Moi : Salut tout le monde ! Non je ne suis pas morte, héhé... Désolée pour le silence radio la semaine dernière, mon emploi du temps s'est mal goupillé du coup j'ai pas pu écrire... ^^'

Ryuga : J'ai lu le chapitre. Sortez les mouchoirs, j'crois qu'elle a décidé de vous faire pleurer.

Moi : Rooooh, tout de suite !

Kyoya : Super, je sens que je chiale encore -_-

Moi : Bon, ce chapitre c'est effectivement beaucoup de feels, accrochez-vous ! Et accessoirement cette fic a fêté son premier anniversaire, wouhou ^^

Chris : Déjà un an ! Le temps passe vite !

Kyoya : Ou pas.

Moi : On se tait Super RabatJoie ! Allez, disclaimer ! n_n

Ryuga : Wonderinn ne possède pas MFB, par contre elle possède le sadisme.

Moi : Tout à fait mon cher u_u


Réponse aux reviews :

Komachu : Ah là clairement le cerveau est éteint, il se rallumera plus tard XD
Emmerdes droit devant mon capitaine ! XD

Fairy Selene : C'est plus le train de la hype, c'est le train des emmerdes ! XD
Oui oui je sais, ça faisait très porno, c'était voulu ! On le sait qu'ils s'aiment, mais dans leur état l'amour il était pas très visible XD
Eh ouais, c'est pas resté comme ça pour toujours, chienne de vie...

Marius : C'est pas dit que Nile et Rika vont être au courant, Ryuga et Kyoya sont passés ceinture noire de la dissimulation et du mensonge ! Bon c'est pas ce qu'il faudrait faire, mais voilà quoi... ^^'
J'aime bien le côté bestial, mais je préfère quand même pouvoir faire ressortir de l'amour ! Là c'était pas trop le cas XD


Kyoya vécut à ce moment le pire ascenseur émotionnel de toute sa vie. D'un sentiment d'apaisement et de bonheur, il passa soudainement à un profond sentiment d'angoisse, de terreur et de dégoût envers lui-même. Bordel de merde, il venait vraiment de faire ça… ? Il venait réellement de coucher avec Ryuga… ? Oh non… Tout était allé tellement vite, et le vert avait complètement perdu le contrôle de lui-même. Résister avait été impossible, totalement impossible. Perdre la tête à cause de ses chaleurs il connaissait, mais à ce point, il ne l'avait jamais vécu. En même temps, jamais il ne s'était retrouvé face à un alpha en rut pendant l'une de ses chaleurs…

-J-Je… N-Non… O-On a p-pas vraiment fait ça, hein… ? Bafouilla l'oméga d'une voix tremblante et fébrile, le visage très pâle et une lueur de désespoir ternissant ses pourtant si beaux yeux bleus.

Face à la détresse émanant de son amant, Ryuga sentit son cœur se serrer dans sa poitrine. Qu'est-ce qu'il se sentait mal, c'était horrible… Il ne parvint même pas à répondre de vive voix au plus jeune, mais son visage parla pour lui. Il avait l'air désolé, désemparé et très coupable, il n'arrivait même plus à soutenir le regard de Kyoya. Ce dernier sentit une boule se former dans sa gorge, piquante et étouffante, et ramena une main devant sa bouche grande ouverte comme pour retenir un cri qui de toute façon restait bloqué dans sa gorge. L'horreur qui l'envahit était insoutenable. Les larmes montèrent dans ses yeux à une vitesse ahurissante, rendant ses yeux bleus brillant comme des perles d'eau.

-Oh non, ne pleure pas Kyo… souffla le blanc d'une voix faible et serrée. Là c'était sûr, il ne pourrait jamais se sentir plus mal qu'à cet instant… Je t'en prie, ne pleure pas… Je suis désolé, tout est de ma faute…

-N-Non, c'est de la mienne… sanglota le plus jeune en essayant de toutes ses forces de ravaler ses larmes, ce qui était d'autant plus compliqué en position allongée. C'est parce que j-j'ai ouvert cette putain de fenêtre… J'aurais jamais dû, m-mais j'avais tellement chaud, je voulais juste un peu d'air… J-Je suis tellement désolé, j-j'ai tout fait foirer…

-Kyo, arrête de dire ça, je t'en prie… lui répondit Ryuga, sentant son cœur se déchirer peu à peu. Tu voulais juste de l'air, c'est normal… C'est ma faute à moi. Quand Nile m'a donné le double des clés de chez vous, j'aurais dû refuser… Je savais que c'était une mauvaise idée…

-Attends, quoi ?! S'étrangla pratiquement le vert, ses larmes soudainement stoppées. T-T'avais le double des clés de la maison… ?

