Titre : Through the Walls

Auteur : enahma

Traductrices : Thamril et Méphisto

Disclaimer : Comme vous vous en doutez, rien ne nous appartient. Le monde d'Harry Potter est à J.K.Rowling et l'histoire à enahma.

Note : Pas de spoilers du tome 5.

Chapitre 11 – Jamais plus

La première chose que fit McGonagall après l'horrible cauchemar d'Harry fut de changer les murs autour de la chambre d'Harry, de sorte qu'Hermione y ait toujours un libre accès.

La première chose que fit Harry après avoir été relâché fut de créer de nouveaux murs autour de sa chambre afin de préserver son intimité, et de lancer un puissant Sort de Silence. En effet, il agissait sagement : les cauchemars et les visions ne s'arrêtèrent pas, et il ne voulait vraiment pas que ses camarades de maison le sachent. Ils ne pouvaient rien faire pour les stopper, Madame Pomfresh ne pouvait rien lui donner pour les empêcher, Severus s'en moquait et Harry n'avait pas besoin que tout le monde soit aux petits soins avec lui. Cependant, presque tous les matins, il se dirigeait en premier vers le bureau du Directeur et il lui disait tout ce qu'il avait appris sur les plans de Voldemort dans ses visions. Les cauchemars étaient son propre problème, il n'en avait jamais parlé à personne, seule Hermione connaissait leur existence.

Oh, et Severus, mais il ne comptait pas vraiment. Plus maintenant.

Alors que le temps passait, que septembre laissait place à octobre, Harry se sentait de plus en plus fatigué. Il pouvait à peine avoir une bonne nuit de sommeil, il était toujours surchargé de travail et il y avait en plus les entraînements de Quidditch, auxquels il était obligé de se rendre malgré les promesses précédentes de Seamus. Et personne ne semblait remarquer son état, excepté Hermione, mais… Il y avait un petit problème. Lui et Hermione avaient eu quelques disputes répugnantes après qu'Harry soit revenu de l'Infirmerie.

« Tu n'aurais pas dû laisser tout le monde savoir à quel point je suis misérable ! » avait-il crié à son amie. « Je déteste être toujours le centre de leur attention, maintenant je peux aussi être le centre de leur pitié… Je déteste ça ! Pourquoi l'as-tu fait ? Pourquoi ne peux-tu pas juste me laisser tranquille ? »

« Mais Quiet… tu hurlais et tu souffrais… J'étais tellement effrayée… » avait bégayé Hermione.

« Je m'en moque ! » avait hurlé Harry en retour. « Je déteste le fait que vous pensiez tous que vous avez le droit d'interférer dans ma vie ! NON ! Ma vie ne regarde que moi et occupez-vous de vos affaires ! »

« Mais… »

« Pas de mais ! Laisse-moi tranquille ! » avait dit Harry avant de laisser Hermione, figée sur place dans un couloir à côté de la salle de Métamorphose.

Ca avait été la première, suivie de près par des combats similaires et, finalement, Harry était parvenu à véritablement blesser Hermione. Depuis lors, il avait été confortablement laissé tranquille.

Oui, Harry savait parfaitement qu'Hermione avait juste voulu l'aider. Mais le fait que presque tous les élèves aient commencé à jeter des regards plein de pitié dans sa direction l'irritait infiniment. Il n'était pas faible ! Il n'avait besoin de la pitié de personne !

Mais la fatigue demeurait et Harry avait bientôt remarqué qu'il ne pouvait plus suivre ses cours. Le premier avertissement lui était apparu dans un cours d'Histoire de la Magie, quand il s'était endormi. Et puisque l'Histoire Avancée était une petite classe, seuls cinq sixièmes années la suivaient, même le professeur Binns ne pouvait pas ne pas le voir dormir sur son bureau.

« Miss Garnier, s'il vous plait, réveillez M. Snape. » dit-il à Hermione en se rapprochant d'Harry. « Et amenez-le à l'Infirmerie. »

Pour le professeur Binns, Harry dormant dans sa classe était un signe évident qu'il était malade. Harry se réveilla avec un sursaut lorsque Hermione serra légèrement son épaule, et il était si fatigué qu'il ne put rien faire d'autre que de suivre la jeune fille. Harry commença à protester seulement quand ils furent arrivés à l'Infirmerie et, finalement, ils retournèrent ensemble en cours d'Histoire. L'embarras que la situation avait causé était suffisamment fort pour qu'Harry ne se rendorme pas, mais à la fin du cours de Sortilèges suivant, il pensa qu'il devait trouver une solution à son problème, parce qu'il ne pouvait pas se rappeler de ce qu'ils avaient appris dans ce cours.

Au déjeuner, Harry s'assit à côté d'Ares.

« Tu as un air horrible. » commenta son ami. « Que s'est-il passé ? Un autre cauchemar ? »

« Non. » mentit Harry en se penchant sur sa soupe. « Les études. »

« Ah. » Ares acquiesça. « Je vois. Mais alors, peut-être que tu devrais laisser tomber certaines de tes classes. Histoire, ou Botanique… »

« Ce sont les moins problématiques. » murmura Harry en retour. « Et les autres sont trop importantes pour les abandonner. »

Ares baissa sa fourchette.

« Et que s'est-il produit entre toi et Hermione ? Elle semble t'éviter. »

« Ca ne te regarde pas. » Il ne put s'empêcher de répondre sèchement. « Demande-lui. » ajouta-t-il en sautant sur ses pieds avant de sortir d'un air furieux de la Salle, son déjeuner interrompu.

