Titre : Through the Walls
Auteur : enahma
Traductrices : Thamril et Méphisto
Disclaimer : Comme vous vous en doutez, rien ne nous appartient. Le monde d'Harry Potter est à J.K.Rowling et l'histoire à enahma.
Note : Pas de spoilers du tome 5.
Chapitre 16 - Le combat doit continuer
Harry ne voulait plus vivre, mais cette fois, son souhait était plus fort que jamais auparavant. Il était d'accord avec Hermione. Il était un bâtard répugnant, rien de moins. Il n'avait aucune excuse. Il ne méritait pas de vivre. Ces mots résonnaient en lui partout où il allait, quoi qu'il fasse. Il n'avait aucune excuse, il n'aurait pas de pardon.
Toujours sous l'effet des conversations précédentes, il ne pouvait simplement pas s'éloigner de l'endroit où Severus l'avait laissé : dans un couloir vide, appuyé contre le mur.
Rien n'était plus pareil, le cœur d'Harry se serra. Dumbledore était parti. Remus aussi. Et il… le froid bloqua sa gorge. Lentement, il commença à comprendre la différence entre sa responsabilité dans la mort de Cedric et de Fred et sa responsabilité dans l'événement de la nuit précédente. Ce dernier était entièrement, complètement, absolument de sa faute. Il n'avait aucune excuse. Tout avait l'air si différent. Pour la première fois dans sa vie, il se sentit perdu. C'était un sentiment pire que celui d'être embrassé par un Détraqueur. Il avait trahi quelqu'un qui lui avait fait confiance et l'avait aimé, qui avait toujours été là quand il avait besoin de quelqu'un sur qui s'appuyer.
Que s'était-il passé ? Et pourquoi ? Pourquoi l'avait-il attaquée ?
Une nouvelle fois, il essaya de reconstituer le puzzle de ces heures, pour comprendre, pour voir… Mais c'était si dur, et tout semblait trop brumeux et trop rapide, et il n'y avait rien, justes de courtes images.
Il savait seulement une chose : la nuit précédente, il avait voulu que quelqu'un soit là, pour le tenir, il avait eu peur de la nuit qui l'attendait, de l'insomnie et des courts moments de sommeil remplis de cauchemars, mais il n'avait pas voulu forcer la jeune fille à rester !
Et maintenant, elle ne voulait pas lui parler, et il pouvait parfaitement la comprendre.
Et même plus, il pouvait finalement comprendre Severus. Il se rappelait de leur dernier Noël ensemble, de l'histoire douloureuse de Severus à propos de son initiation comme Mangemort et ses paroles dures quand Harry lui avait demandé de l'appeler 'père'. 'Je ne mérite pas… !' Combien de fois l'homme l'avait-il répété ?
'Je ne mérite pas de vivre…' 'Je ne mérite pas d'être ton père…' 'Je ne mérite pas d'être aimé…' et ainsi de suite, sans fin. Harry avait toujours pensé qu'il avait compris Severus. Mais seulement maintenant, il pouvait voir que la compréhension possédait de nombreux niveaux différents.
Il ne méritait pas non plus de vivre. Il n'était pas meilleur que les gens qu'il méprisait : Malfoy et ses amis Mangemorts, ou ces hommes qui l'avaient torturé l'été dernier. Et plus que tout, il y avait l'irrévocabilité de tout.
Que s'était-il passé ?
Ca aurait été beaucoup plus facile s'il avait au moins pu se rappeler exactement de ce qui était arrivé. Le comportement d'Hermione lui avait suggéré quelque chose - le pire scénario possible, et ses souvenirs semblaient soutenir cet horrible soupçon, et la pensée de lui faisant cela à Hermione l'attaqua soudainement avec une telle force qu'il vomit.
Ce fut ainsi qu'Ares le trouva : agenouillé au-dessus de son vomi, les épaules secouées par les sanglots.
« Quietus ? » le garçon se rapprocha, hésitant, et s'accroupit à côté de lui. Une main douce toucha son épaule, et Harry sentit quelqu'un le soulever avec précaution. « Allez. Je vais te ramener dans ta chambre maintenant. »
Harry se sentait tellement faible qu'il ne put pas protester, et les sanglots l'empêchèrent de parler, de sorte que seules quelques courtes syllabes sortirent de sa bouche.
« Laisse… seul… mérite… »
Mais Ares le tint juste plus fermement et, après une rapide observation de l'état d'Harry, il traîna son ami dans une salle de classe vide.
« Rusard ne sera pas content de toi… » dit-il d'un ton espiègle, pensant à la saleté qu'ils laissaient dans le couloir. Mais, voyant la douleur d'Harry, il devint rapidement sérieux. « Que s'est-il passé ? »
Harry glissa contre le mur et remonta ses genoux vers sa poitrine.
« Laisse-moi seul, s'il te plait. » marmonna-t-il, la gorge sèche. « Je ne mérite pas ton attention. »
« N'importe quoi. » murmura Ares en s'asseyant à côté d'Harry. « Nous sommes terriblement inquiets pour toi, tu sais. »
Harry sentit qu'Ares ne partirait pas, et il décida donc de changer de sujet.
« Que s'est-il passé pour qu'ils me relâchent aussi rapidement ? »
« Beaucoup de choses. » sourit Ares. « D'abord les journaux ont dit que tu étais un complice du professeur Noir. Le jour suivant, il est apparut que le professeur Snape réclamait de nouveau ta garde, et beaucoup plus de personnes se sont tournées contre toi. C'était un moment vraiment mal choisi, en considérant son passé… Le Ministère a voulu l'arrêter aussi, mais alors, George est allé au Ministère et a témoigné de la tentative de professeur Snape pour les sauver, lui et son jumeau, dans l'attaque où Fred est mort, et l'ex-Ministre, Patil a présenté le témoignage que le professeur avait fait après que vous vous soyez échappés de la prison de Tu-Sais-Qui l'été passé. Mais, bien sûr, toutes ces nouvelles ont été publiées deux ou trois jours plus tard ou à peu près… Alors son cousin est venu et il a essayé de te libérer d'une façon ou d'une autre – d'ailleurs, cet Andrus est beaucoup plus sympathique que ton oncle - et lui et George ont eu l'idée d'utiliser les journaux contre le parti de Diggory. Puis, trois jours plus tard, le Chicaneur a publié une interview avec le professeur Snape à propos de votre captivité commune à Nightmare Manor, de sa captivité au Ministère et du traitement des Aurors et alors, à la surprise de tout le monde, tout l'enfer s'est déchaîné lâchement… » Ares sourit et Harry ne put réprimer sa curiosité.
