Titre : Through the Walls

Auteur : enahma

Traductrices : Thamril et Méphisto

Disclaimer : Comme vous vous en doutez, rien ne nous appartient. Le monde d'Harry Potter est à J.K.Rowling et l'histoire à enahma.

Note : Pas de spoilers du tome 5.

Chapitre 7 - Plus proche

« ICI ! » Cria quelqu'un dans l'obscurité. « Ici ! Courez ! »

L'air était rempli de hurlements, de détonations, de bruits de fenêtres brisées et de sorts volants, de gémissements, de grognements et de cris de douleur et de terreur.

Soudain, Harry ne sut plus où il était. Une minute auparavant, il était dans un compartiment du Poudlard Express, discutant avec Hermione, Ares, Neville, Seamus et – de manière surprenante - Ron, oui, et il y avait aussi cette nouvelle fille, Erica (Hermione et Seamus, comme Préfets, et Harry, en tant que Préfet en Chef, avaient quittés le wagon des Préfets pour voir leurs amis) ; ils parlaient amicalement et paisiblement, grignotant des bonbons et parlant et re-parlant des événements de l'été, quand soudainement, le train s'était arrêté avec une secousse, et des bruits sourds et des coups éloignés leur indiquèrent que les bagages étaient tombés de leurs supports. Puis, sans avertissement, toutes les lampes s'éteignirent et ils furent plongés dans une obscurité complète. Pendant un instant seulement : car leurs yeux commencèrent à s'habituer à l'obscurité, et ils purent voir des silhouettes floues se déplacer tout autour du train quand ils jetèrent un coup d'œil par la fenêtre.

Elles portaient des robes sombre et leurs visages blancs brillaient à la lumière de quelques 'Lumos'. Leurs visages - non, ce n'était pas des visages, c'était des masques. Ce qui ne pouvait signifier qu'un seule chose : des Mangemorts.

Au moment où les étudiants identifièrent leurs attaquants, la panique éclata parmi eux. Et quand le premier sort frappa les portes ouvertes, la panique atteignit des niveaux insoupçonnables.

La première pensée d'Harry fut qu'ils étaient enfermés dans le train. Ils n'avaient aucun endroit vers lequel courir ou se cacher, ils étaient dans la pire situation possible.

« Hé, camarades » Chuchota-t-il à moitié, espérant que ses amis entendraient sa voix. « Nous devons sortir d'une façon ou d'une autre. Nous sommes piégés ici. »

« Le train est entouré par les Mangemorts. Nous ne pouvons pas sortir ! » Exposa Seamus.

« Nous n'avons aucune chance de résister ici. » Répondit brusquement Harry. « Et il y a beaucoup d'enfants non protégés aussi… »

« Les premières années ! » Cria Hermione avec effroi. « Ils sont complètement… »

« Nous ne pouvons pas les protéger. » Harry interrompit les paroles d'Hermione. « Nous devons créer une situation dans laquelle ils peuvent se sauver. »

« Cassons les fenêtres ! » Suggéra Ron.

« Non ! Les fenêtres sont trop hautes. Les plus petits ne pourront pas s'échapper de cette façon. » Hermione se tordit les mains. « Nous devons supprimer l'un des murs du train. »

« Et jeter un puissant sort de stupéfixion devant nous. » Ajouta Neville. « Alors les enfants pourront fuir. »

« Okay. » Harry sauta sur ses pieds. « Allons-y. Nous n'avons pas de temps à perdre. »

La conversation n'avait pas duré plus d'une minute. Ils sortirent l'un après l'autre dans le couloir, qui était plein d'enfants, et ils jetèrent un coup d'œil par les fenêtres du couloir, afin de vérifier aussi ce côté du train. Harry essaya de couvrir le bruit avec sa voix.

« Le mur du train va disparaître dans une minute ! Attendez nos sorts de stupéfixion, puis courez aussi vite que vous le pouvez ! Essayez de vous cacher ! »

« NON, Snape ! » La voix de Malfoy s'éleva soudainement d'une manière hostile. « Si vous enlevez le mur, nous ne serons plus protégés ! »

« Nous sommes enfermés ! » Cria Harry en retour. « Nous ne pouvons pas rester ici ! Nous devons nous sauver ! »

« Attendez ! » Une nouvelle voix se joignit à la conversation. « Nous allons vous aider, mais nous sommes seulement trois d'entre nous ici. »

« Janus ? » Lui demanda Harry dans l'obscurité. « C'est toi ? »

« Oui, et quelques autres septième année de Serpentard. »

« Et quelques sixième de Serdaigle. » La voix de Terry Boot était calme, mais claire. « Nous pouvons vous aider à lancer ces sorts de stupéfixion… »

« MAINTENANT ! » Cria Hermione. « Nous n'avons pas le temps ! Que tous ceux qui veulent se joindre à nous le fassent maintenant ! Jetez le sort. Un-deux-trois… »

« Evanesco ! » Hurlèrent au moins vingt voix en même temps et l'air froid de septembre souffla sur leurs visages. Le mur du couloir se volatilisa.

« Le sort de stupéfixion ! » Chuchota Harry dans le silence soudain du wagon. Les autres wagons n'étaient pas aussi silencieux, il pouvait l'entendre. « Un-deux-trois… »

« Stupefix ! » Cette fois, presque trente voix crièrent le sort, et les traits lumineux des sortilèges s'entrecroisèrent devant eux. Quelqu'un gémit et des cris surpris purent être entendus de toutes les directions.

« Encore ! » Cria Harry.

« Stupefix ! »

Ils le répétèrent cinq fois à la suite, puis Hermione hurla,

« COUREZ ! »

Profitant de la surprise de leurs ennemis, les enfants se dispersèrent dans les champs sombres, courant aussi vite qu'ils le pouvaient. Harry resta derrière, et il put entendre la respiration accélérée d'Ares à côté de lui.