Quelques instants plus tard, il sut à quel point il avait agi stupidement, mais alors, il ne se sentait pas suffisamment fort pour retourner dans la Grande Salle, et de toute façon, il n'avait plus faim. Il frappa le mur avec son poing sous le coup de la fureur.

« Merde. » dit-il lorsque la pierre dure rencontrait ses doigts. « Merde. » répéta-t-il alors des larmes de douleur et d'irritation soudaines commençaient à piquer ses yeux.

« Harry ? » tenta une voix derrière lui. Il soupira.

« Oui, Ron ? »

Son ex-ami gesticula inconfortablement.

« Je t'ai vu quitter la Grande Salle rapidement. Je voulais juste te demander si je pouvais t'aider. »

« Non, tu ne peux pas. » répondit froidement Harry, sans se retourner.

« Très bien. » dit Ron et le bruit de ses pas indiquèrent à Harry qu'il partait. Pendant un court instant, Harry pensa que Ron était vexé, mais le ton de sa voix n'en avait montré aucun signe. Elle était calme et compréhensive, quelque chose d'absolument inhabituel chez Ron, et Harry se sentait véritablement déconcerté.

Ron avait-il commencé à grandir ? songea Harry. Vraiment, le comportement de Ron ces derniers jours semblait beaucoup plus mûr qu'auparavant. A la différence de ses camarades de maison, il avait toujours laissé Harry tranquille, n'avait pas posé de questions stupides, n'avait pas jeté de regards inquiets, et c'était la première fois qu'il offrait son aide, et quand il avait senti la réticence d'Harry, il ne l'avait pas pressé. Pour la première fois depuis des mois, Harry pensa que, peut-être, il accepterait ses excuses. Il le devait à Fred, et peut-être qu'accepter la main tendue de Ron pourrait être une manière de le remercier.

Qu'est-ce qui avait pu causer le revirement soudain de Ron ? Etait-ce cette foutue vision ? Ou la mort de Fred ? Non, ils avaient eu une conversation après l'enterrement, et Ron n'avait pas semblé comprendre. Harry abandonna finalement. Ron avait changé. C'était le fait important.

Harry, voulant tester la nouvelle compréhension de Ron, décida de s'asseoir à côté de lui pendant la Métamorphose Avancée, puisque Hermione était tout naturellement furieuse contre lui, et que Neville, comme il fallait s'y attendre, avait choisi la compagnie de Parvati plutôt que la sienne. Ron haussa un sourcil quand Harry se glissa à côté de lui, mais ne protesta pas.

« Salut, Ron. » souffla Harry. « Ca te gêne pas si je m'assieds ici ? »

« Bien sûr que non. » répondit doucement Ron. « C'est un honneur pour moi. »

« Tu te moques de moi ! » Harry fit un demi-sourire.

« Non. » répondit sérieusement Ron. « Je suis simplement heureux, Quietus. » Il accentua le dernier mot.

« Quietus ? » Harry le regarda d'un air interrogateur.

« Quietus. » acquiesça fermement Ron.

Ils se regardèrent fixement pendant de longs moments, sans dire un mot. L'arrivée de McGonagall les sortit brusquement de cette étrange transe.

« Maintenant que nous avons finalement fini de revoir les sorts et la théorie de Métamorphose du niveau normal, je veux que vous fassiez une préparation sérieuse pour les mois à venir. Les sorts que nous allons apprendre et leur utilisation sont extrêmement épuisants, physiquement et mentalement. Ceux qui s'asseyent dans cette classe » Elle regarda autour d'elle sérieusement, « se rappellent sûrement le programme de l'année dernière, qui contenait énormément de théorie sur les métamorphoses magique et non-magique et sur la métamorphose croisée, entre les deux. Cette année, nous apprendrons réellement à lancer ces sorts. Mais » Elle s'arrêta et son visage devint beaucoup plus sérieux, « ce travail exigera un bon état, physique et mental. Bon. » répéta-t-elle en regardant directement Harry. « Donc, je suggère que vous vous prépariez pour la première semaine de novembre, quand le véritable travail de métamorphose commencera. »

Harry soupira. Il pouvait parfaitement comprendre le sous-entendu du professeur. Mais il y avait quelques problèmes. Il ne pouvait pas dormir et il n'avait pas faim. Et il savait que son état physique était tout sauf bon.

Il y pensait toujours quand le professeur l'arrêta à la fin du cours.

« M. Snape, un moment. »

Harry baissa la tête et resta en arrière. Il aurait dû le savoir…

« Oui, professeur ? »

« Je suis vraiment désolée, M. Snape, mais je ne pense pas que vous soyez dans une condition physique appropriée pour… »

« Non ! » La tête d'Harry se releva brusquement. « Je le serai en novembre, je vous le promets ! Je ne veux pas quitter une autre Classe Avancée, s'il vous plait… »

McGonagall soupira et acquiesça.

« Je ne voulais pas parler de la leçon. »

La curiosité d'Harry prit finalement le dessus sur sa honte et il la regarda dans les yeux.

« Alors, quoi ? »

« Je ne pense pas qu'il soit sage que vous jouiez au Quidditch. »

Harry secoua la tête.

« Ce n'était pas entièrement mon choix, professeur. » dit-il tristement. « Mais je pense que l'équipe a besoin de moi. Je ne veux pas les laisser. Presque tout le monde est nouveau dans l'équipe, Ron est le seul qui reste à la même position, Seamus joue maintenant comme Poursuiveur, et il est plutôt mal à l'aise dans son nouveau rôle, les Batteurs, bien qu'ils soient plutôt bons, sont plus à l'aise sur terre que sur un balai, les trois Poursuiveurs sont incapables de synchroniser leurs mouvements, notre capitaine joue au Quidditch depuis seulement un an, comme Ron… Et notre premier match contre Serdaigle a lieu dans dix jours. » Harry inspira profondément et fronça les sourcils. « Je ne peux pas les laisser. Pas maintenant, et peut-être pas cette année. Je le leur dois. J''ai accepté de jouer, professeur. »

Le visage de McGonagall devint soudainement triste. Triste et très, très fatigué.

