Promesses retenues
Générique
Auteur : Robin4, sous le titre original de Promises Remembered
Inspiration JKR, mais très UA quand même !
Traduction : Petite Plume
Relecture et mise en ligne… Fénice
Sponsors officiels : Ange-noire et Cinika qui viennent de lire l'ensemble – bonne arrivée... quant à la suite...ah, la suite... Touffue qui voit les faute mais comprend pas l'intrigue... on peut pas tout faire ... Louve Solitaire, qui doute que Robin puisse plier l'histoire en deux chapitres... Imparable. Choupinettes, qui attend la suite... Artadhaman, élu sponsor officiel et review la plus mystérieuse de ce côté du Net... Wanderin qui se pique de latin... Shiman-Chan qui grince des dents... Tout ce que je peux te dire c'est que je suis sûre de Robin est une fan absolue de Sirius... Bostaf 37 qui est impatiente... Siri l'aventurier qui se demande si Robin est une fille déprimée pour écrire des trucs pareils. Peut-être que c'est un moyen de repousser la dépression (théorie fénicienne, inspirée de son propre cas)... Lokness qui la déclare sa fic préférée... que dire ! Alana Chantelune qui « a dû mal à saisir ce qu'a fait Sirius même maintenant » (sic) – dis-moi que tu rigoles ?! Queen Anarchy qui risque de devenir hystérique...
Merci à tous !!!!
Rappel : French Robin Universe est une communauté que nous avons créée, Alana et moi, regroupant toutes les fics de Robin – les originales et les traductions... On trouve tout ça sur notre profil.
Vu le courrier, faut que je me fende d'un paragraphe sur LA SUITE.
Il y a à ce jour, près de 29 chapitres de suite.
Et le mot fin n'est pas écrit (et à mon humble avis pas
de sitôt). Voilà les faits.
Maintenant, y a le
subjectif : est-ce qu'elle vaut le coup cette suite ? Eh bien,
Alana Chantelune, Petite Plume et Fénice, honnêtement,
elles trouvent pas la suite à la hauteur de tout ce qu'elles
ont déjà traduit. Pourquoi ? Fénice va se
fendre d'une petite explication psycho : Robin n'a pas envie de
finir. Alors elle tourne et retourne ces excellents ingrédients
dans des potions de moins en moins puissantes. Nous ne doutons pas
qu'elle sache où elle veut en venir, mais bon, on est pas
sûres d'avoir envie des longs détours qu'elle impose à
ses lecteurs... Bref, c'est pas gagné !
Bon, ça suffit le bavardage...
Chapitre quarante-deux : lutter, chercher, trouver
9 octobre 1992. Un entrefilet en bas de La métamorphose aujourd'hui racontait une histoire déchirante de rêves brisés, de dernières chances et d'indescriptible courage. Peu de ceux qui lurent ces quelques mots en comprirent les implications... mais ceux qui comptaient, ceux qui écoutaient et combattaient, se souvenaient. Et pleuraient.
Nicolas Flamel (1326-1992), l'alchimiste immortel et le célèbre créateur de la seule pierre philosophale connue, est mort à Azkaban hier. Son épouse, Pernelle (1323-1992) est morte dans le jardin Stone Grove, la résidence des Flamel, quelques minutes plus tard. Les mystérieux membres de l'Ordre du Phénix étaient avec Pernelle dans ses derniers moments.
Lily était parmi eux, naturellement, et n'oublierait jamais le courage de la vieille femme quand elle avait attendu la fin. Le reste de l'élixir avait été enfermé Square Grimmaurd, Pernelle avait affronté sa mort avec un sourire et avait serré la main de Lily au dernier moment, lui disant qu'elle savait que Nicolas était déjà parti. Lily avait un peu pleuré - peut-être était-ce plus facile de faire face à la mort quand on l'attendait, ou peut-être avait-elle juste vu trop de morts. Quoi qu'il en soit, Pernelle était partie en paix, et il était temps de passer à autre chose.
Le lendemain, elle leva les yeux vers le ciel, souhaitant pouvoir apprécier la beauté de la lumière du soleil. Pernelle avait demandé que ses cendres soient dispersées ce jour, son anniversaire qu'elle était à un jour de fêter. Lily l'avait fait dans la soirée et était restée seule après, juste à regarder. Cependant au cours des années, même Lily avait perdu sa capacité à apprécier une telle beauté ; bien qu'elle ait autrefois eu plaisir à dessiner de telles scènes et à les observer prendre vie sous son crayon, elle avait perdu ce talent quelque part pendant les années de guerre. Ca n'avait pas été une perte consciente, Lily avait simplement arrêté le dessin et ça ne lui avait jamais manqué.
Mais ça lui manquait maintenant. Désespérément. Et elle savait que Pernelle et Nicolas auraient aimé partager ce coucher de soleil, auraient ri des formes drôles des nuages comme des couleurs dans le ciel, pourtant, cette pensée la fit sourire et non pleurer. Peut-être était-ce le bon moment.
« Au revoir », chuchota-t-elle aux nuages, sachant que les Flamel l'entendraient. Bien que ni l'un ni l'autre ne soient devenu des fantômes, elle savait qu'ils étaient là. Quelque part.
