Chapitre 28 : Le cours d'eau

POV DRAGO

Le soleil s'est couché derrière l'océan. Un vent nocturne souffle sur le sable fin.

Mais ils ne voient rien d'autre que leur partenaire. Ils sont tous les deux nus, allongés sur un drap posé sur le sable.

Ils se frottent l'un contre l'autre, leurs sexes sont dressés entre leurs ventres et leurs lèvres sont scellées. Accompagné par des gémissements non contenus, Drago ondule les hanches avec envie. Les sensations sont nouvelles mais incroyables. Il a l'impression d'être entraîné dans un tourniquet de plaisir. Ron n'a pas arrêté de l'embrasser et de le caresser et surtout de le pénétrer de ses doigts.

Son corps est totalement dilaté mais ils sont bien trop étourdis par les baisers pour se précipiter dans cet approfondissement.

C'est quand Ron ne peut plus tenir qu'il aborde le sujet pour enfin le soulager :

"Ron, comment veux-tu que je me positionne ?

-Tu peux rester sur le dos Drago, gémit Ron qui se redresse. Je veux voir ton visage et j'veux pouvoir t'embrasser."

Cette annonce lui va droit au cœur. Ces précédentes expériences étaient du sex mais cette fois-ci c'est différent, il fait l'amour avec l'auror.

"Est-ce que c'est bon pour toi Drago, demande le gryffondor en caressant ses cuisses. Tu préfères autrement ?

- C'est parfait Ron, avoue-t-il dans un frisson. Merci."

Il ferme les yeux sous le plaisir lorsque Ron le branle tout en s'installant devant son intimité. Quand il sent le membre le pénétrer doucement, il se force à ouvrir les yeux pour regarder son amant. Drago a besoin de l'observer. Il a besoin de savoir que c'est avec cet homme qu'il aime qu'il fait l'amour.

Ce n'est pas douloureux. Les longues préparations de Ron ne sont pas vaines. Ses chaires s'écartent avec douceur pour laisser entrer le membre gonflé du gryffondor.

Ron est toujours autant dressé, ça le rassure. Il n'aurait jamais cru pouvoir aller jusque là avec lui, surtout après ce qu'a vécu le rouquin. Mais son cerveau est incapable de se pencher sur ce sujet car son esprit est totalement embrumé dans le plaisir.

Et son cœur rate un battement quand il regarde l'expression de son amant. Son visage est rouge et transpirant mais ses yeux sont brillants et il a un large sourire. Ron est heureux et il prend du plaisir. Drago lui sourit alors en retour avant de l'attirer pour l'embrasser.

Sous les baisers et jusqu'à ce que le soleil se lève, ils ne se quittent pas. Ils font l'amour avec passion et tendresse. Quand l'aube est là, ils s'endorment dans les bras l'un de l'autre.

Les semaines qui suivent sont rythmées par ces échanges d'affection. Le jour ils voyagent le long des côtes, en restant sur le sable et en ne s'aventurant jamais près des falaises qui pourraient dissimuler des grottes. La nuit ils font l'amour avec passion et des baisers suffisent quand ils sont trop épuisés. Ron fait ressentir de plus en plus de plaisir à Drago. Il semble apprendre les bons gestes et les emplacements justes pour faire perdre rapidement pied au médecin. Drago comprend enfin l'addiction de certains pour le sex car il n'imagine pas sa vie sans ces instants. Il adore sentir les lèvres de Ron contre son corps, ses mains qui le caressent, son ventre sur le sien, son bassin onduler et son sexe entre ses chaires. Lors de ces nuits passionnelles, son esprit est soumis à un philtre d'amour. Le médecin ne pense à rien d'autre qu'à son amant. Il ne voit que lui.

