Notes : Enfin un peu d'action ! Vous allez pouvoir admirer notre Harry quand il se lâche… J'espère que vous aimerez ! La scène avec Sirius et Severus, surtout, je l'ai bien aimée…

Remerciements :

Tiffany : Tu trouves Rita trop gentille ? Ouais, c'est vrai que c'est pas faux… Je suis heureuse que les nouveautés avec Severus te plaisent ! Et puis, il fait toujours aussi chaauud ! T_T

Missouistiti : Eh ben, je pensais qu'on pouvait pas vraiment oublier Régulus, vu qu'il devait être à Poudlard en même temps qu'eux. Je suis flatté par la comparaison ! Que tu apprécies autant ma fic qu'un livre… D'ici peu, Rémus ne va plus être le seul à se poser des questions, je te le garantis !

Tylilna : Je suis vraiment heureuse que ça t'ai plus. Effectivement, tu es la deuxième à me dire que je devrais faire psy, mais je ne crois pas que ce soit fait pour moi ! ^^

Ash of Mine : Eh oui, tout un chapitre ! Je savais que tu aimerais. Et permets-moi de te faire remarquer que le second genre de cette fic est Drama, donc il ne faut pas t'étonner de retrouver ce genre de fins tragique (ben oui, même pour Sev'). J'ai lu "Le Pêché d'un Père" de Severitus, mais je ne savais pas qu'il y en avait du même genre. Par contre, même si je m'y connais assez pour avoir lu "L'Ordre du Phoenix" en entier, je trouve la lecture en anglais assez contraignante, donc je ne sais pas si je lirais "Candidus"… Je vais essayer. Je vais peut-être faire la conversation avec Dumbledore dans le prochain chapitre, mais je ne sais pas encore. J'ai remarqué dans ta bio que tu allais entrer en terminale S (comme moi) option Maths (encore comme moi !) l'année prochaine. Tu habites par où ? Moi, comme c'est marqué (je crois, du moins…) dans ma bio, je suis de la Sarthe, près du Mans. Sinon, c'est quoi "Frizzy's Plot" et "MPREG"? Je vois pas, là non plus… J'ai également vu que tu lisais Aurum et Any Potter. Tu ne trouves pas les chapitres de Aurum un peu courts, toi ? Moi, ça me frustre !

Tangerinedream : Voilà, voilà ! Et merci du compliment.

Marie-Jo: Toi aussi, tu aimerais savoir ce qu'en pense Dumbledore ? J'imagine que je vais y réfléchir, alors… Je suis contente que ça te plaise autant et j'espère que ce nouveau chapitre te satisfera.

Thestral : Oui, c'est vrai qu'on a du mal à imaginer Severus et Harry se tomber dans les bras un beau jour comme deux vieux amis. Tant mieux si je n'ai pas donné cette impression !

Pedrito : Merci, je n'y manquerais pas ! ^^

Straciatella : C'est vrai que j'avance peut-être un peu trop vite dans l'histoire, mais j'espère que ça ne se voit pas trop. Et je suis heureuse que tu aies apprécié malgré tes premiers doutes ! J'essaie au maximum d'éviter d'inclure des personnages qui ne devraient pas être là, en effet. Merci pour ton enthousiasme !

Hedwige : ^^ J'apprécie le fait que tu apprécies ! lol Et pour ta question, mes titres n'ont absolument rien à voir avec Friends, en fait, je n'ai dû en voir qu'un ou deux épisodes et c'était uniquement parce que mon prof d'anglais avait réussi à en dénicher une cassette pour un des derniers cours. Ça ne m'a pas du tout branché, et je n'ai même pas remarqué que les titres étaient du même genre, à vrai dire…

Jeanne D'Arc : Bon, bah tant mieux ! Voilà encore un nouveau chapitre, et j'espère que tu seras toujours aussi enthousiaste !

Sombrekarma : Aaaaah ! Ca devrait être interdit de laisser des reviews aussi sadiques ! Il fait vingt-huit à l'intérieur, ici, on crève ! Merci de me rassurer, j'avais vraiment l'impression que c'était pas terrible, alors tant mieux ! ^_^

Pitchoune : "Scotchée"? Ca, ça fait plaisir ! T'as pas besoin de ruiner tes économies, tu sais ! Je trouverais un moyen de survivre, quitte à déménager l'ordi à la cave et à continuer au milieu des vieilles bouteilles de vin de mon père et des cageots de pommes de terre de ma mère ! ^^

Serena24 : ^_^ Encore une nouvelle lectrice ! Merci, je suis contente que ça plaise autant ! J'espère que la suite sera à la hauteur de tes attentes.

Merci à tous ! J'ai déjà atteint les 100 reviews, je suis super contente ! Alors encore un grand MERCI !

MàJ du 16/05/2013 : Correction des balises.


Chapitre 7 : Où Voldemort décide de se montrer, de peur qu'on l'oublie.


La porte de la salle de cours s'ouvrit violemment, faisant sursauter les Serdaigles et les Poufsouffles de septième année auxquels Harry expliquait la menace des gorgones. Surpris, Harry vit apparaître Samantha O'Brien dans l'encadrement de l'entrée, une Samantha O'Brien essoufflée et échevelée.

" O'Brien ? "

" Davies ! Venez vite, on a reçu un message de Pré-au-Lard, il y a une attaque ! " dit précipitamment l'Auror.

Le visage de Harry se fit immédiatement grave.

" Le cours est fini " annonça-t-il d'une voix calme à ses élèves inquiets. " Vous pouvez tous sortir, mais n'oubliez pas les devoirs que je vous ai demandés. "

Les septième années se levèrent aussitôt, rassemblèrent leurs affaires à la hâte et se dirigèrent vers la porte. O'Brien les laissa passer avec impatience, les yeux fixés sur Harry qui attendit qu'ils fussent tous sortis pour les imiter et refermer derrière eux.

" C'est une attaque importante ? " demanda-t-il pendant qu'ils se précipitaient dans les couloirs jusqu'au hall d'entrée.