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La sorcière avait des cheveux bouclés très courts et un visage plutôt rond et gras, en plus, elle n'était pas vraiment mince et avait l'air disgracieuse alors qu'elle se dandinait avec un mélange de crainte et d'excitation. Le pire, cependant, était sa voix irritante et haute.
"J'aurais pu, naturellement, la voler au ministre de la Magie," susurra-t-elle, se glissant plus près de lui tandis qu'il essayait de ne pas trembler de répulsion – mais il ne se donna pas assez de mal. "Mais je ne l'ai pas jugée appropriée, au vue des circonstances."
"Les circonstances," répéta-t-il catégoriquement, souhaitant que son parfum ne sente pas si mauvais.
"Naturellement," répondit promptement Ombrage, ne semblant pas entendre le sarcasme caché dans sa voix. Alors ses doigts potelés désignèrent le parchemin qu'elle venait de lui remettre.
"Je pense je garderai ceci", lui dit Rogue d'une voix tranchante, mais elle continua à essayer de saisir le parchemin.
"Hum, hum." Elle l'assassina du regard, mais il rencontra ses yeux avec une acidité bien à lui. Pourtant, l'idiote continua. "Tu ne crois pas que c'est mieux si je -"
"Si tu présentes cette prophétie au Seigneur des ténèbres ?" renifla Rogue. "Non, je ne pense pas. En fait, je pense que ça causerait probablement ta mort - à moins que ce ne soit ce que tu souhaites, naturellement ?"
"Bien sûr que non !" cracha-t-elle, perdant finalement sa nonchalance. Il ricana en réponse, mais elle l'ignora. "J'ai du mal à croire que celui-dont - le seigneur des ténèbres – tuerait une sorcière pour lui avoir apporté quelque chose d'une telle... valeur."
Rogue cessa de résister à l'envie de lever les yeux au ciel. L'effort n'en valait simplement pas la peine. "Tu es prête à parier ta vie ?" demanda-t-il d'une voix traînante.
Pourquoi n'est-elle pas allée voir Lucius ? pensa-t-il soudainement. Il l'aurait tuée et aurait ainsi rendu au monde magique un service bien nécessaire. Surtout que je n'aie aucune envie de la tuer, même si c'est une mégère. Il s'empêcha de la rabrouer. Connaissant Ombrage, elle répliquerait et prolongerait cette discussion douloureuse.
"Peut-être..." hésita-t-elle. "Peut-être que ce serait mieux que tu lui apportes cette prophétie."
"Oui. Peut-être," répondit-il avec sarcasme juste pour voir si elle allait relever. Elle ne le fit pas.
Elle continua d'une voix de petite fille, semblant pleine d'espoir. "Mais tu lui diras ?" demanda-t-elle. "Tu diras au Seigneur des ténèbres qui a trouvé la prophétie?"
"Je crois que tu veux dire a volé la prophétie," la corrigea froidement Rogue.
"Je ne ferai jamais -" Ses yeux d'insecte devinrent ronds.
"Naturellement non", renifla Le mangemort. "Je reconnais l'écriture dans ce coin, Dolores. C'est Dumbledore, ce qui veut dire que tu as libéré cette prophétie de ses papiers au ministère. Le nierais-tu ?"
"Tu nies que cette prophétie aura une valeur inestimable pour notre maître ?" répliqua-t-elle.
Rogue se moqua. "Pars, sorcière, avant que je te tue et que je ne m'approprie tout le mérite."
"Tu n'oserais pas !"
"Ne me tentes pas." Son ricanement la fit décamper et Rogue ne la regarda pas partir. Ses yeux étaient rivés sur les mots écrits soigneusement sur le coin supérieur droit du vieux papier, une écriture qu'il avait bien connue.
Trouvé parmi les affaires de la défunte Cassandra S. Trelawney après sa mort en 1699. Origine inconnue, mais considérée comme véritable par Sybile P. Trelawney lors de sa découverte en 1983. Écrite par une main inconnue.
Il fixa ces commentaires longtemps après le départ d'Ombrage, debout seul dans un parc Moldu vide qu'elle avait bêtement choisi pour leur réunion. Pourquoi il était venu, Rogue ne le savait pas, mais il était heureux de l'avoir fait maintenant – au moins parce que ça permettait à l'Ordre de comprendre Ombrage un peu mieux. Harpie menteuse, pensa-t-il, mais même Rogue prêta peu d'attention à ces mots. Les commentaires de Dumbledore étaient beaucoup plus intéressants - pourquoi les avait-il écrits ? Ce n'était pas le genre de Dumbledore de prendre des notes sur ses propres affaires... à moins qu'il n'ait su qu'ils seraient trouvés. Ou qu'ils étaient destinés à l'être.
Rogue se renfrogna. Encore un autre mystère provoqué par Dumbledore, même après sa mort, le vieil homme pouvait encore influencer leur monde. Il sourit un moment, mais l'expression se fana assez rapidement. Trop de choses s'étaient produites, et elles étaient trop importantes.
Soupirant, il relut les notes. Il n'avait pas beaucoup de temps avant de devoir retourner à Azkaban et à peine plus avant de devoir aller ailleurs. Pourtant, ce qu'il y avait sur ce parchemin, même après la cinquième lecture... Cette prophétie ne pouvait probablement pas signifier ce à quoi il pensait... Si ?
