Désolée à tous, les temps d'attente se font sentir, mais j'étais en vacances alors, impossible d'écrire ni de publier. Je suis justement en train d'écrire la fin donc pas de panique, vous l'aurez ! Allez y de vos théories, je sors le pop corn chaque fois que j'ouvre vos reviews lol Gros bisous à tous
Chapitre 15.
Elle aurait aimé que ces 15 jours passent moins rapidement et elle pariait fort sur le fait que ce sentiment soit horriblement partagé, non pour les mêmes raisons, elle le craignait.
Elle n'osait imaginé le sentiment que devait ressentir cette Hermione Granger, qui venait de trouver une idylle nouvelle avant de se la faire violemment arracher. Comme elle, quelque part. Mais cette Hermione pouvait au moins se préparer au pire.
Elle ne lui avait pas encore dit que la salle dans laquelle se déroulait les visites conjugales n'était pas insonorisée. Cela la mettait bien trop mal à l'aise, et elle pensait, naïvement sans doute, que personne n'irait écouter à cette porte.
Elle déchanta bien vite environ quatre jours avant la date fatidique.
En effet, il lui avait fallu repérer les lieux de l'exécution, afin de peaufiner son plan d'action. Ainsi, elle avait accompagné cette version d'elle à Azkaban, bien nichée sous la cape d'invisibilité.
En arrivant sur place, Hermione s'était détachée afin de suivre plusieurs corridors, l'amenant vers un chemin qu'elle avait bien étudié en amont. La plupart des cellules devant laquelle elle passa étaient vides, la majorité des mangemorts et autres reliquats ayant sans doute trépassé pendant ou après la guerre.
Azkaban n'était pas vraiment cette prison sordide à laquelle elle s'était attendue. De l'intérieur, elle ressemblait à la plupart de celles moldus, le matériel « moderne » en moins. Nul doute que du temps de post Voldemort, les lieux devaient être beaucoup plus lugubres si les détraqueurs les arpentaient en longs et en larges.
Hermione passa devant une large salle donnant sur l'extérieur, dont l'air glacial ne donnait pas envie de sortir, sans compter sur cette odeur iodée insupportable. Puis, ses pas l'amenèrent jusqu'au bout d'un cul de sac, donnant sur une salle bien spécifique.
Elle était destinée aux exécutions. Rien de bien compliqué à deviner, c'était écrit sur la vitre. Hermione ne put en ouvrir l'accès. La porte était verrouillée et elle n'osait utiliser sa magie pour y entrer au vue de ses pouvoirs incertains.
Alors de là, elle porta ses yeux au plus près de la fenêtre, et étudia les lieux.
La pièce semblait configurée en arc de cercle. En son milieu se trouvait une estrade protégée par une barrière magique sur laquelle reposait une vieille chaise munies de chaînes. Elle distingua plus ou moins les sortilèges mis en place qui rendait ce mur magique un peu bleuté. Elle avait utilisé des sorts de protection similaires durant sa cavale.
Pour finir, devant cette scène macabre étaient disposés des centaines de sièges pour les spectateurs de cette affreux décor.
Hermione prit une profonde aspiration. Il y aurait du monde à cet événement, aucun doute là dessus. Snape était le dernier mangemort encore en vie…
Il lui faudrait une sacrée puissance pour empêcher à cette assistance d'intervenir avant qu'elle n'ait le temps d'abaisser le bouclier, repousser le détraqueur pour donner le coup de grâce à ce Snape, mais c'était une question de vie ou de mort, pour eux deux cette fois.
Hermione sentit une angoisse certaine envahir son estomac.
Jusqu'à aujourd'hui, l'idée était devenue si abstraite qu'elle ne le réalisait pas vraiment, mais maintenant qu'elle se trouvait face à cette salle, elle réalisa qu'elle allait devoir le tuer.
Seigneur, comment allait-elle faire pour y parvenir sans trembler ? Pour trouver la force de déchirer son âme à travers cet acte pour l'enfermer dans sa monstre alors qu'elle…
Hermione se mit à trembler, et tenta de reprendre contenance en serrant les poings. Machinalement, elle observa ses paumes qui avaient une sale allure.