" Nous n'en savons rien ! " répliqua O'Brien, haletante. " Nous avons reçu le message il y a quelques minutes, et il annonçait juste une attaque de Mangemorts et demandait des renforts. Les professeurs ne quitteront pas Poudlard, au cas où ce serait une manœuvre de diversion, mais le Ministère a été mis au courant et devrait bientôt envoyer de nouvelles troupes. "

Harry hocha la tête sans rien ajouter, et ils atteignirent bientôt les grandes doubles portes où les attendait Thomson. L'Auror était revenu plusieurs jours auparavant, le visage pâle et amaigri, mais le regard plus résolu que jamais. Avec tact, Harry avait décidé de ne pas lui parler de son erreur de la nuit où il avait reçu la lettre noire.

" On va sortir du périmètre de Poudlard pour pouvoir transplaner ! " lança-t-il à Harry pendant qu'il se mettait à courir avec eux à travers le parc vers le portail qu'on apercevait au loin.

Une fois encore, Harry acquiesça sans un mot, son esprit totalement tendu vers le combat qui les attendait. Ils dépassèrent Hagrid sans ralentir. Le garde-chasse de Poudlard les regarda passer, les yeux ronds, planté au milieu de son champ de citrouille. A ses côtés, un jeune chiot que Harry identifia vaguement comme Crockdur aboya énergiquement de sa petite voix encore aiguë.

Ils rejoignirent le gigantesque portail soutenu par les piliers aux sangliers ailés et les dépassèrent. Sans s'accorder une minute pour souffler, ils échangèrent un signe et transplanèrent aussitôt.


" Tu en es absolument sûre ? " s'exclama Lily.

" C'est ce qu'O'Brien a dit devant nous " rétorqua Eloïse. " Et Davies l'a aussitôt suivie... "

" Une attaque sur Pré-au-Lard " murmura July. " Pourquoi justement là ? Je veux dire, c'est un village exclusivement sorcier, mais ils ne répugnent pas vraiment non plus à attaquer les moldus, pas vrai ? Même s'il est connu, ce n'est pas comme si cela allait faire plus d'effet qu'une attaque sur le Chemin de Traverse... "

" Qu'est-ce que tu veux dire ? " demanda Anna en fronçant les sourcils. " Ce serait une diversion ? "

" Non, je ne pense pas, pas sans qu'ils sachent à quoi s'en tenir avec les nouvelles protections de Poudlard. Ce serait plutôt... une sorte de test " dit July en hésitant.

" Un test pour les Aurors ? " demanda Lily. " Mais O'Brien et Thomson sont vraiment très connus, ils doivent savoir de quoi ils sont capables... "

" Mais pas Davies " répliqua sombrement Anna.

" Davies ? Mais c'est un débutant, il l'a dit lui-même ! Pourquoi les Mangemorts voudraient-ils l'évaluer ? "

" Tu oublies, Lily, qu'il sait parler le langage elfique et qu'il a déjà fait deux fois la une de la Gazette. C'est beaucoup pour un débutant " constata Eloïse.

" Peut-être, mais je suis d'accord avec Lily " dit July. " Ce n'est pas parce qu'il parle aux elfes qu'il est obligatoirement une menace au combat. Et c'est au combat qu'ils ont l'air de vouloir l'évaluer. "

" C'est vrai " approuva gravement Anna. " Je pense qu'il y a quelque chose qui nous échappe dans tout ça... Quelque chose dont les Mangemorts, eux, seraient au courant. "

" De quoi vous parlez ? "

L'interruption fit se retourner les jeunes filles vers l'importun. Sirius les regardait, l'air interrogateur, les Maraudeurs étant manifestement passés près d'elles pour aller plus loin dans la cour intérieure de Poudlard et ayant saisi quelques mots au passage. Lily le fusilla du regard, et elle allait lui dire de se mêler de ce qui le regardait quand Anna répondit avec son calme habituel :

" De Davies. "

Lily se tourna vers elle, les sourcils en points d'interrogation. Pourquoi les mêler à une conversation privée ? Mais son amie lui répondit de ce regard qu'elle avait appris à interpréter comme " Je t'expliquerais plus tard ".

" Qu'est-ce qu'il a, Davies ? " interrogea Sirius, les sourcils froncés.

Les trois autres Maraudeurs, que la conversation avaient attirée, se rapprochèrent pour entendre la réponse.

" Il est parti avec Thomson et O'Brien pour intervenir dans l'attaque contre Pré-au-Lard " continua Anna de sa voix atone.

La mâchoire de Sirius se décrocha, et Lily eut la surprise de le voir, lui qui contrôlait toujours ses émotions pour avoir l'air du type le plus cool du monde, prendre une expression d'horreur et d'incrédulité mêlées.

" Il y a une attaque à Pré-au-Lard ? En ce moment ? "

" C'est ce que je viens de dire, oui. "

" Mais pourquoi les Aurors y sont-ils partis ? " intervint Rémus.

" Ils ont dû être appelés en renfort " suggéra July. " En tout cas, Davies nous a lâchés dès qu'O'Brien l'a prévenu. "

Sirius avait maintenant l'air inhabituellement grave. Décidément, se dit Lily, ça ne collait pas avec l'idée qu'elle se faisait du Maraudeur facétieux. James vint à son côté et lui prit le bras, un sourire rassurant au visage.

" Hey, Sirius, ce n'est pas quelques Mangemorts qui vont l'abattre, pas vrai ? "

" Ouais, t'as raison, James " répondit son ami en lui rendant son sourire, bien qu'un peu triste.

" Vous avez l'air de bien l'aimer " remarqua Anna, l'air de rien.

" Bien sûr ! " s'exclama Sirius. " C'est un très bon prof et un type vraiment sympa. Du moins, quand il ne se met pas en colère... " ajouta-t-il en grimaçant.

Les trois autres grimacèrent avec lui.

" Qu'est-ce que vous voulez dire par là ? " interrogea Eloïse, curieuse.

" Rien, rien, oubliez ça " s'empressa d'esquiver Rémus, manifestement peu pressé de s'étendre là-dessus.

" Je me demande " insista Lily, les yeux plissés, " si c'est à lui que nous devons votre toute nouvelle vague de responsabilisation. "

James détourna les yeux en rougissant, Sirius se mit à observer les filles au fond de la cour comme s'il les trouvait soudain passionnantes, Rémus toussota en réajustant son insigne de préfet sur le devant de sa robe et Peter fixa obstinément ses pieds. Voyant cela, Lily sifflota d'admiration.

" Il a dû être très autoritaire, dites donc... "

" Mêle-toi de ce qui te regarde, Evans " maugréa Sirius.

