Titre : Through the Walls

Auteur : enahma

Traductrices : Thamril et Méphisto

Disclaimer : Comme vous vous en doutez, rien ne nous appartient. Le monde d'Harry Potter est à J.K.Rowling et l'histoire à enahma.

Note : Pas de spoilers du tome 5.

Chapitre 8 - Monde de poussières

Cela prit beaucoup de temps pour que Severus regagne une certaine partie de son calme.

« Le cours est terminé. Rangez vos affaires et sortez. » grogna-t-il en direction des étudiants, qui commencèrent à ranger leurs affaires avec hâte. « Et vingt points en moins pour Serpentard, M. Malfoy. » ajouta-t-il froidement.

Malfoy s'exclama :

« Vingt ? Pourquoi ? Je n'ai pas jeté de sort interdit ! »

Severus se retourna brusquement et se dirigea vers le garçon légèrement alarmé.

« En accord avec le règlement de l'école, lancer un sort de divulgation sur un camarade n'est PAS permis. » siffla-t-il et Malfoy recula un peu.

« Je n'ai pas jeté un sort de divulgation, monsieur. » Dit-il. « J'ai lancé un Re… »

« Assez ! Dix points en moins à Serpentard pour votre insolence, M. Malfoy et une retenue avec M. Rusard ce soir. » Des regards surpris apparurent partout dans la salle de classe. « Et je vous apprendrais, M. Malfoy, que l'interdiction d'utiliser un sort de divulgation sert à protéger l'intimité des personnes contre les attaques des autres - et le sort que vous avez lancer n'est rien de plus qu'une attaque. » Severus réalisa soudainement que tout le monde les regardait. « Oh, et cela va pour tout le monde dans cette école. »

La dernière phrase produisit son effet sur les étudiants : en une minute, la classe était vide, excepté… excepté les affaires de Potter, qui étaient abandonnées sur le bureau du garçon.

Les affaires de Potter. Le monde tourna soudainement autour de lui et il chancela jusqu'à une table.

Potter.

Les pensées inondaient son esprit, et les sentiments serraient sa poitrine : beaucoup, beaucoup de pensées et de sentiments, opposés. Le premier sentiment était le choc, le second était la douleur - la douleur de la trahison. Le garçon l'avait trahi : sa confiance, son acceptation… Et un soupçon de culpabilité : il n'avait pas le droit de révéler l'identité du garçon devant tout le monde - mais il ne l'avait pas fait volontairement, il n'avait simplement pas pu s'en empêcher… Et après, du dégoût et de la rancœur : il avait touché ce foutu Potter, il lui avait offert du réconfort, il l'avait tenu et l'avait aidé… Potter… le fils de son pire ennemi, le parfait et répugnant James Potter, et de sa petite femme née-moldue - comme ça leur ressemblait !

Et Albus ! Albus l'avait trompé, sa faute était plus grande que celle de Potter, parce que ça avait toujours été Albus qui avait manipulé le stupide garçon !

Maudit vieillard ! Et maudit garçon aussi ! Dans une montée subite de colère, Severus frappa la table avec son poing, et donna un coup de pied dans une chaise en direction du mur opposé où elle se brisa sur une étagère, et des morceaux brisés de fioles se répandirent partout dans la salle, mais Severus n'y fit pas attention. Il était en rage, fulminait et, après cinq minutes, la classe semblait avoir été attaquée par un troupeau d'hippogriffes saccageurs.

La seule table que Severus ne toucha pas était celle de Potter. Il ne voulait même pas la regarder. Juste après que sa fureur ai légèrement diminué, il appela un elfe de maison et lui ordonna de rapporter les affaires du gosse dans sa chambre, et après coup, il ajouta :

« Et enlevez ses affaires de mes quartiers, s'il vous plait. » L'elfe acquiesça et disparut avec un pop.

La pièce était finalement vide des affaires de ce gosse répugnant. Et elle resterait vide ! Severus se moquait de ce qu'était ou de qui était le gosse Potter, le garçon n'entrerait PLUS dans cette salle de classe, JAMAIS !

Une nouvelle vague de fureur embruma son esprit, et pendant un court instant, Severus ne put même pas réfléchir.

Ce foutu gosse ! Et Albus ! Ils l'avaient utilisé, comme s'il avait simplement été un pion sur leur échiquier ou une pièce de puzzle, quelque chose, au lieu de quelqu'un, d'un être humain avec des sentiments et des émotions !

Il était sur le point de jeter un autre sort aux meubles, quand la porte s'ouvrit et qu'Albus entra dans la salle.

« COMMENT OSEZ-VOUS ? » Beugla Severus sans saluer le vieil homme. « COMMENT AVEZ-VOUS OSE ? »

« Severus, s'il te plait » Dit Albus d'une voix calme, qui ne fit qu'enrager encore plus le Maître des Potions.

« JE NE SUIS PAS INTERESSE PAR VOS EXCUSES ! SORTEZ ! MAINTENANT ! » Cria-t-il en se dirigeant d'un air menaçant vers son ancien ami.

« Severus ! » Cette fois, la voix du Directeur était plus ferme et plus forte, mais Severus l'ignora simplement.

« Non, Albus ! Je ne veux plus écouter vos contes de fées ! » Hurla-t-il en frappant une autre table avec son poing. « Et je ne veux plus voir le gosse ! »

« Severus, calme-toi ! »

« NON ! » Soudain, le masque inexpressif habituel revint sur son visage. « Non, Albus. Je refuse de prendre M. Potter dans mon cours de Potions Avancées, et je refuse de continuer à prendre soin de lui. J'ai déjà demandé à un elfe de maison d'enlever tout ce qui lui appartenait de mes quartiers. Dès que je sortirai d'ici, je changerai le mot de passe de mes appartements personnels ainsi que celui de mon bureau. »

« Tu ne peux pas faire cela, Severus. » Soupira le vieil homme.