Il fallait qu'elle le fasse.
Snape était d'ores et déjà condamné ici, et elle aussi. Si elle voulait le sauver, d'une façon ou d'une autre, elle se devait de le tuer.
Soudain, la jeune femme comprit le sentiment qui avait envahi son ancien professeur lorsqu'il avait du achever Albus Dumbledore. Dieu merci, elle avait été là… une fois. Hermione se secoua ainsi la tête, et rebroussa chemin jusqu'aux redoutés cellules conjugales.
Elle n'avait jamais croisé Ron de nouveau depuis le tout premier incident, et supposa qu'il avait du demander à changer de poste… Mais la jeune femme se figea en arrivant sur place.
Elle distingua pas moins de cinq aurors, composés de deux femmes et de trois hommes, tous gloussant comme un troupeau de dindes. Ils avaient leur oreilles collées à la porte, mais il n'y avait pas franchement besoin de ça pour deviner ce qui se tramait à l'intérieur.
Hermione en rougit plus encore d'embarras.
Jamais elle n'avait entendu la voix profonde de son professeur se lâcher à ce point. La perspective de mourir sous peu devait lui donner plus de liberté, sans doute.
Il fallait qu'elle les empêche d'espionner de la sorte. Alors, Hermione observa tout autour d'elle, puis se dirigea discrètement vers un des couloirs donnant sur les postes administratifs, et claqua des pieds par terre, faisant mine que quelqu'un arrivait.
Elle vit au loin tout ce petit monde se sauver d'un air apeuré et soupira de soulagement. Enfin, elle s'approcha timidement de la porte, et les gémissements de son professeur, directeur, maitre ? Elle ne savait plus trop… Sa voix grondait de plus en plus fort, à un tel point qu'elle déglutit et serra les jambes impulsivement, son intimité échauffée par le bruit de ces ébats.
Quelque part, elle aurait aimé être une petite souris pour avoir l'image en plus du son. Elle s'imaginait sans peine ces ébats très passionnés, le bruit même de leurs mouvements se percutant dans les murs de pierre, les grognements de plaisir couplés aux aspirations transportées d'Hermione bis rendaient l'ambiance sonore particulièrement érotique. Et le pire, c'est que cela ne semblait pas prêt de s'arrêter.
Plus le temps passait, et plus Hermione sentait l'excitation dans son entrejambe devenir oppressante, chauffant son clitoris de sorte qu'elle venait de machinalement presser le plat de sa main entre ses cuisses serrées.
Elle-même sentit sa respiration s'accélérer en même temps que les cris de la jeune femme. Ce n'est que lorsqu'elle entendit Snape implorer son prénom, pour la première fois lui semblait-il, qu'elle céda en migrant ses doigts directement dans sa culotte.
C'était peut-être bizarre, quelque part, la situation ne pouvait même ne pas l'être plus, mais elle s'en fichait. Alors, elle se laissa aller au rythme des gémissements sonores de Snape, de sa voix à elle qui se perdait dans un paradis de béatitude, avant que tous trois ne jouissent quasiment en même temps, Hermione se contentant d'un soupir étouffé tandis que l'homme derrière la porte semblait esseulé.
La jeune femme porta alors sa main vers son coeur qui battait si fort dans sa poitrine et tenta de calmer le feu qui lui avait envahi le corps tout entier.
Et elle fit bien de le faire lorsque, une dizaine de minutes plus tard, elle tomba presque nez à nez avec Hermione, son double, les cheveux un peu en bataille, le rouge aux joues et un espace de sourire idiot planté sur son visage.
Elle passa la main à son double, qui ne put s'empêcher de rougir en faisant face à ce Snape, un peu débraillé, le teint pas aussi pâle que d'ordinaire.
Elle bloqua d'ailleurs quelques secondes sur une goutte de sueur perlant de sa nuque avant de se reprendre, et de peaufiner les détails de ce qui était devenu leur plan d'action.
xXx
Hermione voyait son double, perfectionner sa coiffure et le charme qu'elle lui avait lancé. Grâce a sortilège, Hermione avait retrouvé ses cheveux d'antan, bruns aux boucles étincelantes. Elle avait retrouvé également l'aspect de ses mains si délicates, et une couleur de peau normale. En se voyant dans le miroir, elle fut même frappé par ses yeux marrons, s'étant d'ores et déjà habituée à leur lueur bleutée.
