Chapitre 6 : Une faveur...

Link, Zelda et le corps d'Amandine étaient dans le néant. Tout était noir. De longues minutes s'écoulèrent sans que rien ne se passe, puis trois lumières, une verte, une bleue et une rouge arrivèrent de ce qui pouvait tenir lieu de ciel. Elles se changèrent en trois statues de femme, parfaites. Une voix douce s'éleva de partout et de nulle part.
- Link, pourquoi veux-tu laisser la quête qui t'est donnée depuis la naissance de ce monde ?
- VOUS VOUS MOQUEZ DE MOI ! De toutes les vies qui m'ont été données de vivre, pas une seule fois j'ai connu le véritable bonheur ! J'étais toujours seul ! Et aujourd'hui qu'il est là, je n'ai pas d'autre choix que de le détruire ? Vous n'avez pas bientôt fini de jouer dans le mélodramatique !
Une seconde voix s'éleva :
- Si tu abandonnes maintenant, tu ne te réincarneras plus jamais. Cela veut dire qu'Hyrule sera voué au mal.
- Pourquoi n'ai-je pas le droit de vivre le bonheur ?
Un silence lui répondit.
- Vu le nombre de fois où j'ai sauvé le monde, reprit Link, je pense avoir le droit de vivre, non ?
- Que veux-tu ?
- Rejoindre Amandine que ce soit dans la vie ou dans la mort !
Une troisième voix dit :
- Qu'il en soit ainsi. Nous acceptons de mettre une étincelle de vie dans le corps d'Amandine mais sache qu'elle ne vivra que si elle le veut réellement. Mais nous t'accordons cette faveur parce qu'elle mérite de vivre.
- Merci.
La lumière qui les avait transportés dans le vide les enveloppa à nouveau. Ils se retrouvèrent au château, dans la salle du trône. Amandine respirait, bruyamment, difficilement, mais elle respirait tout de même. Link la prit dans ses bras et la transporta dans sa chambre. Zelda pansa la plaie mais tout dépendait de l'immortelle. Link resta, il la veilla tout le jour durant et toute la nuit, lui parlant, lui racontant des anecdotes et toutes les choses qu'il voulait faire avec elle. Au matin, Amandine ouvrit les yeux. Link avait fini par s'endormir. Il était allongé près d'elle, un bras protecteur posé sur la jeune fille. Elle se dégagea sans le réveiller et se lava, s'habilla. Pour une fois, elle ne mit pas l'ensemble noir moulant habituel, mais une robe simple. Enlevant le drap sur les miroirs, elle ne vit que son reflet. Le sang ne coulait plus. Le visage de trois statues se dessinèrent dans les glaces, la fixant.
- J'ai fait mon choix... murmura-t-elle.
Car, un court instant, elle avait goûté au paradis. Mais qu'est le paradis sans l'homme qu'elle aime ?
Les trois visages s'effacèrent. Link se réveilla. En sentant les draps vides, il se redressa et vit Amandine qui le regardait en souriant. Elle s'avança vers lui et le prit dans ses bras. Ils restèrent longtemps ainsi, lui assis sur le lit et elle debout devant lui. Il avait la tête posée sur le ventre de sa femme et elle le serrait contre elle comme on serre un enfant quand il a fait un cauchemar.
- Tu m'as fait peur, murmura-t-il.
- Je ne recommencerai plus, c'est juré.
Puis un bruit les interrompit. On toquait à la porte. Zelda entra, suivie de Rauru. Amandine s'agenouilla devant la princesse.
- Je vous demande de m'excuser.
- Relève-toi. Tu n'as pas à t'excuser pour avoir sauvé le monde.
Amandine se releva et jeta un regard interrogateur à Zelda.
- Je vous ai pris la Triforce, à vous et à Link. J'allais la donner à Ganondorf...
- Mais tu ne l'as pas fait, intervint Rauru. Si j'en crois les dires de la princesse, tu as choisi de mourir pour enfermer Ganondorf à tout jamais.
- Quelle est la raison de votre venue ici, Sage Rauru ? demanda Link.
- On m'a dit qu'il y avait une mourante mais à ce que je vois, tout va bien.
Amandine se tourna vers Zelda et lui demanda :
- Est-ce que je pourrais vous parler en privé ?
- D'accord.
- Ça tombe bien, je dois parler à Link, dit Rauru.
Zelda et Amandine sortirent.