« Je veux me battre. » Dit soudainement Ares. « Les autres wagons sont toujours attaqués… »

A la grande surprise d'Harry, il pouvait entendre les voix de ses autres amis autour de lui, lui disant la même chose. Apparemment, il n'était pas le seul à avoir décidé d'aider les autres. Bien que, dans le sombre chaos, il ne savait pas comment faire. Ils étaient couchés sur le ventre à côté du wagon soudainement vide.

« Par ici ! » Harry entendit la voix de Janus et après quelques instants, le mur du wagon suivant suivi le leur.

« COUREZ ! » Hurla quelqu'un.

« Le Ministère sera bientôt là. » Chuchota Hermione. « Nous devons essayer de gagner du temps jusque-là. »

Pendant ce temps-là, le chaos augmenta autour d'eux.

« Personam revelo ! » Hurla une voix masculine adulte et une fille cria de terreur. « Ce n'est pas la fille ! »

« Ils cherchent quelqu'un. » Chuchota Ares avec crainte. « Ils ont jeté un sort d'identification… »

« Ils cherchent une fille. » Ajouta Hermione.

« Erica… » Dit soudainement Harry. « Ils veulent attraper Eri… » Il commença à crier d'exaspération, mais une voix féminine l'interrompit soudain.

« Je suis là. Pas besoin de s'inquiéter. »

« Oh » Soupira Harry, bien qu'il ne savait pas s'il était soulagé ou non.

« Je pense que leur autre cible est toujours toi. » Ajouta soudain Neville.

« ICI ! » Beugla une voix, tout près. « Il y en a un groupe ! »

« Stupefix ! »

« Expelliarmus ! »

« Silencio ! »

Bien sûr, c'était Hermione qui avait lancé le sort de silence, bien qu'il soit déjà trop tard.

« Ils viennent. » Chuchota Ron, terrifié.

« Sous le train ! » Cria Neville, saisissant le bras d'Erica et la traînant avec lui. En entendant la voix protestante d'Hermione, il sut que Ron avait fait la même chose avec elle. Alors qu'Hermione était tirée au loin et protestait, elle parvint à arracher la baguette d'Harry de sa poigne, pas assez ferme. Harry était sur le point de les suivre, mais il s'arrêta et commença à chercher à tâtons autour de lui à la recherche de la baguette perdue. Elle ne voulait pas être trouvée.

Harry commença à devenir nerveux. Au milieu d'un combat, il perdait sa baguette magique à cause d'un stupide accident. Juste merveilleux.

« Qu'est-ce que tu fais ? » Il entendit la voix d'Ares à côté de lui.

« Ma baguette. Je ne trouve pas ma baguette. » Expliqua-t-il rapidement.

« Quoi ? »

Harry ouvrit la bouche pour répéter sa phrase, mais il ne put pas. Soudain, un froid intense déferla sur lui. C'était trop familier : le froid transperçait sa peau, était à l'intérieur de sa poitrine… Le froid familier du désespoir, de la solitude, de la douleur, de la crainte, et du vide. Détraqueurs.

Détraqueurs - et il n'avait pas de baguette.

Il commença désespérément à remonter son pantalon et tendit la main vers sa baguette cachée, sa vraie baguette, mais il était trop tard. Les Détraqueurs étaient trop proches et tout commença à disparaître dans un sentiment douloureux, un mélange tourbillonnant de souvenirs terrifiants.

Quelqu'un criait, criait à l'intérieur de sa tête… sa mère… une voix qu'il avait entendue il y a tellement longtemps.

« Pas Harry, pas Harry, s'il vous plait, pas Harry ! »

« Pousse-toi, idiote… Pousse-toi, maintenant… »

« Pas Harry, s'il vous plait non, tuez-moi, tuez-moi à sa place-- »

La douleur élança le corps d'Harry, mais il était toujours conscient. Cependant, les souvenirs douloureux ne semblaient pas s'arrêter. Un autre cri d'agonie retentit - Harry le reconnu immédiatement. C'était Severus qui était torturé à Nightmare Manor, pendant qu'ils étaient séparés et Malfoy… Malfoy brisait ses mains.

« HARRY ! NOOOOOOOONNNN ! » Le cri bouleversé de Severus quand le Sortilège de la Mort de Pettigrew l'avait frappé.

« Okay, garçon, je te lance un sort si tu ne réponds pas. » La voix de l'Auror avant qu'il ait été frappé de plusieurs Tormenta l'année dernière.

Et finalement,

« Obliviate. » Le mot qui avait détruit son monde faussement sûr en minuscules morceaux.

Ce fut à ce moment qu'il saisit finalement sa baguette et la pointa vers les silhouettes sans visage approchant, se concentrant fortement sur le confort et l'attention de la nuit précédente.

« SPERO PATRONUM ! »

L'extrémité de sa baguette éclata presque alors que Cornedrue, la forme animagus de son gardien, de son beau-père en sautait et, l'instant suivant, il galopait vers son but.

Le brouillard commença à s'éclaircir dans l'esprit d'Harry. Les silhouettes commencèrent à battre en retraite, puis elles se sauvèrent sans autre cérémonie. Harry soupira et s'effondra sur son ventre.

Puis, un doigt hésitant et presque craintif toucha son bras et quelqu'un chuchota à côté de lui,

« Potter… » Harry se figea. D'autres doigts rejoignirent le premier, et devirent une forte prise, la voix faible devint un horrible sifflement.

« Tu es Potter. » Mais c'était plus une question qu'une simple affirmation d'Ares.

« Nous devrions bouger, Ares. » Siffla-t-il en retour en se déplaçant pour suivre ses amis, mais Ares tenait étroitement son bras.

« Non. »

« Nous le DEVONS ! » Harry voulait hurler.

Heureusement, ou plutôt malheureusement, les attaquants se rapprochaient encore. Il réussit à convaincre Ares de partir, mais avant qu'ils aient pu rejoindre leurs compagnons sous le train, des craquements se mélangèrent aux bruits de combat. Cela ne prit pas longtemps à Harry pour reconnaître l'insigne du Ministère sur les uniformes des nouveaux venus.

