5ème jour : troisième partie
A 19h30 précise, les ambassadeurs arrivèrent. Ils discutèrent rapidement avec les élèves puis s'installèrent en avance dans l'amphithéâtre. Heero se trouvait dans le labyrinthe de poutres et de câble en dessous. Il jura en entendant les pas sur le plancher au-dessus de lui car il n'avait toujours pas trouvé la bombe. Elle devait pourtant être là.
Les autres garçons devaient patrouiller discrètement, sans se faire remarquer et essayer de repérer le moindre signe de Marion. Heero leur avait fait part des révélations de Dorothy et leur avait donné leur place dans l'opération sans donner à quiconque l'occasion de le contredire. En effet Trowa et Quatre ne semblaient pas du tout d'accord avec lui, tandis que Duo et Wufei hésitaient. Décidément, Marion avait bel et bien semé la zizanie entre eux. Il lui ferait payer.
Soudain, il vit quelqu'un accroupi devant un poteau. Il reconnut Marion.
M – Ah, tiens salut Heero. C'est lequel fil pour arrêter la bombe ? Le rose ou le blanc ? demanda-t-elle sans même se retourner.
H – Tu essayes encore de m'avoir, répliqua Heero en la menaçant de son arme.
M – Vas-y qu'est-ce que tu attends ? Tire. Mais ça ne t'avancera à rien, la bombe sera toujours là. J'ai déjà neutralisé certains mécanismes de défense mais je dois avouer que mes connaissances sont trop limitées pour la désamorcer complètement.
H – Ecarte-toi.
Elle obtempéra et il s'approcha de l'engin explosif. Heero constata qu'en effet les fils qui avaient été coupés étaient les bons. Ce pourrait-il qu'il se soit trompé à ce point ? Mais dans ce cas, qui ? Pourquoi Dorothy avait-elle nommé Marion comme la coupable ?
M – Attention ! s'écria Marion soudain.
D'un geste vif de la main elle arrêta le couteau destiné à Heero. Elle avait attrapé la lame et sa main saigna aussitôt mais elle n'y fit même pas attention.
M – Occupe-toi de la bombe, je m'occupe de cette salope.
H – Qui ça ?
M – Dorothy.
Elle disparut entre les poutres et Heero se rendit compte à quel point il avait été berné. Dorothy en avait accusé une autre pour qu'on ne la soupçonne pas. C'était vraiment bien joué et lui était tombé dans le panneau comme un pauvre imbécile ! Il revint à ses préoccupations : le blanc ou le rose ?
Duo vit passer une tignasse blonde devant lui suivie d'une ombre noire. Bien sûr il avait reconnu Dorothy et Marion et il leur emboîta le pas sans attendre. « Elles courent vite ses filles ! ». Au détour d'un couloir, elles avaient disparues.
D – Bah elles sont où ? s'étonna-t-il à haute voix.
Dor – Ici.
Il n'eut pas le temps de régir, Dorothy l'avait déjà assommé du plat de son arme. Il entendit Marion dire : « Ah, tu étais là », suivi d'un vague combat puis plus rien.
Quatre arriva malgré lui au milieu de la bataille en criant : « Duo, c'est bon, Heero a désamorcé la bombe ! ». Il se tut en voyant son ami à terre et les deux tigresses en train de s'étriper.
M – Ah, c'est cool, réussit à placer Marion avant que Dorothy ne l'éjecte par le balcon.
Un bruit horrible de bois brisé se fit entendre et les exclamations des ambassadeurs fusèrent. Pendant un instant, il crut que Marion s'était écrasée au sol mais il l'entendit bientôt.
M – Désolée messieurs, mais vous devez évacuer cette salle immédiatement : une dangereuse tueuse a été repérée et une bombe est en cours de désamorçage.
Les ambassadeurs protestèrent, ils ne la croyaient pas. Quatre ne comprenait pas tout ce qui s'était passé mais il vit bien vite que Dorothy n'était pas celle qu'elle prétendait être car elle commença à tirer sur la foule en bas. Un mouvement de panique s'ensuivit. Quatre ne pouvait pas bouger, il était comme assommé lui aussi par la haine que dégageait Dorothy. Des coups de feu répondirent à ceux de Dorothy. Un lustre descendit pendant que Marion montait en express, accrochée à la corde qui était censé le maintenir dans sa position initiale.
