Promesses retenues

Générique

Auteur : Robin4, sous le titre original de Promises Remembered

Inspiration JKR, mais très UA quand même - surtout dans celui-ci où la généalogie sorcière proposée par Robin est en contradiction avec les éléments donnés depuis par JKR, mais est-ce important ?

Traduction : Petite Plume

Relecture et mise en ligne… Fénice qui est assez contente d'en voir le bout !

Sponsors officiels de la semaine : Louve solitaire qui a noté le gong rose ; Petite Saki qui a peur de la suite ; Shima-Chan qui admire Petite Plume (normal !) ; Lunenoire l'effrayée ; Siri L'aventurier qui cherche Julia (je crois pas qu'on la revoit, elle se cache la pauvre !) ; Me qui cherche Lee ; Wanderin qui n'avaitjamais lu un chapitre pareil ; Lokness qui a fait des progrès en anglais (bravo !) ; Pona qui n'est même plus sûre qu'on puisse espérer que Sirius s'en sorte vivant... Queen-Anarchy qui voudrait que Sirius aille mieux (mais si c'est possible très chère, mais tout à un prix...) ; Ryan voudrait qu'ils gagnent (Sirius va t'expliquer) ; Touffue demande où est le fond de la piscine (j'ai pas la réponse !)

Merci à tous !

Chapitre quarante et un : Le cercle brisé

LA CHUTE D'UN HÉROS :
SIRIUS BLACK AUX PORTES DE LA MORT
6 Octobre 1992
par Charles Li, envoyé spécial

Sur Avalon, l'île mystérieuse des Aurors, le héro du monde magique se meurt.
Des médico-mages de Sainte Mangouste on été dépêchés sur l'île et sept Aurors ont déjà été déclarés morts ;
il semblerait que les protecteurs du monde magique de Grande-Bretagne soient finis.

Au moins huit Aurors sont dans un état critique, pourtant Black semble être le plus touché. Le médecin stagiaire Augustus Pye a été l'un des premiers
à arriver à Avalon quand la rumeur de la défaite déchirante des Aurors a atteint Sainte Mangouste. "Ils sont dans un sale état," a déclaré le jeune sorcier
à son retour à l'hôpital pour chercher des médicament. "Presque tous sont blessés, mais c'est pire pour Black... Il ressemble à un mort vivant
et il a demandé à être soigné en dernier. Il comme s'il savait qu'il allait mourir."

Les rumeurs sur Avalon disent que Black a affronté celui-dont-on-ne-doit - pas-prononcer-le-nom une nouvelle fois, et a survécu de justesse. Tous les Aurors en service l'accompagnaient, sauf Hestia Jones et Jason Deauclaire (qui escortent actuellement Monsieur Pettigrow en mission diplomatique à l'étranger, le nom du pays n'a pas été révélé).

Cette attaque a eu lieu dans une des forteresses de celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom :
le manoir Jedusor près de Hangleton. L'attaque a échoué. Sept morts. Neuf blessés graves, y compris
l'homme qui représente le dernier espoir du monde magique.

Que va-t-il arriver ? Qui mourra ?
Si Black meurt, qui reprendra le flambeau qu'il a laissé derrière lui ?

Morts :

Striker Williamson

Mucia Coleman

Alain Brittingham

Edouard Ackerly

Randall O'Keely

Erika Goldstein

Nicole Madley

Blessés :

Sirius Black

Francine Hoyt

Derek Dawlish

Kingsley Shacklebolt

William Weasley

Terry Scott

Gabriel Binns

Clara Smythe

Missy Erickson

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"Vous QUOI ?" tonna Alice Londubat, acculant le malheureux médecin stagiaire. Pye s'appuyait contre le mur en pierre d'EmergApp, se recroquevillant alors que la sorcière brune enfonçait sa baguette dans son cou.

"Alice..." l'avertit avec lassitude son mari. "Ca n'en vaut pas la peine."

"Oh non !" cracha-t-elle, assassinant Pye du regard. "A quoi pensais-tu par Merlinmon garçon ? La gazette du sorcier ?"

"Au moins ce n'était pas Skeeter," murmura sombrement Dana, semblant presque aussi malheureuse que son Mentor et ne bougeant pas d'un pouce pour aider le médecin.

"Ally..." Lentement, Frank passa un bras autour des épaules de son épouse, la forçant à baisser sa baguette. "Laisse ce garçon faire son travail. L'article est déjà paru, et s'énerver contre lui met les blessés en danger."

Elle s'effondra contre lui sans protester. "C'est juste... Attends une minute. Où est Sirius ?"

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L'une était rouge sang, et l'autre argentée - ni l'une ni l'autre n'étaient des couleurs innocentes pour des potions. Le bouillonnement était beaucoup plus normal, mais les potions qui continuaient à bouillonner une heure après être enlevées du feu étaient plutôt rares. Tout comme les potions qui devaient mijoter une semaine entière à une température très élevée.

