Titre : Through the Walls
Auteur : enahma
Traductrices : Thamril et Méphisto
Disclaimer : Comme vous vous en doutez, rien ne nous appartient. Le monde d'Harry Potter est à J.K.Rowling et l'histoire à enahma.
Note : Pas de spoilers du tome 5.
Chapitre 9 - Le Ministère et le Monde Sorcier
Lorsque Dumbledore et Harry apparurent devant le Ministère de la Magie, ils durent faire face à au moins une douzaine de journalistes – bien sûr, Rita Skeeter était parmi eux, et de plus, elle parvint à pousser ses collègues derrière elle et à bloquer la route des deux personnes vers la vieille cabine téléphonique qui était l'entrée du Ministère.
Harry pâlit, Dumbledore sourit, mais Harry pouvait voir que ce n'était pas un vrai sourire : cette fois, même Dumbledore était plus qu'un peu nerveux. Il tira Harry vers lui et jeta un rapide regard autour de lui.
« Donc, Harry Potter est le Garçon-Qui-A-VRAIMENT-Survécu. » L'irritante femme se dirigea vers eux, et Harry détourna le regard afin de cacher son dégoût.
« Je pense que je ne peux pas… » Dumbledore ouvrit la bouche, mais fut immédiatement interrompu.
« Est-il vrai que le frère de Severus Snape est le père du garçon ? »
« Oui, mais… » Dumbledore essaya de nouveau, et Harry enfouit presque son visage dans ses robes, car les photographes se frayaient un chemin à travers les journalistes. Le moment suivant, au moins vingt flashs crépitèrent, et Harry rougit.
« Depuis combien de temps connaissez-vous sa véritable identité ? » vint la question suivante.
« Depuis un an, mais… »
« Est-il vrai que Lily Evans est sa mère ? »
« Oui, mais… »
« C'était vous qui avez délibérément trompé le Ministère l'année dernière avec le faux corps ? »
« La situation n'est pas aussi simple, et… »
« Est-il vrai que c'est un incident qui a révélé la véritable identité de Potter ? »
« Oui, mais… »
« Est-ce que Severus Snape était au courant de l'identité du garçon quand il l'a repris dans la famille Snape ? »
« Oui, et… »
« Est-il vrai qu'un Sort de Mémoire mal lancé a altéré la mémoire de Snape tellement fortement qu'il ne se rappelle pas de son propre neveu ? »
« Oui, car… »
« Snape sera-t-il le gardien du garçon même maintenant ? »
« Non, il… »
« Pourquoi n'est-il pas venu avec vous s'il est l'oncle du garçon ? »
« Il avait d'autres choses à faire. Nous sommes en période scolaire et… »
« Est-il vrai qu'il a rejeté le garçon après que la vérité ait éclaté ? »
« C'est une exagération. Il a juste… » Dumbledore essaya encore de répondre, mais cette fois, ce fut Harry qui l'interrompit.
« M le Directeur, je ne pense pas que ce soit la peine de répondre à ces questions. Ils modifieront l'histoire de toute façon. Essayons plutôt d'atteindre l'entrée… » Mais alors, une main le saisit et l'éloigna de Dumbledore. Encore des flashs.
« Lâchez mon bras ! » Cria Harry en colère, en libérant son bras malmené de la prise d'un homme. « Ne me touchez pas ! »
« Est-il vrai qu'après les tortures de Vous-Savez-Qui, vous ne pouviez pas supporter d'être touché ? »
« NON ! » Hurla Harry avec frustration. « Je déteste simplement être tiré dans tous les sens ! »
« Est-il vrai que vous avez des cicatrices permanentes sur tout votre corps ? »
Harry pâlit d'une fureur pure.
« Ce n'est absolument pas vos affaires ! »
« Quel est votre nom maintenant ? Harry Potter ou Quietus Snape ? »
Harry serra les mâchoires et ne répondit pas.
« Messieurs, laissez-nous entrer. » Dumbledore commençait à perdre son calme.
« Est-il vrai que ses BUSEs étaient meilleures que les vôtres, M le Directeur ? » Demanda Rita et, cette fois, Dumbledore répondit sans hésitation.
« Non. Mais elles étaient meilleures que n'importe qui d'autre. » Et à présent, c'était lui qui saisissait le bras d'Harry et se dirigeait vers l'entrée. Mais c'était une tâche impossible.
« Est-il vrai que le dernier héritier des Snape n'est pas un sang-mêlé alors ? »
« Lily Evans était une sorcière. » Dumbledore était à présent véritablement furieux, et il siffla ces paroles.
« Que pensez-vous, est-ce que ce fait va rendre plus facile l'acceptation du garçon par les familles nobles de sangs-purs ? »
« Bien sûr. » Cracha Dumbledore ironiquement.
« Est-il l'héritier officiel des Snape maintenant ? »
« Demandez au Professeur Snape… » murmura tristement Harry dans sa barbe.
Heureusement, la porte du Ministère s'ouvrit brusquement à ce moment-là et un grand groupe d'Aurors du Ministère sortirent. Ils dégagèrent un chemin vers les deux visiteurs en un rien de temps.
« Enfin. » murmura Dumbledore et ils se dépêchèrent vers l'entrée tandis que les flashs crépitaient autour d'eux comme des éclairs.
« Je ne sais pas, mais je ne suis pas sûr d'être curieux à propos des articles qu'ils vont écrire sur moi… » Harry tremblait de frustration. « Je peux imaginer les titres : Harry Snape - la nouvelle célébrité des familles sorcières nobles de sang pur ! Particulièrement celles ayant une fille en âge d'être mariée. »
Dumbledore haussa les sourcils et rit légèrement.
« Je vois qu'ils n'ont pas réussi à anéantir ton sens de l'humour, Quie… Harry. »
« Vous pouvez m'appeler Quietus, M le Directeur. C'est mon nom. »
« Ah bon ? » demanda curieusement Dumbledore. Pendant ce temps, ils s'étaient approchés de l'ascenseur. Il n'y avait plus de flashs, seuls les hurlements excités de la foule pouvait être entendus de la rue.
