Titre : Through the Walls
Auteur : enahma
Traductrices : Thamril et Méphisto
Disclaimer : Comme vous vous en doutez, rien ne nous appartient. Le monde d'Harry Potter est à J.K.Rowling et l'histoire à enahma.
Note : Pas de spoilers du tome 5.
Chapitre 4 – Un visiteur inattenduHarry se réveilla le matin suivant avec un mal de tête épouvantable. Il pouvait à peine voir, ses yeux voulaient lui sortir de la tête, et il sentait cette dernière l'élancer au rythme de ses battements de cœur. Il alla à la salle de bains et prit une douche froide, mais cela ne fit rien à son énorme douleur, et Harry chercha en vain une potion anti-douleur, découvrant qu'il n'en restait aucune après les cauchemars de la semaine dernière. Il savait parfaitement qu'il n'était pas assez doué dans la préparation des potions pour en faire une seul, mais s'il demandait de l'aide à Severus, l'homme lui demanderait pourquoi Harry avait besoin de cette potion, et il ne voulait vraiment pas mentionner ses 'divertissements' nocturnes avec Voldemort et ses compagnons.
D'un autre côté, il était mortellement fatigué. Les événements de la nuit, l'arrivée d'Erica, la mort du vieil homme et la conversation avec Dumbledore lui avaient aspiré sa force hors de son corps et de son esprit, mais il ne pouvait tout simplement pas abandonner et laisser les choses autour de lui se produire. Aujourd'hui, il devrait voir la nouvelle fille, Sirius (comme toujours) et Severus (avec ses sautes d'humeur), et il ne se sentait absolument pas prêt à leur faire face. Et, surtout, pas avec un mal de tête comme celui-ci.
Harry s'effondra sur son lit pour profiter de quelques minutes relaxantes supplémentaires, les yeux fermés, quand un bruit des petits coups en provenance de la fenêtre le surprirent.
Un hibou brun de Poudlard se tenait sur le rebord de la fenêtre, une grande lettre bien connue attachée à sa patte. Harry se força à se lever et chancela jusqu'à la fenêtre, massant sa nuque tandis que sa vue se brouillait de nouveau.
Maudit mal de tête !
« Qu'est-ce que tu apportes, camarade ? » Demanda-t-il au hibou, qui tendit sa patte et montra l'enveloppe à Harry. Apparemment, il ne l'aimait pas beaucoup, car dès qu'Harry eut détaché la lettre, il hulula et s'envola par la fenêtre.
Harry traversa la pièce et retomba sur le lit. Il laissa tomber l'enveloppe sur la table de nuit et appuya ses doigts sur ses tempes. Dans son état actuel, même les BUSE ne lui semblaient pas importantes. Les résultats pouvaient attendre. Harry gémit et se sentit impuissant.
Soudain, la porte s'ouvrit brutalement.
« Quiet, Quiet ! J'ai 13 BUSE et mon total est de 93 pourcent ! »
En retour, Harry saisit son oreiller et le serra contre sa tête.
« Ne crie pas, Hermione ! Ma tête va exploser ! » Se plaignit-il, mais Hermione n'y fit pas attention.
« Allez ! Regarde tes résultats ! »
« Ils ne m'intéressent pas ! Apporte-moi plutôt un anti-douleur. » Gémit Harry.
« Quietus, s'il te plait. » Supplia Hermione. Harry fit un signe de la main dédaigneux.
« Très bien, mais à une condition. Ne hurle pas ! »
Elle acquiesça (bien sûr, Harry ne le vit pas) et ouvrit la lettre avec une grande curiosité.
« Oh, » S'exclama-t-elle. Harry grogna. « Tu as eu 13 BUSE comme moi, mais ton total… est étonnant ! »
Harry haussa les épaules, bien qu'il sache que son indifférence n'empêcherait pas Hermione de lui dire les résultats.
« 98,3 pourcent ! » Harry haussa de nouveau les épaules, mais l'idée de révéler ses résultats à Severus le réchauffa intérieurement. L'homme pourrait être fier de lui.
Finalement, Hermione remarqua que quelque chose allait vraiment mal avec Harry. Elle se précipita hors de la pièce, mais elle revint bientôt avec une minuscule fiole.
« Je pense qu'Erica en recevra une autre de Madame Pomfresh cet après-midi. Bois-la. » Dit-elle en arrachant l'oreiller à la prise d'Harry. Celui-ci bu la potion avec obéissance et, après quelques minutes, même ses résultats semblèrent plus intéressants. Sa vue cessa d'être trouble et il ne sentait plus sa tête l'élancer à chaque battement de cœur.
« Merci. » Il regarda Hermione. « C'était horrible. »
Elle lui fit un grand sourire et le poussa.
« Viens prendre un petit déjeuner. Elle sera là aussi. »
« Elle ? » demanda Harry en cillant avec confusion.
« Erica, idiot. »
« Je vois. » marmonna tristement Harry, et il ne savait pas s'il était heureux ou non de l'arrivée d'une troisième fille à la maison. A son plus grand chagrin, Sirius et les autres membres de l'Ordre n'étaient nulle part en vue (Sirius était allé apprendre à conduire) et, à côté de la table, il y avait deux filles en train de discuter : la nouvelle et Anne. Même un aveugle pouvait voir qu'elles se connaissaient.
« Salut. » dit Harry d'un air méprisant.
« Salut, Quiet, devine quoi, c'est Erica dont je t'ai parlé, tu te rappelles ? » Anne sauta au cou d'Harry, lui fit un bisou sur la joue et le traîna plus près de la jeune fille assise. Harry rougit violemment et Hermione pouffa.