Sirius soupira et s'assit sur un tabouret, sentant ses os craquer. Il souffrait, mais en ce moment il était presque au delà de la douleur – elle ne comptait plus. Ses sens surdéveloppés indiquèrent à Sirius que son corps tombait en morceaux... et il pouvait le sentir. Chaque fois qu'il toussait, il crachait du sang. Chaque fois qu'il bougeait, il avait un vertige.

Je meurs. Je meurs vraiment.

Il n'éprouva aucune douleur à cette pensée. Vraiment, aucune. Et tous ces auteurs qui parlent de mort paisible - comme s'ils savaient. Ce n'était pas paisible, et il n'y avait aucune lumière blanche devant ses yeux. A chaque instant, les ténèbres envahissaient un peu plus son champ de vision, le faisant chanceler sur son tabouret, mais il n'y avait rien de blanc ou de joli là-dedans. Et il n'y avait rien de doux, ou de confortable non plus.

Pourtant, il fixa les potions, se demandant si ça en valait la peine. C'était une pensée étrange pour un homme qui avait passé dix ans à se battre contre la mort quotidiennement, vivant pour des amis qu'il s'était promis de protéger et qui il n'abandonnerait jamais. Mais était-ce le prix qu'il devrait payer ? Peut-être devrait-il aller voir les médecins. Il y avait peut-être une chance qu'ils puissent le guérir sans qu'il ne paye un tel prix.

Et maintenant ? se reprit Sirius. Est-ce que j'attends une semaine, ou peut-être deux, pour la prendre de toute façon ? Les potions bouillonnaient toujours, même celle qui n'avait pas de nom. Celle-là, n'était pourtant pas aussi dangereuse que la potion d'Augeosensus, mais elle l'était quand même. Toute potion qui combinait de la poudre de corne de licorne et du sang de Moldu était une potion qu'aucun sorcier sensé ne prendrait. Oui, et un sorcier intelligent en prendrait une composée de sang de Phénix, de venin de cobra, et de napel liquide, pensa Sirius, caustique, il se serait giflé.

La salle vacilla, et il se rendit compte qu'il partait. Et je ne sais même pas si la potion d'Augeosensus me guérira, réalisa abruptement Sirius. Je sais seulement qu'elle est censée être régénératrice et intensifier mes sens. Comme si le Conmalesco n'avait pas déjà fait ça, même s'il était juste censé augmenter le flux de magie et raccourcir le temps de réaction. Cette potion avait bien fonctionné, naturellement, si on faisait abstraction des conséquences.

"Tu n'as pas le temps pour ça, Patmol," chuchota-t-il, souhaitant que les décisions importantes de sa vie soient justes peu un plus simples.

Il toussa encore, crachant du sang partout sur la table. Quelques gouttes tombèrent dans la potion d'Augeosensus, mais pour ce que savait Sirius, un peu de sang ne ferait certainement aucun mal. En fait, il rendra probablement cette fichue potion plus efficace. Sirius respira avec difficulté et sentit quelque chose dans son thorax. Mauvais. Il rit presque de la stupidité de sa pensée, mais le rire s'étrangla dans sa gorge. Tousser ne changeait rien, le monde tournait de plus en plus. Ciller ne servait à rien.

"Finissons-en," il inspira difficilement et tendit la main pour prendre la première potion. Il la manqua.

Une troisième quinte de toux fit redoubler sa douleur, et il saisit la potion d'Augeosensus. Au diable les conséquences – il s'en occuperait plus tard. À moins qu'il ne meure, mais ça serait toujours mieux que son état actuel.

On aurait dit que de l'acide coulait dans sa gorge... mais peut-être que c'était juste le sang dans sa gorge. Sirius ignorait quand il avait commencé à saigner, mais ça devait être ça. Rien d'autre ne brûlait comme ça.

Ses yeux furent inondés de larmes et Sirius s'effondra.

Avant qu'il ne touche le plancher, son corps fut engourdi. Les ténèbres l'envahirent ensuite.

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Il se réveilla quand le cognement derrière la porte s'intensifia, le bruit assourdissant résonnait dans son crâne. Sirius gémit et sentit un goût de pierre, il réalisa alors qu'il avait le visage collé au plancher du laboratoire six. Le plancher tremblait.

Toc. Toc. TOC. "Sirius ?" la voix de Alice Londubat était inquiète. "Sirius !"

Gémissant, Sirius se redressa, crachant de la poussière. Ses bras tremblèrent sous l'effort pour soulever son corps et le monde menaça de tourner une fois de plus – puis ralentit. Calmé. Il cilla et se mit à genoux.

