Titre : Through the Walls
Auteur : enahma
Traductrices : Thamril et Méphisto
Disclaimer : Comme vous vous en doutez, rien ne nous appartient. Le monde d'Harry Potter est à J.K.Rowling et l'histoire à enahma.
Note : Pas de spoilers du tome 5.
Chapitre 13 - EnsorceléL'obscurité commença lentement à baisser autour de lui. La douleur avait diminué et était ensuite partie, et quelque chose de doux et de moelleux l'entourait, caressant sa peau sensible. Il n'ouvrit cependant pas les yeux ; il ne voulait pas qu'ils brûlent dans la luminosité de la pièce dans laquelle il était…
Où était-il d'ailleurs ?
Son dernier souvenir était…
Qu'était son dernier souvenir ?
Il commença à lutter. Hier après-midi, un court entraînement de duel avec le professeur Noir - il l'appelait intérieurement Armenia - puis sa sieste d'après-midi, un dîner tardif à minuit et… oui. Il était allé à la bibliothèque après cela, pour faire quelques recherches sur l'essai que McGonagall lui avait assigné, et après, il avait lu quelque chose sur quelques plantes ennuyeuses. Ca avait été le problème. Le sujet était tellement ennuyeux qu'il s'était endormi, tombant précisément dans une vision cauchemardesque d'Avery - et il avait su quel était le plan de Voldemort : le tuer à travers ses visions. Le bâtard ! Après un moment, il avait perdu conscience et il était absolument sûr qu'il allait mourir. Mais non, il était encore vivant, bien qu'un peu blessé, mais définitivement vivant. Quelqu'un l'avait trouvé, alors.
Oh, quelqu'un… Comme dans un rêve, il se rappelait de Severus lui donnant des potions… mais non. C'était impossible. Severus, le Severus qui lui aurait donné des potions, était mort. Cet autre Severus ne s'intéressait pas assez à lui pour le sauver. Ca devait être un rêve.
Soudain, il prit conscience d'un bruit du côté droit de son lit, une robe frémissait, et une douce voix féminine l'appela, « M. Snape ? Etes-vous réveillé ? »
Oh, Madame Pomfresh.
« Eeerrrgggh. » gémit-il en forçant ses yeux à s'ouvrir. La conséquence fut celle qu'il avait suspectée : la lumière l'aveugla presque. Rapidement, il les referma.
L'infirmière murmura quelque chose, et Harry sentit un contact presque hésitant sur ses paupières.
« Vous pouvez ouvrir les yeux maintenant. » dit Madame Pomfresh. Harry obéit et jeta un court regard autour de lui. L'Infirmerie, encore. Il soupira. « Je vous suggère de déménager ici. » il pouvait entendre le sourire dans la voix de l'Infirmière. « Vous passez la moitié de votre temps ici, de toute façon. »
Harry lui ça un regard noir et grogna, cette fois d'un ton d'avertissement.
« Je préférerais ne pas le faire. » dit-il.
L'infirmière acquiesça et, d'un mouvement rapide, elle enleva la couverture d'Harry, « Retirez votre pyjama. Je veux voir vos cicatrices. »
Harry ne se plaignit pas. C'était trop familier. Il inspira et retira son haut de pyjama. Suivant les yeux de l'infirmière, il scruta sa poitrine et ses bras, suivant la trace de ses cicatrices. La peau autour d'elles était gonflée et rougeâtre, les cicatrices étaient d'un rouge foncé et frais, et une mince couche de croûte avait commencé à se former au-dessus d'elles. Sa peau était complètement ravagée. Il était impossible de trouver un endroit indemne et sain, et Harry savait trop bien que ses jambes n'étaient pas mieux. Il était répugnant. Ses traits faciaux étaient affreux, mais tout son corps était répugnant. Un monstre. Maintenant, il était vraiment un monstre.
Son visage rougit d'embarras, et il était extrêmement reconnaissant envers l'infirmière quand elle ne lui demanda pas d'enlever son bas de pyjama. Cependant, sa gratitude diminua significativement, quand elle lui demanda de ne plus lancer de Charme de Dissimulation sur son corps.
« Ce sont des blessures magiques, M. Snape. » expliqua-t-elle. « Les Charmes de Dissimulation ne font que ralentir le processus curatif. »
« Mais je ne veux pas qu'elles soient visibles. » ne put s'empêcher de gémir Harry. « Je ne veux pas que les autres les voient… »
« Mettez un col roulé alors. » répondit simplement l'Infirmière. « Vous portez toujours des chemises à manches longues. Si vous mettez un col roulé à manches longues, personne ne verra vos blessures. »
'Mais ils verront tout de même mon visage' ajouta sarcastiquement Harry pour lui-même. Mais il n'y avait aucune raison de jeter un Glamourie sur son visage. Tout le monde savait à quoi il ressemblait. 'Le garçon le plus laid de Poudlard'. Une fois, il y a plusieurs semaines, Hermione lui avait dit qu'il changerait beaucoup durant ces années et qu'il ne resterait pas l'adolescent maladroit aux jambes et aux bras trop longs qu'il était, mais à chaque fois qu'Harry se voyait dans un miroir, il ne pouvait pas la croire. Et regarder Severus n'aidait pas. Cependant… eh bien, Hermione lui avait dit une fois, l'année dernière, que Severus était beau. Et il avait vu plusieurs photos de son père et, eh bien… il n'avait pas été beau, mais il n'avait pas non plus été effroyable.
« Vous devrez rester ici aujourd'hui et ce soir. Essayer de vous reposer, M. Snape. » dit finalement l'infirmière, avant de laisser Harry seul. Mais il ne put pas apprécier le silence pendant longtemps.
« Harry, comment vas-tu ? » la voix du directeur était inquiète et chaleureuse.