« Traîtresse. » murmura Harry dans sa barbe et il força ses lèvres à former une ligne semblable à un sourire. « Je suis Quietus Snape. Heureux de te rencontrer. » dit-il, tendant la main vers la nouvelle fille.
Elle leva les yeux vers lui, et, pendant un court instant, Harry eu un sentiment de déjà-vu : il était sûr d'avoir déjà vu ce visage auparavant : une paire d'yeux brun foncé, presque noirs, des cheveux noirs soyeux, une peau lumineuse, un visage en forme de cœur. Le temps s'arrêta pendant un instant alors qu'elle acceptait la main tendue.
« Erica Knight. Moi de même. » dit-elle fermement. Etait-ce l'imagination d'Harry ou avait-elle vraiment tenu sa main un peu plus longtemps qu'habituellement ? « Es-tu de la famille de Severus Snape ? » demanda-t-elle soudain.
« Ouais, en quelque sorte. Pourquoi ? » demanda Harry avec surprise.
« Nos livres de Potions à l'école ont été écrits par un certain Severus Snape, et quand j'ai entendu ton nom, je me demandais si tu lui étais relié ou pas. »
« Quietus est son fils. » dit Hermione comme Harry se taisait. Ses paroles attirèrent l'attention d'Erica sur sa présence dans la salle. En fait, Erica semblait plutôt contrariée de la voir à ce moment là. Harry fronça les sourcils alors qu'il essayait de trouver ce qu'était le supposé problème de la nouvelle jeune fille avec Hermione.
« Oh. » Erica fit un sourire lumineux à Harry, qui ne put s'empêcher de la regarder d'un air interrogateur. Elle cilla avec espièglerie au désespoir d'Harry et se tourna. Harry déglutit et regarda Hermione, juste pour constater qu'elle ricanait dans sa barbe. Les yeux d'Harry se perdirent dans le vide. Est-ce que ça signifiait que la nouvelle fille flirtait réellement avec lui ? La simple pensée le rendait malade. D'abord, il savait parfaitement qu'il n'était pas un garçon très beau, au contraire : mince, les cheveux courts mais à l'air graisseux, une peau pale, presque jaunâtre, les pommettes hautes, un grand nez (pas aussi crochu que celui de Severus, mais le sien n'avait jamais été cassé, à la différence de celui de son oncle). Pendant qu'il commençait à se forcer à avaler un morceau de pain grillé, il pensa soudainement à Leah, et le reste de son appétit disparut.
Leah… Comment avait-il pu être un tel idiot pour penser que la jeune fille l'avait réellement AIME ? Ou plutôt : aimé LUI de toutes les personnes ? Severus n'était pas un bel homme, par du tout, et Quietus senior ne l'était pas non plus, et il était tellement comme eux… Il avait été stupide de penser qu'une fille aussi belle que Leah le trouve beau, même vaguement ! Ca aurait dû être évident dès le premier instant !
Et maintenant… Cette nouvelle fille (Harry ne pouvait pas l'appeler Erica, même dans son esprit) flirtait avec lui, ou quelque chose comme cela… Ca ne pouvait signifier qu'une chose : piège. Ou… elle voulait juste se montrer avec lui, en tant que fils de cet auteur du livre de Potions… Mais cette dernière pensée était stupide, réalisa soudainement Harry et, malgré lui, il ne put retenir un petit rire.
Les filles le regardèrent curieusement. Harry leva les yeux au ciel, haussa les épaules et se leva.
« Je pense que je… » Mais il ne put finir.
« Oh, allez, Quietus. Il n'y a pas besoin d'autant de précipitation ! » Harry ne pouvait pas croire qu'Hermione essayait apparemment de le faire rester. Avec cette fille idiote qui…
Qui lui sourit de nouveau. L'estomac d'Harry se tordit sous l'envie de vomir.
« Je ne peux pas, Hermione. Désolé. » dit-il et il se sauva.
Il ne voulait certainement plus de 'petites amies' ou de choses comme ça. Hermione comme amie (pas petite amie, attention !) était suffisante. Il pouvait même dormir avec elle, s'il voulait ! Cette pensée le fit sourire. Particulièrement quand il pensa à l'expression enragée de Sirius.
Eh bien, il aimait Sirius, mais son comportement était un peu agaçant.
Il ne pouvait pas s'empêcher d'attendre que Severus soit relâché.
Severus trouva réellement que la venue du garçon beaucoup plus tôt que d'habitude était une surprise agréable, mais il ne le montra pas. A la place, il sourit d'un air moqueur (légèrement, rien de menaçant) et soupira, faussement ennuyé.
« Donc, tu as décidé de me torturer encore plus longtemps avec ta présence impertinente. » gémit-il et le garçon, à sa grande surprise, sourit. Peut-être qu'il le connaissait vraiment, pensa l'homme.
« J'ai reçu mes BUSE aujourd'hui. » Lui dit Harry en lui tendant une enveloppe brune de Poudlard. Snape haussa un sourcil et observa le garçon avec un long regard scrutateur, qui se déplaça avec difficulté et se dirigea sur l'enveloppe. « Je pense que tu devrais les regarder. » murmura-t-il.
« Ah bon ? » Severus leva l'autre sourcil. Le garçon courba ses lèvres.
