5ème jour : deuxième partie

De son côté, Trowa essayait de faire le point. Sa première intention avait été de marcher un peu mais il s'aperçut que ses pas le menaient malgré lui vers les dortoirs des filles. « Pourquoi pas… » se dit-il.

Il arriva devant la porte de Marion. Il hésita à frapper, ne sachant pas vraiment ce qu'il venait faire ici. Il souffla et tapa deux coups secs sur la porte. Il attendit quelques secondes puis celle-ci s'ouvrit.

M – Trowa ! s'étonna Marion.

Lui aussi fut surpris mais n'en laissa rien paraître, c'était la première fois qu'il la voyait ne pas refouler ses émotions.

T – Je peux entrer, dit-il simplement.

Elle s'effaça de l'entrée et le laissa passer.

M – Qu'est-ce que tu viens faire ici ? interrogea-t-elle.

Il vit qu'elle essayait de reprendre une certaine contenance mais sans y parvenir vraiment. Il chercha une réponse valable.

T – Je voulais voir ta blessure.

Il avait pensé à « je m'inquiétais pour toi ».

M – Et à quoi ça va te servir ?

Ce qui finalement revenait au même.

T – Et je voulais savoir pourquoi tu n'as pas tenu compte de mes avertissements.

M – C'est ainsi. Tu m'aides ?

Elle lui désigna les bandes qu'elle avait sûrement piquées à l'infirmerie. Il fit oui de la tête en remarquant qu'elle lui avait demandé de l'aide, et pas attendu qu'il lui propose.

Marion s'assit sur le lit et enleva son pull. Trowa retint sa respiration un instant. Sa peau blanche ressemblait à du satin et contrastait à merveille avec le soutien-gorge rouge sombre en dentelle. Il remarqua au passage qu'elle avait subi un entraînement digne du sien car elle était plus musclée que les filles en général et quelques cicatrices fines indiquaient qu'elle avait déjà combattu de nombreuses fois. Elle finit de défaire les bandages et Trowa s'avança pour examiner la plaie.

T- Allonge-toi, lui ordonna-t-il.

Une lueur d'incompréhension passa dans les yeux de Marion.

T – C'est mieux de bander quelqu'un lorsque ses muscles sont relâchés, expliqua-t-il.

Elle s'allongea et il lui fit remarquer après quelques secondes d'examen seulement que la blessure ne se refermerait pas toute seule, qu'il faudrait des points de sutures.

M – Ca devra aller comme ça. Les points de sutures ça se fait dans un hôpital et je ne peux pas y aller. Arrête ! s'exclama-t-elle en riant.

T – Quoi ? demanda-t-il innocemment.

M – Tu me chatouilles.

Il sourit. Un sourire franc et net qu'il ne se rappelait pas connaître. Au passage il tentait de dissimuler le léger tremblement qui animait ses doigts lorsqu'il l'effleurait. Il refit le bandage en serrant bien.

M – Si tu continues à serrer, je vais plus pouvoir me plier en deux.

T – C'est ça ou ça va continuer à se rouvrir et à saigner. Surtout si tu bouges beaucoup.

Il avait insinué qu'elle devait rester là et ne pas risquer sa vie en se mettant sur le chemin de Heero ou Wufei.

M – Oui, mais je ne renoncerais pas à ma mission. Et ça tu l'as deviné. Aide-moi à me relever s'il te plaît, on dirait une pauvre empotée.

Il lui prit la main et la tira pour qu'elle se remette debout. En faisant cela, il fit un pas en arrière et buta sur un objet non identifié. Il tomba en arrière en entraînant Marion à sa suite qui se retrouva à plat ventre sur lui. Leurs visages n'étaient plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre et sans qu'ils s'y attendent, leurs lèvres s'étaient rencontrées. Un baiser timide, chaste.

Marion se recula soudain précipitamment.

M – Je suis désolée, je ne sais pas ce qu'il m'a pris.

Elle lui tourna le dos, visiblement très troublée. Trowa non plus ne réalisait pas trop, il venait de s'embrasser. Pourquoi ? Comment cela pouvait-il leur être arrivé ?

T – Marion… murmura-t-il en posant sa main sur son épaule.

Elle se retourna lentement. Ils se faisaient de nouveau face.

M – Nous… nous ne pouvons pas… dit-elle d'une voix faible.

L'esprit complètement embrouillé, une certitude fit son apparition dans l'esprit de Trowa.

T – Je ne sais pas… Pourquoi ? Pourquoi devons-nous écouter la raison plutôt que le cœur ? Pourquoi est-ce que je crois que… je t'aime ?

Inconsciemment, ils se rapprochaient l'un de l'autre. Les émeraudes fixées sur des onyx qui ne semblaient plus si froids que ça.

M – Tu m'aimes ? C'est vrai ? demanda-t-elle en un souffle.

Son regard était implorant et débordant de douceur.

Les lèvres se joignirent à nouveau et cette fois leur langue se rencontrèrent et commencèrent un ballet d'amour. Ils se séparèrent à regret mais leurs yeux exprimant intensément leurs sentiments. Elle lui sourit et il lui rendit puis elle baissa la tête.

M – Merci. Personne n'a jamais été aussi… tendre avec moi.

T – Hey, que se passe-t-il ? Marion…

Il la força à relever la tête.

M – J'avais oublié ce que ça faisait.

T – Quoi donc ?

M – Aimer.

Il la prit dans ses bras et la serra contre lui. Elle paraissait soudain si fragile, une fragile poupée de porcelaine. Ils restèrent un long moment sans bouger, savourant le bonheur d'être avec l'autre.

M – Dis, il faudrait peut-être que tu ailles retrouver les autres, ils vont se poser des questions.

T – Aucun ne sait que je suis ici, mais tu as raison je vais y aller. Une dernière chose, qui ne va pas te plaire, ne fait rien ce soir, reste à l'écart.

Elle fit la moue.

M – Et si moi, je te disais de ne pas t'en mêler.

T – Je ne t'écouterais pas, déclara-t-il. Mais soit prudente et surtout…

M – Evite Heero, le coupa-t-elle. Je sais.

T – Et Wufei.

Elle secoua la tête.

M – Non, Wufei j'en fais mon affaire.

T – Quels sont vos liens au juste ? demanda Trowa en repensant à ce qu'il avait dit à Duo.

M – Ca ne se voit pas assez ? Nous sommes des faux jumeaux. Mais il faut que tu files et que je me rhabille.

C'était vrai, elle n'avait toujours pas remis son pull.

T – Mais qui es-tu ? demanda-t-il d'un air amusé.

M – La sœur jumelle de Wufei Chang doublée d'un assassin chargée d'éliminer la tueuse engagée pour se débarrasser des ambassadeurs. Au fait, je m'appelle Katsumi, mais je préfère Marion.

Trowa retint le soupir de soulagement qui lui vint, elle était de leur côté, ils n'avaient rien à craindre. Il déposa un rapide baiser sur ses lèvres et s'enfuit presque. Il ne lui restait plus qu'à convaincre Heero de ne pas la tuer.