« Les Aurors du Ministère ! » Cria-t-il avec soulagement.

Le chaos augmenta au début mais, après que la surprise initiale soit passée, les Mangemorts commencèrent à transplaner, et les bruits passèrent de la panique au soulagement. Harry enfouit son visage dans ses mains et soupira profondément, puis, se rappelant sa baguette perdue, il jeta un rapide Sortilège d'Attraction pour la trouver. Sentant la baguette de son père dans sa main, il replaça rapidement la sienne à sa place et regarda un Ares impatient.

« Je ne peux rien te dire. » Murmura-t-il, vaincu.

Ares lui lança un regard scrutateur.

« D'accord. Mais je sais qui tu es. Ce Patronus… »

Il n'eut pas besoin de sa phrase, Harry savait exactement ce qu'il voulait dire.

« Je ne peux pas te dire. » Chuchota-t-il. « Désolé. »


Patil était quelqu'un de chanceux, pensa Severus tandis qu'il prenait son petit déjeuner dans la Grande Salle. Trois jours avant les élections officielles, il parvenait à persuader la communauté sorcière de son efficacité dans des situations dangereuses : d'abord avec le procès de Malfoy et après, avec la réaction très rapide du Ministère lors de l'attaque du Poudlard Exprès. Les équipes du Ministère étaient arrivées sur les lieux de l'attaque en dix minutes, avaient réussi à éloigner les forces des Mangemorts - et personne n'était mort. Il y avait eu quelques blessures légères, et beaucoup d'enfants choqués, mais au final, l'événement pouvait être considéré comme chanceux et - pour Patil - également bien synchronisé. Severus était sûr que le monde sorcier britannique l'élirait comme nouveau Ministre après tous ces événements, mais il ne l'enviait pas. Patil serait un bon Ministre, et la réaction rapide des Aurors était assurément due à son mérite plus qu'à celui des Aurors. Ses nouvelles règles et ses nouveaux ordres avaient provoqué cette réaction rapide et efficace.

Le soir précédent, les pensées de Severus n'avaient pas été aussi froides et compréhensives. Quand les premières nouvelles à propos de l'attaque étaient arrivées à l'école, il avait soudainement ressenti quelque chose de… peu familier. Une pression froide extrêmement inconfortable et suffocante autour de sa poitrine, et c'était si peu familier que, d'abord, il n'avait pas su ce que ça signifiait. Juste après qu'il ai aperçu la grande silhouette du garçon parmi les étudiants arrivant et que la pression froide l'ai quitté, il lui était apparu qu'il s'était inquiété pour son neveu. Oh, et pendant la longue attente, il s'était blâmé pour avoir laisser le garçon partir retrouver ses stupides amis à Londres, mais la réalisation de ses propres sentiments était survenue quand le garçon était entré dans la Grande Salle avec ses camarades.

Sans hésitation, il s'était précipité vers le garçon et lui avait demandé s'il allait bien, gagnant un large sourire lumineux qui avait eu un effet magique sur lui – pourquoi ? Il ne savait pas, mais ce sourire avait d'une certaine manière effacé les dernières traces de sa frayeur précédente et, même l'habituel discours d'ouverture d'Albus lui avait semblé plus supportable qu'auparavant.

Etait-ce parce que cette nuit il avait tenu le garçon agité pendant de longues heures ? Severus ne pouvait pas décider. Cette nuit… Si le garçon avait été un peu plus jeune, il se serait senti comme un parent, un véritable parent : tenir un enfant malade ou agité la nuit était le travail des parents. Mais son neveu n'était pas un enfant. Il avait dix-sept ans - presque un adulte. Et d'un autre côté… le garçon avait été tellement reconnaissant, Severus pouvait clairement le sentir. Gratitude.

Encore une fois, il avait réalisé quelque chose : le garçon l'aimait. Mais.

Il y avait toujours un 'mais'. Quelque chose à propos du garçon était complètement dérangeait : la familiarité constante que Severus ressentait. Son Charme de Mémoire était parfait : il ne pouvait même pas se rappeler de son propre frère – mais cependant, ce garçon était si familier. Pourquoi ?

Quelque chose profondément ancré à l'intérieur de Severus connaissait la réponse, et parfois, même son esprit conscient attrapait quelques lambeaux de cette réponse – principalement dans ses rêves.

Et Severus savait parfaitement que la réponse n'était pas reliée à son frère ou à ses souvenirs supprimés. C'était autre chose - et ça attendait presque son heure pour apparaître. La dernière pièce de son puzzle intérieur s'était encastrée à sa place lors du dernier après-midi paisible et sans étudiant, quand Severus était allé à la bibliothèque pour chercher quelques livres concernant le sang humain dans les potions anti-douleur et il avait trouvé par hasard Madame Pince qui l'avait dirigé vers la section du Mysticisme Arabe.

« C'est des Potions, pas de la Divination que je cherche. » Renifla Severus avec indignation.

« Et bien, mon cher, je pense que vous pouvez trouver quelques livres dans ces sections au sujet du sang humain, cependant, vous avez raison, ils ne sont pas strictement à propos de la fabrication des potions. Mais je pense que vous pouvez apprendre beaucoup d'eux. Et, bien sûr, ce n'est pas parmi les livres de Mysticisme Arabe, mais sur le dessus de ces étagères. Parce que la majorité sont en arabe. »

« Merveilleux. » Murmura Severus, qui ne parlait pas arabe, en se dirigeant vers la section mentionnée.

« C'est la place préférée de votre fils. » Babilla joyeusement Madame Pince. « Il étudie toujours là avec ses amis. » Severus n'était certainement PAS intéressé par les habitudes d'étude de son 'fils', mais il ne pouvait tout simplement pas arrêter la bibliothécaire. « Mais principalement avec cette charmante jeune fille, Granger. Ils ressemblent tellement à votre frère et à Miss Evans quand ils sont ensemble que je me suis souvent demande s'ils seraient ensembles comme ces deux là ou pas… » La voix de la femme se tût et Severus demeura figé sur place.