« Qu'est-il arrivé ? »
Ares rit.
« Soudainement, un bon nombre de gens sont venus avec des histoires semblables à celle du professeur Snape et, en trois jours, le Ministère a ressemblé à une forteresse attaquée. Même la Gazette a commencé à remettre en cause leurs méthodes et tout le monde était préoccupé par ton bien-être. Et quelqu'un a émis l'idée que ton emprisonnement était juste une vengeance personnelle du Ministre sur toi et - et ça a été la plus grande surprise dans l'histoire – quelqu'un a proposé d'interroger Malfoy sur le sujet. Et Malfoy, manifestement furieux contre ses anciens amis Mangemorts qui ne l'avaient pas empêché de devenir un Cracmol à Liberty, a témoigné contre eux. Il a dit à la cour que Cedric avait été tué par Peter Pettigrew, et que tu avais toujours été le premier ennemi de Tu-Sais-Qui, et non son allié et des trucs comme ça. En voyant la confession de son ami, heu… mon père a fait la même chose. » Ares baissa la tête. Harry soupira et toucha son bras.
« Est-ce encore douloureux ? »
Ares acquiesça simplement.
« Cette guerre a rendu un trop grand nombre d'entre nous, les enfants, sans foyer. »
Les mots d'Ares rappelèrent encore Hermione à Harry, et le léger soulagement qu'il avait ressenti en écoutant le récit d'Ares disparut. Il se sentait malade et nauséeux. Ca faisait mal. Ca faisait trop mal pour être supporter.
Et la courte histoire n'aidait pas non plus. Sachant combien de personnes avaient voulu qu'il sorte, le considérant digne d'être libéré, s'inquiétant de son bien-être… Que Severus ait réclamé sa garde, et qu'il ait parlé à la presse de leur captivité… Mais Severus ne se souvenait pas de leur captivité ! Comment pouvait-il en parler alors ? Harry sentit une colère soudaine, mais il la réprima aussitôt. Il n'avait pas le droit d'être furieux contre son oncle. Il n'avait pas le droit d'être furieux contre qui que ce soit, excepté lui-même.
« Je voudrais que tout soit terminé. » murmura-t-il soudainement.
Ares le raccompagna à la salle commune. Juste après qu'ils se soient séparés, Harry se rappela qu'il ne savait toujours pas comment Hermione l'avait trouvé à Pré-au-lard la nuit précédente. Mais il n'osait pas demander à la jeune fille. Il avait peur qu'Hermione pense qu'il essayait d'échapper à la responsabilité de ce qu'il avait fait. Non. Il ne pouvait rien faire pour se réconcilier avec elle, seul lui donner du temps semblait un bon chemin à suivre.
Parce qu'il ne voulait pas mourir sans s'être excusé correctement. Il ne voulait pas mourir en sachant qu'Hermione le détestait. Hermione… A chaque fois qu'il pensait à la jeune fille, il ressentait une douleur distante dans sa poitrine, et la douleur, la douleur physique, à l'endroit où était son cœur.
Jusqu'à présent, il avait pensé que la douleur du cœur était une métaphore. Maintenant, il savait mieux.
Plus tard ce jour-là, McGonagall l'appela.
« M. Snape, vous m'avez déçue. La nuit dernière, quand vous avez été relâché par le Ministère et que vous avez remarqué que personne ne vous attendait, vous auriez dû nous contacter au lieu de disparaître comme vous l'avez fait. Le Ministère nous a informés de votre libération presque deux heures plus tard, probablement parce qu'ils voulaient éviter d'attirer l'attention. Et nous ne pouvions vous trouvez nulle part ! Severus est allé au Chemin de Traverse, Arthur Weasley vous a cherché au Ministère, ils ont même essayé le Magicobus, mais vous aviez disparu sans laisser de trace ! Que pensiez-vous être en train de faire avec Voldemort qui pouvait être n'importe où ? S'il vous avait attrapé, vous auriez pu mourir ! »
'Et ça aurait été bien mieux.' ajouta mentalement Harry. Mais il ne dit pas un mot.
« Miss Granger m'a dit qu'elle vous avait trouvé à Pré-au-lard et que vous étiez revenus ensemble. Mais c'était vers 4 heures du matin ! Qu'avez-vous fait pendant ce temps ? »
Harry soupira. Il désirait véritablement tout dire, mais il ne pouvait pas. Hermione le lui avait interdit.
« Elle m'a trouvé à la Tête du Sanglier. J'étais ivre. Ca a pris beaucoup de temps pour qu'elle me ramène à l'école. » dit-il à la place, et au moins, c'était vrai.
« Quoi ? » la tête de la Directrice se releva brusquement.
« Ce n'était pas sa faute, Mme la Directrice. Elle voulait juste aider… »
« Vous étiez ivre ? » l'interrompit-elle.
« Oui. » Harry baissa la tête avec honte.
La Directrice resta assise, sans voix. Harry n'osait pas bouger.
« Que vous ont-ils fait ? » demanda-t-elle finalement.
« Rien… ils m'ont juste interrogé. » Harry haussa les épaules.
La question suivante arriva : « Veritaserum ? » Harry acquiesça. « Tormenta ? » Après une courte hésitation, Harry opina de nouveau et ajouta rapidement :
« Seulement une fois, et c'était en partie de ma faute. Je les ai insultés. »
« Vous devez aller voir Madame Pomfresh. »
« Oui, m'dame. » répondit doucement Harry, mais la nouvelle tournure de leur conversation le rendait inconfortable. Il gesticula avec embarras. Mais soudainement, la tête du professeur Flitwick apparut dans la cheminée.