« Vous n'avez pas l'air de vouloir jouer, M. Snape. » dit-elle après un moment.

« Parce que je ne le voulais pas vraiment. » répondit simplement Harry. « Je ne sais toujours pas pourquoi j'ai accepté de rejouer… »

« Et à propos de votre balai ? Si je me souviens bien, M. Weasley utilise le vôtre. Pensez-vous le reprendre ? »

« Plaisantez-vous, professeur ? » L'expression d'Harry n'était pas qu'un peu surprise. « Je suis l'un des foutus propriétaires de la Shell Magical International, l'héritier de la famille Potter et tout le reste ! » claqua-t-il. Il détestait être riche. Il détestait ça, parce qu'il y avait une chose qu'il ne pouvait pas acheter avec de l'argent : l'amour. Pour être précis : l'amour de Severus.

« Langage, M. Snape. » McGonagall leva son index, mais ses yeux souriaient. « Donc, pour ce balai ? »

Harry haussa les épaules.

« Je le recevrai demain. Un Nimbus 2100. »

« Un Nimbus ? Pourquoi n'avez-vous pas choisi un autre Eclair-de-Feu ? »

« Ce serait injuste envers les autres joueurs. » répondit doucement Harry.

« Mais M. Weasley… »

« Il ne doit pas battre ses adversaires dans une course. Ce n'est pas aussi injuste. »

« Je vois. » McGonagall eut finalement un véritable sourire, mais son expression s'assombrit de nouveau. « M. Snape, ça ne signifie toujours pas que vous ne devez pas mieux vous préparer pour les futurs cours de Métamorphose. Vous devez manger et dormir davantage. »

« Je sais ! » cria Harry. « Mais comment ? » ajouta-t-il avec colère.

« Sûrement qu'une Potion de Sommeil Sans-Rêve… »

« J'ai dû l'arrêter il y a longtemps. » l'interrompit Harry. « Je suis presque devenu dépendant. »

« Alors, comment pouviez-vous le supporter l'année dernière ? »

Harry ouvrit presque la bouche pour répondre, mais les mots se coincèrent dans sa gorge. Devait-il dire : 'Je dormais avec Severus' ? La seule idée de prononcer ces mots faisait tourner son visage au rouge cramoisi. Il ne savait soudainement pas s'il devait rire ou pleurer.

« Severus m'aidait. » s'étrangla-t-il difficilement.

Heureusement, son professeur interpréta mal son rougissement, pensant qu'il s'agissait d'un signe de sa douleur, et elle plaça une main sur l'épaule d'Harry.

« Je sais qu'il est extrêmement difficile d'être séparé de lui, mais vous devez trouver votre propre manière de faire face… »

« J'essaye. » chuchota Harry. « Mais c'est tellement dur… »

Ils marchèrent ensemble vers la Grands Salle, en silence.

Cette nuit-là, Harry eut une autre vision.

Elle commença par les tortures et les douleurs habituelles : Voldemort se rendait de plus en plus compte que quelqu'un dévoilait ses secrets, il suspectait un espion parmi ses serviteurs, et Severus avait en effet eut raison : le vieux paranoïaque ne faisait pas confiance au Veritaserum, juste à la douleur. Harry était horrifié quand il réalisa que la crainte maladive de Voldemort du sérum de vérité lui causerait plus de douleur qu'il ne pourrait jamais imaginer.

Après plus de deux heures de torture physique et un Sort de Mort, Voldemort arrêta les interrogatoires, et libéra la majorité de ses serviteurs, retenant seulement le Cercle Intime, ses esclaves les plus dévoués.

« Et maintenant que nous sommes libres des espions et des ennemis et que personne n'a la chance d'alerter le Ministère, nous irons libérer mon serviteur le plus rusé de Liberty. » Voldemort cracha presque le dernier mot, et pour la première fois de sa vie, Harry l'approuva. Quelle idée tordue d'appeler une prison liberté ? Mais il n'avait pas le temps de réfléchir sur des mots et des intentions tordus : tandis que la colère du Seigneur des Ténèbres commençait à diminuer, sa connexion avec Harry se desserrait également et, bientôt, Harry se retrouva étendu à côté de son lit, son pyjama humide de sueur froide, ses muscles douloureux, tout son corps tremblant sous le choc.

Mais Harry n'avait pas le temps d'hésiter ou d'attendre jusqu'à ce que la douleur ait diminué. Il se mit sur ses pieds et, rassemblant toute sa volonté, il enfila un pull et partit vers le bureau du Directeur.

La salle commune était vide et sombre, seules les braises rouges dans la cheminée émettaient un peu de lumière. Harry frissonna alors que l'air frais de la grande salle infiltrait ses vêtements humides. Il passa par le portrait de la Dame Rose et il dut s'arrêter pour respirer un peu d'air. Il avait mal. Avec un soupir profond, il se força à avancer ; chancelant, il laissa derrière lui la Tour de Gryffondor et la salle de Métamorphose, quand il dut à nouveau s'arrêter. Il n'était pas sûr de pouvoir faire encore un pas sur ses pieds tremblant. Il s'appuya contre le mur, maudissant silencieusement sa faiblesse et tremblant d'épuisement, de douleur et de froid, quand une voix encore plus froide retentit derrière lui.