-O-Oui, c'est Nile qui me l'a donné… Il a dit que je n'aurais sûrement pas à m'en servir, que c'était seulement en cas d'urgence et qu'il me le donnait plus pour se rassurer lui qu'autre chose… Il ne te l'avait pas dit… ?

-Non, il ne me l'avait pas dit… Je comprends mieux comment tu as réussi à entrer…

Kyoya soupira avec lassitude et pensa que les choses n'auraient pas pu être pires. Les astres s'étaient vraiment terriblement alignés pour mener jusqu'à ce moment, c'en était presque effrayant… Que Ryuga soit entré en rut pile pendant l'une de ses semaines de chaleur était déjà une sacrée coïncidence, mais le reste n'était qu'un enchainement d'évènements complètement improbables. S'il n'avait pas ouvert la fenêtre parce qu'il avait trop chaud, l'alpha n'aurait jamais été attiré par son odeur, mais si Nile n'avait jamais confié le double des clés de la maison à celui-ci, alors même attiré il n'aurait jamais pu entrer… De si petits détails auraient pu tout changer, mais maintenant c'était trop tard. Ils venaient tous les deux de commettre un acte irréparable et il allait falloir vivre avec ses conséquences.

-Je suppose qu'il ne voulait pas que tu te vexes, reprit le blanc, toujours en train de parler de Nile et du double des clés. Il sait à quel point tu détestes devoir dépendre de quelqu'un…

-Sûrement oui… répondit l'oméga distraitement avant de déglutir difficilement. Ryuga… Qu'est-ce qu'on fait maintenant… ?

-Je… J'en sais rien… articula Ryuga d'une voix très faible, les mots semblant lui brûler la gorge. On n'aurait jamais dû faire ça, mais c'est trop tard… Kyoya… Kyoya, je te jure que si je pouvais je quitterais tout pour toi… Je t'aime tellement, et j'en peux plus de ce mariage à la con dans lequel je me suis coincé, m-mais je peux pas… Je peux pas imposer ça à Sakyo, et-

-Ryuga, ne me mens pas à moi, le coupa son amant en fronçant les sourcils, l'air soudainement très sérieux et assuré alors qu'il semblait mal à l'aise et effrayé quelques secondes auparavant.

-Quoi… ?

-C'est pas à cause de Sakyo que tu refuses de demander le divorce, n'essaie pas de me faire croire ça. Je suis bien placé pour savoir que ton fils n'a pas la meilleure des relations avec sa mère et je pense sincèrement qu'il ressent les problèmes qu'il y a entre vous-deux. Je ne dis pas que ça ne lui ferait rien que vous vous sépariez, mais il serait capable de s'en remettre. Et je sais que tu le sais.

Kyoya avait toujours été très observateur, il semblait capable de percer les gens à jour en un temps record, sauf évidemment quand ça le concernait d'un peu trop près. Avec le blanc, cette capacité était démultipliée parce qu'ils étaient sortis ensemble. Impossible pour lui de mentir ou simplement de cacher quelque chose, le plus jeune le remarquait à chaque fois. Cette fois-ci, l'oméga avait bien une idée de pourquoi il lui mentait. Il croyait savoir ce que son amant tentait tant bien que mal de dissimuler.

-Tu m'énerves, c'est vraiment impossible de te mentir… finit par dire Ryuga avec un petit ricanement nerveux, cherchant à camoufler comme il pouvait son malaise.

-La vraie raison c'est tes parents, pas vrai… ? Suggéra le vert, moins assuré qu'auparavant. C'était LE sujet qui crispait Ryuga, alors il n'était pas franchement ravi de l'amener sur la table.