Quand l'obscurité obscurcit les yeux innocents
Et quand les coeurs en difficulté ne voient aucune issue pour survivre
Seul - oublié- quelqu'un sort de l'ombre
Choisi par le destin, trahi par un choix
Pourtant il doit encore résister
Doit résister
Quand viendra la sombre fin, un oublié se rappellera :
Encore un enfant mais choisi par le destin
Son action - dans l'ombre - protégera de l'obscurité
Tandis le temps passe en attendant ce moment
Jusqu'à ce que lui – et non l'autre - montre sa marque
Et avant que l'obscurité n'envahisse l'aube
Celui qui a été mis de côté les sauvera tous.
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"C'est quoi ça ?" chuchota Fred à la gauche de Harry, s'arrêtant si soudainement que George tomba presque hors de la cape d'invisibilité.
"Tu vas cesser de faire ça ?" ordonna son jumeau.
"Désolé," commença Fred. "Je n'ai pas fait -"
"Exprès, je sais. Ca nous arrive à tous."
"Ouf", une force invisible gifla le dos des trois Misfits, faisant tomber le trio en avant. Ron jura.
"Je croyais t'avoir dit d'arrêter !" siffla le plus jeune frère Weasley.
L'inconvénient d'avoir deux capes d'invisibilité, comme les Misfits l'avaient rapidement appris, était qu'un groupe ne pouvait pas voir l'autre. Rien que cette nuit, les deux groupes étaient entrés en collision au moins quatre fois, sans compter celle-ci, et chacun s'énervait. Et ça rend les blagues plus difficiles ! pensa Harry avec exaspération. J'espère que Rogue n'est pas dans le coin...
"Ron, pas si fort !" ajouta Hermione. "Quelqu'un va nous entendre !"
"Comme s'ils ne t'entendaient pas," répliqua froidement Ron, faisant renifler Fred et George. "En outre, je ne t'ai pas entendu dire à Fred et George de se taire -"
"Chut !" les coupa Ginny. "Il y a quelque chose dans les arbres."
"Comment tu le sais ?" demanda George, et Harry le vit loucher dans la direction de la forêt interdite.
"Je porte les lunettes, cerveau de troll," répliqua-t-elle.
"Hé !"
"Vous allez vous taire !" ordonna Hermione. Les deux jumeaux se tournèrent pour lui faire face, bien qu'ils sachent qu'ils ne pourraient pas la voir, même s'ils essayaient.
"Bien, non, vraiment, je pense qu'on n'en a pas envie," répondit malicieusement Fred.
"Peut-être demain," renchérit George.
"Ou si tu demandes gentiment."
"Très bien."
Tous deux grimacèrent et complotèrent. "Tu vas devoir dire s'il vous plaît."
Harry essaya de se retenir de rire, mais échoua. Ca ne l'aidait pas que les jumeaux reniflent également et que Ron rit très fort. Naturellement, ils auraient dû essayer d'être silencieux, tous les Misfits savaient que sortir après le couvre-feu était une retenue garantie s'ils étaient pris. Cependant, Harry se dit que si un professeur aurait dû les attraper, ça serait déjà fait, particulièrement avec Ron qui utilisait un vocabulaire qui aurait fait hurler Mme Weasley assez fort pour briser du cristal.
"Hou !" jappa soudain Fred. "C'était pour quoi ça ?" demanda-t-il, se tournant vers George et Harry, qui se contentèrent de le fixer avec confusion. "Et c'était qui ?"
"Qui était qui ?" demanda Ron.
"Quelqu'un m'a donné un coup de pied !"
"Oh désolée," dit Hermione d'une toute petite voix. "Je visais Harry."
George renifla. "Et moi qui croyait que c'était Harry qui avait besoin de lunettes. Tu devrais faire vérifier ta vue, Hermès."
"Mais je ne pourrais quand même pas vous voir !" répliqua-t-elle. "Et mon nom n'est pas Hermès ! Hermès était un dieu grec, un homme aussi !" Sans prévenir, Ginny haleta et chuchota quelque chose, mais la voix de Hermione couvrit la sienne et personne ne l'entendit. "C'est vraiment si dur pour toi de retenir un nom ? C'est déjà assez que tu le prononces mal par accident mais si en plus vous le faites exprès !"
Harry toussa pour cacher son reniflement. Il n'y avait aucun moyen de savoir qui serait la prochaine victime de Hermione.
"Oh, non. Cher frère, tu as mal compris," s'exclama Fred. "Hermès peut voler. Nous tous savons que Hermione ne peut pas."
"Fermez-la," murmura-t-elle. Harry pouvait dans mal l'imaginer rougir et il se sentit désolé pour elle. Il ouvrit la bouche pour la défendre, mais Ginny parla la première.
"Oui, fermez-la. Il y a quelqu'un dans les arbres."
"Je croyais que tu avais dit quelque chose," objecta Ron.
"Oui, mais -"
"C'est quoi ?" l'interrompit Harry.
"Je ne sais pas. C'est une ombre, comme un manteau, et pas loin." Il y avait un léger bruissement. "Juste là."