« Une promenade après le couvre-feu, M. Potter ? »

Merde, pensa Harry. Le bâtard resurgi des cendres l'attrapait juste à temps.

« Je dois aller chez le Directeur. » dit-il à travers ses dents claquantes.

« Vous devez retourner à votre dortoir, Po… »

« Je ne suis pas un Potter, et je dois trouver le Directeur maintenant ! » dit Harry un peu plus énergiquement en s'éloignant du mur.

« Vingt points en moins pour Gryffondor et… » Mais Severus ne put pas finir. Les jambes d'Harry craquèrent finalement et il s'effondra par terre, gémissant de douleur. « Debout, garçon ! »

« Si je le pouvais… » coupa Harry.

« Potter ! » cria furieusement Severus.

« Toujours un Snape ! »

« Que se passe-t-il ici ? » Une voix de femme. Harry soupira de soulagement. Ils étaient devant les appartements personnels de McGonagall.

« Potter est… » commença Severus mais Harry l'ignora simplement et il eut aussi un avantage stratégique : dès que sa Directrice de Maison l'aperçut, tremblant sur le sol, elle se précipita vers lui et s'accroupit.

« Voldemort est sur le point de libérer Malfoy de Liberty ce soir. » dit Harry en toussant. « Je ne sais pas s'il sera là ou pas, mais si ce n'est pas le cas, alors seul le Cercle Intime ira, environ vingt personnes. Nous devons alerter le Ministère. »

McGonagall acquiesça et se leva.

« Severus, accompagne M… » McGonagall les regarda, « ton neveu à l'infirmerie et dit à Poppy d'être prête. Je dois trouver le Directeur. »

« Mais… » Severus voulut protester, mais McGonagall fut plus rapide et elle disparut derrière un coin. Le Maître des Potions soupira. « Debout, garçon. »

Harry ne répondit pas, laissant juste échapper un rire court et sarcastique. Il avait lutté pour se lever pendant plusieurs minutes et Severus ne l'avait même pas remarqué !

« J'ai dit debout ! » hurla l'homme avec colère en saisissant le bras d'Harry. Harry cria alors que la forte poigne se refermait autour de ses muscles douloureux.

« Lâchez mon bras ! » Il essaya de se libérer de la main puissante. « Vous me faites mal ! »

« Debout alors ! »

« Je ne peux pas, ne pouvez-vous pas le voir ? » Mais la poigne de fer le tira sur ses pieds. Harry voulait pleurer. « Laissez-moi ! »

Severus ne répondit pas, à la place, il commença à traîner Harry vers l'Infirmerie.

« LACHEZ MON BRAS ! » hurla finalement Harry de toutes ses forces.

« NON ! » beugla Severus en retour.

« Pourquoi ? » La voix d'Harry était soudainement douce et faible. « Vous me faites mal. »

« Arrêtez de pleurnicher, garçon. » dit Severus d'une voix moqueuse.

« Bâtard. » siffla Harry. Le moment suivant, Snape le poussait contre le mur et se penchait près de son visage.

« C'est trente points en moins pour de Gryffondor, Potter. Et… »

« Voulez-vous me frapper ? Alors faites-le ! » dit calmement Harry. « Je m'en moque. Lâchez juste mon bras, espèce de bâtard sadique. »

Harry savait que ses paroles étaient inappropriées et grossières. Mais des cercles rouges dansaient et sautaient devant ses yeux et un feu froid brûlait l'endroit sur son bras que Severus serrait. Il ne pouvait pas s'en empêcher. Il avait mal et était désespéré.

La main sur son bras demeura. La seule réaction fut que la poigne de Snape devint encore plus forte. Harry glapit et ne put retenir ses larmes.

« Bâtard, bâtard, bâtard. » dit-il comme dans une transe tandis que l'homme le transportait vers l'Infirmerie. Dans le froid général, il sentit les larmes sur son visage extrêmement chaud. Elles brûlaient sa chair suante. Le voyage semblait interminable, le monde devint trouble autour de lui. Il n'était pas entièrement conscient quand il fut finalement poussé sur un lit, que quelqu'un hurla 'Poppy, venez !' et qu'une obscurité confortable tomba sur lui.


« Harry, tu vas bien ? »

D'abord, Harry pensa qu'il avait entendu la voix d'Hermione, mais quand la mystérieuse personne répéta la question, il reconnut la voix d'Erica. Il gémit de colère et de déception.

« Qu'est-ce que tu fais là ? » demanda-t-il, les yeux fermés.

« Je voulais voir si tu allais bien. »

« Je vais bien. Tu m'as vu. Maintenant, pars. »

« Ne sois pas aussi grossier, Harry ! »

« Pourquoi pas ? » Il ouvrit les yeux et regarda Erica qui se penchait au-dessus de lui. « Je me sens mal. Et tu es là sans mon invitation… »

« J'étais inquiète pour toi. » dit la jeune fille.

« Inquiète ? » Harry fronça les sourcils avec fureur. « Tu n'as pas besoin de t'inquiéter pour moi. Nous ne sommes pas assez proches pour que tu sois inquiète. »

« Oh, Harry. » Erica sourit, « Ne peux-tu pas voir que je m'inquiète pour toi ? »

Harry se redressa soudainement.

« Non, je ne peux pas. » aboya-t-il. « Je peux voir que tu me cours après et que tu veux sortir avec moi, bien que je ne sache pas pourquoi, mais écoute, je ne suis pas intéressé. »

« Mais… » Le sourire d'Erica disparut.

