Titre : Through the Walls
Auteur : enahma
Traductrices : Thamril et Méphisto
Disclaimer : Comme vous vous en doutez, rien ne nous appartient. Le monde d'Harry Potter est à J.K.Rowling et l'histoire à enahma.
Note : Pas de spoilers du tome 5.
Chapitre 6 - Retour à Poudlard
Le Terrier était mortellement silencieux lorsque Severus et Harry arrivèrent l'après-midi de l'enterrement. Dans l'esprit d'Harry, le Terrier et le bonheur étaient des expressions presque identiques, ça avait été le premier endroit où Harry avait vraiment ressenti le bonheur et la joie - et maintenant, il était plongé dans quelque chose de semblable à un sommeil profond, immobile et silencieux, comme si tous les petits morceaux de ce bonheur s'étaient éteints pour toujours dans cet endroit. Les fenêtres étaient fermées comme des yeux fatigués par la peine, et pas même un gnome ne bougeait dans le jardin.
Snape ne semblait pas affecté, mais il n'était jamais venu auparavant, pensa Harry, mais lui, Harry, était nerveux et redoutait énormément la rencontre avec les Weasley. Oui, on lui avait dit de nombreuses fois que la mort de Fred n'était pas de sa faute, qu'il avait juste été préoccupé par le bien-être d'Ares, mais néanmoins, il ne pouvait pas se pardonner. Fred l'avait accepté en tant que Quietus Snape et n'avait jamais montré de préjugés envers le fils du Maître des Potions, à la différence de beaucoup d'autres Gryffondors et de son frère, de qui Fred l'avait aussi protégé. Lui et George avaient toujours été là pour lui tenir compagnie pendant les week-ends à Pré-au-lard, et Fred avait fait partie du groupe qui avait essayé de les libérer, lui et Severus, de la prise de Voldemort, et maintenant, il était mort.
Et d'autres souvenirs lui virent à l'esprit – de l'époque où Harry était toujours Harry Potter, et où les jumeaux l'avait aidé un nombre incalculable de fois : souvent, leur aide n'avait été qu'une bonne plaisanterie ou qu'une simple blague, mais elles avaient éclairé l'humeur souvent sombre d'Harry - même lors de sa deuxième année, où presque tout le monde croyait qu'il était l'Héritier de Serpentard et le traitait comme tel… Et bien, dans un certain sens, un peu tordu, il l'ETAIT - même si pas l'Héritier de Serpentard, mais plutôt un descendant de quelques ancêtres plutôt sombres, bien que son père et sa mère n'aient certainement pas été des sorciers sombres.
Mais à présent, Fred était étendu mort et personne ne pouvait le faire revivre. Harry réalisa soudainement qu'il serait extrêmement reconnaissant envers quelqu'un qui étudierais ce sujet, mais la seule personne possible serait Severus, et leur relation n'était toujours pas assez profonde pour le faire. Donc, Harry soupira et se prépara à tout ce qui pouvait l'attendre à l'intérieur. Severus frappa poliment à la porte au lieu de pénétrer brusquement à l'intérieur à sa manière habituelle, et ils attendirent jusqu'à ce que Bill leur ouvre. La vieille porte brune s'ouvrit avec un grincement.
« Professeur Snape, Quietus. » Le roux leur sourit faiblement et les conduisit vers la cuisine pleine de monde. « J'ai peur que nous soyons un peu bondés pour l'instant… » Il s'excusa sans y penser vraiment, et disparut parmi la foule, sans doute pour les présenter.
Ils n'entrèrent pas dans la pièce. Snape détestait les endroits bondés et à cet instant, Harry en était véritablement soulagé. Sa forte aversion pour le fait d'être touché avait sensiblement diminué, mais ça ne signifiait toujours pas qu'il aimait être entouré et serré de tous les côtés. Cependant, Harry ne savait pas s'il pourrait résister au sentiment, puisqu'il n'avait jamais essayé auparavant.
Snape décida de s'arrêter dans le petit hall d'entrée, jusqu'à ce que quelque chose se produise, mais Harry alla à la porte de la cuisine pour observer l'intérieur. Malgré le fait qu'il était mal à l'aise, il était curieux de savoir qui était à l'intérieur. Sa taille maintenant importante l'aida beaucoup. Il pouvait voir au-dessus des têtes quand il se tenait sur la pointe des pieds, et la cuisine des Weasley n'était pas très spacieuse. Il pouvait voir tout le monde clairement. Tous les membres de l'Ordre étaient là, ainsi que toute la famille Weasley - excepté Percy. Harry était consterné et fâché en même temps. Eh bien, Percy et sa famille avaient des idées politiques - et peut-être aussi morales - différentes, mais c'était néanmoins son frère qui avait été tué. Et il n'était pas venu, bien qu'il ne soit pas en prison comme beaucoup d'autre de ses camarades Aurors. Harry ne savait rien d'autre à propos du bâtard arrogant et étroit d'esprit, il ne savait même pas ce qu'il faisait, où il travaillait, la seule chose qu'il savait sur lui était que le Ministère l'avait licencié peu après que Patil soit devenu Ministre. Cependant, leur dernière rencontre avait réduit à zéro la bonne volonté d'Harry pour le rencontrer, donc il n'était pas déçu, juste triste, au nom des autres membres de la famille.
Hermione, qui parlait à Ginny, aperçut soudainement la grande forme d'Harry dans l'encadrement de la porte. Elle lui fit un signe en souriant. Ginny suivit son regard et lui fit aussi un demi-sourire. Hermione était dans la maison des Weasley depuis trois jours pour aider Mrs Weasley et la famille durant les journées précédant l'enterrement et pour leur offrir un soutien silencieux. Maintenant, elle quittait sa camarade et se frayait un chemin à travers la foule.
