Titre : Through the Walls
Auteur : enahma
Traductrices : Thamril et Méphisto
Disclaimer : Comme vous vous en doutez, rien ne nous appartient. Le monde d'Harry Potter est à J.K.Rowling et l'histoire à enahma.
Note : Pas de spoilers du tome 5.
Chapitre 2 - DuelsHarry regardait fixement par la fenêtre. Il était assis sur le rebord, un large volume sur ses genoux, qu'il utilisait comme une table, ses doigts jouaient négligemment avec une plume. Il ne savait pas quoi faire. Il lisait et relisait la lettre d'Ares, mais il ne savait pas quels conseils il pouvait donner à son ami. Parfois, il lançait un regard au parchemin presque vide sur le livre. Il y avait seulement un mot dessus :
Ares,
Et il ne pouvait simplement pas continuer. Il était trop fatigué pour penser correctement, les événements de la veille, incluant le commentaire grossier de Severus et sa vision avec Avery, avaient affaibli ses forces et à présent, il se sentait drainé et épuisé. Le comportement de Sirius et d'Hermione après la confession de la nuit précédente le dérangeait aussi. Pendant le petit déjeuner, ils l'avaient traité comme s'il était accablé ou sérieusement malade : ils avaient parlé à voix basse et lui avaient jeté des regards sympathiques. Finalement, Harry en avait eu assez et il était allé dans sa chambre pour répondre aux inquiétudes d'Ares.
Pendant un moment, Harry considéra d'aller chercher l'aide de Severus, mais après une courte réflexion, il rejeta l'idée. Leur relation n'était plus ce qu'elle avait été, et même dans le passé, Severus ne faisait pas confiance au garçon. Il considérerait sûrement cette lettre comme un piège, mais s'il y avait un piège, il était pour Ares, pas pour Harry.
La gorge d'Harry se serra alors qu'il essayait d'imaginer la situation d'Ares. A chaque fois qu'il la considérait, il sentait une vague de soulagement l'inonder à propos de sa propre condition : il n'avait jamais été obligé de choisir entre joindre Voldemort et… Et quoi ? Sûrement que la famille d'Ares n'était pas sur le point de le donner au Seigneur des Ténèbres, comme les parents de Severus - ses grands-parents ! – l'avait fait à son père ! Sûrement pas ! Harry enfoui son visage dans ses mains. Il ne pouvait pas en être sûr. Il ne connaissait pas du tout la famille d'Ares, et Ares avait de nombreuses fois laissé entendre qu'il suspectait sa mère d'être une Mangemort, comme l'était son père. Les parents de Severus avaient été assez cruels pour torturer leurs fils et pour administrer le Sortilège de la Mort au plus jeune d'entre eux. Et le ton de la lettre d'Ares… effrayait Harry. Ares était horrifié : l'utilisation répétée de la phrase 'je ne sais pas quoi faire', l'écriture tremblante, et la confession de sa crainte – tout cela était des preuves de l'agitation intérieure et de l'impuissance de son ami.
Il ne pouvait pas le laisser dans l'embarras. Ares était resté avec lui après l'apparition de Malfoy senior, même après qu'il ait été réparti à Gryffondor, Ares avait toujours été là à sa manière, silencieux mais d'un grand soutien. Harry soupçonnait que Malfoy et sa bande l'avaient battu au moins une fois, cependant, Ares avait fait un brillant travail pour le cacher…
Donc, qu'écrire maintenant ?
Il soupira et mordilla la plume.
Ares, écrivit-il, j'ai peur de ne pas pouvoir te donner de bons conseils. Mais si les choses deviennent plus dangereuses, je pense que tu devrais venir ici. Tu sais où je suis et la cheminée est presque toujours ouverte. Fais attention. Ne prends pas trop de risque. Q.
Il plia le parchemin et se dirigea vers le hibou d'Ares. L'oiseau hulula, s'envola par la fenêtre ouverte et, en quelques minutes, il disparut dans le ciel sombre. Juste à temps. Des coups légers à la porte surprirent Harry, qui regardait le hibou.
« Entrez ! » dit-il et il se tourna. Sirius passa la tête dans la porte.
« Je te dérange ? » demanda-t-il et Harry secoua la tête pour répondre.
« Non. »
Sirius entra et ferma la porte.
« Je… Je veux te parler. » dit-il avec précaution. Harry leva les yeux au ciel et désigna une chaise.
« Tu peux t'asseoir. » dit Harry en s'installant sur la chaise en face. « C'est moins formel. »
Black s'assit, mais n'était pas à l'aise, Harry pouvait le voir. L'homme bougeait et ne levait pas les yeux de ses orteils.
« Alors ? » demanda impatiemment Harry.
« A quel point… l'amnésie de Severus est-elle sérieuse ? » coassa Sirius, ses yeux toujours fixés sur le sol.
« Assez. » dit Harry. « Il ne se souvient pas de l'année dernière, ni de son frère. »
« Tu avais l'air bouleversé hier, après être revenu de l'hôpital… »
« Et bien… » Harry n'avait pas l'intention de donner à Sirius une raison d'être furieux contre Severus. « C'était la première fois que nous nous sommes vus depuis des semaines, et il ne voulait pas croire l'histoire du Directeur sur le fait que je suis son fils. »
« Mais tu n'es PAS son fils ! » s'exclama Black et, à présent, il regardait directement Harry, qui devint nerveux.