-Ouais… répondit le journaliste en détournant le regard. C'est ça d'être assez con pour se marier avec la fille d'amis de ses parents. Si je demande le divorce, Rika va le dire à ses parents, normal, et ses parents vont le dire aux miens, et là ça va être l'enfer. Ça va faire deux ans que j'arrive à les tenir loin de moi, et c'est déjà pas évident, mais s'ils apprennent un truc pareil ils vont se ramener ici pour me prendre la tête, et je refuse. Je veux plus les voir, je peux pas… Rien que de parler avec eux par textos ça me fout des angoisses pas croyables, si je me retrouve à nouveau face à eux je vais pas y arriver, je vais taper une crise d'angoisse ou un truc du style ! Je peux pas, je peux juste pas… C'est pathétique putain, 27 ans et mes parents me terrifient… En partant je me disais que je pourrais enfin me libérer de leur emprise sur ma vie, qu'est-ce que j'ai été con et naïf… Ils sont loin, mais d'une manière ou d'une autre ils réussissent toujours à me pourrir la vie…

Les larmes étaient montées si rapidement dans les yeux de l'alpha et en avaient débordé avec la même vitesse. Kyoya se sentit terriblement impuissant face à la détresse de son amant, ça faisait tellement mal… Les parents de Ryuga étaient vraiment les pires êtres humains que Kyoya n'ait jamais connu, et pourtant il ne les connaissait que de loin. Il avait l'impression qu'ils n'avaient jamais été ne serait-ce qu'agréables avec leur fils aîné, et cela sans la moindre raison. Merde, mais pourquoi étaient-ils comme ça, le vert ne comprenait simplement pas ! Ryuga n'avait jamais rien fait de mal, il n'avait pas été un enfant à problèmes, il avait simplement un caractère un peu plus trempé que celui de son petit frère, et c'était comme si ses parents ne l'aimaient pas… Ça pouvait paraître exagéré mais c'était réellement l'impression que l'oméga avait, et ça le rendait à la fois horriblement triste et incroyablement en colère.

Son ex petit-ami ne méritait pas ça… Il y avait beaucoup trop de choses qu'il n'avait pas mérité de vivre pour être honnête. Cet amer sentiment d'impuissance ne fit que grandir au fur et à mesure des pensées du plus jeune, ça lui était insupportable. La vie était d'une injustice écœurante avec son amant, et Kyoya détestait du plus profond de son cœur les injustices. Malheureusement, il ne pouvait rien faire pour arranger ça, il n'en avait tout simplement pas les moyens, et ô bordel que ça le rendait fou… Quelles sales vies de merde ils menaient tous les deux, c'était d'un déprimant. Au moment où le vert se dit qu'il en avait marre de penser à des choses qui lui plombaient autant le moral et cessa de perdre son regard dans le vide, ses yeux bleus retombèrent sur le visage de Ryuga et il eut la sensation que son cœur venait d'exploser en mille morceaux dans sa poitrine et ne pourrai jamais se réassembler comme il le fallait. Le blanc avait les joues baignées de larmes qu'il semblait essayer désespérément de stopper sans y parvenir, et son expression laissait clairement deviner que non seulement il était malheureux à en crever mais qu'en plus il avait honte de se retrouver dans cet état. Il avait honte d'être aussi malheureux et de pleurer à chaudes larmes… Son odeur s'était faite…terne et fade… Ce n'était plus l'odeur chaude et réconfortante d'un feu de bois en train de crépiter dans le foyer d'une cheminée, c'était une odeur profondément triste de bois brûlé mais froid et de cendres. Quelle horrible odeur… Si la tristesse et le désespoir avaient une odeur, ce serait certainement celle-là.

Là, c'en fut vraiment trop pour Kyoya. Il ne pouvait pas rester comme ça sans rien faire, il ne pouvait pas juste rester planter là à regarder son ex petit-ami pleurer ! Quel horrible être sans cœur et sans empathie il serait s'il se contentait de regarder l'homme qu'il aimait pleurer en attendant simplement que ses larmes se tarissent ? Il ne pouvait pas régler ses problèmes, mais il était au moins capable de le réconforter et de l'apaiser. Enfin, il espérait, mais il avait toujours réussi quand ils étaient ensemble donc il n'y avait pas de raison qu'il n'en soit plus capable. Aussi doucement que possible, l'oméga passa alors ses bras autour du buste secoué par les sanglots de son amant et l'entraina contre lui pour lui donner une étreinte tendre et réconfortante. Ryuga fut surpris, il était tellement perdu dans ses pleurs qu'il avait quasiment oublié la présence du vert en-dessous de lui, mais il se laissa faire sans opposer la moindre résistance et se blottit contre son torse tout en fermant les yeux. Il se sentit un peu honteux sur le moment, il avait l'impression d'être un bébé à pleurer comme ça et à avoir besoin d'un câlin pour être calmé, mais il oublia vite ce sentiment. Ce n'était pas le moment de penser à son égo ou quelque chose du style, il était malheureux et il avait besoin de réconfort, c'était un fait et il n'avait pas à en avoir honte. Il n'avait pas choisi de se sentir si mal, ça ne servait à rien de rajouter encore plus de culpabilité par-dessus tout ça.

