Notes : Merci, merci, merci ! Je ne pensais vraiment pas que cette fic méritait autant de compliments, ça me fait très plaisir ! Je remarque que personne n'a fait de suggestions pour les noms que j'ai utilisés, et pourtant il y en avait un qui pouvait être reconnu... Pas grave. On va voir si vous arriviez mieux pour celui-là !
Remerciements : Chen : Voilà la suite, j'espère que c'est assez vite pour toi. C'est un peu normal qu'il n'y est pas beaucoup de fics sur Harry Potter 5, mais ça me flattes quand même ! ^_^ Comme tu vas pouvoir le constater, Poudlard pointe à nouveau à l'horizon !
Lyrashin : Stop, les compliments ! Tu me fais rougir ! C'est vrai que je me suis bien défoulée sur les Black, ils sont vraiment trop horribles ! lol Désolée de ne pas avoir mis ce chapitre aussi tôt que tu voulais…
Thestral : Michi ! ^-^ Ton nom est souvent répété dans ce chapitre, d'ailleurs… (pardon, pas pu m'en empecher…)
Tylilna : O_O Te fâche pas ! La voilà, la suite, pas la peine de s'exciter ! M'enfin, ça fait plaisir de déchaîner les passions ! lol
Marie-Jo : C'est vrai que je me suis décarcassée pour trouver une idée originale. Contente que ça plaise !
Ash_of_Mine : Cette fois-ci, j'ai mis deux jours à l'updater, mais je pense que je vais revenir à un chapitre par jour parce que cette fic me survolte complètement et que c'est le rythme auquel j'écris (dix pages Word par jour… O_O J'en reviens pas moi-même…) Je compte en effet continuer de me reposer sur l'Ordre du Phoenix, mais la prophétie n'interviendra sans doute pas (j'avoue que je vois pas vraiment où la caser… peut-être au moment de raconter la première bataille Survivant VS Seigneur des Ténèbres ? à travailler…) La première rencontre entre Dumbledore et Harry a lieu dans ce chapitre, mais elle n'est pas très intéressante… Il faut attendre le prochain chapitre pour en apprendre plus. Dis-moi, tu l'aurais pas envoyée deux fois ta review ?
Tolede : Merchi beaucoup ! Vala la suite !
LilyRose : Que d'enthousiasme ! Ca fait vraiment plaisir de voir que ce qu'on fait est apprécié, merci !
Hermione : Et une suite pour la madame !
Vert : Tous les petits détails ? Erh… Pas sure, là… Mais j'ai compris l'essentiel, donc ça va !
Didji : D'accord, d'accord, le voilà ! Mais ma petite note de fin de ce chapitre va encore t'énerver, je le sens…
Arffffffffffff : Y a combien de 'f' à ton nom ? D'accord, je renonce à compter… Comment ça, plus de reviews ? C'est triste, ça, comment je vais savoir si tu aimes, moi ?
Fumseck77 : Toi aussi, t'as bien aimé la fin ? Faut dire que je m'en suis donnée à cœur joie !
Tilie : Voui, il faut dire que j'avais beau faire, j'aurais pas pu m'empêcher de lui faire faire des bêtises pas très malines s'il n'avait pas dû intervenir…
Hedwige : Ta première review ? Waouh, je suis flattée ! Parmi les meilleures, vraiment ? La réponse à ta question sur Ron et Hermione commencera à être donnée au prochain chapitre !
Mandy : Merci beaucoup ! Quelle avalanche de compliments !
Tangerinedream : *toute heureuse* Je suis vraiment contente que t'apprécies ! Personnellement, j'oublie tout le temps de mettre une fic dans mes favorites, donc je suis très flattée !
Kalysha : " L'attente est trop longue " ?! Mince, tu sais à quel rythme j'écris pour réussir à uploader aussi souvent ? Esclavagiste ! lol
Fumseck : Eh oh ! Le voilà ton chapitre ! Pas de crise cardiaque, hein ? Je sens que je vais commencer à regretter d'avoir laissée une autre petite note à la fin du chapitre, moi…
Li : Comme dans Lionel Li ? #^_^# " Super méga géniale " ? Je vais commencer à attraper la grosse tête, moi…
Ouf, fini ! Ca m'a bien pris une demi-heure de tous vous répondre, mais j'attends toujours vos commentaires avec impatience ! Allez, cette fois je vous laisse lire !
MàJ du 16/05/2013 : Correction des balises.
Chapitre 2 : Où Queudver passe son baptême de l'air.
" Je te jure, Rémus. Cet Auror, il était trop classe ! La manière dont il a bluffé ma mère ! Et en plus, il faisait drôlement jeune... "
" Sirius ! " cria le jeune loup-garou. " Je crois que j'avais compris les vingt premières fois, pas la peine d'en remettre une couche ! Comme si on ne savait pas que tu rêves de devenir Auror... Et pourquoi est-ce que James n'y a pas droit, lui aussi ? "
" Parce que j'en ai déjà profité les trois derniers jours " répliqua James avant que son ami ne puisse ouvrir la bouche.
" Hey ! "
Les trois jeunes garçons s'affairaient à monter leurs malles dans un wagon du Poudlard Express et à les installer dans un compartiment encore vide. Tout en se chamaillant, ils les glissèrent dans le filet à bagages et ressortirent avec les autres adolescents qui allaient saluer leurs parents. James jeta un œil sur le quai tout en ébouriffant machinalement ses cheveux.
" Je me demande où est Peter ? "
" Bah, tu le connais " répliqua Sirius de son air décontracté habituel. " Il va sans doute arriver au dernier moment, comme d'habitude. "
" Ouais, tu as sans doute raison. "
Une main se posa sur son épaule et il se tourna vers son père. George Potter, Guérisseur très renommé de St Mangouste, était l'un des rares Potter dont les cheveux noirs étaient relativement ordonnés. Il ne savait d'ailleurs jamais s'il devait s'en réjouir ou non. Son visage étroit se tourna vers celui de son fils et il lui sourit :
" Peter n'est toujours pas arrivé, à ce que je vois ? "
" Eh non, P'pa, toujours pas " rétorqua l'adolescent en lui rendant son sourire.
" Eh bien, il va falloir que j'y aille. Vous lui passerez le bonjour pour moi. "
" Bien sûr, Mr Potter " acquiesça poliment Rémus. " Et encore merci de m'avoir amené. "
" C'est normal " sourit George, puis se tournant vers Sirius : " Nous espérons te revoir à Noël, Sirius. "
" Est-ce que c'est une invitation, monsieur ? " dit l'adolescent, les yeux pleins de malice.
