Titre : Through the Walls
Auteur : enahma
Traductrices : Thamril et Méphisto
Disclaimer : Comme vous vous en doutez, rien ne nous appartient. Le monde d'Harry Potter est à J.K.Rowling et l'histoire à enahma.
Note : Pas de spoilers du tome 5.
Chapitre 17 - Où es-tu ?
Se réveiller fut une expérience plutôt étrange.
Tout d'abord, il eut l'impression d'avoir récupéré. Il n'y avait aucune douleur dans son corps, il n'y avait pas le brouillard habituel dans son esprit, sa respiration était facile et indolore, et la couverture autour de lui était chaude et douce.
Harry ne voulait pas ouvrir les yeux. Il était au paradis, ou du moins, il en avait l'impression et il s'étira donc luxueusement. Puis, il ouvrit les yeux. Il n'était pas dans son lit. Il était dans les quartiers de Severus, dans sa chambre et dans son lit - et dans sa chemise de nuit. Sa chemise de nuit grise, longue et laide. Harry gémit, faussement énervé, même si Severus ne pouvait pas l'entendre.
Pour la première fois depuis des mois, il se sentait bien. Il se sentait à la maison.
A la maison… Il sentit les souvenirs des jours précédents essayer d'entrer dans son esprit, mais il ne les laissa pas faire. A la place, il alla à la salle de bains et prit une longue douche régénératrice. Il utilisa la serviette duveteuse qui était préparée pour lui - il était sûr qu'elle était pour lui, elle était au-dessus de ses vêtements propres soigneusement pliés, et il se sécha. Avec un charme rapide que Severus lui avait enseigné, il se coupa les cheveux, et les sécha également. Quand il sortit finalement de la salle de bains, il ressemblait presque à une personne différente. Son visage était lisse, ses cheveux courts et non plus graisseux, et ses mouvements étaient plus légers. Severus eut un hoquet de surprise quand il entra dans le salon. Puis, l'homme sourit légèrement.
« Tu ressembles à ton… père. Je veux dire Quietus. » dit-il doucement.
Harry haussa un sourcil.
« Comment sais-tu… ? »
« Photos. » répondit succinctement Severus avant de désigner le canapé d'un geste de la main. « Prends un peu de thé et des toasts. Tu es trop mince. »
Harry déglutit.
« Tu m'as dit la même chose hier. » chuchota-t-il. Tous deux fixèrent leurs yeux sur leurs assiettes pendant un moment et Harry tendit la main pour prendre une tranche de pain. Il n'était pas qu'un peu surpris quand il entendit son estomac grogner de faim. Il put voir Severus sourire.
Harry se laissa apprécier le matin et ne laissa toujours pas ses pensées amères envahirent son esprit. Ils mangèrent en silence, mais Severus ouvrit soudainement la bouche : « Minerva a approuvé le fait que tu doives emménager avec moi. »
La fourchette tomba de la main d'Harry.
« Quoi ? » il le regarda.
« Nous avons eu une réunion hier après-midi. Tous les professeurs étaient préoccupés par ton état. Madame Pomfresh voulait te garder à l'Infirmerie pendant plusieurs semaines, jusqu'à ce que tu sois en meilleure forme. Elle nous a dit que c'était - et que c'est toujours - une question d'urgence. Après qu'elle t'a examiné il y a trois semaines, quand tu es revenu du Ministère, et que tu as refusé son aide, elle espérait que tu pourrais faire face seul. Mais apparemment, tu n'as pas pu. Elle nous a même avertis que tu pouvais finir à Ste Mangouste si nous n'intervenions pas à temps. Alors, j'ai proposé de m'occuper de toi jusqu'à ce que tu ailles mieux. »
« Je ne… » commença Harry, ennuyé, mais Severus ne le laissa pas termina sa phrase.
« Tu as deux choix. Soit tu emménages avec moi pendant quelques semaines et tu me laisses t'aider, soit tu vas à l'Infirmerie, et là, Poppy n'aura pas de pitié pour toi. » La dernière partie de la phrase fut dite sur un ton joueur, mais elle ne trompa pas Harry. Severus était totalement sérieux.
Harry ferma les yeux, et laissa finalement la pensée inconfortable entrer dans son esprit. Il ne savait pas quoi faire. Il ne voulait pas accepter l'offre de Severus de s'occuper de lui, mais rester dans l'Infirmerie serait vraiment mauvais. Son principal problème était l'insomnie et il avait peur que Madame Pomfresh utilise la Potion de Sommeil Sans Rêve - juste parce qu'ainsi, il irait mieux, naturellement - et ce serait un désastre. Plus de ce stupide breuvage. Il devait mourir bientôt, il le savait, Voldemort se préparait à la bataille finale, mais il voulait mourir en homme digne. Ou au moins, avec un esprit en bon état. Pas comme un faible drogué. Même s'il n'était pas mieux que ça.
D'un autre côté, Severus le traiterait apparemment avec gentillesse. Et il ne méritait pas de gentillesse. Il ne méritait pas d'être accepté. Mais comment pouvait-il demander à Severus de le détester à nouveau ? Une telle demande serait complètement ridicule. Et il ne pourrait pas expliquer pourquoi il voulait être évité. Etre laissé seul. Hermione lui avait interdit de le dire. Et agir froidement autour de Severus blesserait l'homme et il ne méritait pas d'être blessé.
Harry soupira. Le problème ne semblait pas avoir de bonne solution.