Harry haussa simplement les épaules. « Mieux, je pense. Qui m'a amené ici ? » demanda-t-il.
« Severus. »
« Oh. » Ainsi, il avait eu raison.
« Il semblait plutôt agité. »
Harry eut un sourire moqueur et sarcastique. « Agité ? Je n'ai jamais pensé que le Sort des Noblestone pouvait causer des sentiments comme l'agitation. »
« Le Sort des Noblestone ? » Dumbledore semblait véritablement étonné.
Harry leva les yeux au ciel.
« Avez-vous pensé qu'il m'avait apporté ici à cause de la bonté du son propre cœur ? » il ne put empêcher ses mots d'être durs et amers. « Alors, je regrette de vous informer que votre professeur de Potions, Severus Snape, a agi seulement à cause d'un sort qui l'a forcé à me sauver la vie. Même s'il n'en était pas conscient. »
« Harry, je ne te suis pas. »
Harry effaça le rictus de son visage.
« Je l'ai lu dans le journal de mon père. Il a écrit qu'il y a un sort sur les membres de la famille Noblestone. Ceux qui sont reliés par le sang ne peuvent pas se nuire. »
« Ne pas se nuire n'est pas le même que sauver, Harry. »
« Connaissant Saevus, je suis tout à fait sûr que ce charme est plus à propos de sauver la famille, que de les empêcher de se blesser. »
Les yeux de Dumbledore scintillèrent.
« Donc, tu penses que ce charme est lié à Saevus ? »
« Non. » Harry secoua la tête. « Peut-être que ce n'est pas lui qui l'a créé, mais il est mort en protégeant sa famille. Et protéger est bien plus que simplement 'ne pas nuire', M le Directeur. »
« Je peux voir ce que tu veux dire, Harry. Mais, et si Saevus avait protégé sa famille juste parce qu'il les aimait ? »
Pendant un court instant, Harry fut surpris.
« Voulez-vous dire qu'il m'apprécie ? »
« Toi ? » Dumbledore fronça les sourcils. « Harry, parfois, j'ai le sentiment que nous parlons des langues différentes. »
Harry relâcha un léger rire.
« Saevus a aidé un bon nombre de gens à me sauver l'année dernière. Il a même aidé Remus et un groupe de Gryffondors. Pensez-vous que le Baron Sanglant serait assez fou de moi pour sauver ma peau s'il n'était pas sous le Sort des Noblestone ? »
Dumbledore sourit sous sa barbe.
« Demande-lui. Mais je pense qu'il t'apprécie juste comme il appréciait ton père et Severus… »
« Mais Severus ne m'aime pas. » protesta Harry. « Donc, ça doit être le sort qui l'a incité à me sauver. »
« Peut-être, je ne sais pas. Tu dois lui demander aussi. Il projette se passer te voir aujourd'hui. »
Harry devint horrifié.
« Non. Je ne veux pas le voir. »
« Tu le dois, Harry. » le vieil homme lui lança un regard sympathique. « Même si c'est dur… »
« Je ne pense pas que je le doive, M le Directeur. » dit Harry d'une voix blanche. « Ce n'est pas moi qui ait coupé tous les liens entre nous… »
« Et maintenant, ce n'est pas toi qui essaye de corriger ses erreurs. »
Harry ne répondit pas, détournant juste le visage, montrant qu'il ne voulait plus parler de cela. Le Directeur comprit le message non-prononcé et laissa tomber le sujet.
« Harry ? » Padma se tenait dans la porte de l'Infirmerie. « Est-ce que je peux entrer ? »
Harry acquiesça, incertain, clairement conscient de son cou et de ses bras exposés : son pyjama n'était ni un col roulé, ni à manches longues, et il essaya de se glisser sous sa couverture le plus vite possible. La jeune fille pénétra dans la pièce d'un air hésitant.
« Je t'ai apporté tes devoirs et mes notes. » dit-elle.
« Merci. » coassa Harry avec embarras, ne sachant pas quoi dire. « Et… comment étaient les cours aujourd'hui? »
« Pas trop mal. » répondit-elle. « Comme toujours. »
Ils restèrent assis en silence pendant un moment.
« McGonagall a donné un autre sujet d'essai. » dit-elle soudainement en tirant un parchemin de son sac. « Là, regarde. »
Ils se penchèrent sur le parchemin.
« Et elle a répété que quiconque n'était pas dans un état physique approprié ne pourrait pas continuer le programme. » elle regarda tristement Harry. « J'ai peur qu'elle ait pensé à toi. »
Harry ferma les yeux et acquiesça.
« Oui, elle m'a déjà prévenu… Mais je suivrai néanmoins ces cours. » dit-il fermement.
« S'ils te laissent faire. » le corrigea Padma, mais Harry lui répliqua d'un ton cassant.
« Je ne leur demanderai pas. J'irai plutôt voir le Directeur. »
Ils se regardèrent fixement et intensément, Harry avec un peu de colère, Padma avec beaucoup d'agacement, et la tension commença à monter entre eux, mais alors, la porte grinça et ils levèrent brusquement leurs têtes vers l'entrée.
« Harry ! » Hermione courut vers son lit et l'étreignit avant qu'il puisse seulement bouger. « Oh, Harry, je suis tellement désolée. » chuchota-t-elle dans ses cheveux.
Harry rougit et il put voir l'expression confuse de Padma à la démonstration d'affection d'Hermione.
« C'est bon. » il essaya de se libérer de l'étreinte, mais il échoua. « Laisse-moi, Hermione. Tu me fais mal. »
« Oh, désolée. » la jeune fille sembla effrayée et le relâcha rapidement. « J'ai eu tellement peur quand j'ai entendu ce qui c'était passé… »
« Qui te l'a dit ? » demanda sombrement Harry.