« Oui. L'année dernière, quand Severus était toujours… toujours… » Harry soupira. « Donc, quand il se rappelait toujours de moi, nous avons convenu que mon nom officiel après la grande révélation resterait Quietus Snape, mais que mon second prénom serait Harold - je réponds aux deux noms de toute façon. »
« Je vois. »
« Messieurs. » Un homme aux cheveux blancs les salua lorsque l'ascenseur s'ouvrit. « Albus, je suis heureux de vous voir. M. Potter. » Il se tourna vers Harry et lui tendit la main. « Terry Boot. Heureux de vous rencontrer. Mon fils m'a beaucoup parlé de vous. Je pense que ce n'est pas une exagération si je dis qu'il a une très haute opinion de vous. »
« Terry Boot ? » cria Harry avec incrédulité et, soudain, il se rappela l'après-midi à Pré-au-Lard, quand il avait assommé Terry, parce que… Oh, parce que le père de Neville avait torturé le sien… « Oh… Mais je… Je… »
« Oui, je sais, il me l'a dit. Vous avez fait la bonne chose ce jour-là, M… oh, pouvez-vous me dire quel est votre nom, mon cher garçon ? »
« Quietus Harold Snape, monsieur. Et heureux de vous rencontrer. »
« Donc, M. Snape, je peux vous assurer que mon fils n'a aucune rancune contre vous. Ou même plus : il vous respecte. » Harry acquiesça simplement : il ne pouvait pas parler. « Entrez, j'ai préparé les documents que vous m'avez demandés, Albus. L'Identifieur officiel du Ministère va bientôt arriver. Je suis désolé, mais cette fois, nous devons vous jeter le Sort d'Identification, M. Snape. » Il se tourna de nouveau vers Harry. « Vous savez, il n'est généralement pas autorisé… »
« … de le lancer sur une personne vivante, oui, je sais. » Soupira Harry.
« Eh bien, je vois que vous en avez entendu parler. »
« Enormément. » murmura Harry.
« Et nous devons retirer tous les sorts, sortilèges ou charmes qui ont été lancés sur vous. » continua M. Boot.
« D'accord. J'ai seulement un Glamourie sur moi, et je n'ai ni mangé, ni bu de potion dans les 42 dernières heures. »
« Parfait. » L'homme inclina sérieusement la tête. « Puis-je enlever le Glamourie ? »
Harry haussa les épaules.
« Bien sûr. Je pense que vous êtes au courant pour mes cicatrices de toute façon. »
« Oui. » soupira M. Boot. « Je pense que tout le monde au Ministère a entendu parler de ces cicatrices après votre accident avec les Aurors du Ministère l'année dernière. »
« Harry, sais-tu pourquoi le Sort d'Identification ne peut être jeté par personne d'autre qu'un Identifieur agréé ? » demanda soudain Dumbledore.
« Bien sûr, M le Directeur. » dit Harry. « Il est plutôt douloureux. Et dangereux. »
« Je suis désolé, ça doit être fait… les questions au sujet de votre identité… »
« Je sais. » Harry regarda l'homme sérieusement. « Et je suis heureux que la mascarade se termine finalement. »
Ils s'assirent en silence jusqu'à ce que l'Identifieur, une jeune femme, arrive. Elle leur sourit.
« Bonjour, Terry. Je vois que j'ai reçu la chance de rendre son espoir à la communauté sorcière dans ces temps de crainte. » Elle se tourna vers Harry, « Et je suis vraiment heureuse que vous soyez ici, M. Potter. Nous sentons tous que votre arrivée nous a redonné l'espoir que nous pouvions peut-être gagner cette guerre. »
Elle sourit, mais ses paroles étaient mortellement sérieuses.
« J'avais besoin du silence relatif de l'année dernière pour guérir. » répondit doucement Harry.
Tout le monde dans la pièce devint silencieux. Finalement, la femme soupira et eut un autre sourire triste.
« Je suis désolée de devoir vous faire mal. Avez-vous des sorts sur vous ? »
« Revelo. » murmura Harry, sa baguette pointée sur lui. « Plus maintenant. » dit-il. « Puis-je m'asseoir ? »
« Bien sûr. Et préparez-vous, ce sera plutôt long et douloureux. Vous pouvez crier, la salle est insonorisée. » Harry acquiesça, se laissa tomber dans une chaise voisine, et ses mains saisirent fortement les accoudoirs. « Justify ! »
Harry se mordit les lèvres pour ne pas hurler de douleur. Le charme était en effet douloureux. La première pensée d'Harry fut que quelqu'un mettait son corps en lambeaux, et pas simplement son corps, mais chaque partie de lui, comme des mains invisibles qui voulaient le déchirer en milles morceaux, ça faisait mal, ça faisait mal partout et Harry ne pouvait pas croire qu'il ne saignait pas. Son corps se tendit dans la torture et alors, quelqu'un arriva brusquement dans sa tête, parmi ses souvenirs, cherchant n'importe quelle image ou identité, mais pendant ce temps, la douleur déchirante ne diminuait pas. Le sort cherchait dans tout son corps, toute son existence, sa chair, ses gènes, son esprit, son âme…
Pourquoi la torture n'était-elle pas encore finie ? N'était-ce pas assez ? Harry ne put s'empêcher de s'étrangler, ses articulations devinrent blanches sur les accoudoirs de la chaise.
Faites que ça se termine, supplia-t-il intérieurement, faites que ça se termine, arrêtez la douleur, ça fait mal, ça fait mal comme un Tormenta, comme le sort de Brise-Os de Nott, comme un Doloris… Faites que ça se termine.
Sa tête commença à l'élancer, ses yeux brûlaient dans leurs orbites.
Quand est-ce que ça va s'arrêter ? hurlait L'esprit d'Harry.
Comme du métal chaud et liquide, une nouvelle vague de douleur balaya son corps. Sa mâchoire se serra encore plus, et un goût familier et métallique apparut dans sa bouche : il mordait ses lèvres.
Et soudain, ce fut fini.
Harry s'effondra dans la chaise, ses yeux étroitement fermés, son corps tremblant sous les répercussions de la douleur précédente. Puis, Harry sentit une paire de bras l'entourer, et quelqu'un commença à le bercer, murmurant au-dessus de sa tête.
