Titre : Through the Walls

Auteur : enahma

Traductrices : Thamril et Méphisto

Disclaimer : Comme vous vous en doutez, rien ne nous appartient. Le monde d'Harry Potter est à J.K.Rowling et l'histoire à enahma.

Note : Pas de spoilers du tome 5.

Attention : Cette fic est la suite d'Happy Days in Hell et de Coming off the Ropes. Si vous ne les avez pas lues, vous ne comprendrez pas ce qui s'y passe.

Chapitre 1 - Comment être un Moldu ?

« Tu plaisantes, Quietus. Je suis sûr que nous ne pouvons pas payer avec une CARTE ! C'est comme de la magie, pas une invention moldue ! » chuchota désespérément Black à l'oreille d'Harry. Hermione, qui entendit sa remarque, ricana.

Harry leva les bras avec une fausse exaspération et fit un clin d'œil aux deux filles. Anne ne le remarqua pas tellement elle était concentrée sur sa glace, mais Hermione le lui rendit. Le sourire d'Harry s'élargit quand il aperçut l'expression légèrement insouciante de la jeune fille – c'était la première fois depuis la mort de ses parents qu'elle n'avait pas cette expression douloureuse et un peu inquiète sur le visage.

« Je ne peux pas croire que tu ne comprends toujours pas, Sirius. » soupira Harry. « Je t'ai déjà dit que cette machine est en contact téléphonique… »

« Arrête ! » Black leva les yeux au ciel. « Je ne veux pas d'autres explications ennuyeuses sur les Mol… hem… les technologies… » Il jeta un regard en biais à une femme qui se tenait dans la file d'attente de la caisse suivante, les observant curieusement.

Anne ouvrit la bouche : « Je peux avoir une autre glace, Sirius ? » Black la regarda et son expression devint choquée. Harry suivit son regard et rit nerveusement. Le visage d'Anne était complètement recouvert de glace au chocolat, ainsi que ses vêtements.

« Bon Dieu. » marmonna Black et il commença à chercher un mouchoir dans ses poches, mais Hermione fut plus rapide. Elle essuya les restes bruns du visage d'Anne avec son propre mouchoir et secoua légèrement la tête vers Black qui était sur le point d'offrir une autre friandise à la petite fille.

« Je ne pense pas que ce soit une bonne idée. » dit-elle et Black approuva rapidement.

« Ouais, Hermione a raison, Anne. »

« Pourquoi ? » Les grands yeux bruns d'Anne regardaient l'adulte d'un air suppliant. « Je… »

« Nous rentrons à la maison en bus, Anne. Je ne pense pas que tu puisses y manger de la glace en train de fondre et de goutter par terre. » Hermione répondit à sa question et Black acquiesça. Harry sourit largement en les voyant. La vue lui était presque familière : elle se répétait à chaque fois qu'ils sortaient faire des courses depuis qu'Hermione et lui étaient revenus de Poudlard.

'Etudes des Moldus' comme disait Hermione. Cependant, ça rappelait à Harry un cours de formation sur 'Comment être un bon mari' ou 'Comment un père est censé se comporter.' Hermione critiquait toujours Sirius pour son comportement indulgent envers Anne et elle avait commencé à essayer d'empêcher Sirius de la gâter dès qu'elle était arrivée.

Voyant l'expression quelque peu misérable de Black, la femme dans la file d'attente lui sourit d'un air sympathique.

« Ce n'est pas facile avec des gosses, n'est-ce pas ? »

Hermione se redressa et lui lança un regard indigné, mais Black fut simplement choqué par ses mots. Harry, au contraire, appréciait la situation.

« Je ne suis pas un gosse. » Dit Hermione, offensée.

« Bien sûr que tu ne l'es pas. » dit Black. Harry ricana de nouveau. La femme leva les yeux au ciel.

« Les adolescents. » lui dit-elle avec un éclair de compréhension sur le visage. « J'en ai deux. »

A présent, Black était clairement effrayé.

« Heu… »

Harry dut réprimer un rire. Il s'étrangla. Hermione tourna la tête vers lui et la compréhension éclaira son visage.

« Oh… » dit-elle en s'agitant.

« Ils ne sont pas à moi. » parvint à murmurer Black. Les yeux de la femme s'écarquillèrent, mais Harry n'arrivait pas à savoir si elle était surprise ou soupçonneuse.

« Il est notre gardien. » ajouta rapidement Harry. Black ne se comportait quand même pas toujours si stupidement ! Pourquoi devait-il lui dire la vérité ?

« Ouais, ils sont orphelins. » Sirius confirma les paroles d'Harry avec hâte.

L'expression de la femme s'adoucit et elle lança à Black un regard plus concerné.

« Une tâche noble. » acquiesça-t-elle solennellement. « Elever ces pauvres choses… »

Black opina simplement, incertain. Hermione rougit.

« Allez, Sirius. Nous sommes les suivants. » chuchota Harry et il fit un signe vers le caissier. « Et n'oublie pas : Le bouton vert, ton code et encore le bouton vert. »

Black était très content de lui-même quand ils quittèrent la caisse.

« C'est comme refaire de la magie. » expliqua-t-il à Harry alors qu'ils se dirigeaient vers l'arrêt de bus.

« Il y a beaucoup de choses magiques dans le monde Moldu, tu verras. » dit Hermione. « La semaine prochaine, l'électricité et le téléphone seront installés chez toi… »

« … ce sera une maison typiquement Moldue, alors. » marmonna tristement Black.

