Lorsque Nil arriva le plus vite et discrètement possible vers la zone du hangar où Marc avait entraîné Alice, elle ne distinguait pas grand-chose dans la pénombre. Ses yeux s'habituèrent peu à peu à cette obscurité plus dense et elle commença à distinguer des formes. Elle écarquilla les yeux lorsqu'elle a reconnu deux silhouettes plaquées contre le mur immobile. Son sang se glaça, elle a vu Marc au-dessus d'Alice la plaquante contre le mur. Mais ce qui fit monter les larmes aux yeux de Nil était qu'Alice ne bougeait plus. Elle avait les bras ballants le long du corps et la tête qui tombait en avant.
Nil sortit le pistolet au creux de ses rênes, qu'elle avait pris avec elle avant le combat, et le pointa en direction des deux corps. Elle avait les bras tendus devant elle et avançait sans faire de bruit. Elle essayait de se déplacer dans l'angle mort de l'assaillant, afin de ne pas se faire repérer. Nil s'approcha encore plus près et alors qu'elle n'était qu'à quelques mètres une deuxième vision d'horreur se présenta à elle. Elle s'aperçut que ce n'était pas pas Alice qui était comme sans vie contre le mur avec la tête penchée en avant et les bras ballants, mais Marc. Alice se tenait debout devant lui, le plaquant au mur en le maintenant par les épaules, leur corps était comme enlacé. Brusquement, Alice poussa un cri déchirant et Nil vit ses épaules commençait à tressauter, la tatoueuse fut prise de violents tremblements qui seirent répandus dans tout son corps. La boxeuse laissa tomber son arme à laquelle elle se cramponnait depuis qu'elle l'avait dégainé. Et couru en direction de sa tatoueuse dont le cri de désespoir la déchira. Nil s'en voulait de ne pas avoir été là pour l'aider, elle devait se rattraper et en finir avec Marc pour qu'Alice ait enfin la paix. Elle attrapa Alice par les épaules pour la faire reculer et se placer devant elle en signe de protection. Elle ne voulait plus que Marc pose ne serait-ce qu'un doigt sur sa partenaire. Alice se retourne vers Nil les yeux exorbités et avec une respiration erratique, la boxeuse comprend instantanément qu'elle était en pleine crise d'angoisse. Elle attrapa la tatoueuse pour la mettre hors de portée de son assaillant et plaça ses mains de chaque côté de son visage pour l'obliger à la regarder dans les yeux. Lorsque les yeux d'Alice se fixèrent enfin sur les siens, elle l'attira contre elle et la prit de ses bras en lui embrassant le front.
Une odeur de fer vint chatouiller les narines de Nil, c'était une odeur qu'elle ne connaissait que trop bien, le sang. Nil s'écarta légèrement d'Alice pour vérifier qu'elle ne soit pas blessé ou du moins pas gravement blessé. Elle constata que son t-shirt était imbibé de sang.
« - Alice regarde-moi ! Alice ! Paniqua Nil. Est-ce que tu es blessée ? Est-ce que tu as mal quelque part ?
- N...Non...Non, sanglota Alice.
- D'accord, je vais vérifier ok ? Je vais passer ma main sous ton t-shirt pour voir si tu n'as pas de blessure comme tu es en état de choc. Dit Nil, Alice lui a répondu par un hochement de tête »
Nil passa sa main sous le t-shirt de la tatoueuse et examina son ventre, ses côtes, puis sa poitrine, car c'était dans cette zone que se concentrait le sang. Qu'elle ne fut pas sa surprise quand elle ne trouva aucune blessure suffisamment importante pour être la cause de tout ce chanté présent sur Alice. Un énorme soupir de relâchement s'échappa de la bouche de la boxeuse, ses épaules s'affaissèrent et son stress disparu. Nil laissa retomber sa tête sur l'épaule d'Alice qui tremblait toujours. Nil se demanda d'où pouvait bien venir tout ce sang si Alice n'était pas blessée. Soudain, une pensée à travers son esprit à la vitesse d'une balle, Marc.