« Oui, je sais que je ne suis pas son fils biologiquement, je n'ai pas besoin que tu me le rappelles ! » répondit-il brusquement, mais le moment suivant, il réussit à calmer sa voix. « De toute façon, j'ai demandé à Dumbledore de ne pas mentir à Severus, mais il n'était pas d'accord. A son avis, nous devons mentir pour maintenir ma couverture. Le Directeur pense que Severus ne m'accepterait pas s'il connaissait la vérité à propos de ma parenté. Je ne pense pas qu'il ait raison, mais je suis sûr nous ne pouvons pas dire à Severus la vérité sur mon identité. »
« Pourquoi ? » demanda Black à la grande surprise d'Harry.
« Bon Dieu, Sirius ! Severus Snape HAIT Harry Potter ! » cria-t-il impatiemment.
« Mais il a essayé de te sauver dans cette foutue prison ! Et tu m'as dit qu'il t'avait aussi sauvé lors de ta première année… »
« Ouais, parce que ma mère l'a forcé à me protéger. » dit Harry d'une voix ennuyée. « Elle l'a fait jurer sur le nom de son frère de me protéger. Mais pour lui, son frère n'existe plus. Ni son amour pour Quietus. Juste le serment forcé qui, comme il me l'a avoué, le fait juste me détester encore plus. »
« Cette foutue boule de graisse… »
« SIRIUS ! » coupa brusquement Harry d'un ton d'avertissement. « Quoi qu'il se soit passé, il est toujours l'homme que j'aime comme mon père ! »
« Mais comment ? »
« N'as-tu pas fait attention la nuit dernière ? Nous avons appris à nous connaître et à nous respecter. Nous avons été enfermés dans la même cellule pendant deux semaines. Nous avons été battus et presque tués là-bas. Nous… »
« Mais la situation est différente maintenant. » dit soudainement Black. « Et je… Ecoute, Harry, je ne pense pas vraiment qu'il t'acceptera sans… »
« Ouais, je sais. » La colère d'Harry s'évapora et fut remplacée par une soudaine fatigue. « Je sais. Et je sais qu'il découvrira que je suis Harry Potter, parce qu'il n'est pas stupide. Mon seul espoir est que d'ici là, je puisse traverser ses murs… D'une manière ou d'une autre… » Sa voix se brisa.
« S'il te blesse, je jure que je… » commença Sirius, mais Harry l'interrompit.
« C'est un sorcier et tu es un Cracmol à présent, Sirius. Tu ne peux rien faire contre lui. D'un autre côté, je peux m'en occuper. Je le connais même s'il ne me connaît pas. Et… Sirius, je ne suis plus un gosse. Je peux me protéger. »
« Tu n'as même pas seize ans ! » sourit légèrement Black. « Cependant, à ton âge, je me considérais comme un adulte, mais après… »
« Sirius, tu n'as pas dû faire face à Voldemort quand tu avais mon âge. Tu n'as pas dû passer par deux semaines de torture, être témoin de morts, jouer un rôle pendant des mois, abandonner tes amis… Et pour Severus, il était toujours là pour moi… »
« Ce n'était pas ma faute si je ne le pouvais pas ! » coupa Sirius.
« Je sais. Ce n'était pas non plus ma faute. C'est juste arrivé de cette façon et nous ne pouvons rien y changer. » La voix d'Harry était remplie de résignation. Le silence tomba sur eux.
« Harry. » tenta Sirius quelques minutes plus tard.
« Hmm ? »
« Je suis désolé. »
« Je suis désolé aussi, Sirius. »
Snape était dans son lit et lisait le dernier numéro du Préparateur Expérimenté. Harry le reconnu immédiatement quand il entra dans la pièce. C'était ce numéro qui contenait la publication de Severus sur l'Infusion modifiée de la Tue-Loup - il était sorti alors que Severus était étendu sans connaissance à l'hôpital. Cependant, Harry avait lu l'exemplaire de son oncle et avait été véritablement étonné de comprendre presque tout. Et bien, il avait dû faire une petite recherche à la bibliothèque pour comprendre quelques passages confus, mais la chose en elle-même n'était pas trop compliquée.
« Je vois que tu y as déjà jeté un coup d'œil. » dit soudainement Snape en fermant le journal.
« Oh. » sourit Harry. « Tu as lu mes questions dans la marge. » Il avait griffonné les choses pour lesquelles il avait besoin des explications de Severus.
« J'aime la manière dont tu poses tes questions. » Le Maître des Potions fit signe à Harry de s'asseoir et rouvrit le magazine. « Celle-ci, par exemple… » Il commença à expliquer la première question.
Une longue discussion suivit chacune de ses explications et la demi-heure suivante passa si vite que ni l'un ni l'autre ne réalisa quelle était l'heure quand ils eurent finalement fini. Lorsqu'une infirmière vint les prévenir qu'il était l'heure de dîner, ils étaient entourés de parchemins gribouillés, Harry était à genoux sur une chaise et penché sur la table pour voir les images que Snape dessinait pour clarifier ses descriptions. Ils étaient si profondément plongés dans leur conversation qu'ils ne remarquèrent pas la femme qui les laissa seuls, un sourire sur le visage.
« Hé, Severus, tu ferais mieux de guérir la plus vite possible, parce que je ne pense pas qu'Hermione et moi puissions le préparer correctement pour Ré- Oups. » Harry déglutit et s'arrêta au milieu de sa phrase lorsqu'il remarqua l'expression presque choquée de Severus. Pendant quelques minutes, Harry avait complètement oublié l'état de Snape, et il avait réussi à dire quelque chose de mauvais.
Le Maître des Potions qui avait gesticulé pendant leur conversation laissa soudainement tomber sa main et serra ses lèvres en une ligne mince. Pendant une minute extrêmement longue, il y eut un profond silence. L'air était glacial.
« Tu veux dire Miss Granger ? » demanda lentement Snape et, lorsque Harry acquiesça, il continua. « Qu'est-ce que vous faites tous les deux ensemble pendant l'été ? »
« Dumbledore ne t'a pas dit où je vivais pour le moment ? » demanda Harry plein d'espoir.