Son frère et Miss Evans ? Cette petite fille née-Moldue, qui avait plus tard été l'épouse de James Potter ?

Il avait complètement oublié ses potions. Il s'appuya sur une des étagères, cherchant quelque chose de solide et de ferme. Il était temps de bien réfléchir aux relations de son neveu et à sa parenté.

D'abord : le garçon était un Snape. Pas un enfant adopté, mais un véritable Snape : la potion qu'ils avaient préparée à l'hôpital le lui indiquait clairement. Il devait aussi être le fils de son frère, parce que la potion avait prouvé qu'ils étaient étroitement reliés.

Mais, connaissant la parenté du garçon, son frère avait préféré les nées-Moldues, même lorsqu'il était plus âgé.

Alors, c'était arrivé. Ce quelque chose s'était inséré à sa place, mais comme Severus essayait de l'attraper, cela s'échappa de son esprit conscient, jouant à cache-cache avec le Maître des Potions légèrement furieux. Et il n'aimait pas ce genre de sentiment.

Mais il ne pouvait toujours pas l'attraper.

Ses sentiments dérangeants ne le quittèrent pas pendant tout le petit déjeuner, et à présent, il devait aussi faire face aux Aurors, parce que Patil leur avait ordonné de faire leur contrôle habituel parmi les étudiants au début de la nouvelle année scolaire. Severus n'aimait pas le procédé, mais il l'acceptait comme une nécessité et espérait que les nouveaux Aurors de Patil ne seraient pas trop biaisés envers sa maison. Mais Patil les avait prévenus qu'il y aurait aussi une enquête auprès du personnel en raison de l'attaque et Severus avait beaucoup de sentiments inconfortables envers cet examen, considérant le fait qu'il avait toujours la Marque des Ténèbres de Voldemort sur son avant-bras. Il savait exactement qui serait le premier suspecté.

En raison des investigations des Aurors, aucun cours n'avait lieu - et, bien sûr, ils ne trouvèrent rien à la fin de la journée. A la grande surprise de Severus, personne ne l'avait soupçonné et arrêté, au contraire, tout le monde l'avait traité poliment et avec respect. Après dîner, cependant, il y eut un cognement doux à la porte de ses quartiers.

« Puis-je entrer ? » Demanda une voix inconnue.

Severus ouvrit la porte. Le chef du groupe local d'Auror se tenait dans le couloir. L'expression de Severus se transforma en un rictus.

« J'aurais dû le savoir. » Murmura-t-il en colère, mais il laissa l'Auror entrer dans ses quartiers.

« Donc ? » Demanda-t-il quand tous deux furent assis. « D'autres questions à propos de ma marque ? Ou de ma loyauté ? »

« Non. » L'Auror secoua la tête. « C'est au sujet de votre fils, Professeur Snape. »

« Oh. » Pendant un moment, le sang de Severus se gela. Son fils n'était pas un Mangemort, n'est-ce pas ? Mais avant que la panique puisse l'accabler, l'Auror continua.

« Eh bien, ce n'est pas vraiment au sujet de notre enquête… Je suis venu chez vous comme un père à un autre. »

Severus devint complètement confus.

« Je… Je ne comprends pas. » Murmura-t-il avec dépit.

L'Auror soupira et se gratta le cou avec embarras.

« M. Snape, savez-vous que votre fils porte plusieurs Charmes de Dissimulation sur lui ? » Demanda-t-il finalement.

Severus déglutit pour empêcher sa gorge de se serrer et acquiesça, incertain.

« Je le suspectais. » Coassa-t-il en pâlissant. A présent, il saurait ce que le garçon lui cachait.

L'Auror gesticula dans la chaise et Severus vit qu'il se forçait pour rencontrer le regard sombre et intense du Maître des Potions.

« J'ai entendu parler du problème de votre fils avec les Aurors l'année dernière. » 'Vous avez de la chance', pensa intérieurement Severus. 'Je ne sais rien sur ces problèmes.' « Donc, j'ai décidé de participer à son court examen pour assurer la justice de l'investigation. » Le regard de l'Auror se pointa sur le sol, puis il releva brusquement la tête et regarda Severus dans les yeux. « Savez-vous qu'il se coupait - ou se coupe toujours ? »

La mâchoire de Severus de décrocha. Quoi ? Se coupait ? Le garçon ? Il dut forcer sa bouche à se fermer, et posant ses coudes sur ses genoux, il enfouit son visage dans ses mains.

« Oh, mon Dieu. » Gémit-il. « Je ne savais pas. » Ajouta-t-il. « Je ne savais pas. » Se murmura-t-il à lui-même.

« Il y de nombreuses coupures sur ses mains, les deux mains, et bon nombre d'entre elles sont fraîches - elles ne datent pas de plus de deux ou trois mois. » La voix de l'Auror était douce alors qu'il continuait. « J'ai vu plusieurs enfants suicidaires, et je ne pense pas qu'il le soit, pas vraiment. Il ne veut pas se tuer, il ne fait que… se couper. Pour se punir ? Pour se soulager ? Je ne sais pas, mais je pense que vous devriez lui parler et peut-être… vous devriez l'amener voir un conseiller. Vous savez… un accident, il se coupe trop profondément… »

Severus secoua la tête avec désespoir.

« Je ne savais pas. » Répéta-t-il encore. « Vous êtes sûr ? »

« Tout à fait. » Après un court silence, l'Auror ajouta, « J'ai travaillé avec des enfants à problèmes dans le passé. J'ai écrit ma thèse sur l'automutilation et ses raisons. J'ai vu beaucoup des cicatrices. »

Severus se leva, chancela vers la cuisine et se versa un verre d'eau. Sa gorge était sèche à cause du choc. Quand il revint dans le salon, l'Auror était déjà debout.