« Ce n'est pas obligatoire. Je voulais juste que tu les vois de tes propres yeux. Si je me souviens bien, tu as eu 13 BUSE et ton total était d'environ 95 pourcent. J'espère que je n'ai pas trop détruit la réputation des Snape… »
Quelque chose dans les gestes du garçon était tellement familier… Est-ce que cela pouvait être les mouvements d'Anne ? pensa Severus et il soupira.
Il ne savait toujours pas quoi croire.
Il voulait croire qu'il (Quietus - il essayait de l'appeler par son prénom, mais la simple pensée de celui-ci lui causait une douleur aiguë dans la tête), donc que le garçon était vraiment le sien - et celui d'Anne. Ces petits gestes familiers semblaient confirmer ses souhaits… mais il s'était trompé tant de fois dans sa vie qu'il ne pouvait pas laisser ses sentiments cachés brouiller son esprit et ses actes. Plus prudent, Severus prit l'enveloppe et l'ouvrit lentement.
« Oh. » Ce fut tout ce qu'il put dire pendant un moment. Les résultats du garçon étaient vraiment surprenants. « Je n'ai jamais vu un total aussi élevé. » Ajouta-t-il plus doucement, mais le garçon haussa juste les épaules.
« Ton frère a eu mieux. Il a reçu les résultats maximums… »
« Impossible. » Coupa Severus, mais le gosse ne sembla pas s'en inquiéter.
« Allez, Severus ! Pourquoi le dirais-je si ce n'était pas vrai ? »
Pourquoi, en effet ? Et bien, le garçon avait mentionné le jour précédent que Qui- heu… son supposé frère avait été un Serdaigle et même un possible successeur de Dumbledore.
« Je déteste que tu sembles en savoir plus sur ma vie que moi-même. » Murmura-t-il sombrement.
« Je peux t'aider à remplir ces… trous si tu veux. » Severus le regarda et remarqua soudainement que le garçon avait les yeux vert clair.
Des yeux verts.
Anne avait de beaux yeux bruns. Il les avait noirs. Alors le garçon n'était pas le sien… La poitrine de Severus sembla soudain trop serrée. Mais… Stop ! Ce foutu Black avait les yeux verts s'il ne se trompait pas. Ou était-ce le père d'Anne ? Probablement. Severus soupira avec soulagement.
Mais alors, pourquoi le garçon disait-il que sa mère était un née Moldue ?
« Severus ? » Il vit le visage inquiet du garçon. « Est-ce que quelque chose ne va pas ? »
« Tu as les yeux verts. » Dit-il, toujours plongé dans ses pensées.
Y-avait-il un petit éclair de crainte dans les yeux du garçon ?
« Bien sûr. » Dit-il. « Je les ai hérités du côté de ma mère. »
Il était le fils d'Anne, alors. La pression autour de son cœur se soulagea légèrement.
« J'ai reçu une autre lettre ce matin. » entendit Severus. Il regarda dans ces yeux vert clair, confus. « De l'école. » Severus prit l'autre enveloppe et l'ouvrit.
Tous deux restèrent assis dans un silence total pendant un moment.
« Et bien, c'était inattendu. » Parvint finalement à dire Severus.
« Ouais. » dit le garçon et il gesticula inconfortablement.
« Généralement, les Préfets et Préfètes en Chef sont choisis parmi les septième année. »
« Je sais. Mais… J'aurai dix-sept ans demain. » sourit le garçon. « Et après-demain, tu seras finalement relâché. »
« Et tu déménageras avec moi. » ricana Severus, mais à son plus grand chagrin, son cœur n'y était pas vraiment.
« Si tu me laisses le faire… »
Il y avait un profond désir et de l'incertitude dans les yeux du garçon. A sa propre surprise, Severus voulait réellement que le garçon vive avec lui.
« Je suis ton gardien officiel, si je me souviens bien des paroles de Dumbledore. Ca signifie que tu vivras avec moi. Et puisque je ne veux pas aller dans la maison de Black, tu dois vivre avec moi dans mon Manoir, je suis désolé. »
« Désolé ? Pourquoi ? »
« Black et moi ne sommes pas amis. »
Les yeux du garçon scintillèrent de joie.
« Quel euphémisme, Severus ! » Mais il contrôla rapidement son expression. « Mais vous avez fait la paix l'été dernier, et depuis, vous êtes polis l'un envers l'autre. »
Ca avait dû être pour Anne, pensa Severus. Malheureusement, le garçon ressemblait trop à un Noblestone pour voir les traits d'Anne en lui… mais au moins, il était sûr qu'il était un Snape.
Pour la première fois depuis que Severus avait regagné conscience à l'hôpital, il observa plus attentivement le garçon. Les cheveux noirs, coupés courts mais, pour quelque raison, le garçon les portait lissés sur son front. Des yeux verts, des pommettes hautes, un grand nez - mais les lèvres n'étaient pas aussi minces que les siennes. Son visage entier était plus arrondi. Mais il était assurément un Snape.
« Tu es comme moi. » Les paroles de Severus surprirent le garçon, qui, en attendant, avait repéré un article dans la Gazette du Sorcier. Il leva les yeux, puis sourit.
« La dernière fois que je t'ai dit ça, tu m'as répondu que j'étais comme ma grand-mère. »
Ah ! Sa mère. Severus pouvait se rappeler de son visage, mais les sentiments qui suivaient l'image mentale, étaient incertains et malheureusement creux.
Il changea de sujet : « Qu'est-ce que tu lis ? »
« L'article dit que le procès de Lucius Malfoy commencera la semaine prochaine. » L'inquiétude assombrissait les yeux du garçon. « Je serai probablement obligé de participer comme témoin. »
L'humeur de Severus s'obscurcit soudainement.