« Pas de mais. Je ne suis pas intéressé. »

« Très bien alors. » Erica sauta sur ses pieds. « Mais tu te trompes si tu crois que la sang-de-bourbe sera ta petite-amie. Elle est… »

« La ferme ! » lui hurla Harry. « Et n'ose plus jamais, JAMAIS, dire sang-de-bourbe en ma présence ! »

Le visage d'Erica rougit.

« Tu es un sang-pur ! »

« Juste comme toi, idiote ! » Harry voulait soudainement la frapper. « Ma mère était une née-moldue, comme la tienne ! »

« Que- quoi ? » bégaya la jeune fille. « Comment… ? »

« Tu es une idiote. » Harry s'effondra de nouveau sur son lit. « Voldemort était après toi à cause d'une prophétie sur le descendant d'une née-moldue et d'un sang-pur ou une idiotie pareille. Ca signifie que ta mère était une née-moldue, comme la mienne. Ai-je raison ? »

Erica ne répondit pas, évitant juste son regard.

« Donc, j'ai en effet raison. Alors tu es plus stupide que je le pensais. Tu voulais me faire plaisir avec ces absurdités de sang-pur ? »

Un haussement d'épaules.

« Donc, tu n'es pas intéressé. » dit froidement la jeune fille. « Alors, je vais y aller maintenant. »

« Fais-le simplement. » sourit Harry d'un air moqueur en la regardant quitter l'Infirmerie. Il secoua la tête. Une telle bêtise !

L'arrivée de Madame Pomfresh interrompit ses rêveries. L'infirmière s'arrêta à son chevet et se pencha vers lui.

« Vous sentez-vous mieux, M. Snape ? »

« Oui, merci. » répondit Harry. « Je vais bien… »

« Bien, je veux voir vos cicatrices. » dit la femme. « Je dois vérifier… »

« Je ne pense pas que ce soit important. » l'interrompit rapidement Harry. « Elles vont bien. »

L'infirmière mit ses mains sur ses hanches.

« C'est à moi de décider si elles sont correctes ou non, jeune homme. Donc, enlevez votre haut de pyjama, je veux vous examiner de manière plus approfondie. »

Harry soupira, mais obéit. Il n'était pas nécessaire de résister : elle savait à propos de ses cicatrices de toute façon.

« Encore des glamours, mon cher ? » La femme secoua la tête alors qu'elle regardait la peau sans marque d'Harry.

« Je déteste qu'elles soient visibles. » murmura Harry, ennuyé.

L'infirmière acquiesça et lui jeta un Sortilège de Révélation.

« Oh. » dit-elle. « Vos cicatrices vont vraiment bien. » Elle imita le marmonnement précédent d'Harry, « Mais il y a une mauvaise ecchymose sur votre bras. Laissez-moi voir… » Elle toucha avec précaution la chair meurtrie et Harry siffla. « Est-ce douloureux ? »

Un acquiescement.

Madame Pomfresh regarda pensivement Harry.

« Qui était-ce ? » Demanda-t-elle doucement.

« Ce n'est pas important. » déglutit Harry. « Ce n'est rien. »

« Vos muscles sont sérieusement abîmés. »

« Eh bien, je me suis battu, mais je n'ai pas… »

« Quand ? » l'interrompit la femme.

« Hier soir. »

« Avant votre vision ? » Harry acquiesça de nouveau à sa question. « Qui avez-vous rencontré après votre vision ? »

« Le professeur Snape et le professeur McGonagall. Pourquoi ? »

« Qui vous a amené ici ? C'était Severus, n'est-ce pas? » Madame Pomfresh devenait lentement furieuse, Harry pouvait en voir les signes sur ses joues et dans ses yeux rétrécis.

« Oui. » murmura-t-il.

« C'était lui alors, n'est-ce pas ? »

« Qui ? » Harry répondit à la question avec une autre question, bien qu'il sache à quoi pensait l'infirmière.

« C'est Severus qui vous a fait cela. » Elle désigna le bras d'Harry.

Harry ne dit pas un mot, baissant juste les yeux vers ses mains, posées sur ses genoux. Il put entendre la femme partir et revenir quelques instants plus tard avec un onguent. Elle l'étala avec précaution sur la contusion.

« Ca fera mal pendant quelques jours. La forte poigne a endommagé les muscles extrêmement tendus, alors essayez de ne pas les utiliser pendant un moment, d'accord ? »

Harry opina, tendu, et remit son haut de pyjama.

« Je peux y aller maintenant ? »

L'infirmière leva les yeux au ciel mais, d'un rapide signe de la main vers la porte, fit sortit Harry de l'Infirmerie.

« Vous pouvez y aller. »


Le bureau du Directeur était vide quand Severus arriva. Le Maître des Potions grogna, énervé, et s'assit dans un des fauteuils rembourrés, qui se tenaient devant le bureau massif, débordant de documents, de dossiers, d'encriers avec différentes couleurs d'encre, de plumes et de certaines de ces petites choses argentées que le vieil homme aimait tellement. Assis dans le fauteuil, Severus se rendit soudainement compte qu'il n'avait jamais été seul dans ce bureau, ou plutôt qu'il n'avait aucun souvenir d'avoir été seul dans le bureau… Ce qui était indiscutablement étrange considérant le fait qu'il ait enseigné dans l'école pendant presque vingt ans. Ce fait renforça ses soupçons sur le fait qu'il n'avait jamais été l'homme de confiance de Dumbledore, sans mentionner l'ami… Et maintenant, ce sentiment le faisait enrager, bien que dans le passé, il ait toujours ressentit de la tristesse en considérant ce fait.