Ryuga s'abandonna donc à ce réconfort assez régressif, et en à peine une minute ses larmes cessèrent de couler et un sentiment de bien-être l'emplit avec une grande douceur. Les battements de cœur de l'oméga résonnaient sous son oreille, calmes et réguliers, et son odeur légère et sucrée de menthe et de noix de coco l'entourait et l'apaisait, comme une sorte de couette bien moelleuse. Lui qui se sentait si mal encore quelques minutes auparavant, désormais il se sentait incroyablement bien. À vrai dire, le blanc ne s'était jamais senti aussi bien de sa vie. Il était apaisé, réconforté, calmé… En fait, il se sentait…à sa place. Oui, il n'avait pas d'autres mots, il se sentait à sa place. C'était là qu'il était censé être, blotti contre celui qu'il aimait, oubliant le monde autour d'eux et surtout leurs vies de merde qui les rendaient malheureux. C'était comme ça que les choses devraient être, enfin si la vie était juste…

-Je suis désolé… finit par soupirer le journaliste, les joues légèrement rougies par la honte mais le visage toujours blotti contre le torse du plus jeune. Je voulais pas craquer comme ça, mais mes parents c'est vraiment le sujet qui me fait vriller…

-T'excuses pas Ryu, je sais à quel point ils sont terribles ceux-là, répondit Kyoya en appuyant bien sur « ceux-là » avec mépris. Et puis franchement, regarde nos vies… C'est triste à en chialer pendant des heures.

-Ouais, je sais… répliqua le blanc. Et on vient de se foutre encore plus dans les emmerdes…

-Totalement… Écoute Ryu, toi comme moi on rêve de lâcher nos vies respectives pour nous remettre ensemble, mais c'est pas possible… La seule chose qu'on peut faire c'est aller nous doucher, toi tu rentres chez toi et on reparle plus jamais de ça, dit le vert d'un ton défait, blasé et assez déprimé.

-Ouais, j'suis d'accord… Et vive la lâcheté hein…

-Oh, ça oui…

Et les deux partagèrent un ricanement amer et nerveux. Ils se considéraient tous les deux comme des enfoirés lâches qui s'enfonçaient de plus en plus dans cette lâcheté, et tous les deux ça les rendait fous car ça ne leur ressemblait pas d'être comme ça. Merde, mais à quel moment ça avait commencé à déconner ? Comment avaient-ils réussi à passer de deux ados rebelles qui n'hésitaient pas à rentrer dans le lard des gens qui leur cherchaient des noises et écoutaient du Three Days Grace ou du Linkin Park à fond les ballons dans un manoir de bourges à deux adultes déprimés, enfermés dans une vie qui ne leur plaisait pas, incapables de quitter leurs partenaires pour des raisons nébuleuses et qui étaient désormais prêts à cacher un adultère en mentant alors qu'ils abhorraient tous deux le mensonge. Enfin bon, ils n'étaient plus à un mensonge près dans leur vie de con… Celui-là était simplement plus gros et plus méchant que les autres. La vie n'était vraiment qu'une sale pute avec eux.