« Minerva, s'il te plait, viens un moment. C'est urgent. » dit-il et, le moment suivant, il disparut de la vue d'Harry.
« M. Snape, je reviens bientôt. Attendez-moi ici s'il vous plait. »
« Oui, m'dame. » dit de nouveau Harry avant de s'appuyer sur son dossier. Il avait un peu de temps pour penser à quelques excuses pour la Directrice et l'infirmière. Il ne voulait pas qu'elles sachent pour sa dépendance. Harry suspectait Andrus de savoir déjà, et peut-être avait-il partagé cette information avec son cousin, mais Severus ne le harcèlerait pas à ce sujet, c'était évident. Il voulait régler le problème de la dépendance seul. C'était sa faute, il devait la réparer - autant qu'elle pouvait l'être.
Mais les idées ne voulaient pas venir et la Directrice non plus, alors le regard d'Harry commença à se promener dans le bureau familier.
Tout semblait pareil, bien que Fumseck ne soit nulle part en vue. Mais les petits objets argentés étaient là, tintant doucement lorsqu'ils bougeaient – et, oui, le bureau était beaucoup plus rangé qu'à l'époque de Dumbledore. Harry sourit avec envie, amèrement. Si Dumbledore n'était pas mort, tout aurait été différent. Il ne serait pas devenu dépendant (parce que la poussée finale vers la dépendance avait été ces jours passés aux soins de Madame Pomfresh dans un état comateux, bien qu'elle n'ait pas su les précédentes méthodes de sommeil d'Harry, donc elle ne devait pas être blâmée pour cela), Patil serait resté Ministre et il n'y aurait pas eu d'accusations contre lui (et le professeur Noir), il n'aurait pas passé onze jours dans la prison du Ministère et, finalement, la nuit précédente ne se serait jamais produite.
Harry frissonna comme la douleur transperçait son cœur comme un poignard. C'était une guerre, en effet, une véritable guerre avec de véritables victimes, mais Harry ne pouvait plus se considérer comme une victime. Il n'avait pas été une victime. Il était faible, il avait laissé la faiblesse pénétrer sa vie, il n'avait pas lutté contre elle. Ca avait été sa faute. Ses mains tremblaient et il essaya sans succès de déglutir. La salive amère remplit sa bouche comme de l'acide.
« Harry ? » une voix extrêmement familière l'appela. Harry se figea. C'était impossible. Il… il était mort, non ? Comment pouvait-il l'appeler alors ? Mais la voix revint. « Harry ? »
Lentement, n'osant pas en croire ses oreilles, il se retourna.
Faisant face au bureau, il y avait un nouveau portrait sur le mur.
Dumbledore.
Harry se leva, mais il trébucha sur la table à café et tomba à genoux.
« M. le Directeur ? » demanda-t-il en s'étranglant et en sanglotant à la fois. « M. le Directeur… » il se jeta sur la petite table et appuya son front brûlant sur la surface douce.
« Rapproche-toi, Harry. » la voix distante et douce l'appela et Harry obéit, chancelant, le monde tournant autour de lui.
Harry se sentait extrêmement inconfortable. Il voulait aller vers le vieil homme et l'étreindre aussi étroitement que possible, mais comment pouvait-il étreindre un portrait ? Il croisa donc les bras sur sa poitrine comme s'il s'étreignait lui-même, et regarda le portrait. Il pouvait sentir les larmes courir librement sur ses joues et tomber sur le sol.
Le portrait était en larmes.
Harry n'avait jamais eu autant l'impression de ne pas mériter quelque chose dans sa vie. De ne pas mériter la douleur, la pitié, la compassion. Mais la question qui quitta sa bouche concernait un sujet tout autre.
« Pourquoi l'avez-vous laissé vous tuer, monsieur ? Pourquoi ? » il ne continua pas la question : ça aurait semblé égoïste de demander 'pourquoi m'avez-vous laissé seul', donc il se retint.
« Il y a une raison pour tout, Harry, mais parfois, tu n'es pas autorisé à la connaître. Je l'ai laissé faire, parce que mon temps était venu. C'était le moment où je devais prendre une décision, et j'ai décidé de partir. Plus tard, tu comprendras. »
Harry secoua désespérément la tête.
« Non. » s'étrangla-t-il. « Votre mort a tout détruit… » il dut s'accroupir, à cause de la douleur dans sa poitrine. « J'ai tout détruit… »
« Nous commettons tous des erreurs, Harry. » dit Dumbledore, doucement et d'un ton apaisant. « Personne n'est parfait. Nous sommes tous deux humains… »
« JE NE SUIS PAS HUMAIN ! » hurla Harry et les sanglots commencèrent à le secouer avec plus de force. « Je suis juste un bâtard répugnant, qui… qui a forcé une de ses amis à… à… » il ne put pas continuer. Il ne pouvait pas avouer à Dumbledore ce qu'il avait fait. Et que devait-il avouer de toute façon ? Il ne se souvenait pas de la nuit, à l'exception de quelques morceaux.
« Donne-lui du temps. » dit soudainement le vieil homme, mais Harry secoua juste la tête.
« Ce ne pas à propos de temps, M. le Directeur ! » il frappa sa propre cuisse avec son poing.
« Qu'as-tu fait, Harry ? » la question semblait étrange. Harry aurait pu jurer que le Directeur connaissait la réponse. Mais néanmoins, il lui demandait.
« Je me suis soûlé. Hermione m'a retrouvé, même si je ne sais pas elle comment elle a su où j'étais… » ses pensées s'égarèrent.
« Je lui ai dit. » dit simplement Dumbledore.
Harry leva la tête avec incrédulité.
« Vous ? »
« Elle est venue me poser des questions à ton sujet quand tu as été arrêté. »
« Vous ? » Harry répéta sa question précédente et il grimaça. Il avait l'air stupide.