« Bien sûr que je peux le faire, M. le Directeur ! » Severus se leva et regarda l'autre visage. « Et je le FERAI ! Maintenant ! » Il se tourna pour partir.

« Severus, arrête ! » C'était un ordre, Severus l'entendit clairement, mais il ne voulait pas obéir. S'arrêtant un instant à la porte, il ajouta :

« Si vous voulez me renvoyer, Albus, faites-le. » Il tourna son visage vers son aîné. « Et à partir de maintenant, je ne suis plus un membre de votre Ordre. Vous pouvez utiliser mon Manoir tant que je suis ici. » Mais quand il voulut bouger, il remarqua avec colère qu'il ne pouvait pas. Ses jambes étaient enracinées au sol, et un deuxième sort du Directeur l'empêchait de parler.

« Assez, Severus. D'abord, tu ne peux pas empêcher Quietus de suivre tes cours. Il a eu une note suffisante pour les suivre. Deuxièmement, tu ne peux pas le chasser de ta vie. Il est toujours ton neveu, et il a besoin de toi. Troisièmement, tu ne peux pas quitter l'Ordre. Nous avons besoin de toi, de tes talents et de ton esprit vif. De ton aide. » D'un geste, il libéra Severus des sorts. L'homme lui lança un regard dédaigneux.

« Je sais quelle est ma place, M le Directeur. Je ne suis rien d'autre qu'un meurtrier qui doit faire tout ce qu'on lui ordonne de faire. Est-ce cela que vous pensez ? »

« Non, Severus. » Le visage de Dumbledore se tordit de douleur. « Non. »

« Non ? D'accord, alors je n'accepterai PAS Potter de quelque façon que ce soit. Et je ne participerai PAS à l'Ordre, bien que j'aiderai Mme Pomfresh avec mes Potions en tant que professeur de cette école et je jure de ne rien révéler au sujet de l'Ordre. Et vous savez quoi, Albus ? Je ne vous fais plus confiance. Au revoir. »

Severus retourna à ses quartiers et se tint devant la porte. D'un mouvement rapide de sa baguette, il pressa son index sur le point blanc et murmura quelques sorts de fermeture. En entrant dans les appartements, il vérifia si les elfes avaient enlevé les affaires de Potter. A son grand soulagement, il ne put rien voir de tout ce qui appartenait au gosse, même les photos étaient parties, seul le deuxième lit dans sa chambre montrait que quelqu'un d'autre avait vécu ici, mais Severus le fit disparaître d'un ferme Evanesco.

Après avoir fini ses tâches dans ses quartiers, il revint dans la salle de classe en ruine, et la nettoya avec un rapide sort de réparation, prêt pour un autre cours.

Deuxième année, Serdaigle-Poufsouffle. Apparemment, ils n'avaient rien entendu des événements de l'heure précédente, et Severus en était extrêmement reconnaissant. Ce serait probablement sa dernière classe normale de la semaine, le seul élément dérangeant de la leçon était qu'il ne connaissait pas les étudiants à qui il avait fait cours pendant un an.

Mais la classe de Potions Avancées de septième année fut beaucoup plus compliquée. Severus vit sur leurs visages qu'ils avaient déjà entendu parler de la révélation du début de la matinée, mais aucun d'eux n'était assez courageux pour lui poser des questions. Severus sourit d'un air moqueur quand il vit l'expression fâchée sur le visage de la seule Gryffondor : Miss Bell bouillait presque de rage - oh, et plus surprenant, elle n'était pas la seule. M. Moon, l'un de ses Serpentards semblait très agité.

Il était intéressant de voir à quel point ce maudit Potter avait tiré profit de sa relation avec Severus. Ca ne faisait qu'enrager encore plus l'homme.

Ainsi, à la fin du cours, il était encore furieux.

Sa colère ne diminua pas tandis qu'il se rendait à la Grande Salle pour déjeuner, et il sentit l'attention de toute l'école se tourner vers lui. Il se dirigea d'un air furieux mais digne vers la table, s'assit et attaqua son repas sans un autre regard.

Personne ne lui parla.

Quand il sentit l'attention diminuer, il jeta un regard rapide autour de lui.

Le garçon était absent.

Un rictus mauvais apparu sur ses lèvres.


Le self-control d'Harry l'abandonna dès qu'il eut fermé la porte de la salle de Potions. La bile monta dans sa gorge, la panique courait dans ses veines, ses jambes tremblaient, et il commença à courir sans faire attention vers le bureau du Directeur. Mais, il savait que même le Directeur n'aurait pas de bonne solution à son problème.

Severus le rejetterait. C'était clair comme de l'eau de roche pour lui. Et cette fois, ils ne seraient pas enfermés ensemble pour dépasser leurs différences et leur antipathie, et honnêtement, Harry n'avait plus aucune aversion pour le Maître des Potions.

Il ne connaissait pas le mot de passe actuel du bureau de Dumbledore, donc il s'arrêta devant la gargouille et s'appuya dessus, fatigué, pesant les futurs effets possibles de la révélation de la matinée sur sa vie et sa relation avec Severus. Mais il n'eut pas le temps d'y penser plus profondément, car la statue sauta soudainement sur le côté, et Dumbledore sortit.

« J'ai senti ta présence, Quietus. » Il sourit au garçon, mais son expression s'assombrit lorsqu'il vit le visage douloureux d'Harry.