Et il partit à grands pas vers l'intérieur du château, aussitôt suivi des trois autres. Lily pouffa.

" Vous y croyez, vous ? Il a dû leur faire la réprimande de leur vie ! "

July et Eloïse sourirent avec elle, mais Anna garda son visage sérieux.

" C'est bien ce que je pensais, ils ont l'air assez proches de lui. "

" Et alors ? " demanda Lily, ne voyant pas où elle voulait en venir. " Tu penses qu'ils savent quelque chose sur lui que nous ignorons ? "

" Je ne sais pas " répondit Anna en haussant les épaules. " Mais si ça devient vraiment trop étrange, on pourra toujours leur demander. "

Lily grimaça à la simple idée de demander des renseignements aux Maraudeurs, mais acquiesça sans faire de commentaires.


Harry se matérialisa à côté de la Cabane Hurlante. Il avait pensé que ce recoin assez éloigné du village même risquait moins d'être pris dans un fervent combat, et qu'il pourrait ainsi arriver sans être aussitôt submergé de sortilèges. Il n'avait aucune idée de l'endroit où Thomson et O'Brien avaient pu choisir d'atterrir, mais c'était aussi bien. Quand il se battait, il préférait le faire seul.

Un rapide coup d'œil autour de lui lui apprit que les alentours étaient effectivement déserts, mais des cris de terreur et de douleur lui parvinrent bientôt de la rue principale de Pré-au-Lard. Sortant sa baguette, il s'élança en se félicitant d'avoir choisi de mettre une robe d'Auror ce matin. Peu de choses rassuraient des gens paniqués par une attaque de Mangemorts comme le fait de voir une robe pourpre au milieu de la bataille.

Alors qu'il s'engageait entre les premières maisons, Harry vit surgir à reculons d'une ruelle adjacente un groupe de sorciers paniqués qui pointaient leurs baguettes devant eux. Les sortilèges fusaient dans les deux sens, et régulièrement, l'un des sorciers tombaient, frappés d'un Sortilège Impardonnable, ou plus basiquement d'un Maléfice du Saucisson ou d'un Expelliarmus.

Les résistants tentaient tant bien que mal de redresser leurs blessés, mais de nouveau tombaient sans cesse, et il y en avait plusieurs pour lesquels on ne pouvait déjà plus rien. Harry se précipitait vers eux quand il vit soudain avec horreur un autre groupe de Mangemorts surgir de l'autre côté de la rue, visant le dos des sorciers avec ce que Harry pouvait interpréter comme un rictus de satisfaction mauvaise sous leurs cagoules.

Laissant son expérience des combats reprendre le dessus, il stoppa net sa course et reprit calmement son souffle en visant les nouveaux attaquants. Il mit toute sa rage et sa volonté de protéger les sorciers dans un seul mot qu'il prononça avec un calme irréel dans la fureur des combats :

" Expelliarmus. "

Les Mangemorts n'étaient bien sûr pas des adolescents, mais ils n'avaient pas vu arriver Harry et n'étaient pas sur leurs gardes, à part pour quelques exceptions. Harry vit la grande majorité d'entre eux s'écraser contre le mur de Honeydukes derrière eux pendant que leurs baguettes retombaient à mi-chemin entre lui et leurs propriétaires, et se détourna vers les quelques autres qui n'avaient fait que vaciller sous la puissance du sortilège. Son expérience lui disait que ceux-là seraient les plus dangereux, car ils ne se relâcheraient pas aussi bêtement que les autres, surtout maintenant qu'ils le savaient puissant.

Avec un cri de colère qui résonna dans la rue, il se précipita vers eux. Les sorciers qui avaient réussi à se réfugier derrière le coin d'une boutique se retournèrent précipitamment pour le voir charger, les yeux emplis de fascination. Harry vit du coin de l'œil un sortilège filer dans sa direction depuis l'autre côté de la rue. D'un geste vague du poignet et d'un murmure, il actionna le sort du Bouclier sans même quitter des yeux ses adversaires. La vague d'énergie s'écrasa avec un claquement contre le mur défensif qui s'évanouit aussitôt au moment où un autre sort lui était lancé, de devant cette fois.

Harry eut un léger sourire. S'ils croyaient que cette manœuvre suffirait à le berner... Plusieurs sorts partirent grossièrement vers différents points autour de lui afin de l'empêcher d'esquiver, mais Harry se ramassa brutalement sur lui-même et détendit ses jambes comme un ressort. L'un des Mangemorts esquissa vaguement un rictus moqueur et visa le point où l'Auror devrait atterrir. Le sortilège partit et passa exactement là où il le devait... sauf que Harry n'y était pas.

Incrédules, les Mangemorts le regardèrent planer vers eux, comme supporté par des ailes invisibles. Harry relâcha son attention du petit bout de magie elfique qu'il avait utilisé et sauta à pieds joints sur l'encagoulé le plus proche. L'homme s'effondra, le nez cassé, assommé. Ceux qui étaient encore armés le mirent en joue avec un bel ensemble, mais Harry se jeta sur le côté et saisit l'un de ceux que son Expelliarmus avaient atteint de plein fouet et qui ne s'étaient pas encore remis, et il le poussa sur la trajectoire des sortilèges.

Une seconde plus tard, le masque laissait voir son visage rouge brique couvert de grosses plaques purulentes, sa bouche avait disparue et ses jambes s'étaient transformés en pierre. Il s'écroula à terre, inconscient. Harry s'était déjà élancé et, profitant de leur surprise, se jeta en avant sur ses deux mains posées au sol. Son dos courbé, il projeta ses deux pieds dans la poitrine de l'ennemi qui lui faisait face. Le souffle coupé, le Mangemort lâcha son arme qui alla rouler à terre. L'un des hommes désarmés se précipita pour la saisir, mais d'un coup de talon, Harry la propulsa au milieu de la rue.

Ce faisant, il remarqua que la situation de l'autre côté s'était nettement améliorée : les Mangemorts avaient voulu aller prêter main forte à leurs camarades, mais ils avaient oublié les habitants du village qui n'avaient rien eu de plus pressé que de leur rappeler leur existence par une salve de sortilèges tirés dans le dos. Harry sourit et revint à ses moutons - noirs, bien sûr -.