« Salut, Quiet. » Elle arriva au niveau d'Harry et l'étreignit étroitement. « Ils ne te blâment pas, au contraire, ne t'inquiète pas. » Chuchota-t-elle de sorte que seul Harry puisse entendre. « Ce n'était pas ta faute. Ne les rends pas plus tristes en te blâmant, s'il te plait. »
L'information d'Hermione soulagea légèrement l'anxiété d'Harry, mais il ne savait toujours pas comment faire face à Ron qu'il avait rejeté même après ses réelles excuses l'année dernière.
« Et ce que t'a fait Ron n'a rien à voir avec la situation actuelle. » Hermione continua à chuchoter comme si elle lisait dans l'esprit d'Harry. « Tu n'as rien fait de mal. »
« Miss Granger, s'il vous plait. » La voix froide de Snape interrompu les paroles discrètes. « Puis-je récupérer mon fils ou voulez-vous vous accrocher à lui tout l'après-midi ? »
Hermione relâcha Harry et, quand il la regarda, il remarqua le rougissement sur son visage.
« Désolée, professeur. » marmonna-t-elle.
« Tu n'as pas à être désolée. » dit fermement Harry. « Et merci. »
Ils se sourirent rapidement, puis Hermione les laissa, essayant d'annoncer leur arrivée à la famille en deuil.
« Donc, elle est juste une amie ? » Harry entendit soudainement la voix calme de Severus à côté de lui et, même sans le regarder, il pouvait aussi entendre son sourire moqueur.
« Oui. » Il leva la tête et regarda droit dans les yeux de Severus. « Mais pas juste une amie. Elle en est une vraie. Une amie très généreuse et prévenante. » Il ne pouvait pas s'empêcher d'être en colère. Hermione était son amie, ou même plus, elle était sa meilleure amie : la jeune fille était la seule personne qui savait presque tout de lui et, d'un autre côté, il ne voulait plus de petite amie. Les deux filles par lesquelles il avait été attiré dans le passé étaient suffisantes : en secret, Harry se blâmait toujours de la mort de Cédric, et dans ses rêves, il s'accusait même de laisser Cédric être tué juste pour avoir sa petite amie… quant à Leah, la nouvelle servante de Voldemort… Et bien, il valait mieux ne pas du tout penser à elle. Parfois, quand il la voyait dans ses visions, il se réveillait les larmes aux yeux, tremblant et ressentant un vide intérieur inexprimable. La jeune fille était encore belle et semblait tellement innocente… Il ne savait pas quoi penser d'elle, donc il essayait de ne pas y penser du tout.
Et par-dessus cette histoire de petite amie, il y avait la prophétie de Trelawney. Harry se rappelait parfaitement des suggestions de son père à propos de sa signification comme il l'avait lue dans son journal il y a des mois :
« Et… il y a autre chose. Hier, Lily m'a montré un livre concernant les prophéties. Elle cherchait la signification de la mienne depuis septembre, et à présent, je partage ses résultats avec toi.
Je recopie d'abord la prophétie ici :
'A travers la mort, tu donneras la vie ; par ton amour, ton aimée vaincra ton ennemi. Mais le Seigneur des Ténèbres reviendra quand son temps sera venu et ton héritier devra faire face à la mort pour l'éliminer et rester.'
Elle a expliqué que j'allais mourir. Et bien, je l'ai toujours suspecté. Elle a dit que ma mort causerait probablement la vie de quelqu'un d'autre, cependant cette explication était plutôt floue, même pour elle. Ce sera Lily qui vaincra Voldemort, mais seulement temporairement, comme c'est clairement dit dans la deuxième moitié. Nous aurons un enfant, toi, mais ton destin n'est pas aussi défini que le nôtre. Tu peux choisir si tu veux le vaincre ou non. Si tu choisis la première possibilité, afin de sauver le monde de la prise d'un monstre, tu devras mourir. Je ne sais pas si tu sais quelle est une manière possible d'éviter la Sort de Mort – c'est le sacrifice. Mais cela ne fonctionne pas seulement pour le Sort de Mort, mais pour toutes les intentions de meurtres. Seul le sacrifice volontaire est capable de sauver et de préserver notre monde. Apparemment, il s'agit de TON sacrifice volontaire.
Le 'rester' à la fin de la prophétie est un autre sujet intéressant.
Je pense que tu peux commencer à écrire ton propre journal intime… si tu vois ce que je veux dire… »
Il avait lu cette page tant de fois qu'il la connaissait déjà par cœur. Cette maudite prophétie suggérait sa mort prématurée, et Harry ne voulait vraiment pas entamer une relation juste pour laisser derrière lui une autre personne éplorée, sans mentionner ces enfants que son père avait laissés entendre dans sa dernière phrase. Cependant… il avait faim d'amour et d'affection, et d'autres choses plus corporelles aussi, mais il ignorait toujours ces pensées, acceptant les choses qu'il recevait : le soin amical d'Hermione, l'attention réticente de Severus, l'amour stupide de Sirius (parce que Sirius l'aimait, Harry le savait très bien, c'était juste que son parrain l'aimait de sa propre manière qui, apparemment, n'était pas même semblable à la conception qu'Harry avait de l'amour) et ses autres amis, l'affection d'Ares et de Neville.
Et à une époque, il y avait aussi eu Fred et de George…
« Severus, Quietus. » Mrs Weasley interrompit les rêveries d'Harry. Elle se débattit pour sortir de la cuisine pour les saluer. Harry attendait à moitié à ce qu'elle pleure ou gémisse, mais elle était totalement calme, ses yeux étaient secs, bien qu'ils soient rouges et injectés de sang, que des cernes sombres les encerclent et qu'elle soit beaucoup plus mince que jamais auparavant, mais elle était forte et droite comme un roc, et Harry réalisa soudain que ses précédentes impressions d'elle étaient fausses. Elle n'était pas faible. Pas du tout. Elle avait toujours une famille à s'occuper, deux enfants mineurs à élever et un mari à soutenir, d'autres enfants qui allaient se battre, et elle ne pouvait pas se permettre d'être en deuil très longtemps. A présent, elle serrait leurs mains et elle les conduisit dans la pièce où ils pouvaient rencontrer les autres membres de la famille.