« Tu peux écrire, Terry. Son père biologique est Quietus Salazar Snape, fils de Severus Salazar Snape et de Quirke Athena Noblestone, tu peux trouver leur ID dans tes dossiers. Sa mère est Lily Evans, fille de Thomas Evans et d'Iris McAuley, tous deux Moldus, mais je pense que leur ID sera quelque part dans les dossiers. J'ai également senti un très puissant sortilège d'adoption, qui fait du garçon le seul héritier de la famille Potter. Le nom de son beau-père est James Alfred Potter, fils d'Harold Winston Potter et d'Armena Helen Knight, leur ID peut être trouvée dans les dossiers déjà scellés des Potter, je pense que tu devras rouvrir ces documents. Il est né le 31 juillet 1980, et j'ai aussi trouvé des traces d'Impardonnables sur lui : il a été frappé deux fois par le Sort de Mort, une par le Sortilège d'Impérium, et 92 fois par le Doloris, oh, mon Dieu… » Sa voix s'évanouit alors qu'elle citait les principaux éléments spécifiques de la courte vie d'Harry, et son étreinte se resserra, mais elle continua néanmoins à dicter. « Ses plus proches parents par le sang, qui peuvent réclamer sa garde, sont Pétunia Evans, fille de Thomas Evans et d'Iris McAuley, la sœur de sa mère et Severus Nobilus Snape, fils de Severus Salazar Snape et de Quirke Athena Noblestone. Un autre membre de la famille par le baptême est Sirius Italicus Black, fils de Sirius Brutus Black et d'Itala Lilian Nott… »
« Sirius ne peut pas réclamer ma garde ? » L'interrompit Harry. « Pourquoi… ? »
« Seulement dans le cas où vos parents par le sang vous rejetteraient. » dit la femme sérieusement. « Mais c'est une longue procédure, M. Snape, et je ne pense pas que ce sera nécessaire. »
Harry, oubliant ses douleurs précédentes, émit un rire amer.
« Non ? »
Dumbledore répondit à la question silencieuse de la femme.
« Il est très probable que sa famille le rejette. » dit-il tristement. « Mais jusqu'à ce que ce soit sûr, je pense que nous pouvons nommer M. Black comme son gardien provisoire. Je lui ai demandé hier et il est disposé à accomplir cette tâche. Il sera bientôt ici pour signer les documents. »
« J'aurai besoin de la permission de ses proches, Professeur Dumbledore. » Le visage de la femme trahit sa profonde consternation.
« Elles sont ici. » Dumbledore sortit deux – DEUX ! - papiers pliés de sa poche. Soudain, le peu de force qui restait à Harry quitta son corps et son âme.
« Ils… ils… » Il déglutit. « Ils savent et… les Dursley et Seve… le professeur Snape ? » Son cœur se gela.
Dumbledore ne le regarda pas, acquiesçant simplement.
« Ils… ils m'ont rejeté ? » La gorge d'Harry était trop serrée pour parler d'un ton normal : sa voix était faible et tremblante. « Severus… m'a rejeté ? »
« Ecoute, Quietus, c'est juste une solution provisoire, donne du temps à Severus et… » Commença Dumbledore, mais Harry l'interrompit.
« Puis-je voir ce papier ? » Il était au bord des larmes, mais il VOULAIT voir le signe clair de la trahison de Severus. Il avait BESOIN de le voir.
Dumbledore lui remit la feuille.
« Là. »
Les mains d'Harry tremblaient lorsqu'il déplia le parchemin. Et il y avait écrit, simplement et clairement, de l'écriture caractéristique de Severus :
Par la présente, moi, Severus Nobilus Snape (ID: 03958912111) déclare que je ne souhaite pas réclamer la garde de mon présumé neveu, Quietus Snape (autrefois connu sous le nom de Harold James Potter) et je permets à l'employé désigné par le Ministère de lui nommer un gardien provisoire approprié, jusqu'à ce que la procédure de rejet puisse avoir lieu. Je suis au courant que mon rejet n'affecte pas le statut d'héritier du garçon mentionné ci-dessus au cas où sa relation avec la famille Snape serait prouvée.
Sincèrement votre,
Severus Nobilus Snape
Maître des Potions de Poudlard, Ecole de Sorcellerie.
« Je n'ai pas besoin de son argent ! » Explosa Harry avec colère. « Je n'ai pas… »
« M. Snape. » La voix de M. Boot arrêta sa tirade. « Votre héritage est légalement votre, il n'est pas dû à la charité de votre oncle. En ce moment, vous êtes le seul héritier de la famille Snape, bien qu'aussi longtemps que votre oncle soit en vie, seule la partie de votre père est votre propriété. D'autre part, tout l'héritage des Potter est à vous, y compris le Cottage Potter au Pays de Gales, la moitié de la Shell Magical International Company, qui est l'une des plus grandes compagnies magiques au monde, le coffre du vieux Potter à Gringotts, Godric's Hollow et aussi le coffre Potter-Evans à Gringotts… »
Harry pâlit.
« Mais c'est… c'est… »
« C'est beaucoup. » M. Boot termina la phrase bégayée par Harry. « Quand vous serez majeur, vous serez l'un des descendants sang-purs les plus riches de Grande-Bretagne. Oh, et aussi longtemps que M. Black ne se marie pas et n'a pas un fils ou une fille, vous et Miss Anne Black êtes les héritiers des possessions de la famille Black. »
Harry dut fermer les yeux, car la salle tournait autour de lui. Il était riche, très, très riche. Il avait plus d'argent que les Dursley, et probablement encore plus que les Malfoy.
Il n'avait jamais eu autant d'argent. Et il n'avait jamais senti aussi clairement qu'il y avait des choses dans le monde qui ne pouvaient pas être achetées par de l'argent.
Severus détestait l'agitation constante que tout le monde semblait faire autour de ce gosse Potter. Il détestait le regard déçu de Dumbledore, le choc silencieux des étudiants - et surtout, il détestait les hymnes et les éloges des journaux au sujet de l'imbécile, et les histoires stupides qu'ils éditaient. Il y avait tellement d'articles sur la 'résurrection' de Potter que les élections officielles étaient passées comme un événement absolument sans importance et, bien que Patil ait gagné, Severus ne pouvait voir aucun journal avec sa photo en première page, juste Potter et encore Potter.