« Vous pouvez m'appeler Harry, M le Directeur. » Sourit amèrement Harry. « Je pense dans une demi-heure, tout le monde sorcier saura que Garçon-Qui-A-Survécu vit encore. »

« Que s'est-il passé ? »

« Severus l'a deviné - et Malfoy m'a lancé un Revelo… » Sa voix s'éteignit, et il toucha la célèbre cicatrice, bien visible. « Je pense qu'il sera furieux contre nous, mais surtout contre moi. »

« Ne t'inquiètes pas, je vais aller le voir et lui parler. Tout ira bien. » Le Directeur essaya de le consoler, mais Harry secoua la tête.

« Nous aurions dû lui dire. C'est trop tard maintenant. »

« Je ne pense pas… »

« Je le connais M le Directeur, peut-être mieux que vous. Il est trop dirigé par ses émotions et nous avons perdu sa confiance. Et je ne sais pas si nous pourrons la regagner. »

Dumbledore lui fit un sourire rassurant.

« Tout ira bien. » Répéta-t-il.

« Et ma façade ? » Demanda Harry. « Maintenant, Voldemort aura des tonnes de raisons de me tuer ! »

« Nous nous occuperons de cela plus tard. D'abord, je veux parler à Severus. Viens me voir après le déjeuner. »

Harry acquiesça et ils se séparèrent.

Harry ne sut pas comment il atteignit la Tour de Gryffondor : il ne se rappelait pas du chemin entre la gargouille et son lit, et à présent, il était assis dans son lit à baldaquins, ses bottes à côté du lit, ses genoux contre sa poitrine, son visage enfoui dans ses genoux, et intérieurement, il se sentait si vide…

Soudain, un elfe de maison apparu à côté du lit d'Harry avec un petit pop, et posa son sac et ses livres de Potions sur son lit en souriant.

« Maître Snape a ordonné de rapporter le sac de Quietus Snape dans sa chambre. » Couina joyeusement la créature avant de disparaître.

Pendant un instant, Harry ne sut pas quoi penser de ce geste. Etait-ce un signe d'attention de Severus ? Ou le contraire ? Il ne savait pas, mais il aperçut quelques taches de différentes potions sur ses livres flambants neufs. Harry fronça pensivement les sourcils. Qu'avait-il pu se passer dans les cachots après son départ ? Il tendit la main vers son livre, mais d'autres pops retentirent autour de lui, et cinq elfes apparurent à côté de son lit, et commencèrent à ranger des affaires dans sa malle et dans son placard.

« Stop ! » Cria Harry. « Que faites-vous ? »

Une elfe se tourna vers lui, et Harry la reconnut soudainement. Winky.

« Maître Snape nous a ordonné de vider ses appartements de vos affaires, monsieur. » Dit-elle. « Il était très en colère. »

Le sang quitta le visage d'Harry.

« Mais… arrêtez ! C'est n'importe quoi ! Vous n'avez pas le droit d'enlever mes vêtements… »

« Le propriétaire des appartements est Maître Snape, pas Quietus Snape. » Soupira Winky. « Et il est le sorcier le plus âgé. Nous devons lui obéir. »

« Mais… » Harry suffoqua soudainement, incapable de prononcer un mot. 'Ce n'est pas juste !' cria quelque chose à l'intérieur de lui quand il vit les elfes emballer et ranger ses robes et son linge, ainsi que des livres et – des photos. Les photos de lui qu'avait pris Severus, l'ancien Severus. Le cœur d'Harry se serra et il dut se concentrer sur sa respiration pour ne pas réellement suffoquer.

Il déplia ses jambes et s'assit sur le bord du lit. Il devait aller aux toilettes. Il ne voulait pas vivre. Ni penser. Ni respirer. Ni aimer. Ni sentir. Ni toucher. Il ne voulait pas plus de sa vie, non, non, plus maintenant.

Avant qu'il puisse faire un pas, il était agenouillé et vomissait à nouveau, comme la nuit précédente. Mais cette fois, il pouvait sentir de chaudes larmes sur son visage, et il pouvait voir qu'elles tombaient dans son vomi, et il dut poser ses mains sur le sol pour ne pas les suivre.

« Quietus Snape, monsieur, a besoin d'aide, monsieur ? » La voix inquiète de Winky retentit à côté de lui.

Prenant quelques profonds inspirations, Harry parvint à parler.

« Winky, s'il te plait, appelle Dobby. Dis-lui que Harry Potter a besoin de lui. »

« Oui, monsieur. Je comprends, monsieur. » Dit l'elfe en disparaissant.

Tremblant toujours, Harry essaya de se lever, mais ses membres refusèrent de coopérer, et son estomac maugréa encore. Il était à quatre pattes, au-dessus de son propre vomi, tremblant comme un fou. Juste merveilleux, pensa-t-il, et il sentit ses larmes revenir.

Il chercha à nouveau de l'air, mais cette fois, il ne pouvait vraiment pas respirer. Les sanglots, ainsi que les haut-le-cœur lui bloquaient la gorge et, après quelques longues minutes de combat, le monde devint noir autour de lui.


Quand il ouvrit les yeux, la première chose qu'il vit fut une paire d'yeux énormes, le regardant fixement.

« Harry Potter est réveillé ! » Cria Dobby avec joie en souriant largement. « Harry Potter est de retour à Poudlard, il est revenu vers ses amis, il est revenu vers Dobby ! »

Harry ferma à nouveau les yeux et remarqua tristement qu'il avait un mal de tête terrible, qui était amplifié par les hurlements de Dobby.

« S'il te plait, Dobby, ne hurle pas. » Chuchota-t-il, et l'elfe s'arrêta au milieu d'un mouvement.