Il n'avait jamais été assez digne de confiance pour être mis dans le secret de Potter, il avait toujours reçu des ordres, comme un enfant pleurnichard : fait ceci, fait cela, protéges-le, et vas-y si tu es décidé, si tu es prêt… prêt ! C'était un miracle que Voldemort ne l'ait pas tué sur place, juste après qu'il soit arrivé cette nuit fatidique… et après, quand il avait encore été appelé pour tuer, pour montrer ses véritables loyautés…

Peut-être qu'il devrait être plus reconnaissant envers Potter que le gosse lui ait épargné plus d'espionnage ? Oh, bien sûr, il ne saurait jamais si ce petit conte à propos de leur captivité et de leur évasion était vrai. Ses souvenirs étaient partis pour toujours, il le savait parfaitement maintenant, et il l'avait suspecté à l'hôpital après les longs essais infructueux de Cassia pour rétablir certaines des parties Obliviatées de sa mémoire.

Soudain, la cheminée ronfla et jeta tant d'étincelles dans la salle que Severus fut aveuglé par la lueur soudaine. Le moment suivant, il se trouvait face à face avec un Dumbledore extrêmement furieux.

L'expression sur le visage du vieil homme effraya Severus, même s'il ne l'avouerai jamais.

« Severus. » La voix du Directeur était étonnamment froide et basse. « Qu'as-tu fait à Harry la nuit dernière ? »

« J'ai amené le gosse à l'Infirmerie comme me l'a ordonné Minerva. » répondit-il, la froideur de sa voix égalant celle du Directeur.

« Je ne suis pas sûr que Minerva t'ai ordonné de blesser le garçon qui a souffert, même après. » Severus regarda le vieil homme dans les yeux. Les orbes d'un bleu profond étaient maintenant glaciaux comme le Pôle Nord.

« Votre petit pion en or s'est-il plaint au sujet de mon traitement, Albus ? »

« Severus ! » Soudain, la colère de Dumbledore remplit la salle, et gela le sang du Maître des Potions. Maintenant, il pouvait parfaitement comprendre la raison pour laquelle le Seigneur des Ténèbres craignait tellement le Directeur. « Non, Harry ne s'est pas plaint. Mais toi » Dumbledore se rapprocha d'un pas, et à ce moment-là, Severus avait plus peur de lui qu'il ne l'avait jamais eu de Voldemort, « tu l'as blessé. »

« N'importe quoi, Albus. » grinça-t-il, mais sans sa fermeté habituelle.

« N'importe quoi ? » Les yeux de l'homme fulminaient. « Le garçon souffrait des répercussions de divers sorts, principalement du Doloris, tout son système musculaire était tendu et en état de choc, et ta prise a sérieusement endommagé les muscles de son bras droit, à tel point que Poppy a dû les traiter - et Harry aura mal pendant plusieurs jours ! Qu'est-ce que tu pensais faire ? »

La question resta dans l'air, et il y eut un silence complet dans le bureau. Finalement, ce fut le vieil homme qui le brisa.

« Quoi que tu ais pensé, je vais prendre une mesure disciplinaire contre toi. »

Severus fronça les sourcils.

« Voulez-vous me renvoyer, Monsieur le Directeur ? » demanda-t-il, d'un ton glacial.

La voix du vieil homme concurrença de nouveau son ton polaire.

« Je suis vraiment tenté de le faire, professeur. Mais j'ai peur que ce soit meurtrier dans ces circonstances. A la place, je te donnerai quelques règles, et si jamais j'entends que tu les as enfreintes, tu seras renvoyé, meurtre ou pas. »

« J'écoute. » La voix du Maître des Potions était plate et impassible.

« D'abord : n'approche plus jamais Harry. Si tu lèves un doigt sur lui… » Il ne continua pas, mais Severus tressaillit. Il n'avait certainement jamais entendu Dumbledore menacer quelqu'un. « Deuxièmement : tu seras moins dur avec tes étudiants. Je pense principalement au jeune M. Londubat. Il n'est pas responsable des actes de son père contre toi. Troisièmement : tu es suspendu de tes fonctions de Directeur de la Maison de Serpentard »

« Mais Albus » Severus fut soudainement prit au dépourvu par la dernière phrase.

« Non. Apparemment, tu n'es pas assez responsable pour t'occuper d'enfants. Ton comportement biaisé et irresponsable a causé à un étudiant une douleur physique sérieuse. Je ne peux pas le permettre dans cette école. Oh, et ton salaire sera réduit de 30 pour cent. La décision finale dans ton cas sera bien sûre prise par le Conseil d'Administration. »

« Albus, je… » Severus essaya de formuler des excuses, ou des explications, mais le Directeur leva les mains, le stoppant.

« Tu es congédié à présent. »

Severus sentit le monde tourbillonner autour de lui. Congédié ? Suspendu ? Mais… pourquoi ?

Oui, il avait été peu un dur avec le gamin Potter hier, mais… oh, très bien. Le Directeur lui préférait le gosse. Ce n'était pas inattendu. Le Golden Boy d'Albus, le Gryffondor le plus précieux !

Lorsqu'il quitta le bureau, son choc se transforma lentement en une colère de plus en plus profonde, de sorte qu'avant d'atteindre ses quartiers personnels, il était prêt à éclater.

Encore !

Donc, il était suffisamment bon pour s'occuper du gosse, alors qu'il était trompé, il était assez bon pour espionner, pour travailler pour l'Ordre, pour risquer sa vie, pour enseigner, pour préparer des potions, pour… ses pensées tourbillonnaient dans sa tête.

Que tout le monde dans cette école soit maudit ! Que Voldemort, qu'il ne pouvait pas simplement quitter, soit maudit ! Que sa décision de jeunesse de se joindre à ce monstre soit maudite ! Que toute la vie qu'il avait été obligé de laisser soit maudite !

