Titre : Through the Walls
Auteur : enahma
Traductrices : Thamril et Méphisto
Disclaimer : Comme vous vous en doutez, rien ne nous appartient. Le monde d'Harry Potter est à J.K.Rowling et l'histoire à enahma.
Note : Pas de spoilers du tome 5.
Chapitre 18 - La Croisée des Chemins
Harry était si calme. Severus entendait sa respiration régulière et savait qu'il était tombé dans son dernier sommeil paisible. Il l'étreignit plus étroitement et ferma les yeux.
Il avait peur. Il était tellement effrayé qu'il pouvait à peine penser avec cohérence.
C'était la fin. Ils allaient mourir, peut-être même avant que ses collègues ne remarquent leur absence.
Il ne voyait aucune sortie cette fois.
Et il ne se sentait pas prêt.
Alors que leur mort approchait, il voulait soudainement et désespérément vivre, vivre avec Harry, aider Harry à se réconcilier avec Hermione, aider Hermione à traverser le choc que lui avait infligé Harry, les aider avec leur vie fragile et jeune à trouver une issue pour cette situation, mais il était trop tard. Il ne pouvait pas retenir son tremblement et une forte nausée lui tordit l'estomac.
Pourquoi est-ce que tout dans sa vie devait se tourner vers la désolation ? Pourquoi devait-il perdre toutes les personnes qu'il aimait ? C'était lui, qui avait commis des choses impardonnables. C'était lui, qui méritait de mourir.
Pas son mystérieux frère.
Pas Albus.
Pas Remus Lupin.
Et surtout, pas Harry. Jamais Harry.
« Je ne sais pas pourquoi je t'aime, mais je le fais. » marmonna-t-il, ravalant les vagues de nausée l'attaquant. « Je ne me rappelle pas de qui nous sommes, mais je veux une autre chance… »
Il essaya de se rappeler encore et encore. Il voulait plus que jamais auparavant que ces souvenirs perdus reviennent. Il voulait comprendre et retourner à Harry ses sentiments, il voulait qu'ils soient une famille, finalement, sans la menace constante de Voldemort se dressant au-dessus d'eux, sans douleur et sans crainte. Sans Obliviation, sans combats, sans colère, sans haine. Il voulait une famille. De l'amour. Des enfants.
Comme une fois, il y a bien longtemps, Quietus l'avait souhaité pour lui.
Quietus ?
Sa respiration s'accéléra.
D'où était venue cette pensée ? En vain, il essaya de se rappeler plus de choses. Aucun autre souvenir ne vint. Aucune autre pensée étonnante.
Il mourrait comme un étranger pour Harry, pour lui-même.
Non, pas un étranger. Harry l'avait appelé 'papa'. Personne n'appelait un étranger 'papa', non ?
« Je t'aime, fils. » il essaya la phrase peu familière. Elle sonnait bien, donc il la répéta, « Je t'aime, fils. »
L'étreinte d'Harry se resserra autour de lui, mais il se moqua d'avoir été surpris. Ce n'était pas le moment pour la timidité et les secrets.
« Tu es réveillé ? » demanda-t-il doucement.
« Oui. » souffla Harry. « Ils viennent. »
Oui, même Severus entendit les pas qui s'approchaient. Il relâcha Harry et se leva.
« Montrons-leur comment mourir avec dignité. »
« Dignité jusqu'à la fin. » dit Harry en le suivant. « Tu m'as dit la même chose la dernière fois que nous étions ici. » Il s'arrêta un instant. « Je pense que je dois remercier Dieu de m'avoir donné presque deux ans de plus. Pas le temps de pleurer. Plus maintenant. »
Ils se regardèrent, et s'étreignirent une fois de plus.
Ils se tenaient, tranquilles, à côté l'un de l'autre, quand la porte s'ouvrit.
Severus ne reconnut pas les Mangemorts. Ils portaient leurs masques habituels et la cellule n'était pas assez lumineuse. Mais ce n'était pas important. Ca ne changerait pas leur destin de toute façon.
Le couloir était vide et silencieux. Le chemin était court : un escalier, un autre couloir et le Hall Principal. Le Hall Principal presque vide. Il y avait seulement une vingtaine de Mangemorts, le Cercle Intérieur, personne d'autre.
Severus sentit ses jambes se dérober sous lui. Quelqu'un saisit son bras et le soutint.
« Pas pressé de mourir, n'est-ce pas, Severus ? » La voix de Voldemort lui donnait des frissons.
Severus déglutit et regarda Harry. La détermination rayonnait sur le visage à la fois jeune et vieux. Les deux Mangemorts, qui accompagnaient Severus, l'appuyèrent contre le mur et, avec quelques sorts habilement lancés, l'attachèrent, les bras grands ouverts, comme s'il voulait étreindre quelqu'un. Quand il leva les yeux, Harry se tenait déjà près de lui, au centre d'un demi-cercle de silhouettes menaçantes.
« Tu vas mourir maintenant, jeune Snape. Comme ton père. » La bouche de Voldemort s'incurva en un horrible sourire moqueur. « Comme beaucoup de personnes avant toi. »
Harry ne répondit pas. Il était juste debout, fermement, le visage sérieux mais sans signe de peur. Une image apparue soudainement à Severus. Une image d'un autre jeune homme, dans des robes bleues foncées… Son cœur tressaillit.
« Juste un tour. » dit le monstre avant de s'asseoir sur son trône.
Le premier Mangemort leva sa baguette.