« Très bien. » dit-il finalement. « Mais je ne suis pas un petit garçon à gâter et à choyer. »
Severus sourit. Cela le rendit tellement semblable à son Severus des vieux jours que le cœur d'Harry commença à battre plus rapidement.
« Oh, on est adulte, maintenant, hein ? »
Harry ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel.
« J'aurai dix-sept ans cet été. » 'En théorie', ajouta-t-il intérieurement.
« En effet. » dit Severus en se levant. « Maintenant, il est temps d'aller en cours. Et puisque ton premier cours aujourd'hui sera Défense avec moi, nous pouvons y aller ensemble. »
« J'ai mes livres dans ma chambre. » Harry posa sa tasse de thé sur la table de salon. « Je dois aller les chercher. »
« Pas besoin. » Severus désigna son exemplaire, sur son bureau. « Tu peux utiliser le mien. J'espère que je n'en aurai pas besoin. Et après le cours, tu iras chercher tes affaires. Mundungus a dit que tu ne devais pas suivre tes cours de Métamorphose jusqu'à ce que tu sois en meilleur état physique. Maintenant, viens. » il mena Harry à la porte. « Appuie ton index sur le point. » ordonna-t-il. Quand Harry obéit, il murmura une incantation. Harry déglutit. Il était de nouveau admis dans les appartements de Severus - non, pas ceux de Severus, mais les leurs. L'homme aperçut l'expression qui passa sur son visage. « Bienvenue de nouveau, Harry. » il mit une main rassurante sur son épaule et la serra doucement. « Et encore désolé. »
Ils se regardèrent. A la surprise d'Harry, leurs yeux étaient presque au même niveau, il était moins de cinq centimètres plus petit que son oncle. Il sourit tristement.
« C'est bon. »
Alors qu'ils marchaient vers la salle de classe de Défense, Severus commença une discussion tranquille.
« Cette nuit, tu as eu deux visions, ou des cauchemars, je ne sais pas. »
Harry le regarda avec interrogation.
« Je ne me souviens pas. »
« Je t'ai réveillé. Mais, les deux fois, tu t'es rendormi peu après. »
Harry s'arrêta.
« Ca signifie que tu es resté éveillé toute la nuit. »
Severus lui fit signe de bouger.
« Ne t'arrête pas, je ne veux pas être en retard. Et non, je ne suis pas resté éveillé, j'ai assez dormi. »
Harry grogna, mais ne répondit pas. A la place, il changea de sujet.
« Pourquoi George ? »
« Excuse-moi ? » Severus semblait perdu. Harry eut un sourire en coin.
« Pourquoi as-tu choisi George comme ton… heu… remplaçant en Potions ? »
Severus haussa les épaules.
« Ce n'était pas entièrement mon idée. Après l'arrestation d'Armena, Minerva voulait quelqu'un digne de confiance pour assurer ses cours pendant qu'elle était en prison. Mais personne n'était assez sûr pour elle, donc elle m'a demandée de prendre en charge les classes de Défense. Je lui ai dit que j'avais un emploi du temps rempli et que je n'avais ni le temps, ni l'énergie d'enseigner deux matières. Alors Albus a suggéré de demander à George » il soupira en prononçant le nom du Directeur. « Tu sais, lui et son frère étaient brillants en Potions. Et Albus a dit que le garçon se noyait dans son chagrin depuis la mort de son jumeau. Et il était également suffisamment digne de confiance pour Minerva. Arthur était heureux quand je l'ai contacté. »
Soudain, une idée germa dans l'esprit d'Harry.
« As-tu interrogé le Directeur à propos du Gardien du Secret ? » demanda-t-il avec enthousiasme. « Nous devons lui demander ! »
Ils se tenaient maintenant devant la porte de la salle de classe, mais Severus ne l'ouvrit pas. A la place, il se tourna vers Harry et le regarda tristement.
« Un portrait magique porte l'essence de la personne qu'elle représente, mais ne porte pas tous ses souvenirs, juste dans une certaine mesure. Et même ceux-ci sont quelques rares souvenirs que la personne avait quand le portrait a été fait. »
« Mais… » bégaya Harry. « Mais je pensais qu'il était… qu'il me connaissait ! Qu'il m'aimait ! »
Severus soupira et une expression très triste apparut sur son visage.
« Le directeur t'aimait, Harry. Tu étais comme un fils ou un petit-fils pour lui. Et donc, quand le portrait a été fait l'année dernière, et que sa signature magique personnelle a été mise dessus, elle contenait beaucoup de toi : ses sentiments envers toi, son attention… Mais il ne se rappelle pas de toi comme le faisait l'homme vivant. »
« Alors il est comme toi. » chuchota Harry et les derniers restes de l'humeur insouciante du matin disparurent.
« Comme moi. » approuva Severus avant d'ouvrir la porte.
Puisque Severus était ferme sur le fait qu'Harry doive participer à tous les repas dans la Grande Salle et manger, Harry décida de s'asseoir à la table de Serpentard, à son ancienne place, parce qu'être face à Hermione aurait gâché son appétit. Il se sentait encore coupable à chaque fois qu'il la regardait et même lorsqu'il pensait à elle, alors il essayait d'éviter les situations qui pouvaient la lui rappeler. Il avait arrêté d'étudier à la bibliothèque, il y allait juste pour chercher les livres dont il avait besoin et se sauvait vers leurs quartiers qui étaient confortablement vides jusqu'à tard le soir, quand Severus revenait de ses dernières leçons ou retenues.
