient sûrement, et Voldemort trouverait un moyen de les arrêter. Malheureusement, le Seigneur des ténèbres était aussi intelligent que maléfique.

Lily lâcha une dernière expiration. "A trois ?" demanda-t-elle à Pernelle. Mais son aînée secoua la tête.

"Non… maintenant."

D'une seule voix, ils prononcèrent la formule : "Remeum Apparate."

Lily ferma les yeux, elle sentait la puissance irradier leur petit groupe. Pendant un long moment, rien ne se produisit - elle sentait simplement le sort tourbillonner autour d'eux, puis partir... Et alors, plus rien. Elle retint son souffle, attendant et espérant, mais n'osant pas regarder. Alors elle a senti une traction subite et entendit Pernelle haleter.

"Ça fonctionne !" cria Jason Montague.

Dix secondes. Elle sentit le lien se former, pouvait presque sentir Nicolas, pouvait sentir sa douleur et sa détermination à ne pas céder. Pourtant il y avait du désespoir dans sa détermination - jusqu'à ce qu'il sente le lien, lui aussi, et la force dans ce lien. Dix secondes. Tout ce dont ils avaient besoin était dix secondes de plus. Le transplanage inversé était un processus plus lent que le transplanage, mais dix secondes n'étaient pas grand-chose. Faites que personne ne soit là, pensa désespérément Lily. Faites qu'on ne le voit pas. Elle retenait toujours son souffle.

Une autre traction subite.

Et puis rien.

Le lien était cassé.

Il y eut un long moment de silence avant que Ted ne jure. Lily leva les yeux et il s'excusa d'un haussement d'épaules, et son attention fut attirée par les larmes sur le visage de Pernelle. Molly, aussi, l'avait vu.

"Nous allons essayer encore", dit fermement Molly, et les autres hochèrent la tête. Il n'y avait pas plus d'une chance que ça marche mais se devaient d'essayer.

Les préparatifs furent bien plus rapides cette fois, ils y étaient obligés, sinon celui qui les avait stoppés risquait de les surprendre. En quelques secondes, ils étaient prêts et levaient leurs baguettes une fois de plus. La voix de Pernelle tremblait quand elle compta : "un..."

Lily essaya de ne pas tenir son souffle et pour se concentrer uniquement sur le moment. Reformer le lien requis. Il faut que ça fonctionne, pensa-t-elle désespérément. Elle ne voulait pas penser à ce qui se produirait sinon.

"Deux..."

Un par un, ils fermèrent les yeux. Lily, cependant, continua à regarder le visage de Pernelle, laissant la douleur de la vieille femme nourrir sa magie. En ce moment, toute force était utile.

Quelque chose effleura sa conscience.

"Tr -"

"Quoi que vous fassiez, arrêtez !"

La voix venait de la cheminée et les fit tous sursauter – Lily ne s'était pas même rendu compte qu'ils avaient connecté la cheminée au réseau aujourd'hui. Quelqu'un d'autre doit l'avoir connectée avant que j'arrive, pensa-t-elle avec confusion, cillant pour essayer de distinguer le visage flottant dans le feu. Molly et Ted avaient lâché leurs baguettes sous l'effet de la surprise, et Jason sauté sur ses pieds sans le vouloir. Pernelle était devenue étrangement pâle, et Auriga semblait prête à tuer quelqu'un. C'était la tête de Sirius dans le feu.

"Sirius ?" articulèrent Lily et Ted d'une même voix. Pourtant leurs esprits fonctionnaient toujours au ralenti, comme s'ils entraient et sortaient de leurs corps et -

Quelque chose de froid et de sombre se précipita à leur rencontre.

"Stop !"

Le lien se rompit alors que chacun reculait. Le groupe Licorne fixa Sirius. "Qu'est-ce que tu veux ?" demanda Molly.

"Quoi que vous soyez entrain de faire, Voldemort est au courant", répondit-il sans s'offenser de la brusquerie de Molly.