« Nick Quasi-Sans-Tête. Il m'a dit que le Baron Sanglant t'avait trouvé dans la bibliothèque et que tu étais… »
« Stop » Harry mit une main sur le bras d'Hermione. « Je ne veux pas en parler. »
Hermione remarqua seulement à ce moment-là la compagne d'Harry. Les deux filles se regardèrent fixement, plutôt mal à l'aise.
« Oh, salut, Padma, » Hermione la salua doucement.
« Bonjour. » répondit froidement la Serdaigle. Harry ne savait ce qui allait se passer le moment suivant entre les deux jeunes filles, mais l'arrivée d'autres personnes résolut heureusement le problème. Ares, Neville et Ron entrèrent dans l'Infirmerie.
En un instant, l'infirmerie rappelait plus à Harry le quai plein de monde de King's Cross qu'une Infirmerie, et alors que le temps passait, les effets des anti-douleurs commençaient à disparaître.
Harry ne se rappelait pas d'avoir jamais été aussi heureux de voir l'infirmière qu'il l'était maintenant. La sévère femme parvint à renvoyer tout le monde avec quelques dures paroles, mais après cela, elle disparut dans son bureau et Harry ne voulut pas crier pour avoir un anti-douleur. Il pouvait supporter cette douleur de toute façon. Il ralentit sa respiration, inspira profondément et relâcha lentement l'air, se concentrant difficilement sur sa respiration, rien d'autre. Mais la douleur ne voulait pas diminuer. Au contraire, après un moment, tout son corps était prit de convulsions, sur le rythme de ses battements de cœur. Son corps se tendit, et son dos s'arqua de douleur. Après un moment, il ne put plus prêter attention à son environnement, tellement la douleur l'enveloppait.
Puis, une main apaisante toucha son front et il sentit une légère pression fraîche sur ses lèvres : une fiole. Il ouvrit la bouche avec obéissance et avala le liquide. Presque immédiatement, le brouillard de la douleur disparut de son esprit, et ses yeux s'éclaircirent.
C'était Severus, qui tenait toujours sa tête. Juste après que l'homme ait vu Harry ouvrir les yeux, il baissa la tête sur l'oreiller.
« Merci. » murmura Harry. L'homme ne répondit pas, tournant juste les yeux vers le sol.
« Je suis venu pour m'excuser. » dit-il soudainement, surprenant Harry qui répondit sans réfléchir
« Pourquoi ? »
Un court silence.
« Je vous ai blessé. Votre bras… »
« Merci, il va très bien maintenant. » dit rapidement Harry.
« J'aurais dû être plus prévenant. »
« Mais vous ne l'avez pas été. » la réponse d'Harry fut prompte et froide.
« Je ne l'ai pas été. » l'homme semblait vraiment mal à l'aise, mais Harry ne se précipita pas pour l'aider.
« Pourquoi êtes-vous venu pour vous excuser ? » demanda-t-il à la place.
« Je… » Severus commença à inspirer profondément, comme s'il se préparait à un long discours, mais il ne continua pas. « Je ne sais pas. » murmura-t-il finalement.
« Pourquoi m'avez-vous sauvé hier ? » Harry continua l'interrogatoire.
Cette question pris apparemment Severus plus au dépourvu que la précédente.
« L'horloge sur le mur m'a montré que vous étiez en danger mortel… »
« Et ? » Harry maintint sa voix froide et sans émotion. C'était la preuve de la raison de l'action de Severus. Le foutu sort, rien d'autre.
« J'ai demandé à Saevus, parce que je sais qu'il vous apprécie » au moins, Dumbledore avait raison sur une chose, pensa Harry, « et je vous ai vu mourant… »
« Je n'étais pas mourant. » la voix était à peine plus forte qu'un murmure. « J'ai survécu à ce genre de torture plus d'une fois. »
« Oui, Poppy me l'a dit. » approuva Severus et leurs yeux se fixèrent.
« Je vois. » Harry ne savait pas quoi penser, donc il choisit de rester silencieux. Si Severus voulait quelque chose, il pouvait ouvrir la bouche et le demander.
Ce fut l'homme qui détourna finalement le regard.
« Je voulais aussi m'excuser au sujet de votre Pensine. »
Harry sursauta à la mention de sa cuvette en pierre. Puis, il haussa les épaules.
« Pas besoin. C'était un cadeau de ma Société de toute façon. » il se moquait du fait que sa voix ressemble à celle d'une célébrité pourrie-gâtée. La mention de ce soir-là faisait toujours suffisamment bouillir son sang pour qu'il ressente de la haine envers cet homme.
« Eh bien, et je voulais demander si je… » il s'arrêta.
« Si vous… ? » demanda Harry d'un ton mordant.
« Si j'avais toujours une chance de regarder dans vos souvenirs. »
Harry pâlit de fureur.
« Alors, C'EST la raison pour laquelle vous êtes ici. C'EST la raison pour laquelle vous ressentez le besoin de vous excuser ! » hurla-t-il, furieux.
« Non, Je… »
« STOP ! » la voix d'Harry devint encore plus forte, mais il se calma soudainement. « Non, professeur. » il secoua la tête avec détermination. « Vous n'aurez jamais la chance de regarder mes souvenirs. » il leva la main pour faire taire l'homme. « Mais je vais vous dire quelque chose, parce que je ne veux pas que vous restiez ignorant sur ce sujet important. Savez-vous pourquoi vous m'avez sauvé ? Juste à cause d'un stupide sort qu'un Noblestone a lancé sur sa famille pour qu'ils se protégent mutuellement ! Savez-vous que ce n'est pas vous qui m'avez protégé hier, mais un sort ! Donc, je n'ai pas à vous remercier, et je ne veux plus rien avoir à faire avec vous. Vous avez joué toutes vos cartes, il y a des semaines, et je ne fais pas partie de ceux qui pardonnent toujours, vous me comprenez ? »
Un léger soupçon d'incertitude traversa le visage du Maître des Potions, mais il fut vite remplacé par une colère qui ressemblait à celle d'Harry.