« Désolé pour… le dérangement. » Dit l'homme en lui serrant la main. « Mais je pense qu'il était nécessaire de vous le dire. Bonne nuit, Professeur Snape. »

« Bonne nuit. »

Au moment où la porte se ferma derrière l'homme, Severus s'effondra dans sa chaise, essayant d'arriver à comprendre ses propres sentiments et à placer les nouveaux éléments à propos du garçon dans son puzzle intérieur. L'homme avait dit la vérité, il en était sûr. Et il avait dit que les cicatrices du garçon dataient de deux mois. Se coupait-il lorsque Severus était dans le coma à Sainte Mangouste ? Etait-ce une étrange forme étrange de chagrin ? Ou s'était-il coupé après la mort du garçon Weasley ? Comme une sorte de punition ? Le garçon se blâmait de sa mort, Severus le savait. Et Severus était sûr que l'Auror n'avait pas examiné ces cicatrices de manière trop approfondie, car il ne voulait pas harceler le garçon, donc ces blessures pouvaient aussi être très récentes…

Severus se sentait perdu. Avait-il su à propos de ces… tendances, avant ? Ou… est-ce que le garçon avait des tendances similaires avant ? Ou était-ce entièrement nouveau après son Obliviation ? Il ne connaissait pas les réponses à ces questions, bien qu'il ai intérieurement ce sentiment de nouveau, le sentiment qu'il manquait quelque chose et que tout autour de lui était tellement évident ! Mais il n'arrivait pas à l'attraper.

Il alla au lit irrité et incapable de fermer les yeux et, après une nuit de sommeil agité et un pauvre petit déjeuner, il arrêta le garçon alors qu'il était sur le point de quitter la Grande Salle.

« Je veux te parler. » Dit-il. « Viens dans mon bureau après… »

« Pourquoi es-tu si formel ? » Les yeux verts du garçon lui sourirent. « Je peux venir te voir dans nos quartiers et prendre le thé avec toi après l'Arithmancie. A deux heures. »

« Très bien. » Severus lança un regard scrutateur au garçon, et il remarqua quelques signes de fatigue dans ses yeux, cependant, le visage était calme et frais. « As-tu eu un autre cauchemar ? »

« Comment… ? » Les yeux du garçon s'écarquillèrent de surprise.

Severus ne répondit pas, levant juste un sourcil élégant et se tournant pour partir.

« Arrête. » Le garçon attrapa sa manche et rit doucement. « Ne sois pas aussi suffisant. Je sais que tu caches quelque chose. »

« Ah bon ? » Demanda Severus en retour sans pouvoir réprimer un sourire moqueur. « Viens me voir à deux heures. Ne sois pas en retard. »


Harry avait de nombreux mauvais pressentiments à propos de sa visite de l'après-midi à Severus, mais il avait hâte que l'Arithmancie se finisse pour qu'ils puissent finalement parler. Sans mentionner Ares : le garçon le scrutait tellement attentivement par derrière, qu'Harry pouvait presque sentir les minuscules trous que son regard perçait dans son dos. Bien sûr, Ares était soupçonneux, bien sûr, il l'avait découvert : ils avaient appris l'année dernière pendant un cours de Sortilèges ou de Défense (Harry ne se souvenait pas exactement où : le charme de Patronus avait été étudié dans les deux matières) que premièrement, les Patronus étaient comme les empreintes digitales : chacun avait son propre Patronus, qui était différent de tous les autres et, deuxièmement, qu'Harry Potter avait été et était toujours le seul étudiant à pourvoir créer un Patronus corporel et par dessus tout, troisièmement, qu'il avait caché sa capacité à créer un Patronus pendant toute l'année dernière. Et Ares était tout sauf stupide et il en avait tiré la seule conclusion logique : le lanceur devait être Harry Potter, donc Quietus Snape était Harry Potter. Brillant.

Harry savait qu'il devrait tôt ou tard faire face à Ares et lui expliquer que… que quoi ? Harry ne savait pas quoi dire. La vérité ? Harry ne savait pas, et il désirait rencontrer le Directeur le plus tôt possible, probablement aujourd'hui.

Quand la leçon prit fin, Harry rangea tous ses livres dans son sac et remarqua que tout le monde dans la classe portait beaucoup de livres dans son sac, tandis que ses camarades en Botanique avaient justes quelques manuels avec eux. Eh bien, dans ce cours, il y avait seulement les habituels étudiants de Poufsouffle et de Gryffondor, au contraire de l'Arithmancie ou des Potions, parce que très peu de gens avaient eu une note suffisamment bonne à leurs BUSE pour prendre ces options, et donc, les classes étaient complètement mélangées : chaque Maison y avait des membres.

« Quietus, nous devons parler. » Ares l'arrêta dans l'encadrement de la porte.

« Ares » Harry regarda son ami d'un œil féroce. « Je n'ai rien à… »

« Ne me mens pas ! » Siffla Ares, fronçant les sourcils. « J'ai vu… »

« La ferme ! » L'interrompit Harry. « J'ai eu assez de problèmes à cause de toi cet été ! S'il te plait, n'en rajoute pas maintenant ! »

Ares lui jeta un regard surpris. Il n'avait jamais vu Harry aussi furieux auparavant. Ou plus exactement : il n'avait jamais vu son ami furieux.

« Je… »

« Non. » Enonça clairement Harry. « Ce n'est pas un sujet de discussion amicale. Je ne veux pas et je ne peux pas parler de ce qui est relié à… ce que tu as vu. Tu comprends ? » Son expression ressemblait à présent à celle de Severus.

Le visage d'Ares se tendit.

« Tu n'es pas mon père pour me donner des ordres ! »

« Oui, bien sûr. Et tu n'es pas le mien pour faire de même. »

« Quand t'ai-je donné un ordre ? »

« Quand tu as dit nous devions parler. Je ne dois parler à personne de quoi que ce soit. Je pourrais te parler quand je l'aurais décidé. »

Ils se regardèrent pendant un long moment tendu, puis Ares haussa les épaules et s'éloigna.