« George. » Harry ne put s'empêcher de trembler tandis qu'ils se regardaient. Si Mrs Weasley était en mauvais état, alors George semblait agoniser. Son visage était jaunâtre, ses yeux vides et sans émotions, ses lèvres serrées formant un rictus inhabituel sur son visage. Il inclina juste la tête vers Harry, mais quand il aperçut son vieux professeur, il le salua correctement.
« Je suis heureux de vous voir, professeur. » Marmonna-t-il, à peine plus fort qu'un murmure. « Et je veux vous remercier de votre aide… »
« Vous n'avez pas besoin de me remercier, M. Weasley. » Dit Severus de sa meilleure voix-Snape, bien que son ton soit légèrement plus chaleureux qu'habituellement.
Ils faisaient référence au combat, Harry le savait, parce qu'il avait tout vu dans sa vision. En réalité, c'était Snape qui avait essayé de sauver la vie de Fred, cependant être sous le Fidelius avait rendu son aide trop compliquée et trop lente. Mais il avait au moins sauvé George.
Juste à ce moment-là, après les paroles de Severus, George se tourna vers Harry et l'étreignit étroitement pendant un moment.
« Hermione nous a dit que tu te blâmais. Arrête. C'est la faute de Voldemort, pas la tienne. »
Ron se dirigea vers eux.
« George a raison, Quietus. » Dit-il calmement en tendant la main. Harry l'accepta et ils se serrèrent fermement la main. « Professeur. » Il salua Severus, une légère aversion dans les yeux.
Si Severus était surpris que son supposé fils soit si familier avec les Gryffondors, Harry ne pouvait en voir aucune trace sur son visage. Il se tenait juste là, d'un air sinistre, les bras croisés sur la poitrine, regardant le Directeur qui se rapprochait d'eux. Le visage du vieil homme était blême et jaunâtre, les rides semblaient plus profondes que jamais auparavant, son regard était fatigué et vide. Même ses mouvements étaient plus lents et plus incertains, manquant de l'assurance et de la détermination habituelles.
« Nous avons encore dix minutes. » La voix de Dumbledore retentit clairement au dessus des conversations. « Je propose que ceux qui ne sont pas des membres de la famille commencent à se diriger vers le cimetière. Mondungus vous montrera le chemin. »
La procession de la foule était silencieuse et lente, et après quelques pas, Harry se retrouva entre Hermione et Severus, ce dernier jetant de rapides regards vers la jeune fille, comme s'il la jugeait. Harry n'aimait définitivement pas ces regards, mais ce n'était ni le temps, ni le lieu d'en discuter, donc il choisit de l'ignorer le reste du temps.
L'évènement était long et déchirant. Principalement la partie où, à la grande surprise de beaucoup de gens, Percy apparu et se tint à côté de sa famille, ne les quittant pas jusqu'à la fin de l'office. Mrs Weasley, qui jusqu'à ce moment-là semblait ferme et forte, craqua soudainement et, après cela, son fils perdu et retrouvé la soutint.
Harry ne pouvait pas pleurer. Il n'avait plus de larmes. Il regarda juste faiblement quand le cercueil descendit dans la fosse, et quand les mottes de terre dures et sèches commencèrent à le frapper, il serra fortement ses dents, déterminé à ne pas crier. Il était tellement perdu dans ses pensées et dans ses sentiments que seule la voix sifflante de Severus put l'en sortir.
« Attrape-la ! » Siffla l'homme, et Harry cilla avec confusion. Le mouvement suivant de Severus fut incroyablement rapide. Il contourna Harry, glissa ses bras sous ceux d'Hermione et empêcha son corps de tomber. L'instant suivant, il la souleva et la porta jusqu'au secteur ombragé le plus proche. Harry les suivit.
« Maman, maman. » Il entendit le doux gémissement d'Hermione.
« Hermione ? » Demanda-t-il, incertain.
La jeune fille leva les yeux quand Severus la posa sur un banc.
« La vie pue. » Dit-elle d'une voix tremblante. Harry s'accroupit à côté d'elle.
« Tu l'as déjà dit. »
« Je sais. Ca pue toujours pourtant. »
« Oui, je sais. » Chuchota Harry en retour après une courte pause. Ils se regardèrent l'un l'autre, sans remarquer le regard scrutateur, mais plein de compréhension, que l'homme grand et sombre leur jeta.
Heureusement, le garçon n'avait pas été obligé de participer au procès de Malfoy, pensa Severus quelques jours après l'enterrement. Il ne pouvait pas imaginer ce qu'une autre épreuve lui aurait fait. L'autre chose à propos de laquelle Severus était très certainement heureux était qu'ils partaient à Poudlard pour les dernières semaines des vacances d'été. Dumbledore lui avait dit qu'il avait fermé sa cheminée à l'école, et donc qu'ils devraient passer par la connexion au réseau de Cheminette du Directeur, mais ce n'était pas important.
Ils quitteraient ce désordre dans quelques minutes, et il ne devrait plus se tracasser avec Black, sa belle-fille, ses deux étudiants et l'Ordre entier. Il serait seul, à l'exception du garçon, mais c'était très bien. Sa compagnie était étonnamment supportable, parfois même agréable.
Et bien… l'enterrement de Fred Weasley… avait fait comprendre à Severus certaines choses très importantes au sujet de son neveu. D'abord, le garçon s'inquiétait fortement pour ses amis. Il l'avait soupçonné et même accusé de ressentir plus envers cette fille Granger que… simplement, la relation entre ces deux-là était autre chose, quelque chose de plus qu'une simple amitié de l'avis de Severus. Mais quel était ce 'plus' ? La supposition de Severus était que ce n'était pas de l'amour. C'était plus un sentiment commun d'être seul et abandonné, d'être un orphelin, de n'avoir personne sur qui s'appuyer, sur qui compter. Tous deux avaient perdu leur famille au printemps : les parents de Granger avaient été tués la même nuit que celle où il s'était Obliviaté, et maintenant, par-dessus tout, la guerre continuait et personne ne pouvait en voir la fin.