"Là ?" répéta Ron. "Je ne -"
"Je vois !" le coupa Hermione. "C'est quelqu'un, trop grand pour être un élève. La Forêt interdite est vraiment dangereuse. Je me demande qui pourrait être assez idiot pour errer là dans l'obscurité."
"Où ?" demandèrent immédiatement Fred, George, et Harry, souhaitant pouvoir voir la direction que Ginny montrait. Les Misfits étaient juste à la lisière de la forêt, et il y avait des arbres dans toutes les directions sauf derrière eux. Même en louchant, Harry ne vit pas où la personne mystérieuse de Ginny était, et il était sur le point de retirer la cape quand elle parla encore.
"Là. Juste à côté du - "
"Les gamins sont sortis jouer ?" demanda soudain une voix désincarnée qui donna la chair de poule à Harry.
"Oh, non," souffla Hermione.
"Oh, si," ronronna la voix. Ca semblait être une femme, mais Harry était sûr qu'il ne l'avait jamais entendue.
Harry déglutit, souhaitant que sa voix ne tremble pas. "Qui êtes-vous ?" demanda-t-il.
"Ouh. C'est le petit bébé Potter. Ton précieux parrain ne t'as pas parlé de moi ?" Un rire bébête. "Nous nous sommes beaucoup amusés ensemble !"
"C'est un mangemort," dit Ron dans un souffle, juste assez fort pour que les Misfits l'entendent. "C'est obligé."
"Naturellement je suis une mangemort, misérable Weasley !" annonça-t-elle. "Tout comme vous êtes des traîtres à votre sang."
Les quatre Weasley grognèrent de colère, et Harry parla rapidement avant qu'ils ne répliquent.
"Bon, je ne sais pas qui vous pensez être, mais vous êtes seule et nous sommes six." Soudain, il fut pris d'un élan de courage et fit un pas hors de la cape d'invisibilité, levant sa baguette. Un long moment passa pendant qu'il se tenait seul dans l'obscurité, puis Fred jura. Moins d'une seconde plus tard, les autres étaient près de lui.
Elle rit. "Comme si je craindrais six petits enfants." L'ombre - Harry l'avait finalement repérée – bougea parmi les arbres. "Vous pensez pouvoir blesser un des partisans de confiance du Seigneur des ténèbres ?"
"Lumos," chuchota soudain George, envoyant de la lumière dans les arbres. Immédiatement, l'ombre disparut, seulement pour réapparaître un peu plus loin sur la droite. Elle partit sur la gauche quand George essaya de la suivre avec la lumière. Transplanait-elle ? Personne ne pouvait transplaner sur les terres de Poudlard.
"On danse, George Weasley ?" rit-elle plus fort. " La belle et douloureuse danse de la mort ?"
Harry sentit son sang se glacer tandis que l'ombre se déplaçait légèrement, la lumière l'éclaira brièvement près d'un arbre et il la vit lever sa baguette. Hermione commença à parler, mais une voix forte gronda :
"Hé ! Que faites vous dehors tous les six ?"
C'était Hagrid. Instinctivement, les Misfits se tournèrent vers le demi géant qui avançait heureusement vers eux suivi par Crockdur. Du coin de l'oeil, Harry vit Ginny enlever ses lunettes et les laisser tomber discrètement dans sa poche, elle sortit alors son sourire le plus innocent. De même, les deux jumeaux firent un pas en avant pour cacher à Hagrid les capes d'invisibilité tombées à terre et ressemblant à une flaque d'eau brillante. Les Misfits avaient l'habitude.
"Nous étions, euh..." Hermione s'interrompit tandis que Harry se retournait brusquement, se rendant compte que plus personne n'observait l'ombre.
"Elle est partie," dit-il rapidement.
"Qui a disparu ?" demanda Hagrid comme Ron répondait :
"Elle ne peut pas avoir disparu. Elle était juste là !"
"Lumos !" Six voix résonnèrent immédiatement, illuminant la forêt comme le soleil. Les ombres des arbres disparurent, mais il n'y avait rien d'autre. Personne d'autre.
Ginny regarda à travers les lunettes qui étaient de retour sur son visage. "Il n'y a rien," dit-elle d'une voix forte. "Rien du tout."
"Je vous l'ai dit," murmura Harry, fâché contre lui d'avoir oublié de continuer à observer. Il était assez sûr d'avoir deviné qui était la femme mystérieuse, mais que faisait-elle à Poudlard ?
La peur noua sa gorge, et il se retourna vers Hagrid alors que le gardien des clés parlait.
"Maintenant, vous allez me dire ce que vous faisiez ici en pleine nuit," annonça fermement le grand homme. "C'est dangereux."
George voulut protester, mais Harry lui envoya un coup de pied.
"Vous avez raison, Hagrid," acquiesça-il rapidement. "C'est dangereux. Et il y a un mangemort dans la forêt."
"Mince ! Maintenant, Harry, arrête de dire des choses -" Hagrid le dévisagea. "C'est une plaisanterie, hein ?"
"Non." Il avala. "Je pense que c'était Bellatrix Lestrange."
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Ils étaient arrivés tous les six, et ils partageaient un dîner agité avec leurs homologues anglais, bien que Sirius ait peu envie de s'associer à leur excitation. Même si l'entrée de la France dans la guerre - et l'arrivée de Jean d'Orville et cinq autres Aurors Français (mené par Alice Londubat qui avait transplané à Paris pour les chercher) - était certainement un bon signe, Sirius avait du mal à partager leur optimisme. Ou leur bonheur.