C'était Avery.
« Endoloris. » siffla-t-il avec haine, et Severus ne put pas le comprendre. Pourquoi, comment pouvait-il haïr quelqu'un qu'il ne connaissait même pas ?
Harry tomba à terre et se mordit la lèvre. La douleur le lacérait, mais il resta silencieux. Severus eut l'impression d'avoir été frappé par le sort, mais il n'osa pas détourner son regard d'Harry. Il avait promis. Il avait promis.
Le deuxième fit un pas vers l'avant.
Une autre image apparut à Severus. Harry leva la tête et leurs yeux se rencontrèrent.
Des yeux noirs et des yeux verts. Et Severus vit soudainement des yeux noirs le regarder, prêts à mourir.
« Quietus ? » coassa-t-il d'une voix rauque.
Un autre sort, une autre image.
Severus tremblait à présent comme un fou. Il ressentait les sorts comme s'ils le frappaient tous. Pas son corps, mais son esprit. Et sous les forts coups mentaux, le mur autour de ses souvenirs perdus commença à s'émietter.
« Quietus ? » s'étrangla-t-il de nouveau.
Sort, Harry se tordant sous la douleur, une autre image. Quietus et lui à la maison. Quietus et lui à l'école.
Quietus sous des sorts similaires.
Quietus le suppliant avec ses yeux.
'Lance-moi un sort, MAINTENANT !'
Severus eut un soubresaut, comme si quelqu'un l'avait frappé dans l'estomac.
'NON !' voulut-il crier, mais aucun bruit ne sortit de sa bouche, qui s'ouvrit juste comme celle d'un poisson dans l'air.
Non-non-non-non-non ! Quitus, Harry, non, s'il vous plait, non !
Et le corps sans vie de son frère après la torture. Il était tellement comme le garçon, comme son fils, comme Harry… Ou le contraire : Harry était comme lui, son père, Quietus…
« J'ai échoué. » il respira et essaya de se libérer. C'était inutile, les cordes magiques le tenaient étroitement contre le mur.
La Sort de Brisure d'Os. Cette fois Harry ne put pas ne pas hurler. Sa voix était douloureuse et comme une supplique aux oreilles de Severus. 'Laisse-moi mourir !' disait-elle.
'Ne meure pas !' voulut-il dire, mais sa voix lui manquait toujours.
Puis, il vit Harry étendu, comme sans vie. Severus déglutit. Il le savait. Harry était trop faible pour être torturé. Il était trop faible pour participer à un cours de Métamorphose. Comment pourrait-il supporter une séance de torture ? Mais après une potion et un 'Ennervate !' murmuré, Harry était de nouveau conscient.
Severus était mortifié. Il connaissait cette potion. Il l'avait inventé. Il n'était même pas impossible que ce soit lui qui l'ait préparée. Vigilae. Il eut un mouvement de recul, honteux.
Vigilae… Un autre souvenir – un souvenir à propos de lui cette fois. Malfoy - brisant ses mains. Harry – mettant son pull sur lui. Poppy – secouant la tête en examinant les membres torturés.
Et le tour fut fini.
Harry fut mis sur ses pieds. Deux Mangemorts le tenaient, un de chaque côté.
Avery retira lentement, confortablement son manteau, puis son masque.
Harry se figea.
Severus se figea.
Et dans une énorme vague, tout s'imbriqua. Ses souvenirs étaient de retour.
Hermione ne pouvait plus le faire. Elle devait parler à Harry, elle le savait. Elle ne pouvait pas continuer à repousser ce moment. Sa colère et sa honte avaient déjà disparu et elle était prête. Aussi prête qu'elle pouvait l'être dans sa vie, du moins. Et elle avait remarqué qu'Harry avait désespérément voulu lui parler toute la journée.
Et maintenant que sa tête était claire et que ses émotions étaient sous son contrôle, elle savait qu'elle devait le faire.
Il lui avait fallu énormément de temps, mais elle s'était suffisamment calmée pour penser normalement. Oui, ça avait pris presque un mois, mais elle était parvenue à refroidir sa fierté vers le début de mars – juste pour trouver Harry de retour avec le professeur Snape et absolument peu disposé à lui parler ou à la contacter. Harry l'avait évitée si complètement qu'elle n'avait pas non plus pu l'attraper à la bibliothèque. Il prenait ses repas à la table de Serpentard, pendant leurs cours communs, il se mettait avec cette Knight ou avec Padma, ou parfois avec Ron, et s'ils avaient par hasard été seuls dans la même salle, Harry avait toujours détourné la tête, ses joues rouges de colère ou de frustration - Hermione ne savait pas.
Elle était complètement confuse.
Eh bien, ça avait été de sa faute. C'était elle qui l'avait attaqué après cette nuit, lui interdisant de jamais mentionner la chose qui s'était passée entre eux à quelqu'un, n'est-ce pas ?
Qu'est-ce qu'Harry pouvait penser d'elle ? Il était probablement dégoûté par elle. Avec son ardeur à aller au lit avec lui, après quelques faibles excuses et simulations, et plus tard son hystérie… Elle se rappelait le visage confus d'Harry, et elle pouvait y voir l'ivresse et la fatigue…
Ca avait été à ce moment que tout s'était assemblé en elle : ce qui s'était produit entre eux n'avait pas été réel. Ca avait juste été l'alcool et les répercussions de la privation de la potion. Harry n'aurait jamais couché avec elle dans son état normal.