« Ca ne sera pas tellement mauvais, Sirius. » dit soudainement Anne. « Nous n'aurons pas besoin de l'aide de Quiet, d'Hermione ou des autres hommes pour allumer ou éteindre la lumière et nous pourrons appeler grand-père quand nous voudrons ! »

Dumbledore avait découvert que le grand-père d'Anne était toujours en vie, mais trop malade pour s'occuper de la fillette. Anne et Sirius lui avaient déjà rendu visite à l'hôpital et il leur avait fait promettre de l'appeler et de lui rendre visite régulièrement. Le vieil homme avait été au comble de la joie quand il avait appris que sa petite-fille était vivante : il avait cru être le dernier membre vivant de sa famille. La mort de sa fille (la mère d'Anne était sa fille) avait tué son épouse et avait sévèrement endommagé sa santé.

Le grand-père d'Anne à l'hôpital rappela soudainement Severus à Harry. La simple pensée de son 'papa' (il était à présent douloureusement étrange pour Harry de penser à Severus en tant que son 'papa') l'attrista. Les choses n'allaient pas bien avec lui, pas du tout. On n'avait pas permis à Harry de le voir pendant deux semaines : à chaque fois qu'il allait à St Mangouste, les guérisseurs le voyaient et le renvoyaient au Manoir Black. Il n'avait pas le droit de lui rendre visite.

« Quand ? » demandait-il toujours.

« En temps voulu. » était la seule réponse.

« Pourquoi ? »

« Il a besoin de temps de s'adapter. » disaient-ils et ils l'accompagnaient à la cheminée la plus proche, mettant une poignée de Poudre de Cheminette dans sa main.

A chaque fois qu'Harry entendait ces paroles, il avait l'impression que des mains froides saisissaient sa gorge et…

« Quiet ? Tu vas bien ? » Un contact chaleureux sur son bras le sortit de sa transe.

« Ouais. Très bien. » marmonna-t-il.

Ils étaient déjà assis dans le bus, se dirigeant vers la maison de Black. Harry leva les yeux vers le visage d'Hermione et vit son inquiétude. Ses yeux chocolats le regardaient avec un désarroi évident.

« C'est Severus, n'est-ce pas ? » demanda-t-elle doucement.

Harry détourna son regard d'elle pour le tourner vers Sirius et Anne. Ils étaient plongés dans une conversation à propos d'un certain Mike qui, comme Harry l'avait appris d'Anne il y a quelques jours, était l'un des camarades de classe de la fillette. Harry se tourna de nouveau vers Hermione.

« Je ne pense pas qu'il regagnera ses souvenirs. » dit-il aussi doucement qu'elle.

Hermione acquiesça.

« Oui, tu l'as déjà dit. Tu es sûr ? »

« Assez. »

Hermione attrapa la main d'Harry et la serra de manière rassurante.

« Tout ira bien, tu verras. »

Harry secoua la tête.

« Je ne sais pas. » dit-il, mais l'inquiétude d'Hermione soulageait sa douleur.

Depuis qu'ils étaient arrivés au Manoir Black, leur amitié s'était énormément développée. Ca avait commencé la première nuit, quand un cauchemar particulièrement mauvais avait réveillé Harry. Il n'avait même pas essayé de se rendormir, il se connaissait trop bien pour essayer. A la place, il s'était levé et, toujours sous l'effet du cauchemar, s'était rendu à la cuisine pour prendre une tasse de chocolat chaud ou une tasse de thé avant de lire. La lecture était devenue son loisir ces derniers mois, depuis qu'il avait dû quitter les quartiers de Severus et qu'il avait dû faire face à ses monstres nocturnes seul.

Donc, il était sur le point d'aller dans la cuisine quand, marchant dans le couloir, il avait entendu une voix étouffée en provenance du salon. Hermione était là, recroquevillée dans un coin du canapé, pleurant. Pleurant, sans larmes : ça avait été si familier pour Harry, ça lui rappelait la douleur silencieuse de Severus. Sans réfléchir, il s'était assis à côté d'elle, ne sachant pas trop quoi faire au début. Il n'avait pas voulu parler, au moins pas immédiatement, et il ne connaissait qu'une seule manière de la calmer, de lui offrir de l'aide : un contact physique. Il avait posé un bras hésitant sur ses épaules, l'alarmant au début, mais, un moment plus tard, elle avait accepté son réconfort et s'était recroquevillée étroitement contre lui. Le premier sentiment d'Harry avait été une nausée presque écrasante à la suite du contact corporel trop rapproché, mais il s'était forcé à la tenir, à l'étreindre encore plus étroitement, et le sentiment de malaise était parti.

« Je ne veux plus vivre. » Avait dit Hermione en tremblant et en s'accrochant à Harry. « La vie pue. »

Harry avait murmuré quelques paroles sans-sens en retour et finalement, les premiers sanglots d'Hermione avaient éclaté et elle avait juste pleuré et pleuré pendant de longues minutes, peut-être des heures, ses larmes trempant le pyjama d'Harry. Ils étaient restés assis là jusqu'à ce qu'Hermione s'endorme, épuisé par les pleurs - et le lendemain, elle avait avoué que c'était la première fois qu'elle se laissait pleurer.

