Publié le dimanche 5 mars 2023.
CETTE HISTOIRE EST MAINTENANT DISPONIBLE EGALEMENT SUR WATTPAD, COMPTE EMRYS-CHRONIQUES
Disclaimer : Tout l'univers de Harry Potter appartient à JK Rowling.
Rating T : langage grossier, injures, violence, allusions sexuelles
! Attention, le dernier pov du chapitre contient une scène avec des allusions sexuelles qui peuvent mettre mal à l'aise les personnes sensibles
Hello ! Je suis hyper en retard dans ma publication comme d'hab' mais j'ai fini par venir à bout de ce chapitre qui m'a donné du fil à retordre. Il s'intitule donc Bande de blaireaux, promis aucun Poufsouffle n'a été maltraité durant l'écriture. Pour compenser le délai, le chapitre est assez long, j'espère que ça vous ira. Le prochain chapitre aura pour titre Attention, les serpents mordent et ne sera pas publié avant au moins début mai, j'ai des examens en tout genre cette année, c'est un peu la galère. Désolée pour ceux qui suivent l'histoire, je sais que les délais sont très longs mais je fais mon maximum.
On se retrouve à la fin pour le debrief, je vous souhaite une bonne lecture, n'hésitez pas à aller écouter la chanson du chapitre !
CHAPITRE.14 : Bande de blaireaux (Heathens - Twenty One Pilots)
Valya grogna alors qu'un élancement douloureux lui transperçait le front. Cette journée était carrément pourrie. Tout avait commencé par le cours de potions et le devoir sur les différents usages de la menthe poivrée dans les élixirs, devoir qu'elle avait complètement oublié, comme celui de métamorphose à rendre pour le lendemain. Son cher oncle s'était donc fait un plaisir de lui infliger un sermon devant toute la classe et de la coller, une fois de plus, en retenue.
Ensuite, le temps était tellement mauvais que l'entraînement de Quidditch avait été annulé et même elle n'était pas assez suicidaire pour aller voler sous un déluge pareil. Il y avait aussi Jugson, dont elle n'avait toujours aucune nouvelle et elle commençait d'ailleurs à se demander si le Mangemort n'essayait pas de la rouler dans le poudre de Cheminette...
Le pire restait Drago. Drago qui s'était effondré en hurlant au beau milieu de la Grande Salle sans raison apparente. Drago dont le comportement l'horripilait mais qui commençait aussi sérieusement à l'inquiéter... Elle ne savait pas ce qui se passait dans la tête du blond durant ses « crises » mais vu de l'extérieur, c'était grave flippant en tout cas.
Et là, tout de suite, son problème principal c'était ce fichu mal de tête, rappel cuisant de la conversation qu'elle avait eue avec Théo le matin même. Son ami n'avait pas paniqué, oh que non. Il était littéralement devenu hystérique. L'incompréhension avait très vite cédé la place au choc, avant de se transformer en pur affolement et elle avait eu toutes les peines du monde à le calmer. Après était venue une avalanche de questions auxquelles elle n'avait pas plus de réponses que lui. Enfin presque.Est-ce que tu en as parlé à Potter...?
Valya se figea. Deux personnes venaient d'arriverau bout du couloir jusque là désert. Un gars et une fille qui portaient une cravate jaune et noir. Dès qu'il l'aperçut, les traits du garçon se tordirent, un éclat de colère venant entacher son regard brun. Il leva son nez en trompette puis continua à avancer en l'ignorant superbement. La fille secoua sa natte rousse et lui adressa un micro sourire contrit lorsqu'ils arrivèrent à sa hauteur. Susan Bones et Zacharias Smith...
La jeune blonde ne l'avait dit à personne, pas même à Théo mais... ces deux-là étaient les premiers élèves de Poudlard qu'elle avait rencontrés. Ils avaient partagé un compartiment dans le Poudlard Express puis une diligence. Elle avait discuté de Quidditch avec Susan, plaisanté avec Zach, ils lui avaient expliqué tout ce qu'il y avait d'intéressant à savoir sur le château, les professeurs...
Quand elle les avait recroisés le lendemain, Valya n'avait pas trop compris pourquoi ils s'étaient dépêchés de partir dans la direction opposée sans lui adresser la parole mais elle avait juste supposé qu'ils étaient en retard en cours ou quelque chose du genre. Ce n'était qu'après plusieurs jours passés à les voir presser le pas pour éviter de lui parler qu'elle avait fini par percuter. Le message était clair : pour une obscure raison, les Poufsouffle ne voulaient plus rien avoir à faire avec elle.
Sauf qu'aujourd'hui, elle était à court de patience, de politesse et de compréhension. Elle avait besoin de se défouler, tant pis si c'était ces deux là qui en payaient le prix.
- Vous comptez faire semblant de pas me connaître pendant longtemps encore ? Pff, j'pensais que les Poufsouffle étaient honnêtes mais vous êtes juste des gros hypocrites comme les autres en fin de compte !
La mâchoire de Zacharias se contracta. Le dos parfaitement droit, il rejeta en arrière sa tignasse de boucles blondes et lâcha sans la regarder :
- On a rien à te dire, Black.
- Pourtant à la rentrée ça te dérangeait pas de me parler, alors quoi ?!
- C'était avant de savoir que ton père est un meurtrier et que tu allais atterrir à Serpentard !
Les yeux écarquillés, Valya recula d'un pas avec l'impression qu'il venait de lui asséner un coup de poing en plein visage. Il n'était pas sérieux... ça ne pouvait pas juste être ça le problème... Carrant les épaules pour se donner une contenance, elle cracha de sa voix la plus méprisante :
- Et moi j'te trouvais sympa mais c'était avant de savoir que t'étais un connard ! Tu vois, on dirait qu'on est juste une immense déception l'un pour l'autre, quel dommage...
- Stop ! Ça suffit tous les deux ! ordonna Susan en se plaçant entre eux. Écoute... on est désolés. C'est vrai que l'on n'a pas eu un comportement très correct envers toi. On aurait dû te donner une explication au lieu de faire comme si de rien n'était. Seulement, il faut que tu comprennes... les personnes avec qui tu traînes ne sont pas des plus... recommandables et on ne peut pas cautionner ça.
Les bras croisés contre son torse, Zach était absorbé par la contemplation du plafond, profondément ennuyé. Il ne semblait même pas agacé par l'intervention de sa camarade, il avait juste l'air d'avoir envie d'en finir au plus vite.
- Les personnes avec qui je traîne ? répéta la jeune blonde, abasourdie. C'est censé vouloir dire quoi exactement ?! Si tu parles de Théo... il est pas du tout comme vous pensez, vous savez rien de lui ! Ou tu vas m'annoncer que vous avez aussi un truc à reprocher à Potter ?! Parce que c'est à peu près les deux seules personnes avec qui j'ai réellement discuté depuis que je suis arrivée dans ce foutu château !
Susan secoua la tête avec une expression patiente mais néanmoins ferme.
- Et Miles Bletchley ? Ou pire encore, Drago Malefoy... ?
- Mais... je suis pas amie avec Malefoy ! protesta Valya avec une indignation proportionnelle à l'injustice du reproche. On... on est pas...
Alors que les mots se bousculaient dans sa gorge, elle prit conscience qu'elle n'avait pas la moindre idée de la réponse à cette question. Qu'est-ce que Drago représentait à ses yeux exactement ? Pendant leur enfance, il avait été son pilier, sa bouée de sauvetage, sa lueur d'espoir au milieu des ténèbres. Maintenant, tout était très différent.