"SIRIUS !" Beugla Frank de quelque part derrière la porte, et Sirius retrouva finalement sa voix.

"Je suis là." Il toussa et sentit à nouveau le goût de l'Augeosensus. Ca brûlait.

"Ouvre la porte !" cria Alice, semblant effrayée et fâchée.

Sirius se leva en chancelant, trébuchant presque sur le tabouret. Il commença à se tourner vers la porte mais aperçut l'autre potion, bouillonnant tranquillement sur la table. Profonde inspiration. Fais- face maintenant ou cache-toi pour toujours. Il n'avait pas vraiment le choix. Si la potion d'Augeosensus ne l'avait pas tué, une simple – mais noire – potion de renforce mémoire ne le ferait certainement pas.

"Une seconde," marmonna-t-il, la bouche sèche. Il doutait que la potion l'aide à se désaltérer, mais c'était sans importance. Plus maintenant. Sirius avala la potion d'un trait, et se dirigea d'un pas mal assuré vers la porte verrouillée. Il fut étonné de la facilité qu'il eut à marcher.

"Ouvre maintenant, Sirius." La voix de Frank était plus froide que jamais, glaciale et exigeante.

"J'arrive." Sa bouche était encore sèche, et ses pas incertains. Il n'avait, cependant, plus si mal, et c'était différent. Combien de temps est-ce que j'ai été inconscient ? se demanda Sirius avec fatigue, il se sentait épuisé mais mieux. Respirer ne le brûlait plus.

Il ouvrit la porte et se trouva face à deux Londubat énervés. Évidemment, ils cognaient sur la porte depuis quelque temps.

"Bonjour," dit-il faiblement.

"Tu es guéri," dit abruptement Alice, et Sirius regarda inconsciemment son corps. Il commença à ouvrir la bouche, pas sûr de l'excuse qu'il allait employer, mais -

Soudain, deux baguettes furent pointées sur son visage, et Sirius se rendit compte qu'il n'avait pas jeté le sort qui dissimulait son utilisation de magie noire. Les traces flottaient autour de lui et rampaient sous sa peau, et à en juger par les expressions des visages de Frank et Alice, ils l'avaient senti aussi. Les yeux de Alice s'élargirent et elle commença à parler, mais son mari la devança.

"Qu'est-ce que tu t'es fait, Sirius ?" demanda Frank.

Son coeur battait anormalement régulièrement, pas comme avant. "Vous pourriez enlever vos baguettes de mon visage ?" demanda tranquillement Sirius.

"Oui," répondirent-ils immédiatement, et il haussa les épaules.

"Voyez-le comme vous voulez."

"Qu'est-ce que tu as fait, Sirius ?" répéta durement Frank.

Les mots touchèrent ses lèvres – l'espace d'un instant, il voulut presque dire la vérité à quelqu'un, à n'importe qui, juste ne pas le cacher. Un désir ardent de compréhension monta dans le coeur de Sirius, et il hésita quand ce sentiment le frappa, c'était étrange, déplacé. Pourtant il désira soudain atteindre ces personnes... pas celles à qui il aurait du parler. Je suis désolé, pensa-t-il abruptement. Si désolé.

"J'ai survécu," dirent ses lèvres.

"Comment ?" demanda Alice.

Sirius essaya de sourire, mais ses lèvres refusèrent. "La vieille magie," dit-il doucement.

"La magie noire." Les yeux de Frank étaient ronds.

"Oui."

Il força le passage entre eux, et ni l'un ni l'autre ne lui jeta de sort quand il s'éloigna.

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"Alors c'est ça," dit doucement Jean en serrant la main de Peter.

Le petit homme hocha la tête. "Je suis sûr que je vous reverrai."

"Oui." L'Auror français sourit soudain. "Et beaucoup plus tôt que vous ne le pensez."

"Que -"

"Attendez et voyez, Peter," l'interrompit doucement Jean. "Ou, comme l'a dit un auteur français célèbre 'attendez et espérez'."

"Sages paroles," répondit Peter, se sentant comme s'il avait accompli quelque chose. À maintes reprises, il avait demandé à James pourquoi il faisait ce travail. Bien sûr, il était l'un des négociateurs les plus expérimentés du ministère, mais il était à peine le plus persuasif. Maintenant, pourtant... ils étaient là. Et il l'avait fait.

"Les vôtres étaient meilleures." L'autre sourit. "Et je vous fais mes excuses pour avoir agit comme ça... mais nous devions être sûrs. Vous comprenez ?"

"Oui." Jones et Deauclaire s'agitèrent impatiemment derrière lui – depuis qu'ils avaient entendu parler de l'attaque du manoir Jedusor, Les Aurors avait été inquiets et nerveux. Peter comprenait, naturellement, les nouvelles l'avaient choqué aussi, et avaient eu un impact bien plus dévastateur sur les Français. Quand Peter avait parlé de sa marque, Jean avait simplement décidé que les Aurors Spéciaux aideraient leur homologues britanniques, et Peter avait alors réalisé la puissance du commandant des Aurors français dans leur monde.