« Tu ne le seras pas. » dit-il.
« Je le dois. J'aurai l'âge et j'étais là quand il a tué Mrs Figg… »
« Tu peux refuser d'être témoin… »
« Je ne le veux pas. »
La température de la salle s'éleva soudainement.
« Tu. N'iras. Pas. » dit Severus, lentement et fermement. Le garçon soupira.
« Severus, je sais qu'il sera condamné à l'emprisonnement à vie même sans mon témoignage. Et je sais que tu penses que tu l'apprécies. NON ! » Il leva la main quand Severus essaya de l'interrompre. « J'ai dit 'tu penses', parce que tu ne peux pas te souvenir de plusieurs choses. » La voix du garçon était à peine plus forte qu'un murmure. « L'été dernier, il était l'un de tes tortionnaires. Il… il… » Le garçon déglutit, « a cassé tes mains. Madame Pomfresh a passé plusieurs heures à les soigner. »
Severus tourna les yeux vers ses mains. Le garçon mentait… n'est-ce pas ? C'était le jeu favori de Lucius avec ses victimes… Mais Severus n'avait sûrement pas été comme une simple victime pour lui ! Ils étaient amis ! Il était le parrain de Draco ! Lucius ne l'avait sûrement pas blessé de cette manière ! Mais tandis qu'il examinait ses mains, il se rappela de l'étrange sentiment légèrement douloureux qui les avait attaquées à chaque fois qu'il essayait d'effectuer des travaux exigeant une haute précision et de la minutie dans le laboratoire de Potions de l'hôpital. Etait-ce ça… ? Ca devait l'être… Les blessures provoquées par les Mangemorts ne pouvaient pas être parfaitement guéries, car la sombre intention qu'il y avait derrière elles était comme un sort Impardonnable : leurs effets ne pouvaient jamais être totalement enlevés, ils étaient profondément imprimés dans le subconscient de la victime.
Severus sourit durement. Il ne se rappelait pas des événements, mais une partie de son esprit portait toujours les souvenirs de ces jours.
« Au moins, ce n'était pas Avery. » murmura-t-il, faussement joyeux.
« Avery a torturé Ha- Potter. » dit soudainement le garçon d'une voix étrange et faible.
Severus grimaça.
« Il a eu de la chance de mourir alors. » ricana-t-il.
Le garçon déglutit difficilement.
« Pourquoi ? »
« Magie Noire. » répondit Severus sans réfléchir. « Chaque événement semblable rappelle de manière tellement forte le souvenir que les coupures peuvent se rouvrir, même s'il coupe son doigt avec un couteau… »
« Pour combien de temps ? Le souvenir s'affaiblit sûrement avec le temps… » risqua le garçon.
Les lèvres de Severus se courbèrent vers le haut.
« Oh, non. C'est une incantation sombre permanente. Ca ne peut être ni soigné, ni affaiblit. » Mais pourquoi le visage du garçon devenait-il si pâle ?
« Quant à Malfoy, » continua soudainement le garçon, « Il a joué un rôle important dans mon enlèvement, en tant que Directeur. Si toi et mes amis n'avaient pas été là, j'aurais été tué devant tous les Mangemorts, comme un exemple. Lentement et douloureusement. »
Quelque chose dans la poitrine de Severus se figea à cette pensée. Il savait parfaitement de quoi parlait le garçon. Mais la seule pensée que son FILS soit tué de cette manière…
« Qu'ai-je fais ? » chuchota-t-il.
« Tu as assommé Malfoy et tu t'es déguisé avec du Polynectar. Mais d'abord, tu as essayé de contacter Dumbledore, mais l'Ordre ne pouvait pas t'aider : peu de temps avant mon enlèvement, il y a eu plusieurs attaques sur des familles Moldues qui avaient un ou des enfants sorciers. Dumbledore, en tant qu'ex-Directeur, les connaissait toutes, donc lui et l'Ordre sont allés les aider. Tu as prévenu Lupin, qui t'a suivi avec quelques Gryffondors, mais tout ce que eux et toi pouviez faire était de détourner l'attention des Mangemorts. Tout semblait désespéré quand les Aurors du Ministère sont arrivés… »
« Comment ont-ils su où aller ? »
« McGonagall les a prévenus et leur a donné l'adresse précise. »
« Mais comment la connaissait-elle ? »
« L'été dernier, Lupin et Black ont exploré un Manoir quand ils nous cherchaient. Lupin a soupçonné que c'était le nouveau point de réunion des forces de Voldemort. Il avait raison. Avant leur départ, il a demandé à Hermione d'aller le dire à McGonagall… »
« Quand ils nous cherchaient ? » l'interrompit Severus.
Pendant un court instant, le garçon s'arrêta et fronça les sourcils. Puis, il haussa les épaules.
« Oh, allez ! Je me suis trompé. Ils te cherchaient, bien sûr. »
Severus observa le garçon d'un air suspicieux pendant un court moment, et un sentiment tout à fait inquiétant lui coupa la respiration.
« Tu n'étais pas là, n'est-ce pas ? » Avec un peu de chance, Voldemort n'avait jamais torturé son fils.
« Non. » dit fermement le garçon. « Je me suis juste trompé. »
Lentement, Severus relâcha la respiration qu'il retenait, et même son cœur emballé commença à se calmer. « Merci mon Dieu. » murmura-t-il dans sa barbe et il sentit de nouveaux sentiments naîtrent dans sa poitrine : de l'inquiétude pour son fils, et en conséquence : une forte haine envers Voldemort et une claire compréhension de sa décision d'abandonner le Côté Sombre. S'il avait eu, au moins partiellement, de semblables sentiments protecteurs pour son frère, ce n'était pas un miracle que ce meurtre ait changé sa vie une fois pour toutes.