« Je suis prêt, Severus. » Dit le garçon en entrant dans la pièce. « Nous pouvons partir. »
« Tu peux revenir quand tu veux. » Répondit rapidement Severus. Il jeta à nouveau un regard au garçon. Et bien, il était un Snape - et cette pensée le réchauffait toujours intérieurement. Et pour être honnête, il n'y avait pas que cela qui le réchauffait étrangement, mais la simple présence du garçon avait un effet très important sur lui. Pour la première fois dans cette vie présente de personne Oblivatée, Severus ressentait quelque chose comme le sentiment d'appartenance, et même la responsabilité de s'occuper du garçon était un fardeau agréable à porter.
« Oh, Severus, Quietus, ravi de vous revoir. » La voix de Dumbledore le surprit, et il réalisa soudainement qu'ils étaient déjà dans le bureau du Directeur. Il regarda le vieil homme qui était assis derrière des montagnes de documents, ses lunettes ayant glissé sur le bout son nez cassé.
« Je vois que vous êtes occupé, Albus. » Soupira Snape en pensant à ses propres documents et il secoua la tête avec exaspération.
« Oui, plutôt. » Dumbledore se leva et s'étira. « Mais je voulais parler à Quietus de toute façon. » Il se tourna vers le garçon. « Je sais que c'était sûrement une surprise quand tu as appris que tu avais été désigné pour être Préfet en Chef cette année, bien que tu n'ais jamais été Préfet. Donc, j'ai contacté Minerva et… »
« Stop ! » La voix de Severus interrompit le flot de paroles. « Qu'est-ce que Minerva vient faire avec les fonctions de Préfet de Quietus ? »
Dumbledore sembla surpris et lança un regard au garçon par-dessus ses lunettes. Le garçon secoua la tête. Dumbledore soupira, et se retourna vers Severus.
« C'est un Gryffondor, Severus. » Dit-il calmement.
Severus vit qu'ils attendaient tous les deux sa réaction, mais il n'explosa pas. Après tout, ce n'était pas tellement inattendu. Le seul ami non-Gryffondor que son neveu avait, Ares Nott, était un Serpentard hors-normes, tous ses autres amis étaient des Gryffondors : la fille Granger, les jumeaux Weasley, même Neville à l'hôpital…
« Je peux imaginer la surprise des étudiants quand ils ont appris que mon fils » Il accentua le dernier mot un peu ironiquement, « Etait en fait un Gryffondor. La chose dont je suis le plus curieux est de connaître la réaction des Serpentards. »
Dumbledore gesticula d'un air hésitant et fit un signe vers le garçon.
« Ce n'est pas à moi de te le raconter, Severus. Je n'étais pas là. Cela s'est passé pendant la période de Lucius. »
L'étrange gosse sourit maladroitement.
« Ils ne savaient pas quoi penser. Je pense qu'ils étaient sous le choc. Mais la plupart d'entre eux n'ont pas fait attention à ma Maison. » Dit-il.
« Stop. » Severus semblait confus. « Qu'est-ce que c'est que cette histoire à propos de Lucius et de ta répartition ? »
Court silence.
« Ecoute, Quietus n'a pas été réparti en début d'année… » Le Directeur fut de nouveau interrompu.
« Quoi ? Mais c'est contre les règles de l'école ! »
« Vingt points en moins pour Gryffondor. » Ajouta doucement le garçon. Les deux hommes le regardèrent d'un air interrogateur. « Pour le non-respect du règlement de la part du Directeur. » Expliqua-t-il. « Il était un Gryffondor, donc je pensais qu'il fallait retirer les points à Gryffondor. »
Le Directeur sourit, un véritable sourire pour la première fois depuis plusieurs semaines, et une partie des vieux scintillements revint dans ses yeux. Même Severus secoua la tête, amusé.
« Je suis d'accord avec ce jeune garçon. » Il regarda son vieil ami, « Mais je veux vraiment savoir pourquoi il n'a pas été réparti. »
La bonne humeur de Dumbledore disparut.
« Aucun de nous ne voulait que Quietus soit séparé de toi, Severus. » Expliqua-t-il doucement. « C'était en partie ton anxiété de le protéger des serviteurs potentiels de Voldemort parmi les étudiants de Poudlard… »
« Je vois. » Severus comprenait vraiment une partie de ses actes passés. Mais tout ce qui était lié au garçon semblait trop étrange, trop dirigé par les sentiments. Et il ne se considérait pas comme quelqu'un dirigé par ses sentiments.
Il pensait toujours à ses raisons passées, quand une forme familière apparut devant eux dans les cachots.
« Ravi de vous revoir, Severus, Quietus. »
« Monsieur. » Le garçon inclina légèrement la tête vers le fantôme d'une manière parfaitement polie.
« Saevus. » Severus fit de même.
« Ton fils est de plus en plus comme toi et ton frère, Severus. Tu peux être fier de lui. Il est aussi poli que toi et intelligent comme l'était Quietus. »
Severus eut le sentiment soudain qu'il avait toujours quand son frère décédé était mentionné : confusion, vide, envie et, de manière surprenante - douleur.
Donc, il opina juste vers le Baron Sanglant et s'approcha de sa porte. Cela ne prit qu'un instant pour entrer.
D'un rapide mouvement de baguette, il alluma les torches et la cheminée.
Alors, quelque chose le frappa.
Quelque chose d'inexplicable.
L'horloge. L'horloge sur le mur.
Une panique soudaine lui serra la gorge, mais il ne savait pas pourquoi.
L'horloge était une chose totalement nouvelle dans ses quartiers. Elle avait deux aiguilles qui étaient pour le moment pointées sur cet endroit : Maison.
Quietus. Severus. Maison.
Mais ce n'était pas ce qui le frappait.
Pendant un court instant, il put clairement voir une autre position. Severus - Maison. Quietus - BS.