Après cette nuit-là, ils avaient passé beaucoup d'heures semblables dans le salon, assis, parlant, buvant du chocolat chaud, lisant – n'importe quoi, juste ne pas être seuls dans leurs chambres. Habituellement, Hermione s'endormait sur le canapé, et Harry la faisait léviter jusqu'à sa chambre (il pouvait utiliser la magie dans le Manoir Black, puisque c'était le QG de l'Ordre et qu'il y avait de forts sorts de dissimulation, donc les utilisations de magie à l'intérieur n'étaient pas détectées par le Ministère) et allait dormir.

Leurs conversations avaient principalement été à propos d'Hermione - Harry ne se sentait pas prêt à parler de Severus.

Pas jusqu'à cet instant.

« Il me manque. » chuchota-t-il et Hermione se pencha vers lui et serra sa main plus fortement.

« Il reviendra. » Ses yeux bruns flambaient à présent. « Il réapprendra à t'aimer. »

« Je dois lui mentir. Dumbledore m'a forcé. Je pense qu'une fois qu'il saura la vérité, il me rejettera une fois pour toutes. »

« Pourquoi ? »

« Il croira que je l'ai trompé. »

« En es-tu sûr ? »

« Je le connais. » La réponse d'Harry était trop catégorique pour laisser place à l'argumentation.

Peu de temps après, ils étaient de retour au Manoir, prenant le déjeuner avec quelques membres de l'Ordre, puis Harry leur dit au revoir et alla à l'hôpital, comme chaque jour.

Cependant, cette fois, la Guérisseuse en Chef l'attrapa avant qu'un autre guérisseur puisse le faire.

« M. Snape, s'il vous plait, un instant. » dit-elle doucement, mais très fermement, donc Harry ne put même pas essayer de protester. Il suivit la femme avec obéissance. « Dans mon bureau. » Elle l'y conduisit. « Asseyez-vous, s'il vous plait. »

Harry s'assit, mais il n'osa pas lever les yeux jusqu'à ce qu'il sente sur lui ceux de la guérisseuse qui, pendant ce temps là, s'était assise derrière son bureau.

« Il y a quelque chose qui ne va pas ? » Demanda-t-il d'une petite voix craintive, espérant une réponse rassurante.

« Heu… non, pas vraiment. Votre père va bien apparemment, mais… Ecoutez, Quietus. » La voix de la femme sembla soudainement plus chaude, plus douce et toute marque officielle disparue de son comportement. « Albus m'a dit que vous allez vivre avec lui dès le premier août… »

« Attendez ! » s'exclama Harry. C'était quelque chose qu'il n'avait jamais entendu auparavant. « Je peux… Je vais… il… »

La sorcière lui sourit.

« Oui, nous allons le relâcher à ce moment là… » commença-t-elle mais Harry l'interrompit

« Ca signifie qu'il va se remettre et regagner ses souvenirs d'ici là ? »

Le sourire disparut du visage aimable et Harry put voir des lignes de fatigue et de tristesse le remplacer.

« Non, je ne pense pas. Et… c'est pourquoi je veux vous parler. Mais » Elle leva la main pour le faire taire alors qu'Harry ouvrait la bouche pour l'interrompre de nouveau. « Je vous demande de m'écouter attentivement d'abord, et après, si vous ne comprenez toujours pas quelque chose, je l'expliquerai. D'accord ? »

Harry acquiesça simplement et s'appuya sur le dossier de sa chaise. La guérisseuse inspira profondément, puis elle sortit sa baguette et jeta quelques sorts de fermeture, de silence et d'impassibilité sur la salle. Une fois qu'elle eut fini, elle contourna son bureau, éteignit le feu et, se penchant vers la cheminée, elle tourna la tête vers Harry.

« Pour faciliter la guérison de Severus, Albus m'a dit tout ce qu'il pensait que je devais connaître sur lui - et naturellement, sur vous. Il m'a même révélé votre véritable identité, me demandant ma totale discrétion sur le sujet… »

« Pourquoi vous fait-il confiance ? » Harry ne put s'empêcher de lancer la question d'un ton mordant. La femme lui lança un regard ennuyé, mais son ennui disparu rapidement.

« Et bien… il est compréhensible que vous ne fassiez confiance à presque personne, mais écoutez jeune homme, je connais Albus depuis cinquante ans ou plus, m'occupe de personnes malades depuis que j'ai quitté Poudlard, il y a presque quatre-vingts ans… »

« Mais vous n'avez pas plus de quarante ans ! » cria Harry avec surprise en se redressant. La femme sourit à nouveau.

« J'en ai quatre-vingt-seize, jeune homme, et merci pour votre compliment. »

Harry s'effondra dans sa chaise, embarrassé. « Désolé. » murmura-t-il.