Quand Harry arriva à la maison, il tremblait toujours violemment. Un lapsus tellement stupide ! Il s'était presque révélé ! Mais Severus… il avait agi tellement étrangement. Il n'avait pas ce côté paranoïaque habituel et réconfortant aujourd'hui. Il avait agi comme son Severus : il semblait inquiet et déterminé.
Qu'est-ce qui pouvait avoir causé ce changement ? Est-ce que Severus s'habituait à la pensée que Harry était son fils ? Harry trembla. Ce serait un désastre. S'il découvrait la véritable identité d'Harry après des mois où il croyait qu'il était son fils… Oh, non.
Il devrait dire la vérité à Severus. Même si Dumbledore n'était pas d'accord. Harry risquait de le perdre pour toujours.
« Salut, Quiet. » Hermione lui sourit du canapé. Elle était assise là, ses genoux remontés vers sa poitrine, lisant. « Quelque chose ne va pas ? »
« J'ai presque révélé mon identité. » murmura sombrement Harry en s'asseyant à côté d'elle. « Où est ta nouvelle amie ? »
« Erica ? » Hermione secoua la tête. « Ce n'est pas ma nouvelle amie. Et elle est dans le bureau avec Dumbledore et ses parents. Comment va le professeur Snape ? »
« Pourquoi ? » Harry ignora la dernière question d'Hermione.
Hermione leva les yeux au ciel.
« Réfléchi. Hier, elle a perdu ses grands-parents. Elle a été attaquée. Ses parents veulent sûrement savoir ce qu'il s'est exactement passé - et pourquoi. »
« Je suppose qu'ils savent pourquoi. Ils ont quitté la Grande-Bretagne juste à cause de ça. »
« Ah, je vois. » approuva Hermione. « Et comment va ton père ? »
« Je ne sais pas. » Murmura Harry. « Il a agi de manière tellement… compatissante… » Harry ouvrit la bouche pour raconter ce qui s'était produit plus tôt, mais un hurlement l'interrompit.
« NON, ALBUS ! JE VOUS AI OBEI IL Y A QUINZE ANS, MAIS MAINTENANT JE VEUX COMBATTRE ! NE ME FAITES PAS RENTRER CHEZ MOI APRES QU'IL AIT MASSACRE MES PARENTS ! »
Hermione et Harry échangèrent des regards abasourdis. Après un court silence-
« POUDLARD ETAIT ASSEZ SUR POUR PROTEGER HARRY POTTER ! »
Encore un silence.
« NON ! »
Silence.
« IL A ETE TUE PENDANT L'ETE ! NOUS RESTERONS ICI ! NOUS SOMMES DES ADULTES ! VOUS NE POUVEZ PAS NOUS ORDONNER D'ALLER OU VENIR QUAND VOUS LE VOULEZ ! JE VEUX PRENDRE MA PROPRE DECISION ! »
Hermione eut un sourire amusé. Harry murmura-
« Je suis d'accord… »
Quelques minutes plus tard, une Erica très excitée sortit du bureau. Elle était tellement hors d'elle qu'elle n'essaya même pas de flirter avec Harry. Elle s'effondra dans une chaise avec un mouvement dramatique.
« Nous allons rester en Grande-Bretagne. » dit-elle.
« Ouais. » acquiesça Hermione. « Nous avons entendu ça. »
« Papa était un peu nerveux. » expliqua rapidement Erica. Apparemment, elle se sentait mieux, parce qu'elle croisa les jambes et pencha la tête en arrière en laissant ses cheveux tomber sur son visage. Ca devait être une vue attrayante, pensa Harry, mais tout ce qu'il pouvait faire était de retenir un rire suffocant.
Pourquoi est-ce que une… eh bien, une belle fille voulait-elle attirer un bâtard laid comme lui ? Sans mentionner le fait que la manière dont Erica se comportait éloignait Harry plus qu'autre chose.
Donc, Harry fut intensément soulagé quand, finalement, les parents d'Erica arrivèrent et quittèrent le manoir avec leur fille. Il saisit même l'occasion et attaqua Dumbledore.
« Monsieur, Severus sera relâché après-demain. Je ne lui mentirai plus. Aujourd'hui, j'ai presque laissé échapper… »
« Quietus, tu dois le faire. »
« Je ne vois pas pourquoi. Même s'il n'aime pas Harry Potter, je pense qu'il est un assez bon acteur pour jouer son rôle correctement. Maintenant, je ne vis plus avec lui à Poudlard : je vis dans la Tour de Gryffondor, et je ne suis plus un crétin incompétent en potion. Je pense que je peux gagner son respect en tant que moi, moi-même. Et je suis toujours son neveu. »
« Non, Quietus. Nous ne pouvons pas risquer l'équilibre… »
« CE N'EST PAS UN RISQUE ! » hurla Harry, mais il se força à se calmer. « Tout le monde sait qu'il s'est Obliviaté. Ce peut être une bonne explication pour son changement de comportement avec moi… »
« Harry, écoute-moi. » Le visage du Directeur était extrêmement sérieux. « La haine de Severus envers Harry Potter, pour une raison inexplicable, était extrêmement forte. En réalité, si vous n'étiez pas reliés, je ne pense pas qu'il t'aurait accepté… »
« Il m'a accepté longtemps avant que nous ayons appris notre relation ! »
« Oui, dans une situation extrême, Harry. Mais maintenant, nous n'avons pas la chance de recréer une situation même semblable à celle-là. »
« Nous pourrions lui expliquer… »
« Il est trop émotif et dirigé par ses préjugés pour accepter un fait comme cela. »
« Il ne l'est pas ! »
« Harry ! » cria Dumbledore avec impatience. « Réfléchis un peu ! Il te détestait à cause de tes parents. Il était si biaisé contre toi que rien de ce que tu faisais ne pouvait le convaincre qu'il avait tort ! J'ai essayé de lui parler de toi de nombreuses fois. Il n'a pas écouté. Il a même refusé d'avoir une courte discussion avec toi. Il t'a rejeté quand tu avais onze ans. Et oui, il t'a protégé, parce que ta mère était assez adroite pour le faire jurer sur le nom de son frère… »
« Etes-vous en train de me dire qu'il n'est pas un homme bon ? » Grogna Harry.