À contrecœur, Ryuga décida donc de se redresser, quittant la douceur et le réconfort de l'étreinte de son amant, essuya rapidement ce qu'il restait de ses larmes sur ses joues et esquissa un mouvement pour se lever qui fut rapidement contraint quand il se rendit compte que depuis tout ce temps, eh bien il ne s'était absolument pas retiré de l'intimité de l'oméga. Il avait complètement oublié mais il était toujours en lui… Rougissant légèrement à cause de la gêne provoquée par ce constat, l'alpha fit donc un mouvement en arrière pour sortir son membre vidé et revenu à une taille raisonnable des chaires de Kyoya, arrachant au passage un petit gémissement à ce dernier. Il y avait une part de gêne et aussi un peu de dégoût dans ce gémissement, causée par le bruit pas franchement classe que l'action de Ryuga produisit. Un bruit humide, une sorte de succion, et l'instant d'après le vert sentit couler sur ses cuisses et les draps du lit un mélange de sperme chaud et de lubrifiant. Il pensa avec une pointe de désespoir qu'il y avait certainement à cet instant plus de lubrifiant venant de lui sur ses draps que dans un pot de lubrifiant artificiel d'une certaine marque qui commence par un D et qui rime avec sexe, et que ça allait être certainement la galère pour que ces pauvres draps reviennent à un état normal. Il faudrait au moins deux passages en machine pour qu'ils soient à nouveau bien propres, il en était sûr et certain. Mais bon, il penserait à ça après une bonne douche.

Sans la moindre difficulté, Kyoya se leva donc du lit pour aller dans sa salle de bain, suivi par Ryuga qui ne connaissait pas assez bien la maison pour trouver cette pièce tout seul. Quand le vert entra dans la pièce, son regard tomba immédiatement sur le petit placard au-dessus du lavabo. Sa pilule. Il ne fallait pas qu'il oublie sa pilule. C'était déjà une assez grande connerie d'avoir couché avec son ancien petit-ami marié et père d'un petit garçon, il ne manquerait plus qu'il tombe enceint de lui à cause d'un stupide oubli de pilule. Là ce serait vraiment le boss final des emmerdes et les mensonges ne pourraient pas rattraper le coup.

-Heureusement que j'y ai pensé, c'est pas Ryuga qui me l'aurait rappelé… pensa l'oméga en se dirigeant vers le placard. Il doit même pas savoir que je prends ça, et en même temps comment il pourrait ? Je prenais pas encore la pilule quand on était ensemble, il arrivait toujours à penser à mettre un préservatif. J'sais même pas comment il arrivait à autant garder sa tête…

Il n'aurait sans doute jamais la réponse à cette question, et de toute manière ce n'était pas important. L'important c'était de prendre sa putain de pilule, et vite. Oubliant la présence de Ryuga, le jeune homme aux cheveux verts complètement décoiffés et collés à certains endroits par la sueur ouvrit donc la petite pharmacie et saisit machinalement la plaquette de ses pilules. Ses mouvements étaient mécaniques, visiblement rythmés par des habitudes prises depuis des années et des années. Il ne regardait même pas ce qu'il était en train de faire, il n'en avait pas besoin. Le blanc était impressionné, le regardant faire avec une certaine admiration. Comment Kyoya parvenait-il à effectuer des actions compliquées si machinalement et rapidement ? En moins d'une minute il avait réussi à prendre sa plaquette, en sortir une pilule sans qu'elle lui échappe des mains, ranger la plaquette, refermer le placard, prendre un verre, le remplir d'eau et avaler sa pilule avec une gorgée sans s'étouffer. Ryuga avait énormément de mal à avaler n'importe quel type de cachets, donc à ses yeux c'était toujours impressionnant quand quelqu'un y arrivait du premier coup.

-Arrête de le fixer comme ça, tu vas le mettre mal à l'aise le pauvre, se dit finalement le blanc en détournant le regard, préférant regarder la cabine de douche.

C'était vrai quoi, à quoi ça l'avançait de mater l'oméga en train de prendre sa pilule ? À rien du tout, de l'extérieur ça donnait juste l'impression qu'il surveillait son amant comme si c'était un enfant et qu'il fallait s'assurer qu'il prenait bien ses médicaments, et s'il y avait bien une chose que Kyoya détestait c'était qu'on l'infantilise. Le journaliste se dépêcha donc de se détourner pour aller dans la douche, pris d'une peur totalement irrationnelle et stupide que son ancien petit-ami soit soudainement doté d'un pouvoir de télépathie et puisse lire dans ses pensées. Que c'était con ce genre de pensées. Sa pilule avalée, le vert décida de le rejoindre, l'expression de son visage plutôt neutre. Il ne semblait ni heureux ni mal à l'aise de se retrouver à prendre une douche avec son ex, mais en même temps ils venaient tout juste de coucher ensemble donc ils n'étaient plus à ça près. Pour être honnête, Kyoya était assez calme actuellement, il ne pensait qu'à la chaleur agréable de l'eau sur sa peau et au fait qu'il avait eu légèrement du mal à avaler sa pilule alors que d'habitude elle glissait toute seule le long de son œsophage. C'était un peu bizarre, c'était comme si elle s'était avérée plus grosse que d'ordinaire… Bah, ça devait être un reste de tout le stress qu'il avait ressenti et qui lui avait littéralement serré la gorge.