« Ce n'est pas nécessaire. » Le sourire éclaira un autre moment le visage aimable, puis il disparut à nouveau. « Donc, où commencer ? » Elle réfléchit pendant un instant, puis elle commença. « Ce n'est pas la première fois que j'ai traité Severus. Il a été mon patient il y a presque seize ans, après qu'Albus l'ait sorti d'Azkaban, donc j'en sais beaucoup sur lui. Je sais pour sa famille, son frère, son passé en tant que Mangemort et, plus tard, comme espion d'Albus, et même à propos de ses problèmes avec ses camarades de classe, parce tout cela était - et est toujours - son pire souvenir, qu'il était obligé de revivre encore et encore en prison. Albus n'a pas eu vraiment beaucoup de choses à me dire à son sujet, juste l'année dernière, qui était complètement inconnue pour moi, parce qu'avant cela, il menait une vie calme à Poudlard, se consacrant à son métier… mais il n'est pas important que vous sachiez cela. » Elle se dirigea vers la chaise face à Harry et s'assit. « Comme vous le savez, il s'est jeté un Charme de Mémoire très complexe. Fondamentalement, il a Oblivaté deux choses : l'année dernière et - afin d'empêcher les possibles interrogatoires de ses ravisseurs - ses souvenirs à propos de son frère. La première n'est pas un problème, c'est généralement facilement réparable sous certaines circonstances et, même si on ne peut pas la réparer, ça ne pose pas de difficultés sérieuses. C'est comme une simple amnésie. Savez-vous ce que c'est ? » Lorsque Harry approuva, elle continua. « La seconde, cependant, est beaucoup plus sérieuse. Il y a trop de choses dans la vie et les souvenirs de Severus qui sont reliées à son frère. Quietus, votre père biologique, a toujours joué un rôle très important dans sa vie. Il a à peine quelques souvenirs indépendants. Ce qui signifie que toute sa vie émotionnelle a été chamboulée. Toute son enfance est maintenant confuse pour lui. Il a des souvenirs de ses parents, mais ce sont seulement des images, parce que Quietus était toujours là avec lui. Il ne sait pas ce qu'il ressent envers ses parents maintenant - quand il était enfant, il les respectait, plus tard son respect est devenu de la haine, mais son respect et sa haine étaient justes une partie de la toile de la vie, qui contenait aussi Quietus et ses sentiments modifiaient énormément les propres émotions de Severus… Il a presque totalement perdu trace de ses motivations passées. Il se comprend à peine, il sait beaucoup de choses sur lui-même, mais il ne peut pas voir pourquoi il a choisi une voie plutôt qu'une autre… »

« Mais… ça ne signifie pas qu'il va devenir fou, n'est-ce pas ? » Harry s'étrangla à travers sa gorge serrée, sa main agrippant désespérément les bras de la chaise.

« Non, je ne pense pas qu'il va le devenir. C'est une personne très forte et, bien qu'il ait besoin d'un certain temps pour regagner son sang-froid, il est presque très bien en ce moment. »

« Etait-il… furieux ? Etait-ce pourquoi je ne pouvais pas le voir ? »

« Non. » dit la femme fermement. « Il n'était pas 'furieux'. Il était déprimé et il ne voulait voir personne pendant une semaine. Après, il était tellement irrité que je ne vous ai pas permis de le voir, parce que je ne voulais pas risquer de vous blesser - émotionnellement, naturellement. Il a eu plusieurs disputes avec Albus et avec moi, ça a pris un certain temps pour le persuader de la nécessité du futur traitement. Il a finalement accepté, mais il ne voulait pas du tout vous voir. Finalement, Albus a suggéré de vous inclure dans le traitement et j'ai trouvé que c'était une bonne idée… »

« Il ne veut pas me voir. » Harry ferma les yeux, sentant le picotement des larmes sous ses cils. Severus était de nouveau son… ennemi au lieu de… de quoi ? Père ? Ami ?

« Il ne vous connaît pas, Quietus, il… »

« Mais ce n'est pas de ma foutue faute ! » cria Harry avec détresse. La guérisseuse acquiesça simplement avec compréhension.

« Je sais. Et je comprends que vous ayez l'impression que c'est injuste, mais nous ne pouvons presque rien faire pour ça. Vous devez regagner sa confiance. Cet été vous donnera la chance de le faire : vous serez impliqué dans son traitement et vous passerez tout août avec lui. »

« Comment a-t-il accepté ma participation ? »

« De manière surprenante, bien. Il a eu un peu de mauvaise humeur à propos des stupides adolescents, mais Albus lui a dit que vous étiez le meilleur étudiant de votre année et ça l'a fait réfléchir. Finalement, il n'a pas protesté quand je lui ai annoncé votre visite aujourd'hui – j'espérais que vous vous montreriez même aujourd'hui, comme les semaines précédentes. »

« Donc… Je peux le voir. » dit Harry, mais c'était plus une question qu'une affirmation.

« Oui, vous le pouvez. Une chose encore, Quietus. » lui dit la femme lorsqu'il sauta sur ses pieds. « Vous ne pouvez rien lui dire sur le passé. »

« Rien ? » demanda Harry avec une totale incrédulité. « Mais alors… pourquoi ? »

« Vos histoires peuvent interférer avec les souvenirs de Severus qui émergent lentement et l'interférence pourrait être si sérieuse qu'elle peut endommager sa mémoire au lieu de la réparer. Tout souvenir est relié à un autre, donc cela peut causer un effet domino sur ses souvenirs. »

« Ca PEUT forcément causer ou ça POURRAIT accidentellement causer ? » rétorqua brusquement Harry.

« C'est entièrement accidentel, jeune homme, mais vous ne pouvez jamais savoir ce que causerait un tel effet sur lui. » Soudain, elle fit son âge : Harry put le voir dans ses yeux, dans ses rides, dans les légers plis autour de sa bouche.

« Donc, je ne peux pas lui parler. » dit Harry, irrité. « Je peux m'asseoir avec lui, en silence, appréciant ses sautes d'humeurs ou quoi ? »

« Pas besoin d'être cassant, M. Snape. » Le ton chaleureux devint un peu plus froid. « Vous pouvez parler de beaucoup de choses qui ne sont pas reliées à ses souvenirs. Vous pouvez parler des faits, par exemple, mais vous ne pouvez pas parler des événements. »

Harry se sentit confus.