" Prends-le comme tu veux, mais ne reste pas tout seul dans ton coin " répondit le Guérisseur en lui serrant la main. " C'est mauvais pour la santé ! "
Sirius lui décocha un énorme sourire et s'éloigna avec Rémus, laissant les Potter à leurs adieux.
" C'est dommage que ta mère n'ait pas pu venir. "
" Bah, c'est son travail " dit James en haussant les épaules. " Je vous reverrais tous les deux à Noël. "
" Oui. Et invite aussi Rémus et Peter à passer quand ils le voudront. "
" Très bien. Au revoir, Papa. "
" A bientôt, James " répondit-il en étreignant son fils.
Puis il s'éloigna en lui faisant signe de la main, et gagna la sortie du quai. James le regarda passa sous l'arcade et rejoignit ses amis. Au moment où il s'apprêtait à monter dans le train, Rémus observa :
" Tiens ! Il y a des Aurors sur le quai 9 ¾, maintenant. "
" Quoi ? "
Sirius ressortit la tête et regarda dans la direction que lui indiquait son ami pour apercevoir un sorcier en robe pourpre, le symbole lié à sa charge brodé en argenté sur sa poitrine. L'homme, d'âge moyen, les cheveux bruns striés de gris et le regard perçant sous ses sourcils épais, marchait à côté d'une femme aux cheveux châtains coupés courts, un peu plus jeune que lui, vêtue d'un manteau long qui avait dû lui servir à éviter d'attirer la curiosité des moldus emplissant la gare. Elle ne tarda pas à l'enlever, révélant un habit semblable à son collègue.
Le couple parlait ensemble d'un air préoccupé, ne semblant pas remarquer les regards curieux qu'ils attiraient de toute part.
" Ah oui ! " se rappela James en se frappant sur le front. " C'est cette histoire des Aurors que le Ministère a proposé à Dumbledore comme gardes. "
" Quoi ? " s'exclama Sirius. " Comment tu sais ça ? Je ne savais pas, moi ! "
" Papa m'en avait parlé, c'était dans la Gazette du Sorcier " répliqua l'adolescent d'un air désinvolte.
" Regardez ! " dit Rémus pour attirer leur attention. " Il y en a un autre qui arrive. "
" Où ça ? " s'écria Sirius, descendant aussitôt du wagon.
En effet, un troisième personnage s'approcha des deux autres, qui froncèrent les sourcils en le voyant arriver. James détailla le troisième garde : de taille moyenne, il portait ses cheveux noirs très longs attachés dans le dos et enlevait son long manteau moldu tout en marchant vers ses collègues, ne semblant pas encore les avoir vu.
James sentit un courant d'air passer à côté de lui, puis vit son meilleur ami courir vers le nouvel arrivant.
" Sirius ? Qu'est-ce que tu fais ? " lui cria-t-il, éberlué.
" C'est lui ! " répondit l'autre sans s'arrêter de courir. " C'est l'Auror de l'autre jour ! M'sieur ! Eh, m'sieur ! "
James et Rémus se regardèrent, haussèrent les épaules, puis partirent dans le sillage de Patmol.
Harry entendit des cris et s'arrêta net en voyant un jeune homme courir à toute allure vers lui, slalomant entre ses camarades, qui le regardaient s'approcher de lui comme s'il était fou. Harry retint à la toute dernière minute le prénom de son parrain, et l'accueillit à la place par un :
" Mr Black ! Quel plaisir de vous revoir. Vous n'avez plus fait de mauvaise rencontre ? "
Sirius rit et dit :
" Vous ne m'avez pas dit que vous passiez l'année à Poudlard ! "
" Vous ne me l'avez pas demandé, Mr Black " rétorqua Harry avec un sourire malicieux.
Sirius grimaça et allait répliquer quand une voix le coupa :
" Harry Davies ? "
Harry se retourna vers les deux autres Aurors :
" En effet. Et vous devez être Edouard Thompson et Samantha O'Brien ? "
Les deux Aurors se regardèrent, un peu déstabilisés par son assurance.
" Oui " répondit O'Brien pendant que Thompson envoyait un long regard insistant à Sirius.
Comprenant le message, le jeune homme battit en retraite :
" Euh... Je vais vous laisser. "
" Comme vous voulez, Mr Black " dit Harry. " Nous aurons l'occasion de discuter au cours de l'année, j'en suis sûr. "
" Oui. Au revoir ! "
Après avoir jeté un dernier coup d'œil aux deux autres Aurors, Sirius tourna les talons et rejoignit ses amis qui l'attendaient non loin de là.
" Ils n'ont pas l'air commode, les deux autres " commenta Rémus.
" Sûr. On dirait qu'ils se sont ligués contre ton Auror préféré, Sirius " ajouta James.
Sans relever le ton moqueur, Sirius jeta un coup d'œil inquiet par-dessus son épaule. Thomson avait l'air plongé dans une longue diatribe sévère, O'Brien se tenant en assistance à ses côtés. Malgré tout, Davies paraissait indifférent, voir légèrement méprisant. Quand il saisit le regard de Sirius, il lui fit un petit sourire en coin. Sirius sourit en retour et se tourna vers les deux autres :
" Peut-être, mais ils vont s'y casser les dents ! " promit-il.
Et sur ce, il retourna à grands pas vers leur compartiment.
Harry écoutait le discours de son collègue avec un profond ennui. En gros, il était question du fait que, Harry étant plus jeune que les deux autres, il devrait écouter leurs conseils et ne pas se la jouer tête brûlée, ainsi que veiller à ce que ses chevilles ne gonflent pas. Harry savait très bien qu'un certain nombre de jeunes Aurors, fiers de leurs nouvelles charges, commettaient de nombreuses fautes par leur inattention et leur inexpérience, il était donc normal que ses deux collègues, contrariés qu'on leur refile un bleu, se soient mis en tête de le " responsabiliser ". Malheureusement pour eux, si quelqu'un n'avait pas besoin d'être responsabilisé, c'était bien le Survivant.
