Chapitre 4 : Inferno

Link avait marché plusieurs jours sous la chaleur infernale du désert. Il avait dépassé les Colosses du Désert depuis deux jours et il n'y avait aucune trace de monstre, quel qu'il soit. Il marchait tête baissée pour éviter l'éclat intense du soleil sur le sable. Il pensait à Amandine quand un grognement se fit entendre.
- Je crois avoir trouvé le monstre, murmura-t-il.
- Qui va là ? hurla une voix grave venant du sol.
- Montre-toi !
Un serpent immense sortit du sable et regarda Link de toute sa hauteur.
- Est-ce toi qui as attaqué la forteresse Gerudo ?
- Tu parles de cet énorme tas de pierre qui me bloque le passage ?
- Oui.
- Alors c'est moi.
- Pourquoi ?
- Les proies viennent à manquer, je suis forcé d'aller jusqu'aux limites du désert pour en trouver. Mais rassure-toi, je ne mange pas les Hyliens ni les humains !
- Je ne veux pas te tuer. C'est étrange, quand on m'envoie à la poursuite d'un monstre, je ne parle pas avec lui. Je me contente de le tuer et, là, je te parle. Je ne pense pas devoir te tuer.
Le serpent baissa la tête et la mit au niveau de Link.
- Je ne veux pas te tuer non plus. Si je te promets de ne pas retourner là-bas, me croiras-tu ?
- Je pense pouvoir te faire confiance. Et je parlerai de toi aux Gerudos.
- Quel est ton nom ?
- Link et toi ?
- Inferno.
- Entends-tu les sons à l'autre bout du désert ?
- Oui.
- Je vais te jouer un chant et quand tu l'entendras, tu viendras à moi. Les Gerudos t'aideront.
Link sortit son ocarina et joua un chant qu'il venait d'inventer mais que plus jamais il oublierait. Inferno le mémorisa.
- Veux-tu que je te ramène là d'où tu viens ?
- Tu peux faire ça ?
- Grimpe.
Link grimpa sur la tête du monstre. Celui-ci plongea dans le sable. Link ferma les yeux. Il allait se prendre le sable en pleine tête ! Mais le choc tardant à venir, il ouvrit les yeux. Il était dans un tunnel ! Le sable s'écartait devant eux et se fermait derrière eux. Quelques minutes plus tard, il était à l'entrée de la forteresse Gerudo. Il se retourna pour dire au revoir au serpent mais il était seul.
- Va faire ce que tu as à faire, murmura une voix venue du sol.
- Merci.
Link appela Epona et prit la direction du château. A la nuit tombée, il vit les remparts au loin. Et au lever du soleil, il passait le pont-levis. Il mit Epona aux écuries. Elle réclama des soins, aussi lui en donna-t-il. Après tout, Amandine devait dormir à cette heure. Il fut rejoint par Zelda qui avait entendu la nouvelle de sa venue.
- Link, dit-elle. On a un problème.
- Où est Amandine ? demanda-t-il, inquiet.
- Elle se repose. Chaque nuit, elle me veille, cela depuis cinq jours.
- Pourquoi ?
- Ganondorf s'est échappé et chaque nuit il vient dans mes rêves pour gâcher mes nuits.
- Quoi ! Mais alors, l'autre jour, je n'ai pas rêvé !
- Tu l'as vu ?
- Oui. Tu dis qu'Amandine te veille ?
- Exact. Depuis qu'on a découvert que Ganon est libre, elle cherche dans les livres un moyen de l'enfermer, en tant qu'esprit. Elle a trouvé une formule pour protéger le sommeil. Mais elle doit rester éveillée pour qu'elle fonctionne. C'est elle qui tient à le faire.
- Elle est courageuse...
A ce moment-là retentit un cri venant de la chambre de Link et Amandine.
- TAIS-TOI !!! NE ME PARLE PLUS !
C'était la voix d'Amandine. Link se précipita vers l'origine du cri.