« Je ne comprends pas, Madame. » dit-il, plus poliment cette fois.

« Vous pouvez lui dire les simples faits sans aucune description si le sujet est directement relié à l'un de ses souvenirs. Mais vous pouvez lui raconter toute l'histoire avec une description complète s'il n'y était pas présent. »

« Je comprends. Je ne peux pas lui donner d'images mentales pour ne pas corrompre ses souvenirs émergeants. »

« Exactement. Et vous ne pouvez pas lui donner d'indices sur SES sentiments dans des situations passées. Ou plutôt : le mieux est que vous ne lui parliez pas du tout de ses anciens sentiments. »

Harry leva la main vers sa tête, se massa les tempes et frotta ses yeux douloureux.

« Ca sera foutrement dur. C'est impossible. »

« Albus pense que vous êtes suffisamment intelligent pour le faire. »

« Et bien… un conseil sur comment faire ça ? »

« Comptez jusqu'à dix avant de répondre à une question. »


« Oh, le fils s'est finalement rappelé qu'il avait un père ! » Snape leva la tête et envoya un ricanement dans la direction d'Harry. Le mot 'fils' sonnait comme une insulte dans sa bouche. Harry s'arrêta complètement dans la porte et déglutit fortement.

« J'étais ici tous les jours. Les guérisseurs ne m'ont pas laissé te voir. » Sa voix était à peine plus forte qu'un murmure.

« Heureusement. » Le rictus de Snape s'approfondit. « Alors ? Que fais-tu ici ? »

Harry se sentit extrêmement stupide. Vraiment, que faisait-il là ?

« Je voulais juste te voir… » parvint-il à coasser et il se dandina.

« Tu m'as vu. Tu peux partir maintenant. » Du sarcasme pur et acide coulait dans les paroles de l'homme.

« Non. » Harry entra finalement et il ferma la porte avec un petit bruit. « Nous allons devoir vivre ensemble en août et je veux que ma présence te soit familière. »

« Pourquoi devrais-je vivre avec toi pendant mon temps libre ? » Snape haussa les épaules. « Tu as un endroit où habiter en ce moment, n'est-ce pas ? Tu peux aussi y habiter en août. »

« Oui, mais tu es mon gardien officiel, Severus. » Harry espérait qu'il n'avait rien dit de problématique pour le processus de soin.

« Severus ? Qui t'a permis d'utiliser mon prénom ? »

Snape semblait à présent outragé. Harry inspira profondément.

« Tu es mon père. Comment devrais-je t'appeler ? » Cette réponse semblait encore assez neutre.

« Oh, encore cette histoire de père. Qui te dis que je suis ton père ? »

Comment répondre cette fois ? Les pensées d'Harry s'emballaient.

« Regarde-moi. » Dit-il finalement avec un froncement des sourcils bien-pratiqué qu'il avait appris de Severus.

Soudain, la tension de l'homme perdit légèrement de sa véhémence. Les sourcils de Severus se froncèrent lorsqu'il lui jeta un long regard scrutateur.

« Et bien, en accord ton apparence, tu es vraiment mon fils. Cependant, je suis tout à fait sûr je n'ai jamais eu d'enfant. »

« Mais je suis là et je suis, sans erreur possible, un Snape. » Remarqua Harry.

« L'apparence peut facilement t'abuser, mon garçon. » dit Snape d'une voix plate. Harry eut un mouvement de recul dû au froid dans cette voix familière. Soudainement, il se sentait mortellement fatigué.

« Tu peux toujours demander une analyse de sang. » suggéra-t-il finalement. « Tu peux même préparer une potion pour m'identifier ou me jeter un Sort d'Identification. » Au moins, tu sauras que je suis le fils de ton frère, pensa Harry, et je ne devrais plus te mentir autant.

« Le Sort d'Identification ne peut être utilisé que par des employés de Ministère. » sourit Snape d'un air moqueur. « L'analyse de sang ou la potion peuvent juste rendre probable la relation parentale, pas certaine. »

Harry haussa les épaules.

« Je ne leur dirai pas si tu l'utilises. De toute manière, tu peux voir nos documents au Ministère de la Magie, si tu ne veux pas me croire. »

« Tu n'es pas aussi intelligent que me l'a dit Albus. » L'homme croisa les bras sur sa poitrine.

« Pourquoi ? » demanda Harry d'une voix neutre. « Juste parce que je t'ai dit que tu pouvais me jeter le Sort d'Identification ? Je sais que son utilisation est interdite et même que les employés du Ministère sont autorisés à le lancer sur un cadavre, parce que… »

« Stop. » Snape leva le bras pour accentuer l'ordre. Harry ferma la bouche et haussa de nouveau les épaules. « Je demande un test sanguin maintenant, et je veux le faire. Pas de triche. »

Harry leva les yeux au ciel.

« Ca te montrera que je suis ton fils. » prédit-il mais il ne protesta pas. Et tu prendras un mensonge pour la vérité, ajouta-t-il tristement pour lui-même.

Severus se leva et fit un signe à Harry.

« Allons-y. »

Harry suivit Severus avec obéissance, et il fut un peu surpris de voir à quel point l'homme connaissait l'hôpital. Il les amena aux escaliers sans aucun signe d'hésitation.