« Dobby fait mal à Harry Potter, monsieur ! » La créature cria presque de douleur. « Méchant Dobby ! Méchant Dobby ! »

Harry n'avait pas assez d'énergie pour ordonner à l'elfe en train d'hurler de se taire, à la place, il tira son oreiller au-dessus de sa tête, et se recroquevilla en position fœtale.

Voyant sa douleur, Dobby devint calme, très calme et Harry put entendre l'elfe commencer à emballer des affaires et, après cela, il nettoya aussi le sol.

Plus tard, l'elfe s'assit sur son lit et demanda doucement :

« Est-il vrai que Maître Snape est le père d'Harry Potter ? »

Harry soupira et glissa l'oreiller sous sa tête.

« Non, Dobby. Il n'est pas mon père. Il est le frère aîné de mon père. » Expliqua-t-il calmement.

« Et où est le père d'Harry Potter, monsieur ? Dobby va aller chercher le père d'Harry Potter pour Harry Potter ! »

Cette fois, la douleur était beaucoup plus forte. Chercher son père ? Quel père ? James Potter ou Quietus Snape ? La douleur dans sa poitrine était aiguisée comme un poignard.

« Tu ne peux pas aller le chercher, Dobby. Il est mort. » Harry enfouit son visage dans l'oreiller et entendit sa propre voix étouffée. « Il est mort. »

Sombre… Tout était sombre, et il pleurait et sanglotait dans son oreiller. Lui, Harry Potter, un garçon de seize ans pleurait comme un bébé, l'espoir du monde sorcier, le fils du plus grand sorcier lumineux du siècle, l'ennemi numéro un du Seigneur des Ténèbres - était un faible bon à rien, et il avait mal, tout faisait tellement mal.

Dobby se rapprocha de lui, tira une couverture sur sa forme tremblante et jeta un sort de chaleur sur lui. Quelques instants plus tard, il disparut, pour réapparaître avec une tasse de chocolat chaud et quelques gâteaux. Lorsque Harry leva la tête, l'elfe nettoya son visage avec un tissu doux et l'aida à s'asseoir. Il sourit presque en voyant Harry tendre la main vers la table de nuit, mais au lieu de la tasse, il attrapa la seule photo encadrée qui se trouvait là : Harry et Severus jouant aux échecs. Il sentit les hurlements monter de nouveau dans sa gorge.

Puis, avec un grand bruit, la porte de la pièce s'ouvrit et Hermione couru vers lui et l'étreignit sans hésitation.

« Ca m'a pris un certain temps pour traverser les murs anti-fille de ton dortoir. » Expliqua-t-elle tandis qu'elle tenait étroitement Harry contre sa poitrine. « Mais je l'ai néanmoins fait. »

« Severus me déteste. Il m'a sorti de sa vie. » Dit Harry, toujours d'une voix creuse, la photo dans sa main.

« Il reviendra à la raison. » Hermione resserra son étreinte et Harry sentit les larmes revenir.

« Je ne sais pas. » Chuchota-t-il. « Je ne pense pas… »

« Laisse ça sortir, Harry. Nous sommes seuls ici. Personne ne peut te voir… » Murmura Hermione dans ses oreilles en commençant à le bercer, et Harry sentit la douleur pesant sur ses épaules diminuer, et il regarda de nouveau la photo, et il ne put pas s'arrêter… C'était une chose dégoûtante, faible et répugnante que de pleurer et de sangloter, mais Harry se sentait tellement perdu…

« Pourquoi moi ? » Parvint-il à dire. « Pourquoi toujours moi ? »

« Parce que tu es plus fort que nous. » Chuchota Hermione en retour.

« Je suis plus faible que toi. » Protesta Harry.

« Tu es triste, Quiet, tu n'es pas faible. Laisse juste sortir et tout ira mieux. »

Les douces paroles brisèrent les barrières d'Harry, mais il n'avait plus de larmes pour pleurer, donc il laissa Hermione le bercer, attendant que son hoquet se calme.

Soudain, une autre pensée apparut à Harry.

« Où sont les autres ? Et qu'est-ce que je vais leur dire ? » Demanda-t-il, effrayé.

« C'est l'heure du déjeuner. Ils sont dans la Grande Salle et je pense que Dumbledore est sur le point de faire une annonce. Et tu peux dire à tout le monde la vérité. »

« Avec le rejet de Severus à la fin, n'est-ce pas ? » Répondit Harry avec ressentiment.

« Ce n'est pas la fin de votre histoire, Quiet. Viens, bois ton chocolat. J'ai lancé un charme de chaleur dessus. »

Harry but la boisson chaude et se leva. Etrange. Après avoir bu du chocolat vraiment chaud, il se sentait encore plus frigorifié qu'avant. Quelque chose dans sa poitrine était juste… juste comme un glaçon. Etait-ce son estomac ?

« Je dois aller voir le Directeur. Tu veux m'accompagner… ? » Demanda-t-il, mais il ne put pas finir la question : il ressentit de nouveau le mal d'estomac et il dut lutter avec force pour ne pas vomir. Il appuya sa main sur sa bouche et se plia en deux.

« Oh, non. » Chuchota Hermione et elle traîna Harry avec précaution vers la salle de bains, mais ils n'atteignirent pas leur destination. Juste comme Hermione ouvrait la porte et poussait Harry à l'intérieur, le garçon ne put se retenir plus longtemps. Il tomba à genoux et vomi. Directement sur Hermione.

Ca ne prit pas longtemps : il avait seulement du chocolat dans l'estomac.

« Je suis désolé. » Murmura-t-il en regardant Hermione.