Il avait confisqué pas moins de 17 exemplaires de différents journaux et magazines en une matinée et enlevé plus de 200 points au total, Serpentard inclus. Il n'en avait lu qu'un seul, mais ça l'avait rendu tellement furieux qu'il avait presque lancé un sort à Minerva qui était de nouveau venue pour lui parler. Ca n'avait pas été un article de cette foutue Rita Skeeter, il avait réussi à attraper un exemplaire du Sorcier Décent, le magazine favori des familles de sang-purs, mais même cet article avait fait bouillir son sang. Son titre était 'Quietus Snape – plus un sang-mélé'. Bien sûr que non. Il était apparu que sa mère était une sorcière, pas une Moldue.
Et le ton du reste de l'article était le même. 'Rejeté par son oncle', 'L'orphelin le plus riche du Monde Sorcier', et une longue histoire déchirante au sujet de sa captivité à Nightmare Manor, de son évasion, de son héroïsme, de son absence d'égoïsme, de ses BUSE exceptionnelles, de sa récompense pour avoir sauvé la vie de Fudge, et ainsi de suite, sans fin. Et des photos, des photos et des photos : le gosse et Albus apparaissant devant le Ministère, le gosse se cachant dans les plis de la robe d'Albus, le gosse regardant dans l'appareil photo les yeux écarquillés, disparaissant dans le bâtiment du Ministère, réapparaissant dans l'entrée, sa cicatrice tristement célèbre clairement visible sur son front.
Potter, le gosse pompeux, l'idiot sauveur arrogant, toujours lui ! Severus serra les poings avec colère. Potter était de retour, et la communauté sorcière se comportait comme s'ils avaient déjà gagné la guerre ! Stupides espoirs ! Le garçon n'était rien de plus qu'un enfant irresponsable. S'ils lui faisaient confiance, la guerre était déjà perdue !
Severus était tellement furieux alors qu'il approchait de la Grande Salle pour déjeuner, qu'il retira quarante points à sa propre maison juste parce que deux seconde année l'avaient bousculé dans un coin. D'abord, il avait voulu déjeuner dans ses propres appartements, mais après, il avait changé d'avis, il ne voulait pas que quelqu'un le prenne pour un lâche. Il pouvait faire face au garçon ! Ce qui s'était passé n'était pas de sa faute. Ce n'était pas lui qui avait trompé les autres. Ce n'était pas lui qui avait abusé de la confiance des autres. Pourquoi devrait-il se sentir honteux ?
La température dans la Grande Salle diminua presque réellement lorsqu'il entra. Il haussa mentalement les épaules, ignorant les mouvements habituels de haine et d'aversion. Il n'avait jamais été le préféré de quelqu'un, de toute façon. Cependant, le silence froid de ses collègues le dérangeait un peu. Mais ce n'était pas leurs foutues affaires.
Il fut néanmoins très dur de supporter le déjeuner.
Et dès qu'il se retira à son bureau, la première personne qu'il rencontra était l'autre Golden Boy de Gryffondor, le Cracmol Black qui venait lui crier dessus, supposa-t-il quand il vit l'ex-Animagus.
« Snape. Nous devons parler. » Dit l'homme sans s'inquiéter de petites choses telles que des salutations.
« Non. » Répondit-il en ouvrant la porte de son bureau. Mais Black insista.
« Tu as été le gardien du garçon pendant un an. Maintenant, ce rôle m'a été confié. Nous devons parler. »
Black avait marqué un point, vraiment.
« Que veux-tu ? » Aboya-t-il, irrité.
« Te dire ce que j'ai à te dire, poser quelques questions et partir. »
« Bien. Tu as quinze minutes. »
« C'est suffisant. » Approuva Black. Severus le conduisit dans son bureau.
Ils s'assirent l'un en face de l'autre et, à la surprise de Severus, Black ouvrit la bouche et commença un discours sur un ton civil.
« Je peux comprendre que tu sois fâché, Snape. Je crois que tu te sens trahi. Mais tu dois comprendre que ce n'est pas Quietus qui t'a trahi. Il a toujours voulu te dire la vérité depuis que tu as regagné conscience à l'hôpital… »
« Tu n'as aucune preuve, Black, mais continue. » Interjeta Severus.
Black pâlit et retint apparemment une remarque brutale.
« Vrai. Je n'ai aucune preuve. Et je n'ai aucune preuve de votre précédente relation autre que mon expérience, mais même toi ne peux nier que, depuis que tu t'es réveillé de ton coma, le garçon a toujours été à tes côtés. Il t'a aidé, il s'est occupé de toi. Il t'aime, et tu l'as simplement rejeté comme… comme… » Black hésita, et Severus utilisa ce moment pour faire ses remarques.
« Tu n'as encore aucune preuve, Black. Comment puis-je savoir qu'il prenait vraiment soin de moi ou que tout son comportement n'était rien d'autre qu'une farce pour se protéger ? Ou Albus et lui pouvaient avoir d'autres choses à l'esprit – comment puis-je savoir ? Je ne veux plus de mensonges, et je n'ai pas besoin du gosse de Potter, même s'il est le bâtard de mon frère… »
« Tu… tu… » Le visage de Black devint pourpre, et il se leva, dominant Snape de toute sa hauteur. « Tu viens juste de le traiter de bâtard… »
« Et alors ? Il l'est, non ? Mon frère n'a pas épousé Evans. C'est le saint James Potter qui a sauvé la pauvre fille… » Mais il ne put pas finir. L'instant suivant, un poing atterrit sur sa joue et la chaise dans laquelle il était assis se renversa. Severus sortit sa baguette, mais avant qu'il se lève pour attaquer son pire ennemi, son bureau était vide. Le Cracmol s'était sauvé.
« Je ne t'ai pas demandé de lui parler ! » claqua Harry à son parrain. « Pourquoi l'as-tu fait ? Tu savais que ça ne ferait qu'empirer la situation ! »
« Qui- Harry, je voulais juste aider ! »
« Je n'ai pas besoin d'aide ! Je suis parfaitement bien tout seul ! » hurla Harry en sortant brusquement de la salle de classe vide où il avait rencontré son gardien légal.