« Qui pensez-vous être ? » beugla-t-il. « Vous n'avez aucun droit de me parler sur ce ton, et vous ne savez rien au sujet de mes raisons ! »
« Et je ne veux rien savoir sur elles ! » beugla Harry en retour. « Laissez-moi tranquille ! »
« Comme vous voulez. » siffla Severus en sortant de la salle d'un air furieux, ses robes tourbillonnant derrière lui.
Harry le regarda partir avec une haine pure.
« Le bâtard… » chuchota-t-il avant de s'effondrer de nouveau sur son oreiller.
Après trois jours passés à l'Infirmerie, Harry se sentait absolument bien et détendu, merci aux Potions de Sommeil Sans Rêve que l'infirmière lui avait donné sous une stricte surveillance. Cette pensée ne quittait pas son esprit, ainsi, dès qu'il eut fermé la porte de l'Infirmerie derrière lui, la première chose que fit Harry fut de se rendre à la bibliothèque. Potions Curatives. Un livre très épais et très lourd, mais il contiendrait tout ce dont Harry avait besoin en ce moment. Il n'eut pas à chercher longtemps.
Potion de Sommeil Sans Rêve, disait le texte.
Ingrédients : absinthe, peau de sangsue, bla, bla, bla…
Méthode de préparation, allez, Harry, pensa-t-il.
Utilisation et avertissements, c'était ça !
« … et il est très important de noter que l'utilisation de la Potion doit être supervisée par un Guérisseur certifié ou un aide médical afin d'éviter la dépendance… » Encore beaucoup d'idioties, puis, « … la dépendance dans son premier stade ne semble pas dangereuse. Le seul impact négatif est que l'utilisateur ne peut plus dormir sans son utilisation. Ce stade dure généralement trois ou quatre mois. Pendant les mois suivants, la dépendance devient plus évidente, même pour un étranger : changements d'humeur extrêmes au début, crises émotionnelles presque incontrôlables plus tard, et finalement la lente chute de la pensée logique. Ce dernier stade est incurable, alors que le premier et le second sont théoriquement guérissables, bien que le pourcentage de personnes soignées soit inférieur à 5 pour cent. »
Harry frissonna. Inférieur à 5 pour cent. Risqué, très risqué. Mais il avait besoin d'une solution finale, et il ne passerait pas son 18ème anniversaire, donc il ne vivrait pas pour voir l'échec de sa pensée logique.
Harry ne put s'empêcher de frissonner de nouveau. La mort semblait préférable à la lente chute de son esprit rationnel, mais que pouvait-il faire d'autre ? Il devait dormir s'il voulait participer aux futurs cours de Métamorphose, s'il voulait rester dans l'équipe de Quidditch, s'il voulait vivre - autant qu'il le pouvait, et pas seulement survivre. Avec une autre grimace, il rapprocha le livre de lui et recopia la recette sur un parchemin.
C'était ça. Et il n'utiliserait vraiment pas la potion tous les jours. Pas du tout. Juste quelques fois, quand le manque de sommeil deviendrait insupportable.
« Je suis heureuse de voir que tes notes sont de nouveau meilleures. » Hermione sourit à Harry quelques semaines plus tard, après une leçon d'Arithmancie, jetant un coup d'œil joyeux au dernier test de son ami. Optimal, comme aux bons vieux jours. « Comment as-tu fait ? Je veux dire, cette… résurrection. »
Harry haussa les épaules et essaya de ne pas avoir l'air coupable.
« Le professeur Noir m'a donné quelques bons conseils. » répondit-il avant de changer rapidement de sujet. « Je peux voir ton test ? »
« Bien sûr. » la fille tira son parchemin de son livre d'Arithmancie. « Tiens. »
Harry hoqueta presque de surprise quand il vit la note. E.
« Juste un E ? » il secoua la tête et regarda Hermione. « Tes notes se dégradent, ma chère. »
« Allez, Harry. » sourit Hermione, mais Harry put voir le côté forcé de son sourire. Elle n'était pas heureuse non plus. Se rappelant le sentiment qu'il avait ressentit quand tout le monde l'avait harcelé au sujet de ses notes, il ravala la taquinerie qu'il allait dire. Sans mentionner qu'il avait triché pendant deux semaines avec la Potion de Sommeil Sans-Rêve.
« Si tu veux, nous pouvons étudier à la bibliothèque. »
Hermione sembla hésitante, « Je ne sais pas si c'est une bonne idée, Quiet. »
« Pourquoi ? » Harry était vraiment surpris.
« Je ne veux pas blesser Ares. » dit-elle doucement. « Quand je… heu… t'ai étreint à l'Infirmerie, il était très bouleversé. Il n'a rien dit, mais je suis sûre qu'il pense que je sors avec lui juste parce que tu ne veux pas sortir avec moi… »
« Quoi ? » Harry ne put retenir un rire soudain. « Mais, Hermione, je ne suis pas amoureux de toi ! Tu peux lui dire et… »
« Tu ne comprends pas, Quiet ? » demanda Hermione d'une voix presque désespérée. « Il ne pense pas que tu es amoureux de moi ! Il pense que je suis amoureuse de toi ! »
« Mais tu ne l'es pas. » Harry secoua la tête, et il se sentit extrêmement stupide.
« Allez, Quiet ! » Hermione força un autre sourire. « Combien de fois as-tu déclaré que tu ne sortirais pas avec moi, même si j'étais la seule fille du monde ? »
« Laisse-moi réfléchir. » Harry sourit, mais il était toujours surpris. « Au moins dix fois. »
« Tu vois. Et je ne suis pas stupide au point qu'après dix refus, je voudrais sortir avec toi ! »
Le sourire d'Harry s'élargit.