A sa grande surprise, la jeune fille s'assit juste sur le sol devant lui et ses épaules furent secouées par un petit rire. En la voyant, la mauvaise humeur d'Harry diminua, et Hermione éclata soudainement dans un fou rire, elle pleura même de rire et, après quelques minutes, Harry ne put s'empêcher de la rejoindre. Ce n'était pas un rire heureux, pas du tout, juste une autre manière de relâcher le fardeau tragique qui pesait sur eux. Finalement, Hermione regagna son calme et se leva.

« Je vais aller me changer. Attends-moi dans la Salle Commune. Je viendrai avec toi chez le Directeur. »

« Okay. » Soupira Harry, estimant qu'il aurait peut-être la force de marcher de la tour de Gryffondor à la gargouille.


Le sourire moqueur disparu du visage de Severus lorsque le Directeur se leva. Le Maître des Potions sut soudainement ce qui allait se passer, mais il était trop risqué de s'échapper maintenant - il aurait l'air lâche s'il le faisait, donc il resta à sa place, la tête droite, regardant directement les étudiants, sans crainte ni remords.

« Comme vous l'avez sûrement entendu, il y a eut ce matin un petit accident dans le cours de Potions Avancées de sixième année et je suis sûr que beaucoup de suppositions et de rumeurs circulent à présent. Ce n'est pas mon rôle de vous raconter toute l'histoire, vous devrez demander à votre camarade, je veux seulement vous faire connaître les détails les plus importants : oui, il est vrai qu'un de vos amis, Quietus Snape, est le garçon que vous avez connu en tant qu'Harry Potter. Il n'est cependant pas vrai que votre professeur, Severus Snape, soit son père. Le père de Quietus Snape était le frère de votre professeur, il est mort il y a seize ans, avant la naissance d'Harry. Plus tard, James Potter l'a adopté et il a grandi comme son fils. L'été dernier, après leur évasion de la prison de Voldemort, le professeur Snape l'a reprit dans la famille Snape. C'est tout que vous avez à savoir à propos de lui. Et, une chose de plus : ne le harcelez pas de questions. Il est passé par beaucoup de choses ces derniers mois. Merci. »

Le Directeur se rassit et Severus, se forçant à avoir une expression polie sur le visage, se leva et sortit de la Grande Salle, ignorant les voix surprises des étudiants.

Oui, la courte explication de Dumbledore avait confirmé beaucoup des soupçons que Severus avait eus auparavant à propos du garçon Potter, mais ça n'effaçait pas le principal soupçon qu'il avait envers le Directeur et le stupide garçon. Et s'ils l'avaient trompé pendant deux ans ? Potter ne pouvait pas être de sa famille. Ne le pouvait simplement pas. Oui, il y avait une analyse de sang qui semblait confirmer les deux affirmations – mais, et s'ils avaient d'une manière ou d'une autre réussi à modifier le sang du garçon ? Ou les procédés d'examen ? Ou autre chose ? Combien de fois avait-il été Obliviaté ? Etait-il vrai qu'il s'était Obliviaté lui-même ou était-ce aussi un mensonge ? Il secoua la tête avec colère.

Il ne ferait plus jamais confiance à Dumbledore. Il ne voulait pas lui faire de nouveau confiance. Il se sentait trompé, trahi, dupé, rejeté et utilisé.

Merde ! Merde ! Merde ! C'était assez ! Il ne serait plus jamais le pion de quelqu'un ! Il avait apparemment sauvé la peau de Potter de la prise de Voldemort, c'était assez ! Eh bien, si CETTE histoire était vraie. Seul le Bâtard Suprême pouvait le confirmer.

Non, Severus décida qu'il ne penserait pas au garçon ou à Albus pendant quelques jours. Il voulait un peu d'air, de liberté pour réfléchir.

Et il ne voulait définitivement pas que le garçon revienne.

Misérable idiot ! Comment avait-il pu penser qu'il tromperait Severus ? Comment avait-il pu penser qu'il serait pardonné après tous ces mensonges ? Non, définitivement non.

Pas de pardon.

Ils pouvaient tous aller en enfer. Lui inclus.


« Alors il ne me veut pas dans sa classe de Potions Avancées. » Lâcha Harry.

« Oui. » Soupira Dumbledore. « J'ai essayé de le forcer… »

Harry secoua la tête.

Un silence lourd tomba sur la pièce, et Harry sentit soudainement que Dumbledore avait des nouvelles encore plus mauvaises à lui annoncer. Il se prépara à les entendre et leva la tête.

« Oui, monsieur ? » Hermione le regarda curieusement. Elle ne comprenait pas la question d'Harry, au contraire de Dumbledore qui la compris parfaitement.

« Il y a deux jours, après que j'ai rangé mes dossiers et mes documents, j'ai laissé les elfes de maison nettoyer mon bureau. Et » Ses yeux s'assombrirent, « Ils ont trouvé la baguette de Severus. »

« Mais il avait sa baguette, M le Directeur ! » Cria Harry avec incrédulité.

« Oui, parce que je lui en ai fourni une lorsqu'il était encore à l'hôpital. Après qu'il ait été relâché de son arrestation, toutes les choses qui étaient avec lui ont été retenues au Ministère comme preuves contre Lucius Malfoy, la baguette aussi - parce que c'était celle de Malfoy, pas la sienne. »

Un coup dur. L'estomac d'Harry fit un autre nœud douloureux.

« Oh, non, non, non, non, non, non » Il recommença à trembler. Hermione cilla de dépit.

« Et… ? » Demanda-t-elle.

« Je pense que le professeur Snape l'a laissé ici juste avant de partir après Harry pour le sauver. »

Hermione était très intelligente et très rapide mais, cette fois, elle ne pouvait simplement pas comprendre de quoi parlait le Directeur.