"Comment tu le sais ?" demanda Jason, soupçonneux.

Soudain, les yeux de Sirius furent sur Lily. "Demandez à Lily. Elle l'a senti."

"Je", répondit-elle lentement, hochant la tête. "Il y avait quelque chose de sombre..."

"Mais comment tu l'as senti?" reprit Molly. "Où es-tu ?"

"Je ne peux pas vous le dire", répondit immédiatement Sirius. "Et je l'ai senti par la marque."

Immédiatement, Lily sut que ce n'était pas vrai. Mais pourtant ce n'était pas exactement un mensonge, Sirius ne disait pas tout Elle ouvrit la bouche pour protester, mais il fut plus rapide.

"Je dois y aller. Quelqu'un m'attend." Il cilla puis regarda Lily dans les yeux, lui demandant silencieusement de ne pas poser de question. "Mais faites attention. S'il vous plaît."

Et alors, il partit.

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"Tu es retard", lui dit une voix acide alors qu'il transplanait sur le champ où s'était trouvée la maison de campagne. Sirius évita de regarder le cratère alors qu'il faisait un sourire doux à Rogue.

"J'ignorais que tu t'inquiéterais", répondit-il gentiment.

"Ne gaspille pas ton énergie avec moi, Black", répliqua l'autre. "Tu trompes peut-être tes amis, mais je vois les ténèbres en toi."

Des années auparavant, il aurait discuté, mais Sirius savait qu'il avait changé. Il avait également assez mûri pour comprendre que les rivalités d'enfance n'avaient pas leur place dans le vrai monde, même s'il y avait beaucoup de haine. "Clairvoyant", observa-t-il.

"J'essaye."

Un moment de silence passa alors qu'ils s'observaient. Rogue attendait que Sirius explique son étrange lettre, et Sirius essayait toujours de savoir comment en parler. Ça lui avait coûté de demander l'aide de Rogue, particulièrement pour ça, mais il savait que c'était le seul moyen. Quand tu l'auras fait, tu ne pourras plus reculer, l'avertit une voix dans sa tête, mais Sirius la fit taire. Il avait froid à l'intérieur, et avait presque peur de ce qui allait venir, mais il avait choisi.

Soudain, le vent se leva, fouettant ses robes autour de lui et faisant voler ses cheveux dans son visage. En les écartant de ses yeux, Sirius se rendit compte qu'il y avait quelque chose dedans des... cendres des ruines de la maison de campagne. Il sentait la trace noire qu'elles avaient laissée sur sa joue et regarda Rogue pour voir si c'était pareil pour lui. Le maître des potions était occupé à essuyer son visage avec la manche de sa robe.

"Pourquoi ici ?" demanda Rogue. Ce n'était probablement pas la question qu'il avait eu l'intention de poser, mais elle servait d'introduction. Sirius inspira profondément.

"C'est privé", répondit-il. "Et tranquille."

Rogue fronça les sourcils, et ses yeux noirs s'allumèrent. "Il connaît cet endroit."

"Je sais. Et s'il apprend que ce je veux faire avec toi... enfin." Sirius haussa les épaules, puis hocha la tête légèrement en réponse au regard embarrassé de Rogue. "Il ne peut pas m'arrêter et il en saura assez bientôt grâce au lien entre nous."

"Lien ?" répéta Rogue.

Silencieusement, Sirius leva son bras gauche, laissant sa manche remonter et révéler la marque. Le visage du Mangemort se tendit, mais la compréhension brilla dans ses yeux. Sirius savait ce qu'il avait vu. À la différence de la marque de Rogue, celle de Sirius était toujours rouge sous les traits noirs, comme s'il y avait deux dessins : l'un brûlé et l'autre tracé au couteau. La différence était subtile, quelqu'un qui ne portait pas la marque ne la verrait probablement jamais. Mais Rogue si.

Le Mangemort hocha la tête. "Tu m'as demandé mon aide. Pourquoi ?"