Leur relation n'était pas la même que celle qu'il y avait avant la perte de mémoire de Severus ; ils n'étaient pas aussi proches et aussi ouverts, mais c'était mieux qu'en août, et Harry se sentait souvent coupable à cause de cela. Hermione n'avait toujours personne sur qui s'appuyer… Cela pesait lourd sur son âme.
La dépendance à la potion avait également ses répercussions répugnantes qu'il devait supporter. Il avait toujours des problèmes pour garder la nourriture dans son estomac et il était souvent nauséeux et malade. Il suspectait que sa culpabilité ait aussi quelque chose à faire avec ça. Mais il essayait de cacher ces petites indispositions à Severus. Il avait toujours des changements d'humeur extrêmes, mais il essayait de garder le contrôle sur ceux-ci, quoique les regards de Severus dans sa direction lui disaient que l'homme savait parfaitement ce qui se passait avec Harry. Et le dernier effet, mais non le moindre, il y avait les problèmes de nuit : il ne pouvait cacher à Severus ni son insomnie, ni les cauchemars qu'il avait s'il parvenait à s'endormir.
A son grand soulagement, le Maître des Potions ne lui donna pas de potions de sommeil, ou aucune autre potion pour soulager son état. A la place, il le fit recommencer à jouer au Quidditch qu'Harry avait abandonné après les vacances de Noël. Harry était réticent au début, mais Severus était déterminé, et le sport régulier ramenait son appétit et l'aidait avec ses problèmes de sommeil, lui donnant une quantité respectable d'épuisement.
« Je suis heureux que le professeur Snape puisse t'aider. » lui dit un jour Ron, après un entraînement de Quidditch alors qu'ils quittaient les vestiaires et se dirigeaient d'un air fatigué vers le château. Harry sourit légèrement à la manière prudente et polie de Ron de mentionner Severus. Il y a un an, ça aurait été 'le bâtard graisseux' ou simplement 'Snape'. Il ne put s'empêcher de laisser échapper gaiement :
« Le professeur Snape, hein ? »
Ron rougit et baissa la tête.
« Ecoute, je… je voulais te dire quelque chose. Je… je pense que je ne t'ai pas dis toute la vérité. »
Ils s'arrêtèrent et Ron regarda Harry dans les yeux.
« Que s'est-il passé ? » Harry fronça les sourcils. Il ne voulait pas d'une autre séparation avec Ron.
« Je dois t'avouer quelque chose, Ha- Quietus… »
« Tu peux m'appeler Harry. C'est aussi mon nom. Et tu m'as déjà appelé Harry avant. »
« Je voulais juste te montrer que… que je ne voulais pas être ami avec toi juste parce que tu es Harry… »
« Je sais. » acquiesça Harry. « Je ne suis pas aussi stupide. »
Ron rougit.
« Bien sûr que non. » marmonna-t-il avant d'inspirer profondément. « Harry, quand tu as eu cette terrible vision et que tes cicatrices… Je veux dire… quand nous avons pénétré dans ta chambre, je… j'ai regardé dans ta Pensine. » il ferma les yeux. « Je voulais te le dire avant, mais je ne voulais pas perdre ton amitié… »
Harry eut un hoquet.
« Tu - quoi ? »
Ron déglutit.
« J'ai regardé dans ta Pensine. Et j'ai vu ce qui vous est arrivé, à toi et au professeur Snape… et moi. » il ajouta le dernier mot si doucement que sa voix était à peine plus forte qu'un murmure. « Je ne voulais pas t'espionner. Je… je voulais juste te comprendre… J'ai eu peur quand le professeur McGonagall et Hermione t'ont emmené, tout était plein de sang, et je me suis souvenu de quand je… je t'ai lancé des sorts à Pré-au-lard, et j'ai vu la Pensine » Entra temps, Ron s'était mis à trembler. « S'il te plait, pardonne-moi, je… je… » il ne put pas continuer.
Harry regarda Ron commencer à trembler, et le supplice de son ami le toucha si profondément qu'il ne put pas dire un mot. Mais il voulait le consoler, le calmer, donc il se rapprocha de lui et l'étreignit étroitement. Ron émit un bruit étrange, et après quelques instants, Harry se rendit compte que son ami pleurait.
« Je ne suis pas furieux contre toi, Ron. » murmura-t-il. « J'ai fait cette Pensine pour toi. Je voulais que tu vois, que tu comprennes… »
Ron tremblait maintenant complètement.
« Harry, ce que j'ai fait est impardonnable. Tu pourrais être mort. Et je ne l'ai pas compris pendant tellement longtemps… J'étais un idiot, un foutu idiot, j'étais cruel et pire que Tu-Sais-Qui. »
« C'est bon maintenant, Ron. » chuchota Harry. « C'est fini, tout est fini, je ne suis plus dans la prison de Voldemort, j'ai survécu à ta stupidité, nous sommes de nouveau amis, hein ? »
« Le sommes-nous ? » murmura Ron.
« Bien sûr, stupide bâtard. Nous sommes amis. » Harry relâcha Ron de son étreinte et lui sourit. « Et je suis heureux que tu ais regardé ces souvenirs. »
« Après que je les ai vus, je ne pouvais pas comprendre pourquoi tu m'avais pardonné. Tu es bien meilleur que je le serai jamais… »
Le sourire d'Harry s'attrista.
« Oh, ne penses pas ça, Ron. Je ne suis pas le sauveur lumineux que tu imagines. Même moi, j'ai fais des choses impardonnables. » sa voix s'affaiblit.
Ron secoua la tête.