« Ce plan… c'est vraiment de la folie, soupira-t-elle de désespoir.
_ Snape va mourir, autant tenter un ultime recours.
_ Et s'il meurt quand même, si ça ne marche pas ? demanda rageusement cette Hermione.
_ On pourra dire qu'on a fait notre maximum. »
La jeune femme grogna de mécontentement, et Hermione évita son propre regard. Elle n'aimait guère mentir.
Elle savait qu'il allait mourir, que cela n'avait rien d'un recours et que pire encore, elle changerait de dimension pour le retrouver ailleurs, et le sauver, réussir à le sauver, enfin… mais elle tenta de ne pas y penser. Cette Hermione était aussi elle, d'une certaine façon, alors la vérité qu'elle cachait n'était pas réellement un mensonge.
Et puis, elle n'avait pas besoin qu'une autre Hermione se trimballe elle aussi de dimensions en dimensions pour le retrouver. C'était sa mission, il était hors de question de la partager avec qui que ce soit, pas même elle-même.
Hermione jeta alors un oeil sur sa montre.
21h56. L'exécution est prévu pour 22h30.
« C'est une décision irrévocable ? demanda-t-elle en mettant sa capuche sur sa tête.
_ Assister à son exécution sans intervenir ? Plutôt mourir, lâcha-t-elle en détournant son regard, les bras croisés sur sa poitrine. »
Hermione se pinça la bouche, et hocha la tête. Elle lui faisait de la peine, mais décida de reléguer ce sentiment loin, très loin au fond de son esprit. C'est sans plus réfléchir qu'elle emprunta le même chemin maudit vers Azkaban, à la différence près que cette fois, le bateau l'amenant jusqu'à la prison était plein à craquer. Elle y dévisagea plusieurs anciens élèves qu'elle reconnaissait, des commerçants qu'elle avait croisé ici et là sur le chemin de traverse, sans compter sur du personnel de Poudlard. Elle fut néanmoins soulagée de ne pas tomber sur Minerva McGonagall. Elle espérait que la sorcière soit plus intelligente, plus digne que tous ces gens, et surtout, qu'elle ait cru Harry. Hermione avait en effet, cette désagréable sensation que tous les sorciers qui l'entouraient n'étaient que des gens baissant les armes, des déchets adhérant à un système aussi mauvais que l'ancien, et toujours aussi incapables de donner leur confiance à Harry Potter, le sorcier qui a pourtant toujours tenté de leur ouvrir les yeux.
Enfin merde, comment pouvaient-ils accepter que la mort de Snape devienne un spectacle ? Comment pouvaient-ils cautionner de le tuer alors qu'il n'était qu'un innocent de plus au milieu de cette guerre ?
Mais quelque part, n'était-ce pas cela, la clé ? Voldemort. Sans Voldemort, Snape serait en vie. Chaque fois, sa mort était liée à lui, d'une manière ou d'une autre. Peut-être devrait-elle tenter de remonter plus encore sa montre lors de son prochain voyage ? Cela mettrait ce nouvel horcruxe à rude épreuve c'est certain, mais elle n'avait vraiment plus rien à perdre.
Il était hors de question de revenir dans un monde où elle le verrait encore mourir. Hermione était fatiguée physiquement mais surtout, moralement. Elle l'avait vu tomber tellement de fois, de tas de façon différente, cela en était devenue une véritable torture. Chaque voyage lui apportait, à la fois un espoir nouveau, mais aussi des tas d'angoisses de plus en plus profondes. Et elle sentait le challenge être de plus en plus difficiles. Arriverait-elle à être assez puissante ? Assez intelligente, assez perspicace pour lui ? Elle avait parfois l'impression que la mort se jouait d'elle au travers d'une loterie de plus en plus perfide.