Le Président Legarde y était venu après ça, et maintenant ils s'engageaient fermement sur la route de la coopération. Pour une fois, la Grande-Bretagne magique ne devrait pas se battre seule. Ce ne serait pas une autre guerre contre Grindelwald, où un seul homme devait combattre l'obscurité.

Dans un orage, avait dit Remus, et il avait avoué un jour à Peter que ça l'effrayait au plus haut point. Juste une fois, les trois maraudeurs non touchés s'étaient réunis – tard dans la nuit et terrifiés que Sirius ne le considère comme une trahison. Peter avait transplané depuis la France pour venir, échappant furtivement à Jones et Deauclaire (tous deux semblaient penser qu'il avait l'esprit lent, ce qui lui convenait très bien). Et deux nuits auparavant, ils avaient fait un choix. Ils devaient parler à Sirius, bientôt.

Peter avala sa salive, essayant de ne pas penser à l'article de la Gazette du sorcier qui était arrivé quelques secondes avant leur dernière réunion. Il n'avait pas eu le temps de lire autre chose que le titre, et l'inquiétude serrait sa poitrine. J'espère que nous aurons le temps, avait-il pensé désespérément. Faites qu'on ait une chance.

"Bonne chance, Peter," dit Jean, lâchant sa main. "Et j'espère que votre ami récupèrera."

"Merci." Maintenant il dû se forcer à sourire. "Moi aussi."

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Fudge était déjà sur ses grands chevaux, bien qu'il soit entré dans le bureau depuis moins de deux minutes. "Je ne peux pas croire que vous ayez laissé ça arriver ! A quoi pensiez-vous, permettre à cet arrogant, impétueux imbécile de - "

"Je suppose que je suis cet imbécile arrogant et impétueux," dit-il légèrement, laissant la porte se refermer derrière lui.

"Sirius !" James leva immédiatement la tête, et une partie de la douleur sur son visage disparut immédiatement. Évidemment, le ministre de la Magie aurait apprécié continuer son entretien avec son chef de service préféré, et semblait trop épuisé pour le rembarrer.

"Belle journée, Cornedrue. Pourquoi n'es tu pas dehors entrain d'en profiter ?" répondit amicalement Sirius, puis il se tourna vers Fudge. "Et que fait ce connard dans ma maison?"

La bouche de Frudge s'ouvrit, mais James renifla sinistrement. "Bonne question."

"Effectivement." Sirius était encore courbaturé et avait étrangement froid pour un début d'Octobre – le trajet jusqu'à Square Grimmaurd l'avait laissé frissonnant, malgré la température plutôt douce. Pourtant, il n'aimait pas Fudge, et en l'état actuel des choses, c'était suffisant pour énerver Sirius.

Mais il fit un effort pour se contrôler, sachant que James n'avait pas besoin d'une dispute entre deux chefs de service, spécialement maintenant. Se maîtriser était pourtant dur, ses courbatures se transformaient en douleur, et Sirius était plus épuisé qu'il ne voulait l'admettre. Il était debout depuis plus de trente heures, et ses mains menaçaient de trembler de douleur et de fatigue, elles menaçaient d'étrangler quelqu'un. J'ai besoin de sommeil, pensa distraitement Sirius, mais il savait que ce n'était pas totalement vrai. Il avait besoin de beaucoup plus que de sommeil.

"Tu vas bien ?" demanda tranquillement James, étudiant Sirius.

"Ouais." Il hocha la tête. "Courbaturé... mais vivant. Ce n'était pas si grave que ce qu'a dit la Gazette." C'était pire.

James parut lire ces mots directement dans ses yeux et voulut poser des questions, mais Fudge n'imita pas Sirius qui avait essayé d'être poli. "Qu'est-ce que vous faites ici ?" demanda l'homme. "Nous essayions d'avoir une réunion privée -"

"La dernière fois que j'ai vérifié, le nom sur la porte de la maison était Black," répliqua froidement Sirius, luttant pour contrôler son humeur avant qu'elle n'éclate.

"Ce qui ne vous donne pas le droit -"

"Ca me donne le droit de faire tout ce qui me chante," le coupa Sirius. "Et je crois que vous étiez entrain de discuter de mes Aurors, alors, continuez s'il vous plaît. Dites-moi ce que vous pensez."

Fudge aurait dû écouter l'avertissement contenu dans sa voix. Au moment même où il parla, Sirius sut qu'il aurait dû se taire mais ne put s'y forcer. Il ne voulait pas non plus.

"Bien, si vous insistez, je crois que c'était un désastre," souligna Fudge. "Sept morts -"

"Huit. Clara Smythe est morte ce matin."