-Je sais pas combien de temps je vais rester calmé, j'espère que je pourrais aller chercher Sakyo tout à l'heure… marmonna l'alpha d'un ton qui laissait clairement deviner qu'en fait il se parlait à lui-même tout en prenant le gel douche qu'il avait devant lui pour se laver.

-Hein ? Laissa échapper Kyoya en réponse. Il savait très bien que Ryuga ne s'adressait pas à lui, mais pour une raison qui lui échappait totalement il n'avait pas pu s'empêcher de répondre…

-Oh, désolé, j'ai pensé à voix haute… s'excusa le plus âgé en se raclant la gorge, gêné.

-Tu… Tu ne sais pas au bout de combien de temps tes ruts vont reprendre ? Se hasarda à demander le vert. Quel merveilleux sujet de conversation tiens…

-Non… Ils sont…très courts, mais comme j'avais jamais vraiment pu les…calmer avant, je suis dans le flou actuellement…

Kyoya se dit que c'était logique qu'il ne sache pas, Rika n'était qu'une bêta après tout, coucher avec elle lui permettait sans doute de se calmer une heure ou deux, mais pas beaucoup plus. Le jeune homme sentit alors un long frisson désagréable lui courir le long de l'échine et lui hérisser les poils qu'il n'avait pas puisqu'il était imberbe. Imaginer Ryuga coucher avec sa femme venait de lui flanquer une terrible sensation de dégoût, c'était horrible… Pourtant évidemment que c'était arrivé, Sakyo n'existerait pas autrement. À moins que l'immaculée conception n'existe bel et bien, mais l'alpha n'avait pas franchement une tête à s'appeler Dieu et à engendrer le messie pour prêcher la bonne parole aux humains. Non, vraiment pas. Puis alors Rika n'avait rien, mais alors rien de la Vierge Marie. Non, Sakyo était juste un enfant normal, pas le petit Jésus, et il avait été conçu comme tous les enfants normaux. Argh, il fallait vraiment que Kyoya arrête de penser à ça, il allait se filer la gerbe à force et ce serait con de vomir maintenant, il risquerait de vomir sa pilule avec.

Ryuga de son côté ne remarqua absolument rien des élucubrations mentales de son amant, qui pourtant se répercutaient sur son visage, car il était plongé dans ses propres pensées. Il espérait sincèrement que ses ruts allaient se calmer au moins jusqu'à ce qu'il ait été cherché son fils à l'école, il n'avait pas envie de devoir appeler son épouse pour qu'elle le remplace. L'ambiance était toujours plutôt tendue entre eux… Et puis l'alpha aimait bien trop aller chercher son petit garçon à l'école, ça faisait partie des petits rituels de sa vie de papa qu'il ne voulait échanger contre rien au monde. Il n'avait d'autre choix que d'attendre et de voir. Quelle heure était-il d'ailleurs ? Il n'en avait aucune idée, il avait perdu la notion du temps à partir du moment où il avait respiré l'odeur des phéromones de Kyoya devant sa porte d'entrée.