Ils avaient grandi tous les deux et... Drago ne l'avait même pas reconnue. Ou alors il s'en foutait. Peut-être que tout ce qu'ils avaient vécu n'avait plus aucune importance pour lui, peut-être qu'il avait définitivement choisi son camp et cette simple idée suffisait à lui donner la nausée. Elle essayait pourtant, elle essayait de le détester parce que tout aurait été tellement plus facile si elle avait simplement pu le haïr avec passion. Mais c'était plus fort qu'elle, il y avait toujours ce petit quelque chose insidieux qui la poussait à s'inquiéter, à tenter de comprendre ce qui se jouait dans son esprit.
Ce qui n'était pas gagné étant donné que Drago perdait complètement la boule ces derniers temps. La scène de la forêt était gravée au fer rouge derrière sa rétine. Les mains du blond serrées autour de sa gorge, ses yeux brûlants de folie...
- Si encore il n'y avait que le problème des Serpentard... reprit Susan en l'interrompant dans ses états d'âme. Ton père...
- Mon père a rien fait, il est innocent ! se révolta Valya. Et les Serpentard sont pas tous mauvais, faut arrêter avec ce truc, ça devient ridicule putain ! En plus, vous êtes mal placés pour juger... Théo m'a raconté ce qui s'est passé avec le petit Malcolm Baddock... c'est des Poufsouffle qui l'ont persécuté, des mecs de votre maison !
Ce coup-ci, Zacharias ne retint pas une exclamation dégoûtée.
- Oh et je suppose que Théo t'a aussi dit que tout a commencé parce que Baddock passait son temps à traiter une fille de sa classe de Sang-de-Bourbe ? Son grand frère a fini par en avoir assez et a décidé d'aller lui donner une petite leçon avec ses copains. Évidemment, comme c'est ce tordu de Pucey qui est préfet-en-chef, ça s'est retourné contre eux.
Nouvel uppercut et victoire par KO. En quelques mots à peine, il avait réussi à la mettre au tapis. Bouche ouverte, la jeune blonde chercha désespérément une réplique cinglante à balancer mais rien ne lui venait. Qu'est-ce que c'était que ce bordel ?! Pourquoi Théo...
- Exactement ce que je pensais... C'est plus simple d'enjoliver la vérité et de faire passer pour des victimes ceux qui n'en sont pas.
- Théo ne...
Le Poufsouffle la toisa avec dédain, presque avec pitié.
- Ton précieux Théo, tu le connais depuis deux mois à peine ! Avant la mort de sa mère, son paternel le traînait à toutes les petites sauteries organisées par les grandes familles de Sang-Pur, le genre de fêtes où malheureusement, mes parents se rendaient aussi... alors je sais à quoi m'en tenir avec lui. Nott est un sale manipulateur égoïste et ambitieux. Il ne fait que ce qui peut lui rapporter quelque chose et toi, tu es assez naïve pour te faire avoir !
Encore une fois, Valya ne trouva rien à répondre. Elle n'avait pas imaginé une seule seconde que Zacharias Smith puisse connaître Théo. Le Serpentard évoquait peu sa vie en dehors de l'école et ne parlait jamais de son enfance. Elle ne pouvait pas franchement le blâmer, elle-même passait sous silence une certaine quantité d'informations par contre en ce qui concernait l'histoire avec Baddock... il n'avait aucune excuse.
- Désolé de te décevoir une fois de plus mais contrairement à ce que tu crois, il n'y a pas d'un côté les pauvres petits Serpentard martyrisés seuls contre le monde entier, asséna Zacharias en profitant de son trouble pour enfoncer le clou. Tout n'est pas toujours noir ou blanc !
- Mais qu'est-ce que vous avez tous à me répéter ça ?! s'étrangla-t-elle sans pouvoir s'en empêcher.
C'était mot pour mot ce que Théo lui avait jeté à la figure, précisément pour la raison inverse ! Le garçon blond lui lança un regard glacial.
- Si je ne suis pas le premier à te le dire, peut-être que tu devrais te poser des questions, rétorqua-t-il avant de se tourner vers Susan. Si tu as envie de rester ici pour continuer cette conversation qui ne mène à rien, libre à toi. Moi j'ai assez perdu de temps comme ça.
Avec une condescendance à faire pâlir de jalousie le plus prétentieux des Serpentard, le Poufsouffle tourna les talons. Il s'éloigna à grandes enjambées et les deux filles se retrouvèrent seules.
- Et toi ? T'es de son côté, je parie ?! apostropha Valya.
Susan tritura la bout de sa natte, l'air penaud.
- C'est plus compliqué que ça... je veux bien te laisser le bénéfice du doute mais... Zacharias n'a pas tort non plus et...
Cela n'apaisa pas la colère de la jeune blonde, bien au contraire.
- Tss, j'aurais dû m'en douter... faut faire tampon, faut pas prendre parti... C'est bien un truc de Poufsouffle ça, toujours le cul entre deux chaises parce que vous avez trop peur de contrarier quelqu'un ! Vous êtes vraiment qu'une bande de blaireaux !
Les yeux de la rousse se remplirent de larmes. Sans lui laisser l'occasion de rattraper le coup, elle partit en courant et Valya se maudit intérieurement. Comme souvent, elle avait parlé sans réfléchir pour le regretter sitôt après avoir ouvert la bouche. Susan tentait d'être sympa, lui dire ça, c'était juste mesquin et blessant.
Elle n'avait pas voulu en arriver là mais la conversation était partie en vrille en moins de temps qu'il n'en fallait pour dire Quidditch. Pourtant, Ralph lui avait parlé de la rivalité entre les Gryffondor et les Serpentard, de la méfiance suscitée par ces derniers. Elle avait pensé être préparée... ce n'était pas le cas. Il y avait une énorme différence entre avoir connaissance d'une situation et la vivre pleinement.
- Fais chier...
Elle avait besoin d'un peu de calme pour réfléchir et se vider la tête. La meilleure solution aurait été le Quidditch mais à défaut, la tour d'Astronomie ferait l'affaire, décida-t-elle en tripotant le petit étui cartonné qui se trouvait dans la poche de son jean. Dix minutes plus tard, elle atteignait le septième étage.
Valya se faufila à l'entrée de la tour avant de stopper net. Les sanglots étaient parfaitement audibles d'ici. Elle redescendit pour inspecter le recoin dissimulé sous les marches en bois et...
Le garçon était recroquevillé contre le mur, les bras enroulés autour de son torse mince. Ses cheveux bruns poisseux de sang collaient à son front couvert d'ecchymoses. Elle fit un pas dans sa direction et se retrouva face à deux yeux gris pleins de colère.
- Va-t'en, siffla difficilement le gamin.
Il ne devait pas avoir plus de douze ans mais sa voix débordait de détermination.
- Hey, panique pas va, je vais pas te frapper, assura la jeune blonde alors qu'il se tapissait un peu plus dans le coin.
Elle lui montra ses paumes ouvertes pour prouver qu'il n'avait rien à craindre.
- Tu es à Serpentard!
- Sérieux, c'est le thème de la soirée ou quoi ? grommela-t-elle avec mauvaise humeur. Ça devient vraiment gonflant à force…
- Les Serpentard sont des salauds, cracha-t-il et le mot sonnait d'autant plus déplacé dans sa bouche enfantine. Ils sont tous pareils, ils vont rejoindre le Seigneur des Ténèbres à la première occasion.
Valya leva les yeux au ciel.
- J'emmerde Voldemort.
Le garçon sursauta, complètement choqué, et pour la deuxième fois de la soirée, elle ressentit une envie irrépressible de se taper la tête contre un mur pour se remettre les idées en place. C'était juste un gosse, putain !
- Comment tu t'appelles ? souffla-t-elle d'un ton las.
- …Clive, marmonna-t-il après un instant d'hésitation.