« Non. » Un rictus bien connu apparut. « Il m'a seulement assuré que tu étais sécurité. »
« Bien alors. » Harry soupira et se prépara au pire qui puisse arriver. « Mais tu ne seras pas content. »
« Crache le morceau. » lui aboya Snape.
« Tu dois savoir que la fin de la dernière année scolaire… »
« Je sais que Lucius a été le Directeur pendant quelques semaines et qu'il a tué le professeur de Défense. » Snape courba ses lèvres en un sourire mauvais. « Ce poste est en effet maudit… Alors ? Que s'est-il passé ? »
« Il y a eu une attaque sur plusieurs familles Moldues ayant des enfants sorciers. Les parents d'Hermione - Miss Granger si tu préfères - ont été tués et elle est restée sans aucune famille vivante. Tu étais étendu sans connaissance ici, donc » Harry déglutit avant le minuscule mensonge suivant, « Dumbledore nous a laissés emménager au QG de l'Ordre avec… heu… Sirius Black et sa belle-fille… »
« QUOI ! » Le visage de Severus était tordu d'une pure fureur. « Tu vis avec ce… ce tueur déséquilibré ? Est-ce que Dumbledore est devenu complètement fou ? Je… »
« La ferme ! » s'exclama Harry mais sa réaction rendit juste Snape encore plus furieux.
« Ne prend pas ce ton quand tu me parles, mon garçon ! »
« Mais tu… » commença Harry enragé, mais il s'arrêta. « Très bien. » dit-il avec beaucoup plus de réserve et il croisa les bras sur sa poitrine. « Tu peux continuer à tempêter maintenant. »
« Non, mon garçon. » siffla Snape. « Soit tu te comportes correctement, soit tu pars maintenant, je ne m'en moque. Mais je ne tolérerai pas ce ton avec moi ! »
Harry haussa simplement les épaules et dut se forcer pour ne pas cracher en retour quelque chose de venimeux. Pendant un instant, il sourit presque alors qu'il essayait de compter jusqu'à dix - la Guérisseuse avait eu d'autres raisons à l'esprit quand elle lui avait donné ce conseil.
« Apparemment, tu peux insulter tout le monde, Dumbledore complètement fou, Black un tueur déséquilibré, ma mère un morceau de boue, mais je dois surveiller mes paroles si je veux ta précieuse attention, n'est-ce pas ? » dit finalement Harry et, bien que le ton soit réservé, il savait parfaitement que l'intention était plutôt mordante.
Un autre silence.
« Ce commentaire à propos de ta mère… » commença Snape et il sembla soudainement mal à l'aise, mais Harry ne le laissa pas finir sa phrase.
« Je m'en moque. Nous savons tous les deux que le Directeur sera toujours plus grand et plus intelligent que nous, nous savons tous les deux que Black n'est PAS un meurtrier, cependant, le Mangenmagot l'a privé de sa magie et l'a condamné à un emprisonnement à vie à Liberty - il n'a pas reçu le Baiser du Détraqueur juste parce que les Détraqueurs ont rejoint Voldemort l'été dernier et, à présent, il n'est presque rien de plus qu'un Cracmol, quant à ma mère… »
« Elle n'était pas Moldue, n'est-ce pas ? » demanda Snape sans prêter attention aux autres paroles d'Harry. « Elle ne pouvait pas l'être - les résultats du test… »
Ca semblait si plein d'espoir qu'Harry le frappa presque de rage.
« Ecoute, je me moque de tes foutus résultats, je… » Mais il réalisa soudainement que le Severus à qui il parlait, n'était PAS le bâtard qu'il connaissait des cours de Potions. C'était un homme malade, un homme qui avait perdu ses souvenirs et ses sentiments et qui, en ce moment, ne pouvait pas accepter et exprimer - et peut-être même ressentir - de véritables émotions. Cette pensée calma suffisamment Harry pour qu'il continue plus doucement. « Je ne suis pas censé parler de ces choses, Severus. Tu es émotionnellement impliqué et je ne sais pas comment te dire cela sans cette espèce d'intervention dont m'a parlé la Guérisseuse en Chef. Tu dois demander au Directeur. Pour Black, Hermione et moi vivant ensemble : le Directeur a pensé que nous serions en sécurité au Manoir Black puisque c'est maintenant le QG de l'Ordre. De plus, Hermione et moi avons été élevés par des moldus et nous apprenons à Black comment vivre dans le monde moldu. Nous, et tout l'Ordre, sommes sous un Sortilège de Fidelius… »
« Mais tu n'es pas en danger. » remarqua Snape avec un sourire sarcastique. « Tu n'as pas besoin d'être 'en sécurité'. »
« Si ce 'tu' se rapporte à moi, alors je dois te dire que je suis en effet en danger. Je ne sais pas pourquoi Dumbledore ne te l'a pas dit, mais Voldemort a appris où allait ta loyauté et tu n'es plus espion - et tu sais parfaitement qu'elle est la punition pour être de la famille d'un traître. »
Snape pâlit soudainement, et son expression perdit de son tranchant.
« Il m'a dit, mais je… » chuchota-t-il. « Est-ce que cette histoire de Mangemorts quand j'ai été attrapé par le Ministère a quelque chose à voir avec toi ? »
« Ouais. Voldemort m'a enlevé et il voulait me tuer. Tu es venu me chercher. Nous avons à peine survécu à cette rencontre. » Harry espérait qu'il ne parlait pas d'événement, juste des simples faits.
« Comment a-t-il pu t'attraper ? Tu étais à Poudlard, n'est-ce pas ? » Un nouveau regard soupçonneux.