Chaque fois, elle songeait que cela ne pouvait pas être pire, et chaque fois, la vie lui démontrait le contraire. Mais désormais, bientôt armée de son horcuxe et de tout ce pouvoir dans ses veines, elle se sentait capable de renverser le monde. Elle y croyait. Et elle avait un plan bien rodé pour cela…
xXx
Il n'avait pas été chose aisée pour Hermione de se frayer un chemin dans cette foule compacte. Les couloirs d'Azkaban étaient étroits, loin d'êtres conçu pour accueillir autant de monde. Et pour ne rien faciliter, la jeune femme se faisaient dévisager de toute part, et elle avait même l'impression qu'un périmètre de sécurité se formait autour d'elle.
Et ce n'était sans doute pas qu'une impression. Alors, elle profita de cet élan de dégout partagé pour remonter la file jusqu'aux premiers sorciers arrivés, dont Harry tenait la tête avec une mine bien dure.
« Harry ! l'appela-t-elle. »
Le garçon se retourna, surpris. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas revu son amie, surtout depuis qu'elle et Ron étaient en froids… et il n'avait pas franchement cru ce dernier lorsqu'il lui avait révélé il y a de cela deux semaines, que ces visites « conjugales » n'avaient rien de platonique. Harry avait vivement contesté, Hermione lui ayant toujours affirmé mordicus qu'elle continuait de visiter Snape par espoir, par solidarité, parce que ses valeurs le lui dictaient. Mais une partie de lui en doutait.
Malgré cela, il l'accueilli avec un sourire, un peu triste devait-il l'avouer. Ses efforts avaient été vains, et ce soir, un grand héros s'apprêtait à mourir car les gens n'étaient obsédés par la marque maintenant, à peine visible sur son bras.
Cette foule avait fait de Snape un despote, pendant que lui et Hermione le percevait comme un martyr. Cette différence de perception était saisissante, quelque part, tout deux maintenant à la tête d'un cortège en quête de sang et de pseudo justice tandis qu'eux, pleuraient leurs ignorances.
Mais Hermione, ce soir, était différente de ce que à quoi Harry s'était attendu. Il l'avait vu abattue, au bord de l'évanouissement à de multiples reprises, et voilà que maintenant, elle ne dégageait rien d'autre qu'une certaine nervosité. Peut-être s'était-elle résiliée ?
« Je pensais que tu ne viendrais pas, déclara-t-il d'un air sombre, le regard froid et fixe devant lui.
_ Moi aussi, murmura-t-elle, mal à l'aise.
_ J'aurais préféré ne pas te voir… mais je comprends maintenant ce que c'est, que de se battre pour une cause que le monde entier piétine alors qu'on la sait si juste, lâcha Harry en se secouant la tête. »
Hermione se pinça l'intérieur des joues avant de sentir sa gorge se serrer.
Jamais personne n'avait auparavant témoigner la moindre empathie pour elle, pour ce qu'elle vivait depuis son entrée dans le monde des sorciers. Cela avait commencé avec la S.A.L.E, puis ce sentiment avait pris tellement de proportions.
« Et moi, j'aurais préféré que tu ne sache jamais ce que ça fait, lâcha-t-elle.
_ Au moins, tu n'es plus seule, tenta-t-il de la réconforter.
_ Oh Harry, si tu savais comme je le suis. »
Hermione prit une profonde inspiration, avant de s'éloigner de son ami, du moins, de cette réplique de lui afin de prendre place sur un siège, au plus prés de l'estrade. Elle n'avait pas envie qu'il l'accompagne, elle aurait préféré être seule. Mais quelques sorciers, jeunes et d'apparence inoffensifs vinrent combler les places à côté d'elle. Ils devaient être téméraires, puisque tout le monde la fuyait comme la peste.
Soudain, elle sentit une main se poser sur la sienne et sursauta d'un coup avant de la retirer vivement. Puis, elle leva un regard ahuri, sans se détacher de son expression à la vue de celui qui avait eu l'audace de s'asseoir à sa droite.
« Neville ?!
_ Désolée, je… je ne voulais pas t'effrayer.