La jeune blonde se laissa glisser contre le mur jusqu'à se retrouver assise par terre non loin de lui. Il se crispa et elle l'examina avec plus d'attention. Il était plutôt petit et maigre pour son âge. L'une de ses pommettes était enflée, une large coupure décorait sa tempe et son poignet gauche formait un angle inquiétant.
- Moi c'est Valya. Qui est-ce qui t'as mis dans cet état ?
Il se mura dans un silence lourd et elle soupira en se passant une main dans les cheveux.
- Écoute p'tit gars, j'veux bien t'aider moi... mais si tu me dis rien, on va pas s'en sortir.
- C'était des mecs de ta maison ! s'emporta le gamin. Des septièmes années...
- Qui ça ?
- Adrian Pucey et Warrington, abdiqua-t-il, les larmes aux yeux. Il y avait Zabini aussi... Ils vont me tuer s'ils apprennent que j'en ai parlé à quelqu'un !
Valya enfonça ses ongles dans la toile usée de son jean. Il valait mieux qu'elle ne croise pas trop tôt ces trois ordures sinon leur équipe de Quidditch allait se retrouver amputée de trois membres. Au sens propre comme au figuré.
- Pourquoi ils s'en sont pris à toi ?
Clive tritura sa cravate striée de rouge et d'or et elle fronça les sourcils.
- C'est juste parce que t'es à Gryffondor...?
- Pas que... avoua-t-il. Pucey me surveille. Ordre de mon père.
- Ton père ?
Elle ne voyait pas ce que le père d'un pauvre Gryffondor de première année pouvait trafiquer avec Adrian Pucey, prince des Serpentard et apprenti larbin du psychopathe en chef. Le petit brun chuchota quelque chose d'une voix si basse qu'elle l'entendit à peine. Puis...
- Ton père c'est Victor Avery ?
La jeune blonde s'en voulut aussitôt en voyant le visage décomposé du garçon. C'était stupide, bien sûr que Poudlard accueillait forcément quelques enfants des partisans de Voldy qui n'étaient pas à Serpentard... En attendant, qu'est-ce qu'elle allait faire d'un rejeton de Mangemort qui venait de se prendre une méchante rouste ? Elle n'était pas baby-sitter, merde !
- T'as fait quoi pour mettre Pucey autant en pétard ? s'étonna-t-elle.
Du peu qu'elle en avait vu, Adrian Pucey était plus pondéré que bon nombre de ses camarades de maison. Pas du genre à tabasser les premières années juste pour s'amuser en tout cas...
- J'ai eu une retenue. J'ai… elle disait que Tu-sais-qui et tout ça c'était des histoires ! Qu'il n'y avait aucun danger, sauf que c'est faux ! s'enflamma Clive.
- Attends, tu parles de... Ombrage ?
Il acquiesça douloureusement et elle se mordit la lèvre avant de se risquer à poser la question qui lui trottait dans la tête.
- Comment tu sais qu'il vraiment est de retour ? Tu crois ce que dit Potter ?
Une étincelle de terreur pure s'alluma dans les prunelles grises du gamin.
- Il est venu parler à mon père cet été... chez moi... il était tard, j'étais censé être couché mais j'ai entendu du bruit alors je suis descendu pour écouter et...
- Tu as vu Voldemort ? s'étouffa Valya.
Il se ratatina sur lui-même, la tête rentrée dans les épaules.
- Il est horrible... vraiment. Il a pas du tout de cheveux et son visage... il a même pas l'air humain ! On dirait un serpent, avec des yeux rouges effrayants et...
- Ouais, je sais à quoi il ressemble c'est bon... coupa-t-elle un peu trop sèchement mais c'était plus fort qu'elle.
Elle n'avait aucune envie d'entendre une description du monstre qui hantait une partie de ses cauchemars. Surtout pas dans la bouche d'un gosse de onze ans qui n'aurait jamais mais alors jamais dû assister à un spectacle pareil.
- Putain qu'est-ce qui t'a pris d'aller voir ?! T'es complètement inconscient ! S'il s'était aperçu que tu étais là, il t'aurait massacré !
- Je savais pas que c'était lui, protesta-t-il mollement.
La jeune blonde se frotta le front d'un geste accablé.
- Donc... t'as répondu à Ombrage, elle t'a collé une retenue... ensuite ?
Clive serra le poing convulsivement et elle resta interdite devant la plaie encore fraîche qui décorait le dos de sa main. « Je ne dois pas dire de mensonges… »
- C'est quoi cette horreur ?!
Elle n'avait jamais vu un truc pareil. Les mots étaient gravés dans la chair comme s'ils avaient été tracés de la pointe d'un couteau.
- Ombrage m'a fait copier des lignes... avec une plume bizarre. Et quand j'écrivais, ça faisait... ça, raconta-t-il d'une voix tremblante.
- Par pitié, dis-moi que t'en as parlé à quelqu'un, gémit la jeune fille.
L'air borné du gamin suffit à lui donner la réponse et elle poussa un grondement rageur.
- Bordel, Clive ! Tu dois le dire à McGonagall, c'est trop grave là !
À son grand désespoir, il secoua farouchement la tête.
- Si je fais ça, tout le monde va me prendre pour un Boursouf mouillé ! Elle a donné, la même punition à d'autres Gryffondor, personne est allé rapporter comme un bébé ! Franchement, tu le dirais à quelqu'un toi ?
- Euh... bah... balbutia-t-elle, prise de court, et ce fut malheureusement suffisant pour qu'il s'exclame avec triomphe :
- Tu vois !
Valya se laissa aller contre le mur, dépitée d'être privée d'arguments par un mioche de onze ans. Elle comprenait son point de vue mais... elle était prête à parier que même Severus Rogue n'aurait pas été assez sadique pour punir des enfants de cette manière. Sans compter qu'utiliser un tel instrument de torture était certainement illégal...
- Et le rapport avec Pucey et ses copains dans tout ça ? maugréa-t-elle.
Il se rembrunit aussitôt.
- Ombrage l'a prévenu vu qu'il est préfet-en-chef et... elle sait qu'il connaît mon père. Ils m'ont coincé dans un couloir pour me dire que je devais arrêter de parler de Tu-sais-qui parce qu'apparemment, il « préfère que l'on ébruite le moins possible la nouvelle de son retour pour le moment »...
- Laisse-moi deviner : tu leur as pas donné exactement la réponse à laquelle ils s'attendaient.
- J'ai... je leur ai dit que je m'en fichais de leur Seigneur des Ténèbres tout nul, lâcha Clive, les joues rougissantes. J'ai dit qu'il était affreux, qu'il faisait peur et... qu'ils étaient complètement stupides d'obéir à quelqu'un d'aussi moche qu'un Véracrasse trop cuit.
A ce stade, la jeune blonde ne savait même plus comment réagir, oscillant entre l'hilarité et la consternation la plus totale.
- En résumé, ton père est un Mangemort mais toi, tu es contre l'idéologie de Voldemort et tu t'amuses à crier partout que tu es d'accord avec Potter. Un vrai petit crétin de Gryffondor. Merveilleux, termina-t-elle avec sarcasme.
Ce gamin s'était auto-désigné comme de la chair à canon. C'était comme s'il s'était lui-même tatoué « Je suis un traître à mon sang, tuez-moi » sur le front.
- Bon allez, ça suffit... je t'emmène à l'infirmerie.
- NON ! Pas l'infirmerie ! Si Pucey et les autres l'apprennent, ils vont penser qu'ils ont gagné...
Cette fois, Valya dut faire appel à tout son self-control pour ne pas le secouer un grand coup.