Il n'entend que ses gémissements de plaisir, ses grognements intenses et son rire. Car ils rient, beaucoup. Ce n'est pas un simple moment pour assouvir un besoin physique, c'est un échange, un partage, un souvenir agréable qu'ils se créent. Ils se confessent sur leurs sentiments et sur leurs émotions mais ils s'amusent aussi. Ils se chatouillent, se taquinent et batifolent. Pendant ces nuits de bonheur, ils oublient où ils sont et ce qu'ils ont vécu.

Même si malgré eux, leurs traumatismes les pourchassent. Ils ne parviennent pas à changer de position car Drago n'est pas encore capable de tourner le dos à Ron et de son côté Ron n'accepte pas de recevoir Drago sur lui. Le médecin voudrait pouvoir le chevaucher mais cette position rappelle au gryffondor celle de la jorogumo.

Pourtant Drago sent en lui un désir animal monter à l'approche de la pleine lune. Ron l'a compris. Leurs nuits d'amour sont de moins en moins espacées et de plus en plus longues. Ce qui était d'habitude de la colère ou de la dépression se transforme en désir incontrôlable. Avec la pleine lune à quelques jours, le serpentard se surprend même à sauter sur Ron en pleine journée pour assouvir le nouveau symptôme de sa condition de loup-garou. Heureusement, cela ne semble pas déplaire au gryffondor qui vient lui aussi proposer à Drago de faire l'amour en plein jour.

Pourtant cela dissimule à peine leur inquiétude montante : comment vont-ils faire pour passer cette nuit de transformation sans un abri sûr pour l'un comme pour l'autre ?

Ils sont en train de se laver dans un cours d'eau qui vient se jeter dans la mer lorsque le jour de la pleine lune est arrivé. L'eau profonde et transparente les couvre jusqu'à la taille. Ron savonne le dos de Drago en posant des baisers dans sa nuque.

"On va trouver une solution, le rassure l'auror.

- Je ne sais pas par quel miracle ça serait possible, répond le blond en se tournant vers son amant. Ron il faut se faire à l'idée qu'on doit partir chacun de notre côté ce soir. je ne veux pas te mettre en danger."

Il baisse les yeux en voyant le gryffondor froncer les sourcils. Il sait ce qu'il va répondre.

"Quoi ? Pas question que je te laisse seul !"

Il laisse les bras épais de l'auror entourer sa taille pour le tenir contre lui.

"J'ai l'impression qu'on tourne en rond. Va falloir que je te le dise combien de fois, s'agace Ron. On reste ensemble. Quoi qu'il arrive.

-Sauf que le "quoi qu'il arrive" c'est un risque pour toi d'être mordu, rétorque Drago en levant les yeux pour le regarder. Pas besoin de deux monstres dans notre couple, tu crois pas ? "

Et tout en disant ça, il plonge ses doigts dans les poils du torse de son compagnon. Ce simple geste réveille une vague de désir en lui mais le moment n'est plus au batifolage, ils ont plus essentiel à gérer.

"Arrête de te traiter de monstre.

-Pourtant c'est ce que je suis, le coupe Drago. Je suis comme ces créatures sur cette île… Je suis dangereux pour les sorciers et les moldus. Je ne devrais même pas avoir le droit d'être en liberté. Si l'hôpital apprend un jour ce que je suis… "

Ron le coupe en prenant ses poignets et en rétorquant avec colère :

"Ils ont pas le droit de te virer pour cette raison !

-Pourtant, soupire Drago, c'est bien ce qui est arrivé à Remus Lupin…. Par la faute de personnes comme moi et ma famille… S'il n'était pas parti, on l'aurait très certainement viré."

Il sursaute quand le gryffondor lui prend le menton et soulève son visage. Il hausse alors les sourcils en observant le visage rouge de colère de son petit ami.

"Je les laisserais pas faire Drago ! Dès qu'on sera rentré, j'irai demander à Hermione de proposer une loi contre ce genre de chose !