_ Mais qu'est-ce que tu fais là ? demanda-t-elle, grimaçante. »
Le garçon prit une profonde inspiration. Un brouhaha commençait à prendre place derrière eux. Combien encore d'autres sorciers et sorcières allaient pouvoir entrer dans la salle ?
« En fait, je ne sais pas moi-même, finit-il par souffler.
_ Je ne t'imaginer pas assister à… ça, cracha Hermione, amère.
_ Moi non plus, je… je suis tellement déçu, marmonna-t-il.
_ Toi, déçu ? Snape était ton épouvantard, il t'a terrorisé, je comprends que tu ai de la rancoeur, même si j'ai du mal à l'accepter.
_ Je n'éprouve aucune rancoeur, voyons, lâcha Neville en fronçant les sourcils. Tu plaisante ou quoi, toute cette cérémonie est un véritable scandale, marmonna-t-il.
_ Quoi ?
_ Snape ne m'a jamais porté dans son coeur, je sais, mais… enfin, tout le monde a entendu Harry à ce sujet, non ? Et puis, vu la violence de la bataille, et la terreur qui a pu régner, si Snape ne m'avait pas appris à maîtriser ma peur, jamais je n'aurais trouvé le courage de défier ce maudit mage noir.
_ Tu es reconnaissant ?
_ Eh, n'exagère pas non plus. Disons que… je trouve ce traitement injuste, voilà tout.
_ Alors pourquoi es-tu là ? Tu sais bien que cette foule derrière nous est ravi de ce traitement, ceux qui sont présents ne font que soutenir ce système.
_ J'en sais rien. Je crois que je veux imprimer ça dans ma tête pour me promettre à moi-même que ça ne se reproduise plus jamais. »
Hermione fixa un long moment Neville, avant de finalement regarder le siège vide devant elle avec plus de détermination qu'elle n'en eu jamais eu.
« Pour que ça ne se reproduise plus jamais, répéta-t-elle. »
Peu à peu, le silence prit place dans la salle, avant que le seul détraqueur n'apparaisse au dessus d'eux. Celui-ci était plus lent que ceux que Hermione avait déjà vu. Hermione lui avait glissé qu'une rumeur courrait selon laquelle celui-ci serait le dernier survivant de son espèce après que Voldemort ait perdu la guerre. Cela ne l'étonnerait pas vraiment, l'allure de celui-ci tirant plus vers le gris que le noir, et son aspect, plus petit que les autres.
Auparavant, du temps de Sirius Black, ils devaient être beaucoup plus durant ce genre de cérémonie.
Au moins, cela serait plus facile.
Snape fut amené sur l'estrade dans un silence pesant.
Hermione pouvait entendre quelques grognements de la part de quelques sorciers dans l'assemblée, qui tous, se taisaient sous le regard réprobateur de Harry, mais aussi sous les yeux perçant du condamné.
Même dans la mort, il restait digne, le dos droit, le visage froid, avant que ses pupilles ne tombent sur elle. Alors, un voile passa dans ces dernières, un sentiment de tristesse, de mélancolie qu'il ne prit même pas la peine de cacher. Ses traits si durs, s'abandonnèrent, elle avait comme l'impression qu'il était en train d'avouer au monde entier ses vrais sentiments et Hermione fut sur le point de se lever pour les supplier.
Il n'y avait qu'un auror, il pouvait le détacher, toute cette folie pouvait cesser… ils devaient le laisser vivre !
Mais Neville porta vivement sa poigne autour de son bras afin de l'empêcher de faire cette bêtise.
« Hermione, chuchota-t-il. Ne dit rien.
_ Mais…
_ Ils n'attendent que te jeter dehors, ne dit rien, dicta-t-il, la voix enrouée par l'émotion. »
La sorcière étouffa un sanglot, avant de fermer les yeux, et d'acquiescer. Comme sil lisait dans ses pensées, Snape accorda un léger mouvement de tête à Neville qui baissa ses yeux, encore honteux, comme s'il avait commandité lui-même cette sentence.
« Je ne me le pardonnerais jamais, souffla-t-il.
_ Neville, je…
_ Lâchez-le, clama-t-il vivement avant de se lever. »
Snape ne fut alors pas le seul à montrer son étonnement. C'est une bonne moitié de l'assemblée qui murmura de concert leur surprise, avant de montrer leur désapprobation sans attendre.