Il n'avait jamais voulu finir sa vie comme il le faisait maintenant. C'était simplement trop. Beaucoup trop.
Il n'était pas un adulte, réalisa-t-il. Ou est-ce que même les adultes ressentaient de la douleur ? Du désespoir ? De la peur ? De la tristesse ? Il secoua la tête. Il avait juste seize ans ! Et les derniers jours avaient été trop remplis. Les journalistes, le Ministère, la douleur du sort, et la première fois qu'il avait entendu le nom de la mère de sa mère ! Personne ne lui avait jamais dit le nom de sa grand-mère ! Et après, les deux actes de rejet. Ils lui brisaient tout simplement le cœur. Personne n'avait besoin de lui, ses parents, ses grands-parents, son beau-père et les parents de celui-ci étaient tous morts et les deux parents vivants qu'il avait ne se souciaient pas de lui, ni de sa vie, mais surtout Severus… Severus qui l'avait tenu après son cauchemar il y a juste trois nuits, le rejetait maintenant et prétendait qu'Harry n'existait même plus, et avait écrit cette lettre horrible… Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?
Oui, Dumbledore et lui avaient abusé de sa confiance mais la vengeance était beaucoup plus cruelle que l'acte lui-même, et c'était seulement Harry qui devait porter ce fardeau, Dumbledore s'en était sorti indemne bien que ça ait été son idée !
Harry croyait sérieusement qu'il ne lui restait plus de larme après les pleurs et les sanglots répétés des deux derniers jours, mais sa vue était trouble et ses yeux s'humidifiaient de nouveau, ses genoux tremblaient, et toute sa force le quitta. Que voulait le monde entier de lui ? Il était juste un garçon faible, il n'était pas un sauveur ou un héros, et maintenant, il pleurait encore comme un bébé. Il se détestait.
« Qu'est-ce que s'est, Snape ? Papa t'a abandonné ? » Une voix froide et sarcastique ronronna derrière lui. Harry ne se retourna pas. Il ne voulait pas que Malfoy voit son visage imbibé de larmes et ses yeux rouges. C'était assez de s'occuper de sa propre faiblesse seul.
« Mon père est mort, Malfoy, il y a plus de seize ans. » dit-il calmement, trop fatigué pour se battre.
« Tu sais de qui je parle. » Malfoy ne sembla pas troublé par la douce réponse d'Harry. « Ton très cher Severus. Tu l'appelais papa, n'est-ce pas ? »
« Oui, je le faisais. » répondit Harry, « Mais j'ai l'impression que c'était il y a des années. » ajouta-t-il, sa voix ayant l'air de provenir d'un puits sombre et profond.
« Nostalgique, n'est-ce pas ? » La cruelle raillerie continua.
« Non. Juste triste. Maintenant, si tu pouvais être gentil… Laisse-moi tranquille, Malfoy. »
« Je ne pense pas que ton cher professeur Snape te réclamera jamais. Pourquoi le ferait-il ? »
« Pourquoi ? » répéta Harry, mais ses pensées étaient ailleurs. Il laissa échapper un petit rire court et amer. « Ouais, pourquoi ? Et pourquoi devrais-je m'en inquiéter ? » Il se retourna soudainement et regarda Malfoy dans les yeux, sans faire attention au fait que le garçon blond puisse ou non voir ses larmes. « Pourquoi devrais-je faire attention à quelqu'un ? Pourquoi devrais-je être enragé par tes provocations ? » Il ouvrit les bras et haussa les épaules. « Je ne sais pas, mais je suis coincé dans ce monde et je m'inquiète de ce que les gens pensent et disent de moi. Ce n'est pas facile, Malfoy. Je déteste ça. » Il contourna le Serpentard légèrement choqué et lui dit au revoir.
« On se voit demain en Arithmancie. » dit Harry, d'un ton faussement poli, en partant. Il n'alla cependant pas très loin : quelques tournants plus tard, une voix calme et féminine l'arrêta.
« M. Snape, un mot. »
Harry regarda sa Directrice de Maison d'un air méfiant : il n'était pas vraiment près pour une autre conversation.
« Oui, professeur ? »
Elle le conduisit à l'intérieur et, après quelques instants, Harry remarqua avec surprise qu'ils étaient dans les appartements privés du professeur. Ses yeux s'écarquillèrent quand il le réalisa et il jeta un regard attentif autour de lui. Comme ceux de Severus, les quartiers de McGonagall n'étaient pas décorés aux couleurs de sa maison : le vert-foncé et le bleu étaient les tonalités dominantes, et il y avait un peu de rouge foncé, presque brun. Le professeur désigna une chaise, près de la cheminée et Harry s'assit avec obéissance. La sorcière sévère s'assit face à lui, et elle laissa échapper :
« Harry, je... je... » La mâchoire d'Harry se décrocha. Il n'avait jamais vu son professeur de Métamorphose chercher ses mots. Sans mentionner le fait qu'elle ne l'avait jamais appelé par son prénom auparavant.
« Oui ? » déglutit-il.
« Je voulais juste dire que je suis désolée que les choses se soient passées de cette façon… »
« Ce n'était pas votre faute, professeur. » sourit tristement Harry.
« Ecoutez, Harry. J'ai parlé à Severus cette nuit. Non » Elle éleva la voix quand elle vit qu'Harry se préparait à l'interrompre. « Ce n'était pas à propos de sa garde. J'ai simplement essayé de le persuader de vous prendre dans sa classe de Potions Avancées. Il a refusé. »
« Oui, je sais. »
« Je sais que vous aimez les Potions. » Harry haussa juste les épaules. Pour le moment, la seule émotion qu'il pourrait ressentir était un vide béant, « Et je voulais juste vous encourager à ne pas abandonner vos études de Potions. Je suis sûr que Miss Granger vous aidera, ou même M. Londubat, si vous le leur demandez… et peut-être que plus tard, quand Severus retrouvera ses esprits, il vous reprendra - et vous ne serez pas en retard. »
Harry parvint à faire un autre léger signe d'assentiment.