- Au cas où tu n'aurais pas remarqué, ton poignet est fracturé. Et à entendre ta respiration, j'suis presque sûre que t'as aussi des côtes cassées. Tu peux pas rester comme ça ! Et les sorts de soin c'est pas ma spécialité, figure-toi !
- Je t'ai rien demandé, se rebiffa le gosse. Je peux me débrouiller tout seul !
La jeune fille le fusilla du regard. Est-ce qu'elle avait été aussi agaçante quand elle avait onze ans ?! Probablement que oui et même pire mais quand même ! Elle tira sa baguette d'un geste vif et il poussa un couinement apeuré. Elle lui jeta un charme de diagnostic basique avant de marmonner un Episkey en direction de son visage. Pour les bleus et les coupures ça suffirait, en ce qui concernait ses côtes et son poignet, c'était une autre paire de manches...
Il y avait bien un moyen sauf que c'était tellement déraisonnable qu'elle se demandait comment elle avait pu ne serait-ce qu'y penser. D'un autre côté, est-ce qu'elle avait vraiment le choix ? Si elle ne faisait rien, ce petit imbécile allait probablement se trimbaler avec ses blessures pendant des jours, jusqu'à ce qu'il finisse par s'évanouir dans un coin et mourir d'une septicémie.
- Remonte ton pull.
Le garçon ne bougea pas.
- Clive, siffla-t-elle, à bout de patience, s'il te plaît...
Il finit par céder et elle jura bruyamment en découvrant son torse. Il avait de nombreux hématomes causés par les coups des Serpentard mais la plupart des cicatrices étaient beaucoup plus anciennes.
- A la maison aussi, c'est ça…? comprit-elle.
Ce gosse devait vivre un enfer permanent. Chez lui, à l'école... Abandonnant sa baguette magique à terre, Valya appliqua ses paumes à quelques centimètres au-dessus de l'abdomen du Gryffondor.
- Tu ne bouges surtout pas, le prévint-elle. Tu ne dis pas un mot et tu poses pas de question, c'est clair ?!
Le front plissé par la concentration, priant Merlin, Morgane et les Fondateurs pour que ça fonctionne, elle força une vague de magie à jaillir de ses mains. L'effet fut immédiat. Une douleur foudroyante lui vrilla la nuque alors que de maigres étincelles argentées semblables à des gouttes d'eau se répandaient sur la peau de Clive. Les dents serrées, elle encaissa tant bien que mal et il tressaillit en sentant ses os se remettre en place.
Épuisée, la jeune blonde papillonna des yeux et dut se rattraper au mur pour ne pas s'étaler par terre. Le vertige était tellement violent qu'il lui fallut quelques secondes avant de réaliser que le gamin secouait sa manche sans ménagement.
- Eh ! Tu m'entends ?
- Ça va, lâcha-t-elle d'une voix rauque. C'est bon, ça va mieux...
Voilà pourquoi elle évitait au maximum d'utiliser la magie élémentaire. C'était dangereux, beaucoup trop coûteux en énergie et elle maîtrisait cette technique tellement mal que ça ne marchait qu'une fois sur deux. Sur ce coup, elle avait eu une sacrée chance.
Devant elle, le petit première année était figé tel une statue de sel. Puis ce fut comme si quelqu'un avait appuyé sur le bouton marche et elle se retrouva noyée sous un flot de paroles surexcitées :
- C'était quoi ça ? T'as fait de la magie sans baguette, de la vraie magie sans baguette ! Comment t'as fais ça ?! Moi aussi j'peux en faire ? Et pourquoi tu...
- Clive, coupa-t-elle avec exaspération.
- Quoi ?
- Ferme-la.
Il obtempéra sagement même s'il avait clairement toujours envie de la mitrailler de questions et Valya prit une grande inspiration soulagée. Si la douleur dans sa nuque avait disparu, son mal de tête avait atteint des sommets et les piaillements du gosse ne faisaient qu'accentuer sa migraine.
- Il faut que tu retournes à la salle commune, c'est bientôt l'heure du couvre-feu, annonça-t-elle en se relevant péniblement.
Sans se soucier de ses coups d'œil insistants, elle l'escorta jusqu'à la tour des Gryffondor, le scrutant de haut en bas pour vérifier qu'il n'avait pas d'autres blessures. Ils s'arrêtèrent devant le tableau de la Grosse Dame, au septième étage.
- Va dormir. Et moi, je vais m'arranger pour que les Serpentard te laissent tranquille, promit-elle.
Clive se redressa de toute sa hauteur, furibond.
- Je peux me défendre tout seul !
- Non tu peux pas, justement ! asséna la jeune blonde. T'as onze ans le microbe, tu connais zéro sorts et t'es épais comme un Botruc ! Alors tu dis merci et tu vas te coucher, pigé ?!
À en juger par l'œillade assassine qu'elle reçut en retour et la façon dont il laissa claquer le battant après avoir disparu derrière le trou du portrait, le mioche n'était pas du tout d'accord avec cette conclusion.
OOO
Théo faisait les cent pas dans le couloir mal éclairé des cachots. Valya aurait dû le rejoindre à la salle commune plus d'une heure auparavant sauf qu'elle était aux abonnés absents. Bien sûr, il lui arrivait souvent de disparaître sans prévenir mais quand ils prévoyaient de se voir, en général elle était au rendez-vous. De plus en plus inquiet, le châtain avait fini par venir vérifier les appartements des préfets. Son amie lui avait donné le mot de passe mais la porte était enchantée pour s'ouvrir uniquement si au moins l'un des deux occupants était à l'intérieur or, elle était restée close.
Enfin, une tête blonde surgit à l'entrée du corridor et il poussa un soupir de soulagement.
- Où est-ce que tu étais passée ?
Valya sursauta et son expression déjà peu engageante s'assombrit encore.
- Théo. Génial, manquait plus que toi pour bien finir cette putain de journée à la con...
- Qu... quoi ? Est-ce que tu m'en veux pour quelque chose...? balbutia-t-il, déstabilisé par le ton mordant de la jeune fille. Si c'est à cause de ce matin, je sais que je n'ai pas très bien réagi mais...
- Je me fous complètement de ce matin ! Pourquoi tu m'as pas dit que si Malcolm Baddock s'est fait emmerder par des Poufsouffle, c'était parce qu'il avait insulté une fille de sa classe ?! J'me suis tapé la honte devant ces abrutis de blaireaux à cause de toi !
Le Serpentard émit un borborygme étranglé. Il ne s'était pas du tout attendu à ce que ce sujet arrive sur le tapis. En fait, il avait espéré qu'elle ne serait jamais au courant...
- Depuis quand est-ce que tu parles aux Poufsouffle ?
C'était une bien maigre défense et la réaction ne se fit pas attendre.
- C'est tout ce que t'as retenu ?! Non mais tu te fous de ma gueule !
Théo fit craquer ses doigts nerveusement. Il n'aimait pas cette situation. Oh bien sûr il l'avait déjà vue furieuse à maintes reprises. Mais c'était la première fois que c'était à lui qu'elle en voulait et ça le déstabilisait. Car plus que de la colère, c'était de la déception qui brillait dans les iris de la jeune blonde.
- Est-ce que ça change vraiment quelque chose ? objecta-t-il tout de même, en sachant pertinemment que ça allait l'énerver de plus belle. Parce qu'il a insulté quelqu'un, Baddock méritait de se faire humilier en retour ? Tu trouves que c'est une excuse ?
Valya recula d'un pas et cette prise de distance, consciente ou non, le fit se sentir minable. Elle avait l'air tellement déçue, blessée... Trahie. Comme s'il était soudain devenu un parfait étranger.