Les deux amants ne s'adressèrent plus la parole pendant de longues minutes. Il n'y avait pas de malaise entre eux, ils n'avaient simplement rien à se dire car ils étaient trop pris par leurs pensées respectives, alors ils se contentèrent de se laver en silence. Ryuga fut le premier à sortir de la douche, l'air toujours ailleurs, et se sécha distraitement avec la première serviette qui lui passa sous la main avant de retourner dans la chambre pour se rhabiller. L'odeur agressive qui l'y attendait le fit légèrement reculer et rougir. Entre le mélange étrange de ses phéromones et de celles de l'oméga qui restait suspendu dans l'air et les effluves chaudes de sueur et de semence qui elles restaient collées aux draps, le blanc avait presque envie d'ouvrir la fenêtre histoire d'aérer un peu, mais ce n'était pas forcément la meilleure des idées… Et puis ce n'était même pas chez lui, il n'allait pas commencer à prendre ses aises non plus. Il préféra donc simplement ramasser ses affaires pour se rhabiller. Kyoya le rejoignit assez peu de temps après et eut la même réaction en revenant dans la pièce, quoiqu'il semblât un peu plus gêné. Il prit en vitesse des vêtements propres dans sa commode, ceux qu'ils portaient avant ayant été salis par sa chaleur, se rhabilla et poussa un peu précipitamment le blanc hors de la chambre. En fait, l'oméga voulait fuir la vision de son lit aux draps froissés et trempés de beaucoup trop de fluides différents, témoin et preuve de sa tromperie. Avant même de s'en rendre compte, Ryuga se retrouva donc au rez-de-chaussée avec le vert, juste devant sa porte d'entrée.

-Je suis désolé pour tout ça… soupira le plus jeune. Vraiment désolé…

-Moi aussi Kyoya, répondit le journaliste en détournant le regard. Mais ce n'est ni de ta faute ni de la mienne… Ça sert à rien de culpabiliser, de toute façon c'est trop tard. On en reparlera plus…

-J-Je… ! S'exclama Kyoya en bafouillant quand il vit le plus âgé faire un mouvement vers la porte, voulant le retenir. Même si j'étais ailleurs, j-je regrette pas ce qu'on a fait… E-Enfin si, parce que c'est dégueulasse moralement, m-mais…

-J'ai compris ce que tu essaies de dire, t'es pas obligé de terminer, le coupa doucement l'alpha en souriant, attendri par la maladresse de son amant qui n'avait jamais été particulièrement doué pour exprimer ses sentiments à voix haute. Moi aussi tu sais.

Le vert laissa échapper une sorte de petit ricanement gêné et se gratta la nuque, embarrassé par ses cruelles difficultés de communication, mais ses yeux eux réussissaient parfaitement à parler pour lui. Ryuga lisait sans problèmes de la culpabilité et de l'embarras dans ces magnifiques prunelles saphir, mais il y lisait également un amour tout aussi coupable et embarrassé. Putain, que ça le faisait craquer… Il ne put résister et combla la distance entre eux pour venir poser ses lèvres sur celles de cet homme qu'il aimait tellement mais qu'il ne pouvait pas avoir auprès de lui. Ce ne fut l'affaire que de quelques secondes, Ryuga savait que s'il se risquait à plus alors il se pourrait qu'il ne réussisse pas à partir, mais les deux amants impossibles savourèrent la moindre de ses petites secondes avant de se séparer. Le blanc se dépêcha alors de saisir la poignée de la porte dans une main et s'enfuit quasiment, laissant son ancien petit-ami seul dans sa maison toujours aussi sombre avec une bonne conscience qui était en train de l'incendier. Mais voilà, pour une fois Kyoya s'en ficha des engueulades mentales de son Gemini Cricket. Il se sentait étrangement…apaisé. Bordel, c'était vraiment trop dangereux tout ça…

À suivre...


Moi : Fin du chapitre ! Ah là là, les pauvres garçons, encore et toujours dans la même situation de merde...

Ryuga : Mes parents c'est Satan ou quoi dans cette histoire ?

Moi : Pour que tu aies peur à ce point d'eux, peut-être bien que oui !

Kyoya : Bonjour les emmerdes... On va la tenir combien de temps cette situation au juste ?

Moi : Bah j'peux rien dire, sinon c'est du spoil ! Vois le bon côté des choses, au moins t'auras pas de polichinelle dans l'tiroir !

Kyoya : ...

Moi : Ouais pardon, j'adore cette expression XD

Ryuga : C'est la grosse ambiance en tout cas, vive la déprime et la lâcheté !

Moi : Ça pourrait être le sous-titre de cette fic oui X)

Chris : J'espère que Ryuga va balancer ce qu'il a fait au moi de la fic, et qu'il se fera enguirlander bien comme il faut ! XD

Ryuga : C'est la journée des expressions à la con ? -_-

Moi : Nan nan ! Bref, laissez les reviews de l'amour, et à la semaine prochaine ! Moi je me casse, je vais à Luna Park cet aprem !

Chris : Oh la chance :(