« Portauloin. » dit simplement Harry, levant les yeux au ciel. Severus suspectait même son propre fils d'enfreindre les règles de l'école !
« Ah, le bon vieux tour. Comme pour Potter. » Les yeux de l'homme regardaient fixement le plafond. « En parlant du Potter… que penses-tu de lui ? Tu es dans la même année que ce petit idiot gâté. »
« Nous ne le sommes pas. » Le cœur d'Harry se mit à battre plus vite et ses mains devinrent moites. Les yeux de Snape quittèrent le plafond et fixèrent son visage.
« Tu étais en cinquième année… comme Potter ! Tu dois le connaître ! »
« Il est mort, Severus. » Sa voix était faible. Comme l'expression de Snape devint horriblement suffisante à cette révélation, Harry ne pouvait plus respirer à cause de sa soudaine douleur émotionnelle.
« Il y a toujours des miracles et des souhaits réalisés, à ce que je vois… »
Harry se sentit malade et nauséeux. Cependant, il n'y avait rien d'inattendu.
'Tu me détestais vraiment ?'
'Je dois admettre que… oui.'
Snape l'avait avoué LA-BAS, dans l'enfer de Voldemort. Harry comprenait totalement, mais ça ne signifiait pas qu'il n'était pas blessé. Ca faisait horriblement mal, plus que tout autre chose. Il voulait soudain être seul, donc il sauta sur ses pieds et se précipita vers la porte.
« Où vas-tu ? » demanda Snape derrière lui.
« Loin de toi. C'était assez de toi pour aujourd'hui. » Sans un regard en arrière, il ouvrit la porte et fit un pas dehors. Mais avant de fermer la porte, il passa la tête dans la porte entrebâillée et fronça les sourcils en direction de Severus. « Voldemort l'a torturé pendant deux semaines à Nightmare Manor, et finalement, Peter Pettigrew - oui, lui, et non pas Sirius Black ! – lui a lancé le Sort de Mort. » Il regarda le visage légèrement choqué. « Au revoir. »
BOUNG !
Harry pensa qu'il n'avait jamais eu autant de plaisir à claquer une porte comme cela auparavant.
Leur relation ne semblait pas parfaite.
« Quietus, attend ! » Une voix familière l'arrêta alors qu'il quittait la pièce rapidement.
« Quo… Neville ! » s'exclama-t-il avec surprise. « Comment… Que fais-tu ici ? »
Harry réalisa immédiatement que sa question était dépourvue de tact car Neville rougit avec embarras et ne le regarda pas.
« La même chose que toi, je pense. » murmura-t-il et Harry ressentit le même genre de malaise que son ami rondouillard.
Quelques longues minutes de silence suivirent les premières phrases.
Neville le brisa : « Désolé. Tu ne savais sûrement pas… »
« Je savais. » avoua Harry. Il ne voulait pas cacher à Neville plus de choses que ce qu'il était entièrement obligé de faire. « Severus me l'a dit, il y a longtemps, quand je lui ai demandé ses raisons pour être un tel bâtard avec toi… »
Neville leva la tête, et Harry put voir pendant un court instant qu'il souriait. Son sourire s'élargit lorsque ses yeux aperçurent quelqu'un derrière Harry.
« Professeur Snape ! Vous êtes réveillé ! » Neville semblait vraiment enthousiaste.
L'estomac d'Harry sauta dans sa gorge en voyant la joie évidente de son ami à la vue du rétablissement du professeur autrefois détesté. Très lentement, il tourna la tête vers Severus, sentant ses membres figés. La terreur totale sur le visage de Severus le rendit encore plus mal à l'aise.
« Neville, il… » Harry força ces mots à traverser sa gorge serrée.
« M. Londubat, que faites-vous ici ? » demanda froidement Snape en regagnant son calme.
Une expression incertaine apparut sur le visage de Neville.
« Oh, heu… » Il était incapable de formuler une réponse normale.
« Visite sociale. » dit rapidement Harry.
Pendant un autre instant, le choc revint sur le visage du Maître des Potions, mais il disparut presque immédiatement. Pour être remplacé par un sourire inquiétant et suffisant, le jumeau de celui qu'Harry avait eu le malheur de voir quelques minutes auparavant.
« Je vois. » Ses lèvres se courbèrent. Pour ce qui n'était pas la première fois de la journée, Harry ressentit un besoin urgent de le frapper.
A présent, Neville semblait comprendre la situation. Il dirigea son regard vers Harry, un air interrogateur sur le visage. Harry acquiesça simplement.
« Je ferais mieux d'y aller. » Neville tendit sa main à Harry. « A bientôt, vieux. »
Ils se serrèrent la main et Neville disparut. Cependant, Snape resta là, les sourcils froncés. Il semblait furieux. Il l'était probablement, pensa Harry.
Snape saisit le bras d'Harry et le ramena dans la pièce. Il claqua la porte derrière eux et se tourna vivement vers Harry pour lui faire face.
« Qu'est-ce que c'était ? » demanda-t-il en lui lançant un regard noir.
« Neville Londubat, l'un de tes étudiants, qui a reçu un E aux examens de Potions de milieu d'année. » Harry savait que la mention du résultat de Neville n'améliorerait peut-être pas la situation, mais il ne pouvait pas s'en empêcher. « Et il est aussi l'un de mes amis. »
« Ami. » Un léger doute modifia le ton de la voix froide de Severus.
« Exactement. Avec Hermione Granger et Ares Nott. » Harry croisa les bras et leva fièrement la tête.