Il se sentait seul et avait froid, il se tenait seul dans l'ombre des arbres et observait les autres festoyer par les fenêtres de la villa principale. Les pertes se faisaient toujours sentir - huit morts et quatre personnes à Sainte Mangouste ne pouvaient pas être ignorés - mais la division se remettait. Tous leurs camarades blessés étaient maintenant sur pieds et avaient retrouvé leur mobilité, sauf ceux qui étaient à Sainte Mangouste et les Aurors avaient le droit de s'amuser. Ils n'étaient plus seuls, et, comme James le leur avait dit, l'espoir n'était pas perdu quand on avait des amis.
Mais il était difficile de s'en souvenir là, dans l'obscurité, seul.
Sirius frissonna et croisa les bras sur sa poitrine. Ca faisait deux jours qu'il avait bu les potions, et les cauchemars et les ténèbres l'avaient envahi. Pendant des mois, Sirius avait cru que ses souvenirs s'étaient atténués, mais maintenant ils étaient de retour, plus forts encore. A cause d'eux, il avait très peu dormi - peut-être deux heures ces quatre derniers jours - et il était épuisé. Et il se souvenait toujours. Il se souvenait avec une incroyable clarté de chaque moment de sa vie.
Le Renforce-mémoire, comprit-il soudain. L'idée flottait au bord de sa conscience depuis des jours, et Sirius était finalement parvenu à la saisir. Il déglutit, puis chuchota :
"Merde. Cette fichue potion est rétroactive."
Pourquoi il éprouva le besoin de jurer, Sirius ne le savait pas. Ca ne l'aida pas à se sentir mieux mais le besoin était là. Il avait envie de crier à l'univers POURQUOI MOI ? Mais il savait que ça ne le soulagerait pas. Et se conduire comme s'il était fou n'inciterait pas les Aurors à lui faire encore confiance.
Ils le traitaient plus froidement maintenant, parfois comme s'il était en verre. Ils avaient accepté de lui faire confiance, mais Sirius savait que c'était dur. Il flirtait avec l'interdit, avait choisi une route qu'aucun homme sain d'esprit n'aurait prise. Est-ce que je suis encore sain d'esprit ? se demanda-t-il avec perplexité, pour constater qu'il s'en moquait. Réfléchir lui demandait un effort colossal, mais alors que Sirius recherchait son âme, il constata qu'elle était toujours à lui. Ainsi, que sa santé mentale, mais il lui était plus dur de les préserver.
Il y avait une obscurité qui le rongeait. Elle avait été là avant qu'il prenne le Conmalesco, mais s'était développée depuis qu'il avait pris les trois potions. Sirius connaissait les risques, naturellement, tout comme il savait qu'il avait utilisé les mêmes sorts que Tom Jedusor avait un jour employés sur lui-même. Mais les résultats étaient quand même effrayants. Le danger qui le menaçait arriverait tôt ou tard, et l'obscurité essayerait de prendre le contrôle. Il le savait. La lecture du journal avait montré à Sirius le processus dans son ensemble, du début à la fin, page après page, il avait vu Tom Jedusor se perdre et devenir Lord Voldemort.
Et il pouvait être le prochain. S'il ne combattait pas cette obscurité - ou échouait -, Sirius savait qu'il serait le prochain. Pourtant il l'avait fait quand même, pour des raisons que lui-même ne comprenait pas entièrement.
"Demain", avait-il dit à James trois jours avant, mais la vie l'avait fait mentir. Le cercle brisé s'était réuni à la place, et il avait à peine eu le temps de dire un mot à ses amis. Après l'admission déchirante de Dung, peu de choses avaient été dites. A la place, ils étaient allés travailler, essayant de savoir jusqu'où Fletcher les avait trahis ou pas.
Les faits étaient encore ambigus. Personne n'avait donné son avis pendant la réunion. Ils le feraient ce soir, deux jours plus tard. Deux jours étaient à peine suffisants pour décider du destin d'un homme, mais c'était tout ce qu'ils pouvaient faire. En feront-ils autant pour moi, une fois qu'ils auront réalisé ce que j'ai fait ?
Sirius frissonna encore. Plus il attendrait avant de se confronter à ses amis, plus ça serait dur. Il en avait eu envie, une fois - il avait désespérément voulu ouvrir son coeur à James. Mais c'était passé. Maintenant il avait peur.
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Bill jouait avec son verre d'eau, il ne se sentait pas à sa place. Ils étaient tous les sept dans le bureau du directeur, parlant peu et échangeant peu de regards. Fletcher, mal à l'aise dans son vieux fauteuil, semblait le moins dérangé, Bill trouva ça très étrange. Ca n'était cependant pas dû à un manque de confiance dans la sincérité de Dung. Bill avait simplement du mal à supporter le silence de la pièce.
Lily avait discuté des Aurors français avec Bill avant de se taire, pourtant elle ne cessait de jeter des regards inquiets à son mari. Elle était également distraite – la sorcière habituellement si brillante s'était répétée plusieurs fois et avait à peine écouté les réponses de Bill. En fin de compte, tous deux s'étaient tu pour observer les cinq autres – enfin surtout quatre.