« Après ma mort, ils ont accroché mes portraits un peu partout dans le pays. Je sais beaucoup de choses qui se sont passées récemment - et pas seulement à Poudlard. Et les portraits sont plutôt bavards quand tu trouves du temps pour eux. »
« Vous ! » répéta Harry, mais cette fois, ça sonna plus comme une accusation. « Ils… je veux dire, c'est grâce aux portraits que vous saviez tout ce qui se passait dans l'école… »
« Pas seulement dans l'école. » rit légèrement Dumbledore. « Et c'est la raison principale pour laquelle beaucoup de sorciers n'accrochent pas de tableaux dans leurs quartiers personnels. Au moins, pas des portraits sorciers. »
Mais entre temps, les pensées d'Harry étaient revenues à Hermione.
« Mais comment Hermione a-t-elle su… ? »
« C'est une jeune fille très intelligente, Harry. Elle a rapidement découvert qu'il devait y avoir un portrait de moi au Ministère de la Magie. Et elle avait raison, naturellement. J'ai un portrait au Ministère, dans le hall principal. Ainsi, je t'ai vu partir hier. Et puisqu'elle était tellement inquiète pour toi, elle ne pouvait pas vraiment dormir et passait ses nuits dans la salle commune. »
Harry s'effondra. Hermione avait été inquiète pour lui.
« C'est pourquoi j'ai pu la contacter quand je t'ai vu partir. Par Margaret. »
« Margaret ? » Harry fronça les sourcils.
Dumbledore rit de nouveau.
« Vous l'appelez 'la Grosse Dame' mais, Harry, tu ne penses pas que c'est vraiment son nom… »
« Oh… » Harry opina. « Je sais que Severus n'a aucun portrait dans ses quartiers. Et sa porte n'est pas non plus un portrait… »
« Et il en va de même pour les autres membres du personnel. Ils n'aiment pas l'idée d'être espionné… »
Harry ne put s'empêcher de sourire.
« Severus ne me l'a jamais dit… »
« Nous, les professeurs et les parents, avons tous besoin des informations des portraits de temps en temps… »
De nouveau, Harry se força à revenir sur le douloureux sujet d'Hermione.
« Donc, vous avez dit à Hermione que j'avais quitté le Ministère. »
« Oui. Elle a alerté le professeur McGonagall… et elle attendait. Mais après un moment, elle s'est inquiétée et a décidé de te chercher. Je ne pouvais pas l'arrêter. Mais je ne pouvais pas atteindre mes collègues. Ils étaient dehors, te cherchant ou dans les quartiers sans portrait de Minerva. Donc, je lui ai dit que tu étais à la Tête du Sanglier. Cependant, elle n'est pas allée voir Minerva… »
Harry pâlit.
« Elle savait que j'étais ivre. Et elle a décidé de ne pas le révéler aux professeurs… Elle voulait me protéger… » Harry appuya soudainement ses mains sur ses oreilles. Cette conversation était de plus en plus douloureuse. Trouver de plus en plus de preuves de l'inquiétude et de l'attention d'Hermione rendait la désolation d'Harry de plus en plus profonde. « Je l'ai forcée à coucher avec moi, M. le Directeur. » chuchota-t-il, la voix brisée.
« Donne-lui le temps de te dire ce qui s'est passé, Harry. »
« Ce n'est pas une question de temps. » protesta Harry. « C'est une question d'agression. »
« Voulais-tu la forcer ? »
Harry secoua la tête.
« Jamais. » Lorsqu'il réalisa ce qu'il avait dit, il se corrigea rapidement. « Au moins, je pensais que jamais… »
« Que voulais-tu lui faire, alors ? » demanda Dumbledore, et de nouveau, Harry sentit que le vieil homme connaissait la réponse. C'était un sentiment étrange, parce que lui, Harry, ne la connaissait pas.
« Je ne sais pas… » murmura-t-il. « Je voulais que quelqu'un me tienne, un peu… d'affection… Je voulais de la chaleur… une preuve que je vivais toujours… »
Il ne put pas continuer. Le feu dans la cheminée vrombit et McGonagall en sortit. Harry se retourna brusquement, embarrassé, se préparant pour la conversation qu'il devait encore avoir avec la sorcière sévère, mais comme un doux chuchotement, il put une nouvelle fois entendre la voix de Dumbledore. 'Donne-lui du temps, Harry…'
Les jours suivants furent un cauchemar. Tout le monde marchait sur des œufs autour de lui, exceptée Hermione qui l'ignorait complètement et refusait toutes les tentatives d'Harry pour lui parler. Cela causa une douleur horrible dans l'estomac d'Harry, et son état physique approcha de nouveau un point très dangereux, de sorte que Fletcher, le nouveau professeur de Métamorphose et le nouveau Directeur de Maison d'Harry, refusa de le laisser effectuer le travail de métamorphose, et il dut faire des recherches à la bibliothèque à la place, comme pour les cours de Défense de l'année dernière. D'abord, Harry fut indigné, mais après que Fletcher lui ait fait faire quelques métamorphoses de première année et qu'Harry se soit presque effondré devant toute la classe (tout le monde le regardait avec inquiétude, exceptée Hermione), il avait dû approuver son professeur.
Les Sortilèges étaient une sorte de magie beaucoup plus fine. Elle exigeait moins de physique, mais beaucoup plus de capacités mentales et Harry trouvait presque relaxant de jouer avec différents Charmes de Synchronisation. En réalité, ses futurs plans avec Voldemort étaient principalement centrés sur le Charme de Synchronisation, pas le Charme qu'ils apprenaient en classe, mais une version habilement modifiée du charme : après de nombreux essais infructueux, Harry avait réussi à combiner le Charme de Synchronisation avec le Charme de Localisation, ce qui signifiait qu'il pouvait envoyer n'importe quel objet à un moment défini dans l'avenir, à n'importe quel endroit. Mais pour Harry, ce n'était pas suffisant. Il voulait autre chose, quelque chose de complètement différent. Il voulait que sa baguette apparaisse dans sa main droite s'il disait le mot de code. La partie de la localisation était la plus facile : sa main, où qu'elle soit à un certain point de l'avenir était un endroit assez stable pour que la plume (il ne voulait pas faire l'essai avec sa baguette) réapparaisse. Mais le système de mot de code ne voulait pas fonctionner. Il avait fait disparaître treize plumes de cette façon, sans aucun signe, et plus tard, il imagina que toutes ces plumes pouvaient être au même endroit que le livre de Sortilèges de Ron - quelque part nulle part.