Il pouvait parfaitement imaginer ce que voulait dire BS.
Le Bâtard Suprême. Voldemort.
Il regarda le garçon, mais il avait déjà disparu dans la cuisine et de légers tintements lui apprirent qu'il préparait du thé. Severus laissa tomber leurs affaires sur le sol et se dirigea vers la cheminée, car ses yeux avaient aperçu quelque chose.
Des photos. Il y avait des photos sur la cheminée. Il déglutit fortement. Beaucoup, beaucoup de photos du garçon dans la cuisine, et quelques unes d'eux ensemble. Et il… il souriait d'une certaine manière, il était précédemment mortellement sûr qu'il ne sourirait jamais dans sa vie : et pourtant, son sourire atteignait même ses yeux…
Severus, figé, regarda sa propre image qui lui fit un clin d'œil et agita la main dans sa direction, puis enroula un bras autour des épaules du garçon, qui semblait aussi heureux. Soudain, il se rappela sa première conversation avec lui, après qu'il se soit réveillé à l'hôpital.
« Qu'est-ce que j'ai manqué ? »
« Que veux-tu dire ? »
« Etions-nous en de bons termes ? »
« Très bons, pour te dire la vérité. »
Ca s'était passé peu de temps après qu'il ait repris conscience. Quelqu'un l'avait baigné. Oh, c'était le garçon, encore.
Il alla à son bureau. Une autre photo de lui et du garçon jouant aux échecs. Ca avait dû signifier quelque chose pour lui auparavant, parce qu'il l'avait mise sur son bureau. Alors qu'il tendait la main vers la photo, son bras effleura une pile de papiers qui glissèrent et tombèrent du bureau, lentement, comme de la neige, couvrant le pavé comme d'énormes flocons de neige. Des tests et des essais de Potions. Corrigé et non-corrigés mélangés.
Il oublia la photo et se pencha pour ramasser les papiers.
Le premier qu'il parvint à prendre était celui de Neville Londubat. Un test. Un test avec une note excellente.
« Severus ? » Une voix un peu inquiète l'appela.
Il émergea de derrière le bureau et se redressa.
« Oui ? » Demanda-t-il solennellement.
« Ton thé. » Le garçon sourit, soulagé, et posa la tasse sur la table. Severus acquiesça simplement et ouvrit le tiroir supérieur de son bureau. Il était là. Son journal des étudiants. C'était un peu étrange de lire la date là-dessus ; c'était une date d'une année dont il n'avait absolument aucun souvenir. Il l'ouvrit à la page des étudiants de cinquième année. La liste était familière, excepté deux changements : Potter n'y était pas, et le nom de Quietus avait été ajouté à la dernière place. O – 'Optimal' se trouvait à côté de son nom. Ce n'était pas surprenant. A l'hôpital, il avait reconnu les connaissances et les compétences du garçon dans le domaine. Mais à côté du nom de Londubat… incroyable, et pourtant ça y était, écrit de sa propre écriture. 'Efforts Exceptionnels'. Londubat. Efforts. Exceptionnels. Ridicule.
Ses yeux vérifièrent rapidement toute la liste, juste pour voir s'il y avait d'autres changements choquants, mais il n'y en avait pas.
Juste Londubat.
Soudain, il sauta sur ses pieds et quitta ses quartiers pour se diriger vers son propre laboratoire. Lorsqu'il entra, il lui sembla presque que rien n'avait été touché, excepté pour les documents proprement rédigés et classés dans l'ordre sur le bureau. Examens de fin d'année, BUSEs, ASPICs. Avec des mains légèrement tremblantes, il prit la pile des BUSEs et chercha les 'L'.
Londubat - il le trouva presque immédiatement. A nouveau 'Efforts Exceptionnels'. Et son test écrit : 'Optimal'. Optimal ? Comment était-ce possible ?
Il s'effondra dans sa chaise. Que s'était-il passé l'année dernière ? Où avait-il laissé sa raison ? Londubat, le gosse maladroit, préparateur de potions ?
Il rassembla tous les documents et les rapporta à leurs quartiers. Quand il revint, le garçon ne semblait pas surpris.
« C'était Neville, hein ? » Demanda-t-il, souriant largement. Il grogna quelque chose en retour et lâcha son fardeau sur le bureau, y causant un désordre soudain et complet.
Ils passèrent le reste de l'après-midi dans un silence confortable. Il apprenait les noms des ses ex-première année, vérifiant d'autres tests et examens, et organisant la nouvelle classe de Potions d'ASPIC : une au lieu de deux, simplement parce qu'il n'y avait pas beaucoup d'étudiants qui réussissaient suffisamment bien leurs examens de Potions pour être choisis. Snape, Londubat, Granger, Patil, Malfoy, Nott, Bullstrode de la classe Serpentard-Gryffondor, et cinq autres : Boot, Brocklehurst, Abbot, Perks, et une autre Patil. Et bien, ça serait intéressant d'avoir une autre paire de jumeaux dans ses Potions d'ASPIC, bien qu'il sache que les jeunes filles n'étaient pas aussi douées que les jumeaux Weasley l'avaient été.
En parlant de Weasley… un souvenir récent lui vint à l'esprit : lui et ces deux foutus garçons préparant quelque potion douteuse la nuit, juste après qu'il les ai attrapés. Fred, avec un large sourire moqueur sur le visage, quand ils l'eurent finalement terminée… Soudain, un élancement de douleur lui coupa le souffle pendant un instant. Fred Weasley était parti pour toujours.
Tout changeait autour de lui.
Il se leva d'un air fatigué pour aller au lit. A sa grande surprise, le garçon était déjà tombé endormi sur le canapé, un livre posé sur son visage, et les pages bougeant doucement alors qu'il respirait régulièrement. Severus ne put réprimer un sourire. Il retira le livre avec précaution et fit apparaître une couverture. Pendant un court instant, il se demanda où le garçon avait dormi quand il avait vécu ici, avec lui. Juste comme il entrait dans la chambre, il eut la réponse. Il soupira, se retourna et, d'un geste rapide de sa baguette, il fit léviter le garçon jusqu'au lit qui semblait être le sien.