« Je ne pense pas. Tu te blâmes toujours pour des choses que tu n'as jamais faites. Tu devrais arrêter. »
« Non ! » cria Harry impatiemment. « Juste parce que tu n'es pas au courant de ces choses ne signifie pas qu'elles n'existent pas ! »
Ron fut pris de court par l'accès de Harry, mais il acquiesça.
« Très bien. Tu le sais… » mais il était encore incertain. Harry décida de laisser tomber le sujet et recommença à marcher. Ron le suivit.
« Tu avais un air horrible après que tu ais été libéré du Ministère. Et après ces semaines… Est-ce que ta rupture avec Hermione t'a autant fait mal ? »
« Qu-quoi ? » La mâchoire d'Harry se décrocha. « Je ne suis jamais sorti avec Hermione ! »
Ron s'arrêta complètement.
« Tu – n'es pas ? Mais… mais tout le monde pensait que vous étiez ensemble ! Et toute la maison de Gryffondor est encore furieuse contre Hermione parce que nous pensions qu'elle avait cassé avec toi juste après que tu sois revenu du Ministère ! »
Harry pâlit.
« Non… nous avons eu quelques… heu… disputes et je… j'ai été très cruel avec elle, et elle m'a dit de ne plus jamais l'approcher. » il déglutit fortement. « Et elle a raison, Ron. Ce que… ce que je lui ai dit est impardonnable, mais… nous ne sommes pas sortis ensemble. Pourquoi as-tu pensé ça ? »
Ron haussa légèrement les épaules.
« Vous étiez toujours si absorbés l'un par l'autre… Je pensais que tu l'aimais. »
« Je… » Harry ouvrit la bouche, mais il ne put pas finir la phrase. Il ne savait tout simplement pas quoi dire.
Vers la fin de mars, Harry avait perfectionné le Charme qu'il voulait jeter sur sa baguette. Après dix essais réussis avec la plume qu'il avait trouvée dans la volière, il prit sa vieille baguette, pointa dessus celle de son père, qu'il utilisait généralement, et prononça les mots qu'il avait créés :
« Locodefy 'Père' ! » et il sentit sa gorge se serrer d'effroi alors que la baguette disparaissait. Il espéra ardemment qu'il n'avait pas envoyé sa baguette auprès du livre de Ron et des plumes qu'il avait utilisé pour mettre au point le nouveau charme. Il tendit la main droite et murmura le mot de code, « père » et soudain, la baguette était dans sa main.
Une énorme vague de soulagement le submergea. Il l'avait fait. IL L'AVAIT FAIT !
Et maintenant, avec sa connaissance de la magie d'âme (basée sur les livres de la Réserve), il était prêt.
Il était prêt à faire face à Voldemort et à se débarrasser de lui pour de bon.
Et il était prêt à mourir.
Et, peut-être qu'avec sa dernière action, celle de tuer le monstre, il pourrait trouver le pardon pour ce qu'il avait fait à Hermione.
Hermione… Harry ferma étroitement les yeux, combattant les larmes menaçantes. Hermione…
Soudain, il attrapa de nouveau la baguette de son père, et la dirigea vers l'autre baguette.
« Locodefy 'Granger' ! » chuchota-t-il. La baguette disparut, mais cette fois Harry ne fit rien pour qu'elle réapparaisse. Elle devrait réapparaître seulement une fois, ce serait assez.
Il soupira et partit pour son entraînement de Quidditch. Ils avaient vaincu l'équipe de Serpentard la semaine dernière avec la rapidité d'Harry, et Seamus était devenu encore plus dur avec eux, et Harry avait remarqué que son camarade était de plus en plus semblable à Olivier.
Après l'entraînement, il avait un rendez-vous avec Fletcher, qui avait été d'accord avec Severus pour reprendre Harry dans sa classe de Métamorphose, mais il voulait tester la force d'Harry avant de prendre une décision.
Et le lendemain, il aurait un autre rendez-vous avec le professeur Flitwick. Harry sourit. Le professeur avait semblé plutôt réservé quand il avait demandé à Harry de le rejoindre, mais il était sûr que leur réunion aurait quelque chose à voir avec le premier avril, et il n'était pas contre quelques bonnes plaisanteries avant… Avant ça. Harry se secoua et se concentra sur l'entraînement de Quidditch.
« Je ne sais toujours pas qui peut être le traître. » lui dit Severus plus tard cette nuit-là, quand tous deux furent étendus dans leurs lits. « J'ai parlé à Minerva, et nous avons passé en revue les noms des professeurs, mais nous ne savons absolument pas. Mais elle m'a dit qu'elle avait alerté ses amis au Ministère. Et elle ne pense pas que le Ministère soit du côté de Voldemort. Même avec Merc… heu, M. McGonagall de leur côté. »
Harry était heureux de la semi-obscurité de la pièce. A la mention du nom de la Directrice, un froid glacial avait parcouru son corps. Juste merveilleux. Le principal allié de Severus dans cette situation était la personne la plus suspicieuse. Mais il ne voulait pas discuter - pas encore. Ils avaient eu énormément de disputes à propos de son rôle dans l'état actuel des choses, et Severus avait toujours été convaincu de son innocence.