« Qu'est-ce que c'était ? » Hermione se dirigea vers Harry.

« Il a vu mon Patronus. » Dit Harry tellement doucement que seule Hermione put l'entendre. « Et il a découvert. »

« Oh » L'expression d'Hermione devint pensive. « Que vas-tu faire ? »

Harry haussa les épaules.

« Pour l'instant, je vais parler à Severus, et après… Je pense que j'irais voir le Directeur. »

« Oh, c'est une bonne idée. »

« Comme toujours. » Dit Harry en se tournant vers la jeune fille. « Et pour Ron ? »

« Ron ? » Harry put voir la confusion d'Hermione.

« Tu ne veux pas reconsidérer ton… refus de l'année dernière ? »

« Oh, ça. » Hermione baissa la tête. « Non, Quietus. Je ne pense pas que je reconsidérerai jamais cette décision. Tu ne t'es pas vu cette nuit-là. J'ai pensé que tu allais mourir, j'ai été complètement terrifiée et… et… le seul souvenir de sa cruauté rend totalement impossible pour moi le simple fait de penser à moi et à Ron… de cette manière. »

« Et que penses-tu d'une amitié ? » Demanda pensivement Harry.

« Je ne sais pas. Pas encore. » Soupira Hermione. « Et toi ? Que penses-tu ? Peux-tu être son ami ? »

Harry soupira également.

« Je ne suis pas sûr. J'ai essayé et, tu sais, il s'est excusé de nombreuses fois. Mais j'étais, et suis peut-être toujours, incapable de lui pardonner. Hermione, il savait que j'avais des cicatrices, Percy lui a dit, il savait et il a utilisé cette connaissance particulière contre moi de la pire des manières possibles. » Ils se tinrent en silence pendant quelques instants, lorsque finalement, Harry lui dit au revoir. Il était temps d'aller voir Severus.

Le chemin jusqu'aux cachots était court, et Harry se trouva bientôt devant leurs quartiers, appuyant son index sur l'habituel point blanc. La porte s'ouvrit silencieusement.

« Bonjour, Severus. » Il salua l'homme qui était assis dans son fauteuil favori, ses yeux regardant sans la voir la cheminée vide.

L'homme inclina simplement la tête vers lui pour le saluer et Harry savait pourquoi : il était toujours inconfortable avec le fait de l'appeler par son prénom. Harry laissa tomber son sac sans cérémonie et s'assit face à lui.

« Tu voulais me parler. » Il regarda Severus avec attente, remarquant les profondes lignes de fatigue et d'anxiété sur son visage.

« Oui. » L'homme inspira profondément et fit apparaître du thé d'un rapide mouvement de la baguette. Alors que les tasses apparaissaient sur la table, il en prit une dans ses mains et la serra comme s'il voulait réchauffer ses doigts froids. Harry imita son mouvement et, pendant quelques longues minutes stressantes, ils restèrent assis dans un silence profond.

« Hier, j'ai eu un visiteur. »

Harry ne sut pas comment réagir à cela. Il baissa sa tasse et encouragea l'homme à continuer d'un signe de tête.

« Et il m'a mentionné une chose que je… veux connaître. »

« Qui était-ce ? »

« Le chef de l'équipe d'Aurors. »

Harry ferma les yeux, parce qu'il sentait le monde commencer à tourbillonner autour de lui.

« Tu vas bien ? » Il entendit la voix légèrement inquiète de Severus et acquiesça. Il allait très bien, n'est-ce pas ?

« Que voulais-tu savoir ? » Demanda-t-il faiblement.

« Il m'a mentionné que tu avais eu quelques… problèmes avec les Aurors l'année dernière. Peux-tu m'éclairer à propos de ces… problèmes ? »

Harry sentit le soulagement dans son corps et ouvrit les yeux.

« Et bien, ce n'était pas grand chose. » Il haussa les épaules. « Ils voulaient juste avoir une preuve que j'étais un Mangemort et, puisqu'ils ne trouvaient rien, ils ont essayé de me donner du Veritaserum. J'ai résisté, alors ils m'ont lancé un sort et j'ai dû passer quelques heures à l'Infirmerie. Toi et Dumbledore avez rédigé un rapport officiel à propos de l'abus et ils m'ont laissé tranquille après cela. »

« Quel sort ont-ils utilisé ? »

« Tormenta. Oh, et il y a eu quelques abus physique, mais rien de sérieux. »

« Des abus physiques. » La voix de Severus était froide et cinglante. « Et tu dis que ce n'est pas sérieux. »

« Eh bien » Déglutit Harry. « Le sort était bien pire… » Sa voix s'éteignit.

« Pourquoi voulaient-ils que tu prennes du Veritaserum ? »

Harry senti la nervosité lui serrer la gorge. Cette question était trop… proche. Il devait encore mentir.

« Parce que tu étais considéré comme mon père et qu'ils savaient pour ton passé… et donc, ils pensaient que tel père, tel fils… » Eh bien, au moins c'était une demi-vérité.

« Les bâtards ! » Murmura Severus dans sa barbe et sa mâchoire se crispa. « C'est tellement comme eux : des sorts, des coups, du Veritaserum… »

« Mon père était un Auror aussi. » Harry décida de diriger la conversation vers des sujets moins gênants. « Mais il est parti après le premier mois. Il ne pouvait pas supporter leurs agressions plus longtemps. »

« Je vois. » Severus n'avait apparemment pas même entendu la dernière phrase. C'était mauvais signe pour ce qui allait ce passer. « Mais hier, j'ai entendu autre chose, Quietus. »

Lorsque Harry entendit son prénom, il sut qu'il était perdu. Il se prépara au pire et fixa Severus.

« Oui ? » Demanda-t-il même.