Après être revenu de la salle de bains, il éteignit toutes les lumières de la chambre, mais il sentait que quelque chose n'allait pas, donc, il en re-alluma une près du lit du garçon. Puis, il ne put pas dormir à cause du léger bourdonnement émit par l'autre dormeur. Pris d'une idée soudaine, il créa un Bouclier de Silence autour de son lit.
Ce fut immédiatement mieux.
Il s'endormit.
« … donc, je t'assure, Severus, que le garçon serait mieux à Serdaigle qu'à Gryffondor. » Flitwick termina sa longue argumentation. « Il est notre meilleur élève. »
Ils étaient assis dans la salle des professeurs, juste après le petit déjeuner, attendant que Dumbledore arrive et amène sa prochaine victime – le nouveau professeur de Défense Contre les Forces du Mal – pour la leur présenter.
« Dumbledore n'approuverait jamais, Filius. » bailla Severus. « Et personnellement, je pense que le garçon est satisfait de sa situation actuelle. »
« Mais ses talents… »
« Tu as des cours avec lui, Filius. Tu peux lui apprendre tout ce que tu veux. »
« Je ne pense pas qu'être entouré de Gryffondors l'aide à réaliser son potentiel, Severus. Ses résultats ont baissé après qu'il y ait été placé. »
« Ah bon ? » Severus leva un sourcil. « Quand j'ai observé plus attentivement ses résultats de BUSE, je me suis presque évanoui. C'était presque parfait, bien qu'il ait été plutôt distrait à ce moment-là. J'étais mourant à l'hôpital, ses amis étaient accablés juste après qu'il ait à peine survécu à une rencontre avec Voldemort… Je pense que nous devons aussi prendre en compte ces choses-là, Filius. »
Le minuscule professeur de Sortilèges sourit.
« Je ne pensais pas que tu soutenais Gryffondor, Severus. »
« Bien sûr que je ne le fais pas ! » cria Severus avec indignation.
« Avec ton fils dans cette maison, tu vas leur faire gagner la Coupe des Maisons pour l'année à venir. »
Oh, il le savait : Minerva n'avait pas manqué de lui lancer au visage que Gryffondor avait gagné la Coupe des Maisons l'année précédente.
« Filius. » Il avait finalement envie de terminer la discussion. « Si je le pouvais, j'argumenterais avec Albus pour mettre le garçon dans ma maison, tu ne penses pas ? »
Son collègue rougit profondément aux paroles de Severus.
« Je pense que tu as raison. » marmonna-t-il. « Ecoute, je… » Mais il ne put pas finir. Dumbledore et sa nouvelle victime arrivaient. L'humeur générale dans la pièce s'éclaira immédiatement. Le nouveau professeur était une jeune femme, d'une trentaine d'années, elle avait les cheveux et les yeux bruns, ainsi qu'un regard très chaleureux.
Severus la regarda avec un léger intérêt. La première belle personne après tant de professeurs laids et/ou incompétents. Celle-ci pouvait ne pas être compétente, mais au moins, c'était quelqu'un d'agréable à regarder. Pendant un court instant, Severus joua même avec l'idée de partager ses pensées avec son neveu, mais il la rejeta. Ce n'était pas une chose paternelle à faire. Ou peut-être était-ce paternel considérant l'âge du garçon, mais en tant que son professeur, il ne pouvait tout simplement pas lui parler de choses comme cela.
« Armenia Noir. » Dumbledore la présenta. La jeune femme était seulement légèrement familière à Severus, mais il pouvait voir sur les visages de ses collègues qu'ils l'avaient immédiatement reconnue. « Une Auror de première classe, qui travaillait pour le Ministère, mais après qu'elle ait eu quelques plaintes au sujet des méthodes d'interrogation de ses collègues » Oh, un autre chevalier de la vérité, pensa ironiquement Severus, où étaient les autres quand j'étais aux soins du Ministère ? « le Ministre l'a licencié. Depuis, elle a travaillé en tant que consultant en sécurité pour Gringotts en France et en Suisse. Notre nouveau Ministre par Intérim l'a nommée pendant une année, lui souhaitant bonne chance - juste comme nous le faisons après tant de malheureux incidents. »
Pour dire la vérité, c'était une surprise agréable d'avoir finalement quelqu'un de compétent. Bien que l'année dernière, comme il l'avait appris du garçon, le professeur, Arabella Figg, ait aussi été un bon choix. C'était dommage qu'elle ait finalement été tuée par Malfoy. Apparemment, la malédiction du vieux Harold Potter était toujours présente sur le poste. Pendant un moment, Severus se demanda ce que serait la fin de la nouvelle collègue. Survivrait-elle à cette année ?
Tandis que Severus s'interrogeait, le nouveau membre du personnel prit un siège à côté de lui. Il se raidit avec embarras. Il n'aimait pas suffisamment la jeune femme pour apprécier sa présence, sans mentionner une conversation. Donc, il détourna la tête et regarda Minerva pour lui demander quelque chose, mais elle discutait avec Flitwick, probablement au sujet de son neveu.
Et la nouvelle femme semblait résolue à se présenter à Severus.
« Vous êtes Severus Snape ? » lui demanda-t-elle. Il gémit et se tourna vers elle.
« Oui. » dit-il froidement. Son ton coupa une partie de l'enthousiasme de l'autre personne.
« Je connaissais votre frère. » Elle commença à discuter amicalement. « Il était en quatrième année quand j'ai commencé mes études ici. J'étais une Serdaigle, comme lui. »
Soudain, Severus s'anima. Finalement, il pourrait apprendre quelque chose sur le père du garçon et son frère. Donc, il se força à faire un semblant de sourire.
« Oh, vraiment ? » Demanda-t-il en essayant de ne pas sembler trop froid ou rébarbatif.