Il y avait quelque chose d'atypique dans sa voix, quelque chose de presque respectueux. Le sarcasme et le venin avaient disparu, peut-être parce que Rogue était passé à l'ordre du jour... mais peut-être pas. Il y avait une acceptation dans les yeux sombres que Sirius n'avait jamais vue avant, une reconnaissance de la douleur, du but et du choix. Ils se détesteraient toujours, mais il y avait une chance qu'ils se comprennent - un jour.

"J'ai besoin de toi pour me faire la potion de Conmalesco", répondit Sirius, laissant son bras gauche tomber. Il observa le visage de son vieil ennemi.

Les yeux de Rogue se portèrent au loin et sa voix fut tranchante. "Quoi ?"

"Je sais que tu l'as déjà faite."

"Comment ?" demanda Rogue, sa froideur habituelle était partie, et il y avait quelque chose d'autre dans sa voix. "Comment tu le sais ?"

"C'est la première potion que tu as faite pour Voldemort. Ton premier essai", répondit doucement Sirius.

"Comment tu le sais ?" gronda Rogue et, pendant un moment, Sirius pensa voir la peur dans ses yeux implacables.

"Viens avec moi et je te montrerai."

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"Tu es sûre, Pernelle?" demanda doucement Lily. "Il est encore temps. Nous pourrions... "

Les cheveux gris de la sorcière volèrent quand elle secoua la tête, et Lily vit les larmes briller dans ses yeux. "Non," dit-elle doucement. "C'est le seul moyen."

Lily prit sa main, mais elle savait que c'était inutile. Pernelle n'avait pas simplement décidé de sa propre mort, elle avait aussi décidé de celle de son mari. Et même si six cents ans pouvaient sembler une longue et pleine vie, Lily savait que les gens voulaient toujours plus. Pourtant, la voix de Pernelle était calme quand elle continua :

"Il y a bien longtemps, Nicolas et moi nous sommes fait une promesse. Des siècles avant que Voldemort ou Grindelwald, ou je ne sais quels autres mages noirs que vous connaissez n'apparaissent, nous avons pensé à ça." Elle inspira profondément, et regarda Lily dans les yeux. "Et nous nous sommes promis que si l'un de nous était capturé et ne pourrait pas être libéré, c'est ce que nous ferions."

"Tu es bien plus courageuse que moi", chuchota Lily.

"Loin de là, ma chère." Pernelle parvint à sourire, et l'expression n'était pas amère. "Je suis plus âgée. Je peux supporter la douleur... mais comme toi, je ne peux pas supporter le prix."

Lily avala, refusant de laisser l'image d'un Voldemort immortel ruiner la signification du sacrifice que les Flamel faisaient. "Combien d'élixir tu as ?"

"Rien que je boirai." Lily la regarda, et Pernelle lui sourit encore. "Nicolas et moi... nous mourrons ensemble. Nous avons toujours su qu'il n'y a pas d'autre moyen."

"Pernelle..."

"Non." La vieille femme lui prit la main. "Notre décision est prise, et maintenant nous devons la mettre à exécution. Tu as apporté la pierre?"

Elle hocha la tête silencieusement, sortant la pierre philosophale de sa poche. C'était la seule et unique, Lily le savait, des milliers d'années d'effort, et l'humanité avait seulement produit une pierre philosophale. Et maintenant il n'y en aurait plus.

Elles étaient assises sur les ruines de Stone Grove, l'endroit même où la pierre avait existé, été rêvée et développée. Là où elle serait maintenant détruite.

L'huile chaude bouillonnait légèrement dans un chaudron. Lily avait été choquée d'apprendre qu'une substance si commune pouvait détruire la pierre philosophale. L'huile exigée n'avait aucune propriété magique. Pourtant l'huile bouillante était la seule substance capable de détruire la pierre, et Lily était à quelques secondes de la jeter dedans. Elle jeta un coup d'oeil à Pernelle, tenant la pierre d'une main tremblante.

"Tu veux...?"