« Ne juge pas quelqu'un à cause des circonstances. Juste parce que son ex-mari était responsable de ton arrestation et de ton interrogatoire ne signifie pas que Minerva l'approuve ou même pire, qu'elle soit son alliée dans tout ceci. Je la connais depuis presque vingt-cinq ans. Elle a toujours été contre l'agression, elle a toujours été l'archétype de la bravoure, de la fidélité et de l'attention du Gryffondor. Et elle a toujours été la meilleure amie d'Albus. Elle aurait put trahir Albus beaucoup plus tôt si elle l'avait voulu. »
Harry n'avait aucun argument contre toutes les choses que Severus avait dites, mais ça ne diminuait pas ses soupçons. Donc, il essayait de se maintenir aussi loin que possible d'elle sans trop éveiller l'attention de Severus.
« Oh, et j'ai parlé à Mundungus après votre réunion. » continua soudainement Severus. « Il m'a dit que tu es dans une condition physique bien meilleure qu'auparavant, mais il pense toujours que continuer la Métamorphose maintenant serait trop tôt pour toi, et que ça surchargerait ta santé encore fragile. »
Harry grogna.
« Donc, sa réponse est 'non'. »
« Oui. » Severus le regarda par-dessus son livre. « Et je suis d'accord avec lui. Tu as pris du poids, mais tu es encore sous-alimenté et les entraînements de Quidditch sont assez fatigants physiquement.
Harry laissa échapper un gémissement évasif, mais ne protesta pas. C'était vraiment injustifié : il avait d'autres choses importantes à propos desquelles s'inquiéter, comme Voldemort ou sa propre mort. Pourquoi s'embêterait-il avec de la Métamorphose ?
Severus sembla surpris du calme d'Harry, mais il ne dit rien.
Bientôt, tous deux se tournèrent pour dormir.
Le matin suivant les trouva tous les deux épuisés. Harry avait eu une horrible vision cette nuit-là, mais, au contraire des autres, celle-ci était trouble et folle, très folle, pleine de rires mauvais, de torture et de sang, tellement de sang… Severus n'avait pas pu le réveiller pendant longtemps tellement il était pris dans la vision, qui avait duré plusieurs heures.
« Je veux que ce soit terminé. » dit Harry le matin, et Severus lui jeta un regard inquiet.
Tout le monde dans l'école semblait être d'humeur opposée, toute la journée fut remplie de plaisanteries, de blagues et de poissons d'avril, mais alors que le temps passait, un mauvais pressentiment commença à se former dans l'estomac d'Harry. Quelque chose était sur le point de se passer.
Mais il voulait une chose avant… avant ça. Il voulait parler à Hermione. Probablement pour la dernière fois dans sa vie. Il voulait s'excuser. Pas parce qu'il voulait le pardon ou l'acceptation. Il ne méritait ni l'un, ni l'autre. Il ne voulait juste pas mourir sans lui dire qu'il était désolé. Et qu'il s'inquiétait pour elle.
Mais Hermione échappait à toutes les tentatives d'Harry, et il réalisa soudainement qu'il était déjà l'heure du dîner et qu'il avait cette réunion avec le professeur Flitwick.
Alors, peut-être après.
Il se dirigea vers le bureau du minuscule professeur, mais à sa grande surprise, le bureau était vide quand il ouvrit la porte : elle était entrebâillée quand il était arrivé.
Harry, ne sachant pas quoi faire, se rapprocha de la cheminée, où un feu brûlait joyeusement, les flammes dansant et sautant vers le conduit de la cheminée.
Puis, l'autre porte, à l'arrière de la pièce, s'ouvrit, révélant le professeur qui se dépêcha de traverser son bureau.
« Ah, M. Snape ! » il sourit chaleureusement. « Vous êtes là ! »
Harry acquiesça. C'était évident.
L'autre porte du bureau émit un léger bruit lorsque le professeur la ferma d'un charme rapide.
« Alors, je vous voulais ici, parce que j'ai une petite surprise pour le personnel. Et je voulais que vous m'aidiez. » il lui fit un clin d'œil et sourit largement. Harry sourit en retour.
« Comment puis-je vous aider, professeur ? »
Le petit homme désigna des chaises.
« Asseyez-vous. Thé ? Café ? »
Harry réfléchit rapidement.
« Thé, s'il vous plait. »
Alors que le service à thé apparaissait sur la petite table devant la cheminée, ils prirent chacun la tasse la plus proche d'eux et burent leurs boissons.
Et puis, le monde se brouilla soudainement autour d'Harry. Et il sut soudainement que Severus avait raison.
Le traître n'était pas McGonagall. C'était le professeur Flitwick.
Ce qui a été, c'est ce qui sera,
Et ce qui s'est fait, c'est ce qui se fera,
Il n'y a rien de nouveau sous le soleil.
L'Ecclésiaste chapitre 1 ,vers 9.
Il était là, encore. Il n'eut pas beaucoup à se concentrer : il reconnut LA cellule immédiatement.
Elle était, bien sûr, dans un meilleur état que celui où il l'avait vu pour la dernière fois : la porte de chêne brun était fermement enfoncée dans les murs épais et il n'y avait aucun signe de débris, nulle part. Les torches brillaient faiblement, incapables de dissiper l'obscurité, et la grande jarre d'eau se tenait juste appuyée à côté de la porte.
Voldemort avait fait de son mieux pour reconstruire le bâtiment et pour finalement faire ce qu'il avait longtemps projeté : tuer Harry dans son endroit favori. A Nightmare Manor.