" Je vous remercie de tous ces précieux conseils, cher collègue " coupa-t-il d'une voix glaciale. " Mais je pense pouvoir être en mesure de m'en sortir seul. Je crois, " ajouta-t-il comme Thomson ouvrait de nouveau la bouche, " que vous vous êtes fait une fausse idée de moi. "
" Ah oui ? " réussit à placer Thomson d'un air moqueur. " Et en quoi faisons-nous erreur ? "
" En ce que je ne suis pas un gosse gâté par la vie et pressé de faire mes preuves. Je possède pas mal d'expérience que d'autres Aurors plus âgés n'ont certainement pas même acquise, et je ne le leur conseille pas d'ailleurs, car je ne souhaite à personne de vivre ce que j'ai vécu. Malgré ma jeunesse, j'ai traversé assez d'épreuves pour toute une vie. Parfois, souvent même, j'ai souhaité pouvoir baisser les bras et laisser à d'autres le fardeau qui m'avait été confié, mais il n'y avait personne. Personne d'autre que moi. Alors j'ai continué.
" J'ai vingt et un ans maintenant, et assez de souvenirs douloureux en moi pour faire hurler un homme chevronné. Mais je suis toujours là, et encore une fois j'ai l'intention de faire de mon mieux pour accomplir la charge qui repose sur mes épaules. Si vous jugez que je ne suis pas digne de travailler avec vous, libre à vous d'en référer à nos supérieurs ou à qui vous voudrez, mais attendez au moins de m'avoir vu à l'œuvre pour en juger.
" Maintenant, si vous voulez bien m'excuser, je crois que le train va bientôt partir. "
Harry les laissa là où ils étaient, le visage dur et résolu, les yeux glacés, et monta dans le train dont la locomotive venait de siffler pour annoncer le départ. Il avait toujours eu horreur des gens qui le jugeaient sans le connaître, et l'inexpérience était bien la dernière chose qu'on pouvait lui reprocher. Mais enfin, il leur avait remarquablement cloué le bec, à en juger par leur expression ébahie.
A une fenêtre quelques wagons plus loin, une voix enthousiaste cria :
" Je vous l'avais dit qu'il était génial, ce type ! "
James et Rémus se mirent à deux pour tirer Sirius de la fenêtre.
" T'as vraiment un grain, mon pauvre Patmol " soupira Rémus en s'asseyant, alors que le train se remettait en marche.
" Mais vous ne trouvez pas qu'il a la classe ? " s'exclama Sirius en se laissant tomber près de lui.
Mais Rémus ne l'écoutait déjà plus. Fronçant les sourcils, il rencontra le regard de James :
" Où est Peter ? " demanda celui-ci.
Harry remonta le couloir du wagon où il se trouvait. D'après le peu d'informations qu'il avait tiré de la diatribe de Thomson, il était chargé de surveiller le milieu du train durant le trajet, en cas d'attaque intempestive. Jetant machinalement un œil par les vitres des compartiments, il regretta que son père et ses amis n'aient pas eu la bonne idée de s'installer dans le coin. Un compartiment un peu moins rempli que les autres attira son attention.
Son cœur s'arrêta de battre quelques instants. Elle était là ! Les cheveux auburn de Lily Evans, sa mère, flamboyaient près de la fenêtre pendant qu'elle bavardait avec une de ses amies. Tremblant, il se força à prendre plusieurs inspirations. Ca ne pouvait pas être pire qu'avec Sirius, n'est-ce pas ? Doucement, il fit coulisser la porte. Quatre paires d'yeux se tournèrent vers lui, mais Harry ne voyait que deux yeux verts, si semblables aux siens. Il fit un effort pour s'y arracher.
" Est-ce que cela vous dérange si je m'assieds ici ? " demanda-t-il en désignant la banquette près de la porte.
" Non, bien sûr " répondit d'un ton nerveux une jeune fille assez petite avec des cheveux blonds attachés en queue de cheval.
Harry se demanda vaguement pourquoi elle était si mal à l'aise avant de se rappeler que son uniforme ne mettait pas forcément les adolescents à l'aise. Il fit un sourire engageant aux jeunes filles et s'installa loin d'elles, afin de leur laisser de l'espace. Il s'attendait à ce que leur conversation reprenne au bout de quelques temps, mais sa mère - Lily - lui demanda :
" Vous êtes un des Aurors envoyés par le Ministère ? "
Harry se tourna vers elle et se rappela de ne pas la dévisager :
" En effet. "
" Vous êtes... euh... "
Harry posa les yeux sur la fille avec qui discutait Lily à son arrivée. Ses longs cheveux bruns bouclés cachait à moitié les grands anneaux d'or qui pendaient à ses oreilles. Elle rougit brutalement sous son regard :
" Pardon si je suis impolie, mais vous faites un peu... "
" Jeune ? " compléta Harry en souriant.
La fille piqua du nez, cachant ses joues rouges sous son voile de cheveux. Harry éclata d'un rire chaleureux.
" Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas vexé ! Vous avez parfaitement raison. "
Toutes les filles le fixaient, maintenant.
" Je viens de passer l'examen " expliqua-t-il, toujours souriant.
" Pourquoi est-ce que le Ministère envoie un débutant ? " demanda carrément la quatrième fille.
Celle-ci avait de grands yeux bleus et des cheveux blonds foncés, et son nez était couvert de taches de rousseur. Elle tenait à la main un livre encore ouvert et le regardait d'un air de défi.
" Anna ! " souffla la jeune fille aux boucles d'oreille dorés d'un ton de reproche.
" Ce n'est rien " affirma Harry en secouant la main.
Il se tourna vers son interrogatrice, qui attendait toujours sa réponse :
" Vous avez parfaitement raison, mademoiselle, cela n'aurait jamais dû arriver. Mais j'ai comme l'impression que notre Ministre sous-estime l'importance de l'école pour la population sorcière. De toute façon, cette opération entière est un trompe-l'œil, trois Aurors ne suffiraient largement pas à défendre tout Poudlard contre une attaque. "
Il se renfonça dans son fauteuil, l'expression amère. " Anna " le regardait toujours fixement.
" Vous voulez dire que vous désapprouvez le Ministre ? " demanda-t-elle.
Les autres filles semblèrent sur le point de lui balancer un coup de pied pour lui apprendre ce que le mot " tact " voulait dire, mais elle ne paraissait même pas y accorder d'attention. Amusé par son impertinence, Harry choisit de répondre franchement :
" Pour être tout à fait juste, je dirais que sa stupidité me répugne. "
Sa franchise lui valut quatre regards étonnés. Il feignit de ne pas s'en rendre compte et détourna les yeux. Le silence se réinstalla. Lily le brisa de nouveau :
" Oh ! Excusez-nous, on ne s'est même pas présentées. Je m'appelle Lily Evans, " dit-elle en posant la main sur sa poitrine, " et voici Anna Anderson, July Backson et Eloïse McDonald " compléta-t-elle en désignant tour à tour miss l'insolente, la fille aux cheveux blonds et celle aux boucles d'oreille.