- Bien sûr que c'est pas une excuse mais entre s'en prendre à lui uniquement parce qu'il est à Serpentard et le bousculer un peu pour qu'il arrête de harceler une pauvre gamine qui n'a rien demandé, y'a quand même une sacrée différence ! Merde Théo, il l'a traitée de Sang-de-Bourbe !
- Je sais, oui... soupira-t-il en se massant le front.
- C'est bien ça le problème ! Tu le savais et tu m'as menti !
- Je ne t'ai pas menti ! J'ai juste... arrangé un peu la vérité, hoqueta pitoyablement le châtain.
Cette fois, Valya parut à deux doigts de se jeter sur lui pour le frapper.
- Ouais, autrement dit : tu m'as manipulée et moi j'ai plongé sans réfléchir ! enragea-t-elle avec une amertume perceptible. Le seul truc que je comprends pas c'est pourquoi.
Théo avala sa salive de travers. Comment est-ce qu'il pouvait se justifier ? Il devait s'excuser et lui dire la vérité... mais il n'était pas certain qu'elle apprécie davantage son explication.
- Viens, on marche, proposa-t-il impulsivement en la tirant par la manche pour l'entraîner vers les escaliers au fond du couloir.
Il crut qu'elle allait se dégager et lui dire d'aller se faire voir. Puis au bout de quelques secondes interminables, elle lui emboîta le pas, les mains fourrées dans les poches de son jean et l'air grognon.
- La majorité des élèves... commença-t-il en pesant chacun de ses mots, arrive à Poudlard en étant persuadée soit que Serpentard est la meilleure maison soit que c'est l'incarnation du Mal à l'état pur. Toi... tu n'avais pas d'avis préconçu, n'est-ce pas ?
Elle haussa les épaules.
- Et alors ?
- C'est juste que... je ne voulais pas que tu te fasses une mauvaise opinion, que tu penses que toute la maison est irrécupérable, tu vois...
- Sauf qu'en fait c'est le cas ! explosa Valya. Les Serpentard sont des connards qui prennent leur pied en s'attaquant aux plus faibles, y'en a pas un pour rattraper l'autre !
- Non ! contesta-t-il. Bien sûr que non ! Je ne suis pas comme ça, si ? Et regarde Bletchley, le petit Pritchard...
- Désolée de te l'apprendre mais là tout de suite, je trouve que tu fais un très mauvais exemple !
Le châtain grimaça. Celle-là, il ne l'avait pas volée.
- Je comprends, oui. Écoute, la situation est plus complexe qu'il n'y paraît, c'est...
- Smith dit que tu veux juste faire passer les Serpentard pour les gentils de l'histoire !
Les sourcils de Théo se haussèrent sur son front.
- Quoi, c'est avec Smith que tu as parlé ?! s'exclama-t-il sans chercher à masquer sa contrariété.
Zacharias Smith était loin d'avoir une haute opinion de lui, il n'avait pas dû y aller de main morte... Valya sortit une main de sa poche et se mit à triturer les cordons de son sweat à capuche.
- Il a aussi dit... que tout n'était pas noir ou blanc, que c'était trop facile de réduire les Serpentard à des pauvres victimes persécutées par les autres maisons.
Théo leva les yeux au ciel, indigné.
- Donc quand moi je te le dis, tu t'en fiches comme de ton premier balai mais il suffit qu'un crétin de Poufsouffle te fasse la même remarque pour que ça te pousse à réfléchir ? Eh ben merci, sympa...
- Ne retourne pas la situation, Nott ! Smith n'a pas essayé de de me faire croire que les Serpentard n'avaient rien à se reprocher, lui !
- Ce n'est pas ce que j'ai fait non plus, assura-t-il, et je suis profondément désolé si je t'ai donné cette impression.
Son ton absurdement calme agit aussi efficacement qu'un philtre de Paix, douchant la colère de la jeune blonde avec la même force qu'une vague d'eau glacée. Ses épaules s'affaissèrent, une mine perdue se dessina sur son visage et il esquissa un sourire indulgent. Malgré ses allégations, Valya avait toujours tendance à voir les choses de manière binaire.
- Je te le répète : la situation est complexe, trop pour être réduite à un simple affrontement des maléfiques Serpentard contre le reste de Poudlard ou inversement. La vérité, c'est que beaucoup de Serpentard ont peur. Être réparti dans notre maison, ça implique que tu dois penser et faire comme les autres ou être prêt à en subir les conséquences, il n'y a pas d'alternative. Et tout le monde n'est pas prêt à faire face, exposa-t-il en prenant soin d'insister sur la négation.
Un redoutable éclat argenté embrasa les iris de la jeune fille. Théo eut un mouvement de repli instinctif mais il comprit vite que cet accès de fureur là, il ne lui était pas destiné.
- Tu veux dire... à faire face à Pucey et à sa bande de fanatiques dégénérés, c'est ça ?
- Hum... oui. Je sais qu'ils ne t'effraient pas et franchement, je trouve ça autant impressionnant qu'inconscient... tu viens d'arriver Valya, tu ne sais pas de quoi ils sont capables, tu ne mesures pas à quel point ils sont craints...
Les premiers jours, il avait été épouvanté par chaque réaction imprévisible, chaque coup d'éclat. Il s'était demandé à quoi elle jouait, ce qu'elle cherchait en défiant de cette manière le seigneur des Serpentard... avant de se souvenir qu'elle n'avait pas passé ses quatre premières années à Poudlard. Valya ne connaissait pas les règles du jeu.
Elle n'avait pas connu le climat menaçant qui avait pesé aussi lourdement qu'une chape de plomb sur les épaules de Théo et de ses camarades pendant plus de deux ans. Leur précédent chef de maison, Roman Travers, était une brute qui se plaisait à faire régner la terreur. Rixes dans la salle commune, bizutage des plus jeunes... Lorsqu'il avait été remplacé par Adrian Pucey, tous avaient été soulagés et c'était justement ce qui rendait Adrian aussi dangereux.
Le préfet-en-chef savait comment parler aux gens. Il était avenant, serviable et comparé à Travers, il constituait un pilier rassurant. Passé maître dans l'art de la négociation, il arbitrait les conflits, protégeait les plus vulnérables et maintenait l'unité des Serpentard. Adrian Pucey était une veuve noire, aussi fascinante que mortelle, qui avait patiemment tissé un réseau complexe et inextricable. Une fois que vous étiez pris dans sa toile, il devenait presque impossible de s'en échapper et si vous aviez l'audace d'essayer... il fallait être assez solide pour encaisser le contrecoup. Adrian se salissait rarement les mains lui-même mais il ne voyait aucun inconvénient à laisser les autres faire le sale boulot.
Théo avait du mal à l'avouer mais pendant longtemps, il avait éprouvé une admiration malsaine pour le jeune homme. Adrian incarnait tout ce qu'il espérait devenir un jour. Il était puissant, respecté, il avait de l'influence sur ses pairs...
- C'est bien gentil tout ça, s'impatienta Valya, mais Baddock n'a pas du tout peur de Pucey, il est de son côté !
- Parce qu'il a douze ans et que malheureusement, les plus jeunes sont ceux qui se laissent influencer le plus aisément. C'est la dure réalité de Serpentard : soit les élèves se soumettent par peur des représailles, soit ils se laissent entraîner dans l'engrenage.
Leur petite promenade les avait menés jusque dans le hall et l'écho de sa voix se répercuta sur les hauts murs de pierre, brisant le silence nocturne. Théo espérait que Rusard se trouvait à l'autre bout du château. Le couvre-feu était largement dépassé, s'ils se faisaient attraper, ils étaient bons pour une retenue.
Valya se laissa tomber sur les marches du grand escalier en marbre. Ses mains vinrent agripper ses mèches blondes avant de se plaquer contre son visage et il se sentit désolé pour elle. Visiblement, elle avait déjà passé une rude soirée et lui, il en rajoutait.