« C'est ça, votre représentation de la justice ? Laissez-le, relaxez-le, il ne mérite pas la mort ! Le professeur Snape est un héros, continua-t-il. »
La foule devint alors plus véhémente tandis que Hermione se pinça la bouche. Elle jeta un regard encore plus accablé vers Snape qui l'observa lui aussi. Il était touché par ce geste, mais savait déjà qu'il n'était que vain.
Les aurors encadrant l'exécution demandèrent à Neville de se rasseoir, mais il n'en fit rien tandis que d'autres protestait sous l'appellation de « professeur » que le garçon lui donnait encore.
« Le professeur Snape était un agent double depuis le début, il vous a tous sauvé, vous n'y comprenez juste rien, vous ne voulais rien comprendre, finit-il par s'emporter. Vous faites tous cette effort minable qui vous donne l'illusion que le monde sorcier a une justice alors que vous ne montrez que votre affligeante bêtise. »
La foule devint alors plus véhémente, et, alors que Neville commençait à insulter chaque sorcier s'approchant de lui, Hermione vit du coin de l'oeil Snape sourire.
Sourire ! C'était la meilleure.
C'était comme s'il était bombé de fierté, quel ironie. Elle lui envoya alors un regard désapprobateur mais il n'en tint pas compte.
« Hé, lâchez-moi ! Je m'en irais tout seul ! Mais je ne dirais pas que vous êtes de bonnes gens car vous le paierez bien un jour ou l'autre. Attendez que je prépare une potion pour vous la faire avaler, la plus difficile histoire que ce soit encore plus une catastrophe. La mort que vous infligez à Snape vous paraîtrait sans doute être une douce caresse à côté de ça. »
Lorsqu'elle l'entendit pouffer, Hermione fut vraiment à deux doigts de monter sur l'estrade pour le faire taire.
Mais elle n'en fit rien, car Neville écarta vivement son bras de la prise d'un auror avant de s'en aller prestement. Hermione l'observa alors partir, un peu ahurie. Si elle avait du parier sur ce pauvre Neville en train de défendre Snape jusqu'aux portes de la mort, elle n'aurait pas misé sur cette éventualité.
A son départ, Hermione constata qu'elle était seule désormais sur sa rangée… et peut-être était-ce mieux comme ça, en fin de compte.
Son regard devint plus sombre tandis que Snape soupira. Il lui adressa un mince rictus, comme s'il essayait de la réconforter.
Le silence revint, et il était mêlé par une certaine gêne ambiante. Le regard de Snape se fixa ainsi sur le visage d'Hermione et elle comprit qu'il ne s'en détacherait plus.
« Severus Snape, prononça l'auror à côté de lui. Avez-vous une dernière chose à dire ? »
L'homme resta silencieux, le regard dardé sur le visage de la jeune femme, à un tel point que cela déstabilisa de nombreux sorciers, ainsi que les aurors qui se regardèrent entre eux, soudain aussi mal à l'aise que touchés, pour certains.
Ils avaient entendu, ils savaient, et le rendre plus humain à leur yeux avaient peut-être fait naitre cette étincelle de compassion qui leur manquait. Trop tard. Snape continua ainsi à la regarder, avant de soupirer.
Je t'aime… murmura-t-elle pour elle-même. Bordel, mais dis-le. Dis-le !
« Non, finit-il par souffler, alors que ses yeux montraient ce que sa voix refusait de prononcer. »
Hermione ferma les paupières un instant, presque agacée. Puis, elle les rouvrit, et vit l'auror adresser un mouvement de tête à son collègue qui pointa sa baguette vers le ciel depuis lequel tournoyait ce détraqueur bancal.
Alors qu'il levait le bouclier, Hermione bondit de sa chaise. Elle courut vers l'estrade, ôtant les protections d'un mouvement de main habile qui manqua de lui arracher une douleur au creux du thorax, et les sorciers n'eurent pas le temps de réagir lorsqu'elle tendit sa main vers Snape.
« Avada Kadavra ! »