Harry les salua toutes d'un signe de tête, puis dit à son tour :
" Harry Davies. "
" Je n'ai pas vu votre nom dans la Gazette. Est-ce que c'est vous qui remplacez l'autre Auror qui a été tué récemment ? "
" Oui, en effet. "
" J'aurais cru que Lewis nous aurait laissé avec deux Aurors seulement " intervint Anna.
" C'est ce qu'il avait l'intention de faire " répondit Harry.
'Mais c'était une trop bonne occasion de se débarrasser de moi pour toute une année' ajouta-t-il pour lui-même.
Le voyage se continua sans accroc. Les filles, une fois qu'elles eurent fait un peu connaissance avec lui, avait repris leur conversation où elles l'avaient laissée et l'avait laissé tranquille, à part Anna qui lui jetait des coups d'œil en coin par-dessus son livre et paraissait parfois sur le point de dire quelque chose. Mais elle se tournait alors vers ses amies, puis retournait à son livre en haussant les épaules. Harry soupçonnait Lily, qui était assise juste à côté d'elle, de lui donner des coups de pied pour la dissuader de repartir à l'attaque.
Il mit à profit le voyage pour démêler les sentiments qui s'entrelaçaient dans son esprit. C'était tellement étrange ! Reprendre le Poudlard Express trois ans après l'arrêt de sa scolarité, en compagnie de sa mère adolescente et de ses amies, sachant que son père et les siens n'étaient pas très loin...
Peu avant l'arrivée, Harry remarqua que Anna n'était plus la seule à lui jeter des regards en coin. Comprenant la question qu'elles n'osaient pas exprimer tout haut, Harry sourit et se leva.
" Je vais faire un tour pour voir si tout va bien. On se reverra à Poudlard. "
" Au revoir, monsieur Davies " dit Lily, imitée par les trois autres.
Harry sortit du compartiment pour les laisser se changer et se mit à descendre le couloir, regardant machinalement à droite et à gauche par les vitres encastrées dans les portes. Des éclats de voix lui parvinrent du wagon suivant. Intrigué que des élèves discutent dans le couloir, Harry marcha jusque-là et eut la surprise de voir James, Sirius et Rémus parler d'un ton inquiet avec Samantha O'Brien.
" Que se passe-t-il ? " demanda-t-il en arrivant à leur hauteur.
" Davies... " commença O'Brien d'un ton légèrement méfiant.
Manifestement, son petit discours de tout à l'heure avait eu pour effet qu'elle ne savait plus vraiment comment le prendre. Sirius l'interrompit dès que Harry entra dans son champ de vision :
" Mr Davies, c'est vous ! C'est Queudver, enfin je veux dire Peter, il... "
Harry vit James et Rémus échanger un regard derrière son dos, puis, d'un commun accord, le bâillonner de leurs mains.
" Humph ! " protesta le jeune homme.
Harry cacha un sourire. O'Brien lui expliqua comme s'il ne s'était rien passé :
" Il semblerait que leur ami est manqué le train. Comment c'est possible, ça, je n'en sais rien... "
" Peter a toujours été très maladroit " commenta James. " Il est toujours arrivé tout juste à l'heure, les autres années. "
" Toujours est-il, " poursuivit O'Brien, " que nous ne pouvons rien faire tant que le train n'est pas arrêté. "
Transplaner était, comme l'avait appris Harry, encore plus dangereux quand on se trouvait dans un moyen de transport quelconque, c'est-à-dire en train de bouger.
" Et même alors, cela prendra du temps de le ramener, puisqu'il n'a pas son permis de transplaner et qu'il nous faudrait une autorisation du Ministère pour utiliser le Réseau de Poudre de Cheminettre à Poudlard. "
Les trois adolescents regardaient l'Auror exposer les faits d'un air inquiet. Peter était sûrement mort de panique à l'heure qu'il était, perdu tout seul dans une gare pleine de moldus.
" Pourquoi ne pas utiliser les Thestrals de l'école ? " suggéra Harry.
" Je vous demande pardon ? " demanda O'Brien, les yeux écarquillés. " Les quoi ? "
Harry soupira d'impatience.
" Thes - trals " décomposa-t-il. " Les créatures qui tirent les diligences de Poudlard. Elles peuvent voler et sont très rapides. "
" Il n'y a rien qui tire les diligences de Poudlard " murmura Rémus, déconcerté.
Harry le fixa dans les yeux.
" Les Thestrals sont visibles uniquement par ceux qui ont déjà vu quelqu'un mourir au moins une fois " les informa-t-il d'un ton extrêmement sérieux.
" Et... et vous ? " demanda Sirius, qui avait réussi à se dégager de la poigne de ses deux amis. " Vous pouvez les voir ? "
Harry le regarda fixement. Quelle coïncidence que ce soit lui qui demande cela. Il n'avait pas été là à la mort de Rémus, et il était trop jeune à l'époque pour avoir vraiment compris ce qui se passait, ce soir d'Halloween 1987 où son père avait succombé à Voldemort. Mais Sirius... Comme dans un rêve, il revit le corps de son parrain passer au travers de l'arche de la Chambre de la Mort, le cri de victoire de Bellatrix Lestrange résonnant à ses tympans.
Aussitôt la valve ouverte, tous ces souvenirs qu'il aurait préféré oublier refirent surface : il revit le visage couvert de sang d'Hermione alors qu'il la tenait dans ses bras et ses yeux qui lui souriaient avant de se fermer pour la dernière fois, revit Hagrid tomber à terre alors qu'il se précipitait pour l'aider, revit...
'NON !'
Harry ferma brutalement les yeux et s'appuya à la paroi, refermant brutalement la porte de sa mémoire. Lorsqu'il rouvrit les yeux, il s'aperçut que les trois élèves et l'Auror le regardaient avec effroi. Il se rendit compte qu'il devait être vraiment très pâle.
" Oui, Mr Black " répondit-il dans un murmure rauque. " Je peux les voir. "
'Et plutôt deux fois qu'une.'
Le silence régna un instant avant qu'O'Brien ne fasse froncer les sourcils.
" Comment savez-vous qu'il y a des Thestrats à Poudlard si vous avez fait vos études en Australie ? "
" Thestrals " corrigea-t-il machinalement. " Je me suis renseigné, O'Brien. "
C'était vrai. Harry, de crainte que le collège n'ait beaucoup changé entre cette époque et celle dont il venait, avait pris la précaution de se renseigner autour de lui. Il savait donc que la meute de Thestrals domestiqués peuplaient déjà la Forêt Interdite.