- Y'a un truc que je pige toujours pas... Pourquoi ça t'importe autant que j'ai une bonne image des Serpentard ?
- Parce que si tu es persuadée qu'ils sont irrécupérables, tu ne voudras pas les aider, confessa enfin le châtain.
C'était la révélation qu'il redoutait, celle qui risquait le plus de la contrarier...
- Les aider ? Mais comment tu veux que je les aide ?
- Tu as montré que tu n'étais pas du côté de Tu-sais-qui, tu tiens tête à Malefoy, à Pucey... Disons que ça peut... inspirer certaines personnes.
La jeune blonde se releva lentement pour planter son regard dans le sien et il interpréta sans mal son expression. Une moue du style « t'es complètement à la masse mon pauvre gars ».
- Théo, les gens s'en contrefichent de mon avis... pour tout le monde, j'suis juste la fille du fou furieux qui assassiné une douzaine de personnes.
- Pour l'instant. Ça peut changer, assura-t-il.
- Mais ça veut dire quoi ça ?! s'écria-t-elle d'un ton où l'on percevait une once de panique. Sérieux, j'suis crevée, je comprends rien à ce que tu me racontes depuis tout à l'heure alors s'il te plaît, exprime le fond de ta pensée ! Tu attends quoi de moi en fait ?
Il hésita un instant puis...
- Je pense que tu peux devenir une figure de ralliement pour les Serpentard qui ne partagent pas les croyances de Tu-sais-qui et peut-être même que tu pourrais faire changer d'avis quelques personnes.
La réaction fut exactement telle qu'il l'avait anticipée.
- T'as avalé de l'élixir de Folie ou quoi ?! feula Valya. Si c'est à cause de ce que je t'ai dit ce matin, je te préviens tu...
Elle se lança dans une diatribe enflammée, arpentant le hall de long en large en faisant de grands gestes. L'orage finit par passer et elle entreprit de lui dresser une liste des raisons pour lesquelles son idée était complètement stupide, avant de tenter de le raisonner :
- ... et je vois ce que tu veux faire et c'est super mais tu devrais plutôt aller parler à Potter ou...
Théo secoua la tête sans pitié, insensible à son argumentaire. Les indécis ne se laisseraient jamais convaincre par Potter. Il était trop faible à leur goût, trop suspicieux envers les Serpentard, trop proche de Dumbledore dont certains se méfiaient comme de la Dragoncelle. Trop Gryffondor. En revanche par Valya Black, Serpentard, héritière d'une grande famille de Sang-Pur, nouvelle star de leur équipe de Quidditch, qui refusait de se soumettre aux leaders de leur maison, il y avait peut-être un espoir.
- Il est hors de question que je rentre dans vos petits jeux politiques tordus ! clama la jeune fille en désespoir de cause.
Les commissures des lèvres du châtain se relevèrent légèrement.
- À Serpentard, la politique c'est inévitable...
Elle ouvrit la bouche pour répliquer furieusement mais il ne lui en laissa pas le temps :
- Écoute, tout ce que je te demande c'est d'y réfléchir, d'accord ? Prend un peu de temps pour mettre ça au clair. S'il te plaît...
Il s'était douté que l'idée n'allait pas l'enchanter, elle qui ne cessait de répéter qu'elle n'avait pas envie de se faire remarquer. Sauf que Valya ne pouvait définitivement pas être considérée comme un « élément neutre ». Pas quand elle protégeait Graham Pritchard, pas quand elle criait haut et fort qu'elle n'était pas du côté du Lord Noir... Lorsque le moment de défendre ses idéaux arriverait, il était évident qu'elle ne resterait pas les bras croisés.
En attendant, Théo n'était pas assez stupide pour la mettre face à ses propres paradoxes. C'était le meilleur moyen de la braquer, si ce n'était pas déjà fait. La jeune blonde le toisait avec une mine à peu près aussi cordiale que celle d'un Hippogriffe prêt à charger. Ses dents maltraitèrent sa lèvre inférieure dans un mouvement indécis. Finalement, elle lui adressa un minuscule signe de tête et il prit une grande inspiration soulagée.
Ils grimpèrent la première volée de marches pour atteindre le palier et s'engouffrèrent derrière le portrait de Damara Dodderidge, une vieille sorcière qui passait son temps à se goinfrer. Il y avait toujours une certaine tension qui flottait entre eux mais au moins, Valya ne paraissait plus sur le point de lui sauter à la gorge. Ils venaient de passer sous l'arcade de pierre qui menait à la cour de l'Horloge lorsqu'ils tombèrent sur une scène des plus incongrues. Il y avait quelqu'un dans la fontaine. Pas à côté ou assis sur le rebord, non, debout, les deux pieds dans le bassin.
- Oh milles Gargouilles, non... geignit Théo.
Il jeta un coup d'œil nerveux aux alentours pour être certain que personne n'assiste à l'humiliation qui allait suivre. Déjà Valya c'était limite, si quelqu'un d'autre voyait ça, c'en était fini de sa réputation.
La fille ne les avait pas remarqués. Elle lançait de minuscules boules noires à la surface de l'eau, pour nourrir les carpes luminescentes qui tournoyaient paresseusement entre ses chevilles. Sa baguette magique, dont elle s'était servie pour rassembler ses cheveux en un chignon négligé, glissa en laissant ses boucles blondes et sales cascader sur ses épaules. Le morceau de bois cogna contre le pourtour sculpté de la fontaine et la fille le suivit du regard alors qu'il roulait sur les pavés lisses du cloître, pile dans leur direction.
- Bonsoir Théodore.
- Lovegood, salua-t-il aussi froidement que possible.
Valya lui en voulait parce qu'elle s'était ridiculisée devant les Poufsouffle ? Ce n'était rien en comparaison d'une conversation avec Luna Lovegood. ÇA, c'était vraiment la honte.
La Serdaigle n'avait pas dit un mot de plus. Elle fixait Valya de ses yeux globuleux et cette dernière se mit à gigoter inconfortablement sur place, claquant ses baskets l'une contre l'autre.
- Euh... salut ?
Luna continua de la dévisager avec une intensité dérangeante, la tête penchée de côté comme si elle écoutait des murmures qu'elle seule pouvait entendre. Elle tripatouilla son éternel collier de bouchons de Bièraubeurre avant de lancer de sa voix éthérée :
- Le Huldufólk dit que tu ressembles à Harry... j'aime bien Harry, il est très gentil.
- Qu... quoi ? Tu...
- Désolé Lovegood on est pressés, coupa Théo en empoignant Valya par les épaules pour l'enjoindre à reculer.
Deux phrases à peine et ils nageaient déjà en plein délire. C'était un record, songea-t-il cyniquement. Il accéléra le pas et poussa la jeune blonde vers un raccourci dissimulé derrière une gargouille, pressé de se mettre à l'abri des divagations lunaesques.
- C'était quoi ça ?! glapit-t-elle lorsqu'ils émergèrent dans une galerie au plafond bas, non loin de leur salle commune.
- Félicitations, tu fais partie du cercle très fermé des malheureux qui ont eu l'immense privilège de rencontrer Loufoca Lovegood, ironisa le châtain.
- Euh... t'es pas sérieux, elle s'appelle pas vraiment comme ça ?!
Il ne répondit pas tout de suite, plié en deux, les mains sur les genoux pour reprendre sa respiration. Leur petite course dans les passages secrets lui avait donné un sacré point de côté. Parfois, son manque d'endurance lui faisait regretter de ne pas être plus sportif. Valya était à peine essoufflée...
- Son prénom c'est Luna, haleta-t-il en repoussant ses lunettes sur son nez, mais tout le monde l'appelle comme ça.