Et à ce moment, elle avait détesté Harry. Elle l'avait détesté, parce qu'il avait été assez faible pour utiliser son ardeur, comme n'importe quel autre garçon affamé de sexe de son âge, il n'avait pas été mieux qu'eux ! Et plus tard, ses excuses bégayées ! Elle avait été révoltée et complètement dégoûtée par lui.
Après un mois, elle avait commencé à suspecter qu'elle avait eu tort. Même après que le professeur Snape ait déménagé Harry dans ses quartiers, Harry n'avait pas pu revenir en Métamorphose, ce qui signifiait qu'il n'avait pas été assez fort pour assister aux leçons (après presque un mois !). Et Harry avait été en prison (pendant presque deux semaines), et il avait été sous un stress énorme pendant des mois, et il avait été en manque de potion - comment pouvait-elle s'attendre à ce qu'il refuse quelque chose qui lui avait été offert si ardemment ?
Et il avait été si tendre, comme s'il s'inquiétait vraiment. Il avait semblé absolument détendu (avait-ce été l'alcool ?) et enthousiaste à se blottir contre elle, à caresser, à tenir et à être tenu…
Hermione rougit en se rappelant la gentillesse d'Harry. Qui aurait pensé qu'il était un amant si doux ? Elle secoua la tête. Dans quelques minutes, elle lui ferait face. Il n'avait pas besoin de voir son… affection. Ca n'arrangerait pas leur situation de toute façon. Harry avait probablement trouvé quelque chose sur Voldemort et voulait qu'elle l'aide. Et elle était prête à l'aider. Elle aurait fait n'importe quoi juste pour être près de lui à nouveau. Etre amis avec Harry était bien mieux que rien.
Amis… Le cœur d'Hermione tressaillit. Elle n'était pas sûre qu'Harry veuille jamais être à nouveau amis avec elle.
Et s'il savait qu'Hermione désirait plus… beaucoup plus… Mais non, il ne saurait jamais. Harry l'avait dit de nombreuses fois, non ? Il ne sortirait jamais avec elle.
Hermione frissonna de tristesse et frappa à la porte du professeur Snape.
Rien.
Etrange. A cette période de la journée, ils étaient généralement chez eux. Elle frappa encore.
De nouveau rien.
Hermione soupira et se tourna vers la salle de cours de Potions, mais elle n'y rencontra que l'obscurité. Finalement, elle frappa à la porte du professeur Snape. George ouvrit la porte.
« Oh, salut, Hermione. » il sourit largement. « Je peux t'aider ? »
« Heu… » elle gesticula. « Je cherche Harry… »
George fronça les sourcils d'un air interrogateur.
« Il n'est pas là. Essaye leurs quartiers. »
« J'ai déjà essayé. » dit-elle. « Il n'y a personne. »
« Etrange. » George secoua la tête. « Harry doit être chez eux. Severus lui a interdit d'être dehors après neuf heures. Ils ont eu quelques disputes monstrueuses à ce sujet. » Il fit un clin d'œil à Hermione.
Hermione pâlit.
« George… et si Harry est là, mais que quelque chose lui est arrivé, et qu'il ne peut pas ouvrir la porte ? »
George se mordit les lèvres pensivement.
« Demandons à la Directrice. » il fit entrer Hermione et se dirigea vers la cheminée. Hermione ferma la porte. George jeta une poignée de Poudre de Cheminette sur les flammes.
« Professeur McGonagall ! » appela-t-il.
Après un court moment, le visage sévère de la femme apparut dans les flammes.
« Qu'est-ce qu'il y a, M. Weasley ? Mais soyez rapide, j'ai d'autres choses à faire ! »
George haussa légèrement les épaules.
« Miss Granger ne peut pas trouver Harry, m'dame… »
L'instant suivant, il tomba en arrière alors que la Directrice sortait de la cheminée, son visage sérieux pâle comme de la craie.
« Allons-y. » dit-elle et, contournant George, elle quitta le bureau. Les deux jeunes la suivirent, surpris. La femme les mena aux quartiers où Hermione avait été il y a juste quelques minutes.
« Ouvre-toi ! » ordonna-t-elle sévèrement et la porte s'ouvrit brusquement. A l'intérieur, tout était sombre. « Incendio ! » fut son deuxième ordre. Elle pénétra dans la pièce comme les torches s'allumaient, mais le moment suivant, elle chancela en arrière. Son visage était gris. Le « Oh, mon Dieu… »
Hermione, sentant son sang se figer, jeta un coup d'œil par-dessus ses épaules. La cheminée lui faisait presque face. La cheminée avec l'horloge enchantée.
Harry, Severus - BS, indiquaient les aiguilles.
BS, comme dans Bâtard Suprême.
« Non. » chuchota-t-elle. Elle était en retard… elle était autant en retard qu'elle l'avait toujours été dans sa vie. Harry avait voulu lui parler toute la journée. Elle avait retardé leur discussion. Et maintenant, elle ne pourrait probablement plus jamais lui parler.
« J'aurais dû le savoir. » la Directrice regagna soudainement son calme. Elle regarda George. « Appelez Mundungus. Dites-lui de venir immédiatement à mon bureau. Je vais appeler Filius… »
« Pas besoin. Je suis là. » la voix du petit professeur retentit derrière eux. George acquiesça et partit.