" Très bien " répondit l'Auror. " Puisque vous pensez savoir comment faire, vous irez chercher Mr... "
Elle se tourna vers les adolescents.
" Pettigrow " répondit Rémus.
" ... Mr Pettigrow à la gare de King's Cross dès que le Poudlard Express sera arrêté. "
Harry leva les yeux au ciel. Il l'aurait parié.
" Sur ce... " ajouta O'Brien. " Je vous laisse. "
Et elle partit le long du couloir.
" Elle n'a pas l'air de beaucoup vous aimer, hein ? " grimaça Sirius.
" C'est un peu normal, quand on y pense " haussa les épaules Harry. " Pour travailler avec un bleu, il faut souvent beaucoup de patience. "
James fronça les sourcils.
" Vous dites ça comme si vous ne vous considériez pas vous-même comme un " bleu "... "
Harry sourit mélancoliquement.
" Parfois, la jeunesse n'est pas synonyme d'inexpérience... Je crois que je préférerais avoir eu le temps d'être un débutant " ajouta-t-il comme pour lui-même. " Mais on ne m'a pas donné le choix... "
Les trois adolescents s'entre regardèrent. Le silence s'installa jusqu'à ce que Harry tente de faire diversion :
" Au fait, " dit-il à James et Rémus, " je ne crois pas vous connaître. "
" Ah ! Pardon " s'excusa Sirius. " J'ai complètement oublié de vous présenter. Voici James Potter et Rémus Lupin. Ce sont tous les deux de très bons amis ! "
" Enchanté, Mr Potter, Mr Lupin " dit Harry en leur serrant la main. " Le train ne va pas tarder à entrer en gare, je vais devoir vous laisser. Je tâcherais de vous ramener votre ami le plus vite possible. "
" Ah ! " s'exclama Rémus alors qu'il s'éloignait déjà. " Peter est plutôt petit et joufflu avec des cheveux bruns ! "
Harry agita une main par-dessus son épaule pour montrer qu'il avait compris et disparut de la vue. Sirius se tourna vers ses deux amis.
" Alors ? "
" Il a l'air d'avoir beaucoup souffert " murmura Rémus.
" Mais il a quand même l'air sympa " compléta James. " Et puis, il n'est pas beaucoup plus âgé que nous. On devrait bien s'entendre. "
" Hum " approuva Rémus, le front plissé.
" Ca ne va pas Rémus ? " interrogea Sirius.
" Si, si. C'est juste que... vous avez vu la façon dont il t'a regardé, Sirius, tout à l'heure ? "
" Tu veux dire, avant qu'il se mette soudain à pâlir ? " dit James. " Ouais, c'est bizarre. "
" Eh, les mecs, " déclara Sirius, " on arrive à Poudlard. Qu'est-ce qui n'est pas bizarre, franchement ? "
Les adolescents sourirent en rentrant dans leur compartiment.
" Je me demande bien à quoi ça peut ressembler, un Thestral ? " dit Sirius, l'air rêveur.
" Franchement, je serais toi, " répliqua Rémus d'un ton solennel, " je prierais pour ne jamais être capable d'en voir un. "
Sirius releva la tête et le fixa un instant.
" Ouais. Je crois que t'as raison, Lunard. "
Le train était à peine arrêté que Harry sauta du marchepied sur le quai et se dirigea d'un pas rapide vers la grande silhouette d'Hagrid. Il pouvait sentir plusieurs paires d'yeux curieuses vissées à son dos, dont très probablement ceux des deux Aurors et des trois Maraudeurs. Sans montrer qu'il avait remarqué quoi que ce soit, il s'approcha du demi-géant et l'interpella, le faisant se retourner :
" Rubeus Hagrid ? " demanda-t-il pendant que les élèves commençaient à se répandre sur le quai avec enthousiasme.
" Ouais ? " dit le Gardien des Clés et des Sceaux de Poudlard, examinant le nouveau venu avec curiosité.
Harry déglutit la boule de tristesse qui envahissait sa gorge. Revoir Hagrid, bien vivant et trente ans plus jeune, alors qu'il venait tout juste de revisualiser mentalement sa mort... Il se força une fois de plus à rester impassible.
" Je suis l'un des Aurors envoyés par le Ministère " dit-il en lui tendant la main. " Harry Davies, enchanté. "
" A vrai dire, " sourit Hagrid en la serrant, " j'avais déjà un peu d'viné qui vous étiez. C'est qu'c'est pas très discret, c't'uniforme, vous savez " dit-il en désignant la robe pourpre.
" Oh, oui, " acquiesça Harry en souriant à son tour, " c'est leur principal défaut. "
" Alors, qu'est-ce que j'peux faire pour vous ? C'est qu'y faut que j'me dépêche, j'ai mes premières années à accompagner... "
" Oui, bien sûr. Je voulais juste vous demander si je pouvais vous emprunter deux de vos Thestrals. "
" Deux Thestrals ? "
Hagrid le regarda avec des yeux ronds, incrédule.
" Pourquoi faire, bon Dieu ? "
" Un des élèves a, semble-t-il, raté le train. Vu la réputation de vitesse des Thestrals, j'ai pensé que je pourrais vous en emprunter deux pour aller le chercher... "
" Oh, bien sûr. J'avoue qu'vous m'surprenez, d'habitude, soit les gens ignorent qu'ils existent, soit ils essayent d'les ignorer tout court. T'jours ce truc avec la mort, et t'ça, v'voyez... "
Harry se contenta de sourire tristement pendant que le demi-géant se dirigeaient vers deux diligences et tiraient les bêtes à l'écart des autres. Il les détela rapidement et les mena devant Harry.
" V'là. V'voulez que j'vous aide ? "
" Non, non, ça va aller, je vous remercie. "
Harry passa devant les yeux totalement blancs et s'approcha de l'un des chevaux aux gigantesques ailes noires. D'un coup de rein, il se hissa sur le dos de la bête et se cala sur la peau sombre, derrière la naissance des ailes.
" Ah " constata simplement Hagrid. " V'pouvez les voir, vous aussi. "
Harry ne put retenir un petit sourire triste, puis il se pencha sur l'encolure de sa monture.
" La gare de King's Cross, Londres, s'il te plaît " souffla-t-il.
Puis il se tourna vers la seconde bête :
" Suis-nous. "
Les deux Thestrals restèrent un instant immobiles, puis ils déployèrent leurs immenses ailes et s'élevèrent du sol. En passant au-dessus du train, Harry aperçut la presque totalité des visages levés vers lui. La plupart le fixaient, lui, directement, se demandant sans doute comment il faisait pour voler sans balai, mais quelques-uns regardaient les Thestrals eux-mêmes, les yeux écarquillés. Parmi la foule, il aperçut un instant l'air fasciné de Thomson et O'Brien, puis, un peu plus loin, celui de James, Sirius et Remus. Puis il s'éloigna.