Bill se souvenait des "maraudeurs" à Poudlard, de leur talent pour faire des blagues - mais surtout de leur amitié hors du commun. Il avait remarqué le lien qui les unissait. Leur attachement les uns pour les autres était évident même pour un garçon de onze ans qui les connaissait à peine. Et il les avait vus repousser ensemble cent détraqueurs, rien qu'avec ce lien. Il les avait admirés depuis et avait même été un peu jaloux. Mais il savait que ce qu'ils possédaient était spécial. Il n'y avait probablement rien de semblable dans le monde.
A moins que...
Sirius, James, Peter, et Remus étaient dispersés dans la pièce. James était à la droite de Lily, partageant un divan, avec Peter à sa droite dans un grand fauteuil qui le faisait paraître encore plus petit. Remus était à la gauche de Bill (après la chaise vide), mais une petite table le séparait de Sirius, Bill continuait à l'observer comme s'il attendait qu'il dise quelque chose. Sirius était assis à côté de Dung Fletcher, un choix étrange à moins que ce ne soit voulu.
Peut-être qu'il y a une raison, pensa Bill. Avec Sirius, on n'était jamais sûr de rien, surtout ces derniers temps. Bill était resté silencieux au cours de leur dernière réunion sur Avalon, il se sentait encore faible et étourdi, et avait eu du mal à croire ses oreilles. Il lui était difficile de lier l'homme sombre que Sirius était devenu avec le sorcier qui était entré dans sa cellule à Azkaban-
"Qui êtes-vous ?" avait-il demandé, regardant fixement l'Auror qui venait d'entrer dans sa cellule. Son sauveteur.
"Sirius Black," avait simplement répondu l'autre.
"Mais vous êtes mort !" Bill était resté bouche bée en observant l'étranger, essayant de savoir s'il était mort, avait des hallucinations, ou les deux.
"Tout le monde dit ça." Sirius lui avait fait un sourire tendu, mais c'était un sourire tout de même.
Il ne souriait plus souvent aujourd'hui. En fait, Bill l'avait peu vu depuis cette réunion – même si les Aurors avaient affirmé lui faire confiance, Sirius était resté enfermé dans le laboratoire six, faisant Merlin seul savait quoi. Sinon, Sirius errait sur l'île, recherchant apparemment quelque chose, Bill ignorait s'il cherchait quelque chose sur Avalon ou simplement la paix intérieure. En le regardant maintenant, Bill se dit que Sirius ne savait pas non plus, et il commençait à se demander si homme trouverait un jour.
"Où est il ?" grogna soudain Fletcher, brisant le silence. "Je sais qu'il a d'autres engagements, mais une heure de retard, c'est beaucoup. Même pour Rogue."
"J'imagine qu'il le pense aussi", rit nerveusement Lily.
"Dung a raison », dit Peter d'une voix mal assurée. "Il n'est jamais en retard. Vous croyez qu'il peut... avoir des ennuis ?"
Bill déglutit, pensant au professeur qu'il avait détesté. C'était étrange de faire partie du cercle intérieur et de voir un aspect différent de Rogue - toujours sarcastique et froid, mais moins que ce qu'avait pensé Bill. Et moins cruel. Beaucoup moins cruel.
"Nous saurons s'il ne viens pas avant l'aube", répondit tranquillement Remus, jetant un nouveau coup d'oeil à Sirius. Cependant, le chef des Aurors et le ministre de la Magie restèrent tous deux silencieux, et Bill sentit un mur invisible entre eux, que même le feu d'un dragon n'aurait pas pu entamer. Soudain, Remus continua d'une voix calme. "Attendons encore vingt minutes. Si Severus n'arrive pas, nous nous réunirons demain soir."
"Pouvons-nous nous permettre d'attendre ?" chuchota soudain Dung, à la surprise générale. "J'apprécie vos efforts, mais..."
"Ne dis rien", le coupa fermement Lily. "Il y a toujours un espoir, et nous ne t'abandonnerons pas pour quelque chose que tu n'as pas prémédité."
L'ancien Auror essaya encore. "Je -"
"Non." Cette fois ce fut James. "Lily a raison. Ce qui t'est arrivé aurait pu arriver à n'importe lequel d'entre nous, et nous trouverons un moyen de t'aider."
Mais Fletcher se contenta de secouer la tête, et Bill ne vit aucun éclat dans ses yeux, même lorsque les autres acquiescèrent, exprimant leur soutien. Seul Sirius resta silencieux, assis à côté de Dung, les yeux dans le vague.
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"Severus."
La voix froide l'arrêta alors qu'il était presque à la porte, il se figea. "Mon Seigneur ?"
"Faisons quelques pas ensemble", demanda le Seigneur des ténèbres en se levant de son trône et en s'avançant. Severus s'inclina pour marquer son accord et resta silencieux, ne manquant pas les regards hargneux de ses compagnons - Lucius, qui détestait être mis de côté, en dépit de ses airs supérieurs ; Bellatrix, qui s'était récemment ridiculisée en essayant d'infiltrer Poudlard; Narcissa, qui ne possédait en rien la folie de sa soeur mais n'était que cruauté; et Rodolphus, qui avait rejoint ce cercle fermé en épousant Bellatrix et n'avait aucun talent en dépit de son extrême violence et de sa capacité à briser n'importe qui. Non, aucun d'entre eux n'apprécia qu'il partage un moment seul avec leur maître - ça dérangeait leur équilibre. Pourtant c'était un jeu que Severus avait joué toute sa vie, et il ne s'inquiétait pas de ce qu'ils pensaient quoi qu'il en soit.