« Comment sais-tu où sont les laboratoires dans l'hôpital ? » demanda curieusement Harry alors qu'ils descendaient au sous-sol.

« Tu ne veux pas devenir un Maître des Potions, n'est-ce pas ? » demanda l'homme en retour, avec arrogance.

« Je ne sais pas encore. » dit sincèrement Harry. « Pourquoi ? »

« Les laboratoires sont toujours au sous-sol. » Severus eut un sourire en coin.

Harry sourit également, d'un air machiavélique.

« Je vois. S'il y a un incident dans les cachots, tu peux immédiatement démolir tout le bâtiment en une seule fois, donc tu n'as pas besoin de t'embêter pour le reconstruire. »

« Généralement, il n'y a pas de Londubat dans les laboratoires professionnels. » dit froidement Snape.

« Il n'y en a pas pour l'instant, mais tu ne sais pas pour le futur. » Harry put à peine retenir son rire. Snape s'arrêta et se tourna vers lui.

« Tu veux dire ? »

« Si je ne me trompe pas, Neville Londubat sera dans ta classe de Potions d'Aspics en septembre. » dit Harry de manière aussi impertinente qu'il le put. Ils continuèrent leur route vers le laboratoire.

« Impossible. » répondit fermement Snape après quelques pas. « Je ne pense pas qu'il puisse avoir ses BUSE en Potions, mais même s'il pouvait y arriver, je n'accepte dans ma classe de Potions d'ASPIC que ceux qui ont eu Optimal en Potions. » Il sourit, moqueur. « Il y a trop de potions volatiles dans le programme d'ASPIC et je ne veux vraiment pas détruire Poudlard… »

« Nous verrons. » sourit mystérieusement Harry.

« Et toi ? » Snape changea soudainement de sujet et frappa à la porte du laboratoire.

« Tu veux dire moi et les Potions ? » demanda Harry. Lorsque Snape acquiesça, il sourit. « Je ne sais pas encore. Je n'ai pas reçu les résultats officiels de mes BUSE. »

« Comment le sens-tu ? » L'homme semblait curieux.

« Tu ne peux pas te débarrasser de moi aussi facilement. » lui dit Harry. La porte s'ouvrit soudainement et il put voir la silhouette menaçante d'une grande sorcière qui se tenait dans l'encadrement.

« Que voulez-vous ? Ne savez-vous pas lire ? » demanda-t-elle avec colère en pointant son doigt vers un morceau de papier accroché à la porte. Elle lut : INTERDICTION DE FRAPPER.

« Poussez-vous, Lamarre. » coupa Snape. « J'ai besoin du laboratoire pendant une heure. »

« Professeur Snape… » La silhouette menaçante s'effondra et devint plutôt timide. « Bien sûr, mais je dois informer le… »

« Alors allez-y et dites-lui. » Snape entra dans le laboratoire avec Harry sur ses talons.

« Mais vous n'êtes pas censés amenés… »

« C'est mon fils. » dit-il d'un ton acide.

« Oh, je ne savais pas… »

« Moi non plus. »

Harry sentit une envie soudaine de ricaner. En réalité, il détestait ce côté de Severus, le côté impoli et typiquement bâtard, mais le comportement de Mme (ou Mlle) Lamarre était suffisamment irritant pour gagner le mépris de Severus. Quand la femme partit, Harry se tourna vers Severus.

« Tu es autorisé à entrer ici ? »

« En tant que Maître des Potions de cet établissement, bien sûr que j'en ai le droit. »

« Mais tu… » Harry secoua la tête. Apparemment, il y avait beaucoup de choses sur Severus qu'il n'avait pas appris lors de l'année qu'ils avaient passée ensemble.

« Je ne travaille pas ici. » termina le Maître des Potions. « Mais je travaille pour eux. Et ils utilisent beaucoup des potions que j'ai inventées. » dit-il, et pendant ce temps, il se dirigea vers un meuble de stockage et sortit une fiole scellée officiellement contenant une potion orange clair. Son étiquette disait : 'Potion de Dépuration'. Il déboucha la bouteille et versa son contenu dans un minuscule chaudron. Il alluma un feu et plaça le chaudron dessus. « Tu ne le savais pas, n'est-ce pas ? »

Harry le regarda alors qu'il pensait à la réponse appropriée.

« Je pense qu'il y a beaucoup de choses que je ne sais pas à ton sujet », dit-il finalement. « Cette unique année passée ensemble n'était apparemment pas assez pour tout savoir sur l'autre. Et tu n'es pas vraiment bavard… »

Snape retroussa ses lèvres.

« Bien sûr que non ! » dit-il avec indignation. « Alors laisse-moi voir », il se pencha au-dessus du liquide chatoyant. « C'est assez chaud », dit-il et il versa la potion dans deux petites fioles. « Donne-moi ton index ».

Harry tendit sa main et laissa Snape le piquer avec une aiguille consciencieusement désinfectée. Il le piqua et laissa une goutte tomber dans l'un des verres. Ensuite, il répéta ses actions sur lui-même.

« Et après ? » demanda Harry, et il sentit une petite nervosité s'élever dans sa gorge. Severus et lui avaient toujours accepté le fait qu'Harry soit en fait le fils de Quietus, mais maintenant, il se sentait un peu agité. Il en avait appris suffisamment l'année dernière pour savoir que le sort d'Adoption que Severus avait utilisé la nuit après son faux enterrement aurait marché même s'il n'était pas son neveu – comme le sort d'Adoption de James Potter avait marché splendidement pendant quinze ans – et maintenant les doutes l'assaillaient.