L'un de ceux qui était encore armé levait sa baguette pendant que l'autre essayait de ranimer celui qui ressemblait à présent à un monstre de cirque, et l'un des désarmés couraient vers les baguettes qui gisaient un peu plus loin. Harry évita le sort en se décalant au dernier moment sur le côté et stupéfixa l'autre au moment où il atteignait son objectif. L'homme s'effondra sur les baguettes, ce qui garantit que personne ne pourrait les décoincer sans un sortilège d'Attraction particulièrement puissant.

L'un des Mangemorts, à défaut de baguette, décida d'en venir aux mains, même si ça devait lui crever le cœur - agir comme des moldus, beurk -. Il s'approcha par derrière et tenta d'immobiliser Harry en l'enlaçant, lui bloquant ainsi les bras. Mais l'Auror ne l'entendait pas de cette oreille. Voyant que les deux autres levaient déjà leurs baguettes pour profiter de sa situation précaire, il mobilisa toute sa magie et invoqua à nouveau le sort elfique de vol. En tant normal, Harry pouvait s'en servir pour planer quelques secondes, mais s'envoler était une autre histoire, surtout avec un poids mort supplémentaire.

Pourtant, ses pieds décollèrent du sol, et il sentit le Mangemort glapir de peur derrière lui. Son visage se crispa sous l'effort et il parvint enfin à les élever de deux ou trois mètres. A ce stade, la prise de l'homme glissa sous l'effet de la peur et il tomba pour s'écraser au sol, sonné pour un bout de temps. Harry s'arrangea pour que sa chute soit un peu moins rude et se reçut sur les talons, haletant. S'apercevant que les autres le remettaient en joue malgré leur ébahissement, il leva à son tour sa baguette et prononça rapidement le sort d'Aveuglement.

Une lumière éclatante émergea du bout de sa baguette, du moins pour eux, car en tant que jeteur du sort il n'y était pas sujet. La plupart se couvrirent les mains de leurs yeux et un seul eut le réflexe de débiter à toute vitesse le contre sort, qui construisit autour de lui un bouclier d'ombre. Harry profita tout de même de cet instant de répit pour jeter le Maléfice du Saucisson à l'autre et récupérer sa baguette d'un sortilège d'Attraction.

Son dernier adversaire voulut le stupéfixer, mais Harry dressa nonchalamment un bouclier et débita d'une voix atone cinq Stupéfix que les Mangemorts aveuglés ne surent en aucun cas éviter.

Se voyant seul, et les cris de victoire des sorciers de l'autre côté de la rue indiquant qu'il ne pouvait pas espérer d'aide de ce côté, le dernier homme poussa un juron assourdi et s'élança pendant que Harry concluait le dernier sortilège. Le jeune Auror cria de colère en le voyant se faufiler dans une ruelle adjacente et se précipita à sa suite. Heureusement pour lui, la rue se terminait en cul-de-sac, car ses derniers efforts, et particulièrement le sort de vol, l'avaient vidé et il n'aurait pas été capable de soutenir l'allure bien longtemps.

Le Mangemort se tourna vers lui, un sourire satisfait aux lèvres.

" Le moins que l'on puisse dire est que vous m'avez étonné, Harry Davies " dit-il de cette voix traînante que Harry reconnut comme celle de Lucius Malefoy. " Et je pense que mon maître sera satisfait des nouvelles que je lui apporterais. J'imagine que vous n'avez pas même l'envie vague de nous rejoindre ? "

" Je n'ai rien à faire avec des dégénérés comme vous et votre maître " rétorqua Harry d'une voix acide, haletant. " Comment connaissez-vous mon nom ? "

Le sourire de Malefoy s'agrandit.

" Nous savons bien plus que votre nom. Il se trouve que nous avons de très bonnes sources d'information qui nous ont mis au courant de la réserve qu'ont émis les Langues de Plomb à votre égard. Manifestement, ils n'ont pas vraiment confiance en vous, hmm ? Nous tenions à voir cela de nous-mêmes. "

" Vous voulez dire que c'est pour m'évaluer que vous êtes venus jusqu'ici ? " constata Harry, la voix mi-moqueuse, mi-furieuse. " C'est un grand honneur, mais je crois que je m'en serais passé... "

" Allons, allons " tempéra Malefoy, sarcastique. " Vous n'avez pas fini d'entendre parler de nous, vous savez. Je pense que notre maître va beaucoup s'intéresser à vous... "

Harry réalisa soudain que les yeux du Mangemort devenaient lointains. Devinant ce qu'il essayait de faire, Harry cria le sortilège de Stupéfix, mais l'homme transplana dans un 'pop' juste avant que le sort ne l'atteigne. De rage, Harry se jeta à genoux et frappa le sol de son poing.

" Merde ! "


Lorsque Harry revint dans la rue, elle était presque déserte. La plupart des Mangemorts avaient réussi à transplaner, à part celui qui présentait diverses infirmités et celui auquel Harry avait cassé le nez, qui n'avaient pas pu être ranimés et avaient été laissés sur place. Les cris continuaient de résonner dans le village, mais de moins en moins fort et de moins en moins fréquemment : les attaquants se retiraient.

Harry descendit vers le centre de Pré-au-Lard aussi vite qu'il le pouvait malgré sa fatigue. Il retrouva là Thomson et O'Brien qui, avec un groupe de villageois, pressaient rudement quelques Mangemorts, tentant de les empêcher de s'enfuir. L'un d'eux, brutalement jeté au sol, sembla décider que la partie avait assez duré. Se relevant rapidement, il se mit à courir à l'abri en esquivant habilement les sorts. Malheureusement pour lui, il allait droit vers Harry, et Harry était de mauvaise humeur.

Voyant le jeune homme venir vers lui d'un pas nonchalant, baguette rangée, l'homme choisit de tenter sa chance et beugla un sort tout en courant, sort que l'Auror reconnut comme l'Endoloris, auquel n'aurait sûrement pas résisté son bouclier, de toute façon. Une fois encore, Harry sauta bien au-dessus du sortilège et se réceptionna au sol droit sur le trajet du Mangemort. Ce dernier jura et leva encore sa baguette, mais le jeune homme ne lui laissa pas le temps d'ouvrir une nouvelle fois la bouche et se mit à son tour à se précipiter vers lui.