"Nous y voilà ! Si quelqu'un ne vous arrête pas, vous détruirez tout ce que les Aurors se sont battu pour reconstruire ! Vous avez presque- " Fudge s'interrompit quand Sirius fit un pas vers lui.

"Quoi ?" demanda-t-il doucement, regardant droit dans les yeux effrayés de l'autre. "Fait basculé le monde du côté de Voldemort ? C'est ce que vous alliez dire ?"

Fudge gémit. "J..."

"Allais juste partir," continua Sirius.

"Je..." marmonna le politicien puis il fit volte face et dut s'y reprendre à deux fois avant de parvenir à ouvrir la porte. Sirius le regarda partir sans prendre la peine de le suivre. Il était sûr que Fudge trouverait la sortie.

"Sirius..." La douceur de la voix l'effraya, il n'avait même pas vu James s'approcher de lui. "Tu es sûr que tu vas bien ?"

Il lui fut soudain difficile de respirer. "Oui..."

"Nous devons parler," chuchota James.

"Ouais," souffla Sirius en fermant les yeux. C'étaient ce qu'il avait redouté tout en sachant que ça viendrait. Il avala. "Mais pas maintenant."

Il ne pourrait pas faire face à ça maintenant, pas comme ça. Il devait d'abord faire le tri dans sa tête avant de parler à James, trop de mystère et trop de puissance. Sirius avait fait une erreur et il le savait, mais au moins elle avait été consciente. Au moins, c'est mon choix. La colère bouillonnait toujours en lui, et il sentit le début du changement.

"Ce soir," répondit immédiatement James.

Sirius secoua la tête. "Demain."

"Remus et Peter -"

"Je sais. Mais juste nous quatre. Demain soir."

Soudain, une main se posa sur son bras. "Nous sommes là pour toi, Sirius. Quoi qu'il arrive."

"Tu me diras ça demain."

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Sirius revint sur Avalon bien plus épuisé que quand il était parti. Il y avait eu quelque chose d'épuisant à parler à son meilleur ami, quelque chose de difficile dans le fait de se conduire normalement. Il avait mal à la tête.

Malheureusement, ses premières rencontres à Avalon n'arrangèrent rien. Ces personnes ne faisaient plus confiance à Sirius – du moins plus maintenant. Pas comme ça.

Ca commença quand Sirius fouilla dans ses robes et sentit la présence de ce morceau de parchemin. Il était parvenu à l'oublier – il était miraculeusement parvenu à ne pas tâcher cette robe de sang, ce qui l'aurait conduit à se changer et probablement à oublier le papier trouvé au manoir Jedusor. Avant, il avait des choses plus importantes à faire, mais maintenant... Sans même sortir de la zone de transplanage principale, Sirius sortit le parchemin de sa poche et le déplia.

Le bleu vibrant de l'eau fut la première chose à attirer son attention, et immédiatement, Sirius sut qu'il regardait une carte sorcière des plus anciennes et des plus fines. Le parchemin et les couleurs vives en témoignèrent avant même qu'il ne commence à étudier le paysage, aujourd'hui, les fabricants de cartes avaient rarement un tel souci du détail. Leurs dessins n'étaient jamais si précis, jamais faits à la main. Les baguettes faisaient ce travail de nos jours, les lignes étaient faites en quelques secondes pour que le fabricant puisse passer à autre chose. Mais celle-là... était différente. Faite à la main. Magnifique.

Un littoral torturé marquait le coin inférieur droit de la page, croisant le bord de la carte. Pendant que Sirius l'observait, les vagues semblaient presque s'écraser doucement contre le rivage, comme s'il regardait un paysage et pas une carte. L'herbe au-delà de la plage rocheuse – elle ressemblait à une falaise - était abondante et verte. Elle semblait balayée par une légère brise. Aucun chemin ne traversait cet océan vert : il y avait simplement une maison en pierre grise à un peu plus d'un kilomètre de la falaise.

Un palais, plus précisément. Imposante et grande, la "maison" ressemblait à une forteresse médiévale. Pendant un moment, le château lui rappela Poudlard, le seul château dans lequel Sirius avait passé du temps, mais il était plus simple. Plus foncé. Plus sinistre, d'une certaine façon, malgré sa beauté. Il y avait une grande statue dans la cour, faite de marbre, mais il était trop loin pour la reconnaître.

Curieux, Sirius toucha la carte avec son doigt – et pas avec sa baguette, les vieilles cartes ne marchaient pas comme ça. Elles demandaient un contact humain, une pensée humaine. De beaucoup de manières, Sirius avait basé sa contribution à la carte du maraudeur sur la cartographie antique. Son père avait de vieilles cartes sorcières, et, quand il était enfant, ça avait été la seule chose que Sirius avait partagée avec le sévère chef de famille. Il avait fini par s'en désintéresser, il le regrettait maintenant, mais la connaissance était restée. Et il reconnaissait la qualité.