« Non. Je suis en train de te dire qu'il n'est pas un homme raisonnable. Tu ne peux pas lui expliquer des choses. Tu ne peux pas le convaincre. Eh bien, s'il t'aime, tu le peux, mais autrement tu dois utiliser des arguments et une pression émotionnels pour lui faire faire quelque chose. »
Harry ouvrit presque la bouche pour protester, mais la vérité dans les paroles de Dumbledore le plongea dans une stupeur muette. Enfer, il savait vraiment tout ceci à propos de Severus ! L'homme était tellement comme Sirius - ce n'était pas un miracle que les deux hommes se détestent avec une telle férocité…
Mais…
Oui, il y avait trop de mais.
« Il le découvrira, M. le Directeur. » dit finalement Harry. « Il le découvrira finalement et ça gâchera notre relation sans possibilité de réparation. Il n'est peut-être pas un homme raisonnable si ça touche à ses relations avec les autres, mais ça ne veut pas dire qu'il est un idiot. Il assemblera toutes les choses, et il le découvrira au plus mauvais moment, vous verrez… » La voix d'Harry se brisa et, pendant un court instant, Dumbledore sembla être d'accord avec lui.
« Tu dois faire très attention alors, Harry. » lui dit finalement le Directeur. « C'est une guerre et je veux que tu sois sous la protection de Severus. C'est un sorcier puissant et entraîné, s'il n'avait pas été là, tu serais mort à présent. »
« Je sais. » grogna Harry. « Mais… »
« Non, M. Snape. » La soudaine formalité dans la voix de Dumbledore montra à Harry qu'il n'y avait plus de discussion possible. « Tu te comporteras comme son fils. Pas de discussion. Je dois y aller. » Il se leva. Harry le suivit. « Sois prudent. Tout ira bien. »
Seulement quand Dumbledore eut disparu dans les flammes, Harry murmura sombrement :
« Je ne suis pas d'accord. »
Cette nuit-là, Harry et Hermione réstèrent encore assis dans le salon, pensifs. Hermione fixaient les flammes d'un regard vide, observant leur danse dans la cheminée, Harry lisait vaguement 'Les Guerres Sombres du 20ème siècle'. De temps en temps, il lisait un paragraphe sur les évènements les plus intéressants, gardant en tête que dans moins d'une heure il aurait seize ans. C'était une nuit paisible, et Harry était sûr que ce serait le meilleur anniversaire qu'il n'ait jamais eu (la seule exception était peut-être la nuit où il avait rencontré Hagrid dans cette cabane avec les Dursley). Parfois, il lançait un coup d'œil à l'horloge sur le mur, seulement pour être sûr qu'il ne raterait pas l'instant et quand il réalisa que Hermione avait surpris ses coups d'œil répétés, il lui lança un sourire d'excuse.
Hermione haussa les épaules.
Au moment suivant, la cheminée explosa presque. Des étincelles colorées emplirent la pièce et des cendres se propagèrent partout alors que quelqu'un tournoyait hors du feu et tombait sur la carpette devant le canapé. Hermione glapit, Harry sauta sur ses pieds et pointa sa baguette sur le visiteur tardif.
Le visiteur, cependant, ne montrait aucun signe qu'il avait l'intention d'attaquer. En fait, il ne bougea même pas.
Harry baissa sa baguette ( Hermione avait aussi la sienne en main), et s'avança vers le corps immobile. Quand il s'approcha, il s'évanouit presque.
« C'est Ares », il roula son ami sur le dos. « Il est inconscient. »
« C'est foutrement évident », murmura Hermione, surprenant Harry. Hermione jurant ? La jeune fille haussa les épaules et posa sa baguette sur la table.
« Hermione, qui est de garde aujourd'hui ? » demanda Harry alors qu'il inspectait les blessures sur le visage et le cou d'Ares.
« Fletcher, presque comme toujours », Hermione soupira et s'élança vers la porte. « Je vais le chercher. »
Harry acquiesça seulement, son attention de nouveau sur Ares. Il avait l'air en mauvais état. Harry ne pouvait pas voir beaucoup de bleus sur lui, mais les effets secondaires des différents sorts persistaient toujours sur le corps d'Ares, et Harry pouvait les reconnaître d'après les différentes réactions musculaires qu'ils suscitaient. En majorité Tormenta, mais pas la version éducative, remarqua-t-il tristement.
Le garçon inconscient frissonna et Harry le couvrit avec la couverture encore chaude d'Hermione, pendant qu'ils attendaient l'arrivée de Fletcher. Ils n'eurent pas à attendre longtemps.