« Je sais que tu portes des sorts de Glamours sur toi, Quietus. Je l'ai réalisé il y a bien longtemps. Mais hier, les Aurors ont jeté un Revelo sur toi. »

« Et ils ont vu mes cicatrices et ils te l'ont rapporté. » Harry termina la phrase de Severus. Quand l'homme acquiesça, Harry soupira. « Et maintenant, tu veux que je t'en parle. »

« Exactement. »

« J'ai eu un accident. » Commença Harry, mais Severus l'interrompit.

« Quand ? »

« L'été dernier. »

« Je veux les voir. »

« Non. » Harry fut effrayé et sauta sur ses pieds. « Non. »

« Arrête. » Le moment suivant, Severus était à côté de lui, tenant son bras d'une forte poigne. « Tu ne fuiras pas maintenant. Je veux voir ces cicatrices. »

« Pourquoi ? » Cria Harry en essayant d'enlever son bras de la prise de Severus.

« L'Auror m'a dit que tu te coupais. »

« N'importe quoi ! » Hurla Harry, faisant une autre tentative pour se libérer.

« Et il m'a dit que tes cicatrices ne dataient pas de plus de deux mois. »

« Il avait tort ! » Harry se débattait, mais à présent, Severus avait sa baguette pointée sur lui. La gorge d'Harry se serra, mais il se força à parler, « Si tu me lances un sort maintenant, je ne viendrais plus jamais près de toi. Jamais ! »

« Quietus, écoute… »

« Tu n'as pas le droit de me forcer ! »

« Je veux juste aider ! »

« Je n'ai pas besoin d'aide ! Je ne me coupe pas ! Je n'ai rien à te montrer ! » Beugla Harry de toutes ses forces. « Et lâche mon bras ! Laisse-moi partir ! » D'une dernière traction subite, il dégagea son bras, et reversant sa chaise d'un coup de pied, il se libéra de Severus et couru jusqu'à la porte. Severus juste derrière lui. Harry ouvrit brusquement la porte, mais Severus saisit à nouveau son bras.

« Stop ! »

« Laisse-moi partir ! Mes cicatrices ne sont pas tes affaires ! » Hurla Harry en donnant un coup de pied en direction de Severus, mais celui-ci était le plus fort. Il saisit Harry et le jeta à l'intérieur, verrouillant la porte d'un charme rapide. A ce moment-là, la panique écrasa finalement Harry. Il sentit sa gorge se serrer douloureusement, et le moment suivant, il était agenouillé sur le sol et avait des haut-le-cœur.

Le bras fort disparu, et une voix faible et craintive lui demanda,

« Qu'est-ce qu'il s'est passé ? »

« J'ai vomi. » Dit sèchement Harry. « Je pensais que c'était évident. »

Severus ne répondit pas, quittant simplement la pièce pendant un instant. Quand il revint, il enleva le vomi du sol, s'agenouilla à côté d'Harry et nettoya son visage avec une serviette chaude et humide.

« Que s'est-il passé ? » Demanda-t-il de nouveau.

« Je pense que j'ai eu une attaque de panique. Rien dont tu ais besoin de t'inquiéter. » Répondit Harry, la voix encore tremblante.

« Je suis désolé de t'avoir attaqué. » Chuchota Severus. « Je voulais juste aider. »

Ils restèrent silencieux jusqu'à ce que les tremblements d'Harry diminuent légèrement.

« Severus. » Harry leva les yeux. « Je jure que je ne me coupe pas. Juste… juste… je ne peux pas en parler. » Il secoua la tête. « Et Dumbledore sait pour mes cicatrices. Tu peux aller lui demander. »

Severus lui jeta un nouveau regard scrutateur.

« Quelque chose se passe, je peux le sentir. Tu prépares quelque chose, ou plus exactement, tu me caches quelque chose. N'est-ce pas ? »

Harry ne répondit pas, se levant simplement.

« Laisse-moi partir maintenant. »

Harry pouvait sentir que Severus voulait dire ou demander quelque chose, mais finalement, il opina et ôta le sort de fermeture. Il était toujours agenouillé quand Harry quitta la pièce.

Il ferma la porte derrière lui et avec un profond soupir il s'appuya contre le mur.

« De quelles cicatrices parliez-vous, Snape ? » Une voix irritée surgit à coté de Harry.

Harry leva les yeux. Malfoy. Enfer et damnation. La dernière personne qu'il voulait voir.

« C'est pas tes oignons, Malfoy. Dégage ! »

« Langage, Quiet ! » dit Malfoy en imitant Severus. L'instant d'après, la baguette d'Harry était pointée sur sa gorge.

« Ecoute, Malfoy. Je me fiche de savoir si nous sommes apparentées ou pas, mais si tu n'arrêtes pas de fouiner, je te jetterai un sort ! »

« Que des mots… » ricana Malfoy.

« Tu t'amuses biens, Malfoy ? » demanda Harry et une idée soudaine lui traversa la tête.

« Tu peux dire ça », répondit le blond, et son sourire s'élargit quand il sentit la baguette de Harry trembler avec ce qu'il pensait être de l'incertitude.

« Gelasmus », marmonna Harry, et soudainement, les yeux de Malfoy s'écarquillèrent de douleur alors qu'il commençait à rire de façon incontrôlée.

Harry se tint au-dessus de lui pendant un long moment. Mais il se souvient des paroles de Severus sur les éventuelles conséquences du sort trop bien. Et donc, quand il se détourna pour partir, il libéra le garçon gémissant avec un Finite Incantatum.

« Attends que je t'attrape, Snape ! » Il put entendre le cri de Malfoy en écho derrière lui. Il ne répondit même pas.


Au cours de Potions le lendemain, la leçon commença comme d'habitude : la porte s'ouvrit à la volée, Severus entrant, les robes tourbillonnantes, les mots résonnants. Harry était à coté d'Hermione au lieu de Neville qui avait choisi de travailler avec Parvati, et Harry soupçonnait ses raisons. En fait, les jumelles Patil avaient changé durant l'été : elles étaient plus belles et un peu plus matures, et Harry pouvait voir dans la salle commune que Parvati parlait plus facilement avec Hermione qu'avec Lavande, même si l'année dernière les deux filles étaient inséparables. Lavande était toujours un peut idiote quand elle gloussait et discutait avec ses amies après le dîner.