« Miss Granger, allez chercher Madame Pomfresh. Vite. » la Directrice se tourna vers elle. Hermione partit en courant. « Filius, Mercury m'a appelé il y a quelques minutes. Il y a beaucoup d'attaques de Mangemorts dans divers points du pays. Il demandait l'aide de l'Ordre… »
« Allons dans vos quartiers ou les miens si nous voulons parler des affaires de l'Ordre. » Flitwick parla soudainement. « Je ne fais pas confiance à ces portraits… »
McGonagall lui jeta un regard pensif.
« Peut-être que tu as raison, Filius… Mes appartements alors. » dit-elle et, d'un rapide mouvement, elle appela un elfe de maison. « Va à mon bureau, Dobby, et dis au professeur Fletcher et à Madame Pomfresh de venir dans mes quartiers. »
« Bien, madame. » répondit rapidement Dobby avant de disparaître dans un 'pop'.
« J'espère que ce n'est pas trop tard. » soupira Flitwick. McGonagall se contenta d'acquiescer.
Le moment sembla durer un siècle, alors que les souvenirs inondaient l'esprit de Severus.
« Oh, non, non, non » il grogna et trembla, « Oh, non, Harry, pas encore… »
Avery sourit d'un air maléfique et sortit son rasoir. Même à cette distance, Severus put voir Harry pâlir d'une peur évidente. Le garçon, qui avait été si ferme depuis que l'épreuve avait commencé, semblait pour la première fois être en train de perdre la bataille contre sa crainte. Ses jambes cédèrent et, si les deux Mangemorts ne l'avaient pas saisi, il se serait effondré sur le sol.
« Quiet ! » appela Severus d'une voix forte. « Quiet, regarde-moi ! »
La tête d'Harry se leva brusquement vers lui avec surprise.
« Severus… ? » demanda-t-il hésitant, et Severus sut parfaitement ce qu'il voulait dire. Personne n'appelait Harry Quiet excepté Hermione et Severus - mais Severus l'avait appelé de cette manière seulement avant son Obliviation.
« Oui, Quiet. » il sourit au garçon d'un air rassurant. « Nous avons traversé les murs, encore. »
Les yeux d'Harry s'écarquillèrent, mais cette fois pas de peur, mais de surprise et de bonheur.
« Tu… te souviens… »
Il acquiesça.
« Je serai là… »
Avery se rapprocha et, avec deux entailles rapides, enleva le chandail de Severus d'Harry. Mais le garçon ne détourna pas la tête de Severus.
« Papa… »
« Je suis là, fils. » Severus refusa de regarder Avery. A la place, il regarda Harry dans les yeux. « Je suis là… »
Les deux Mangemorts qui tenaient Harry s'éloignèrent de lui, de sorte qu'Harry soit étiré entre eux, presque crucifié. Mais Harry refusa également de regarder son tortionnaire. Ses yeux étaient fixés sur ceux de Severus.
Le rasoir couru soudainement le long d'une vieille cicatrice. Harry trembla et son regard s'assombrit sous la douleur.
« Ca fait mal… »
Quelqu'un rit, et l'un des Mangemorts dans le cercle saisit sa baguette plus fermement, de sorte que sa main trembla. Le regard de Severus oscilla vers lui.
C'était Draco.
Le visage de Severus s'obscurcit de douleur.
Ainsi, Harry avait raison. Draco, son cousin, son filleul était l'un de leurs meurtriers. Le garçon qu'il avait vu grandir et devenir un jeune homme intelligent avait finalement choisi cette voie. La voie de son père.
Ca ne devrait pas être si douloureux, pensa Severus, mais ça l'était. Tous ceux à qu'il avait un jour tenu étaient sur le chemin de la perdition.
Mais non, il n'avait pas le temps pour des pensées sentimentales. Harry avait besoin de lui. Résolument, il tourna de nouveau ses yeux vers Harry.
Trouvant son regard, la tension d'Harry diminua, ses yeux rayonnant d'inquiétude, d'amour et d'acceptation. Acceptation de lui, de Severus Snape, et acceptation de tout ce qui lui arrivait. De la torture, de la mort. Les yeux d'Harry irradiaient de paix.
« Je t'aime, papa. » dit-il du bout des lèvres. Une claque forte frappa son visage, mais il ne détourna pas les yeux de Severus.
« Je t'aime aussi, fils. » répondit-il de la même manière.
Tous deux sourirent.
Un autre coup suivit la claque et Harry ferma les yeux.
Severus lutta pour ne pas crier. Il devait être ferme. Pour Harry. Tout pour Harry.
« Continue, fils. » chuchota-t-il. « Je serai avec toi jusqu'au bout… »
Harry cria comme le rasoir touchait de nouveau sa peau.
Hermione ne savait pas quoi faire d'autre aujourd'hui. McGonagall lui avait dit de partir, mais elle ne pouvait pas. La vie d'Harry était en jeu, elle ne pouvait pas juste partir en prétendant que rien n'était arrivé.
Heureusement pour elle, après que la Directrice lui ait ordonné de partir, personne ne jeta un deuxième regard dans sa direction. Elle se glissa rapidement derrière la cape de la Directrice, qui était accrochée à côté de la porte, et avec un charme, elle ferma la porte.