Il se dirigea vers la cuisine et saisit la bouteille pleine de Whisky Pur-Feu du réfrigérateur. Il prit un verre du placard de la cuisine et le remplit de whisky qu'il engloutit d'une seule grande gorgée. L'alcool se répandit presque immédiatement dans son système, et enflamma ses sens. Et encore plus sa colère.

Le gosse, encore ! Il avait ruiné la vie et la réputation de Severus ! Que diraient ses collègues s'ils entendaient parler de l'action disciplinaire ? Que diraient ses étudiants s'ils entendaient parler de sa suspension ? Que penserait le Ministère s'ils entendaient parler de son 'comportement abusif' ? Il avait à peine échappé à une condamnation à vie à Azkaban ! Le mettraient-ils en prison, encore ?

Le désespoir et la rage se mêlaient en lui.

Et tout ça à cause de ce foutu garçon, le bâtard de son frère mystique !

Merde !

Il versa le deuxième verre dans sa bouche puis il jeta fortement le verre contre le mur où il se brisa en mille morceaux. Il saisit la bouteille et alla dans le salon. Il sentit l'alcool commencer à se répandre dans son corps, et il prit une autre longue gorgée.

Alors, quelqu'un frappa à sa porte.


Harry était très anxieux. La Pensine était finalement prête. Harry ne savait pas vraiment ce qu'il en attendait, mais il y avait toujours l'espoir dans son cœur, l'espoir que Severus regarderait dedans et comprendrait et croirait sa sincérité, son amour.

Peut-être que, même si leurs rapports ne seraient plus jamais les mêmes, l'homme l'accepterait encore, et l'appellerait par son nom.

Et peut-être, mais c'était un espoir très, très mince, qu'il recouvrerait ce qu'ils avaient déjà partagé.

Il posa la Pensine dans une boîte et la scella avec prudence, avant de la prendre et de se diriger vers les donjons si familiers. Severus avait été très grossier avec lui hier. A présent, Harry espérait que la culpabilité de l'homme le pousserait à accepter la Pensine, à regarder dedans.

Donc il s'en alla.

Il serra la boîte avec force contre sa poitrine de sa main gauche, son bras droit irradiait toujours de douleur. Sûrement que Severus n'avait pas su ce qu'il faisait hier soir. L'homme n'avait pas su qu'Harry avait souffert auparavant de plusieurs mauvais sorts de torture. Et il était contrarié aussi. Harry savait que Severus les accusait toujours, lui et Dumbledore, et qu'il se sentait trahi.

Mais peut-être qu'à présent…

Il s'arrêta en face de la porte – il n'essaya même pas de presser son doigt sur le point blanc, il savait qu'il ne pourrait pas l'ouvrir – et il frappa poliment.


Supprimant une forte envie de jurer, Severus plaça la bouteille sur la table de salon, tempêta jusqu'à la porte et d'un mouvement bref et puissant, l'ouvrit.

Le mioche.


Quand Harry essaya de se souvenir plus tard de ce qui s'était passé après que Snape eut ouvert la porte, il découvrit qu'il ne se rappelait pas précisément les faits. Une chose était claire : l'homme agrippa le devant de sa robe et le tira à l'intérieur, il ferma la porte et conjura un charme de silence – tout se déroula en un instant. Harry n'arriva même pas à ouvrir la bouche, et Severus se penchait au-dessus de lui et beuglait quelque chose à propos d'exclusion et d'action disciplinaire, à propos de comportement irresponsable et d'adolescents idiots et effrontés – Harry n'y avait vraiment rien compris.

Mais il pouvait sentir le whisky dans l'haleine de Severus et ça le terrifiait.

Severus n'était pas de cette sorte.

Ou peut-être qu'il l'était.

L'homme, cependant, ne l'avait pas touché.

Après dix minutes de réprimandes houleuses, l'homme lui demanda finalement :

« Et, si je peux le demander, que penses-tu être en train de faire ? »

Harry, sans un mot, lui tendit la boîte. Cela avait réduit au silence l'homme pour un moment, mais il déchira le papier et jetant un coup d'œil à l'intérieur, il sortit la Pensine. L'instant suivant, le bol en pierre, lourd, avait été jeté au mur d'une force qu'Harry n'avait jamais vue.

« A quoi penses-tu être en train de jouer, mon garçon ? Pourquoi t'imagines-tu que je vais croire en ton nouveau moyen de me manipuler ? Epargnes-moi tes mensonges ! » mugit l'homme, mais Harry ne put en entendre plus : comme s'il regardait un film au ralenti, il vit le bol percuter le mur et éclater en morceaux, alors que son contenu, un liquide visqueux, coulait lentement le long du mur, et s'évaporait au fur à mesure jusqu'à ce que rien de reste, rien, absolument rien, comme leurs anciens rapports, qui semblaient maintenant rien de plus qu'un rêve éloigné, et Harry se sentit brisé et réduit en poussières à nouveau, et tout d'un coup, rien, absolument rien ne resta pour Severus dans son cœur, rien de positif, juste l'injustice de la situation, les vieilles blessures et les douleurs qu'il avait reçues, le passé surgit avec une telle force, qu'il suffoqua presque Harry.

« Je te déteste », avait-il simplement dit.

Et il était parti.

D'une certaine manière, après leur confrontation, sa faiblesse s'était évaporée, comme les souvenirs, et il n'eut pas envie de pleurer. Il se sentait mieux que les semaines précédentes, comme si une partie de sa vie s'était fermée, une fois pour toutes, comme si une décision longtemps retardée avait été enfin prise.