Sirius, le nez en l'air, souffla :
" Trop cool. On dirait qu'il vole tout seul. "
" Sirius, James ? " demanda Rémus, l'air inquiet, tout à coup.
" Quoi ? " dit James, l'air interrogateur.
" Comment va faire Peter pour monter sur quelque chose qu'il ne pourra pas voir ? "
Les deux autres échangèrent un regard.
" ... "
" Je lui souhaite bon courage, à ce Davies... "
Une demi-heure plus tard, Harry laissa les deux Thestrals cachés dans une petite ruelle et entra pour la deuxième fois en douze heures dans la gare de King's Cross. Il avait pris soin de remettre son manteau avant de sortir de la ruelle, et c'était une chance qu'il l'ait gardé avec lui.
Il se fraya un chemin à travers la foule de moldus et s'approcha du quai 9 ¾. Arrivé là, un coup d'œil autour de lui lui permit de repérer un adolescent de taille plutôt petite assis sur une énorme malle dans un coin. A y regarder de plus près, Harry reconnut le jeune garçon brun et aux joues rondes qu'il avait un jour aperçu en plongeant dans l'un des souvenirs de Severus. Severus... Non ! Ce n'était pas le moment de penser à ça. Peter avait dix-sept ans, maintenant, mais en cet instant, il avait l'air encore plus misérable qu'à quinze, lors de ses Buses. Au moins, il n'était pas parti...
Harry avança à grands pas et s'arrêta derrière lui.
" Peter Pettigrow ? "
Sa voix fit sursauter Queudver, qui se retourna précipitamment en lui jetant un regard apeuré.
" Ou... oui. Et vous, qui êtes-vous ? "
Harry entrouvrit son manteau, faisant miroiter le symbole argenté sur fond pourpre.
" Harry Davies. Je suis l'un des Aurors chargés de la protection de Poudlard cette année. On m'a envoyé vous chercher. "
Peter soupira de soulagement.
" Ah... Je commençais à croire qu'on m'avait oublié. "
" Ce sont vos amis qui nous ont prévenus de votre absence " répondit Harry d'un ton peut-être un peu trop sec. " Je n'ai pas pu venir avant l'arrivée du Poudlard Express à Pré-au-Lard. "
" Alors les autres sont déjà à Poudlard ? " demanda Peter.
" Oui. Venez, dépêchons-nous. "
Harry empoigna la malle de Peter et la souleva, faisant signe à son propriétaire de le suivre. Queudver trottina derrière lui à travers la foule, jusqu'aux portes de sortie et à la semi-obscurité du dehors. Harry le mena sans se retourner vers la ruelle où se trouvaient leur moyen de transport.
" Comment est-ce que nous allons aller à Poudlard ? " demanda Peter d'un ton hésitant.
" Savez-vous ce que sont les Thestrals, Mr Pettigrow ? " questionna Harry en guise de réponse, toujours sans le regarder.
" Les... ? Non. "
" Ce sont des créatures ressemblant à des chevaux ailés que l'on ne peut voir qu'à certaines conditions. "
Harry s'arrêta à peu de distance des deux bêtes.
" Vous ne voyez rien ? " demanda-t-il en désignant leur direction.
Peter scruta la rue, puis secoua la tête.
" C'est bien ce que je pensais. "
Harry préférait ne pas décrire plus précisément les Thestrals, ou la raison pour laquelle on pouvait les voir ou non. Il savait le courage de Queudver très limité et préférait ne pas trop tirer sur la corde. La façon dont il allait devoir voyager serait déjà probablement bien assez, et ses amis pourraient toujours lui dire après coup...
Au lieu de ça, il hissa la malle de Peter sur sa propre monture. L'adolescent la regarda tenir en l'air toute seule d'un air ébahi.
" Poudlard possède quelques Thestrals, j'en ai emprunté deux pour vous ramener. "
" Mais... je ne pourrais pas monter dessus si je ne les vois pas ! " couina Peter d'une voix un peu trop aigüe.
" Allons, Mr Pettigrow, ce n'est pas si difficile que ça. Vous n'aurez qu'à fermer les yeux et vous agripper à ce que vous sentirez. "
Harry prit le bras de Peter et, sans lui laisser le temps de protester, tira sa main jusqu'à la peau du second Thestral. Les yeux blancs se tournèrent pour les fixer, et Harry fut heureux que Peter ne puisse pas s'en apercevoir. Le jeune garçon, fasciné, faisait glisser sa main sur le flanc, jusqu'à ce qu'elle se heurte à la naissance de l'aile. Il sursauta violemment.
" Ce n'est que l'aile, Mr Pottigrow " l'informa Harry.
" Vous... vous pouvez les voir, vous ? "
" Oui. "
Peter resta un instant silencieux.
" Et vous êtes sûr que... ? "
" Oui, ne vous inquiétez pas. De plus, " ajouta-t-il en souriant, " la vue est magnifique de là-haut. "
Peter ne sembla pas très convaincu, mais il craignait manifestement plus de devoir rester seul au milieu des moldus que de grimper sur une bête qu'il ne voyait pas. Harry l'aida pendant qu'il se mettait prudemment en selle, tâtonnant autour de lui. Le Thestral les regardait toujours faire sans bouger.
" Je vais lui demander de ne pas monter trop haut d'abord, pour que vous puissiez vous habituer, Mr Pettigrow. "
" B... Bien. "
Harry chuchota quelques mots à la tête chevaline, puis rejoignit sa propre monture. Peter sentit brusquement quelque chose bouger près de ses genoux. Il s'obligea à rester immobile pendant que le Thestral donnait un vigoureux coup d'aile qui les propulsa à hauteur du toit des maisons.
" Wow " gémit-il.
Il jeta un coup d'œil au sol en contrebas pendant que sa monture planait en tournoyant, et ferma tout de suite les yeux. Un coup de vent dans ses cheveux et le frôlement de quelque chose sur son épaule lui fit les rouvrir. Harry faisait tourner sa propre monture autour de lui, la malle bien calée entre les deux ailes.