« Harry et Severus ont disparu. » McGonagall parla soudainement. « Et Mercury m'a contactée pour demander l'aide de l'Ordre. »
Hermione regarda précautionneusement dehors. C'était étrange. Elle avait pensé que tout le personnel était membre de l'Ordre, mais il y avait seulement cinq personnes : George, la Directrice, Madame Pomfresh et deux professeurs : Flitwick et Fletcher. Des pensées dérangeantes et sinistres attaquèrent son esprit. Harry et le professeur Snape avaient été enlevés. C'était clair. Mais la personne qui les avait enlevés devait être dans la pièce. Ca devait être la même personne qui était le Gardien du Secret de l'Ordre. Et apparemment, McGonagall n'y prêtait pas assez d'attention, elle était si préoccupée. Hermione sortit sa baguette et la saisit étroitement.
« Je n'ai toujours pas alarmé les autres. » continua McGonagall. « Je voulais vous demander votre avis. »
« Envoie-les. » dit Flitwick au moment même où Fletcher disait :
« Rassemble-les ici. »
La Directrice sourit nerveusement.
« C'était aussi mon dilemme. »
Flitwick sauta sur ses pieds.
« Les Aurors ont besoin d'aide ! Nous avons toujours presque vingt personnes ! »
Fletcher secoua la tête.
« Vingt personnes ne sont pas suffisantes pour les aider dans un raid aussi important que celui-ci. Mais nous avons besoin de toute l'aide que nous pouvons recueillir pour protéger les enfants sous notre garde. »
« Voldemort ne peut pas traverser les murs de l'école. » répondit Flitwick. « Nous sommes en sécurité ici. »
McGonagall secoua la tête d'un air fatigué.
« Juste tant qu'Harry et moi sommes vivants. »
Hermione secoua la tête. Ca n'était pas logique. Ne pouvait-elle pas voir qu'elle révélait l'information la plus importante au possible espion ? Mais qui pouvait-ce être ? Pas elle et pas George, c'était sûr. Mais alors, qui ? Son esprit s'emballait.
Harry lui avait dit une fois, l'année précédente, que lui et Severus avaient suspecté que l'espion avait été un membre du personnel. Mais ça avait été l'année dernière, et Fletcher n'avait pas été là alors, donc il était aussi hors de cause. Hermione était sûre que la Directrice était digne de confiance. Dumbledore ne pouvait simplement pas avoir fait une si grande erreur en choisissant son successeur… Hermione devait le croire. Donc, il ne restait que deux personnes : l'infirmière et le professeur de Sortilèges.
Mais Madame Pomfresh avait eu trop d'occasions pour tuer Harry ou pour le donner à quelqu'un… et le professeur Flitwick aimait trop Harry pour le trahir. Elle se rappela que le minuscule professeur avait toujours voulu que Quietus soit réparti à Serdaigle, il s'était presque battu pour lui…
Elle regarda son professeur qui fit apparaître un service à thé d'un rapide geste de sa baguette, et Hermione tomba presque en avant.
Le mouvement du professeur Flitwick n'était pas celui que les professeurs utilisaient généralement pour faire venir des choses de la cuisine. Ca lui rappelait plutôt un Charme de Synchronisation ou quelque chose comme ça.
La Directrice tendit distraitement la main pour prendre sa tasse de thé…
« Non ! » Hermione sauta en avant. « Expelliarmus ! »
La tasse tomba presque de la main de McGonagall alors que la baguette de Flitwick volait au-dessus de sa tête.
« Miss Granger ! Que faites-vous… »
« Ne buvez pas le thé ! » dit-elle en se rapprochant, mais cette fois, les baguettes de Fletcher et de Madame Pomfresh étaient pointées sur elle. « Il ne vient pas de la cuisine… » ajouta-t-elle, un peu plus angoissée.
Fletcher réagit presque immédiatement.
« Lego ! » il pointa Flitwick.
« Mundungus ! » cria McGonagall avec indignation.
« La fille a raison, Minerva ! Nous étions de foutus idiots ! » il sauta sur ses pieds et se pencha sur Flitwick. « Depuis combien de temps travailles-tu pour Voldemort, traître ? » sa voix était acide.
« Je ne suis pas un traître, Mundungus, » répondit calmement Flitwick.
« Attendez une minute. » dit soudainement George en se tournant vers la Directrice. « Pouvez-vous appeler une tasse de thé de la cuisine, madame ? »
Tandis que la femme sévère acquiesçait et faisait venir une autre tasse fumante, George chercha dans ses poches et en tira une petite bande de papier.
« Papier test ? » demanda curieusement Hermione. George acquiesça.
« Severus m'a ordonné de toujours en garder avec moi. » expliqua-t-il et il ajouta, « Si les deux tasses de thé sont identiques ou presque identiques, nous devons nous excuser. » dit-il en mettant le papier dans la deuxième tasse. Quelques instants plus tard, il le sortit et le mit dans la première, qui était toujours dans la main de McGonagall. « Mais si elles ne le sont pas, alors » il retira le papier et leva les yeux, « le professeur Flitwick doit répondre à des questions très, très difficiles posées par des collègues très, » il baissa le papier et continua mortellement lentement, « très furieux. » Il posa le papier sur la table basse et sortit sa baguette, la pointant vers le professeur de Sortilèges. « Que leur as-tu fait ? »
Flitwick pâlit.
McGonagall replaça sa tasse sur la table et sa main trembla.
« Filius… » chuchota-t-elle d'un ton meurtrier. « Filius, tu étais ce… Toutes ces années… » elle rejoignit les deux hommes et leva sa baguette. « Tu as tué Remus… » elle se leva et cria presque, « tu as tué Albus ! »
Le silence tomba sur la pièce.
« Nous t'avons fait confiance. » la voix de la Directrice était faible et douloureuse. Mais la main de Fletcher l'arrêta.