« Ca signifie, Hermione, qu'il a lancé ce Sortilège de Mémoire avec la baguette de Malfoy. Avec une baguette étrangère » Il leva brusquement la tête et frissonna. « Ca signifie, Hermione, qu'il ne regagnera jamais ses souvenirs. »

« Mais sûrement… »

« Quie- je veux dire Harry a raison Miss Granger. Lever un Sort de Mémoire est une tâche extrêmement difficile, mais le faire… »

« C'était ton sujet l'année dernière, n'est-ce pas ? » Hermione se tourna soudainement vers Harry. « Tu as écrit ton essai de Mémoire au sujet de la levée d'un Charme de Mémoire ? »

Harry acquiesça. « Oui. » Soupira-t-il en se penchant. « Et bien, apparemment, les choses peuvent toujours être pires. » Murmura-t-il, mais il n'avait pas la force de pleurer. « Ca signifie que le bon vieux professeur de Potions qui me déteste est de retour, et qu'il refuse de m'accepter dans sa classe. »

« Oui. » Dumbledore baissa la tête.

« Très bien. » Harry se leva. « Alors je ne suivrai pas ces cours. »

« Quiet, je pense que tu en auras besoin plus tard. Tu as un talent inné en Potions, tu ne peux pas abandonner aussi facilement ! »

« Je ne le combattrai pas. » Dit fermement Harry. « Je peux étudier les Potions à la bibliothèque si je veux. Je m'en moque. J'ai six autres Classes Avancées. C'est assez. Beaucoup de sixième année en ont seulement trois ou quatre. » Ajouta-t-il. Hermione acquiesça, dépitée.

« Tu as raison, Quiet. » Dit-elle.

« Harry, je pense que demain, nous devrons aller au Ministère pour remplir quelques papiers à propos de toi, de tes parents, de ton véritable âge, de ton futur nom et je pense que nous devons aussi chercher un gardien. »

Les épaules d'Harry s'effondrèrent encore plus.

« Ouais. » Murmura-t-il faiblement. « Je ne pense pas que nous pouvons convaincre Severus d'être mon gardien après tout ça. »

« Nous pouvons te nommer un gardien provisoire, si Severus… »

Harry haussa les épaules.

« Je pense que ce n'est pas nécessaire. Il ne me réclamera pas. Et Sirius sera mon gardien volontairement. C'est sûr. » Il sourit tristement. « Nous avons nos différences, mais je ne pense pas qu'il refusera. »

« Très bien, Harry. Je pense que tu devrais te rendre à l'infirmerie et demander à Madame Pomfresh des Potions Calmantes. »

« Oui, monsieur. » Harry se tourna vers la porte.

« Et Harry… » Dumbledore le rappela. Harry se tourna et le regarda. « C'est ma faute. Je suis tellement désolé, mon cher garçon. »

Harry ferma les yeux pendant un instant, mais il les rouvrit.

« Ce n'est pas la peine de discuter de cela, M le Directeur. C'est la situation actuelle, peu importe qui en est responsable. Vous n'êtes pas le seul responsable : Severus et moi avons également nos fautes et nos erreurs. Je ne vous blâme pas, monsieur. »

Et c'était vrai. Harry ne blâmait pas le Directeur. Bien qu'il n'ait pas été d'accord avec lui, il réalisa plus tard que le vieil homme devait faire attention à beaucoup de choses, et qu'il avait mal jugé la situation.

« Peut-être que si j'avais eu plus de temps avec lui, il aurait commencé à m'apprécier à nouveau. » Ajouta pensivement Harry. « Mais ce n'est pas le cas. Et il - il ne m'aime pas. Hier, nous nous sommes même disputés, à propos de mes cicatrices. Si j'avais su… » Il fit un geste de la main dédaigneux. « Je n'ai pas su. »

« Harry, donne-lui du temps. » Chuchota faiblement Dumbledore.

« J'essayerai, M le Directeur. »


La Salle Commune de Gryffondor été pleine, presque tous les Gryffondors s'y trouvaient. Et bien, peut-être même que tous les Gryffondors étaient là, décida Harry lorsque Hermione et lui franchirent le portrait de la Grosse Dame.

Un instant plus tard, il se rendit compte que Ron n'était nulle part en vue.

Après un long silence, ce fut Neville qui commença à parler.

« Alors, tu es Harry. » Tenta-t-il.

Harry souleva ses cheveux soyeux de son front. La célèbre cicatrice était clairement visible sur la peau pâle. La vue de sa cicatrice eut l'effet d'un électrochoc sur ses camarades de maison.

« Donc, c'est vrai… »

« Incroyable… »

« Harry est vivant… »

« Il a encore survécu à Tu-Sais-Qui… »

Harry croisa les bras sur sa poitrine et regarda autour de lui.

« Et ? » Il les regarda.

« Et es-tu… es-tu vraiment de la famille de Sn… je veux dire, du professeur Snape ? » Lâcha Dean, mais Harry vit que beaucoup se posaient la même question. Dumbledore avait déjà informé Harry de ce qu'il avait annoncé dans la Grande Salle après le déjeuner.

« Oui, je suis son neveu. » Répondit-il calmement.

« Donc tu… tu ressembles vraiment à ça ? » Dean désigna Harry, qui sourit en réponse.

« Je t'autorise à me lancer n'importe quel Sort de Révélation, si tu veux une preuve. C'est ma véritable apparence. »

« Mais tu lui ressembles ! » Cria Lavande. Quelqu'un rit, et même le sourire d'Harry s'élargit.