Parvati était devenue plus sérieuse et moins bavarde, et son comportement était vraiment agréable selon Harry – et apparemment selon Neville aussi. Harry regarda Hermione en s'asseyant à coté d'elle, et Hermione lui fit un clin d'œil et tous deux sourirent. Neville était parfait pour la grande fille : il avait beaucoup grandi pendant l'été, son visage avait perdu ses rondeurs et s'était endurci, ses pommettes et ses sourcils s'étaient accentués, et même, le matin, Harry l'avait déjà surpris à se raser – et il était un peu envieux. Il n'avait pas encore besoin de se raser.

« Neville est un beau gars », murmura Hermione et un tiraillement d'envie saisit à nouveau Harry. Il savait parfaitement que Hermione avait raison : Neville était devenu un bel homme, et il était toujours un petit garçon horrible avec ses cheveux graisseux et un gros nez, qui n'était pas plus petit que celui de Severus, juste plus droit. La seule personne qui l'avait considéré comme beau était Leah… Ou non, ce n'était qu'un jeu, un jeu stupide pour lui, et pourtant, il se souvenait des yeux de Leah quand elle le regardait, et puis il avait été sûr que la fille l'aimait. Il sentit son cœur se serrer et sa respiration s'arrêter pendant un moment.

« Quel est le problème ? » Il entendit la voix inquiète de Hermione. Il leva les yeux sur elle.

« Rien », murmura-t-il. « Juste…Leah… »

La compréhension afflua sur le visage d'Hermione et elle acquiesça.

« Elle te manque ? » demanda-t-elle.

« Je… » il ne put pas poursuivre.

« M. Snape, Miss Granger, pouvez-vous finir votre bavardage inutile ? Le cours a déjà commencé. »

Tous les deux rougir et regardèrent le Maître des Potions.

« Oh, et cinq points en moins pour Gryffondor pour votre manque d'attention. »

Harry sentit la colère monter mais il ne le montra pas, il se tourna juste vers son oncle.

« Finalement », Severus sourit ironiquement. Malfoy ricana et Harry voulut soudainement lui jeter un autre Gelasmus.

Severus ne dit rien à Malfoy, il commença à expliquer les connaissances nécessaires sur les Potions Avancées de sixième année qu'ils devraient préparer et, après quelques instants, tout le monde commença à gratter furieusement.

Bien plus tard, il commencèrent à préparer quelques potions basées sur le feu dont Seveurs avait parlé. Les ingrédients et la potion étaient volatiles, donc Severus les incita à être très prudent et Harry pouvait voir qu'il regardait Neville en disant cela. Neville ne trembla pas ou évita le coup d'œil, il regarda le professeur sans peur ou honte.

Severus se sentit mal à l'aise, Harry pouvait le voir tandis qu'il prenait quelques dents de dragon et commençait à les pulvériser tandis qu'Hermione allumait un feu sous le chaudron.

Ils avaient presque terminé leur potion, quand Malfoy décida finalement que l'heure de la vengeance avait sonné. Alors que Severus se penchait sur la potion de Neville et Parvati, Malfoy, d'un mouvement rapide alluma un pétard du Dr Flibust. Le feu d'artifice commença à pétiller et à postillonner. Sachant qu'il n'avait que quelques secondes, Malfoy se releva, visa et le jeta dans les airs ; il atterrit juste dans le chaudron d'Hermione et d'Harry, qui commença à bouillonner dangereusement.

Harry vit le pétard approcher de leur chaudron et prit sa baguette du bureau pour crier-

« Evanesco ! » Et la potion menaçante disparut à son plus grand soulagement.

Severus se tourna vers eux, mais à ce moment-là Harry se tenait en face de Malfoy, sa baguette pointée à nouveau sur le cou du garçon.

« Je t'ai averti, Malfoy… » grogna-t-il, mais alors une voix basse profondément atterrée réduisit son monde en poussière.

« Potter… »

Severus n'avait pas l'intention de le dire à voix haute, mais il ne put s'en empêcher. Quand il vit le garçon se tourner vers son camarade, il aperçut l'expression familière sur le visage du garçon, et son geste… et tout d'un coup, l'information, qui était profondément enterrée en lui émergea et tout se mit en place.

« Potter… » murmura-t-il, et le garçon baissa très lentement sa baguette et se tourna vers lui.

Aucun d'eux ne dit un mot, mais quand Severus regarda dans les yeux vers familiers, toute son incertitude disparut. Le garçon était Potter.

Il ne savait pas quoi faire.

« Revelo ! » Severus entendit le sort de derrière le garçon, et il savait que Malfoy l'avait lancé, mais il était trop profondément choqué. Potter.

En réalité, avec le sort marmonné il attendait que le visage de Potter apparaisse avec la cicatrice bien connue, mais seule la cicatrice apparut, une cicatrice sur un visage sans aucun doute de Snape, et d'autres choses : des lignes rouges dans le cou, qui continuait probablement sous les robes, mais Snape ne pouvait toujours pas bouger.

« Potter », dit Malfoy, et Potter se tourna vers lui.

La classe cherchait de l'air. La fille Granger avait violemment pali. Donc elle savait, Severus se fit la réflexion.

« Harry ? » demanda Londubat.

« Potter ? » d'une certaine manière, Nott ne semblait pas très surpris…

Potter ne dit pas un mot. Lentement, très lentement, il se tourna vers la porte et marcha vers la sortie. Mais avant qu'il ne put la refermer derrière lui, il s'arrêta et regarda en arrière.

« Le spectacle est terminé. », dit-il et il ferma la porte.

Severus était toujours incapable de bouger.


La suite dans une semaine... ;-P