Les cours de Botanique étaient les autres qu'il avait dû abandonner. Il ne pouvait tout simplement pas travailler dans les jardins, et comme le printemps approchait, les classes commençaient le dur travail qui y était nécessaire.
L'autre classe difficile aurait été celle de Défense, mais Severus laissait Harry tranquille, lui donnant de temps en temps un travail supplémentaire sur lequel travailler. Leur relation en ce moment semblait hésitante et, la plupart du temps, neutre, bien qu'Harry ne pouvait pas ne pas apercevoir certains des regards inquiets de l'homme. Il se demandait ce qu'il se passait. Est-ce que Severus s'inquiétait ? Ou est-ce que toute l'agitation à propos de sa garde n'avait été qu'une autre intervention de ce foutu charme de famille ? Et son inquiétude le premier jour du retour d'Harry ? Tout était si foutrement difficile, et la haine de soi-même d'Harry à propos d'Hermione l'empêchait totalement de rechercher des réponses.
Et si Severus était disposé à le reprendre ? Il ne méritait pas d'être accepté. Il ne méritait pas de trouver de l'attention après ce qu'il avait fait, et la pensée qu'Hermione n'avait personne dans sa vie sur qui s'appuyer le rendait encore plus résolu à ne pas rechercher la compagnie de Severus. C'était une sorte d'autopunition tordue, mais Harry pensait que c'était seulement juste.
Il ne méritait pas d'inquiétude, de soin ou d'amour. Il méritait de mourir, aussitôt que possible, en accomplissant cette foutue prophétie, en mourant à côté de ce maudit reptile, Voldemort, qui était, après tout, l'origine de tous les supplices de la vie d'Harry.
L'Arithmancie et l'Histoire de la Magie étaient toujours correctes, mais toutes deux étaient en petit effectif, et la présence d'Hermione transformait chaque minute d'Harry en enfer.
Ron fut véritablement choqué quand il vit l'hostilité ouverte entre Harry et Hermione. Il fit quelques tentatives pour résoudre leurs différents, mais ses relations avec Hermione étaient toujours trop fragiles.
« Les filles. » dit-il une fois, après l'une de ses tentatives ratées, levant les yeux au ciel. « Elles ne savent pas ce qu'elles veulent. Une fois, elles sont folles de toi et tu ne peux aller nulle part sans elles, mais au moment suivant, elles te détestent pour un rien, et tu dois les encenser très longtemps pour regagner leur faveur… »
Harry ne put pas répondre, se contentant de déglutir difficilement et des vagues de haine envers lui-même frappèrent son cœur.
Et il se surprit de nombreuses fois à espionner Hermione, l'observant du coin de l'œil, admirant son calme, son expression disciplinée, ses mouvements gracieux et la pensée que cette fille avait autrefois été sa meilleure amie… Cette excellente personne, cette fille intelligente, aimable et douce, qui l'avait tenu tant de fois, qui s'était ouverte à lui, qui avait toujours été inquiète et là pour lui…
Hermione…
Padma avait presque frémi de joie quand elle les avait vus séparés. Mais le comportement froid d'Harry l'avait bientôt fait fuir et leur étrange relation s'était finalement terminée quand un septième année de Poufsouffle lui avait demandé de sortir avec lui.
Le changement d'Hermione envers Harry avait eu une autre conséquence. Ils étaient seulement six personnes en cours d'Histoire, donc quand Hermione avait arrêté de s'asseoir à côté de lui, Harry avait été abasourdi de se rendre compte qu'Erica avait pris sa place.
Mais à la surprise totale d'Harry, elle n'avait pas essayé de flirter ou de lui jeter des regards ambigus. Elle s'était comportée civilement. Absolument civilement. Et après un cours, quand Harry n'était pas parvenu à emballer ses livres assez rapidement pour disparaître avant qu'Erica ait la chance de lui parler, elle l'attrapa.
« Je veux m'excuser, Harry. » dit-elle. « J'étais extrêmement stupide. Une idiote. Et j'espère que nous pourrons être civils à l'avenir. Rien d'autre. Juste civils. »
Harry la regarda d'un air soupçonneux.
« A quoi joues-tu en ce moment ? »
Erica baissa la tête.
« Rien. Vraiment. Je… »
« Zabini s'est finalement débarrassé de toi ? » ne put s'empêcher de claquer Harry.
Pendant un moment, Erica sembla sur le point d'exploser, mais elle lutta jusqu'à ce qu'elle ait regagné assez de calme pour répondre civilement.
« Non. » dit-elle. « Je me suis débarrassé de lui. Je ne veux pas devenir un Mangemort. Tu-Sais-Qui a chassé ma famille presque depuis ma naissance. Il a tué mes grands-parents. Il a essayé de te tuer tant de fois… »
« Et à quoi est dû ce changement soudain ? » lui aboya ironiquement Harry. « As-tu lu les journaux ? Ton petit cœur s'est déchiré quand tu as vu ce que les méchants garçons m'ont fait ? »
La jeune fille secoua la tête, lentement, et quand elle regarda Harry dans les yeux, il put y voir la honte.
« Non… » coassa-t-elle d'une voix rauque. « Ils… Zabini, Crabbe et Goyle l'ont lu à haute voix dans la Salle Commune de Serpentard et ils se moquaient de toi et vous rabaissaient, toi et le professeur Snape, et ils affirmaient que Tu-Sais-Qui gagnerait et que vous mourriez tous… Et alors, j'ai compris ce que Millicent essayait de faire depuis des mois. Elle voulait arrêter. Et je voulais arrêter aussi. »
« Je vois. » chuchota Harry, puis il lui fit un demi-souriree. « Tu sais que nous sommes reliés ? »
L'enthousiasme illumina le visage de la jeune fille.
« Vraiment ? » ses yeux scintillaient d'excitation.
« Pas vraiment. » dit mystérieusement Harry. « Juste légalement. »
« Que veux-tu dire ? » elle fronça les sourcils avec embarras.