Alors que la distance qui les séparait se réduisait grandement, Harry fit appel à un autre bout de magie, nain celui-là, et lança son poing en avant. Le Mangemort, touché au creux de l'estomac, fut brutalement projeté en arrière et alla percuter ses compagnons, en assommant un ou deux sur le coup et déstabilisant les autres, qui parvinrent tout de même à transplaner d'extrême justesse au moment où Thomson et O'Brien commandaient une nouvelle salve de sortilèges. Harry baissa les yeux sur son bras et interrompit le sort qu'il avait jeté, redonnant un aspect organique à ce qui n'était auparavant que de la pierre.

La fatigue le fit légèrement vaciller, et il s'appuya à un mur proche pour souffler pendant que les autres se chargeaient de neutraliser définitivement ceux qui restaient. Au bout d'un instant, ses deux collègues le rejoignirent.

" Où est-ce que vous étiez passé ? " demanda Thomson d'un ton rogue. " Nous aurions dû rester ensemble... "

" Comment est-ce que vous avez fait ça ? " interrompit O'Brien.

Harry baissa les yeux vers elle, interrogateur.

" Quoi donc, " ça " ? "

" Mais, comment est-ce que vous avez projeté ce Mangemort ? Je vous ai juste vu lui donner un coup de poing et il a volé sur plusieurs mètres... "

Harry fit un sourire en coin et ne répondit rien. Thomson allait ajouter quelque chose quand de nouveaux cris retentirent. Ils se retournèrent instantanément tous les trois, baguette en main, mais il s'avéra qu'il s'agissait de cris de joie : les renforts arrivaient, accompagnés de Médicomages et de Guérisseurs.

" Pas trop tôt " souffla Thomson, visiblement soulagé. " Au moins, ils vont pouvoir soigner les blessés... "

Et sur ce, il partit faire son rapport au responsable des Aurors nouveaux arrivants. O'Brien voulut retourner rassembler les derniers Mangemorts immobilisés dans le village.

" Oh ! " s'exclama Harry. " O'Brien ? "

L'Auror se tourna vers lui, sourcils froncés.

" Vous en trouverez deux en haut de la rue principale. L'un est complètement défiguré et l'autre a le nez cassé. Je pense qu'ils n'auront pas bougé... "

O'Brien le regarda un instant, incrédule face à son ton désinvolte, puis repartit sans ajouter un mot. Harry resta un instant appuyé contre son mur pour récupérer. Il ne releva la tête qu'en entendant des bruits de pas se rapprocher de lui. Thomson, sourcils froncés pour changer, se rapprocha et le considéra un instant d'un air préoccupé. Le jeune Auror, que le combat avait trop fatigué pour qu'il se soucie d'agir avec tact, soupira ostensiblement et dit d'un ton mi-las, mi-sarcastique :

" Thomson, je ne vais pas vous bondir dessus, ni pour vous manger, ni pour vous filer la rage. Epargnez-moi vos regards calculateurs, je vous prie, et dites-moi plutôt ce qui me vaut l'honneur que vous me considériez à nouveau comme une énigme vivante... "

Thomson eut l'air outré, mais un toussotement s'éleva de derrière lui, ressemblant beaucoup à un ricanement. Harry leva un sourcil, mais Thomson ne lui laissa pas le temps de penser à celui qui l'accompagnait.

" Des villageois nous ont dit que vous leur aviez porté secours pendant l'attaque, leur évitant ainsi d'être pris à revers... "

" C'est mon boulot, non ? Ca me semble normal... " rétorqua calmement Harry.

" Oui, certes " répondit Thomson en ignorant délibérément son insolence. " Ce qui est moins normal, c'est que vous ayez réussi à mettre hors d'état de nuire une dizaine de Mangemorts, plus les trois que vous nous avez aidé à neutraliser ici. "

" Non, " dénia fermement Harry, " seulement douze. Le dernier du premier groupe a réussi à m'échapper sans une égratignure, l'enfoiré. D'ailleurs, au final, il n'y en a que cinq sur ce compte qui n'ont pas réussi à filer, n'est-ce pas ? "

Thomson le fixa, cherchant manifestement à déterminer s'il se fichait de lui. Mais Harry était parfaitement sérieux.

" Savez-vous sur combien de Mangemorts nous sommes parvenus à mettre la main durant le combat ? " demanda-t-il, estomaqué.

" Aucune idée. "

" Onze. Nous en avons capturé onze, et à vous seul, vous en avez déjà pris cinq ! Alors que nous devions être une petite centaine à défendre le village ! Et vous n'avez pas même une éraflure... "

Incrédule, Thomson gesticulait en l'examinant dans tous les sens sous le regard blasé de Harry quand une main se posa sur l'épaule de l'Auror et le repoussa fermement sur le côté.

" Vous permettez, " intervint l'homme d'une voix profonde, " ça, je pense que c'est à moi d'en déterminer... "

Harry eut l'impression d'avoir reçu un choc électrique. Le nouveau venu portait l'habit vert des Guérisseurs de St Mangouste, orné du symbole de la baguette et de l'os croisés. Ses cheveux noirs étaient aussi disciplinés que ceux de n'importe qui, mais ses yeux noisette, ses lunettes et la forme de son visage, tout déterminait un Potter. D'ailleurs, l'homme se tourna vers lui et, voyant qu'il l'examinait, tendit la main.

" George Potter, Guérisseur. "

Harry lui serra la main, tentant de reprendre contenance et d'oublier qu'il faisait face à son grand-père.

" Harry Davies. Enchanté. "

" Et moi donc ! " reprit le Guérisseur avec un grand sourire. " Mon fils et ses amis parlent de vous avec beaucoup d'éloges, vous savez ? "

" Vraiment ? " répondit-il en le lui rendant. " J'en suis ravi... "

" Bon " reprit George d'un ton beaucoup plus sérieux. " Revenons à vos moutons. Etes-vous blessé quelque part ? Un sortilège vous a-t-il atteint ? "

" Non, non " nia Harry d'un geste de la main. " Je vais parfaitement bien, je vous remercie. "

" Pourquoi restez-vous là sans rien faire, dans ce cas ? " intervint Thomson en fronçant les sourcils.

George lui envoya un regard purement désapprobateur, mais Harry répondit calmement :

" Je récupère. "

" Vous récupérez ? Et de quoi ? " demanda encore Thomson.

" Mais, du combat. C'est épuisant de devoir faire appel à de la magie non-humaine, vous savez " répliqua-t-il mine de rien.