L'image du château remplit la page, montrant une multitude de détails. Le bâtiment était encore plus grand qu'il ne l'avait pensé, avec un mur en pierre admirablement ouvragé d'au moins dix mètres de haut autour. Mais ce fut la statue qui attira son attention, l'image extraordinairement précise d'un homme qui semblait presque vivant.

"Bordel." Il fut trop choqué pour être plus vulgaire.

La statue était celle de Salazar Serpentard.

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"C'est un plaisir, ministre Potter," dit le Français, se courbant légèrement. La grâce avec laquelle il se déplaçait rendit James jaloux - il aurait souhaité pouvoir faire ainsi, mais être dans ce fauteuil roulant l'en empêchait.

Ca avait également rendu le transplanage atrocement difficile, mais il serait arrivé à Paris de toute façon. Peter était arrivé quelques minutes après le départ de Sirius (tous deux avaient eu de la chance de trouver James debout à six heures du matin), mais Fudge l'avait réveillé en appelant à cinq heures et demie, et James en était toujours fâché. Heureusement, l'un des avantages de la France était l'absence de Cornelius Fudge.

"Merci," fut tout ce que James pu dire, il sentait cette euphorie typique des moments où il était complètement épuisé et pourtant très excité. Pourtant, il sourit et n'essaya pas de retrouver son calme. "Merci pour tout."

Lagarde sourit un peu timidement. "Il était temps."

"Oui, Monsieur le président," convint James. "Maintenant, je pense que nous avons un début."

"Un bon début," renchérit l'autre, et James lut sa résolution dans ses yeux. "S'il vous plaît. Nous sommes alliés maintenant. Appelez-moi Eugène."

"James."

Les deux ministres échangèrent un sourire, et James vit la peur derrière la résolution - mais tous les hommes avaient peur. Ceux qui la surmontaient n'en étaient que plus forts, et Eugène Legarde l'avait fait. À la différence de James, le président français n'était pas un guerrier ; il était arrivé à son poste grâce à sa diplomatie et ses succès politiques, pas parce qu'il avait survécut à 20 ans de guerre. Mais Legarde était fort, et c'était tout ce qui importait.

"Nous devrions l'annoncer ensemble," dit soudainement Legarde. "De votre Ministère. Il est temps que nos peuples se rappellent que le monde magique n'est pas défini par les frontières Moldues et que nous devons résister ensemble… ou tomber ensemble."

Et combien de fois Peter vous a-t-il dit ça avant que ça ne rentre dans votre crâne épais ? pensa James, mais il sourit. Le résultat était le plus important. "En effet," répondit le ministre de Grande-Bretagne. "Nous résisterons ensemble."

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"Vous avez fini ?" demanda tranquillement Sirius, levant à nouveau les yeux de la carte. C'était presque impossible à croire – son étude de la carte lui avait révélé que l'intérieur du château était également détaillé, et il avait continué à explorer tandis que les autres discutaient. Ca lui avait également donné une excuse pour ignorer les centaines de questions des Aurors -

"Si nous avons fini ?" demanda furieusement Jason Deauclaire. "De quel droit poses-tu cette question ? Il y a quatre heures, tu es arrivé mourant, et maintenant tu crois qu'on va faire comme si tout était normal ? Ton' laboratoire pue la magie noire, et - "

"Jason !" La voix furieuse de Hestia le coupa, mais ses yeux montraient qu'elle était tout aussi fâchée que Deauclaire. Sirius savait que Jones n'avait pas arrêté Deauclaire dans son intérêt, quoi qu'il en soit - elle l'avait fait pour qu'Alice puisse parler. Ils avaient dû arriver sur Avalon, avant le retour de Sirius, mais ils avaient déjà pris part au conflit.

Je n'aurais pas du aller marcher dans le Londres Moldu pour me calmer les nerfs, pensa distraitement Sirius. J'aurais pu arrêter ça avant que ça ne prenne trop d'ampleur.

Mais non. Il n'aurait pas pu. C'était incontrôlable depuis qu'il avait échappé à Frank et Alice à six heures ce matin.

"Tu nous dois des réponses, Sirius." Le numéro deux de la division des Aurors parlait tranquillement, mais sa voix était dure.

Lentement, il posa la carte sur la table et la plia soigneusement selon les plis. "Peut-être," reconnut Sirius en passant la main dans ses cheveux. "Mais j'ai peur que vous ne vouliez pas l'entendre."

Sirius croisa les mains sur la carte et attendit l'explosion. Les regards hargneux, cependant, ne se transformèrent pas en cris. Alice continua.