Dorothy ne se préoccupa pas de lui et ne s'occupa même plus des ambassadeurs : elle se dirigea droit vers Marion.
Wufei accourut au bruit des coups de feu, c'est là qu'il vit les deux filles en train de 'discuter'.
M – Pourquoi veux-tu tuer les représentants de la paix ? Qu'est-ce que le monde y gagnera ?
Dor – La guerre ! La guerre est la seule chose pour laquelle je me bats. La seule qui mérite d'être appelée œuvre d'art ! s'enthousiasma Dorothy.
M – Quelle folie peut donc t'habiter pour croire que la guerre est belle ? Elle ne fait que détruire les hommes, leur enlève toute dignité et honneur et les abaisse finalement au rang de bêtes ivres de sang et de massacres.
Dor – C'est ça la beauté du monde !
Wufei n'en crut pas ses oreilles. Sa sœur était du côté de la justice et c'était cette folle qu'il fallait éliminer depuis le début.
W – Hey toi !
M – Grand frère, c'est une surprise !
W – C'est pas à toi que je parlais, grogna-t-il.
Marion leva un sourcil mais reporta bien vite son attention sur Dorothy car celle-ci venait de lever son arme vers elle. D'un coup de pied Marion la lui fit lâcher, elle attrapa son bras et planta le propre couteau de Dorothy dans son cœur. Dorothy prit une expression ahurie avant de fermer les yeux et tomber lourdement sur le sol.
M – Mission accomplie.
Un grand cri retentit. Réléna approchait en courant vers son amie.
R – Tu l'as tuée !
T – Réléna ! appela Trowa derrière elle. Attend ! Ne fait pas ça !
Elle braqua l'arme qu'elle tenait dans la main et tira. Heero sortit de nulle part et lui arracha des mains. Trowa se contenta de courir vers Marion. Wufei était agenouillée à côté tandis que Quatre arrivait soutenant Duo.
H – Mais enfin t'es stupide ou quoi ! cria Heero.
R – Elle a tué Dorothy et elle voulait tuer les ambassadeurs, sanglota Réléna.
H – Non, c'est Dorothy qui voulait les tuer. Marion l'a empêché.
Trowa craignit le pire mais fut très vite rassuré.
M – Tu étais passé où toi ? lui reprocha Marion gentiment.
T – J'essayais d'arrêter une blonde.
M – Bah c'est pas réussi, regarde l'état de mon épaule.
Elle fit la grimace.
M – Enfin une chose qui est bien, reprit-elle. C'est que mon frère ne veut plus me tuer.
W – Ouais bah ça c'est à vérifier, grogna Wufei.
D – On a manqué quelque chose ?
Il vit le corps de Dorothy.
D – Apparemment oui, commenta-t-il Pas trop de bobo ? Moi j'ai une énorme bosse sur le sommet du crâne.
Q – Tu n'es pas le seul au monde Duo.
M – Mon ptit Quatre, tu m'aideras à faire mes bandages sur mon épaule ?
Rerere-Quatre-très-rouge.
T – Pas question, c'est moi qui m'occupe de toi, assura Trowa.
Il l'aida à se lever et devant tous déposa un baiser sur ses lèvres.
D – Ouais, visiblement, elle ne fait que 't'intriguer', ricana Duo.
W – Evitez de faire ce genre de trucs dégoûtants devant moi, grommela Wufei.
H – Vous faites quoi plantés là ? intervint Heero. Faudrait penser à partir non ? Un transport pour six ça ne se trouve pas tout seul.
Trowa lui lança un regard un peu étonné auquel il répondit par un signe de tête.
H – Je me suis trompé, ça arrive à tous les êtres humains, fit-il en haussant les épaules.
M – Je prendrais ça pour des excuses. Bon on bouge ? Je saigne abondamment faudrait pas oublier.
Ils réussirent à sortir sans encombres et partirent du pays incognito.