« Nous attendons quelques minutes – cinq, je pense que ce sera assez », répondit Snape, sa voix pleine d'une curiosité retenue.

Harry acquiesça et essaya de penser à la baguette qu'ils avaient faite ensemble, ou la baguette de Quietus, son journal, le récit de Dumbledore, mais tout semblait soudain équivoque et incertain. Et s'il n'était pas le neveu de Severus ? Le Severus qu'il avait connu à Nightmare Manor l'aurait considéré comme un fils, même si le résultat du test n'avait pas été positif, mais cet homme n'était pas Severus, c'était plus le Snape qu'il connaissait de ses cours de Potions de quatrième année : renfrogné, menaçant et profondément… eh bien, mesquin. Le bâtard. Harry ferma les yeux.

« Nerveux, hein ? » le ton narquois fit tressaillir Harry de dégoût.

Le Retour du Bâtard, pensa-t-il intérieurement. Il devait sans cesse tout recommencer. Il n'avait apparemment pas d'endroit sûr et ferme où se tenir, comme s'il était sur des montagnes russes

« Non, pas du tout », dit-il après un moment. « Je ne sais simplement pas comment réagir à ta nouvelle attitude ». Harry leva les yeux. Il vit une grimace horrible disparaître du visage de Severus et être remplacée par une expression anxieuse. Oui, Severus pensait sûrement que son 'fils' n'avait jamais vu ce coté de lui. A la fin, ce fut Snape qui mit fin au contact visuel et commença à fouiller furieusement les tiroirs. Quand il trouva ce qu'il cherchait, il grimaça à nouveau et le plaça sur le bureau.

Puis il leva les deux fioles et se tournant à la lumière il compara leurs couleurs. Harry commença à se relaxer. Il ne pouvait voir aucune différence entre les deux tons de bleu clair des deux potions.

« Tu as mis le papier-test dedans, n'est-ce pas ? » demanda-t-il. Il connaissait le papier-test de ses études de l'année précédente. C'était souvent utilisé en potions : quand quelqu'un voulait comparer deux potions apparemment identiques, ils utilisaient ces petites bandes. Quelques fois, même Snape les utilisait pour juxtaposer l'une des potions de ses élèves, qui semblait parfaite à l'une des siennes. La bande devait d'abord dans la supposée bonne potion pendant une minute – elle indiquait 100 pourcents - et après dans la seconde. Si le résultat était de 95 pourcents ou plus, les deux potions étaient considérées comme 'identiques', au-dessus de 90, c'était 'presque identique' (il y avait beaucoup de cas où même l'appréciation 'presque identique' pouvait être acceptée). Au-dessus de 80 pourcents, c'était 'similaire', entre 70 et 80 'apparenté' « Ce doit être au-dessus de 70, n'est-ce pas ? »

Severus secoua la tête.

« 70 pourcents indique juste une forte relation. Ce doit être au-dessus de 83 », il plaça prudemment la bande dans sa fiole « pour que la parenté soit crédible. Le meilleur résultat est 'presque identique', parce que la quantité de sang n'est pas importante dans la Potion de Dépuration. » Il vérifia le bout de papier imbibé. La bande indiquait 100. Il acquiesça et la plaça prudemment dans la fiole d'Harry. « Alors, voyons voir ce que Dumbledore et toi voulez me faire croire », Snape laissa un sourire satisfait s'étaler sur sa figure. « Quelle est ton histoire aujourd'hui ? »

Harry voulut soudain pousser la tête de Snape dans son chaudron et le laisser tout seul. D'un autre coté, il comprenait quelque peu ses soupçons. Lui, Harry, ou Quietus Harold Snape n'était pas vraiment son fils. Pendant un autre moment, Harry voulut que le papier-test indique un nombre inférieur à 83 et il pourrait mettre fin à ces mensonges, mais alors…

« Oh », il entendit le grognement surpris de Snape . Harry ne voulait pas regarder la bande imbibée. D'après la réaction de Severus, le résultat devait être au-dessus de 90.

« 94 pourcents ! » s'exclama Snape, surpris. « Mais… Albus a dit que ta mère était une Sang-de-Bour- née Moldue. »

Harry tressaillit légèrement de dégoût. Sang de Bourbe ! Merveilleux !

« Pire », dit-il sarcastiquement. « Elle n'était pas une Sang-de-Bourbe, père. Elle était simplement un morceau de bourbe elle-même, une simple Moldue ! » il cria les derniers mots de toute la force de ses poumons, puis il tourna sur ses talons et sortit en tempêtant et claqua la porte derrière lui.


Quand Harry rentra à la maison, il pensait que sa journée ne pouvait pas être pire. Il avait tort.

Il eut une longue et douloureuse vision avec un Seigneur des Ténèbres satisfait, riant à la manière d'un fou furieux et un bon nombre de tortures physiques. Harry accepta la douleur sans plainte et se démena fortement pour prélever autant d'informations qu'il le pouvait, quand il dut regarder deux choses insupportables. L'une d'entre elles était le premier meurtre de Leah et son initiation, l'autre était Avery, encore… Harry voulait supprimer sa souffrance, mais après le premier éclair du rasoir de l'homme, sa peau toute entière commença à brûler et lorsque Sirius et Hermione le réveillèrent en le secouant, son pyjama et ses draps étaient trempés de son propre sang.