« Il est en vie ? » fut la première question de Fletcher quand il entra dans la pièce. Il éteignit rapidement le feu dans la cheminée.
« Oui. Il a été ensorcelé, mais il ira bien demain. Ses tortionnaires n'ont pas utilisé d'Impardonnables. »
« Nous verrons », Fletcher s'agenouilla à coté d'Ares et le scanna en profondeur avec sa baguette. « Pas d'Impardonnable, même pas l'Imperius. Merci Merlin. »
« Il a été frappé de nombreuses fois avec le Sortilège du Fouet », Harry soupira alors que ses yeux suivaient les mains de Fletcher.
« Comment tu sais ça ? » Fletcher demanda et il retira le T-Shirt d'Ares.
« La réaction de la peau. Il n'a pas été vraiment fouetté, parce que la peau n'est pas déchirée, mais ces bleus partout », Harry en traça quelques-uns uns. « nous montrent ce qui est arrivé. Quelques-uns d'entre eux datent d'au moins une semaine », ajouta-t-il tristement.
« Il n'a pas besoin d'aide professionnelle, mais je dois alerter le Directeur. Je ne sais pas comment il est arrivé ici… » Fletcher se leva.
« Je lui ai dit de venir en cas d'urgence », dit Harry.
Le visage de Fletcher s'assombrit avec colère.
« Dumbledore ne sera pas content », dit-il. « Et moi non plus. C'était hautement irresponsable de ta part. »
« Qu'est-ce que j'aurais du lui dire ? » répliqua Harry. « Ses parents sont des Mangemorts. Sa mère voulait qu'il devienne l'un d'entre eux. Est-ce j'aurais du être de son avis ? Ares m'a même suggéré de prendre la Marque et d'espionner au profit de l'Ordre. C'est moi qui l'ai convaincu de ne pas faire ça. » Il regarda sérieusement Fletcher dans les yeux. « Je pense que l'Ordre devrait faire plus attention aux enfants de Serpentards. Vous n'êtes pas prêts à gérer leurs problèmes. Je sais que c'était une folie de lui offrir un refuge ici, mais je n'ai pu penser à rien d'autre. Ici, il est protégé… »
« Mais sa mère et les pions de Tu-Sais-Qui au Ministère peuvent le suivre facilement. Le réseau de Poudre de Cheminette n'est pas sûr. »
« Mais nous ne pouvons pas transplaner. Les Portoloins sont rares et on ne peut les utiliser qu'une fois, en plus on a besoin de la permission du Ministère. Et d'après son état, c'était vraiment une urgence. »
Fletcher laissa finalement tomber la discussion et alla alerter le Directeur. Hermione et Harry lévitèrent Ares dans la chambre de Harry et l'allongèrent sur le lit.
Dumbledore les trouva ici. Il ne semblait pas content. En fait, le Directeur était mortellement fatigué, son visage était tiré par un épuisement profond et de l'agacement.
« La prochaine fois que tu veux proposer quelque chose comme ça, Quietus, s'il te plait, préviens-nous », dit-il après avoir vérifié Ares.
« Je voulais juste l'aider. »
« Tu as mis en danger les autres avec ton irresponsabilité ! »
« Nous sommes sous Fidelius. Personne ne peut nous trouver même s'ils dansent au-dessus de la maison ! » répliqua Harry.
« Ils ne peuvent pas nous trouver, mais ils peuvent trouver le QG… »
« J'espère que non, monsieur le Directeur », une voix faible interrompit le Directeur. « Je ne suis pas venu ici directement. » Ares essaya de s'asseoir. Hermione se dépêcha de l'aider. Quand il fut finalement assis à l'aise, il continua. « Je suis d'abord aller au Chaudron Baveur. Là j'ai attendu pendant vingt minutes puis je suis allé à Ste Mangouste. Je suis arrivé ici par l'hôpital. »
« Qui t'a fait ça ? » demanda Harry, désignant les bleus. Ares rougit.
« Mon oncle. Je l'ai pétrifié et je me suis enfui », murmura-t-il sèchement. Puis il leva son visage et regarda le Directeur. « Je ne voulais pas rejoindre Vous-Savez-Qui. Ma mère voulait que j'abandonne l'école, parce que j'avais assez de BUSEs pour trouver ma place dans le cercle du Seigneur des Ténèbres… J'ai résisté. Puis, elle a invité le frère de mon père pour me convaincre », Ares tourna son regard vers le lit. « Il-il était très agressif. Il venait tous les trois jours, et il me faisait mal. Aujourd'hui, il voulait m'emmener à… à Vous-Savez-Qui directement. Je pense que j'aurais été tué, à cause de mon obstination. » Il prit une longue inspiration. « Je suis désolé de causer autant de problème, monsieur le Directeur. Je ne sais pas… »
« Tu n'as pas à t'excuser, jeune homme », soupira Dumbledore, et son regard erra de nouveau sur Harry. « Monsieur Snape, d'un autre coté, aurait du me contacter avant de prendre une décision aussi dangereuse, qui concernait tant d'autres personnes… »
« Qu'est-ce que j'aurais dû faire alors ? » Harry ne put s'empêcher de répliquer à nouveau. « Il avait besoin d'aide et de protection. Juste parce qu'il n'est pas… » Il s'arrêta pendant un instant, « Quietus Snape, il vaut la peine d'être protégé… »
« Assez ! » Dumbledore était maintenant vraiment en colère. « Je ne t'ai pas dit de ne pas aider tes mais. Mon problème est que tu n'as pas demandé à un adulte avant de prendre une décision… »
« Je DETESTE que tout le monde puisse prendre des décisions à part moi ! » cria Harry. « Ou prenne les décisions à ma place ! »
Ares et Hermione regardaient figés les deux sorciers. Ils se tenaient l'un en face de l'autre, et même si aucun n'avait sa baguette en main ou esquissait un geste d'attaque, l'hostilité était bien présente dans l'air. Tous les deux irradiaient d'un immense pouvoir et leurs volontés faisaient un bras de fer invisible mais si puissant que la pièce toute entière semblait en trembler.