« Je suis le fils adoptif de James Potter. Ses parents étaient Harold Winston Potter et Armena Helen Knight. »
« Tu penses que… ? »
« Oui, je pense. Dans le monde sorcier, tout le monde est lié à tout le monde. Demande juste à ton père. »
« Ce n'est pas une relation trop étroite. » elle sourit et lui fit un clin d'œil. « Mon grand-père était le frère de la mère de l'homme qui t'a adopté… »
« Eh bien, c'est plutôt long à dire… »
Tous deux sourirent un peu.
« Je demanderai à papa. » dit-elle finalement en lançant son sac sur son dos. « Mais j'ai Runes Anciennes maintenant. A plus tard, Harry. »
« A plus tard, Erica. »
Harry détestait les longues nuits sans sommeil, mais sa décision était ferme : il ne prendrait plus jamais une gorgée de cette redoutable potion. Ca avait causé assez d'ennuis dans sa vie. Donc, il lisait et somnolait durant la nuit. Juste comme en prison. Mais alors que le temps passait, il devenait de plus en plus facile de supporter les symptômes secondaires de la privation, comme les changements d'humeur et la dépression. La partie la plus dure était le manque de sommeil et la faiblesse générale provoquée principalement par l'insomnie. La seule fois où il avait dormi avait été quand Hermione l'avait tenu cette nuit-là… Mais non, il n'était pas autorisé à se le rappeler, ça le tuait, le suffoquait et augmentait le nombre des démons de la nuit qui attaquaient Harry à chaque fois qu'il essayait de dormir.
Depuis décembre dernier, il n'avait eu aucune vision : ni la Potion de Sommeil Sans Rêve, ni les courtes siestes n'avaient donné à Voldemort assez de temps pour attaquer son esprit par leur lien. Harry était extraordinairement reconnaissant pour ce petit avantage : devoir gérer un monstre furieux et maléfique en plus de ses problèmes l'auraient sûrement tué.
Harry tira le livre plus près de lui et frotta ses yeux brûlants. Il était si fatigué… Il aurait tout donné ce qu'il avait pour une nuit complète de sommeil. Le livre échappa à sa prise. Soudain, la force quitta son corps. L'épuisement sembla enfin surmonter les stupides symptômes du manque. Harry se recroquevilla en position fœtale et serra son oreiller contre lui. Alors, sa chambre s'effaça lentement de sa conscience.
Harry ne sut pas combien d'heures il parvint à dormir, mais il se sentait bien plus fatigué qu'avant.
Et il n'était plus dans sa chambre.
Un autre endroit en pierre, froid et effrayant, avec des robes noires ondoyantes et d'écœurants masques blancs… Pendant un moment, il se gela. Ils l'avaient attrapé ! Mais bientôt, il remarqua qu'il avait une vision. Encore. Il gémit de déception et de fatigue.
« … mon serviteur à Poudlard m'amènera le garçon, le Ministère et ses Aurors feront ce que je veux qu'ils fassent et la guerre sera finalement terminée et je pourrais diriger le monde sorcier ! » Des hurlements et des exclamations suivirent le discours du monstre sombre. C'était tellement fort qu'Harry trembla de surprise. Et quand il leva les yeux, sa respiration se stoppa. Il se souvenait de la dernière fois où il avait rencontré l'assemblée générale des Mangemorts. Il y avait eu des centaines de serviteurs de Voldemort. Mais cette fois… La foule était trop grande pour pouvoir donner un nombre exact, mais l'évaluation d'Harry était d'environ d'un millier et demi… ou même plus… Et l'Ordre était maintenant de dix ou onze personnes ? Et les Aurors du Ministère étaient moins de deux cents, et si Voldemort avait dit la vérité il y a quelques minutes, ils ne combattraient pas contre lui… Mais Diggory… Voldemort avait tué son fils ! Et son bras droit, Mercury McGonagall - et son épouse… 'Mon serviteur à Poudlard…' et les vieux soupçons de Severus…
'Non' chuchota intérieurement Harry. Ca ne pouvait pas être vrai, il ne voulait pas que ce soit vrai !
Voldemort se préparait pour l'attaque finale.
Et s'il ne faisait pas quelque chose rapidement, rien ne resterait du monde sorcier qu'il avait connu et était venu à aimer…
« Non ! » cria-t-il avec angoisse.
Et la fête folle était juste sur le point de commencer. Des sorts et encore des sorts, et Voldemort se tourna d'un air jubilatoire vers l'homme se tenant à sa droite.
« Le garçon sera encore à toi, pour une dernière fois, Ceres. » l'homme acquiesça et Harry reconnu l'homme avec choc. C'était Avery. Avery, avec une femme apparemment enceinte à côté de lui, son bras lâchement enroulé autour de ses épaules.
« Vous ne serez pas déçu, mon seigneur. » dit-il.
Pendant un moment, Harry pensa que l'absence d'Avery durant les dernières visions de novembre pouvait avoir été due à son… épouse ou qui qu'elle soit, mais il fut frappé par un autre Doloris et perdit rapidement conscience.
La faiblesse avait aussi ses avantages.
Quand il se réveilla le matin, son premier sentiment fut le désespoir. Un désespoir absolu, total. Il ne savait plus à qui il pouvait faire confiance. Il savait qu'il devait parler à quelqu'un de sa vision, mais il était impuissant.
La personne la plus suspicieuse était bien sûr son ancienne Directrice de Maison.
Mais le seul qu'il savait parfaitement ne pas être un traître était Severus.
Ce n'était plus à propos d'aimer et de mériter. C'était à propos de perdre ou de gagner la guerre, Harry mit donc de côté sa haine de soi et toutes les autres rancunes qu'il avait contre son oncle et décida de lui parler.
Apparemment, décider était beaucoup plus simple qu'agir. Mais il le fit néanmoins. Il enfila une robe et se dirigea vers les cachots.
Quand il se tint devant la porte oh ! combien familière, il se sentit soudainement effrayé au-delà du possible. La dernière fois qu'il avait été ici, la dernière fois où il avait été dans les cachots, avait été quand Severus avait brisé sa Pensine et l'avait chassé. Les souvenirs douloureux le firent trembler. Puis, il leva la main et frappa.
En une minute, la porte s'ouvrit.