« Donc, ça veut dire que tu voulais sortir avec moi ! » dit-il triomphalement.
« Stupide bâtard. » Hermione leva les yeux au ciel.
«Fille idiote. » Harry la regarda affectueusement. « Alors ? Etudes communes ? »
« Non. »
« Je parlerai à Ares. »
« Je te tuerai si tu le fais. »
Harry abandonna.
« Bien, alors. » et il ne put s'empêcher de se sentir abandonné. En réalité, il avait prévu depuis des jours de demander à Hermione d'étudier ensemble, son nouveau test avait juste été une excuse, et elle refusait même de… de passer du temps avec lui. Il y avait seulement deux personnes qui montraient un peu d'envie d'être avec lui, l'une d'elles était Ron - il avait de nombreuses fois délaissé sa petite-amie, juste pour être avec Harry, et souvent, ils venaient tous les deux à la table d'Harry à la bibliothèque, au malaise apparent et complet d'Hannah. Harry savait parfaitement que son malaise et sa légère aversion étaient la conséquence directe de la trahison de Leah et de la mort de Cedric, deux choses horribles qui étaient arrivées à la Maison de Poufsouffle, et beaucoup de ses membres le blâmait simplement. Et Hannah était une sorte d'amie de Leah aussi, ce qui ne rendait pas les choses plus faciles. Harry avait essayé de discuter avec Ron pour le persuader de passer son temps seul avec sa petite-amie, il était très bien seul, mais Ron n'avait pas écouté.
Et Harry ne savait pas s'il devait être soulagé ou agacé, car il ne savait toujours pas quoi penser ou comment se sentir au sujet de son ancien ami.
Son autre compagnon était Padma, qui était agréablement différente d'Erica, et elle était une excellente partenaire de travail, mais son but évident avec Harry l'effrayait et l'éloignait d'elle. D'ailleurs, dans son cas, Harry ne pouvait pas voir les raisons personnelles derrière ses actes qui conduisaient Erica. Son père était Ministre, non ? Elle n'avait pas besoin de plus de renommée, ni d'argent ?
Harry détestait être un adolescent, et souvent, il rêvait d'être adulte, installé, marié, avec enfants et pas obligé de choisir, de décider… Mais d'un autre côté, il était certain de ne jamais être adulte.
Et il y avait aussi le professeur Noir… Et sa nouvelle envie d'aider Harry, et lui, à la surprise et au soulagement de McGonagall et de Dumbledore, avait accepté son aide, et maintenant, ils travaillaient ensemble deux fois par semaine, pratiquant des techniques de défense de duel. Pendant ces cours individuels, la femme enseignait à Harry comment passer à travers différentes sortes de boucliers dans la pratique (à cause du danger de ces techniques, leur travail pendant les cours était la plupart du temps théorique, avec quelques petites parties pratiques) et comment réagir si quelqu'un traversait ses propres murs.
En réalité, Harry doutait de jamais utiliser ces techniques. Il savait qu'il ne pouvait pas détruire Voldemort dans un duel en utilisant un Sort de Mort s'il ne voulait pas devenir sombre comme l'était Tom Jedusor, mais il ne pouvait pas savoir s'il aurait besoin de ces techniques pour approcher Voldemort - et, surtout, il voulait travailler avec la femme plus âgée. Il aimait tout d'elle : sa méthode d'enseignement, sa grâce dans le duel, ses réactions rapides et son esprit pointu, et il aimait leurs conversations après leurs leçons, quand ils discutaient de l'heure précédente en buvant du thé. Leurs conversations n'étaient jamais personnelles, à aucun niveau, et Harry en était reconnaissant. Il y avait trop de personnes qui essayaient de résoudre les problèmes de sa vie, de toute façon.
« Professeur, je voudrais vous demander une faveur. » dit-il finalement après une séance d'entraînement, quand ils s'assirent pour boire le thé.
« Oui, M. Snape ? Si vous pensez à l'utilisation des Impardonnables dans… »
« Non. » Harry se hâta de l'interrompre. « C'est autre chose. Je… » il s'arrêta. Il n'était pas sûr que le professeur lui donnerait la permission. « J'ai besoin d'une autorisation signée d'un professeur pour faire des recherches dans la Réserve. »
Le visage de la femme changea soudainement de détendu à une expression surprise - effrayée ?
« Pourquoi avez-vous besoin de cette autorisation, M. Snape ? Je ne pense pas que vous devriez connaître plus de Magie Noire que vous le faites déjà. »
« Ce n'est pas à propos de Magie Noire, professeur. » Harry secoua la tête. « Tout n'est pas de la Magie Noire dans la Réserve, et je promets que je ne toucherai aucun livre sur ce sujet. »
« Alors, que voulez-vous chercher ? »
Harry déglutit.
« Heu… quelques recherches sur l'âme humaine, m'dame. » dit-il en se préparant au prochain 'pourquoi' et il ne savait pas comment y répondre. Mais il ne vint jamais.
« C'est toujours à propos de Seve- je veux dire, du professeur Snape, n'est-ce pas ? » demanda-t-elle doucement, et avec une telle chaleur que le cœur d'Harry se serra de douleur. Le professeur s'inquiétait pour lui, et maintenant, il allait lui mentir, parce qu'il ne voulait pas faire cette recherche à cause de Severus.
« Oui. » acquiesça-t-il, se détestant pour cela.
Il voulait se débarrasser de Voldemort. Le plus vite possible, avant que les premiers signes de dépendance à la potion ne deviennent visibles. Oui, la dépendance - Harry était absolument sûr que la dépendance était sur le point d'entrer dans sa première phase : il n'utilisait toujours pas la potion toutes les nuits, juste occasionnellement, deux-trois (-quatre) fois par semaine, mais maintenant, après trois semaines, il trouvait que dormir sans la potion était plutôt difficile. Sans mentionner qu'il n'avait jamais aimé les siestes d'après-midi, et qu'à chaque fois qu'il ne prenait pas la potion, il devait éviter de dormir pendant les heures les plus dangereuses de la nuit. Et c'était seulement une question de temps pour que Voldemort apprenne ses nouvelles méthodes de sommeil et ne l'attaque à un autre moment de la journée.