Thomson le fixa avec des yeux ronds.

" De la magie... ? Alors le type que vous avez envoyé valser tout à l'heure... ?

" Magie naine. J'ai rendu mon bras aussi dur que de la pierre. "

" Et quand les villageois ont affirmé vous avoir vu voler, ce n'était pas... ? "

" ... Des délires ? Absolument pas, c'est elfique. Mais je maîtrise encore assez mal la technique de vol, " ajouta-t-il en grimaçant, " donc, je m'en sers essentiellement pour planer. "

Thomson le regarda encore un moment, puis se tourna pour repartir sans aucun autre commentaire.

" Oh, Thomson ? " le rappela Harry.

L'Auror se retourna, l'expression indéchiffrable.

" Je vous serais reconnaissant de ne parler de cela qu'à O'Brien, je n'aimerais pas que cela s'ébruite. Ce serait encore de la publicité inutile pour les peuples qui m'ont appris ça, vous comprenez. "

L'homme le fixa un instant, puis hocha la tête et se précipita vers sa collègue qui veillait sur les Mangemorts. Harry sourit à cette vue, puis se retourna vers le Guérisseur qu'il avait négligé durant la conversation. George le fixait sans paraître pouvoir y croire.

" Vous plaisantez, n'est-ce pas ? " demanda-t-il, haletant. " Aucun homme ne peut faire de la magie non-humaine ! "

" Oh, si, c'est possible " minimisa Harry. " Mais il faut pour cela que d'autres peuples acceptent de lui confier leur connaissance, et comme je l'ai dit, c'est toujours épuisant à mettre en pratique... Mais ça présente quand même quelques avantages, comme par exemple, ce sort de vol que seuls les elfes ont développé... Vous n'en parlerez pas, vous non plus ? " ajouta-t-il d'un air inquiet.

George leva une main, comme outré.

" Secret professionnel ! " clama-t-il. " Mais maintenant, vous allez me faire le plaisir de prendre ce remontant " ajouta-t-il en sortant une bouteille du sac qu'il portait et en la lui tendant.

Harry reconnut une de ces potions qui aidaient le corps à régénérer sa magie en cas d'utilisation abusive et de la grande fatigue consécutive. Il la prit de bonne grâce et l'avala rapidement, puis grimaça.

" Beuh... C'est toujours aussi infect. "

" Dois-je comprendre que ce n'est pas la première que vous prenez ? " demanda George d'un ton sévère.

Harry eut l'air confondu. Il ne pouvait quand même pas lui dire qu'il en avait déjà pris plus dans sa vie que la réserve de St Mangouste n'en comptait !

" Disons que j'en ai déjà eu l'occasion " répondit-il avec un sourire gêné.

George haussa un sourcil, mais ne fit aucun commentaire. Harry sentit enfin la potion prendre effet et gommer petit à petit la fatigue excessive de ses muscles, rechargeant son énergie magique. Comme à chaque fois, il poussa un petit soupir de soulagement. Il n'aimait vraiment pas se sentir aussi faible. George le regarda se redresser en s'éloignant du mur avec satisfaction.

" Parfait. Je crois que je vais vous laisser, j'ai d'autres patients à aller voir. J'ai entre autres entendu parler de l'un des Mangemorts qui n'aurait plus qu'une apparence vaguement humaine... " ajouta-t-il avec un regard malicieux.

" Alors là, c'était pas ma faute " répliqua catégoriquement Harry tout en massant son bras droit que la magie naine avait laissé singulièrement raide. " Ses copains n'avaient pas à me jeter plusieurs sorts à la fois, que je sache. "

George éclata de rire et s'éloigna sur un signe d'adieu. Le jeune Auror le suivit des yeux, pensif, puis rejoignit ses deux collègues qui avaient manifestement entamé un débat serré sur le fait que lui, Harry Davies, soit ou non un humain. Il réprima un sourire en les voyant sursauter quand ils réalisèrent qu'il venait vers eux.

" On devrait peut-être retourner à Poudlard, non ? " suggéra-t-il tranquillement.


Toute l'école était maintenant au courant de la bataille qui se livrait dans le village en contrebas, mais ils n'avaient toujours reçu aucune nouvelle qui les aurait informé de l'avancée du combat, et l'humeur était plutôt tendue dans la Grande Salle.

Jamais les Mangemorts n'avaient agi aussi près de Poudlard, et en raison des sorties qui étaient autorisées certains week-ends, chaque élève connaissait au moins plusieurs personnes de Pré-au-Lard, pour la plupart propriétaires de boutiques. De plus, et cela n'arrangeait pas l'affaire, tous savaient que les Aurors étaient partis en renfort, et si peu l'avouaient tout haut, ils ne voulaient pas voir certains de leurs professeurs, aussi peu doués qu'ils soient, mourir aujourd'hui.

Il n'y avait guère que les Serpentards, en fait, qui se comportaient comme s'ils étaient sourds et aveugles. Ou du moins, la plupart des Serpentards, car les plus jeunes laissaient parfois échapper des signes de nervosité qu'un froncement de sourcils des aînés réprimait rapidement. Seulement, James avait remarqué l'obstination que Rogue mettait dans la contemplation de son assiette pour ne pas avoir à prendre part à la conversation. Donnant un léger coup de coude à Rémus qui était assis près de lui, il lui désigna le Serpentard.

" Tu crois qu'il prépare un mauvais coup ? " murmura-t-il.

Rémus prit note du comportement inhabituel du septième année, puis jeta un coup d'œil alentour.

" Je ne sais pas, James. En fait, si je ne pensais pas que ce serait parfaitement illogique, je dirais qu'il a plutôt l'air inquiet... "

James lui jeta un regard incrédule et ouvrit la bouche pour protester, mais Sirius se leva brusquement.

" On a Enchantements, maintenant. On y va ? " dit-il d'une voix nonchalante.

James acquiesça et le suivit, entraînant les deux autres. Sirius avait manifestement décidé d'agir comme d'habitude et de ne pas laisser percer ses véritables sentiments, mais James savait que, comme eux tous, il se faisait un sang d'encre pour Davies. Ils arrivaient dans le Grand Hall quand James aperçut du coin de l'œil un groupe de Serpentards venir vers eux en discutant. Il voulut prévenir Sirius, mais Zabini l'avait déjà bousculé et envoyé à terre.