Severus se tenait droit et secoué à la porte. Son visage devint pâle et Harry put voir sa main trembler.
« Quietus ? » demanda-t-il, effrayé.
Harry déglutit.
« Je dois vous parler. » dit-il, bougeant ses pieds et jetant un rapide regard autour de lui. Severus se décala immédiatement sur le côté et le laissa entrer.
Quand la porte se ferma derrière lui, Harry paniqua presque. Il se sentait piégé dans cet endroit, l'endroit qui avait été son chez lui… Mais c'était un autre sujet, il n'avait pas le temps pour des choses aussi stupides que ses sentiments. S'étreignant étroitement, il laissa échapper : « J'ai eu une vision cette nuit. »
Severus acquiesça, puis soudainement, se tourna brusquement et sortit de la salle. Harry fut si surpris qu'il ne put pas bouger. Mais avant qu'il puisse penser à l'étrange comportement de Severus, l'homme était de retour avec une petite fiole dans la main.
« Venez, asseyez-vous. » il conduisit Harry vers le canapé et mit la fiole sur la table de salon. « Pour le contrecoup. » il désigna la minuscule bouteille.
Harry opina, mais ne la prit pas. Il ne méritait rien qui puisse soulager sa douleur physique. Severus sembla triste.
« Je ne l'ai pas empoisonnée. » murmura-t-il.
« Je sais. » dit Harry. « Mais je ne suis pas venu pour une potion. Je… j'ai encore vu Voldemort dans ma vision. »
« Mais vous pouvez néanmoins l'avoir. » insista Severus en ignorant les paroles d'Harry au sujet de Voldemort.
« Laissez-moi vous dire pour cette stupide vision, et je partirai immédiatement. » les mots de Harry étaient durs et Severus grimaça. Harry se sentit coupable. L'homme voulait juste aider. Et il n'avait pas le droit de lui parler avec autant d'arrogance. Il n'était pas bien placé pour parler à quelqu'un avec arrogance. « Désolé » Il inspira. « Je n'avais pas l'intention d'être si dur… »
Severus secoua la tête.
« Non… Vous avez tous les droits d'être dur. »
Il y eut un long silence. Ce fut Severus qui brisa la scène : d'un coup de baguette, il fit apparaître un petit déjeuner pour deux personnes.
« Quel était le sujet de la vision ? » demanda-t-il en étalant de la confiture sur son toast. Harry ne pouvait pas bouger. « Alors ? » Severus le regarda après un moment.
« Voldemort se prépare pour la bataille finale. Il a rassemblé plus de mille partisans. Il projette de m'enlever, encore, et il a dit que le Ministère serait de son coté… »
Severus pâlit et le toast glissa de sa main.
« T'enlever ? »
Harry haussa les épaules.
« Comme l'année dernière. Ou je ne sais pas. Il a un partisan dans l'école, comme vous le soupçonniez depuis des lustres, et il veut que cette personne m'emmène à lui. »
Severus sauta sur ses pieds.
« Non ! Je ne laisserai pas cela arriver ! »
Son soudain accès émotionnel prit Harry par surprise.
« Mais je le veux. Je veux que ce soit fini. Et quand je disparaîtrai, vous saurez que la bataille finale est sur le point de commencer », dit-il en suppliant presque.
« Mais il veut te tuer ! »
Harry rit amèrement quand il vit Severus faire les cent pas devant la cheminée.
« Oh, je le sais. Il veut me tuer, mais il n'y survivra pas. »
« Balivernes ! » cracha l'homme.
« Je crois en la prophétie que mon père a reçue. Jusqu'à aujourd'hui, tout s'est avéré vrai. Je suis celui qui doit vaincre Voldemort. Et il n'y a aucun espoir que je survive. Et je ne veux pas survivre non plus », la dernière phrase était juste un murmure.
La colère déforma le visage de Severus.
« Balivernes ! » cria-t-il furieusement. « Ne soit pas stupide ! Et le Ministère ? Qu'est-ce qu'a dit Voldemort ? Quand projettent-ils d'attaquer ? »
« Je suis désolé, je ne sais pas. Quand j'ai réalisé que j'étais dans la vision, le discours de Voldemort était presque terminé. J'ai juste surpris les dernières phrases, sur la corruption du Ministère et moi. Si je ne l'arrête pas, il va gagner ! »
Severus s'approcha, et Harry eut peur en voyant qu'il était furieux.
« Quietus, d'abord tu bois cette potion. MAINTENANT ! » Il poussa la fiole dans la main d'Harry. « Ou j'utiliserai la force », siffla-t-il d'un ton menaçant.
Le changement d'humeur soudain et inattendu de Severus fit boire la potion à Harry avant qu'il ne puisse protester. L'homme sourit ironiquement et acquiesça.
« Voilà. Et je veux te voir ici ce soir. Nous devons discuter de certaines choses. »
« Vous ne pouvez pas me donner des ordres ! » répliqua Harry.
« Tu es dépendant d'une fichue potion, Quietus ! » cria l'homme de façon véhémente. « Je peux te voir couler. Si nous ne prévoyons pas quelque chose, tu ne vivras pas pour voir le face-à-face avec Voldemort que tu souhaites ! »
Harry ouvrit la bouche pour protester, mais il la ferma. Objecter était inutile. Severus avait raison. Il avait besoin de force pour encaisser. Parce que pour accomplir son plan il devrait être conscient, parfaitement, absolument, pour vaincre le bâtard. Il regarda droit dons les yeux noirs de Severus, qui, encore, irradiaient d'inquiétude.
« Je serai là. »
La menace planante de l'attaque finale fit travailler Harry encore plus dur sur le Charme de Synchronisation modifié. Mais en trébuchant de leçon en leçon et en luttant contre la nausée de la culpabilité chaque fois qu'il voyait Hermione, il était plus qu'un petit peu dérouté à propos du soir.
Qu'est-ce que Severus allait lui faire ? Que projetait-il ?
Son affolement grandissait au fur et à mesure.
A la fin de la journée, il était suffocant. Il ne pouvait pas manger à cause de sa nervosité. Il n'alla même pas dans la Grande Salle. Son siège était trop proche de celui d'Hermione. Il s'allongea sur son lit et essaya de se calmer. Severus ne projetait rien contre lui. Severus voulait juste l'aider.