Pernelle éloigna la main de Lily, secouant la tête. "Dumbledore t'as fait confiance," dit-elle tranquillement. "Moi aussi... surtout pour faire quelque chose que je détesterais faire."

Et moi pas ? Lily mordit sa lèvre, retenant des larmes. Les mots amers menacèrent de sortir, elle aurait demandé pourquoi elle devait condamner deux de ses amis à la mort, mais Lily jugea qu'elle n'avait pas le droit de le dire. Si Pernelle peut faire face à ça, je dois aussi.

"Tu es prête ?" chuchota-t-elle, observant l'horloge.

"Oui."

À minuit le 28 septembre 1992, Lily laissa tomber la pierre philosophale dans l'huile bouillante. A 12 heures et une minute, le 29 septembre, elle était détruite.

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D'autres décisions furent prises et d'autres destins scellés. Elle était la seule autorisée à visiter Casa Serpente sans invitation, mais elle le faisait rarement. Bella préférait ça. Ainsi, la maison de Serpentard conservait son attrait.

Ils marchèrent ensemble dans l'obscurité, guidant leur chemin à la lueur d'une torche. La lumière de la lune n'éclairait pas le couloir, mais l'obscurité était de circonstances. Ils étaient ses êtres, après tout : les êtres de la mort et de l'obscurité.

Il était silencieux pendant qu'ils marchaient dans l'antique maison de son ancêtre, mais c'était son habitude. Peu appréciaient le silence de leur maître, reconnaissaient sa force, mais Bella le faisait. Elle était simplement honorée de marcher à ses côtés. Les autres ne comprenaient pas. Ils voulaient parler, papoter, être reconnus. Ils pensaient qu'il leur prêterait plus d'attention s'ils l'ennuyaient à mort. À mort. Bella retint un rire bébête. Ça s'était produit avant, et vu comment agissaient ses malheureux collègues, ça se produirait encore.

"Dis-moi, Bella, qu'est-ce qui est si différent à Poudlard." Sa voix douce l'effraya, et elle leva attentivement les yeux vers lui. Ils marchaient toujours.

"Je -", elle détestait ne pas avoir les réponses, particulièrement quand il les lui demandait. "Je ne sais pas, Monseigneur", admit-elle.

"Naturellement", répondit-il évasivement. "Personne ne sait." Il jeta un coup d'oeil éloquent à la haute statue de Salazar Serpentard avant de continuer sombrement. "Sauf un."

Bella siffla. Elle savait qui était ce un - Lupin. Un des amis de son cousin, un de ceux qui leur résistaient depuis si longtemps. Si elle n'avait pas déjà méprisé ce sang mêlé, elle l'aurait détesté pour ça, pour fournir à son cher cousin une raison de se battre. Tous les trois avaient fait ça, elle le savait, et ils devraient mourir pour ça.

Un par un, et à petit feu s'il le fallait, mais ils mourraient.

Son maître avançait toujours, elle accéléra pour le rattraper et resta un pas derrière lui, se concentrant sur ses pensées les plus sombres. Ses pas étaient gracieux et longs, mais sans hâte. Il était toujours calme à Casa Serpente. Comme il devrait être, approuva-t-elle. Comme il est toujours. Pourtant, elle fronça légèrement les sourcils. À la différence des Mangemorts de moindre importance, elle n'acquiesçait pas sans demander.

"Vous êtes sûr qu'il sait, Maître ?" demanda pensivement Bella. "Dumbledore, oui... Lui? " Elle haussa les épaules.

"Oh, il sait." Il rit. "Il sait."

Le silence s'installa, et elle se demanda ce qu'il avait vu.

"Apporte-moi le loup-garou, Bella", ordonna-t-il. "Je veux des réponses."

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"C'est Avalon."

D'une certaine façon, Sirius ne fut pas étonné que Rogue ait deviné trois secondes après leur arrivée. L'inverse aurait été décevant. "Oui."