" Ben alors, Black ? " se moqua-t-il. " Tu ne sais plus tenir sur tes jambes ? "

Les Serpentards éclatèrent de rire, et les Maraudeurs serrèrent les poings. Régulus s'approcha à son tour.

" On dirait que tu as enfin trouvé ta place, mon cher frère. Quoi de plus normal pour un chien que de marcher à quatre pattes ? "

Les Serpentards hurlèrent de rire à cette réplique, mais Sirius avait déjà utilisé toute sa réserve de patience pour la journée. Il se releva brutalement et lui cracha au visage :

" Si je suis un chien, alors tu es un cloporte. Peter a parfaitement raison, tu sais, tu mériterais qu'on t'écrase d'un coup de talon ! Mais seulement voilà, tu t'es tellement gonflé d'arrogance que tu as atteint une taille humaine, et qu'il doit falloir une hache pour venir à bout de ta carapace de stupidité. "

Les rires des Serpentards se turent brusquement au ton plein de haine qu'il avait utilisé.

'Ouh, là,' s'alarma James. 'Patmol s'énerve, pas bon ça, pas bon du tout...'

Il échangea un regard angoissé avec Rémus et leurs yeux se portèrent avec crainte vers la table des professeurs où rien n'avait encore été remarqué. Régulus reprit contenance et renifla.

" Le chien a la rage, on dirait. Pas que ce soit une nouveauté. Je me suis toujours demandé pourquoi notre pauvre mère ne t'avait pas noyé à ta naissance. C'est ce qu'on fait avec les chiots malades, non ? "

James sentit Peter se tendre à côté de lui et il le fixa avec étonnement. Queudver avait réellement l'air de ne pas supporter que quelqu'un insulte Sirius sur ses convictions. Mais Patmol se défendait parfaitement bien tout seul.

" Notre mère est tellement aveugle que cela lui a sans doute échappé " siffla-t-il. " La preuve, c'est qu'elle ne s'est pas même aperçu que son deuxième fils était encore plus gravement atteint que le premier, et que son cerveau n'était pas capable de réfléchir, mais uniquement d'obéir comme un elfe de maison. "

Régulus pâlit sous l'insulte, et il fallut toute la force de Zabini, qui commençait lui aussi à s'inquiéter du froncement de sourcils de McGonagall, pour l'empêcher d'en venir aux mains.

" N'insulte pas ma mère " dit-il entre ses dents serrés.

" Malheureusement, il se trouve que c'est aussi la mienne. Je m'en serais bien passé, mais en retour de ce triste destin, j'entends pouvoir l'insulter autant que je veux. "

Les élèves les plus proches des portes qui donnaient sur le Grand Hall les regardaient maintenant avec curiosité, voir même avec crainte. C'était la première fois que Sirius abandonnait son air d'indifférence hautaine en public pour laisser entièrement place à la colère et à la rage, et les filles le fixaient sans paraître vouloir se détourner de la scène, la fourchette souvent à mi-chemin de la bouche et de l'assiette.

" Potter... "

James sursauta au murmure qui retentit à son oreille et se retourna vivement.

" Evans ? " s'exclama-t-il sur le même ton. " Qu'est-ce que tu veux ? C'est vraiment pas le moment ! "

" Dis à Black d'arrêter son cirque, McGonagall vient par ici " dit la jeune fille d'un ton autoritaire.

James la fixa, les yeux ronds.

" Evans, tu as bien regardé Sirius ? "

" Evidemment que je l'ai regardé, tout le monde ne regarde plus que lui, d'ailleurs ! " répliqua-t-elle avec impatience. " Mais je t'ai demandé... "

" Je ne peux pas faire ça, Evans " siffla James avec force.

Lily s'arrêta net et le fixa avec méfiance.

" Et pourquoi ça, je te prie ? "

" Parce que Sirius est en colère ! Crois-tu l'avoir vu réellement en colère en six ans ? Non, tu ne l'as pas vu " répondit-il à sa place alors qu'elle ouvrait la bouche. " Tout simplement parce que d'habitude, il ne se lâche jamais en public. Mais quand c'est le cas, crois-moi, personne qui le connaît vraiment n'essaie de s'interposer, à moins qu'il ne soit suicidaire ! "

Il termina dans un murmure empressé et se tourna à nouveau vers la scène avec angoisse. Régulus venait tout juste de tomber sur le sujet dangereux en ce moment.

" ... et ton Auror de professeur ? Tu es content de l'avoir à ta botte, hein ? Mais voilà, en ce moment, il est sans doute mort ou alors assez gravement blessé pour finir ses jours à St Mangouste ! C'est dommage, hein ? "

Et il en rajoutait, l'imbécile ! James vit avec horreur Sirius se redresser de toute sa taille et pousser un cri de rage qui résonna dans toute la Grande Salle et même dans le hall, faisant cesser toutes les conversations, avant de se jeter sur son frère, les mains en avant, l'aplatissant à terre alors que la surprise le clouait encore sur place. James le vit lever son poing pour frapper, juste au moment où McGonagall écartait précipitamment les derniers élèves qui lui bouchait la vue.

Personne n'avait pu réagir tellement le comportement de Sirius les avait tétanisés, et les Maraudeurs savaient qu'ils ne pouvaient pas intervenir. James se crispa, attendant que le poing de Patmol s'abaisse, que McGonagall voie la scène et réalise ce qui se passait... Mais les phalanges de Sirius n'atteignirent jamais le visage stupéfait de Régulus. Il y eut un mouvement vif, un bruit de choc, et tout ce que McGonagall put voir fut Severus Rogue maintenir le Gryffondor à terre, une main fermement appuyé sur sa gorge et l'autre sur le poing qu'il avait levé.

" Mr Rogue ! " s'exclama-t-elle, indignée. " Vous attaquer à un de vos camarades, c'est tout simplement inadmissible ! Mais où vous croyez-vous pour vous battre comme des chiffonniers ? J'enlève quarante points à Serpentard et vous aurez une détention ! "

" Bien, professeur " répondit Rogue du ton monocorde qu'il arborait devant tous les enseignants qui le blâmaient.

Lentement, il se releva et Sirius s'assit, l'air complètement égaré.