« Mais ce sont des Gryffondors ! Comment peux-tu être ami avec ces foutus Gryffondors ? »
« Ares est un Serpentard. Quant aux autres deux : Dumbledore et toi avez accepté de ne pas me répartir, et McGonagall m'a mis avec les cinquième année de Gryffondor. » Harry déglutit. Pour le moment, il ne se sentait pas prêt à dire Severus pour sa répartition.
Pour la première fois depuis les deux dernières visites, Harry aperçut quelque chose dans l'expression de Severus. Quelque chose comme de la fatigue et de la confusion - et cela fit diminuer toute sa colère et toute sa frustration.
« Laisse-moi te dire. » dit-il doucement en se rapprochant de l'homme encore strictement gardé. « Laisse-moi t'aider. »
L'incertitude traversa de nouveau le visage de Snape.
« Je ne pense pas que ce serait sage. Pas encore, du moins. Cassia, la Guérisseuse en Chef pense que ça devrait attendre. Dumbledore me cache aussi des informations. Je les comprends, mais… » Il réalisa soudainement qu'il parlait et il ferma la bouche. Harry ressentit à nouveau un accès de colère - mais cette fois, c'était dirigé vers les deux autres adultes.
« Ils ne m'ont pas dit de ne pas te parler. Au contraire. La Guérisseuse en Chef m'a seulement demandé de ne pas te dire les événements, juste les faits. » Harry put presque sentir l'hésitation de Severus.
« Ca pourrait encore être un plan retord de Dumbledore. » murmura-t-il soudainement. « Il veut que nous parlions et que nous nous connaissions. »
Ce Severus était tellement semblable à l'homme qu'Harry avait appris à aimer qu'il cria avant même d'y penser.
« Mais nous nous connaissons ! » Le moment où ce fut sortit, Harry réalisa sa propre stupidité. « Désolé. » ajouta-t-il immédiatement. « J'ai oublié de compter. »
« Compter ? »
« Jusqu'à dix, je veux dire. Avant de parler. »
Severus acquiesça simplement et s'effondra sur son lit.
« Bien alors. Voyons ces faits. Est-ce que je te connaissais avant l'été dernier ? »
La respiration d'Harry s'arrêta pendant un instant et il commença à hurler mentalement sur Dumbledore pour le mettre dans ce pétrin.
« Non. » Répliqua-t-il finalement. « Tu es venu me chercher après avoir échappé à Voldemort. »
« Echappé ? »
« Tu étais son prisonnier. »
« Je… Comment a-t-il découvert que j'étais l'espion ? »
« Tu as essayé de sauver Potter. » dit Harry, aussi neutre que possible.
« J'ai. Sauvé. Potter. Mon Dieu, tu dois te tromper ! »
Harry eut envie de jurer.
« Je pense que tu devrais compter aussi. Pensais-tu vraiment ce que tu as dit ? »
Le visage blanc de Severus se tordit de confusion. Beaucoup de temps passa avant qu'il rouvre la bouche.
« C'est l'un de ces… manques émotionnels embarrassants, comme les appelle Cassia. » dit-il, plongé dans ses pensées. « Je SAIS que je devais sauver Potter dans une telle situation, mais je ne suis pas sûr que je le ferais maintenant. »
« Mais... pourquoi ? » tenta Harry. La réponse vint presque abruptement.
« Parce qu'il est juste un imbécile stupide, irresponsable, ennuyant, impertinent, pourri-gâté et arrogant, la copie conforme de son père qui… » Les mots s'arrêtèrent. Harry soupira, mais resta silencieux. « Il y a encore quelque chose que je ne peux pas me rappeler. James Potter a fait quelque chose que je ne peux pas me rappeler avec ce meur… Black. » L'humeur d'Harry s'éclaira lorsque Severus se retint d'insulter Sirius. « Ils m'ont presque tué alors. »
« Oui, l'incident du loup-garou. » approuva Harry.
« Donc, tu le sais. »
« Tu me l'as dit. »
« Y-a-t-il quelque chose que je ne t'ai pas dit ? »
Harry décida de s'asseoir. Il tira une chaise face à Severus et s'effondra dessus.
« Tu m'as dit beaucoup de choses, Severus. »
Silence.
« Tu n'es pas mon fils, n'est-ce pas ? » demanda soudainement le Maître des Potions.
« Souviens-toi du test sanguin. »
« Je m'en souviens, mais je ne peux toujours pas le croire. Je devrais me rappeler de toi ! Je ne t'ai pas Obliviaté ! Pourquoi aurais-je dû… ? »
« Pour me protéger du Ministère. » chuchota Harry, vaincu.
« Mais… pourquoi devrais-je te protéger ? Qu'as-tu fait ? »
« Je suis désolé, Severus. » Le chuchotement d'Harry était à peine audible. « C'est quelque chose que je ne peux pas te dire. Pas maintenant. Pas encore. »
Les jours suivants furent beaucoup plus silencieux et plus calmes entre Harry et Severus. Ils ne parlèrent plus, Snape fuyait devant toutes sortes de conversation et, le connaissant, Harry savait qu'il se sentait embarrassé ou peut-être même honteux de ces moments de légère franchise. Ce n'était pas quelque chose de nouveau : Harry se rappelait parfaitement de la conversation qu'ils avaient eue à Noël dernier au sujet des activités de Mangemort de son beau-père et des jours de silence inconfortable qui avaient suivis. Et, bien que le sujet ne soit pas tout à fait aussi délicat, le simple fait qu'Harry en sache plus sur Snape ou sur les événements de l'année passée était sûrement assez dérangeant, sans mentionner ces 'trous' dans sa mémoire. Donc, ils s'installaient autour d'un jeu d'échecs et discutaient des articles de potions. Leur relation ne se développait pas : Snape ne l'appelait même pas Quietus, il ne lui demandait rien et, plus que tout, il ne montrait aucun signe de vouloir le connaître.