« Attends, Minerva. Ce n'est pas le moment de lui demander des comptes. » il se tourna brusquement vers son ex-ami. « Quel était ton plan ? Réponds ! »
Flitwick sourit soudainement et haussa les épaules.
« Eh bien, ça aurait été plus facile avec la mort de Minerva, mais » il s'appuya contre le dossier de sa chaise, « mon maître pense que la mort du garçon sera suffisante. »
« Suffisante pour quoi ? » Fletcher pressa sa baguette contre la gorge de Flitwick.
« Pour occuper Poudlard, bien sûr. »
« Pourquoi Harry ? » demanda soudainement Hermione. Le sourire de Flitwick s'élargit.
« Pourquoi, Miss Granger ? Vous avez semblé si froide envers lui il y a quelques heures ! »
« Pourquoi Harry ? » George répéta la question et Fletcher appuya sa baguette encore plus fort.
« Il est le successeur de Dumbledore, n'est-ce pas ? Pensez-vous vraiment que la mort d'Albus était pour rien ? »
« Ne l'appelle PAS comme ça ! » hurla McGonagall, et George secoua la tête.
« Essayons une autre manière, Mme la Directrice. » il se rapprocha de Flitwick. « Professeur, vous savez que c'est votre trahison qui a tué mon frère. Ca signifie que j'ai le droit de venger sa mort sans aucune conséquence légale ou magique, parce que nous étions jumeaux. Je peux vous faire n'importe quoi. N'importe quoi. » Il sortit une petite fiole.
« M. Weasley, non ! » dit sévèrement McGonagall.
« J'ai le droit, professeur. » répondit-il.
Silence, encore. Puis, Flitwick haussa les épaules.
« Très bien. Vous n'avez pas besoin de vos potions pour me menacer, mon garçon. Je vais vous dire » Il sourit à nouveau, « que le château est encerclé. Les autres attaques sont justes une distraction. Vous êtes sans défense ici. Dès que le garçon Potter-Snape mourra, l'attaque commencera… »
« Mais je suis vivante ! » dit McGonagall.
« Vous êtes tous les deux les pierres angulaires des défenses. Si l'un de vous meurt… » il fronça les sourcils, « bien que le plan original contenait vos deux morts… »
« Comment savez-vous quand Harry sera mort ? » demanda Hermione, la voix hésitante.
« Mon maître prendra un portoloin jusqu'ici. Il donnera le signal pour l'attaque. »
« Et quel sera ce signal ? »
« La Marque des Ténèbres sur Poudlard. »
Malgré la potion de Vigilae, Harry était presque inconscient. Une brume s'attardait devant ses yeux, un brouillard obscurcissait son esprit. Mais il savait qu'il devait continuer. Il était si proche !
Il ouvrit les yeux et vit que Severus était toujours là, le regardant directement, lui donnant l'appui silencieux dont il avait besoin.
Harry lui fit un sourire faible. Même s'il devait mourir, il n'avait pas failli à sa promesse. Il avait traversé, ils avaient traversé, les murs de Severus. Ils étaient de nouveau une famille. Une vraie famille. Père et fils.
De temps en temps, les yeux de Severus se tournaient vers un Mangemort se tenant à droite d'Harry. C'était Malfoy, Harry l'avait su presque à l'instant où ils étaient entrés. Les cheveux presque blancs étaient caractéristiques. Harry comprenait Severus. L'homme n'était pas seulement en train de perdre Harry, mais également son filleul. Oui, il perdait Draco Malfoy, même si le garçon n'allait pas mourir cette nuit. Mais Harry ne doutait pas de qui recevrait l'honneur de tuer le traître à la fin - même si Malfoy devait lutter contre le Sortilège de Famille. Ce qui ne serait pas trop dur.
Parce que le Sortilège de Famille était une illusion.
Harry l'avait compris pendant le premier round de torture, quand Severus avait prononcé le nom de son père, de Quietus.
Quietus, qui avait été trahi par sa propre famille. Qui avait été mis à mort, volontairement, par sa propre mère Noblestone.
Donc, Draco Malfoy aurait le pouvoir de le faire pour le plaisir de son Seigneur.
Mais il ne le ferait pas, sourit intérieurement Harry. Parce qu'il n'y aurait pas de Seigneur à satisfaire.
Il soupira et tourna la tête vers Malfoy. Le garçon blond semblait si tendu… Sa poigne sur sa baguette était si forte que ses jointures devinrent blanches. Pourquoi Malfoy le détestait-il tellement ?
Harry détourna soudainement le regard de Malfoy. Il n'avait vraiment pas besoin de sentir la haine avant la mort. Ses yeux cherchèrent une nouvelle fois Severus.
Ce fut à ce moment qu'Avery termina son travail.
Harry soupira de soulagement. Il ne restait pas beaucoup de temps. Les Mangemorts qui le soutenaient le laissèrent tomber au sol. Il tomba sur le pull de Severus, qui lui avait été enlevé au début. Il glissa sa main droite sous le tissu. Les choses se déroulaient mieux que prévu.
« Et ce sera vraiment la fin. Severus, as-tu fais attention ? Ne trouves-tu pas cette situation trop familière ? » 'Bâtard !' pensa Harry. 'Laisse-le tranquille ! Tue-moi et que ce soit terminé !'
Le visage de Severus se tordit de tristesse.