"Je doute que ça nous plaise moins que le fait que tu pratiques la magie noire," précisa Alice. "Et que tu nous le caches."

"Vous m'auriez arrêté, non ?"

"Probablement."

"Alors voila."

Un grondement parcourut la table, sourd mais traduisant néanmoins le mécontentement de chacun. Ils n'étaient plus que vingt-cinq Aurors après tous ces blessés et ces morts, mais tous étaient présents. Quatre avaient été transférés à Sainte-Mangouste en raison de la sévérité de leurs blessures, et Sirius savait qu'au moins l'un d'entre eux ne reviendrait jamais. Gabriel Binns avait perdu la vue, et à moins que les médecins ne fassent un miracle, il resterait aveugle pour toujours. Le visage déchiré de Terry Scott répondait bien aux traitements mais il lui faudrait des semaines de convalescence. Idem pour Derek Dawlish, dont les blessures internes étaient assez graves pour que Sirius s'étonne encore de sa survie, et Kingsley Shacklebolt, qui avait perdu son bras droit et sa baguette pendant l'attaque.

Mais ces vingt-quatre Aurors regardaient Sirius avec les yeux plissés. "Qu'est-ce que tu as fait ?" demanda finalement Frank, la voix plus suppliante que froide - et effrayée, réalisa Sirius.

Il frémit. C'est comme ça qu'ils me voient ?

"J'ai fait ce qui est nécessaire," répondit tranquillement Sirius. "Ni plus... ni moins."

Il fit une pause. Prit une profonde inspiration pendant qu'ils le regardaient fixement. Puis expira.

"Pendant des années nous avons combattu Voldemort. D'innombrables héros potentiels ont essayé de le défaire, seuls ou avec d'autres. Mais ils ont toujours suivi les conventions, estimant que seul le bon sort, au bon moment, ou seule la motivation le massacrerait. C'était comme si mériter de gagner suffirait.

Des centaines de personnes sont mortes de cette façon. Même Dumbledore, malgré toute sa force, est tombé dans le même piège. Aucun - pas une fois - ne s'est décidé à prendre les mesures nécessaires, à accepter le changement nécessaire, pour défaire Voldemort.

C'est ce que j'ai fait," dit tranquillement Sirius. "Et c'est ce que je continuerai à faire."

"Mais tu..." commença Tonks en chuchotant, elle se tut quand Sirius secoua la tête.

"Vous m'avez fait confiance dans le passé," continua-t-il. "Et je n'ai jamais trahi cette confiance. Je dois vous demander maintenant de continuer à me faire confiance... Quoi qu'il arrive."

Le silence salua ses mots, finalement, Alice hocha la tête.

"Nous t'avons fait confiance jusqu'ici, et personne n'a fait ce que tu as fait. Tu as fait face à Voldemort trois fois... trois face à face, et tu as survécu. Si ce n'est pas là la marque d'un homme auquel nous devrions faisons confiance, je ne sais pas ce que c'est." Elle hocha à nouveau la tête.

"Je te soutiendrai."

"Moi aussi," dit tranquillement Frank. Les autres suivirent, et vingt-deux voix retentirent. La réaction fit ciller Sirius – il n'avait pas pensé qu'il accepteraient et comprendraient. En fait, il n'aurait pas été étonné d'être forcé à quitter Avalon. Sirius connaissait le danger de ce qu'il faisait, et savait que les Aurors ne trempaient pas dans une telle magie. Même pas Maugrey.

Et il eut la nette impression que son Mentor ne serait pas fier de lui maintenant.

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"Transit umbra, lux permanent," commença James, regardant la mer de journalistes et ne lisant pas ses notes. "L'ombre passe, la lumière reste."

A sa gauche, Eugène Legarde continua. "Voila presque deux mille ans, Gaius Jules César Octavius Augustus a créé les Aurors. Leur but était, disait-il, de protéger le monde du mal. Le monde entier. Pas simplement une partie."

James poursuivit.

"Au cours des siècles, le puissant empire romain s'est divisé en nations indépendantes. Le monde magique a fait la même chose. Nous nous sommes battus les uns contre les autres et avons mené nos propres guerres. L'unité a disparu.

"Mais c'est terminé." James se pencha en avant, dévisageant étroitement la foule. "Les divisions sont révolues. L'espoir n'est pas perdu, si nous avons un ami à nos côtés – la Grande-Bretagne a trouvé cet ami. Nous ne sommes plus seuls."

"Ce matin," expliqua Legarde, "nous avons signé un traité. La France magique et la Grande-Bretagne magique se soutiendront dans la lutte contre le mal, honorant les traditions les plus anciennes et les plus importantes du monde magique. Nous espérons que d'autres nations répondront à l'appel et se réveilleront comme la France. Trop longtemps, votre nation a porté seule ce fardeau." Il sourit. "Aujourd'hui, l'ombre est passée."