Harry était presque continuellement triste, mais il refusait l'aide de Sirius à chaque fois que son parrain venait le voir pour le réconforter. Il ne voulait pas que Sirius médise à propos de Severus, le blâme ou soit en colère contre lui - non. Ca blessait Harry, et Sirius ne montrait aucune bonne volonté pour comprendre la situation, donc Harry se sauvait à chaque fois que Black venait pour parler. A la place, il acceptait l'aide compréhensive et pleine de bonne volonté d'Hermione - la jeune fille ne disait jamais un mot contre le comportement d'Harry ou celui de Severus, elle écoutait Harry attentivement et sans préjugés.
Après quelques jours, Sirius décida de laisser Harry tranquille, s'enfermant dans un silence distant. Il était vexé. Hermione essaya de les réconcilier, mais Sirius refusa de faire le premier pas et Harry déclara qu'il n'avait sûrement rien fait à son parrain, mais que c'était l'homme qui réagissait comme un enfant.
« Je ne me comporte pas comme un enfant ! » beugla Sirius. « TU es toujours tendu et irrité TOUTES les fois que tu reviens de l'hôpital, TU défends ce bâtard qui n'en a rien à faire de toi, TU… »
« LA FERME ! » Harry sauta sur ses pieds. « TU NE COMPRENDS RIEN ! »
« Je comprends parfaitement ! » Sirius se leva et mit ses mains sur ses hanches. « Il s'est Obliviaté lui-même ! Ca veut dire qu'il n'est PAS l'homme qu'il était, Harry ! Il ne te veut pas avec lui ! Il ne t'aime même pas ! Et s'il ne retrouve pas ses souvenirs, il ne sera jamais le même ! »
« Non ! Tu as tort ! Ce ne sont pas les souvenirs qui font l'homme ! »
« SI ! »
Deux hommes, rouges de fureur, se tenaient au centre du salon d'une façon menaçante quand Hermione entra.
« Quiet ! Sirius ! Qu'est-ce que vous pensez être en train de faire ? » demanda-t-elle nerveusement. « Toute la maison peut entendre votre stupide querelle ! Et Sirius, » Elle se tourna vers le plus grand des deux hommes, « N'appelle PAS Quietus pas un autre nom que celui-ci. Nous ne sommes pas seuls dans le manoir, Anne et d'autres membres de l'Ordre sont ici. Tu le mets en danger par ton comportement négligent, bien que tu sois censé être l'adulte ! »
Sirius serra les poings, traversa la salle sans un mot et claqua la porte derrière lui. Harry se tourna brusquement vers l'escalier pour aller dans sa chambre, mais la main d'Hermione sur son épaule l'arrêta.
« Quietus, attend. »
Son pied stoppa presque en l'air, ses épaules s'effondrèrent.
« Quoi ? »
Hermione déglutit et se rapprocha.
« Sirius a partiellement raison, tu sais. » tenta-t-elle.
« Non. » Harry secoua fermement la tête. Mais après un moment, il ajouta « Ou pas entièrement. Du moins, pas dans le cas de Severus. » Il s'arrêta pendant un instant. « Tu sais, j'y ai beaucoup pensé, et maintenant je pense que son caractère était déjà formé quand l'accident s'est produit. L'amour qu'il a reçu dans le passé a eu son effet sur lui, même s'il ne peut pas s'en rappeler maintenant. Il est seulement confus et… Je pense qu'il se sent humilié aussi. » A présent, il faisait face à Hermione. « Il a besoin de quelqu'un, tu sais. Et le Directeur et la Guérisseuse en Chef pensent que je suis celui dont il a besoin dans cette situation. Son supposé fils, et pas un étranger. Même s'il ne peut pas croire que je suis son fils - et il a parfaitement raison. » Un pli amer apparu au coin de sa bouche.
« As-tu parlé à Dumbledore ? »
« Non. J'ai parlé à la Guérisseuse. Elle me l'a dit. »
Après cette conversation, Harry passa plus de temps seul, dans sa chambre. Il était reconnaissant à Hermione d'avoir interrompu sa dispute avec Sirius, parce qu'il ne voulait pas le mépriser et, après l'attitude irresponsable de l'homme, il était très près de le faire. Donc, il considérait qu'il valait mieux rester aussi loin de lui que possible.
Les jours suivants passèrent dans une atmosphère froide ; aucun des deux hommes ne montrait un peu de bonne volonté pour ouvrir le dialogue ou même pour échanger quelques mots neutres sur des sujets indifférents et Hermione était obligée de servir de médiateur entre eux et de trouver un sujet de discussion.
Elle avait de la chance : deux événements inattendus vinrent à son aide. Le Ministre par Intérim annonça les élections pour le 30 août. Juste après l'annonce, la communauté sorcière entra dans une grande agitation, qui grandit après que le procès de Malfoy ait commencé.
Les deux sujets étaient intéressants pour Harry : l'identité du prochain Ministre et le jugement final dans le cas de Malfoy joueraient un rôle important dans sa vie et celle de Severus – sans mentionner leur rôle essentiel dans la situation actuelle de la guerre.