« Harry ? » il entendit deux voix, inquiètes, presque paniquées dans son état à demi-conscient, et il sentit deux bras l'entourer et le tenir fermement. « Il saigne, Sirius », c'était la voix d'Hermione, un peu hystérique. « Il saigne ! »

« Ne crie pas », croassa Harry dans une voix éreintée. « On n'est pas sourd ». Mais il s'approcha d'elle, comme il avait l'habitude de se blottir près de Snape après de tels cauchemars.

« Qu'est-ce qui s'est passé ? » demanda la voix de Sirius, au-dessus d'eux.

« Avery et son rasoir », dit Harry, cependant, il suspecta que les autres ne pouvaient pas le comprendre.

Silence.

« Est-ce que c'est déjà arrivé ? » murmura Hermione avec incertitude. Quand Harry grogna un 'oui', elle continua. « Que faisait le professeur Snape dans ces moments-là ? »

« Potion Anti-Hémorragie, bain chaud, et quelques autres potions pour relaxer mes muscles et aider les plaies à guérir, mais je n'en ai pas dans ma valise. Mais », il ouvrit ses yeux. « Sirius, il y a une grande bouteille de Potion Anti-Hémorragie si tu ouvres le troisième tiroir, cette grosse potion violette, s'il te plaît », il s'assit et prit la bouteille de la main de Sirius.

« Tu en utilises souvent ? » demanda Sirius alors qu'il regardait Harry en ingurgiter quelques gorgées.

« Non », répondit Harry et il essuya sa bouche avec sa manche de pyjama. « Seulement quand mes plaies s'ouvrent. Ca fait la troisième fois. »

« Quand étaient les deux premières ? » demanda Sirius à nouveau, mais cette fois, ce fut Hermione qui répondit à la question.

« La première était en septembre ou octobre, quatre semaines avant la première visite des Aurors. La seconde était l'attaque de Ron en janvier… »

Harry soupira.

« J'ai reçu ces coupures à Nightmare Manor. C'est Avery qui m'a fait ça. Je suis presque mort de la perte de sang. » Il ferma ses yeux à nouveau, et il voulut soudainement que Severus soit de retour. Maintenant. « Je pense que ça été le tournant entre Severus et moi. Il était terrifié que je meurs. Il… il… » Harry n'arrivait pas à continuer. Il avait froid et avait des remords d'avoir laissé Severus dans le labo ce jour-là, seulement parce que…

Oh. L'eau chaude le rafraîchit. Severus… Mais quand il ouvrit ses yeux, il vit Sirius se pencher au-dessus de lui, et puis il fut ramené à son lit – son lit propre, sûrement l'œuvre de Hermione, et quelqu'un lui fourra une tasse de thé chaud dans ses mains. Hermione s'assit à coté de lui et enroula une couverture autour d'eux, Sirius s'assit dans une chaise à coté du lit, les deux l'observaient intensément, et tout d'un coup, Harry s'entendit parler et parler sur tout ce qu'ils ne savaient pas, sur ça, sur leurs jours heureux en enfer, sur Severus, sur leurs conversations, leurs sentiments et finalement leur découverte : la baguette qu'ils avaient faite tous les deux, leur fuite, Pettigrow, la nuit où Severus l'avait repris dans la famille Snape, sa nouvelle façon de voir les choses le lendemain, les Weasley, la famille Noblestone, le Baron Sanglant et sa courte, mais malheureuse, relation avec Leah, et il parla et parla, disant comment il se sentait : sans fin, et quand il arriva au point où Severus avait levé sa baguette et s'était amnésié, il put entendre le sanglot choqué de Hermione et le soupir erratique de Sirius, et il sentit une perte, terrible, irréparable, son cœur lui faisait mal et il comprit que Severus ne serait plus jamais le même.

Jamais

Il en était sûr. Il en était sûr, parce que pendant qu'il racontait les évènements des derniers mois, il sentait que sa vie aurait été totalement différente sans toutes ces choses, et ses sentiments actuels vis-à-vis de ces péripéties faisaient de lui ce qu'il était – et Severus ne se souvenait pas et n'avait pas ces sentiments.

Ce serait une année longue et douloureuse, Harry en était tout d'un coup certain

Et il n'avait aucune impatience de la vivre.


Le jour suivant, une chouette brune surexcitée tapa à la fenêtre de Harry. Il ne connaissait pas l'oiseau, et il ne reconnaissait pas l'écriture sur l'enveloppe. Il détacha le parchemin glissé à l'intérieur et jeta un coup d'œil au bas.

Ares.

Quiet,

Je ne sais pas quoi faire. Ma mère m'a envoyé chez mon oncle, car le Ministère surveille notre maison, et il y a beaucoup de MM (tu sais de qui je parle), et ma mère m'adjoint de quitter l'école, puisque j'aurais mes BUSEs dans deux semaines et que je rejoindrais 'l'Ordre auquel j'appartiens' (ce sont ses mots).

J'ai peur. Je ne veux pas de ça. Je me souviens de tes paroles, et je ne sais pas comment je peux trouver une issue. Je ne pense pas avoir trop de temps pour penser.

Je ne sais pas quoi faire.

Ecris-moi si tu as des idées.

Mais fais-le rapidement,

Ares


Après deux semaines d'attente, voici donc la troisième et dernière partie de la trilogie d'Enahma, qui contiendra 20 chapitres.

En espérant qu'elle vous plaira...