- Si elle l'a pas déjà fait, rit un peu Drago. Au moment où on parle, Granger est sûrement déjà en train de faire voter une loi pour donner un salaire aux elfes de maison ! "

Ça a le mérite de détendre Ron qui déporte sa main de son menton à sa joue pour lui caresser. Il l'entend même pouffer.

"Sur ce point, on a toujours été d'accord Drago."

Le serpentard se redresse alors sur la pointe des pieds pour l'embrasser. Evidemment, Ron lui répond et évidemment ils ne se contentent pas d'un simple baiser.

Sous la garde de Léon qui surveille les environs, ils font ce qui est loin d'être essentiel à leur survie et à la pleine lune qui arrive : ils font l'amour dans le cours d'eau.

Le soleil se couche sur la plage alors que Drago offre un dernier câlin à Léon et un dernier baiser à Ron avant de s'attacher à un arbre. Il a mangé toutes les fleurs d'aubépine qu'il a trouvé pour se sédater. Ron a également préparé une corde avec leur vêtements pour attacher ses mains entre elles dans son dos, mais aussi pour attacher son cou et l'une de ses chevilles à un arbre solide.

"Ron, gémit Drago qui sent la lune monter derrière la montagne, il va falloir me bâillonner.

-On peut pas attendre encore un peu, demande avec appréhension l'auror. Juste quelques minutes?"

Le médecin lui répond "non" de la tête. Il n'y a pas de temps à perdre malheureusement.

"Je suis désolé Ron.

- Pourquoi tu t'excuses ?

- Je m'excuse en avance pour ce que tu vas voir… je suis horrible, répond le serpentard. La transformation est dégoûtante. Et en plus, je vais te mettre en danger.

- Drago..

- Ron, le coupe le blond en fronçant les sourcils, promets moi que tu ne resteras pas si des cannibales nous rejoignent ou si le cerf est là.

- Il est mort Drago…

- Ron, je t'en prie. Promets moi."

Quelques secondes de silence suivent cette demande. Drago s'inquiète pour Ron. Il est terrifié à l'idée que quelque chose lui arrive par sa faute. Il vient à peine de se remettre de toutes leurs mésaventures.

"Pas question, annonce enfin Ron. Je peux pas. S'ils s'en prennent à toi ? Non je te laisse pas."

Sans lui laisser le temps de rétorquer, l'auror le bâillonne avec un vêtement. Drago se contente alors de fusiller du regard son compagnon. Évidemment qu'il se doutait de ce qu'il allait dire mais ça l'énerve quand même.

Il regarde le soleil complètement disparaître derrière l'horizon alors que Léon pose son museau contre sa jambe.

Drago a peur de ce qui va arriver. Il déteste ne pas avoir de potion. Il ferme les yeux et se laisse aller contre le tronc derrière lui. Le stress monte depuis ses entrailles et envahit sa tête. Ses mains tremblent dans son dos.

Il entend Ron appeler Léon. La voix de son amant s'éloigne avec lui alors qu'il va s'installer plus loin sur la plage. Ils attendent tous que la lune le frappe de ses rayons blancs.

Une trentaine de minutes passent quand soudain la douleur foudroyante de la transformation le fait mordre avec force le tissu entre ses dents. Ses cris étouffés sont accompagnés par des larmes et des convulsions. Son corps se tord de douleur alors qu'il ouvre les yeux pour ne voir que la lune au-dessus de lui. Elle est le projecteur de la scène terrible qui se joue.

Ses os se brisent pour s'étirer et se tordre. Sous sa peau rendue presque translucide, le squelette n'a plus de place. Il hurle derrière son bâillon quand sa colonne vertébrale se reforme pour prendre la courbe de celle du monstre. Mais quand c'est le tour de son visage de se briser pour s'allonger, ses cris se coincent dans sa gorge. La douleur est si intense qu'il perd connaissance, laissant alors la place au loup-garou resté tapi au fond de lui durant ces dernières semaines.