Il avait l'impression qu'un siècle avait passé depuis qu'il avait été ici la dernière fois. Il était alors un enfant effrayé, désirant un peu d'affection humaine - maintenant, il était un jeune homme déterminé désirant la mort. Mais avant cela, il avait un travail important : il devait vaincre l'homme qui avait causé toutes les douleurs dans sa vie, qui avait commencé sa vie de manière si semblable à Harry…
Harry se redressa, car les pierres glacées mordaient sa peau. Il ne portait rien d'autre que son boxer, et alors qu'il parcourait son corps du regard, il pouvait voir ses cicatrices partout sur lui-même. Ses glamouries avaient été enlevés, et il avait très probablement été soigneusement et complètement fouillé. Il soupira. Ils n'avaient pas trouvé sa baguette - parce qu'elle n'était pas sur lui, du moins pas d'une façon qu'ils puissent détecter. Ils ne savaient pas qu'il n'était pas venu non préparé. Il était prêt et préparé.
Il rampa vers le coin - leur coin, encore - tira ses genoux vers sa poitrine et les étreignit. La cellule était froide. Toujours.
Il ferma les yeux et essaya de se calmer. Il ne l'était pas entièrement : la conversation tellement nécessaire avec Hermione n'avait pas eu lieu, et maintenant, il ne pourrait jamais dire à Hermione que… Que quoi ?
Sentant sa fin approcher, Harry laissa ses pensées filer librement. Que dirait-il à la jeune fille si elle était ici ?
D'abord, il lui dirait qu'il n'avait jamais eu l'intention de la blesser. D'aucune manière. Ni émotionnellement, ni physiquement. Mais il était parvenu à le faire des deux manières. Il frissonna de honte. Il avait juste voulu être tenu, et pas seulement être tenu, mais être tenu par elle, comme pendant l'été au Manoir Black, où Hermione l'avait toujours tenu après ses visions et ses cauchemars. Il avait juste voulu se blottir contre elle, l'étreindre, enfouir son visage dans ses robes, la sentir, sentir sa chaleur, ses battements de cœur, sa respiration calme tandis qu'elle lui caressait les cheveux… Il avait juste voulu la toucher, se recroqueviller contre elle, ses bras autour de lui, son doux marmonnement incohérent dans les oreilles, lui murmurant que tout irait bien, que tous les cauchemars finiraient, qu'aucune guerre ne durerait éternellement, qu'il n'était pas seul dans le monde… Et il avait voulu tout ceci d'Hermione. Pas de Ron, d'Ares ou de Neville, ses meilleurs amis, pas de Severus, l'homme qu'il aimait presque plus que n'importe qui d'autre - il l'avait voulu d'Hermione, parce que… La réponse était tellement évidente maintenant ! Pourquoi n'avait-il pas pu la réaliser plus tôt ?
L'amertume lui serra la gorge.
Ron avait pensé qu'il aimait Hermione. Tout le monde avait pensé qu'ils étaient ensemble.
Et Hermione… Hermione s'était inquiétée pour lui pendant l'été, elle avait passé plusieurs nuits éveillée avec Harry, dormant parfois à sa porte, par inquiétude. Et pas seulement l'été. Avant cela. Elle avait cassé avec Ron juste à cause de lui. Et si Harry était sincère avec lui-même, il devait admettre qu'Hermione avait cassé avec Ares à cause de lui, encore.
Et quelle avait été sa réaction quand il avait la première fois aperçut Hermione et Ares ensemble ? Quel avait été ce sentiment froid d'envie distante dans sa poitrine, dans son cœur ?
Et son soulagement quand il avait trouvé Hermione assise à la table de la bibliothèque dans la Section Arabe. Il pouvait presque la voir, son sourire comme elle levait les yeux vers lui, son invitation pour la rejoindre, son ardeur à la rejoindre, et son cœur commença à faire mal - mais cette fois, c'était le désir, le fort désir qui le brûlait, le désir de la revoir, pour lui dire, pour lui avouer après tant de stupidité, qu'il était non seulement désolé, mais qu'il était amoureux d'elle - et qu'il avait été amoureux d'elle pendant un moment.
Son corps trembla, mais pas à cause du froid. Il était un idiot, un énorme idiot, et il ne savait même pas pourquoi il avait été aussi aveugle ! Comme s'il pouvait lui dire ce qu'il ressentait ! Ou s'il pouvait lui envoyer un message pour lui dire qu'il l'aimait - bien qu'elle serait probablement encore plus dégoûtée par lui, Harry se calma.
Il aimait Hermione, il l'aimait depuis un moment et il emporterait son secret dans sa tombe. Peut-être que c'était mieux pour tout le monde.
Il ferma les yeux et pensa encore à elle. Son sourire, son attention pour lui, comment son visage s'était éclairé quand elle l'avait vu… Sa meilleure amie.
Non, Harry ne voulait maintenant pas penser à la manière dont il l'avait trahie. Il voulait mourir en se rappelant de son visage souriant, de sa voix alors qu'elle disait 'Quiet', et souriait, souriait, souriait…
Il ne la reverrait jamais.
Harry leva la tête lorsque des voix approchant filtrèrent du couloir dans la cellule. Ainsi, ils étaient venus pour lui. Il se leva. Il ne résisterait pas. Il mourrait avec dignité, même s'il ne pouvait pas vivre avec elle.
Mais tandis que la porte s'ouvrait et qu'il faisait un pas en avant, une grande silhouette fut soudainement propulsée à l'intérieur.
Severus.
La porte se ferma derrière lui avec un bruit sourd.
Ils étaient en enfer, encore, ensemble.
Harry s'effondra par terre et commença à rire hystériquement.
Severus haïssait le premier avril et en avait absolument marre des blagues stupides que la majorité des élèves trouvait amusantes. Idiots !