« Granger. » chuchota Harry si doucement que personne ne l'entendit. Sa respiration se calma quand il sentit la baguette lisse dans sa paume. Cette fois, il savait qu'il ne devrait pas avoir peur de causer le Priori Incantatem. Le sort qu'il avait prévu de jeter sur Voldemort n'était pas un sort de défense ou un contre-sort. C'était quelque chose de totalement différent.
« Je vais te tuer maintenant. » Voldemort leva sa baguette.
« Je sais. » dit Harry en le regardant, profondément concentré. Il ne pouvait pas se précipiter, parce que s'il murmurait son sort trop tôt, Voldemort l'arrêterait.
« Avada Ke… »
Harry ouvrit la bouche pour formuler son sort, mais à ce moment-là, quelqu'un sauta devant lui. Voldemort ne put pas arrêter le sort.
« … davra. » dit-il et, le moment suivant, un corps lourd tombait sur Harry. Quelqu'un le saisit rapidement et le jeta au loin avec colère. Harry leva la tête, sa main tenant toujours sa baguette.
« Draco. » il entendit soudainement le gémissement de Severus.
Avery enleva le masque du Mangemort mort.
Harry regarda fixement le visage jeune et familier, imbibé de larmes.
Draco Malfoy était mort.
« Voldemort va arriver par portoloin ? » pâlit George.
McGonagall secoua la tête.
« Nous devons être plus rapides que lui. Nous devons pousser les Mangemorts à attaquer avant qu'Harry ou moi ne meure. Et la résistance va les embrouiller. », elle se dirigea vers la cheminée et prit de la poudre de Cheminette, « Et les Aurors du Ministère auront la partie facile ». Elle jeta la poudre étincelante dans le feu. « Ministère de la Magie, Mercury McGonagall ! »
Une tête sans corps apparut dans les flammes.
« Oh, bonjour, Minerva. J'attendais ton appel… »
« Non, Mercury. Poudlard est entouré. Nous sommes la cible principale aujourd'hui. Les attaques sont des diversions. Nous avons besoin de vos troupes pour attaquer les forces qui nous entourent aussitôt que vous voyez la Marque des Ténèbres apparaître au-dessus du château. »
« Quoi- es-tu folle, Minerva ? »
« Voldemort est sur le point d'arriver ici par portoloin. Nous avons besoin de votre aide. MAINTENANT ! »
« Ecoute, Minerva… »
« Mercury, est-ce que je t'ai déjà menti ? Nous avons besoin de ton aide. S'il te plait. Notre futur est en jeu ici. »
Hermione n'avait jamais entendu McGonagall si sérieuse. Apparemment, elle n'était pas la seule, parce que la tête dans le feu acquiesça lentement.
« Mais si c'était une fausse alerte… »
« …alors je démissionnerai et en supporterai les conséquences. »
« Très bien. Je… »
« Attendez ! » cria Fletcher et il se tourna vers Flitwick. « Où sont Harry et Severus ? »
« Ne pensez pas que je vais tout vous dire ! » répondit-il froidement.
Un rugissement venant de la cheminée fit sursauter Hermione. L'instant suivant Mercury McGonagall se tint à coté d'eux.
« Non ? » demanda-t-il avec une lueur sadique dans les yeux. « En es-tu sûr ? »
Tout le monde recula et Flitwick trembla.
« Mercury ! » cria McGonagall.
« C'est juste un Mangemort, Minerva ! Tormenta ! »
« Je vais vous le dire ! » hurla Flitwick. « Ils sont à Nightmare Manor ! »
McGonagall baissa sa baguette.
« C'est mieux », il hocha la tête à la Directrice. « A plus tard, Minerva ! »
Quand il disparut dans les flammes, Hermione regarda son professeur. Le visage de McGonagall était triste et lointain.
« Mercury, tu es un tel bâtard… » murmura-t-elle et elle secoua sa tête, mais elle regagna constance rapidement. « Je pense que les Aurors du Ministère seront là dans moins de vingt minutes. Nous devons agir aussi vite que nous le pouvons. Nous devons évacuer tout le monde vers les cachots. Je veux que les sixièmes et septièmes années s'alignent en haut de l'escalier dans la Grande Salle, mais les autres enfants vont dans les cachots. Miss Granger, allez chez les Gryffondor, George, emmenez les Serdaigles, Poppy les Poufsouffles et toi, Mundungus chez les Serpentards. Les points d'accès d'urgence apparaîtront dans les salles communes dans cinq minutes. Ils mènent aux cachots. Allez ! Je vais alerter nos collègues. Rendez-vous dans la Grande Salle ! Je serai à la tour d'Astronomie. »
Hermione courut. Elle était glacée de l'intérieur, mais elle courrait. Elle ne pouvait pas sauver Harry, mais elle pouvait en sauver d'autres.
Elle ne savait pas que des larmes coulaient sur ses joues.
« Un autre martyr pour sauver votre misérable vie, M. Snape. Ou devrais-je dire M. Potter ? » Voldemort n'attendit pas la réponse. « Goyle, va chercher un détraqueur. Cette fois je ne veux pas perdre mon pouvoir juste parce qu'un autre enfant stupide a décidé de jouer le martyr pour lui. »
Harry tira sa main de sous son corps et regarda Severus. Le regard choqué de l'homme était toujours sur Draco Malfoy.
Harry soupira. Cela avait été une tournure totalement imprévue des évènements. C'était un malheur qu'il ne puisse pas l'utiliser cette fois. Il devait finir ce spectacle une fois pour toute, et renvoyer Voldemort se cacher n'était pas une solution réelle.