Une fois de plus, le regard de la jeune blonde se durcit. C'était presque imperceptible, juste un pli au coin de ses yeux, un voile orageux qui se posait sur ses iris glaciaux pour les transformer en tempête tumultueuse. Elle parut sur le point de rétorquer quelque chose avant de changer d'avis et de déclarer lentement :
- Dans quel monde Potter et moi on se ressemble ? Il est brun aux yeux verts, j'ai les cheveux blonds et les yeux bleus...
Théo repoussa les mèches qui lui tombaient sur le nez, blasé.
- Laisse tomber. Allez viens.
- Comment ça « laisse tomber » ? protesta-t-elle, décontenancée. Tu vas pas me dire que t'as pas trouvé ça bizarre ce qu'elle racontait ?! D'où ça sortait son histoire de Hudu machin ?
- Je t'ai dit de laisser tomber, persista-t-il avant de capituler face à la ligne butée tracée par les sourcils de la jeune fille. Lovegood... perçoit des choses que personne d'autre ne voit, marmonna-t-il.
- Tu veux dire... que c'est une espèce de voyante ou un truc du genre ?
Théo la contempla avec incrédulité.
- Non Valya, je veux dire qu'elle est cinglée !
- Oh...
Elle cligna des yeux, heurtée par son ton tranchant et il s'en voulut d'avoir été aussi brusque. Ce soir, il avait l'impression de tout faire de travers. Il s'était montré honnête parce que c'était ce qu'un ami était censé faire mais maintenant, il n'était plus sûr que laisser ses sentiments prendre le dessus ait été judicieux. Peut-être qu'il aurait dû continuer à dissimuler ses intentions. Peut-être que jouer la carte de la franchise n'était rien d'autre qu'une immense erreur stratégique.
OOO
Il était à l'infirmerie. Encore. Madame Pomfresh passa la porte de son bureau et se dirigea vers lui, ses talons claquant sur le carrelage de faïence.
- Ça commence à devenir une habitude, monsieur Malefoy...
Même elle paraissait réellement inquiète à présent. Elle lui tendit une petite fiole contenant un liquide rougeâtre qu'il reconnut comme une potion reconstituante. Il l'avala d'un trait alors qu'elle agitait sa baguette pour lui jeter une pléthore de sortilèges de diagnostique.
Drago balança ses jambes hors du lit et s'assit sur le bord. Un vertige le saisit et il se prit la tête entre les mains, tentant de démêler ses pensées embrouillées. Il se rappelait de presque tout. La fourchette qui tombait au sol, le bruit atroce... Puis le trousseau de clés, le bureau de son père et la sphère de protection détruite par son jeune double, le parc du manoir ravagé... Peter et la petite fille à ses côtés. C'était là que se situait le trou noir.
Il était incapable de la décrire précisément. Des cheveux blonds, quelques traits indistincts... Rien de plus ne lui revenait et dès qu'il se concentrait sur ce détail, il sentait ses souvenirs s'effriter, ne lui laissant qu'une impression fugace, comme s'il essayait d'attraper de la fumée avec les mains. Mais ce qui le tracassait vraiment, c'était que ça ne pouvait pas être un vrai souvenir. Il était persuadé de n'avoir jamais vécu tout ça et son imagination déraillait complètement, il n'y avait pas d'autre explication. Car ce qu'il avait aperçu dans la vision, c'était une magie sauvage, titanesque, bien trop puissante pour un enfant de neuf ans. Ça ne pouvait pas être réel.
Mais dans ce cas, qu'est-ce que c'était ? Un hallucination ? Une sorte de délire psychotique ? Drago avait déjà entendu parler de certains sorciers qui se découvraient des dons de médium sur le tard. Ils percevaient des choses, entendaient des voix... et certains terminaient à Saint-Mangouste, rendus fous par des visions qu'ils n'avaient jamais appris à interpréter. Peut-être que Merlin avait décidé de le punir pour son comportement de petite brute arrogante et qu'il allait finir avec le cerveau complètement grillé.
- Est-ce que je peux sortir ? demanda-t-il d'un ton éteint à l'infirmière.
- Si vous vous sentez assez en forme, oui.
Il récupéra sa robe de sorcier posée sur la chaise à côté du lit et ne prit même pas la peine de l'enfiler, se contentant de la rouler en boule sous son bras. Sa chemise était complètement froissée, sa cravate de travers, il n'était plus à ça près.
Tout ce qu'il voulait, c'était rejoindre son lit au plus vite pour se rouler en boule et arrêter de penser. Malheureusement, Merlin devait vraiment être contre lui. Adrian Pucey l'attendait devant les appartements des préfets. Ça aussi, ça devenait récurrent.
- Qu'est-ce qu'il y a encore ? souffla le blond en arrivant à sa hauteur.
Il ne se souciait même plus d'être poli, épuisé par avance à la perspective de la discussion à venir.
- Tu me demandes ce qu'il y a...? Non mais à quoi est-ce que tu joues Drago ?!
Il haussa vaguement les épaules sans comprendre. Il n'avait rien à se reprocher cette fois. Pas d'altercation avec Black ou n'importe qui d'autre, pas de disputes idiotes avec Zabini...
Sa pseudo indifférence mit le septième année en rage. Il le saisit par le col pour rapprocher son visage du sien, tellement près que Drago pouvait distinguer le moindre poil de barbe sur ses joues.
- Je te parle de ton petit numéro de jouvencelle qui tombe en pâmoison tous les quatre matins, pauvre crétin ! cracha-t-il et le blond se sentit giflé tant les termes employés étaient humiliants. Je ne sais pas si c'est une manière d'attirer l'attention ou...
- Attends un peu... tu penses que... je fais semblant ?
- A toi de me le dire.
Il était sérieux en plus cet enfoiré ! Drago le voyait à la ligne inflexible de sa mâchoire, la poigne ferme qui agrippait toujours sa chemise...
- C'est complètement stupide ! s'indigna-t-il. Les autres maisons se foutent de ma gueule à cause de ça, pourquoi je...
Le brun secoua la tête impitoyablement, le coupant dans son élan.
- En fait, peu importe. Quoi que ce soit... arrange-le d'accord ? Tout le monde commence à se poser des questions et... je ne pourrais pas te protéger éternellement. Ça finirait par nuire à ma réputation.
Il eut le culot de lui tapoter l'épaule dans un geste dégoulinant de condescendance, avant de s'éloigner pour rejoindre ses propres appartements. Drago resta planté là, raide, les poings si serrés qu'il sentait ses ongles s'enfoncer dans ses paumes. Il en avait assez. En fait non, le mot était même trop faible. Il en avait plus que sa claque d'Adrian Pucey, de ses grands airs et de sa manière de le traiter comme un bon toutou obéissant. Le préfet-en-chef pouvait bien raconter ce qu'il voulait, la vérité c'était qu'il ne le protégeait de rien du tout. Tout ce qu'il essayait de préserver, c'était sa petite notoriété.
Drago dépassa les appartements des préfets et parcourut le couloir jusqu'à arriver devant le pan de mur qui masquait l'entrée de l'antre des Serpentard. Ce n'était plus la peine de rejoindre sa chambre, il était trop furieux pour réussir à dormir de toute façon. Avec un peu de chance, il trouverait quelques premières années à importuner, histoire de se changer les idées.
Il comprit rapidement que son plan allait tomber à l'eau en arrivant en haut des marches de la salle commune. Il était minuit passé, les élèves les plus jeunes étaient partis se coucher depuis longtemps. Les seuls encore debout étaient des septièmes années qui baillaient à s'en décrocher la mâchoire face à leur programme de révision pour les ASPIC. Et dans un coin à l'écart... Les lèvres du blond s'étirèrent sur une moue cruelle. Ça, c'était une bien meilleure distraction.