« Bien sûr. Lui et moi avons hérité des structures faciales et corporelles de ma grand-mère. Et son frère lui ressemblait autant que moi. »

« As-tu déjà rencontré ton vrai père ? » Demanda Colin, mais ses camarades le firent taire-

« Dumbledore a dit que son père était mort avant sa naissance, idiot ! »

« Ouais. » Murmura Colin. « Mais alors… était-il vraiment nécessaire de lui dire à propos de son père ? Je veux dire qu'il avait déjà un père mort… »

Colin était un idiot, mais il marquait un point, remarqua Harry, donc il lui répondit avant que les autres puissent lui hurler dessus.

« Personne ne me l'a dit. J'étais dans la prison de Voldemort avec Se… le professeur Snape et nous l'avons découvert. »

« Il ne savait pas ? » Les yeux de Colin s'écarquillèrent de surprise.

« Non, il ne savait pas. C'était le secret de ma mère. » 'Et celui de Dumbledore' Ajouta-t-il mentalement.

« Pourquoi ? »

Harry rougit légèrement.

« Elle était enceinte de moi quand mon père a été tué. Elle ne voulait pas de scandale. Un de ses amis, James Potter a proposé de l'épouser. »

« Ton père a été tué ? » Demanda Seamus avec une expression triste. « Qui l'a tué ? »

« Voldemort. » Dit simplement Harry.

« Oh, mon Dieu. » Chuchota quelqu'un.

« Et pourquoi ressemblais-tu à James Potter s'il n'est pas ton véritable père ? » Neville regagna une partie de son calme après le choc précédent.

« A cause du Sortilège d'Adoption. » Expliqua Hermione.

« Et qui es-tu maintenant ? » Demanda Lavande.

« Pardon ? » Harry la regarda avec confusion.

« Quel est ton nom ? »

« Oh. » Harry sourit de nouveau. « Quietus Harold Snape. Ravi de te rencontrer. »

Quelqu'un rit.

« Mais comment veux-tu que nous t'appelions ? » Continua Lavande.

Harry haussa les épaules.

« Quietus ou Harry… ça n'a pas d'importance. Je réponds aux deux noms. »

La tension de la salle commença à se dissiper. Le bourdonnement habituel des conversations remplit à nouveau la pièce. Harry répondit à quelques autres questions, s'excusa et monta dans le dortoir des garçons de sixième année. Pour affronter Ron.

La chambre était sombre et, pendant un instant, Harry douta de la présence de Ron. Mais à ce moment-là, le lit à baldaquins de Ron émit un faible grincement et Harry sut que Ron était en effet là, se cachant.

« Ron ? » Demanda-t-il doucement. « Tu es là ? »

« Pourquoi l'as-tu dit à Hermione ? Pourquoi ne me l'as-tu pas dit ? » Il entendit une voix basse et accusatrice provenant de la direction de Ron. Harry s'énerva légèrement.

« Je ne lui ai pas dit. Elle l'a découvert toute seule. »

« Vraiment ? » La voix de Ron était maintenant amère et cynique.

« Oui. » Répondit brusquement Harry. « Juste après que tu m'ais presque tué. » Harry se retourna brusquement pour quitter la pièce, mais la supplique soudaine de Ron l'arrêta.

« Heu... Harry, attends ! » Ron ouvrit les rideaux de son lit. « Je… je… »

« Je suis toujours de la famille de Severus, Ron. Ce fait ne change pas juste parce que ma véritable identité a été révélée. Je suis toujours le descendant d'une famille sombre, je suis toujours relié à un ex-Mangemort, et je suis toujours le garçon dont tu te rappelles de l'année dernière. » Dit-il en regardant Ron sérieusement. « Je ne suis pas venu ici pour t'informer que rien n'avait changé. Tout a changé, Ron. »

« Pourquoi ne me l'as-tu pas dit ? Je ne t'aurais pas blessé… »

« Tu n'aurais pas dû me blesser, Ron, même lorsque tu ne savais pas qui j'étais. »

« Tu agissais tellement suspicieusement. Je ne savais pas que c'était toi, tu étais censé être le fils d'un Serpentard, mais tu voulais être ami avec nous… »

« Mais je n'ai jamais même essayé de te blesser. »

« C'est vrai. » Soupira Ron. « J'ai été un bâtard total avec toi. »

« Oui, tu l'étais. » Acquiesça Harry.

« Désolé, Harry. » Ron disparut derrière ses rideaux.

Harry regarda le tissu fermé, puis tourna les talons.

C'était l'heure du dîner de toute façon.


La Grande Salle horriblement lumineuse et joyeuse au contraire de l'humeur d'Harry. Son calme après sa dépression nerveuse commença à diminuer, mais Hermione resta près de lui et le supporta silencieusement par sa présence. Harry avait l'intention de se hâter vers sa place habituelle, en ignorant les regards et les coups d'œil jetés dans sa direction, mais il vit le regard interrogateur de Ares et il changea d'avis. Il alla près de lui au lieu de sa place à Gryffondor et se tint derrière son ancienne place à cette table.

La majeure partie de la table des Serpentards le regarda aussi choqué que s'il était un extraterrestre, mais Janus et Ares réagirent vite et lui laissèrent une place entre eux.

« J'avais donc raison. », Ares souriait narquoisement.

Harry leva les yeux au ciel d'un ennui feint.

« Oui, tu avais raison. Tu es content maintenant ? »

« Parfaitement. », le rictus d'Ares se transforma en un vrai sourire. « Ne pense pas que je regrette ma décision d'être ami avec toi, juste parce que tu es Harry-Foutu-Potter ! »

« Je ne suis pas Harry Potter, Ares. Je suis toujours Harry, ou Quietus si tu veux, mais je ne suis définitivement pas un Potter. »

Ares le regarda.

« Oh, vrai. Tu n'en es pas un. Définitivement », ils éclatèrent de rire.