Il entra dans son bureau et soupira de soulagement quand il n'y vit pas son assistant. Il voulait être seul pendant un moment et après il voulait retourner dans ses appartements et ne rien faire – éventuellement avec Harry. Il se sourit. 'Tu as changé, Severus' pensa-t-il. Oui, il avait changé. Au moins ses sentiments à propos du garçon avaient changé.
Harry Potter. Harold Quietus Snape. Cela semblait toujours loufoque.
D'un geste bref, il retira sa lourde robe d'extérieur et l'accrocha à la porte. Son bureau n'était pas aussi froid que les couloirs. En se tournant, il aperçut quelque chose d'inhabituel. En fait, récemment il avait trouvé beaucoup de choses inhabituelles dans son bureau : le garçon Weasley avait toujours laissé quelque chose derrière : une robe, un libre, une pile d'essais ou des recettes de potions. Mais il avait souvent dit au garçon de ne pas laisser quoique ce soit sur son bureau. Et, surtout, de ne rien y toucher.
Mais, apparemment, le garçon n'était pas mieux que les idiots à qui il enseignait. Comment osait-il laisser son stupide exemplaire de la Gazette du Sorcier sur sa table ? Severus haïssait ce journal, et il ne le lisait que si cela était indispensable.
Peut-être que quelque chose était encore arrivé, pensa-t-il, mais cette idée lui envoya des sueurs froides. Les phrases qui commençaient par 'quelque chose était arrivé' avaient tendance à finir par : 'avec Harry'.
Il contourna son bureau pour lire les titres, mais il ne pouvait pas toucher le journal. Il avait été un espion pendant trop longtemps. Mais alors, il vit une photo dans l'un des coins, une photo d'un sorcier brun apparemment mort. 'Nemus Flitwick et sa famille ont été trouvés morts hier dans leur maison de…' était-il écrit. Severus fronça les sourcils.
Nemus Flitwick ? Mais c'était il y a des mois. Il jeta un coup d'œil à la date juste sous le titre. 22 juillet 1996. L'été dernier.
L'été, quand tout avait été chamboulé. L'été, qui avait été le début de beaucoup de choses douloureuses… La lente approche d'Harry, puis l'attaque sur le QG de l'Ordre et la mort de Fred Weasley, parce qu'Harry avait donné à M. Nott la permission de… Oh. Mais M. Nott lui avait dit plus tard qu'il n'était pas venu au Manoir Black directement. Il avait changé deux fois : au Chaudron Baveur et à Ste Mangouste. Et les deux endroits étaient bondés. Et les cheminées de l'hôpital étaient bien protégées. Il se souvint qu'il avait été assez surpris que les stupides serviteurs de Voldemort aient réussi à suivre le garçon. Mais plus tard… l'attaque sur le Poudlard Express… puis l'espion dans le personnel. Et la mort de Dumbledore.
Oh.
Oh-oh.
Comment avait-il pu être si stupide ? L'espion dans le personnel – Dumbledore et lui avaient toujours été d'accord pour dire qu'il y avait un espion dans le personnel. Mais il n'y avait pas eu d'espion dans l'Ordre. Mais depuis l'été dernier, il avait été clair qu'il y avait un espion dans l'Ordre, un espion digne de confiance. En effet. Et cet espion, plus tard, était devenu le Gardien du Secret. L'espion avait été un vieil ami d'Albus. Dumbledore n'avait jamais été aussi paranoïaque que Severus, mais il n'aurait pas choisi un nouveau membre de l'Ordre comme Gardien du Secret, à moins que… A moins qu'il ait connu cette personne depuis longtemps.
Et il n'y avait qu'une seule personne qui réunissait toutes ces conditions. Filius Flitwick, qui avait rejoint l'Ordre juste après que son neveu soit mort, cet été.
Etait-ce possible ?
Severus nia de la tête et prit le journal pour le montrer à Minerva. Mais lorsqu'il sentit le tiraillement familier au niveau de son nombril, il sut qu'il avait été stupide. Parce qu'une seule personne avait pu placer cet exemplaire-ci sur son bureau.
« Harry, Harry, calme-toi », Severus s'agenouilla à coté d'Harry et le secoua par les épaules. Le moment suivant, Harry se jeta sur lui. Il tremblait fortement.
« Qu'est-ce que vous faites ici ? » murmura-t-il aux oreilles de Severus d'une voix tremblante.
« Portoloin », murmura Severus, et Harry lâcha un gloussement à demi-fou. « Et toi ? »
« Une potion-drogue. Mais je ne l'ai pas prise de mon plein gré », ajouta-t-il rapidement. « Flitwick m'a donné une tasse de thé. Je l'ai bu et j'ai perdu conscience. »
« Oh, Harry… » murmura l'homme. Sa voix était aussi tremblante que celle d'Harry. « Tu es là… Oh mon… tu es là. » sa voix s'étrangla. Il relâcha à moitié Harry de son étreinte. « Tu es presque nu. »
« Ils m'ont déshabillé. Ils ne veulent pas d'autre surprise. », dit Harry avec hâte.
« Et ton autre baguette ? » la voix de l'homme était creuse. Il connaissait la réponse.
Harry secoua la tête. Bien sûr, Severus le savait, il lui avait dit cet été. Mais il ne voulait pas dire la vérité à Severus. L'homme insisterait pour qu'ils s'échappent, mais Harry ne voulait pas. Il avait une tâche à accomplir. Il voulait que toute la guerre soit finie. Il ne pouvait pas sauver sa peau. Plus maintenant.
