En faisant le tour de mes vieux manuscrits, j'ai trouvé quelques fics non terminées. A l'origine, cette série d'OS aurait dû être un 5 +1 sur Gu Ting Ye mais je l'ai laissé de côté depuis tellement longtemps que je ne me souviens plus des POV que je voulais y ajouter. Je le publie donc en l'état.
A l'origine, ces textes avaient été pour l'une des nuits d'écriture du Forum Francophone. Celui qui suit a été écrit pour le thème « Griffe »
.
Cette mauvaise herbe…
.
Au début, elle l'avait fait pour sa sœur, pour sa famille.
Quand l'héritier de la famille Gu avait abandonné sa sœur, on les avait beaucoup plaints, bien sûr, et on avait sympathisé avec leur malheur puis leur douleur mais cela n'avait pas effacé l'humiliation subie. On avait poussé sa sœur au divorce pour la remplacer par la fille d'un marchand de sel ! On avait rejeté la noblesse des Qin pour la dot faramineuse des Bai ! Sa famille avait été humiliée et sa sœur en était morte.
Ils auraient sans doute dû se draper dans leur dignité et couper toute relation avec les gens du manoir du marquis de Ningyuan mais les ainés de son clan avaient décidé du contraire. Elle avait ainsi pu rencontrer la marchande de sel et elle avait vu comment elle cherchait à remplacer sa sœur, y compris auprès du fils de celle qu'elle avait poussé à la mort. Il n'était pas question que Yu'er oublie sa mère. Il n'était pas question que la marchande de sel prenne aussi cette place-là. Heureusement Yu'er était jeune et lui faisait confiance. Il n'avait fallu que quelques mots judicieusement placés pour que tout espoir de lien entre la Bai et Yu'er disparaisse.
Mais la marchande de sel avait eu un fils, un fils en meilleur santé que Yu'er évidemment, un fils qui allait pouvoir hériter du titre et de la charge militaire de son père et de son grand-père.
Mais la marchande de sel était morte. Heureusement ! Les Qin avaient alors pu arranger son mariage avec celui qui avait été son beau-frère. Pour réparer l'humiliation subie quelques années plus tôt, certainement. Ainsi, l'ordre avait été rétabli… Tout en en conservant la dot de la Bai.
Mais il n'y avait pas que la dot du sel qui était resté. Le fils de la marchande était toujours là lui aussi.
Au début, elle avait choisi de s'en faire aimer. La santé de Yu'er restait chancelante. Il n'allait certainement pas vivre longtemps et les médecins restaient vagues sur ses chances d'avoir des enfants. De plus, Gu Yankai ne la laissait pas le servir autant qu'elle le voulait. Quelles étaient ses chances d'avoir un fils dans ces circonstances ? Mieux valait qu'elle se fasse aimer du fils de la Bai s'il finissait par être l'héritier.
Mais elle avait eu un fils.
Yu'er allait mourir jeune. Le fils de la marchande de sel était déjà considéré par tous et toutes comme le véritable héritier de son père. Il n'en était pas question ! Elle avait maintenant un fils elle aussi, un fils qui pouvait hériter de tout, mais il y avait un autre fils qui le précédait et ce fils poussait avec toute la vigueur de la mauvaise herbe qu'il était. Heureusement, cette mauvaise herbe aimait tout aussi férocement que son père.
Combien de fois Gu Yankai avait-il utilisé le nom de sa sœur quand elle le servait ? Sans même s'en rendre compte et s'en excuser...
Le fil de la Bai était fort, têtu… Et si facilement manipulable. Comme son père. Comme l'ensemble du clan Gu. Elle n'avait presque pas besoin d'intervenir. Le bon mot. La bonne phrase. A l'enfant. A son époux. Aux gens de la quatrième et de la cinquième maison. C'était suffisant.
Le fils de la Bai l'adorait. Il ne soupçonnait rien. Il blâmait son père, ses frères, ses oncles et ses cousins. Il grandissait comme la mauvaise herbe qu'il était. Fort et têtu. Agile et tenace. Parfois, elle croyait voir une lueur de fierté dans les yeux de son époux. Mais heureusement, l'enfant de la marchande de sel, même s'il était vif d'esprit, était tout aussi intransigeant et arrogant que son père. L'étincelle de fierté ne devint jamais un brasier. Au bout d'un moment, elle n'eut même plus besoin de murmurer quoi que ce soit à l'un ou l'autre. Les disputes éclataient d'elles-mêmes.
Enfin, son époux mourut ! Enfin, ils réussirent à jeter le fils de la Bai dehors sans entacher la réputation du marquis de Nianping et du clan Gu. Pour tout le monde, tout était la faute de ce gredin de Gu Ting Ye qui avait poussé son père à la mort sans jamais chercher à s'améliorer.
Elle avait gagné. Enfin ! Le fils de la Bai était parti ! Yu'er était devenu marquis mais n'avait qu'une fille et il était bien trop malade pour avoir un fils. Ne restait donc que le sien. Wei'er hériterait de tout. Du titre de marquis. De la dot de la marchande de sel.
La victoire ne dura qu'un temps.
Le fils de la Bai était une mauvaise herbe. Il était revenu évidemment. Auréolé de gloire cette fois. Le sauveur de l'Empereur ! De deux Empereurs même ! Celui qui venait de mourir et celui qui lui avait succédé.
Tout était à recommencer.
Mais le fils de la Bai restait arrogant, idiot et trop fier. Bien sûr, maintenant, il ne la croyait plus mais contrairement à lui, sa réputation à elle était sans tâche. De plus, elle était amie avec toute la bonne société de la capitale, elle allait donc pouvoir lui trouver l'épouse parfait, une épouse qui lui serait fidèle… A elle. Pas à lui évidemment. Elle allait aussi lui trouver quelques concubines. Le fils de la Bai aimait les femmes. Cela serait facile…
Mais il ne l'avait pas laissé faire. Il avait préféré épouser la sixième fille d'un petit magistrat qui n'était légitime que sur le papier, une fille qui avait fait l'objet de toutes les rumeurs quelques années plus tôt à cause de son histoire avec le fils du duc Qi. Comme d'habitude, et malgré les mérites militaires, le fils de la marchande de sel ne pensait qu'à lui et ignorait la réputation de leur famille. Au moins, il avait choisi la fille d'un magistrat comme épouse, pas cette chanteuse dont il s'était amouraché des années plus tôt et qui lui avait donné deux enfants.
Cette chanteuse qu'était-elle donc devenue ?
Quant à la fille de magistrat, elle serait sans aucun doute facile à manipuler. Elle pouvait compter sur ses belles-sœurs de toute façon. En leur glissant quelques mots l'air de rien, elle pourrait faire plier cette jeune épouse sans mérite et sans grandeur.
Mais Sheng Minglan était loin d'être stupide. Le fils de la marchande de sel s'était trouvé l'épouse parfaite… Pour lui. Elle devait le reconnaître. Il n'était plus seul. Avec elle, il pouvait attaquer de front comme il le voulait car son épouse était là, derrière lui, assurant ses arrières, défendant leur position et leur foyer.
Si cela continuait ainsi, le titre et la fortune ne serait jamais à Wei'er. Elle s'en rendait bien compte.
Et c'était une chose qu'elle ne pouvait accepter...
Elle trouverait un moyen. Après tout, c'était ce qu'elle avait toujours fait.
...