« Oui. Et je suis tellement heureuse qu'Arcus soit devenu le nouveau Ministre ! Vous savez sûrement qu'il était son meilleur ami. » Severus ne dit rien, se contentant d'acquiescer, « Cependant plus tard, quand Quietus a commencé à passer du temps avec le vieux Potter, leur amitié s'est détendue… »
« Quoi ? » demanda Severus, embarrassé. Avait-il bien entendu ? Son frère et un Potter ?
La nouvelle collègue éclata de rire.
« Oh, je vois que vous n'êtes toujours pas d'accord avec les relations de votre frère. Apparemment, vous n'avez pas changé. »
Severus se ressaisit aussi vite que possible. Il était temps d'utiliser les outils qu'il avait appris en tant qu'espion. Il se força à arborer une expression neutre.
« Non. J'ai juste eu un accident cet été avec un Charme de Mémoire et j'ai toujours quelques problèmes pour me rappeler certaines personnes. » Après coup, il ajouta, « Comme les Potter. »
« Je vois. » dit la femme sérieusement. « Donc, vous ne vous rappelez pas la relation de votre frère avec les Potter. »
« Non. » répondit Severus avec un sérieux semblable. Intérieurement, il était très curieux de savoir si le garçon connaissait toute cette histoire et avait décidé de ne pas lui dire, ou s'il était juste aussi ignorant que lui de ce sujet. En attendant, la femme commençait son histoire.
« Ce n'était pas un secret dans la Salle Commune de Serdaigle que votre frère n'aimait pas être chez lui. D'après ce que j'ai entendu, il n'y allait jamais, excepté pour les vacances d'été. Puis, lors de sa quatrième année, le Professeur Dumbledore lui dit de s'entraîner sous la tutelle d'Harold Potter - comme vous le savez sûrement, le poste de Défense était maudit même quand nous étions à Poudlard, et nous avons donc eu beaucoup d'idiots incompétents, » Tous deux sourirent, « Ainsi, votre frère a suivi des cours supplémentaires de Défense avec le vieux bonhomme… Je suis sûr que c'est lui qui a maudit le poste… »
Severus haussa les sourcils.
« Si vous savez que le poste est en effet maudit, pourquoi avez-vous accepté d'enseigner ? »
La femme haussa les épaules.
« J'ai insisté sur le fait que je n'enseignerais la matière que pendant un an - la période moyenne pour chaque professeur, et j'espère que j'y survivrai. » ajouta-t-elle plus tranquillement, « Et, bien sûr, j'espère que je trouverai aussi un contre-sort. »
Ils ne purent pas continuer leur conversation, car Dumbledore ouvrit finalement leur première réunion et, pendant trois longues heures, ils durent se concentrer sur des horaires, des classes, des étudiants et des livres scolaires. A la fin des trois heures, Severus ne pouvait penser à rien d'autre qu'à une douche chaude et à un bon livre à lire - dans le silence. Donc, il quitta la salle des professeurs et retourna à ses propres quartiers.
Le Magenmagot condamna Lucius Malfoy à la suppression de sa magie et à l'emprisonnement à vie à Liberty pour le plus grand soulagement d'Harry. Et il n'eut même pas à participer au long procès pour témoigner de la culpabilité du bâtard dans le meurtre d'Arabella Figg cependant, pour 'ses réflexes rapides et son action', comme disait M. Patil, il était recommandé pour l'Ordre de Merlin seconde classe, pour avoir sauvé la vie pathétique du précédent ministre. Harry montra prudemment la lettre à Severus, ne sachant pas s'il serait réprimandé ou complimenté pour ses actions.
Bien sûr Severus ne fit rien comme l'avait supposé Harry. Il était totalement désintéressé et il agita sa main pour le renvoyer en disant-
« Des distinctions comme cela sont stupides, on peut très bien vivre sans elles... » et Harry ne put s'empêcher de penser à un soir où lui et Hermione avaient libéré Sirius et où Severus était accouru en hurlant à l'Infirmerie, parce qu'il avait raté la chance d'avoir une médaille. Un peu amer, n'est-ce pas? « Tu ferais mieux de trancher ces feuilles de mandragore plus proprement plutôt que de te concentrer sur des choses aussi dépourvues de sens... » fulmina-t-il et Harry sourit en baissant la tête.
Leur relation commençait à être une relation semblable à celle d'une famille, même si la proximité à laquelle Harry était habitué n'était pas revenue. Ils jouaient aux échecs, préparaient des potions, et allaient à Pré-au-Lard tous les deux, mais il n'y avait pas vraiment de conversation entre eux, et Harry ne savait pas quoi en penser. Il surprenait parfois Severus en pleine conversation avec la nouvelle professeur, et il ne comprenait pas pourquoi. Etait-il attiré par elle ? Ca n'en avait pas l'air, mais Harry n'avait jamais vu Severus attiré par une femme auparavant, donc il ne pouvait pas être sûr. Une fois, il entendit le nom de 'Potter' mentionné dans la conversation ainsi que le nom de son père, et il sentit son estomac se tordre : si Severus était informé des derniers évènements, il découvrirait tôt ou tard la vérité, et Harry était sûr que ce serait plutôt tôt que tard.
Il ne comprenait toujours pas comment Severus ratait ses fréquentes visions, parce que même s'il essayait de souffrir en silence, il savait qu'il criait fort, mais l'homme ne se réveillait pas. Et Seveurs avait le sommeil léger. C'était un mystère. Et Harry craignait le jour où Severus découvrirait son secret.
Mais Severus ne découvrit rien.
Pas avant leur dernière nuit ensemble.
Cela se passa deux jours avant la dernière réunion de l'équipe enseignante, quand les professeurs jetèrent des sorts de protections et des barrières, qui étaient supposées protéger le Poudlard Express. Comme Severus l'avait dit à Harry un an auparavant, ils utilisaient des systèmes de protections différents chaque année afin d'éviter une future attaque si quelqu'un résolvait le code qu'ils utilisaient l'année précédente.