La porte se referma silencieusement derrière eux. Tous deux évoluèrent en le silence pendant un moment, traversant le palais de Voldemort et se rapprochant de la prison. Au loin, Severus entendait des cris, et un frisson parcourut son dos alors qu'il comprenait qui était le seul prisonnier actuel.
Il se retint de déglutir. Ce prisonnier est mon élève, pensa Severus. Quel genre de monstre suis-je pour le laisser ici ? Regretter, cependant, était déconseillé quand on marchait avec le Seigneur des ténèbres, et il écarta ses pensées. Je suis déjà damné. Qu'importe ?
Mais ça importait. Comme toujours.
"Il est presque temps, Severus." La voix du Seigneur des ténèbres l'effraya.
Rogue cilla. "Oui, Monseigneur," répondit-il après un moment. "Il est temps."
Un rire froid. "Tu es surpris ?"
"Je -" il soupira. "Non, Monseigneur."
"Mais tu aimes Poudlard," dit soudain le Seigneur des ténèbres avec une perception peu commune.
En dépit de ses efforts pour les cacher, Severus était sûr que ses émotions étaient peintes sur son visage. "Oui."
Il pouffa. "C'est parfait alors."
"Monseigneur ?" son cœur se glaça.
"C'est parfait."
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Ils étaient prêts à partir quand Rogue entra - ou, plutôt, Bill, Dung, et Lily étaient prêts à partir, parce que Sirius avait le sentiment que les autres ne le laisseraient pas partir sans obtenir d'abord une explication. La pensée elle-même suffisait à lui arracher un soupir. Il avait été prêt deux jours avant, quand la réalité et l'Ordre du Phénix étaient intervenus. Maintenant, il n'en était pas aussi sûr.
Il frissonna alors que Rogue entrait, et résista au besoin de se frotter les bras pour se réchauffer. Ca ne marchait jamais.
"Je suis désolé d'être en retard", dit immédiatement Rogue. "J'ai... été retenu."
"Nous comprenons", répondit doucement Remus. "Assieds-toi s'il te plaît."
Le mangemort s'assit, à une proximité inconfortable de Sirius, qui souhaitait vraiment qu'il parte. Leur bref moment d'entente sur Avalon cette fameuse nuit s'était fanés, et Sirius n'avait pas envie de s'associer à l'homme qui savait exactement quelles potions il avait bues. Et leurs effets. Si Rogue avait déjà fait le Conmalesco pour Voldemort dans le passé, la potion d'Augeosensus et le renforce mémoire étaient bien plus dangereux, et Rogue le savait mieux que quiconque, excepté peut-être Sirius. Et Rogue avait bien moins de raisons de se taire que Sirius.
"Nous n'avons rien trouvé", commença Lily sans préambule, les yeux sur Rogue. "J'ai déjà parlé à Dung, mais le groupe Licorne n'a trouvé aucun remède au sort de vision à distance." Elle inspira profondément. "Excepté l'ancien, naturellement. Tuer celui qui l'a lancé."
"Je suppose que tu ne sais pas qui c'est," osa Peter tranquillement. "Ca pourrait faciliter les choses."
Dung haussa les épaules d'un geste d'impuissance. "Je ne me souviens pas qu'on me l'ait jeté," admit-il. "Mais je pense - je sais – qu'on a dû me le lancer."
"Je ne suis pas d'accord."
Tous se tournèrent vers Rogue avec surprise, et Sirius eut froid. Oui, c'était lui. Et les choses pouvaient encore aller plus mal. Magnifique. Il retint un reniflement amer. Ca ne changerait rien.
"Tu veux bien t'expliquer ?" demanda raisonnablement Remus. Remus était toujours raisonnable.
Rogue se renfrogna en réponse. "J'ai du mal à croire que nous découvrions ça si soudainement et que nous ne le contestions pas."
"Ce n'est pas si soudain, Severus," s'exclama Dung. "Je me posais la question depuis longtemps..."
"Combien de temps ?" demanda Rogue, les lèvres serrées comme s'il essayait de ne pas ricaner.
Dung haussa les épaules. "Trop longtemps. J'aurais dû réagir bien avant."
"Non." Ses yeux noirs balayèrent la pièce. "Vous passez tous au-dessus du plus important – et du plus évident : et si ce n'est pas Dung ?"
Tous déglutirent et se dévisagèrent. Sauf Sirius – il attendait la suite. Elle ne tarda pas.
"Si ce n'est pas moi, alors qui ?" s'énerva Dung.
"Est-il nécessaire de demander ?" L'air menaçant de Rogue se renforça. Tous les regards se posèrent sur Sirius.