Et pourquoi cette recherche sur l'âme humaine ?
Parce que Voldemort était presque immortel. Et qu'Harry ne voulait pas qu'il vive pour toujours, même s'il parvenait à se sacrifier et à protéger le Monde contre lui. Toujours était une période trop longue, même avec un Voldemort impuissant. Et Harry avait décidé : il ne mourrait pas seul. Il entraînerait le Bâtard Suprême avec lui.
Severus ne savait pas quel était le problème avec lui, mais il ne pouvait pas s'empêcher d'avoir l'impression qu'il avait manqué ou oublié quelque chose, quelque chose… d'important. Ou était-il sur le point de le manquer ? C'était le deuxième jour de décembre et il était tellement agité… Il avait fait cours à ses élèves, et maintenant, il avait beaucoup de temps libre pour… pour quoi ?
Il détestait ce sentiment, et maintenant, celui-ci était plutôt familier. Ca devait avoir quelque chose à faire avec son Obliviation, encore. Il soupira, et tira sa cape du placard. Il allait faire une promenade : le temps était clair et ensoleillé, bien que très froid, le jour parfait pour marcher autour du château.
Apparemment, de nombreux étudiants pensaient la même chose, car le parc était plein d'enfants : jouant, riant, hurlant… et pour Severus, ça semblait inapproprié. Rire - ce jour-là ? Il eut un rictus de colère et, se tournant soudainement, se dirigea vers Pré-au-Lard. Même si ce n'était pas très sûr. Il voulait… il ne savait pas ce qu'il voulait. Ses jambes le portaient et, dans une étrange transe, il les laissa, pensant au garçon, Quietus, et à sa froideur et à son rejet. Il était vrai que Severus ne l'aimait pas, mais son rejet était néanmoins douloureux, et le fait qu'il pense que Severus l'ait sauvé seulement à cause d'un stupide sort de famille était complètement ridicule. L'était-ce ? Cette question n'avait pas quitté Severus depuis des semaines. Peut-être que c'était une pensée étrange pour un bâtard comme lui, mais il n'aimait pas l'idée de sauver la peau du garçon juste parce qu'un sort l'y avait contraint.
Et le travail d'Avery sur tout le corps mince… et le sentiment familier alors qu'il soulevait le garçon dans ses bras… ses paroles avaient semblé si familières… Il ne pouvait pas être véritablement fâché contre lui après cela. Oui, ils avaient eu cette dispute à l'Infirmerie le jour suivant, mais quelque part profondément à l'intérieur de lui, il savait que le garçon avait eu raison.
Ses pas ralentirent et il se laissa se rappeler. La première fois qu'il avait vu le garçon à St Mangouste - Quietus l'avait baigné, et lui avait rendu visite dès que les guérisseurs l'avaient laissé le faire, le garçon n'avait jamais protesté contre son traitement, il avait même proposé de laisser Severus lui lancer un Sort d'Identification, et à ce moment-là, Severus comprit que le garçon avait voulu qu'il sache… et plus tard sa confiance, Quietus lui avait toujours fait confiance, bien qu'il sache que Severus ait été un Mangemort…
Et depuis cet ignoble cours de Potions… l'homme sentait son sang se geler dans ses veines. Pourquoi n'avait-il pas pensé aux semaines précédentes de travail, de vie ensemble ? Pourquoi sa première émotion avait-elle été de la haine envers lui ? Juste parce qu'il avait été Potter ? Ou bien, pas la première émotion, parce qu'il avait été choqué, mais il avait eu des semaines pour bien réfléchir, pour digérer - et pour se rappeler ce garçon, à l'hôpital, dans son laboratoire, dans ses quartiers…
Il ne remarqua presque pas le moment où ses jambes s'arrêtèrent.
Il leva les yeux, et il ne sut vraiment pas comment il put éviter la crise cardiaque.
Il se tenait devant une vieille pierre tombale usée.
Quietus Snape.
Il tomba à genoux et la panique le prit.
Le garçon ?
Il ne pouvait pas respirer. Il ne pourrait pas penser.
Il eut besoin de plus de dix minutes pour regagner son bon sens et pour lire la ligne suivante.
1960-1979.
Il était agenouillé devant la tombe de son frère.
Le jour suivant, il était toujours sous le choc. Il ne se souvenait pas de ce qu'il avait fait pendant ses leçons, il était si absent que Minerva dut lui rappeler la réunion de l'après-midi. Il sentait encore ce sentiment étrange absolument inconnu : comme si quelqu'un le tenait, il sentait une chaleur interne, quelque chose de distant et de suffocant et de douloureux, oui, douloureux, parce qu'il était conscient que ce sentiment le liait à une personne qui était morte il y a longtemps.
Personne ne lui avait jamais vraiment parlé de son frère et de leurs rapports, même si Dumbledore avait laissé entendre qu'ils étaient très proches, mais avant hier après-midi, c'était un simple fait ou un récit d'enfance : lui, proche de quelqu'un ? Mais juste après qu'il soit revenu du cimetière, il avait cherché la vieille boîte qui contenait ses photos, et pour la première fois depuis qu'il avait regagné conscience à St Mangouste, il l'avait ouverte.