Harry ne pouvait pas voir l'habituelle personne encapuchonnée dans le cercle, donc dès le début, il fut soulagé par le fait que Voldemort ne serait pas informé de ce qui se passait à l'école. Mais les choses qui suivirent sa découverte furent beaucoup moins apaisantes. Voldemort était très en colère de ne pas avoir reçu des informations aussi importantes, donc, il punit deux nouveaux membres de son Premier Cercle à propos d'étapes non-réalisées, et même s'ils criaient qu'ils avaient essayé de contacter leur agent à l'école, ils n'arrivaient pas à le trouver (ou la – ce n'était pas clair pour Harry). L'un d'eux suggéra que Dumbledore devait avoir découvert cette personne (ils mentionnaient toujours leur informateur comme l'agent de l'école). Après leur stupide explication, Voldemort devint furieux (Harry avait su que ce serait le cas dès que les deux personnes avaient commencé leurs excuses) et ordonna une brève séance de torture 'juste pour le fun'.
Harry se prépara pour les premiers coups, mais il était sûr qu'il ne resterait pas silencieux longtemps. Il allait s'agiter et même crier et, lorsque la force des sorts s'accentua, sa maîtrise de lui diminua.
Entre-temps, il priait pour qu'Avery ne vienne pas, et que personne n'utilise le Sort du Couteau, mais quand Goyle jeta le sort de Brise-Os, il ne put soudainement plus se retenir.
Il cria alors qu'il sentait les os dans ses membres se casser en deux et une sueur froide recouvrit son corps. Il savait qu'il n'y aurait aucune nouvelle information cette nuit, donc il essaya d'échapper à sa vision mais, comme de nombreuses fois auparavant, il ne rencontra aucun succès.
Une nouvelle vague de douleur parcourut à nouveau sa poitrine: comme si un géant s'était assis sur lui, ses côtes semblaient se briser comme des tiges entre les mains d'un enfant.
Il commença à pleurer.
Puis, quelqu'un le secoua et le tira de sa vision.
Il savait que ce devait être Severus.
Il ouvrit les yeux et chercha sa respiration. Son regard croisa les yeux inquiets de Severus.
« Qu'est-ce que c'était ? » demanda doucement l'homme, mais pendant un long moment, Harry ne put répondre : il n'avait simplement pas assez d'air dans ses poumons.
« Un cauchemar », dit-il ensuite.
« Tu es trempé », Severus toucha son visage.
« Je sais », répondit-il et il s'assit pour aller à la salle de bains prendre une douche.
Severus fronça les sourcils en apercevant son pyjama, qui était collé à sa peau.
Lorsque Harry revint de la salle de bains, Severus avait changé ses draps. Harry lui jeta un regard reconnaissant, et il se glissa sous la couverture chaude.
« As-tu mis des Sorts de Silence autour de ta chambre dans le manoir simplement pour ne pas être surpris pendant tes cauchemars? »
Harry ne savait pas quoi répondre, donc il hocha la tête avec hésitation.
« Pourquoi? »
Harry ne répondit, il regarda fixement sa couverture.
« Rêves-tu toujours d'être torturé ? » Comme Harry n'ouvrait pas la bouche, Severus continua. « Est-ce que tes cauchemars sont toujours aussi effroyables ? » Harry essaya de s'enfouir plus profondément dans son matelas. « Réponds-moi, mon garçon ! » s'écria soudainement Severus et Harry se jeta en arrière.
Un soupir.
« Désolé. » Une main sur son épaule. Autrefois, c'était celle de Severus. Mais maintenant, ce Severus n'était plus le sien ; Harry commença à trembler. « S'il te plait. Parle-moi », il entendit le ton bas de Severus, mais il était juste incapable de parler, donc il pleura silencieusement dans son oreiller. « Qu'est-ce que je faisais avant, après t'avoir réveillé? »
« Tu me tenais », marmonna Harry, ne se souciant pas de savoir si Severus l'avait entendu ou pas. Il savait que ce Severus ne le tiendrait plus. Jamais. Plus jamais.
Mais des bras l'entourèrent et il fut à moitié soulevé du lit et tourné pour faire face à Severus puis les bras incertains se refermèrent autour d'Harry dans une étreinte prudente. Son visage était maintenant pressé contre l'épaule de son ancien 'papa', et il se sentit soudainement relaxé, et il ne voulait pas penser au changement de Severus et à leur relation distante, rien d'autre, juste l'étreinte gentille, qui lui rappelait les fois passées, et Harry se laissa pleurer.
Severus ne bougea pas. Il ne savait pas pourquoi ni comment, mais cette situation était si familière – et si bonne, à en briser le cœur.
Il tint le garçon fermement pendant qu'il pleurait, il sentait des mains s'agripper à sa chemise de nuit, il sentait l'humidité sur son épaule, et il se sentait chez lui.
Quelqu'un avait besoin de lui. Quelqu'un s'appuyait sur lui. Quelqu'un lui appartenait.
Il était à la maison.
N'est-ce pas ?
Et le chapitre 6 pointe enfin le bout de son nez, avec dans ses bagages pleins de bonnes nouvelles pour vous faire oublier la rentrée... ou du moins essayer...
Tout d'abord, nous avons la gloire, l'honneur et l'avantage de vous annoncer qu'un superbe fanart a été réalisé sur cette fic! Et on applaudit très fort Gigiblue, auteur de cette petite merveille! Il prend place dans le chapitre 4, lors de la rencontre de Quietus avec Erica. Vous trouverez le lien sur notre profil, courrez le voir, il est vraiment magnifique!
Deuxième bonne nouvelle, on repasse à un rythme de un chapitre par semaine... Non, non, vous ne rêvez pas!
Et enfin, vous aurez droit au chapitre 7 lundi prochain, parce qu'on change de jour de publication : on quitte le vendredi et on passe au lundi... Et vous gagnez un chapitre dans l'affaire, bande de veinards...
Voilà, tout est dit! En espérant que vous appréciez les nouvelles... Et le chapitre, évidemment...