Il attrapa sa baguette et essaya de ne pas penser à la mort. Ce ne serait pas si mal. Juste quelques minutes, et ce serait fini. Ce serait fini et il pourrait finalement se reposer.
Mais quand le Détraqueur entra dans le Hall principal, Harry sentit soudainement qu'il y avait bien pire que d'être tué par le Sortilège de la Mort. Et les horribles souvenirs qui l'attaquaient ne rendaient pas plus facile sa tâche de rester conscient.
Il vit le cercle s'ouvrire autour de lui et tout le monde s'éloigna de lui aussi vite et aussi loin que possible.
Le visage de Severus se teinta d'un léger vert. Harry ne savait pas ce que ressentait l'homme : ses souvenirs emplis de peurs étaient assez.
Les cris de sa mère.
Severus qui s'Obliviatait…
La voix méprisante de Ron…
Le rire sadique d'Avery…
Les paroles de Voldemort…
Le visage d'Hermione tordu de dégoût…
Non, il devait rester concentré !
Il ouvrit ses yeux et soudain, trouva le regard de Severus.
« Je suis là, fils », dit-il à travers les terreurs assaillantes. « Tu n'es pas seul… »
« Voldemort a Harry », dit Hermione à Ron.
« Oh, non, pas encore… » murmura son ami pour lui-même alors qu'il se tenait l'un à coté de l'autre les baguettes pointées en avant. « Où est le professeur Snape ? »
Hermione ferma les yeux.
« Avec lui. »
Ron posa sa main gauche sur l'épaule d'Hermione.
« Il va le libérer, tu verras ! »
Hermione secoua sa tête.
« Il a été kidnappé lui aussi. Il n'est pas allé là-bas pour libérer Harry. »
« Mais… mais le professeur Flitwick… »
Hermione opina.
« Est-ce… est-ce que ça veut dire qu'Harry va mourir ? » demanda Ron après un long silence.
« Je ne sais pas. Il a toujours survécu. Il survivra », elle déglutit, « J'espère. »
Soudain, un puissant tremblement parcourut le château.
« Regardez ! » cria quelqu'un et il désigna le plafond enchanté.
La Marque des Ténèbres était là, flottant au-dessus d'eux comme leur sort prochain.
« Ils arrivent, Ron », la voix d'Hermione trembla, et Ron serra son épaule de façon encourageante.
« Nous les combattrons alors. Et nous vaincrons. »
Mais personne ne vint. Et après cinq minutes la Marque des Ténèbres disparut dans le néant.
Les étoiles scintillaient brillamment au-dessus d'eux.
Harry détourna ses yeux de Severus et les ferma pour se concentrer.
L'air autour de lui était froid, si froid…
Il n'y avait plus de bonheur. Juste sa tâche. Sa tâche ultime. Et il n'y faillirait pas.
Il sentit la peur sans visage se pencher sur lui. C'était proche, si proche…
Il était étendu sur son dos maintenant, sa main sur sa baguette au-dessus de sa tête, sous le pull. Il bougea sa baguette pour que le bout pointe Voldemort et avant que ces lèvres froides puissent le toucher, il murmura finalement-
« Animam ligo » et son corps devint soudainement mou.
Il avait fait son travail. Il avait lié l'âme de Voldemort à la sienne, et au moment où le détraqueur l'embrasserait, il n'y aurait pas que son âme qui quitterait ce monde.
Severus était rempli de peur lorsque le détraqueur se pencha sur Harry.
Le garçon bougea sa main au-dessus de sa tête, mais ne fit rien d'autre.
Puis une fine ligne bleue surgit du vêtement posé sous sa tête et frappa Voldemort en pleine poitrine.
« Harry, Harry ! » cria-t-il de peur.
Soudain, Voldemort s'effondra au sol.
Le détraqueur se redressa.
Le monde s'écroula autour de lui.
Et tout arrivait si vite…
Des Aurors surgirent de partout et les Mangemorts furent inconscients avant qu'ils puissent réaliser ce qui se passaient autour d'eux.
Quelqu'un relâcha Severus. Le moment suivant, il était agenouillé à coté d'Harry. Il le voyait respirer.
« Harry ? » demanda-t-il, de l'espoir se cachant dans sa voix.
Mais Harry n'ouvrit pas les yeux. Quand Severus leva une de ses paupières, il vit la raison. Une douleur froide fouetta son corps et un cri animal fusa. Il prit la baguette de la prise affaiblie d'Harry et se leva. En quatre enjambées, il se tenait à coté du corps toujours respirant de Voldemort.
« Avada Kedavra », il dit les mots avec toute la haine que son âme portait à cette créature. La créature qui avait ruiné toute sa vie et les vies de toutes les personnes qu'il chérissait. Il frappa le cadavre immobile et se détourna.
« Que s'est-il passé ? » demanda doucement un Auror.
Severus secoua juste la tête et s'assit à coté d'Harry. Il enfouit son visage dans les cheveux humides et pleura sans honte. Pleura en face des Aurors, qui allèrent et vinrent sur la pointe des pieds autour d'eux, pleura pour le garçon, pour leur futur perdu, pour son futur solitaire, dans l'ombre, encore.
Et cette fois il n'y avait pas de Dumbledore pour l'éteindre, pour le tenir, pour le réconforter.
Et tout d'un coup, il se sentit plus seul que jamais auparavant.
Le chapitre suivant, qui au passage sera l'avant-dernier, lundi prochain!!!