Mais il ne méritait aucune aide.
Il se haïssait. Il détestait le garçon laid et dégoûtant qu'il était devenu. Non, pas seulement son apparence. Il était entièrement dégoûtant. Il n'était peut-être même plus digne de mourir pour le monde sorcier. Parce qu'il n'était pas mieux que Voldemort. Il était mauvais. Il était…
Non ! Il ne pleurerait pas ! Il ne montrerait pas ses faiblesses en face de Severus ! Il ne méritait pas de compassion ou d'inquiétude, et un signe de larme pouvait provoquer de la sympathie.
Il prit un masque de pierre quand Severus le fit entrer plus tard.
La panique vint quand Severus ferma la porte, encore.
« Tu dormiras ici », dit l'homme avec résolution.
Il pâlit.
« Non ».
« Et tu dîneras. Avec moi. » Il poussa Harry sur le sofa et posa une assiette sur ses genoux. « Qui – Harry, tu as besoin de manger. Et je veux que tu passes la nuit ici, parce que tu as besoin de dormir aussi. Tu es sur le point de t'effondrer. La bataille finale arrive. Et où que tu sois quand elle arrivera, tu auras besoin de ta force. »
L'argument de Severus était parfait, Harry ne pouvait trouver aucune excuse. Mais cela semblait faux. Il semblait que Severus s'inquiétait et il ne méritait pas d'inquiétude.
Donc, il nia de la tête.
« Je ne peux pas le faire », murmura-t-il.
« Harry, s'il te plait… »
« Pourquoi est-ce que je suis Harry tout d'un coup ? » répliqua-t-il en entendant son prénom des lèvres de Severus pour la deuxième fois depuis des lustres.
« Je veux m'excuser, Harry. Pour tout ce que je t'ai fait depuis l'été. J'étais cruel, je ne pensais pas… »
« Pourquoi », l'interrompit le murmure d'Harry. « Pourquoi ? » cria-t-il avec douleur.
« Je ne sais pas, Harry », la voix de l'homme n'était pas plus forte que celle d'Harry. « Souvent, j'ai des sentiments étranges, je rêve de moi et de quelque d'autre dans un endroit froid et sombre, de la douleur, de la peur et après toutes ces images, il y a toujours toi – pas une image de toi, mais des sentiments… de l'inquiétude, de l'attention… » sa voix se brisa. « Je ne sais pas pourquoi, mais je m'intéresse à toi. Et en regardant tes combats, ta persistance… et tes notes me rendent toujours fier et… et… »
Les épaules d'Harry s'affaissèrent.
« Il n'y a pas besoin d'être fier de moi. Je ne suis pas la personne que vous pensez, monsieur. »
« Non, Harry. », les yeux de Severus étaient tristes « Tu es toujours la personne que j'ai appris à connaître cet été. Courageuse, gentille, soucieuse… »
« Non », gémit Harry. « Je ne le suis pas. Je ne le suis pas », répéta-t-il et la douleur devient trop forte. « JE NE LE SUIS PAS ! » cria-t-il et il enfouit son visage dans ses mains et hurla. « Je veux tout finir, je veux rentrer à la maison… je veux mourir… »
Des bras forts l'entourèrent et le serrèrent fermement.
« Tu es à la maison ici, Harry. Tu es ici, tu n'as pas à mourir, s'il te plaît, ne meurs pas… »
« Maman… » Harry marmonna le mot si étranger. « Maman, j'ai échoué… je ne mérite pas d'être ton fils… »
Des bras le bercèrent, et la paume de Severus frottait son dos de façon apaisante.
« Chut, Harry… »
« S'il vous plait, laissez-moi partir… » Harry sanglota dans les plis des robes de Severus. « Je ne mérite pas votre gentillesse… »
« Qu'est-ce qu'il s'est passé, Harry ? » La voix de Severus était si douce et inquiète…
« Je suis un traître… Un bâtard dégoûtant… Je ne mérite pas de vivre… » soudain, il enroula son bras autour de Severus et annonça. « Pourquoi est-ce que je ne peux pas revenir en arrière ? »
Il n'y eut pas de réponses, juste le resserrement de l'étreinte autour de lui.
Et il fut soulevé.
« Tu es trop maigre », murmura une voix, mais Harry s'en fichait. Son corps était mou, impuissant, mais il gémissait toujours.
« Pourquoi est-ce que je ne peux pas juste mourir ? Je ne veux pas continuer, j'ai peur, je ne veux pas sentir la douleur, mais je la mérite, un traître, rien, juste un traître dégoûtant, mais j'ai si peur… Il va encore me torturer, il va déchirer mon corps, il laissera encore Avery m'avoir, je vais mourir de douleur, mais j'ai peur. Je ne suis pas courageux, je ne suis pas gentil, j'ai trahi mon amie, je suis devenu un sale drogué, j'ai foutu en l'air ma vie et je ne suis pas autorisé à mourir. Je dois souffrir, mais j'ai peur, je ne veux pas mais je le mérite, et Avery va encore couper mes cicatrices, il va les ouvrir, il va jouer avec moi et je serai juste un ver de terre dégoûtant… » Le babillement d'Harry semblait sans fin, comme ses larmes.
Il avait peur. Mais il savait qu'il devait faire face à son destin, la punition qu'il méritait.
Et cela faisait tellement de bien de parler à Severus, même si l'homme ne pouvait pas comprendre ce qu'il disait exactement. Ce n'était pas important. Quelqu'un le tenait finalement, le berçait, et ses sanglots se calmèrent lentement, et sa respiration s'apaisa.
Seveurs attira à lui le garçon endormi. Il avait peur pour le garçon. Harry. Son neveu. Ce garçon.
Mais en le tenant et en sentant le rythme cardiaque du garçon ralentir, un pressentiment soudain le saisit à la gorge.
Il allait le perdre. Harry voulait mourir, et Harry mourrait.
Il se sentit comme si l'univers s'effondrait autour de lui.
La semaine prochaine, la grande révélation : qui est le traître? Nous attendons vos avis...