Et il y avait eu toutes les personnes dont il ne pouvait pas vraiment se souvenir : sa mère, son père et lui. Il ne s'était pas souvenu de lui avant, mais il l'avait immédiatement reconnu. Ses mains avaient tremblé en tenant les photos, l'une après l'autre… puis d'autres photos étaient venues, des photos dont il ne se souvenait pas : Quietus et James Potter, Quietus et la famille Potter, Quietus et Lily Evans et finalement Quietus et lui, assis près du lac, riants.
Et leurs parents l'avaient vendu à Voldemort, et tous ces espoirs, ce bonheur, ce rire insouciant avaient été réduits à néant, et une seule chose était restée derrière : une vieille stèle pleine de crevasses et une inscription creuse avec deux nombres.
Douleur et amertume avaient fui ses pensées, son cœur, et même s'il ne se remémorait rien de son frère, il savait qu'il se cachait quelque part dans ses souvenirs calcinés, et il était familier, complètement et affreusement familier.
Quietus Snape. Maintenant, juste quelques os dans le sol froid. Et il ne le rencontrerait plus jamais.
« …et je ne peux pas être d'accord avec nos jeunes collègues. Cette partie de la bibliothèque a été interdite pour une bonne raison. Je ne vois pas pourquoi nous devrions autoriser un élève à avoir un accès libre à ce secteur. C'est très, très dangereux », Madame Pince inspira fortement.
« Harry ne veut pas étudier la magie noire », expliqua Armenia avec un léger agacement. « Je vous l'ai dit, et si vous voulez, nous pouvons poser un charme sur les livres de magie noire pour ne pas qu'il puisse les utiliser. »
« Tout ce qui est dangereux n'est pas forcément de la magie noire, professeur », les paroles du professeur Chourave surprirent presque tout le monde dans la salle. Severus ne pouvait pas se souvenir de la dernière fois qu'il avait entendu la femme donner son opinion en face du personnel, mais cela devait faire des années. « Et il y a une raison derrière chaque livre que nous plaçons dans la réserve. »
« Je le superviserai. »
« Un accès libre rendrait la supervision trop problématique, ma chère », répliqua avec colère Madame Pince.
« Je pense que nous pouvons faire confiance à M. Snape », une autre surprise : le professeur Binns avait décidé de se joindre à la discussion. « C'est un élève très respectable, intelligent et travailleur. »
Un court silence. Tout le monde avait besoin de temps pour récupérer du choc que le vieux fantôme leur avait causé avec deux choses : la première, il avait ouvert la bouche, la seconde, il savait de qui ils parlaient. Dumbledore sourit et McGonagall gloussa faiblement entre ses mains.
« Ce n'est pas une question de confiance », dit soudainement le professeur Sinistra. « Nous ne pouvons pas lui donner un accès libre. Ce ne serait pas juste vis-à-vis des autres élèves… »
« C'est notre meilleur élève, Silvia », McGonagall avait finalement terminé de glousser pour contredire sa collègue. « Il est Préfet en chef, et je pense qu'il a besoin de toute l'aide que nous pouvons lui donner dans le futur. »
Hagrid et Vector opinèrent à ces mots, mais Flitwick sauta sur ses pieds dans son fauteuil.
« Je suis désolé de vous contredire, Minerva, mais je ne suis pas d'accord. Je ne pense pas que M. Snape soit indigne de confiance, ou que lui donner libre accès serait une offense envers ses camarades, mais je peux voir qu'il est déjà surchargé avec ses classes avancées, et ses notes… »
« Ses notes ont augmenté le mois dernier, Filius », l'interrompit McGonagall, et le professeur Noir acquiesça vigoureusement.
« Eh bien, ce progrès soudain m'inquiète », Flitwick croisa les bras sur sa poitrine.
« Qu'est-ce que vous voulez dire ? » demanda la jeune femme.
« Ce n'est pas naturel. Il manigance quelque chose, parce qu'il veut vivre à la hauteur de vos attentes. Il… »
« Ridicule ! » le professeur de défense sauta sur ses pieds et se pencha en avant. « Je lui ai juste conseillé de changer ses heures de sommeil, c'est tout ! »
Le visage de Dumbledore s'assombrit, et même McGonagall gémit légèrement. Mais ensuite, Severus ouvrit sa bouche. « Je suis d'accord avec Filius, Silvia et les autres. Nous ne pouvons pas l'admettre librement dans la Réserve. En connaissant son histoire… »
« Son histoire, Severus ? » grogna McGonagall. « Quelle histoire ? »
« Tu sais de quoi je parle, Minerva. Le garçon est un fauteur de trouble. Il est toujours mêlé à des situations suspectes avec des gens suspects… » il s'arrêta. Le silence soudain dans la salle des professeurs le réduit au silence aussi. « Quoi… ? » demanda-t-il avec hésitation.
Dumbledore soupira.
« Ce garçon n'existe plus, Severus », il regarda ses collègues, « et je mets la question au vote. Pouvons-nous donner à Quietus Snape libre accès à la Réserve ou non ? Qui est pour ? »
Dumbledore, Noir, Vector, Hagrid, McGonagall et Binns levèrent leurs bras.
« Six voix. Contre ? »
Severus, Sinistra, Flitwick, Sprout, Pince.
« Cinq voix. Abstentions ? »
Trelawney et le professeur d'études des moldus.
« La question est résolue alors », Dumbledore décida et se rassit. « Quietus Snape peut utiliser la Réserve et… »
« En tant que le plus proche parent du garçon, je veux mettre un veto sur cette décision », Severus se leva.
« Vous n'avez aucun droit sur le garçon », le professeur de défense l'imita et se leva. Sa voix était un sifflement nerveux. « Vous l'avez rejeté. Il n'est plus votre parent légal. »
« Armenia a raison, Severus. Assieds-toi. » Les paroles du Directeur étaient sèches et définitives.
« Mais je… »
« Tu l'as rejeté officiellement. Tu n'as aucun droit de mettre notre décision sous veto. »
« J'alerterai Black, alors », ricana Severus.