« Jeune homme, surveille ton attitude ! » dit Dumbledore d'un ton normal.
« Je ne suis pas mon père, monsieur », grommela Harry entre ses dents. « Je ferais ce que le destin attend de moi, mais jusque là », il plissa ses yeux, et les carreaux des fenêtres se craquelèrent. « Je veux vivre ma vie. MA vie. »
« Il y a trop de vies en jeu, Quietus. Tu dois prendre en compte les vies que tu mets en danger avant de prendre une décision. »
« Et qui prendra ma vie en compte ? Je dois toujours respecter et considérer les autres. Mais qui ME respecte ? »
« Je te respecte, Severus te respecte… »
« Non ! » cria à nouveau Harry. « Je n'arriverai jamais à regagner le respect et l'amour de Severus avant de mourir ! »
« Sacrifier ne veut pas dire mourir, Quietus. »
Soudain la tension s'évanouit, et les épaules de Harry s'affaissèrent.
« Ne me mentez pas, monsieur. Je ne peux pas supporter d'autres mensonges », ceci dit, il fit demi-tour et quitta la pièce, fermant la pièce doucement après lui.
Ni Hermione, ni Ares n'osaient regarder le Directeur. La situation était trop gênante. Ils ne savaient pas comment réagir, que dire. Pendant quelques instants, personne ne bougea. Finalement, ce fut le Directeur qui fit le premier geste, brisant le tableau. Hermione soupira. Ares se rallongea.
Mais la situation embarrassante ne semblait pas vouloir se finir. L'instant suivant, la porte s'ouvrit à la volée et Sirius se tenait là, tenant les épaules de Harry avec force.
« Excuse-toi ! MAINTENANT » aboya-t-il.
Harry serra les lèvres opiniâtrement et refusa d'ouvrir sa bouche.
« Sirius ! Laisse-le », dit calmement Dumbledore.
« Mais… »
« Laisse-le », répéta le Directeur, « et va chercher du Veritaserum dans l'étude. »
Black obéit avec réticence, mais avant de partir, il jeta un dernier regard lourd de reproches à Harry.
« Je fais confiance à Ares », dit soudainement Harry et il massa son épaule maltraitée. « Vous n'avez pas besoin de l'interroger. »
« Tu faisais aussi confiance à Leah, Quiet », dit Hermione à voix basse.
« Et je m'en fiche », dit Ares. « Je veux être interrogé. »
Harry laissa courir son regard sur les personnes présentes dans la pièce et haussa les épaules.
« Très bien », dit-il avec raideur et il sortit de la pièce.
Après un moment d'hésitation, Hermione le suivit. Elle le rattrapa dans la cuisine.
« Harry, que penses-tu être en train de faire ? »
« N'utilise pas ce nom ! » Harry grinça des dents. « Et ce n'est pas tes oignons ! »
Hermione cilla, surprise.
« Mais… tu étais toujours si calme avant… »
Harry lâcha un rire sans joie.
« Je commence à détester que tout le monde ait plus de contrôle sur ma vie que moi », dit-il simplement. « Et je ne suis plus un enfant. Je veux prendre mes propres décisions, même si elles sont fausses et stupides. »
Hermione s'avança et posa sa main sur son bras.
« Dans ce cas, Dumbledore avait raison. Tu aurais dû en parler à quelqu'un… »
« Je sais ! » cria Harry et il repoussa la main de la jeune fille. « Mais trop de choses sont arrivées, et j'ai complètement oublié. »
Hermione poussa un soupir soulagé.
« Cela veut dire que tu vas t'excuser auprès du Directeur ? » demanda-t-elle avec espoir.
« Non », aboya Harry. « J'en ai ras-le-bol de lui et de ses manipu… »
« Quietus ! »
« Laisse-moi tranquille ! » Harry frappa la table de son poing. « Je ferais tout ce qu'il me demande, mais ne t'attends pas à ce que je m'excuse ! » il se recroquevilla sur sa chaise, posa ses coudes sur la table et recouvrit son visage de ses mains. « Je déteste de toujours avoir à être fort, de toujours devoir considérer les autres, de toujours avoir la chance de vivre ma vie refusée… »
Hermione s'assit à coté de lui.
« Ne pense pas que tu es le seul dans ton cas », commença-t-elle. « Nous devons tous considérer ceux qui vivent autour de nous. Nous avons tous nos difficultés, nous devons tous souffrir ce que la vie nous impose », elle se leva brusquement. « Et Dumbledore, en tant Directeur et Chef de l'Ordre a plus de responsabilités que toi ou moi. Il ne peut pas se concentrer sur une chose ou une vie. Il te semble peut-être cruel, mais il a plus de choses que tu ne peux l'imaginer à considérer, à chaque décision qu'il prend. Tu étais si prévenant avant. Mais maintenant, tu es comme un gosse pleurnicheur qui ne peut pas voir plus loin que sa propre existence. »
Harry l'entendit partir et il resta seul dans la cuisine.
« Joyeux anniversaire à moi » marmonna-t-il et il ferma les yeux.