Il avança d'un pas, sentant déjà les remous de puissance autour de lui. Sirius avait amené Rogue dans la zone de transplanage secondaire parce qu'elle était la plus éloignée de tous les quartiers d'Avalon, sur la côte est de l'île, proche des vieilles annexes et du champ de mines. Elle était également plutôt proche du laboratoire que Sirius s'était approprié, mais surtout, elle était loin de la villa principale. Sirius faisait confiance et appréciait Derek Dawlish et les Londubat, mais il y avait quelques secrets qu'il avait l'intention de garder pour lui. Ainsi, éviter les résidents d'Avalon faisait partie des ses priorités.

Particulièrement Frank. Je ne pense pas qu'il prendrait ça bien.

Prudence. Les portes de chaque zone de transplanage n'acceptaient pas les ténèbres, et Severus Rogue était, malgré ses efforts pour changer, un des plus noirs. Au cours des dernières semaines, Sirius avait vu les portes en pierre géantes différemment, et il s'était rendu compte qu'elles n'avaient pas bien pris sa noirceur et sa Marque – mais elles l'acceptaient parce qu'il était Auror. Quelques heures passées à y réfléchir l'avaient mené à la même conclusion pour Adam ; en ce qui concernait Avalon, ceux qui avaient été acceptés par les portes le seraient toujours. Naturellement, c'était devenu un problème, mais à travers l'histoire, peu d'Aurors avaient trahi leurs camarades. Jusqu'à Voldemort. Assez, Sirius, s'ordonna-t-il. Concentre-toi.

Il sortit de ses pensées, atteignant non seulement les portes, mais Avalon. Plus Sirius passait de temps sur l'île des Aurors, plus il comprenait qu'Avalon n'était pas ce qu'elle semblait être. Elle était différente et infiniment plus puissante qu'il ne pouvait l'imaginer.

Avalon écoutait. Les portes s'ouvrirent pour les laisser passer.

"Suis-moi," dit-il tranquillement, se tournant vers Rogue. "Si tu restes en arrière, les portes t'écraseront."

"Typique", grommela Rogue, et Sirius hésita instinctivement. Avant, une telle remarque l'aurait fait se retourner et toiser Rogue pour lui rappeler de ne pas sous-estimer Avalon, parce que l'île le saurait. Mais maintenant, il continua à marcher, et plus par désir d'obtenir ce qu'il voulait que pour éviter que Rogue soit écrasé. Il nota, cependant, que Rogue restait près de lui. Si agaçant qu'il fût, l'homme était loin d'être un imbécile.

Ils sortirent de SecApp sans incident, et Sirius guida Rogue à travers les champs assombris bordant les annexes abandonnées (utilisées seulement pour le stockage maintenant), évitant le champ de mines. Frank et Alice avaient récemment commencé à modifier le champ pour la prochaine classe d'Aurors, et Sirius n'avait pas envie de découvrir les quelques mauvaises surprises qu'ils leur réservaient. Une lumière très faible apparut au loin, plus pour aider Rogue qu'autre chose, et devint de plus en plus grosse à mesure qu'ils approchaient du laboratoire six. Ni l'un ni l'autre ne parla avant que la porte ne se referme derrière Rogue.

"Explique-moi, Black, pourquoi tu dois me faire venir ici pour me convaincre de faire une potion mortelle, pour ne pas dire illégale."

"Parce que tu es le seul qui puisse", répondit calmement Sirius.

"Tu veux dire que je suis le seul qui l'ait fait," répliqua amèrement l'autre, et il y avait de la colère dans ses yeux. Des démons, aussi, mais Sirius savait tout sur eux.

"Oui. Ça aussi."

"Comment tu le sais ?" demanda Rogue.

"Grâce à ça." Fouillant dans ses poches, Sirius sortit un livre relié de cuir. Depuis qu'Adam l'avait surpris en plein travail deux semaines avant, Sirius avait veillé à emmener le journal partout où il allait. Il ignorait ce que le journal ferait à quelqu'un qui n'avait pas la marque, mais Sirius savait que les conséquences pourraient être terribles s'il tombait entre de mauvaises mains. Pour moi et pour celui qui le prendrait.