" Laissez-vous aller, Mr Pettigrow. Tout va bien. Vous pouvez garder les yeux fermés si vous voulez, les Thestrals se dirigent seuls. "
Le garçon ne se fit pas prier et referma aussitôt les paupières, tremblant de tous ses membres. Harry fixa un instant la silhouette recroquevillée sur elle-même, songeur. Pendant longtemps, il avait été partagé entre haine et mépris pour celui qui avait trahi ses parents et avait vendu leur vie à leur ennemi, mais aujourd'hui, il ne voyait en lui qu'un adolescent de dix-sept ans, plutôt médiocre, qui allait tomber dans le piège de la peur que lui tendait déjà le Seigneur des Ténèbres. Harry s'était promis de changer les choses, mais il ne voulait pas le faire au détriment de Peter. La solution était simple : il lui fallait changer Peter.
Harry se pencha par-dessus la malle sur l'encolure de sa monture et lui souffla.
" A Poudlard. Et pas trop vite, s'il te plaît. "
Le Thestral cessa ses tours et s'éloigna dans une longue courbe gracieuse, suivi par son congénère. Harry attendit que Peter soit à sa hauteur et le regarda fixement. Au bout d'un instant, l'adolescent se décrispa légèrement sous la caresse du vent et entrouvrit un œil. Saisissant le regard encourageant de Harry, il se risqua à regarder en bas... et resserra aussitôt sa prise sur l'échine de sa monture, comme terrifié que sa présence s'efface soudain sous ses jambes. Néanmoins, Harry remarqua qu'il gardait les yeux ouverts.
" C'est beau, n'est-ce pas ? " cria-t-il par-dessus le sifflement du vent.
Peter ne répondit pas, mais sa prise frénétique sur l'échine du Thestral se desserrait peu à peu. Apparemment fasciné par le défilement des campagnes et des villes bariolées de lumière à la lueur du soleil couchant, il semblait oublier sa peur panique, et jusqu'au fait qu'il se trouvait lui-même plusieurs centaines de mètres au-dessus de tout cela, juste soutenu par une créature dont il ne soupçonnait pas l'existence un heure auparavant, et qu'il ne pouvait même pas voir...
Harry sourit de satisfaction, puis se pencha de nouveau vers la tête de sa monture :
" Augmente petit à petit la vitesse. Il faudrait quand même qu'on arrive avant demain matin. "
Si cela ne lui avait pas semblé impossible, Harry aurait juré que le Thestral lui avait fait un clin d'œil.
Le banquet touchait à sa fin, et Peter n'était toujours pas en vue. Rémus et James jetait des coups d'œil inquiets à la porte, pendant que Sirius engloutissait sa dernière part de tarte aux pommes de son air nonchalant habituel.
" Arrêtez un peu ! " ne cessait-il de répéter. " Ils ne vont sûrement plus tarder. "
Finalement, les derniers plats disparurent des tables et Albus Dumbledore se leva. Les élèves firent immédiatement silence. Le directeur commença son discours habituel à propos de la Forêt Interdite qui était toujours aussi désespérément interdite (coup d'œil en coin vers les Maraudeurs qui firent semblant de ne pas s'en apercevoir), de l'interdiction de faire de la magie dans les couloirs et des nouveaux objets que Rusard avait pris en grippe (on atteignait maintenant les quatre cents neuf articles).
" Et maintenant, " continua le directeur, " laissez-moi vous présenter Mr Edouard Thomson et Melle Samantha O'Brien. "
Les deux Aurors se levèrent à leur tour, et les élèves les fixèrent d'un air curieux, commençant à chuchoter entre eux avec excitation.
" Ces deux Aurors nous sont envoyés par le Ministère avant d'assurer notre protection contre toute attaque éventuelle du mage noir qui se nomme lui-même Voldemort " exposa-t-il d'une voix légèrement ennuyée, sans tenir compte des tressaillements qui parcoururent la foule de ses élèves. " De plus, " ajouta-t-il, le sourire aux lèvres, " ils ont généreusement accepté d'assumer le poste de professeur de Défense contre les Forces du Mal qui était vacant cette année. "
Les chuchotements se transformèrent instantanément en brouhaha confus.
" Professeurs de Défense contre les Forces du Mal ? "
" Mais c'est génial ! Vous vous rendez compte de la chance qu'on a ? "
" Dire qu'on va prendre des cours avec eux pendant toute une année... "
" Mais qu'est-ce qu'ils ont de spécial, ces types à la fin ? " s'exclama Rémus. " Je veux dire, d'accord, c'est des Aurors, mais... "
" Ne me dis pas que tu ne les connais pas ? "
Les trois adolescents se tournèrent vers la voix.
" Anderson " renifla Sirius en direction de la jeune femme assise à côté de Lily. " Qu'est-ce que tu veux dire ? "
" Thomson et O'Brien sont deux Aurors extrêmement connus " répliqua-t-elle.
" On dit qu'ils ont fait échouer beaucoup d'attaques de Mangemorts " ajouta Lily. " Je me suis toujours demandé pourquoi c'était eux que le Ministère envoyait. "
" Dumbledore n'aura sûrement pas voulu des nuls que voulait lui refiler Lewis " dit un garçon de quatrième année, non loin d'eux. " Quelqu'un était au courant qu'ils devaient nous servir de professeurs ? "
" Non " répondit James. " Ce n'était pas marqué dans le journal. Qu'est-ce qu'il y a, Sirius ? "
James se tourna vers son ami, qui lui tapait frénétiquement sur l'épaule.
" Ca veut dire que Davies aussi va être professeur ? " demanda-t-il avec excitation.
" Votre attention, s'il vous plaît " reprit le directeur.
Le tapage diminua progressivement jusqu'à atteindre un seuil tolérable.
" Sachant qu'ils doivent également accomplir leur mission de surveillance des alentours de l'école, ils ont donc convenu de se partager les responsabilités du poste d'enseignant. "
Tous les élèves le regardèrent avec espoir, souhaitant chacun avoir l'honneur d'être élève de l'un des deux Aurors les plus renommés. Cependant, à la table des Gryffondors, un adolescent voulait désespérément le contraire.
" Te mets pas dans un état pareil, Patmol " chuchota James. " Je suis sûr qu'ils sont tous bons. "
" Peut-être, mais Davies est encore le plus sympa " répliqua son ami sur le même ton, sans desserrer ses doigts croisés de toutes ses forces.
James allait ajouter quelque chose, mais la voix de Dumbledore le coupa :
" Melle O'Brien assumera donc les classes de première et seconde années... "
Les plus jeunes élèves se tournèrent les uns vers les autres, ravis.
" ... et Mr Thomson celles des troisième et quatrième années. "
Leurs aînés les imitèrent aussitôt, charriant les plus âgés qui continuait de regarder le directeur d'un air angoissé. Sirius paraissait sur le point d'exploser de joie.