Il s'approcha des deux filles à pas lents, de la même manière qu'un chat s'apprêtant à bondir sur une souris. Elles ne l'avaient pas encore remarqué, trop occupées à pouffer penchées sur un bout de parchemin. La plus grande leva les yeux et son rire mourut aussitôt dans sa gorge pour se muer en une expression dure. Elle donna un coup de coude à sa voisine qui tressaillit en le voyant.
- Oh... salut Drago... Est-ce que tu... te sens mieux ?
Le Serpentard lui renvoya un sourire carnassier. Son regard glissa de ses longs cils recouverts de mascara à sa bouche maquillée d'un rouge à lèvres voyant, avant de se perdre dans l'échancrure de son chemisier blanc un peu trop décolleté. Il pouvait même apercevoir le haut de son soutien-gorge en dentelle.
- Beaucoup mieux. Mais j'aurais besoin de me détendre un peu si tu vois ce que je veux dire...
Une rougeur subite enflamma les pommettes de la jeune fille. Toutefois, elle se leva immédiatement en lissant sa jupe d'uniforme et il n'en fallut pas plus pour que sa copine bondisse aussi sur ses pieds, tel un dragon enragé.
- Daphné ! Pourquoi est-ce que tu fais ça ?! Il n'y a rien qui t'oblige à aller avec cette espèce de... de...
Daphné Greengrass baissa les yeux vers ses escarpins, cherchant à éviter le contact visuel à tout prix. A l'inverse, Drago leva les yeux au ciel. Ce genre de scène était récurrente, que ce soit avec lui ou divers garçons de Serpentard, l'autre aurait dû avoir l'habitude depuis le temps.
- Qu'est-ce que tu as Davis, t'es jalouse ? ricana-t-il pour le simple plaisir de la provoquer. Allez fais pas la gueule, le jour où tu décideras de t'arranger un peu tu pourras en profiter aussi...
Elle le toisa d'un air dégoûté.
- Va te faire foutre, Malefoy. Et je t'interdis de me parler sur ce ton ! Sinon je...
- Sinon quoi ? coupa le blond d'une voix menaçante. Tu vas faire quoi, Davis ? Me jeter un sort ? Arrête ton cirque, on sait tous les deux que tu n'oseras jamais.
- Je n'ai pas peur de toi ! clama-t-elle en amorçant un mouvement pour se pencher vers le canapé sur lequel elle avait eu la mauvaise idée d'abandonner sa baguette.
Drago se décala pour se dresser entre elle et son bien, la dominant de toute sa hauteur. Il était plus grand qu'elle et même si Davis s'efforçait de faire bonne figure, il la vit nettement déglutir avec difficulté.
- Bien sûr que si, tu as peur de moi, susurra-t-il à son oreille. Parce qu'au fond, les petites Sang-de-Bourbe dans ton genre savent où est leur place. Tu sais très bien que c'est moi le plus fort.
En réalité, Tracey Davis n'était pas vraiment une Sang-de-Bourbe mais c'était tout comme. Père Moldu, mère née-Moldue. Le pire, c'était que cette petite conne en était fière.
- Alors tu vas arrêter de me les briser ou je te jette un Furonculose. Oh mais en fait... pas besoin vu ta tête, railla-t-il en désignant son front couvert d'acné.
Des plaques rouges apparurent sur les joues de Davis. Les poings serrés, elle s'éloigna en direction du dortoir, lui assénant au passage un coup d'épaule rageur mais Drago s'en foutait. Il avait gagné.
A côté de lui, Daphné laissa échapper un couinement étranglé. Elle était horrifiée, c'était une évidence. Pourtant, elle n'avait pas dit un mot pour défendre son amie. Car le talon d'Achille de Daphné Greengrass, c'était son nom de famille et le prestige qui lui était associé. Elle était prête à tout pour rester dans les bonnes grâces des autres Sang-Pur. Son amitié avec Tracey Davis était la seule chose nuisible pour sa réputation à laquelle Daphné semblait incapable de renoncer. Pas au point d'avoir le courage de s'opposer directement à Drago cependant et il comptait bien en tirer parti...
- Ta copine sang-mêlée n'a pas été très gentille avec moi... Il va falloir que tu rattrapes ça...
Une myriade d'expressions défila sur la visage de Daphné sans qu'il ne puisse tout interpréter. Honte, colère, peur, résignation... Puis elle se redressa crânement, le menton levé, une main posée sur sa hanche, l'autre sur l'avant-bras nu de Drago.
- Tu veux qu'on aille se trouver un coin tranquille ? suggéra-t-elle, sa langue venant humidifier sensuellement sa lèvre inférieure, et le blond secoua la tête avec un rictus mi victorieux, mi blasé.
C'était toujours pareil, Daphné ne disait jamais non. Tout le monde était au courant qu'elle avait couché avec Blaise au début de l'année et les rumeurs disaient qu'il n'y avait pas eu que lui. Terence Higgs, Oscar Vaisey... la liste était longue.
- Viens, ordonna-t-il. J'ai envie de m'amuser...
Dès qu'ils furent hors de la salle commune, il la poussa dans la première classe vide qu'il trouva sur le chemin et la plaqua contre le mur en l'agrippant par les hanches. Décidément, c'était une excellente distraction, songea Drago en embrassant férocement Daphné dans le cou. Elle entreprit de déboutonner sa chemise pour caresser son torse et il poussa un grognement de contentement, chassant Pucey de son esprit.
Le préfet-en-chef avait encore quelques jours de répit devant lui mais ensuite... Drago était bien décidé à détruire Adrian Pucey et sa si précieuse réputation à laquelle il tenait tant.
...Verdict ? Est-ce que vous avez aimé ? Quels sentiments ça vous inspire ? C'était un chapitre que j'ai trouvé particulièrement délicat à écrire, le dosage était difficile à trouver, notamment dans le point de vue de Théo, je voulais mettre en lumière des facettes moins agréables de sa personnalité mais sans le faire passer pour horrible non plus, n'hésitez pas à dire ce que vous en pensez.
L'autre difficulté, c'était bien évidemment la scène entre Drago et Daphné, qui est particulièrement dérangeante. C'était le but bien sûr mais c'est difficile de trouver l'équilibre avec ce genre de choses. On aura l'occasion de retrouver Daphné par la suite, je pense que ça donnera un nouvel éclairage sur sa personnalité. Qu'est-ce que vous pensez d'elle pour le moment ?
Je sais qu'on rencontre pas mal de nouveaux personnages secondaires dans ce chapitre, ça m'embêtait un peu de tous les mettre en même temps mais c'était vraiment le meilleur moment pour les faire entrer en scène. Précision pour ceux qui n'auraient pas lu les livres : Susan Bones, Zacharias Smith, Daphné Greengrass et Tracey Davis sont tous des personnages inventés par JK Rowling même s'ils sont à peine évoqués, j'ai en revanche créé leur personnalité. (Pour Zach je me base en grande partie sur les HP où il y a un peu plus de détails à son sujet)
Par contre, Clive Avery sort tout droit de mon imagination même si son père existe dans le canon, je lui ai juste donné le prénom de Victor puisque c'est un détail qui n'est pas donné. Pour ceux qui auraient lu la première version de cette histoire, j'espère que ça vous fera sourire de retrouver Clive, la scène est à peu près la même mais j'ai estimé que ça méritait d'être un peu plus développé.
Dites-moi si vous avez un petit chouchou parmi tous ces nouveaux personnages, on se retrouve le plus vite possible et si ça vous a plus, n'hésitez pas à laisser une petite review please !