« Vous devez savoir que nous, vos professeurs, serons là pour vous si vous avez besoin de nous. N'hésitez pas à demander de l'aide. Nous savons tous que ce sont des temps très difficiles pour vous. Plus difficiles que jamais, et pourtant vous avez presque toujours dû faire face à des situations difficiles… »
Harry acquiesça. Il n'avait rien à dire. Il se sentait comme s'il était dans un vide. Vide d'horreur. Le néant l'effrayait, mais il ne se sentait pas assez fort pour le combattre.
Presque en transe, il laissa McGonagall le mener jusqu'à sa propre chambre, il sentit - pas sans honte et agitation - des mains attentionnées lui mettre son pyjama, et les mêmes mains remplièrent étroitement les couvertures autour de lui, comme Severus avait l'habitude de le faire… Il sentit une potion sur ses lèvres… armoise… oh, la Potion de Sommeil Sans Rêve… mais elle provoquait une accoutumance, pensa-t-il, mais il n'avait pas prit la potion depuis des mois…
« La vie pue. » Furent ses derniers mots et, à sa grande surprise, une voix pleine de larmes, très différente de la sévère McGonagall, lui répondit,
« Oui, elle pue. »
Les jours suivants passèrent dans un brouillard et Harry fut extrêmement reconnaissant à Dumbledore et à McGonagall de l'avoir nommé Préfet en Chef, car maintenant, il avait sa propre chambre, au lieu de rester dans le dortoir sous la pression du regard scrutateur de Ron, de l'amitié compatissante de Neville et de l'intérêt curieux de Dean et de Seamus. Dans sa chambre, il était seul après que les cours et il n'avait pas à aller à la bibliothèque, où il pourrait rencontrer Severus n'importe quand, pour étudier.
Il ne voulait pas se retrouver face à face avec lui. Il ne voulait pas le rencontrer, ou même le regarder. Il ne voulait pas voir la froideur et le rejet dans les orbes noirs familiers, il ne voulait pas des remarques acerbes et des sarcasmes acides – c'était pourquoi il ne voulait même pas essayer de discuter avec l'homme au sujet de sa classe de Potions Avancées. Oh, non, Harry avait une période suffisamment difficile sans avoir des cours où il serait remarqué et ridiculisé, il ne pensait pas avoir besoin de ce sentiment en plus de ses émotions blessées.
Et même maintenant, Harry ne comprenait pas le comportement de son oncle. Mais il ne voulait pas poser de questions.
Lorsque le week-end arriva, Harry remarqua avec surprise qu'il n'avait même pas vu l'homme.
Les repas étaient les moments les plus difficiles pour l'éviter. Généralement, Hermione l'aidait, bien que pas délibérément : ils entraient dans la Grande Salle ensemble, et Harry faisait toujours attention à se tenir sur le côté droit de la jeune fille, de sorte qu'elle soit entre lui et la table des professeurs. Et il se forçait à ne pas regarder dans cette direction. Il se moquait que Severus le prenne pour un lâche.
Samedi matin, cependant, fut différent. D'abord, Hermione n'était nulle part en vue et il dut se rendre seul à la Grande Salle. Il y avait seulement quelques étudiants prenant leur petit déjeuner et aucun d'eux n'était l'ami ou le camarade de classe d'Harry, donc il s'assit seul à sa place habituelle, mais il put voir du coin de l'œil que Severus était bien là. Son appétit disparut, mais il se força à boire au moins un verre de jus de citrouille avant de partir en se sauvant.
Il réussit presque. Presque. Mais la voix du Directeur l'arrêta.
« Quietus, s'il te plait. »
Il s'arrêta, et tous les muscles de son corps se tendirent. S'il se tournait vers le Directeur, il ferait aussi face à Severus. Le jus de citrouille dans son estomac fit un mouvement incommode, et Harry déglutit pour éviter une humiliation au milieu de la salle. Il rendit son visage sans expression et, lentement, se retourna.
« Oui, M le Directeur ? »
« Viens à mon bureau à 10 heure, s'il te plait. C'est important. »
« Oui, M le Directeur. » dit-il et, involontairement, ses yeux s'égarèrent sur le grand homme sombre, à côté de Dumbledore. L'homme refusa de le regarder. Harry soupira et partit.
« Quietus, attend ! » Il entendit une autre voix juste quand il quittait la Grande Salle.
C'était Erica, le nouveau membre de la bonne vieille Maison de Serpentard. L'autre personne après laquelle avait été Voldemort - mais maintenant que la vérité sur le fait qu'Harry avait survécu était devenu publique, elle était bien plus en sécurité que jamais auparavant. A présent, il était clair que lui, fils de Quietus Snape (qui avait été sur le point de devenir le successeur de Dumbledore - Hermione avait montré à Harry un article où il pouvait même lire CE détail !) était le véritable ennemi du Seigneur des Ténèbres, le seul qui pouvait le combattre et le vaincre. Oui, c'était très clair pour le Seigneur des Ténèbres - Harry l'avait vu, et avait senti la colère et la fureur qui remplissaient le corps semblable à celui d'un serpent, avait vu les yeux rouges tourbillonnant d'envie de vengeance et de rage, et avait subi les sorts qu'il avait lancé sur ses serviteurs.
Harry soupira et tourna la tête.
« Oui ? » demanda-t-il, fatigué.
La jeune fille s'arrêta à côté de lui.
« Je… Je voulais juste te dire que tu ne devrais pas t'isoler comme tu le fais ces jours-ci. Que… que tu dois essayer… »
Harry secoua la tête avec ennui.
« Pourquoi le devrais-je ? J'ai besoin d'un certain temps pour me réhabituer à la situation actuelle. Et je ne suis pas une personne très sociable. »
« Mais tu es dans tous les journaux ! » s'écria la jeune fille avec incrédulité.
« Je ne l'ai pas choisi. » claqua Harry en retour. « Je n'ai pas demandé de publicité ! »
« Oh, je vois… » Elle regarda Harry et changea soudainement de sujet. « J'ai entendu dire que tu ne serais pas dans la classe de Potions Avancées. C'est vrai ? » Harry acquiesça simplement. Erica déglutit et continua. « Il… m'a accepté dans cette classe, mais je ne sais pas si je… dans mon ancienne école, nous suivions un autre programme et je pensais juste te demander si… »
« Si… ? » demanda Harry après un court silence.