Il inspira puis expira profondément, s'assurant qu'il contrôlait bien ses nerfs. Il lui arrivait plus souvent de perdre son sang froid ces derniers temps, Sirius avait passé des années à apprendre à se contrôler (depuis l'incident infâme avec Rogue, Remus, et le saule cogneur), et maintenant, il devait tout réapprendre une seconde fois. Parfois, il se sentait emprisonné, sans nulle part où aller, et il avait envie de se libérer, comme quand il était enfant. Sirius avait cru s'être échappé. Il avait eu tort.
"Je ne suis pas," dit-il très lentement, "sous l'influence du sort de vision à distance."
"Comment peux-tu en être sûr ?" Etonnamment, c'était Lily, mais sa voix était douce.
"Je me souviens," répondit Sirius. "De chaque moment, et de chaque essai."
Son front se plissa légèrement. "Il pourrait y avoir quelque chose dont tu ne te rappelles pas..."
"Non."
"Comment en es-tu sûr ?" demanda tranquillement Remus.
Sirius soupira. Ce n'est ni le moment ni l'endroit. "Je le sais."
"Même si c'était vrai, Severus, rien de ce que Sirius pourrait avoir fait explique le Brise-glace," intervint Dung. "Il était encore à Azkaban."
"Ce ne signifie pas non plus que tu sois le fautif," répondit froidement l'autre. "Comme d'habitude, vous sautez sur des conclusions non vérifiées. Le Brise-glace était aussi une opération du Ministère. Trop de gens savaient."
"Pas tant que ça," précisa James.
"Même dans ce cas, Voldemort est un sorcier suffisamment doué pour avoir lu les pensées de Weasley et l'avoir découvert de cette façon."
"J'en doute ", répondit Bill. "Je ne l'ai vu qu'une ou deux fois là-bas, et je vous promets que la baguette et le Portoloin étaient les dernières choses qui me seraient venues à l'esprit."
"D'accord. Ca semble impossible ", dit lentement et pensivement Lily. " Dans de bonnes circonstances, peut-être, mais..." Elle se tut et haussa les épaules.
"Donc nous pouvons envisager le sort de vision à distance ?" demanda Rogue. " Mes recherches indiquent que c'est un sort très instable, efficace seulement quand celui qui l'a lancé choisit de voir par les yeux de la victime. Je trouve légèrement... troublant que le Seigneur des ténèbres ait découvert deux missions principales de cette manière."
Peter fusilla Rogue du regard. " Tu as une meilleure suggestion ?" demanda-t-il avec humeur. "Ou tu as juste peur que ton rôle d'espion soit découvert ?"
Rogue rit, puis son amusement se mua en un ricanement méchant. "Peur de quoi, Pettigrow ?" Il renifla. "Le Seigneur des ténèbres sait que je suis un espion. Il connaît ma position dans le cercle intérieur. Je lui fais des rapports à lui aussi souvent qu'à l'Ordre."
"Quoi ?" Soudain, Bill fixa Rogue. "Tu -"
"Naturellement il sait, Weasley," cracha le mangemort. "Tu ne crois quand même pas que j'aurais pu le duper pendant douze ans s'il ne savait pas ? Je lui donne des informations, et il croit que ma fidélité, à la fin, n'appartient qu'à lui. "
"Tout comme nous", commenta froidement Bill.
Rogue hocha seulement la tête.
Lily, cependant, leva une main pour faire taire James. "Ce qui veut dire, Severus ?" demanda-t-elle calmement. Cependant, il y avait une tension dans sa voix. "Sirius ne pense pas être sous l'influence du sort de vision à distance. En l'absence de preuves du contraire, nous devons accepter l'explication de Dung."
"Je dis qu'il" – Rogue désigna Sirius du menton - "n'a pas besoin de sort de vision à distance. Il a ça, et la marque est plus puissante que n'importe quel sort !"
Tout en parlant, le mangemort avait remonté sa manche, exposant sa marque. Elle était d'un noir pur et ressemblait plus à un tatouage qu'à autre chose, et il n'y avait pas de brûlure. Sirius, cependant, ne prit même pas la peine de regarder la marque de Rogue. Il la connaissait.
"Tu verras", dit-il à Rogue froidement.
Les yeux noirs de Rogue se plissèrent. "Je ne parle pas des ténèbres de ton âme, Black. Je parle l'emprise que ça a sur ton esprit."
Sirius se figea, il ne put s'en empêcher. "Emprise ?" demanda-t-il. Il fut plus sec qu'il n'aurait voulu et l'atmosphère dans le bureau du directeur devint soudain glaciale.
"Emprise," confirma Rogue. "Regardes ce que ça t'a fait, imbécile. Regarde ce qu'il t'a fait. Malgré toi."
"Tout ce que j'ai fait, je l'ai choisi," répliqua froidement Sirius.
"Vraiment ?"
Soudain, il n'y eut plus d'utilité à en discuter. A essayer d'expliquer. Il savait ce qu'il avait fait, et pourquoi. Les autres ne comprendraient pas.
Sirius se leva et sortit. Même lorsque Remus l'appela, il ne s'arrêta pas. Il continua à marcher, et alla dans le seul endroit où il savait pouvoir se cacher. Ainsi, l'homme qui devenait trop noir pour faire confiance à ses amis alla sur l'île de la lumière.
Un petite réflexion sur le prix à payer en quelque sorte...
Le prochain et dernier s'appelle « Et ne pas céder »... Comme quoi...