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"Le sort de vision à distance," déclara Dung Fletcher sans préambule. "Mandatus Prospicio Subigum."

Sirius leva la tête de son repas à moitié mangé, les yeux écarquillés, "quoi ?" articula-t-il.

"Je ne me souviens pas l'avoir entendu, mais je sais que je devrais."

Sirius le regarda fixement. Dung passait la tête par la porte entrebâillée du vieil appartement où Sirius s'était retiré pour manger en paix. Ca n'avait pas changé grand-chose, bien qu'il ait sauté le déjeuner pour écouter le discours de James sur WWN, Sirius constata qu'il n'avait pas très faim. Il n'avait pas mangé beaucoup plus qu'il n'avait dormi, mais son estomac était resté étrangement silencieux. Ne pas avoir faim, cependant, était inquiétant. C'était même carrément effrayant.

C'était plus effrayant que le vide dans la voix de Dung, que le fait que l'homme qui avait quitté les Aurors pour toujours soit revenu à Avalon. Et il y avait de la terreur dans les yeux de Fletcher, en plus de la douleur. Douleur ?

"Entre, Dung," dit Sirius malgré la soudaine sécheresse de sa gorge. "S'il te plaît. Et assieds-toi."

Prévoyant, le professeur de défense contre les forces du mal de Poudlard referma la porte derrière lui, avant d'entrer d'un pas mal assuré et de se laisser tomber dans un immense fauteuil. Il fut silencieux un long moment tandis que Sirius attendait, et finalement il ne put plus attendre.

"Qu'est ce que tu as dit ?" demanda-t-il, mais n'entendit pas les deux derniers mots de sa propre phrase.

"Je sais que tu me résisteras," chuchota la voix tranquille dans son oreille alors que Sirius haletait. "J'ai rarement vu une telle volonté."

Les doigts froids touchèrent sa joue, et Sirius essaya de s'éloigner, mais les chaînes le retenaient. Il était sur le dos, attaché sur une table en métal avec des chaînes brûlantes qui le serraient tant qu'il pouvait à peine respirer. Et l'effort qu'il faisait pour lutter contre le sort engourdissait son esprit. Encore combien de fois... ?

"Mais tu n'es pas assez fort," chuchota Voldemort. "Tu le sais. Je le sais. C'est seulement une question de temps."

Un sourire glacial. Il le voyait à peine tant ses yeux étaient brouillés par l'épuisement et l'agonie.

"Et une question de douleur."

Sirius toussa. Parler le brûlait, mais il résista. "Je -"

Quelque chose entra dans sa bouche au moment où il parla, du métal froid et une douleur ardente. Il cria et avala du sang, il sentit son goût salé et puis cria encore quand la douleur augmenta. Quelque chose s'enroula derrière sa tête, et l'agonie déchira sa langue et sa mâchoire. Il ne pouvait cesser de crier.

"Oh, oui." Au loin, il entendit la voix. "Combien de douleur peux-tu supporter avant de cesser de te battre ?"

"Endoloris!" Une autre voix. Bellatrix ? Rodolphus ? A travers sa douleur, Sirius ne su même pas si elle était masculine ou féminine. Seulement que ce n'était pas sa voix.

Agonie. Ténèbres. Le sang coulait dans sa gorge. Ca continuait indéfiniment.

Et puis les mots froids :

"Mandatus Prospicio Subigum !"

"Sirius ? Ca va ?" Dung secouait son bras, et Sirius le retira d'un coup sec sans réfléchir, haletant. Un long moment passa avant qu'il ne soit vraiment de retour dans le présent.

"Désolé." Il avala. "Un souvenir."

Mais pourquoi maintenant ? Il ne connaissait pas la réponse, ignorait pourquoi c'était si clair. Pendant des mois, Sirius avait pensé que les souvenirs étaient derrière lui, qu'ils étaient partis. Mais pas maintenant.

"Je sais ce que c'est," souffla l'autre, et soudain Sirius se souvint de ce qui avait déclenché le souvenir. Il se tourna pour faire face à Dung une fois de plus, ses propres expériences oubliées.

"L'incantation ?"

Dung inspira en frissonnant, il était pâle maintenant. "Le sort de vision à distance," dit-il doucement. "Quand tu l'a mentionné pour la première fois, il y a plusieurs mois, quelque chose m'a frappé... mais je ne me souvenais de rien. Mais maintenant, pourtant... "

"Maintenant ?" Sirius sentit sa poitrine se serrer.

"Quelqu'un a trahi l'attaque du manoir Jedusor. Je pense que c'était moi."

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V'là au moins une révélation ! Depuis le temps qu'on l'attendait !

Partez pas, la suite s'appelle « Lutter, chercher, trouver » - tout un programme et c'est l'avant dernier !!!