« Si tu pourrais m'aider et me montrer ce que tu as appris l'année dernière… »
Harry fronça les sourcils.
« Pourquoi moi ? Il y a Ares ou Malfoy dans ta Maison, ou Pansy… »
Erica sourit légèrement.
« Je ne les connais pas, mais je te connais. »
« Vraiment ? » Harry n'en croyait pas ses oreilles. « Tu ne m'as vu qu'une seule fois avant ! »
« Oui, mais… tu es le meilleur en Potions. Et tu… tu connais le programme d'études Avancées, tu as travaillé avec le professeur Snape l'année dernière… »
Harry acquiesça sombrement.
« Oui, mais ça ne signifie pas que je suis la meilleure personne pour t'aider. »
« Très bien. » céda la jeune fille. « Cependant, je voulais juste une occasion de revoir le sujet. »
« Une ? » demanda Harry en retour, sachant qu'il était sur le point d'entrer dans le piège.
« Une. » approuva la jeune fille.
« D'accord. » opina Harry, vaincu. « Alors, demain, après dîner, à la bibliothèque, section Mysticisme Arabe. Apporte tes livres de potions avec toi. »
« Bien sûr. » Elle lui fit un autre sourire lumineux et partit. Harry soupira, soulagé. Si la jeune fille savait qu'il avait accepté pour une seule raison, elle serait absolument furieuse. Mais la raison était là : Erica Knight avait le même nom de famille qu'Armena Helen Knight, la femme de Harold Winston Potter !
« Harry ? » Une voix hésitante.
« C'est vraiment toi ? » Une autre.
« Mon cher garçon », Un murmure.
« Si seulement nous avions su… »
Des sanglots étouffés et des regards pleins d'espoir saluèrent Harry dans le bureau du directeur.
Les Weasley, encore. Mais cette fois personne n'osa le toucher, ils le regardaient juste, Mrs Weasley au bord des larmes, M. Weasley souriant avec hésitation, George avec un calme imposé sur sa figure, Bill secoué, Charlie avec des étincelles dans ses yeux, Percy les joues teintes d'un rouge écarlate, Ginny avec gaieté et Ron – en fait, Ron rougissait de façon similaire à Percy.
Seul Fred manquait – et il manquerait pour toujours, Harry pensa, et il trembla. Fred manquait. C'était sa faute.
« Tu es revenu… » Mrs Weasley murmura.
« Il n'est jamais parti, Maman », dit Geroge et il jeta un regard froid à ses deux frères rouges de honte. « Il a toujours été là. C'était si évident… » Il s'arrêta, comme s'il attendait que son jumeau finisse sa phrase, mais il n'y avait personne pour le faire.
« Vous avez… ? » Harry le regardait avec incertitude, et le garçon acquiesça.
« Nous le savions depuis notre première rencontre à Fleury et Bott. »
« Vous… comment ? » balbutia Harry.
« Simple. C'était toi. Seulement ton apparence a changé, la personne derrière le visage est restée la même. Fred voulait le dire à Ron, mais au début on n'était pas sûr. Et plus tard… Ron était un tel… »
« Un salaud », murmura Ron et George sourit légèrement.
« Oh, oui un salaud précisément. Donc nous avons décidé que non. Nous ne voulions pas vous mettre en danger, toi ou le professeur Snape », son sourire devient amer, « Cependant, comme j'ai entendu dire qu'il avait finalement réussi à te mettre en danger… »
Harry regarda tout d'un coup le sol et haussa les épaules.
« Je suis content que la vérité ait éclaté ». Il leva les yeux. « Je haïssais ces mensonges. Ces demi-vérités, ces secrets, les explications interminables. Maintenant, je peux à nouveau être moi-même. »
« Tu as été toi-même, Quietus », dit George.
Un court silence.
« Tu es toujours le bienvenu chez nous », ajouta M. Weasley. « Si jamais tu as besoin d'une famille… »
Harry tressaillit.
« J'ai Sirius », murmura-t-il en fermant les yeux. « Mais merci quand même… »
« Non, Harry, tu n'as pas à nous remercier pour quoi que ce soit », Mrs Weasley ne put résister plus longtemps : elle s'avança et l'enlaça fermement. « Tu es un fils pour nous. Rien n'a changé. »
Tout a changé, pensa Harry, mais cette fois il se força à ne pas s'effondrer. Il ne voulait pas étaler encore une fois sa faiblesse.
Percy s'approcha.
« Harry… »
Harry recula involontairement. Son aversion envers Percy n'avait pas changé, il ne lui faisait toujours pas assez confiance pour lui pardonner ces choses dans la salle louche. Il croisa ses bras sur sa poitrine et jeta un regard froid au garçon plus grand.
« Je ne veux pas de vengeance, Percy », dit-il d'un ton glacial. « Mais ça ne veut pas dire que je peux oublier ta vengeance et ta haine contre un simple garçon – et ce n'est pas vraiment important que ce garçon soit moi. »
« Je veux juste m'excuser », sa voix était suppliante.
« Mais je ne suis pas prêt à pardonner. »
« Mais Ron… »
« Arrête. Le cas de Ron est un sujet entre lui et moi », quelque chose dans le regard de Ron s'adoucit aux paroles d'Harry.
« Mais ce que je t'ai fait n'est pas mieux que les agissements de Percy… » dit sérieusement son ex-ami.
« Non », Harry secoua la tête. « Ils ne peuvent pas être comparés, Ron. Ce que tu as fait était cruel, c'est vrai, mais nous étions face à face, un contre un et tu n'as pas utilisé ta position officielle pour me torturer – parce que tu n'en avais pas. C'était plus comme un duel, et j'aurais dû être plus prudent. Mais dans le cas de Percy… c'est une autre affaire. Comme Auror du Ministère et adulte il était dans une position très délicate. Et j'étais complètement impuissant, je n'avais pas ma baguette, et je n'avais pas la possibilité de partir. »
Ron opina et le rougissement de Percy s'accentua.
Les sujets qui furent abordés plus tard furent beaucoup moins embarrassants.