« Ils m'ont déshabillé et m'ont jeté beaucoup de charmes révélateurs », il se blottit à nouveau dans l'étreinte. « Je porte toujours des glamouries à cause de mes cicatrices… »
Severus relâcha Harry complètement cette fois et ôta son pull en quelques mouvements rapides.
« Mets-le. Je ne veux pas que tu attrapes froid. »
Pendant un moment, Harry le regarda incrédule, puis il éclata d'un rire hystérique.
« Severus, je n'aurais pas le temps d'attraper froid. Il me tuera ce soir avant que j'ai pu choper un rhume ou la grippe ! »
Severus déglutit difficilement et trembla.
« Alors je veux que tes dernières heures ou minutes soient aussi plaisantes que possible dans ces circonstances. », dit-il et il fourra le vêtement dans les mains d'Harry. « Mets-le. S'il te plait. »
Harry acquiesça et prit le pull. Ses mains tremblaient si fort que si Severus ne l'avait pas aidé, il aurait incapable de l'enfiler.
« Merci. »
Cette fois, le pull de Severus lui allait, et il se souvint de la première fois que Severus lui avait fait mettre son pull. Ca avait une robe, alors.
« C'est là où nous avons passé deux semaines », dit-il soudainement.
Le visage de Severus se tordit.
« Je ne me souviens pas », dit-il d'une voix éraillée. « Je veux me souvenir, mais je ne me souviens pas. », sa main trembla quand il la tendit et prit celle d'Harry. « Je vais mourir sans me souvenir de ce que tu signifies vraiment pour moi, Harry », la panique teintait sa voix. « Je ne me souviendrai jamais de toi… »
Harry serra la main de Severus.
« Ce n'est plus important, Severus. »
« Ca l'est. »
Il s'effondrèrent au sol, l'un à coté de l'autre.
Là, Harry réalisa qu'ils tremblaient tous les deux.
« Je veux que ce soit fini. », dit soudainement Harry et il enterra sa main dans l'épaule de Severus. « J'ai peur, Severus », ajouta-t-il, quand Severus le regarda. « J'ai peur des tortures. Voldemort a promis à Avery qu'il m'aurait. »
Soudainement, les bras de Severus l'étreignirent plus fermement.
« Je ne veux pas te perdre Harry. »
« Tu vas devoir regarder tout le supplice, tu sais. En tant qu'espion… »
« Harry, s'il te plait… »
« Tu dois être fort, Severus. Ne les supplie pas de me laisser tranquille. Ils ne le feront pas… »
« Harry, s'il te plait… »
« Promets-moi, que tu seras là… que tu m'accompagneras… »
« Harry… »
« Promet-moi, Severus. »
Ils se tenaient tous les deux si fermement, que leurs articulations devinrent blanches.
« J'ai fait quelque chose d'impardonnable, Severus », dit soudainement Harry.
« Non, Harry. Ce n'est pas le moment… »
« Si, Severus, s'il te plait… » la voix d'Harry balbutia. « Je dois le dire à quelqu'un avant de mourir. »
Severus appuya son visage contre les cheveux ébouriffés d'Harry.
« Alors dis-le », il déposa un baiser sur la tête d'Harry.
« J'ai violé Hermione », murmura Harry, attendant que l'étreinte de Severus disparaisse. Mais la prise de l'homme se renforça juste autour de lui, le rassurant. « Je… je ne voulais pas lui faire ça. Je voulais juste un peu d'intimité, un peu de chaleur. », à présent, les larmes coulaient sur les joues d'Harry. « Je ne sais pas ce que j'ai fait, mais s'il te plait, Severus… » il ne pouvait pas continuer à cause de ses sanglots. Severus déposa un autre baiser sur ses cheveux. Harry, luttant pour se calmer, se força à parler, « Si tu survis, s'il te plait, dis à Hermione… dis à Hermione que je l'aimais. Que je l'aimerai toujours. Dis-lui que… que je ne peux pas me pardonner pour ce que je lui ai fait, mais que je ne le voulais pas. Je n'ai jamais voulu la blesser. J'ai juste… j'ai juste… »
« Chut… » Severus commença à le bercer tout doucement, « Je suis là, je t'entends, je te promets que je vais lui dire… »
« Merci… » Harry leva la tête et regarda dans les yeux de Severus. « J'essayerai de faire tout ce que je peux pour te sauver. Seulement ne me laisse pas tout seul… » cette fois la figure de Severus était le vieux visage bien-aimé de l'homme qu'Harry avait appris à aimer comme son père.
« Je serais là, Harry. »
« Je sais que ça va te faire mal, mais s'il te plait, ne ferme pas tes yeux… » sa voix était à présent si éraillée qu'elle était à peine compréhensible.
« Je ne le ferai pas », Severus le regarda. « Je serai là jusqu'à la fin. »
La tension quitta soudainement le corps de Harry et il s'affaissa contre Severus comme une poupée.
« Merci, Papa. »
Pendant un moment, il pensa qu'il transpirait.
Mais lorsque les sanglots silencieux secouèrent le corps de Severus, et qu'il sentit quelque chose de chaud sur sa tête, il savait que c'était les larmes de Severus qui brûlaient dans ses yeux, des larmes chaudes et salées, comme les larmes d'un phénix, guérissant son esprit, son âme.
Il était prêt.
Et un de plus, un.
Au passage, personne n'a trouvé que le traître était Flitwick, mais rassurez-vous, pour la version anglaise, personne n'avait trouvé non plus!!! ;-)
A la semaine prochaine!!!