Il y eut beaucoup d'attaques pendant l'été, la majeure partie d'entre elles était une surprise pour Dumbledore et Patil – apparemment, il n'y avait aucun espion de l'Ordre ou du Ministère dans le Cercle Intérieur de Voldemort, à présent que Severus avait été démasqué, et Harry, grâce à ses immenses douleurs ne pouvait percevoir et rapporter que les quelques informations qu'il attrapait dans ses visions, donc, souvent, le Côté Lumineux souffrait d'énormes pertes : le nombre de victimes était déjà supérieur à deux cents, incluant les Moldus tués. Cependant, Voldemort faisait attention à ne blesser aucun de ses alliés potentiels, il n'avait jusqu'à présent attaqué aucune famille de sang-pur et - étonnamment - seulement quelques familles sorcières mixtes. Après son attaque sur ces familles de Moldus qui avaient un enfant sorcier en mai, le Ministère avait aidé les survivants et les possibles futures victimes à déménager à l'étranger (principalement en Amérique) et essayait de protéger ceux qui restaient, donc il y avait eu une petite coupure dans les deux derniers mois, mais juste après l'annonce de Patil, les attaques avaient recommencé afin d'affaiblir sa position évidemment gagnante. Evidemment - parce qu'il était presque sûr que Patil serait le nouveau Ministre à partir de septembre.
Le cas de Malfoy était autre chose. Beaucoup de gens de la communauté sorcière le respectaient ou le craignaient (ça dépendait de la personne) assez pour le considérer innocent des crimes horribles dont l'accusait le Ministère. Harry fut choqué quand il lut pour la première fois ces avis dans les pages de la Gazette du Sorcier dans la chambre d'hôpital de Severus. Quand il montra l'article à Severus, l'homme haussa simplement les épaules.
« Il a trop d'argent et trop de relations. C'est un sang-pur et un philanthrope généreux, il a été le Directeur de Poudlard pendant quatre mois… Trop de choses pour croire à sa culpabilité aussi rapidement. » expliqua-t-il d'une voix ennuyée mais, depuis le temps, Harry était suffisamment entraîné pour voir à travers son ennui feint et pour reconnaître le véritable intérêt.
Sirius, au contraire, déclara que tout cela n'était que des stupidités incroyables et il ne sembla pas vouloir considérer les choses plus profondément.
Harry se surprit à attendre ardemment août, quand il serait libéré de Sirius et de son attitude frustrante. Severus, même en étant un bâtard, était pour lui beaucoup plus tolérable que Sirius dans sa meilleure humeur. Harry avait réellement ri quand cette pensée lui était apparue.
Peut-être était-il VRAIMENT un Snape après tout.
Hermione était inquiète. Quietus (Harry – elle n'arrivait pas à penser à lui comme à Harry, enfin pas réellement, parce que le garçon qu'elle avait appris à connaître l'année dernière… eh bien, il était différent du Harry qu'elle avait connu pendant des années) avait perdu du poids lors des dernières semaines (plus d'un kilo d'après son estimation), son visage n'était plus pâle, mais cireux comme celui du professeur Snape, il avait des cernes sous les yeux et son expression était rarement joyeuse – il hantait amèrement la maison quand il n'était pas à l'hôpital…
Pendant un long moment, Hermione avait pensé que Snape était de mauvaise humeur, alors elle n'avait pas osé parler de ses soupçons. Elle savait bien comment Quietus réagissait aux remarques de Sirius et comment leur amitié d'autrefois était devenue une relation froide et distante. Hermione avait peur de laisser Quietus seul dans ces temps difficiles, alors elle ne le provoquait pas, l'écoutait seulement chaque fois qu'il partageait un peu de ses sentiments, de ses peurs, ou de ses peines. Pas qu'il le faisait souvent. Généralement, c'était elle qui recevait le même traitement de sa part quand la peine l'étouffait : consolation silencieuse et oreilles attentives.
Mais elle avait tort. En fait, elle n'avait que partiellement tort, parce que l'état du professeur Snape ne contribuait vraiment pas à alléger l'humeur de Harry, ne serait qu'un petit peu, mais ce n'était pas ça la principale raison.
C'était l'expérience quotidienne des tortures de Voldemort. Harry pouvait seulement dormir quelques heures par jour. Elle l'avait découvert par hasard.
Une nuit, Harry avait oublié (ou n'avait simplement pas voulu) la faire léviter dans sa chambre et, à 3 heures du matin, elle s'était réveillé sur le canapé assez inconfortable. Sur le chemin de son lit, elle avait vu de la lumière en dessous de la porte d'Harry. Elle s'était prudemment introduite à l'intérieur afin de ne pas réveiller son ami endormi, mais Harry ne dormait pas. Il lisait, mais il était si fatigué qu'il ne vit pas Hermione entrer.
Curieuse, Hermione vint le voir la nuit suivante.
Et la suivante.
Et la suivante.
Et Harry lisait au lieu de dormir. Toutes les nuits, apparemment.
Hermione ne savait pas quoi faire. Elle avait surpris Harry seulement trois fois, et elle manquait tellement de sommeil qu'elle pouvait à peine rester éveillée. Elle ne considéra pas partager sa découverte avec Sirius – à ce tournant de leur relation, ce serait la chose la moins intelligente à faire. Harry serait furieux, Sirius en colère à cause de l'attitude cachottière de Harry et finalement son ami se renfermerait. Elle était fortement tentée d'aller à l'hôpital et de demander l'aide du Maître des Potions, mais elle n'était pas sûr que l'homme ferait quelque chose, étant donné la situation.
Elle ne savait pas quoi faire. Alors, juste par amitié, elle surveilla Harry toutes les nuits, projetant d'entrer dans la chambre d'Harry, mais elle avait trop peur de l'embarrasser, alors elle s'asseyait une ou deux heures en face de sa porte. Cependant, elle n'était pas aussi entraînée qu'Harry, et elle tombait souvent endormie de fatigue à même le sol.