Après que Madame Pince ait laissé échapper que le garçon Potter n'avait pas été dans la bibliothèque de toute la semaine, Severus décida d'aller chercher ces livres de potions de la section de Mysticisme Arabe. En tant que Préfet en Chef, soit le môme était dans sa propre chambre, soit il traînait avec ses admirateurs – trop de Serpentards étaient parmi eux pourtant. – il était donc impossible de le rencontrer dans la bibliothèque un dimanche soir.
Non, il n'avait définitivement pas peur de rencontrer le môme, il voulait juste éviter de le voir : un Potter avec un visage de Snape ! Scandale ! Cependant, il ne pouvait pas vraiment s'expliquer pourquoi il s'était mis à haïr le garçon avec tant de passion. C'était un sentiment inexplicable, mais profond et fort et son sens de la trahison émergea encore plus. Peut-être que Minerva avait-elle raison et que quelque chose avait été corrompu par ce stupide Charme de Mémoire – si c'était en fait lui qui avait jeté ce foutu sort et pas Albus ou le môme…
Heureusement, la section de Mysticisme Arabe était vide et il pouvait chercher librement sur les étagères. Severus sourit en prenant un lourd volume de l'étagère la plus haute, et il était sur le point de s'asseoir et de le lire quand des voix interrompirent le silence de la librairie.
Une voix masculine et une voix féminine. Severus sourit d'un air moqueur et mit rapidement le livre à sa place. Peut-être pourrait-il retirer quelques points avant de travailler s'il surprenait le couple dans une situation compromettante. Il sortit de la section arabique et s'arrêta derrière la rangée d'étagères voisine : il semblait logique que le couple qui recherchait un peu d'intimité choisirait la section susmentionnée.
« Et alors ? » demanda la voix de femme. C'était une voix inconnue, Severus ne l'avait jamais entendue : ce devait être la nouvelle élève de sa maison, cette fille Knight.
« As-tu amenée tes livres de Potions ? » Le cœur de Severus s'arrêta. Le môme Potter !
« Bien sûr. Tu me l'avais dit », la fille répondit et Severus ricana. La fille flirtait avec la célébrité de l'école !
« OK. J'ai amené mon livre de Potions de cinquième année et les notes que j'ai prises en cours. Voyons voir… »
Rien d'intéressant : bruissement de papier, un grincement lorsque quelqu'un changea de position sur sa chaise.
« Ares m'a dit que tu étais le meilleur en Potions », roucoula la fille. Severus leva les yeux au ciel.
« Je l'étais. », répondit lentement Potter et il feuilleta un autre livre. « Je suis exclu des cours désormais. »
« Pourquoi ne demandes-tu pas au professeur de… » elle ne finit pas, Potter l'interrompit.
« Ce ne sont pas tes affaires. Nous sommes venus ici pour vérifier ton programme de Potions et pas pour parler des derniers tournants de ma vie ». Potter n'était apparemment pas conscient des intentions de la fille.
« C'est la vérité alors ? »
« Quoi ? » aboya Potter. Oh, de l'agacement ?
« Ce que disent les journaux. »
« A quoi penses-tu précisément ? » demanda-t-il d'une politesse moqueuse. « Ils écrivent beaucoup de choses. »
Severus rit presque. Potter ne pouvait d'une certaine manière pas réaliser qu'il s'était impliqué dans une conversation qu'il voulait éviter à tout prix.
« Cette histoire à propos de toi et du professeur Snape ». Oh, oh. Potter ne réagit pas, donc la fille continua. « Qu'il t'a déshérité. »
« Quoi ? » cria Potter, incrédule. « Foutaises. Il ne m'a pas déshérité, je ne suis pas son héritier », commença à expliquer Potter. Bravo, Miss Knight ! Magnifique piège. « Il a juste rejeté la possibilité d'être mon tuteur, c'est tout ». Il devait fusiller du regard la fille, puisqu'il y eut un silence pendant de longs moments et après que le môme commença à expliquer le programme de l'année dernière à la fille, mais apparemment seulement les parties qu'elle n'avait pas apprises à son école. Severus devait avouer que le garçon était en effet un très bon élève en Potions. Ce qui ne voulait pas dire, bien sûr, qu'il l'autoriserait dans ses cours.
Après un moment Severus s'ennuya et décida de partir, mais la fille posa soudainement une autre question d'une voix très basse.
« Et…c'est vrai que Snape… »
« Professeur Snape pour toi », interjeta à voix haute Potter. Lui, apparemment n'avait aucune intention de chuchoter.
« …que le Professeur Snape », continua la fille à voix basse, « est un Mangemort ? »
Il y eut un moment de silence, et Severus pensa que la fille ferait un parfait reporter, encore meilleure que cette fichue Rita Skeeter.
« Comment oses-tu ? » Siffla soudainement Potter. « Comment oses-tu ? »
« Qu-Quoi ? » balbutia la fille.
« Comment oses-tu l'accuser d'un tel crime ? » La voix de Potter était toujours un sifflement tranchant. « Comment oses-tu déformer encore plus les mensonges des journaux. Tu peux le lire partout ! »
« Mais tu as vécu avec lui pendant un an. Tu le connais mieux… »
« Hors de ma vue », dit Potter d'une voix soudainement calme.
« Mais… »
« J'ai dit va-t'en ! Le soutien est fini. Cherche un autre garçon pour flirter. Je ne suis pas intéressé. »
Oh. Potter n'était pas le simple d'esprit qu'il semblait être.
« Tu le regretteras, Harry », la voix de la fille était blessée.
« Je ne pense pas que je le regretterai si tu pars maintenant. Mais je ferais sûrement quelque chose que je regretterai si tu ne pars pas maintenant ! »
Après le départ de la fille, Potter ne bougea pas pendant longtemps.
Quand Severus sortit de sa cachette, il pouvait voir la forme maigre prostrée sur le bureau, son visage enfouie dans ses bras, ses seules épaules tremblantes révélant qu'il pleurait. Severus s'arrêta, et pour la première fois depuis ces derniers jours un peu de confusion commença à atténuer la haine massive qu'il ressentait pour le garçon.
La suite dans une semaine!