Malfoy et sa bande se détournèrent dédaigneusement d'Harry et d'Ares, mais de nombreux Serpentards essayèrent de se rapprocher d'eux : ils ne voulaient pas manquer d'éventuelles révélations d'Harry.

La conversation avec les Serpentards était complètement différente de celle avec les Gryffondors. Ils étaient plus intéressés par sa captivité et son traitement que son degré de parenté et Harry trouva qu'il était plus facile de leur parler. Même si cette conversation avait aussi ces difficultés.

« C'est vrai que tu as des cicatrices incurables sur toi ? » demanda un cinquième année.

« Comment sais-tu ça ? » Harry le regarda avec surprise.

« Tout le monde avait des soupçons », le garçon haussa les épaules. « Après l'attaque de Weasley », ajouta-t-il.

« Oh, je vois », Harry inspira profondément. Il ne voulait pas parler de ses cicatrices. Il les détestait et il voulait qu'elles disparaissent.

« Ils t'ont torturé ? »

« Oui », admit Harry avec réticence.

« Et comment t'es-tu échappé ? » interrogea Janus.

« Oh, c'est plus intéressant », Harry sourit et son humeur s'allégea. « C'était une conséquence de notre relation… » il commença à se rappeler les évènements de l'été dernier, et quelques fois il se demanda s'il avait déjà imaginé un jour les raconter à la table des Serpentards ! Il pouvait voir les visages et les regards, même quelques-uns du groupe de Malfoy, et il sentit que la majorité était plus de son côté et de celui de Severus que de celui de Voldemort, et il sentit le dégoût et la répulsion pour les actes et la torture du Seigneur des Ténèbres et le souhait silencieux d'espoir et de vie.

Son récit fut long, et puisqu'il fut interrompu de nombreuses fois, il dura plus longtemps que le dîner lui-même, et comme de plus en plus d'élèves venaient des autres tables pour écouter l'histoire, il dut recommencer le récit du début au moins cinq fois.

A un certain point, il remarqua que sa Directrice de maison était là avec le Directeur et de nombreux autres professeurs.

Même Malfoy resta.

La seule personne qui n'approcha de la table était Severus. Il était parti dès que le dîner s'était terminé.

Le cœur d'Harry ne put s'empêcher de se serrer. Encore.

Severus ne pouvait pas voir ce qui était si intéressant dans le récit du garçon pour que toute la table des Serpentards – sa table pour l'amour de Dieu ! – l'écoute comme il ne les avait jamais vus écouter. Il avait bien quelques idées cependant, mais il ne voulait pas l'entendre. Il ne voulait pas une autre concoction de mensonges et de demi-vérités. Le garçon pouvait tromper tout le monde à Poudlard dans un faux univers, mais il n'était pas près de le digérer. Pas du tout.

Ne prétendant même pas écouter Albus, il se leva pour partir. Pendant un instant, il regarda le garçon dans les yeux – ce qu'il pensait, Severus ne le savait pas – et il s'éloigna rapidement.

Plus tard ce soir-là, Minerva lui rendit visite.

Severus ne voulut même pas la faire entrer.

Elle croisa les bras et lui dit qu'elle ne partirait pas jusqu'à ce qu'elle ait dit ce qu'elle avait à dire.

Severus céda, serrant les dents.

« Tu ne peux pas l'expulser de ta classe, Severus », dit-elle. « Il est l'un des meilleurs étudiants que l'école ait jamais eu, meilleur que toi, meilleur qu'Albus. Et il est très doué en Potions. Tu vas ruiner son futur avec ton égoïsme borné. »

« Ils m'ont trompé, Minerva ».

« Et ? Ils m'ont trompé moi aussi et plus longtemps que toi. Et tu étais l'un des dupeurs », le visage de McGonagall était mortellement sérieux. « Severus, n'agis pas comme un enfant ! Albus a juste voulu protéger Quietus… »

« Ne l'appelle pas comme ça ! »

« C'est son nom, Severus ! »

« NON ! » protesta Severus, sa figure tournant en un rouge brique atroce du fait de sa colère. « Quietus est le nom de mon frère, pas le SIEN ! »

« Ton frère était son père ! Il a le droit d'être nommé d'après lui. »

« Donc tu crois toujours aux mensonges d'Albus », cracha amèrement Severus. « Je ne le crois plus. Je ne suis pas curieux à propos de lui ou du garçon et de leurs contes de fées. Je l'ai déjà dit à Albus, je quitte l'Ordre et après cette année, je quitte aussi Poudlard. »

« Severus ! Essaye d'agir comme un adulte ! »

« J'agis comme un adulte, Minerva ! » Severus grogna de façon indignée.

« Oh, non, Severus. Tu agis comme un enfant de sept ans. Le garçon est toujours ton neveu, ta responsabilité, tu ne peux pas prétendre que… »

« QUOI ? Tu me dis ce que sont mes responsabilités ? Je n'en crois pas mes oreilles ! Ecoute Minerva, le garçon a M. Black comme tuteur, il a Albus comme grand-père s'il veut, il a toi comme… comme quelque chose, peu importe, mais je ne suis plus à sa disposition ! »

« Tu es un imbécile, Severus », dit McGonagall, ses yeux tranchants comme un rasoir. « Peut-être que le Sortilège de Mémoire n'a pas seulement effacé des souvenirs. Peut-être qu'il a effacé ta partie humaine. Bonsoir. »

Severus regarda la porte fermée avec colère.

Foutu Albus ! Foutue Minerva ! Et foutu garçon qui le faisait haïr ses amis d'un temps !


Et voilà donc le chapitre tant attendu avec les réactions de tout le monde! En espérant qu'il vous ai plu!

A lundi prochain!