" Allons, dispersez-vous ! " ordonna McGonagall d'une voix courroucée. " Vous viendrez me voir dans mon bureau ce soir, Mr Rogue, et ne soyez pas en retard. "

Rogue hocha la tête et la regarda partir. Régulus se releva près de lui en jetant un regard qui se voulait dédaigneux, mais qui contenait encore une légère nuance de peur, à son frère aîné.

" T'aurais pas dû intervenir, Rogue, c'est lui qui aurait pris " maugréa-t-il. " Dommage que tu n'aies pas vu McGonagall... "

Encore une fois, Rogue hocha la tête sans rien ajouter, mais James sut que quelque chose n'allait pas. Rogue était du côté de la Grande Salle quand la directrice des Gryffondors était arrivée, il était pratiquement impossible qu'il ne l'ait pas vu. Le Serpentard se baissa pour ramasser son sac qui était tombé quand il s'était jeté sur le Maraudeur, et James, qui s'approchait de son ami pour l'aider à se relever, l'entendit distinctement murmurer à Sirius :

" Ca, c'était pour tes excuses, Black, et parce que ton crétin de frère était allé trop loin. Mais ne crois pas que je recommencerais... "

Rogue se releva vivement, son sac à l'épaule, et suivit à grands pas les Serpentards qui se dirigeaient vers la porte des cachots. Sirius le suivit des yeux, visiblement scotché sur place. James s'approcha de lui, la tête pleine de points d'interrogation.

" Sirius ? De quoi il parlait ? " souffla-t-il d'une voix incrédule.

Son ami se tourna vers lui, mais mit un certain temps à réaliser qui lui adressait la parole, comme plongé en plein délire, et James commençait à se demander si ce n'était pas leur cas à tous les deux. Au moment où il ouvrait la bouche pour répondre, un bruit sourd les fit tous se retourner, les Maraudeurs comme Lily ou Anna. Ils regardèrent fixement les doubles portes du Grand Hall s'écarter poussivement pour livrer passage à Thomson.

Lily étouffa un cri en portant les mains à sa bouche pendant que l'Auror se retournait vers sa collègue qui entrait après lui en boitant, lui prêtant son bras pour s'y appuyer. O'Brien lui lança un regard reconnaissant et ils avancèrent tous deux dans le Grand Hall sans prêter attention aux regards fixes qui les suivaient. Au moment où ils arrivaient en vue de ceux dans la Grande Salle et que les élèves se levaient pour mieux les voir, Thomson jeta un regard impatient vers les doubles battants qui étaient restés entrebâillés.

A cet instant, une troisième silhouette se faufila prestement à l'intérieur et les referma avant de rejoindre rapidement ses collègues, une expression paisible au visage. Sirius poussa un cri de joie en le voyant, et Davies se tourna vers lui, une lueur d'étonnement dans le regard.

" Mr Black ? Qu'est-ce que vous faites par terre ? "

En effet, Sirius ne s'était toujours pas relevé depuis que Rogue l'avait relâché. Constatant cela, il se redressa prestement, son visage soudain éclairé d'un énorme sourire.

" Je suis content que vous soyez revenu entier, professeur ! "

Davies rit joyeusement.

" Et moi donc ! "

Puis il se tourna et jeta un regard par-dessus son épaule. James eut le temps de voir Rogue et lui échanger un très léger sourire avant que le Serpentard ne bouscule ses camarades rassemblés devant l'entrée des cachots et ne s'y glisse.

'Cette fois, c'est définitif, je suis devenu fou' pensa-t-il, éberlué.

" Qu'est-ce que vous faisiez ? " chuchota furieusement Thomson à son jeune collègue.

" Je mettais Hagrid au courant de la situation " répondit innocemment Davies.

Thomson haussa les épaules sans rien ajouter et s'engagea entre les tables des élèves, vers Dumbledore qui les regardait calmement approcher.

" Eh bien ? " demanda le directeur. " Comment s'est passé l'attaque ? "

L'Auror jeta un regard peu amène aux nombreux élèves - tous, en fait - qui écoutaient avidement leur conversation, et ouvrit la bouche. Harry devina que c'était pour suggérer à Albus d'en parler autre part, et préféra lui éviter cette bêtise.

" Assez bien " répondit-il à sa place. " Il y a eu des morts, bien sûr, mais étonnamment peu pour une attaque de cette envergure. En revanche, il y a un grand nombre de blessés, plus ou moins graves, mais aucun dont la vie soit en danger. "

Les adolescents soupirèrent de soulagement de toute part, mais Thomson se retourna furieusement vers lui.

" Les élèves... " commença-t-il à voix basse.

" ... ont besoin d'être mis au courant, Thomson " répondit calmement Harry sur le même ton.

" Continuez " sollicita Albus, qui n'avait apparemment pas perdu une miette de la conversation. " Qu'en est-il des Mangemorts ? "

Thomson jeta un dernier regard à Harry et répondit de mauvaise grâce :

" Nous en avons capturé onze, ce qui est beaucoup vu le nombre de défenseurs. D'ailleurs, " ajouta-t-il après une hésitation, " c'est principalement dû à notre jeune collègue. "

Et il fit un mouvement du pouce par-dessus son épaule vers Harry qui avait recommencé à masser distraitement son avant-bras et qui releva la tête, surpris. Vu la façon d'agir de l'homme, ils avaient certainement déterminé que c'était bel et bien un humain, juste un peu - enfin, beaucoup - plus bizarre que la moyenne.

" Bien ! " approuva Albus en souriant. " Mais je vois que vous êtes blessée, Melle O'Brien, vous devriez aller à l'infirmerie. Je vais faire en sorte que vos cours à tous trois soient assurés pour l'après-midi. "

" Merci, monsieur le directeur " dit O'Brien d'un ton las.

" Mais je vous en prie. "

Les trois Aurors se dirigèrent aussitôt vers le Grand Hall et l'escalier de marbre. Harry adressa un dernier sourire aux Maraudeurs avant de disparaître en direction de ses appartements. Sirius poussa un soupir de soulagement, puis se tourna vers James et lui fit un énorme sourire.

" T'avais raison ! C'est pas quelques Mangemorts de rien du tout qui vont en venir à bout ! "


Ouf ! Encore un chapitre de plus. Je ne sais pas si je pourrais mettre le prochain dans les deux jours comme j'en avais l'habitude, je ne l'ai pas encore commencé. Mais reviewez quand même !