" Les cours des cinquième, sixième et septième années seront assumés par un troisième Auror, qui n'est pas ici comme vous pouvez le voir. Mr Davies a en effet été chargé de ramener l'un de nos élèves ayant manqué le Poudlard Express... "
" Yes ! " s'exclama Sirius, incapable de se retenir plus longtemps.
Les autres élèves le regardèrent comme s'il était fou. Dumbledore lui jeta un regard étonné par-dessus ses verres en demi-lune.
" Je suis ravi que cela vous convienne, Mr Black. "
" Pardon, m'sieur le directeur " s'excusa l'adolescent, son sourire faisant deux fois le tour de sa tête.
Dumbledore le fixa encore quelques instants, puis termina son discours et leur souhaita à tous une bonne nuit. Les élèves ne se firent pas prier et se rassemblèrent aussitôt par petits groupes pour discuter les évènements tout en se dirigeant vers la porte. Les préfets se mirent en devoir de rameuter les premières années, et Rémus laissa ainsi Sirius et James seuls. Sirius paraissait ne plus pouvoir effacer son sourire de son visage.
" Qu'est-ce qui te dit que ce sera un bon prof, Sirius ? " demanda James, lassé, alors qu'ils passaient la porte qui menait au hall d'entrée.
" Oh, allez, James " répliqua l'adolescent, soudain redevenu sérieux. " Tu as bien vu comment il a parlé de son expérience, tout à l'heure, dans le train. Je ne pense pas qu'un type qui n'a rien à enseigner aurait eu un regard pareil. Et puis, tu as dit toi-même qu'il était sympa, et il l'ait sûrement plus que les deux autres " ajouta-t-il en jetant un coup d'œil par-dessus son épaule et deux Aurors qui parlaient ensemble, le visage toujours de marbre.
Les premiers élèves atteignaient le milieu de l'escalier ou les portes des cachots pendant que les derniers sortaient à peine de la Grande Salle au moment où les doubles portes d'entrée s'ouvrirent lentement sur l'obscurité des jardins. Tous les adolescents s'immobilisèrent et fixèrent les deux silhouettes qui se tenaient sur le pas de la porte. Peter se cacha tant bien que mal derrière Harry, mal à l'aise devant tous ces regards. L'Auror promena un long regard calme sur la foule avant d'entrer et de repousser les gigantesques battants derrière Queudver. Sa robe pourpre luisait entre les pans de son long manteau, à la lueur des bougies.
James jeta un coup d'œil à Sirius et s'aperçut que son immense sourire était revenu. Il le regardait d'un air qui voulait dire : " Je te l'avais bien dit qu'il le ramènerait ! ". Secouant la tête, il reporta son attention sur leur ami, petite silhouette planquée derrière celle de l'adulte. Peter avait l'air vaguement sous le choc.
A ce moment, le directeur sortit de la Grande Salle pour voir ce qui causait l'immobilité de tous ses élèves.
" Ah ! " dit-il d'une voix forte qui résonna dans le Hall, faisant se tourner toutes les têtes vers lui. " Voici notre troisième Auror qui ramène notre brebis égarée, n'est-ce pas ? "
Il se tourna vers le professeur McGonagall qui le suivait.
" Minerva, voulez-vous bien vous occuper de Mr Pettigrow et l'emmener prendre une collation à la cuisine ? "
" Bien sûr, professeur. "
Harry regarda la vieille femme sévère faire signe à Peter. Elle n'avait pas beaucoup changé, si ce n'était que ses cheveux étaient un peu moins gris et un peu plus bruns et que quelques rides n'étaient pas encore apparues sur son visage. Le garçon à ses côtés se tourna vers lui, hésitant. Harry comprit et lui tendit sa malle, que Peter prit avant de rejoindre prestement son professeur de Métamorphose, jetant au passage un regard distrait à ses amis.
Harry sourit intérieurement. Peter n'avait paru revenir à la réalité qu'au moment d'atterrir, moment auquel son visage avait perdu toute couleur. Il était descendu du Thestral plus blanc qu'un fantôme et dans un état de choc tel qu'il avait à peine réagi quand Harry lui avait fait signe de le suivre. Mais l'Auror était tout de même fier d'avoir réussi pendant presque une heure à lui faire oublier sa peur du vide. En revanche, tous les élèves qui remarquaient l'état d'apathie de leur camarade le fixait maintenant avec méfiance.
Albus Dumbledore s'approcha de lui, et Harry assura une fois de plus son masque de neutralité sur son visage.
" Vous devez être Harry Davies, si j'en crois la lettre que j'ai reçue du Ministre ? "
Le reproche était subtil : en tant que proposition de dernière minute, le directeur rencontrait pour la première fois l'un de ses professeurs le jour de la rentrée. Ce n'était décidément pas dans ses habitudes.
" En effet, monsieur le directeur " répondit Harry. " Croyez bien que si cela n'avait tenu qu'à moi, je serais venu me présenter par moi-même. "
Et il grimaça très légèrement pour montrer le dédain que lui inspirait la ruse de Lewis. Le sourire se fit un peu plus chaleureux dans les yeux bleus perçants.
" Bien, bien " murmura-t-il comme pour lui-même, puis se tournant vers les adolescents : " Chers élèves, voici donc le nouveau professeur de Défense contre les Forces du Mal des cinquième, sixième et septième années, Harry Davies. "
Harry sourit en retour du signe enthousiaste de Sirius au milieu de la foule.
" Maintenant, " ajouta le directeur, " je crois que vous feriez bien de tous aller au lit, car il se fait tard. "
Les adolescents se dispersèrent en discutant, jetant de fréquents regards par-dessus leurs épaules au jeune Auror.
" Je pense, " dit le directeur en se tournant vers lui, " que nous aurons tout le loisir de faire connaissance demain. Vos collègues vous montreront vos quartiers. Pour plus de facilité, les vôtres sont avoisinants. "
" Très bien. Bonne nuit, monsieur le directeur. "
Harry salua le directeur d'un signe de tête, puis partit à la suite de ses deux collègues, qui montaient déjà l'escalier. Thomson et O'Brien lui jetèrent un regard en coin, apparemment toujours impressionné par le truc des Thestrals. Harry leur répondit d'un petit sourire et ils continuèrent leur route sans un mot.
Et voilà ! Et devinez quoi ? Et si, je viens de finir le chapitre 3 ! ^_^ Alors un bon geste : cliquez sur le petit bouton bleu ci-dessous !