Leur relation était terminée.

Avant le dîner, Dumbledore le prit à part.

« Harry, s'il te plaît, un moment. »

« Qu'est-ce qui s'est passé ? Est-ce que l'attaque a réussi ? »

« Non », sourit faiblement Dumbledore « Nous avons réussi à les contrer. Entre-temps Lucius Malfoy a été privé de sa magie, et je ne pense pas qu'il puisse à nouveau être utile à Voldemort ».

« Oh, » Harry était soulagé. « Je suis content de l'apprendre », ajouta-t-il.

« Mais je ne voulais pas te parler de lui. »

Harry s'arrêta et se tourna vers le vieil homme.

« Quoi alors ? »

« C'est Severus… »

« Non », le coupa Harry. « Je ne suis pas intéressé. »

« Je veux t'en parler en premier. »

« Vous n'en avez pas besoin, monsieur le Directeur. Il est… » Harry s'arrêta un moment, réfléchissant, « il ne signifie plus rien pour moi. Plus maintenant. »

Etait-ce l'imagination de Harry ou l'expression de Dumbledore s'était-elle fermée ? Il ne savait pas précisément, mais tout signe de joie et de contentement disparut du visage âgé, seuls la tristesse et un sérieux insupportable restèrent.

« Qu'est-il arrivé ? »

« Rien », Harry secoua sa tête. « Juste que… c'était assez je pense. Absolument, parfaitement assez. Madame Cassia m'avait dit qu'elle ne voyait pas d'espoir pour Se… pour lui de récupérer. Et il… il a changé. Et maintenant, il me déteste. J'ai réalisé que je ne pouvais pas le changer. Donc j'ai décidé de le laisser tranquille. Je ne veux plus d'humiliation, de ridicule… C'en était assez. »

« Etait-ce l'agression de Severus qui… ? » Dumbledore désigna le bras droit de Harry. Harry acquiesça.

« Oui. »

Et vraiment, c'était la raison. Ou, au moins l'une d'entre elles.

« Harry, tu dois savoir que ce n'est pas de sa faute, pas entièrement… »

Harry haussa les épaules.

« Ce n'est pas important. Il est une autre personne maintenant et il va rester cette personne. Je ne veux pas que ma présence lui soit imposée, et je ne veux définitivement plus de sa présence auprès de moi, même si ce n'est pas de sa faute. Cependant, je ne suis pas d'accord. Il est un adulte. Il devrait être plus mûr. »

Dumbledore soupira.

« Tu sais, le Sortilège de Mémoire a corrompu ses émo… »

« …tions, bien sûr que je sais ! » répliqua Harry avec colère. « Mais un adulte doit savoir utiliser son bon sens, même quand il est impliqué émotionnellement ! Il a eu plus d'un mois pour s'habituer à l'idée que moi, Harry Potter ou autre chose, lui était apparenté ! Mais il a décidé de l'ignorer, il n'a jamais essayé de l'accepter, et toute son attitude est plus qu'une preuve pour moi que vous aviez raison, quand vous avez dit que nous ne devions pas lui dire la vérité. J'ai essayé d'expliquer. Je me suis excusé. Mais je ne ferai plus d'autres gestes envers lui. Je ne suis plus intéressé. »

Sa froideur préalable disparut et il ressentit de la fureur à la place.

« Maintenant, excusez-moi, monsieur le Directeur », il n'était plus capable de parler de Severus. Dumbledore opina et il partit.

Mais peu après qu'il ait souhaité bonsoir au vieil homme, il sentit une poigne puissante sur son bras, son bras toujours douloureux et quelqu'un l'entraîna dans un couloir sombre avec une telle force qu'il tomba à genoux. La douleur dans son bras était atroce, et il devait lutter pour ne pas crier et ne pas montrer sa faiblesse.

Malfoy se tenait au-dessus de lui, une baguette dans sa main tendue, pointée sur Harry.

« Peu importe ce que ton oncle dit, Snape, tu es bien mon cousin. Je ne peux pas te tuer. Je ne peux même pas te blesser autant que je le voudrai. » il se pencha si près qu'Harry pouvait sentir sa respiration sur son visage. « Mais je trouverais un moyen satisfaisant de venger mon père. Je sais, le Seigneur des Ténèbres sait que tu étais l'espion, et crois moi, notre petite découverte ne restera pas cachée de toi. »

« De quoi parles-tu ? » cracha avec colère Harry, mais la poigne l'empêchait de faire un mouvement violent.

« Je te tuerai, crois-moi, je trouverais le moyen. Mais jusqu'à ce que je puisse le faire… Tu apprendras ce que la douleur, la vraie douleur, veut dire ! »

« Idiot. » Harry libéra son bras et inspira profondément. « Je sais ce qu'est la douleur. Je ne suis pas intimidé par ta petite démonstration ! Tu ne peux rien me faire ! »

Malfoy, cette fois-ci, ne sourit pas ironiquement, mais rit à pleine gorge.

« Non ? Et tes petits rêves alors ? »

Et avant qu'Harry puisse répondre, il sortit du couloir obscur. Harry, appuyant son bras l'élançant contre sa poitrine, s'assit là pendant de longues minutes. Il n'était soudain plus très sûr de vouloir continuer à vivre.

Et le lendemain matin, Dumbledore annonça que Draco Malfoy n'était plus un élève de Poudlard. Il était parti.

Et quelques jours plus tard, Harry fut forcé de voir un jeune homme très déterminé tuer sa première victime, et tendre son bras pour recevoir la Marque qu'il ne pourrait jamais effacer.


Et un chapitre de plus!

La suite dans une semaine!