"Un journal."

Sirius acquiesça silencieusement, et observa le visage de Rogue alors qu'il reconnaissait l'objet. Les yeux de Rogue s'élargirent.

"Où as-tu eu ça ?"

"Je ne pense pas que tu veuilles savoir", répondit tranquillement Sirius. "Mais tu as raison de penser qu'il a appartenu à Voldemort."

Un long moment de silence passa tandis que Rogue le fixait, les yeux toujours de la taille de ceux d'un hibou effrayé. C'était rare de voir le maître ses potions perdre son self-control, mais il ouvrit et ferma plusieurs fois la bouche, cherchant quoi dire. Puis l'horreur remplaça la surprise et son visage se tendit.

"Qu'est-ce que tu fais ?" chuchota-t-il.

Il était le seul au monde à avoir assez d'information pour recoller les morceaux, et Sirius sut qu'il était inutile de lui mentir. Il répondit simplement : "Ce qui doit être fait."

"Tu es malade."

Sirius ne discuta pas. Il hocha seulement la tête. "Probablement", admit-il, glissant à nouveau le journal dans sa poche. "Tu m'aideras ?"

Rogue le fixa. "Pourquoi ?"

Sirius se contenta de le regarder. Il n'y avait pas de mots pour expliquer de dont il avait besoin et aucun ne pourrait convaincre Rogue de l'aider sur le chemin fou que Sirius avait choisi de prendre. Il y avait simplement un but, une nécessité, et des années de colère et de douleur qui jaillirent de derrière les murs construits autour des passés des deux hommes. Tous deux avaient fait des erreurs dans leur vie, et Sirius était sur le point d'en faire d'autres. La seule question était : Rogue l'aiderait-il ? Ces yeux noirs étaient illisibles, sauf pour le choc toujours perceptible dans leurs profondeurs. Son passé l'horrifie-t-il ainsi, ou est-ce mon futur ?

"Le Conmalesco", répondit finalement Rogue, la voix pas tout à fait exempte d'émotion. "Tu sais que la racine de 'mal' remplace la syllabe intérieure du convalesco pour mettre en évidence les conséquences de la potion ? D'ailleurs, créer cette potion nécessite beaucoup de magie noire-"

"Je sais." Il coupa court à la conférence. Les recherches de Sirius lui avaient appris que la potion avait des risques, et lui savait ce qu'il ferait. Probablement mieux que Rogue, réellement, même si Rogue avait déjà observé la transformation.

L'autre homme poussa un soupir irrité. "Je suppose que je dois être soulagé que tu aies choisi moins la dangereuse."

"J'ai besoin des trois, Severus." Encore, il parla d'une voix tranquille, et le prénom de Rogue lui avait échappé sans qu'il ne s'en rende compte. Curieusement, il n'avait pas sonné faux dans la phrase, peut-être parce qu'il lui demandait son aide au lieu de l'exiger.

Rogue pâlit. "Quelles trois ?"

C'est ta dernière chance de changer d'avis, Sirius. Un frisson parcourut son échine, et Sirius retint un tremblement. Mais il ne pouvait pas reculer. Plus maintenant. Il était allé trop loin. "Les originales."

"Tu es -"

"Oui."

Il n'y avait aucun doute dans l'esprit de Sirius que Rogue n'était pas sur le point de le traiter de fou à nouveau. Non, l'homme en savait trop.

"Tu penses que c'est ce que tu dois faire." La voix de Rogue était vide maintenant. "Tu es sûr qu'il n'y a pas d'autre moyen."

Sirius hocha lentement la tête. "Personne d'autre ne peut."

"Alors je ferai les potions," répondit le Mangemort. "Et je prierai que tu ne deviennes pas le monstre qu'il est devenu."

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Imaginez Rogue en prière, si essayez...

Bon c'est encore un de mes chapitres préférés... un de ces chapitres que je suis contente que nous ayons traduits pour les partager avec vous...