« Tu peux, mais pour l'instant, assieds-toi », le ton impératif était indubitable. Severus s'affaissa dans sa chaise et s'enfouit le visage dans ses mains. Juste après que ses collègues aient commencé à sortir, il les baissa.
Il ne savait pas combien de temps il était resté assis là. Finalement, une tasse de thé fumante le sortit de ses pensées.
« Severus », lui dit à voix basse Dumbledore.
Il leva sa tête.
« Pourquoi voulez-vous tous qu'il meure ? » demanda-t-il soudainement au vieil homme.
Dumbledore haussa un sourcil de manière interrogative.
« Qu'est-ce que tu veux dire, Severus ? »
« Avec cette décision, vous le confortez dans l'idée qu'il doit sauver le monde sorcier, qu'il est responsable de l'élimination de Voldemort ».
« Je ne pense pas que cette décision le pousse dans cette direction. »
« Non, hein ? Pourquoi pensez-vous qu'il veuille cet accès ? Je ne sais pas à quoi il joue exactement, mais je sais qu'il prépare quelque chose. »
« Mais pourquoi est-ce que cela te dérange, Severus ? »
« Je ne sais pas. Mais je ne veux pas qu'il meure. Sort familial ou pas, je ne sais pas, mais je ne veux pas qu'il meure. »
Un silence long et compréhensif tomba sur la pièce. Ils sirotaient leur thé de temps en temps, mais aucun des deux ne voulait briser le silence. Quand un elfe de maison vint et offrit des biscuits, la conversation continua.
« Où étais-tu hier, Severus ? »
Un faible sourire apparut sur le visage du plus jeune.
« J'étais au cimetière de Pré au Lard. Je ne voulais pas aller là, mais j'errais juste et, à la fin, je me suis trouvé devant la tombe de mon frère. C'était si étrange… comme si mon corps savait comment je pouvais y aller, et quand j'étais là, je me suis senti comme s'il était là avec moi… »
« Hier était l'anniversaire de la mort de ton frère, Severus. Tu visites sa tombe chaque année ce jour-là. »
« Apparemment, certains de mes souvenirs ne sont pas parfaitement supprimés… » murmura amèrement le Maître des Potions. « Vous m'avez dit que nous étions très proche. C'est vrai, alors ? »
« Oui », acquiesça le Directeur. « Tu l'aimais plus que personne dans ta vie. A part Harry, après. »
Severus remua, mal à l'aise.
« Harry… » dit-il à voix basse. « Je ne sais pas pourquoi j'ai senti une telle haine à son égard… »
« Tu as senti ? » le vieil homme se pencha, curieux. « Cela veut dire que tu ne le déteste plus maintenant ? »
« Je ne le haïs pas, je ne peux pas le haïr, Albus. Je ne sais pas pourquoi, cependant. »
La tasse de thé tinta légèrement alors que Dumbledore la reposait sur sa soucoupe.
« Je pense que je peux répondre à ta question », dit-il soudainement.
« Quelle question ? » Severus semblait indifférent.
« Celle sur ta haine envers Harry », il regarda le plus jeune, qui acquiesça avec un intérêt mitigé. « Cela a commencé avec ta dispute avec James Potter et Sirius Black pendant ta première et seconde année. Quand Quietus est arrivé, pendant ta troisième année, ils pensèrent à se venger sur lui plutôt que sur toi, parce qu'il était plus jeune et absolument confiant. Ils lui ont joué ce tour avec la mandragore, qui l'a presque tué. Depuis, tu les détestes et je pense que le sauvetage de James Potter n'a pas aidé.
« Il sauvait la peau de ses amis ! » répliqua avec colère Severus. « Il n'a pas donné un sou pour ma vie, Albus ! »
« Je sais, Severus. Et quand Harry est arrivé ici, il était si similaire à James… » Dumbledore ne put continuer. Il laissa Severus réfléchir aux conséquences.
« J'ai haï le garçon à cause de James Potter. J'ai haï James Potter à cause de sa farce sur le frère que j'aimais. Et après, le garçon se trouva être mon neveu, le fils de la personne à laquelle je tenais le plus… » soudain ses yeux arrêtèrent de fixer le vide. « J'ai été un idiot de détester le garçon juste à cause de son père. Et j'étais un idiot de l'aimer juste à cause de son père à nouveau ! » cria-t-il et il tapa du poing sur son genou.
« Severus, tu n'aimais pas le garçon juste à cause de son père. D'abord, tu as appris à l'aimer en tant qu'Harry Potter. Le fait qu'il s'avère être ton neveu a été un plus. Tu l'as repris dans ta famille.. »
« Mais je ne l'aime plus ! Oui, je ne le déteste pas, mais je ne peux pas l'aimer ! Je ne le connais même pas, et je pense que j'ai réussi à le chasser aussi loin de moi que je pouvais. Il n'y a pas de chemin de retour, Albus. »
« Tu es sûr ? » à la surprise de Severus les yeux de Dumbledore n'étincelaient pas. Il semblait vieux et fatigué.
« Je lui ai parlé. Nous nous sommes battus, mais j'ai compris une chose. Mon seul moyen de le ravoir serait mon… affection. Mais la seule émotion que je ressens pour lui, c'est la culpabilité – pas une bonne base pour construire une relation ! »
« Essaye d'apprendre à le connaître, Severus. »
Le Maître des Potions lâcha un rire amer.
« Et comment pensez-vous que je puisse faire ça, Albus ? »
« Reprends-le dans ton cours de potions et offre lui du soutien pour les trois mois manqués. »
Le plan de Dumbledore semblait intéressant. Severus se leva et s'étira.
« J'essayerai, Albus », dit-il et il marcha dignement vers la porte. « Bonne nuit ».
Et un chapitre de plus, un!
La suite, bientôt sur vos écrans...