A la huitième nuit de garde, une voix étouffée la tira de sa sieste. Sans réfléchir, Hermione entra dans la pièce sombre, mais pas entièrement noire, et remarqua immédiatement la forme en boule d'Harry. Le visage du garçon irradiait de douleur, mais son expression entière montrait le contrôle sur la souffrance : ses poings serraient ses poignets si fort que ses phalanges étaient blanches, il transpirait fortement et serrait les dents, mais il était immobile. Parfois de petites convulsions parcouraient son corps tendu et des grognements retenus s'élevaient de sa bouche. Son comportement laissait transparaître tant de contrôle de soi… et Hermione n'eut pas besoin de beaucoup de temps pour en connaître la raison.
Harry se laissait souffrir pour obtenir des informations pour le coté Lumineux.
Presque en transe, elle s'assit à coté de la tête d'Harry et posa sa main sur son front, lentement, ne voulant pas l'alarmer, elle caressa les mèches trempées de sueur qui retombaient sur son visage. Tout d'un coup, le corps d'Harry se tendit encore plus et les larmes commencèrent à percer sous ses paupières.
« Severus… » il se réfugia sur les genoux d'Hermione sans se réveiller. « Ca fait si mal… » il se hissa jusqu'à ce que sa tête repose sur l'épaule de Hermione.
La fille l'étreignit avec hésitation. Harry soupira, sa vision était apparemment finie, mais il ne se réveilla pas. Hermione sentit son pyjama se mouiller sur son épaule sous la tête d'Harry. Il pleurait toujours. Elle tira la couverture sur son cou et l'enroula autour d'eux. Elle tomba endormie, sa tête appuyée contre la tête du lit.
Quand Harry se réveilla dans un cocon chaud, sa première pensée fut que Severus l'avait retrouvé. Mais le corps contre lui était plus petit et d'une façon ou d'une autre… différent. Même l'odeur était tout à fait étrange. Ca avait quelque chose de… féminin.
Il leva les yeux et cria presque de surprise. Hermione le tenait, probablement depuis des heures.
Harry s'extirpa lentement, gentiment et il put voir le soulagement sur le visage de la fille quand le poids disparut de ses jambes. Elle soupira et se tourna sur le coté.
Encore plus gentiment, Harry l'allongea, borda leur couverture commune, chaude, autour d'elle, se glissa de l'autre coté du lit et attira une autre couverture avant de se rendormir.
Ce fut seulement quand il entendit le rugissement fracassant de Black quelques heures plus tard qu'il réalisa que peut-être que laisser Hermione dormir dans son lit n'avait pas été la meilleure idée.
Il était encore pratiquement endormi quand Black le sortit du lit, le traîna dans sa propre chambre et le poussa contre le mur.
« Qu'est-ce que tu penses être en train de faire dans ma maison ? »
Harry ouvrit ses yeux avec difficulté et bailla.
« Quoi ? »
« Toi – et Hermione dans le même lit ! » le visage de Sirius était presque aussi violacé de fureur que celui de l'Oncle Vernon.
« C'est rien » marmonna-t-il et il bailla encore avant de se recroqueviller.
« Ne sois pas ridicule ! » cria Sirius. « Tu n'as même pas seize ans ! »
« Je sais » Harry s'assit.
« Et ? »
« Et quoi ? Ecoute, Sirius, laisse-moi dormir. Je veux dormir… »
Cependant, Sirius avait d'autres choses en tête pour Harry. Il souleva le garçon et eut une occasion parfaite pour lui crier dessus.
« Si JAMAIS je te surprends encore, mon garçon, tu t'en souviendras ! »
Ce fut à ce moment que Harry revint finalement à la raison.
« Mais nous n'avons rien fait ! J'avais un cauchemar et elle… »
« Tu as des cauchemars trop souvent ! » rétorqua Sirius. Harry déglutit.
« Oui, et alors ? » La voix basse apaisa l'homme enragé.
« Qu'as-tu fait ? » demanda-t-il plus calmement.
« Dormir. SEULEMENT dormir. Nous ne sortons même pas ensemble, Sirius ! Elle est mon amie, pas ma… ma, euh, petite amie ! » Harry secoua la tête. « En réalité, je ne veux même pas une autre petite amie. La… dernière s'est avérée un peu trop diabolique. C'est assez pour un moment, je pense. », dit-il et il bailla de nouveau. « Est-ce que je peux, s'il te plait, retourner dormir un peu ? »
Sirius lui lança un dernier regard suspicieux, mais il désigna son lit.
« Utilise le mien. Le tien est occupé. »
« Merci, Sirius, » marmonna Harry et il se glissa sous les couvertures.
« J'interrogerai Hermione dès qu'elle se réveillera. »
« Ok pour moi, » Harry essaya de hausser les épaules, mais il était déjà à moitié rendormi.
« Et je le dirai à Snape… »
Le sommeil était parti.
« NON ! TU NE PEUX PAS ! » Harry sortit hors du lit. « Même si je sais que tu as tort et qu'il n'y a rien entre Hermione et moi, le simple fait d'être à deux dans le même lit rendrait Severus complètement fou furieux ! Tu ne peux pas être si cruel ! Parle à Dumbledore, à la place, je m'en fous, mais pas Severus, s'il te plait, Sirius, pas Severus, » il balbutia les derniers mots, alors que la pensée le terrorisait. Sûrement que Sirius ne pouvait pas être aussi impitoyable ! Il leva des yeux écarquillés par la peur vers Sirius.
« Je suis désolé, Ha-Quietus, » Sirius était maintenant troublé. « Je ne lui dirai pas, ne t'inquiète pas. »
Harry s'effondra sur le lit.
« Je peux dormir alors ? »
« Oui, bien sûr, » dit l'homme et il quitta la pièce en fermant la porte avec un petit click.
Et voilà donc le deuxième chapitre!
Verdict?
La suite, le 14 juillet... comme ça, vous pourrez le lire tout en regardant le feu d'artifice du voisin... ;-D