Nil aida Alice à se relever, et la place derrière elle. Elle voulait faire bouclier humain au cas où Marc se jetterait sur elle. Nil reprit son pistolet en main et le pointa sur l'homme qui n'avait pas bougé d'un poil. Alice s'agrippa au dos du t-shirt de Nil toujours tremblante. La boxeuse s'avança prudemment de Marc, elle entendait au loin Giulio essayer de contenir la foule. Arrivée à la hauteur de l'homme, Nil s'aperçut que quelque chose clochait. En effet, il n'avait pas bougé ou essayé de s'enfuir pendant que la jeune femme essayée de calmer sa tatoueuse. De plus, en regardant de plus près Nil constata que l'homme ne touchait plus le sol, il semblait flotter au-dessus de ce dernier à quelques centimètres de celui-ci. Nil toucha du bout de son arme le corps de Marc qui ne réagit pas le moins du monde. Nil rangea son arme au creux de ses rênes et approché sa main tremblante pour sentir un pouls. Elle palpa sa gorge à la recherche d'un signe de vie en vain. Nil se retourna vers Alice qui semblait horrifiée par cette découverte. C'est alors que la boxeuse constata que l'homme, qui avait traumatisé sa compagne, avait deux tiges en métal qui sortaient de sa poitrine. Alice avait dû essayer de se défendre contre l'homme et dans la lutte, elle l'avait poussé contre le mur violemment. Elle n'avait sûrement pas vu qu'il y avait des tiges en métal servant autre fois de support pour des étagères, et avait empalé l'homme sur ces dernières. Les tiges avaient perforé ses poumons qui ont dû se remplir de sang provoquant la mort de l'homme. La terreur traverse le visage d'Alice qui ouvrit la bouche pour pousser un cri, mais aucun fils ne sort de sa bouche. Nil se retourna vers la tatoueuse et posa sa main sur ses yeux pour lui cacher cet horrible spectacle. Elle attrapa Alice pour la faire reculer et la détourner de cette vue, des larmes dévalaient ses joues à toute vitesse.
« - N..N... Nil... Il est mort ? C'est moi qui ai fait ça ? Sanglota Alice
- Oui, il est mort... Non non Alice ce n'est absolument pas de ta faute. La rassura Nil.
- Mais il est mort à cause de moi, je l'ai Tué ! Cria la tatoueuse.
- Écoute-moi Alice, il est mort, mais tu n'y es pour rien. Tu n'as rien fait du tout. Tu t'es défendu.
- Il s'est jeté pour sûr moi... Il voulait m'emmener avec lui... Il a dit... Il a dit qu'il m'avait acheté... J'ai essayé de me défendre.. Je te le promets Nil, j'ai essayé de résister. Hoqueta Alice
- Je sais Alice, je sais. Et c'est pour ça que tu n'y es pour rien dans ce qu'il s'est passé. Tu t'es défendu et c'était de la légitime défense. C'était soit toi soit lui. Et je préfère que ce soit lui. Dit Nil en serrant Alice dans ses bras.
- Mais il est quand même mort par ma faute.
- Non, il est mort par sa faute à lui. S'il n'avait pas essayé de t'enlever et s'il ne t'avait pas fait autant du mal, il serait toujours en vie. Mais sans cela, on ne se serait jamais rencontré.
- Mais qu'est-ce que je vais faire maintenant... Demanda Alice
- Tu ne vas rien faire de tout. Laisse-moi m'en occuper d'accord ? Je vais tout arranger avec Giulio et il ne t'arrivera rien, je te le promets.
- D'accord merci Nil, mais si je dois faire quelque chose dis-moi d'accord
- Je te le promets. Dit Nil en lui embrassant le front. »
Nil attrapa Alice dans ses bras la serrant de toutes ses forces pour la réchauffer. Puis les deux femmes se dirigèrent vers Giulio qui avait réussi à apaiser la foule le temps que Nil s'occupe d'Alice. Une fois sous le faisceau de lumière des lampes, la foule se tut pour écouter ce que Nil allait leur annoncer. En effet, en aillant pris la place d'Alexis, la jeune femme allait devoir assumer de nouvelles responsabilités et elle allait devoir mettre en place de nouvelles règles pour mettre le gang dans le chemin tracé par Toni.
« - Mes frères, aujourd'hui annonce la venue d'une nouvelle aire pour notre organisation. Nous allons suivre la volonté de Toni qui était de faire de notre gang le plus influent et craint de Rome. Avec Alexis, nous étions les plus craints certes, mais très certainement pas les plus puissants. Cela doit changer, modifie l'accent sur le pouvoir. Désormais, des personnes de confiance m'entoureront à savoir Giulio qui sera mon bras droit et Alice qui se trouve sous ma protection, dit Nil en les présentant, Avec Giulio, nous aurons une réunion dans les quelques jours pour voir comment nous allons nous y prendre. Nous allons également plus concerter les membres du gang, car sans vous, nous n'irons pas loin. Une vague d'acclamation s'élève. Maintenant, je sais que je compte mettre en place ne plaira pas à tout le monde, mais libre à celui à qui ça ne convient pas de partir. Je préfère ça que de recevoir un coup de couteau dans le dos. »
Son petit discours coupé pour effet de galvaniser la foule qui se mit à acclamer Nil.
